Quand il vous invite à sa table, le monde expose ses saveurs Cultivées par ses autochtones et préparées par ses natifs. Il sait se montrer délectable en vous accordants ses faveurs À vos papilles qui gueuletonnent aux goûts des plus imaginatifs.
Si facile à contracter, si difficile à guérir, Le virus floral d’amour pollinise les fleurs ravies. On sent son cœur diffracter et sa raison s’aguerrir Lentement jour après jour, sûrement toute la vie.
Comme des éclairs de magnésium qui impressionneraient les cieux, Comme une salve d’acclamation à deux idoles qui s’apparient. L’amour subit le criterium des rêves les plus audacieux Qui font les belles déclarations et les coups de foudre à Paris.
Tableau « Les amoureux » de Penny Cline inspiré de Marc Chagall.
Renversant les lois du physique et de la force primitive, La femme subit l’évolution de son charme spectaculaire En développant son psychique d’une façon compétitive Grâce à ses circonvolutions qui fascinent notre oculaire.
T’as toute sa vie racontée sur le parchemin de sa peau En Comics Strip et en Cartoons sur chaque partie de son corps. Tatouages sur l’effrontée qui ne s’habille que d’un chapeau Lorsqu’elle s’en va jouer au clown impudique sur son skateboard.
Certains voient des éléphants roses après l’ivresse de l’alcool ; Moi, je perçois l’aura des arbres lorsque je m’enivre d’azur. Alors quand j’ai le cœur morose, je suis ce simple protocole : Voir les halos veinés de marbre qui me rattachent à la nature.
Incognito et impudique, elle commence son numéro Protégée par un grand chapeau et deux mains croisées sur les jambes. Et vient cet instant fatidique où, au rythme du Boléro, La lumière enflamme sa peau exactement dans l’entrejambe.
Rien ne vaut la main d’un ami qui m’apporte sa contribution Lorsque je commence à construire une maison ou un projet. Car je m’échappe du tatami qui limitait l’exécution Et m’empêchait de reproduire à grande échelle cet objet.
Le comble, pour une élégante, serait de se retrouver nue Devant un choix embarrassant de dentelles et prêt-à-porter, Tout en s’montrant extravagante en dévoilant un peu son cul, Deux tétons plutôt harassants, un Mont de Vénus à portée.
Quand l’homme a découvert le feu en introduisant son bâton Dans le creuset de touffe tendre d’une expérience romancée, Il était tellement nerveux et procédait tant à tâtons Qu’il préféra plutôt prétendre devoir souvent recommencer.
Les mots-valises en français – ou portemanteau en anglais – Fusionnent deux mots à la fois en un seul et même analogisme. Ainsi un mot référencé « franco-anglais » devient « franglais » ; Ceux qui s’importent toutefois d’ailleurs sont des néologismes.
D’où les bobos adulescents qui clavardent sur les modems Et podcastent leurs courriels via leurs smartphones par internet. Ces chérissons adoléchiants qui tapuscritent leurs SMS En foultitude de proêmes un peu véners hépatétiques.
Mes réflexions sur la nature des œuvres d’art ont défloré Ma relation particulière avec mon environnement. Et j’ai peur qu’elles dénaturent mes mots dans une logorrhée De digressions épistolaires en décrivant l’événement.
L’amour est un puzzle complexe qui demande des mois d’efforts Réduits à néant si jamais on perd les deux dernières pièces ! Je ne vous parle pas de sexe mais du morceau de roquefort Dans le palais qui compromet un baiser à l’emporte-pièce.
Picasso n’était pas soigneux et rangeait n’importe comment Les instruments de sa palette et vivait à couteaux tirés Avec des rivaux besogneux qui changeaient le grossissement De l’optique de ses lunettes faussant les images étirées.
Un événement enfoui revient souvent à la surface Malgré les couches de souvenirs qui se tassent dans ma mémoire. Moi-même, perdu dans le fouillis astronomique du temps qui passe, Je pensais ne plus détenir la clef égarée de l’armoire.
