Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Points d’horizons

    Dans les mémoires du printemps sont écrits les plus beaux poèmes
    D’auteurs qui vivent en passagers le temps d’un voyage terrestre.
    Dans des directions empruntant toutes les routes de bohème
    Vers des paradis partagés à l’heure de la faune sylvestre.

    Les souvenirs du temps qui passe et les couleurs du temps qu’il fait
    Composent une chorégraphie dont l’œuvre reste en rémanence.
    Tout ce qui naît, vit et trépasse dans cet univers imparfait
    Contient la bibliographie par tous ses points de luminance.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • Fréquences félines – 2

    Fréquences félines - 2

    Le temps du souvenir, devenu éternel,
    Accompagne mon âme vers un autre chemin.
    Que va-t-il advenir de mon habit charnel ?
    Rien qu’une petite flamme qui s’éteint dans ma main.

    Au-delà de l’espace, hors du cycle de vie,
    Que le fleuve des morts me ramène à la mer !
    Qu’un souffle à marée basse vaporise l’envie
    De revenir à bord dans le sein de ma mère.

    Illustration de Dusty Ray.

  • Fréquences félines – 1

    Fréquences félines - 1

    Quand le chat est sorti, les souris ont dansé.
    Quand mon chat est parti, tous nos yeux ont pleuré.
    Plus le temps amortit nos dolentes pensées,
    Plus le deuil imparti reste à peine effleuré.

    Je revois son image partout en hologramme
    Sur le lit, dans l’armoire, comme en surimprimé.
    Je lui fais cet hommage dont les cinq kilogrammes
    Pèsent dans ma mémoire à jamais déprimée.

    J’ai parcouru une cinquantaine de sites mais impossible de trouver l’auteur de cette magnifique illustration ; si quelqu’un peut m’aider…

  • Parlez-vous coquelicot ?

    Parlez-vous coquelicot ?

    Avec le langage des fleurs, les coquelicots parlent un accent
    Qui leur fait prononcer en rouge les mots relatifs à la joie.
    Ils déclinent ainsi en couleur les champs d’un bonheur relaxant
    Qui porte la dernière touche à mon tableau aux mille voix.

    Illustration de Peter Frolov.

  • Vagues de points

    Quand l’ange de la nuit paraît, le jour se meurt dans un murmure ;
    Quelques dernières sentinelles scintillent dans l’opacité.
    Parfois une étoile apparaît comme nocturne enluminure
    Sur les ombres sempiternelles qui envahissent la cité.

    Point par point l’aurore réveille les vaguelettes ensommeillées endormies
    Les sommets des mâts s’illuminent de petits faisceaux détournés.
    Soudain un rayon de soleil perce la voûte émerveillée
    D’un ciel ravi que s’achemine l’heur d’une nouvelle journée.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • La fille du juif errant

    La fille du juif errant

    L’homme qui ne pouvait mourir donna sa fille à marier
    Issue de sa mille-et-unième histoire d’amours perpétuelles.
    Mais il lui fallut parcourir mille autres mondes variés
    Pour mettre fin à son dilemme et sa damnation rituelle.

    Illustration de Nurlan Kilibaev.

  • L’arbre féminin

    L’arbre féminin

    L’arbre au cordon ombilical comprend une branche maîtresse
    Indépendante de son tronc mais à la vie subordonnée.
    Coule une sève musicale qui répand l’onde d’allégresse
    Comme un nuage d’électrons autour des fleurs coordonnées.

    Tableau d’Autumn Skye.

  • De la guitare

    Depuis ma première guitare, mes chansons ont pris le chemin
    Tracé par Georges, mon idole, et les rockers américains.
    Avec quelques copains fêtards, on a connu des lendemains
    Qui chantent avec des farandoles au cours des bals républicains.

    Entre le folk et l’électrique, ses autoroutes et ses bretelles,
    J’ai perdu mon LA authentique comme le joueur de flûteau.
    Et la techno volumétrique au son mécanique et mortel
    Me rend souvent si nostalgique que mon cœur pleure en vibrato.

    Tableaux de Pablo Picasso. Hommage au « petit joueur de flûteau » de Georges Brassens.

  • Futurologie

    Futurologie

    Demain promet monts et merveilles à l’enfant qui vit aujourd’hui,
    Grisé par l’orgueil goguenard d’une impudente technologie.
    Une fois sonné le réveil du rêve qui m’avait séduit,
    Me voici en plein cauchemar d’une techno-pathologie.

    Illustration de Anders Wenngren ou Mark Burkhardt.