Mais voilà que du fond de l’œil, voici que du creux de l’oreille, Remonte la réminiscence d’une situation ridicule. Souvent, elle blesse mon orgueil d’une insolence sans pareille ; Je souhaiterais, de mon enfance, en effacer la pellicule.
Expressionnisme Mouvement artistique caractérisé par l’intensité de l’expression des sentiments ou de certains aspects de la réalité, par opposition au respect d’un code formel.
Impressionnisme Mouvement pictural axé sur l’expression des impressions suscitées par la lumière et les objets.
Surréalisme Mouvement artistique qui prônait l’importance de l’imaginaire, de l’association des idées, de l’automatisme.
Dépressionnisme Lorsque j’entends l’explication de ces mouvements artistiques, Je me sens plus proche du cancre que de ce docte perfectionnisme. Alors, fi des complications et ces folles caractéristiques ! Moi, le poète, je jette l’encre dans le trou du dépressionnisme.
Les hommes naissent dans les choux, les femmes naissent dans les roses, Les anges naissent des étoiles et les poèmes naissent du cœur. Les rêves dans le sable échouent, des émotions naissent les pleurs ; Tous ces chefs d’œuvre, nés d’une toile, sont d’artistiques métamorphoses.
Insignifiants ou ridicules, déguenillés ou bien sapés, Souriants ou tristes à pleurer, le teint clair ou bien basané, Les jeunes gens qui gesticulent, les gaillards, les handicapés, Poussés ou à peine effleurés, tous les jours de toute l’année.
Je les observe de ma fenêtre, je les dévisage en terrasse, Je les aime ou je les déteste, je les admire ou je m’en moque. Ces gens, je dois le reconnaître, ont quelque chose qui m’embarrasse ; C’est d’afficher, je vous l’atteste, toutes leurs pensées équivoques.
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Toute l’évolution de l’homme accomplit son apprentissage Par le pont de la connaissance qui lui fait franchir les obstacles. Ainsi l’humain, dans son génome, a cumulé tous les passages Qui se révèlent, à la naissance, prêts à répéter le miracle.
Photo du Pont de Rakotzbrücke en Allemagne par Josh Perrett.
Quand je chevauchais les nuages au temps de mes rêves d’enfant, J’allais plus vite que l’orage et plus brillamment que la foudre. J’adorais ce plaisir suave qui rendait mon cœur triomphant Lorsque je montrais mon courage ainsi que l’envie d’en découdre.
Autrefois, les plus de vingt ans racontaient leur vie de bohème Sous des mansardes monotones, des anars, des intellectuels. C’étaient des artistes au printemps ; en été, clameurs de poèmes ; Peintres méconnus en automne et chanteurs des rues à Noël.
Ensemble, en fin d’après-midi, nous nous retrouvons face à face ; Elle qui vit sur la rive gauche et moi qui vit en rive droite. Nous usons de cette comédie afin que la nuit satisfasse Nos appétences de débauche et d’inconduites maladroites.
Toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus grand, toujours plus loin ! Telle est la devise de l’homme devant l’obstacle à son orgueil. Toujours dépasser ses limites, toujours accumuler des points, Toujours disputer des slaloms, toujours faire du tape-à-l’œil.
À quoi peut rêver un géant qui observe toutes les nuits La course effrénée des étoiles qui dansent autour de sa tête ? Au peuple errant dans le néant qui s’appelait les Rapa Nui, Disséminé parmi les voiles qui voguent sur les vagues en fête.
Tant que je n’aurai pas trouvé comment devenir immortel, La vieillesse demeurera le chemin pour ne pas mourir. Jamais je n’aurai éprouvé le sentiment d’être mortel Aussi longtemps que restera l’éternité à parcourir.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
« Fais bien attention, Lucifer, respecte la polarité ! Lorsque la femme est à la terre, isole l’homme et son phallus ! Sinon tu déclenches un enfer par loi de scissiparité Et l’assurance humanitaire te pénalisera d’un malus. »
Je ne connais de cette ville que ses descentes exceptionnelles Qui plongent dans le Pacifique dans une brume océanienne. Moi, qui ne suis né qu’à Saint-Gilles, garde une extase émotionnelle Pour les sillons discographiques des musiques californiennes.
Merci Maxime Leforestier, Scott McKenzie et Éric Clapton D’avoir chanté la maison bleue, le blues, le folk, le Rock’n’Roll Merci aux romans policiers et leurs poursuites qui détonent Après ces gangsters crapuleux qui détenaient le premier rôle.
On nous l’annonce depuis longtemps : La fin du monde est pour bientôt ! Mais surviendra-t-elle brusquement ou usera-t-elle notre patience ? Je ne serais pas mécontent que Dieu nous mette un mémento Dans son troisième testament que je lirais en prévoyance.
Féminin du cycle de l’eau, masculin du cycle du sel, Fruit de la mer dans son berceau couronné des marais salants. Accouché des vagues à grelots de l’océan universel, L’œil circonscrit dans le cerceau couvé d’un regard nonchalant.
Tout tourne autour de la couleur dans notre monde en mouvement Comme une machine indolente qui jamais ne s’arrêtera. Chacun échappe à ses douleurs en continuant activement Son petit train-train insolent mais un jour le regrettera.
Bien qu’elles ne soient pas si vaches, juste un peu snobs, juste assez fières, En attendant le beau marin qui se prendra dans leurs filets, Les sirènes hautaines et bravaches aiment observer les montgolfières Dont le ballon outremarin laisse leurs soupirs défiler.
Les chats sont montés à Paris pour attraper plein de souris En direction du Moulin Rouge et dévorer tout ce qui bouge. Après, quelques jolies minettes pour se fricoter la binette Puis, s’ils se montrent coquinous, ils feront ça entre minous.
Lorsque j’aurai changé de peau dans ma prochaine incarnation, Peut-être aurai-je évolué vers une race de vainqueurs Avec des yeux, fort à propos, dotés de nouvelles adaptations Me permettant d’évaluer ce qu’on ne voit qu’avec le cœur.
Je vis sur mon petit nuage sur un fil d’irréalité Lorsque je rêve d’avenir et que je m’en vais voir ailleurs. Je me juge au-dessus des rouages des terribles actualités Qui menacent mes souvenirs d’un monde que j’ai cru meilleur.
À force de passer son temps à pleurer sur l’agitation, augmentations limitations On se retrouve dans le bain et le marasme se dilate. Mais quand ça devient un étang de larmes et de lamentations, On pourrait s’en laver les mains comme disait Ponce Pilate.
Tenir le monde dans sa main, avec l’infini qu’il contient, Ressemble à un rêve utopique ou à la folie des grandeurs. J’y ai cru quand j’étais gamin mais aujourd’hui, je le maintiens, C’est aussi fantasmagorique que la promesse d’un vendeur.
Le monde me tient dans sa main, je ne cherche plus à comprendre La physique et ses dimensions me mesurent à leurs proportions. Ce que j’ai appris en chemin, je dois déjà le désapprendre Car le temps est la condition de ma propre disproportion.
Tenir le monde dans ma main quand j’étais jeune et ambitieux Me paraissait réalisable à condition de le comprendre. J’ai donc passé à l’examen tout ce qui me semblait judicieux Et suffisamment maîtrisable pour commencer à l’entreprendre.
Mais plus j’essayais de l’apprendre et plus ses frontières s’éloignaient Et plus j’en faisais une image et moins elle lui ressemblait. Il ne cessait de me surprendre sans jamais me laisser l’empoigner Comme une sorte de mirage que je ne pouvais rassembler.
Quand l’homme consomme la femme, l’amour se lustre en mécanique Mais quand elle est tout feu, tout flamme, la passion devient volcanique. Ainsi, j’aime les femmes qui fument de gros pétards ou des cigares Afin qu’ensemble on se consume dans un amour de chef de gare.
Je ne voulais pas vous le dire, mais voici qu’elle m’a devancé En s’asseyant entièrement nue parmi mes nombreux invités. Exhibitionnisme et même pire ! Chacun est décontenancé ! Et tous les sexes, sans retenue, bander sans qu’on puisse l’éviter.
Hélas, elle en aimait un autre et son petit regard navré Trahissait l’élan de son cœur qu’elle protégeait de ses mains. Alors, comme le pauvre apôtre dont la foi resterait sevrée, Je ne lui tins jamais rancœur de cet amour sans lendemain.
Quelques génies américains ont sacrifié à la légende Par des passages enchaînés à la profondeur de l’espace. Toutefois le sang africain, porté par sa valeur marchande, A su, lui-aussi, déchaîner les vanités entre deux races.
Ce continent bizarrement constitué de plusieurs branches Et qui devrait faire le pont entre les civilisations Privilégie dérisoirement la putative couleur blanche Alors que son sang correspond à l’alliance d’antiques nations.
Tableau de Robert Lyn Nelson inspiré de Vincent van Gogh.
Longtemps les sociétés secrètes souhaitait une vision cosmique Qui fracasserait le carcan des dogmes étriqués des églises. Mais dans la crainte qu’on décrète l’odeur de soufre ectoplasmique, On fit un projet ne risquant nullement qu’on le diabolise.
Comme il fallait dissimuler cet appendice panoramique, Eiffel en fit une dame de fer et Paris, fier, l’illumina. Mais alors, comment simuler ses outrecuidances orgasmiques ? Vincent van Gogh, à son affaire, de ses pinceaux l’enlumina.
Tableau de Robert Lyn Nelson inspiré de Vincent van Gogh.
La mosaïque des fragments des intentions de la nature N’aurait jamais été traduite sans les peintres expressionnistes. Malgré leur langage vaguement transfiguré par la peinture, Qui semble une farce introduite par un démon illusionniste.
Selon si l’intrigue a mûri au fil des pages de mon livre Ou si ma pomme contient des vers, la connaissance me nourrit. Jamais n’aurai de pénurie tant que ma folle envie de vivre Continuera d’écrire en vers ce qui, dans ma vie, me sourit.
En me fiant à ma boussole et sortant des chemins battus, J’ai retrouvé d’anciennes pistes qu’utilisaient les demi-dieux. Quand j’en rencontre, je les console à cause des arbres abattus, Mais d’un naturel utopiste, ils restent miséricordieux.
L’instinct grégaire nous rassemble à la conquête des espaces Et brasse, des terres étrangères, ses progénitures fécondes. À première vue, dans son ensemble, je dirais que ça me dépasse Mais ma vision est mensongère car j’ai reconnu la Joconde.
Si les chromosomes romains ont croisé les belles indigènes Et si les mongols d’Attila ont franchi nos générations, Il est normal que l’être humain y gagne en métissant ses gènes Et ce serait un pugilat que renoncer aux migrations.
Ailleurs, les pays sont si beaux qu’on y déferle en paquebot ; Là-bas, si belles sont les rivières qu’on y affrète des croisières, Les îles de la Perfide Albion sont chartérisées en avion ; Et la Polynésie française est actuellement mal à l’aise.
Lorsque je tarde à m’endormir, je peins des rêves éveillés Sur le plafond de mes nuits blanches à l’encre de mes idées noires. Ma couverture en cachemire devient tapis émerveillé Qui s’envole dès que se déclenche un souvenir de ma mémoire.
Apportez-moi un galet jaune et j’imagine une amazone ; Un peu de sable qui s’amoncelle et je devine une jouvencelle. Deux ou trois pétales de rose et je vous livre le pot-au-rose : Toute la lumière m’apparaît comme une femme transparaît.
Cette image indéfinissable mais que j’ai si souvent gravée Sur ma rétine en rémanence malgré la couleur qui déteint Semble s’effacer sur le sable avec la marée délavée Dont la vague entre en résonance avec mon rêve qui s’éteint.