  • Le passé recyclé

    Le passé recyclé

    Les dinosaures disparus, l’humanité évanouie,
    La prochaine civilisation trouvera ses nouvelles clefs.
    Dans un rêve, il m’est apparu que des êtres épanouis
    Vivaient avec délectation dans nos plastiques recyclés.

    Illustration de Filip Hodas.

  • Romance sous les tournesols

    Romance sous les tournesols

    J’aimerai cette femme en fleur qui minaudait tant d’attentions
    Que mon cœur faussait la boussole de ma raison désemparée.
    J’entends ses rires et ses pleurs, aussitôt que nous commencions
    À jouer sous les tournesols à trouver la chatte égarée.

    Tableau d’Otar Imerlishvili.

  • Romance en blanc

    Romance en blanc

    L’amour apparaît invisible comme un fond de romance en blanc.
    Ainsi, le cœur peut dessiner une aventure inégalée,
    Suffisamment imprévisible pour un coup de foudre troublant ;
    Sel viril, sucre efféminé, pour voluptés sucrée-salées.

    Tableau d’Andrei Protsouk.

  • Poissons d’amour

    Poissons d’amour

    Ô virginité de la mer, si précieuse et si importante,
    Pour enfanter l’humanité, tu fus offerte à notre Terre !
    Ce sacrifice doux-amer qui produit la manne abondante
    Nous frappera d’insanité si nous n’en sommes dignitaires.

    « la virginité est précieuse mais elle doit enfanter – sinon elle est comme une terre frappée de stérilité. » Johannes Angelus Silesius.

    Tableau de Christina P. Wyatt.

  • Le repas des pêcheurs

    Le repas des pêcheurs

    Une habitude rituelle, comme une messe mécréante,
    Réunissait ces camarades, grands pêcheurs devant l’Éternel.
    Quelques tournées spirituelles dans l’atmosphère bienséante
    D’un troquet au bord de la rade sacraient ce repas fraternel.

    Tableau d’André Lhote.

  • Juste avant la petite mort

    Juste avant la dernière étape, je m’arrêterai un moment
    Avant d’aborder la montagne où je suis sensé m’éprouver.
    Après, auront lieu des agapes avec le vin et le froment
    Partagées avec les compagnes qui seront venues m’approuver.

    Une chapelle en Slovénie.

  • L’eau bleue

    L’eau bleue

    Dans l’eau bleue de mes souvenirs toutes les couleurs se mélangent
    Dans le bleu-gris indéfini de résurgences fraternelles.
    Je n’ai vu les femmes venir qu’opportunément quand les anges
    M’ont extrait la misogynie du formatage paternel.

    Tableau d’Otto Müller.

  • Les châteaux Colorado

    Les châteaux Colorado

    Finalement, ces grands châteaux n’ombragent pas le paysage !
    Toutefois, bien qu’un peu profane, j’y aurais ajouté quelques tours.
    Après, cerise sur le gâteau, par un vigoureux arrosage,
    Dans cette atmosphère diaphane, un peu de verdure alentour.

    Photo d’un canyon en Arizona.

  • Trois roses

    Trois roses

    Quatre roses font fuir le bourdon, trois roses suffisent pour l’amour.
    Une pour toi, une pour moi, une pour l’enfant approuvé.
    Et tant pis si c’est un garçon, on lui dira avec humour
    Que faute de choux, quel émoi, on a pris ce qu’on a trouvé.

    Tableau de Peter Mitchev.

  • La plume de paon

    La plume de paon

    Dans l’œil de la plume de paon tel un miroir intentionné,
    J’ai vu ce qu’exprimait son cœur contrairement à son visage.
    Bien sûr, son regard de serpent ne cherchait qu’à m’impressionner
    Pour éviter à contrecœur de me pencher vers son corsage.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • L’homme qui boit

    Le vin, cet aliment de l’âme, ainsi qu’ennemi de l’esprit,
    Reste aussi dangereux au corps que les croyances pour le cœur.
    Il nous réchauffe de sa flamme lorsqu’il est sagement prescrit
    Mais met les hommes en désaccord si on abuse de sa liqueur.

    Chaque fois que vous goûterez du vin avec modération,
    C’est réellement un message qui vous ressuscitera l’âme.
    Mais lorsque vous écouterez la voix de son inspiration
    Appréciez en le passage mais gare à son retour de flamme.

    Tableau de Hannibale Caracci.

  • Dans l’eau de la salle de bain

    Dans l’eau de la salle de bain, elle s’en fut suer toute nue
    Puis, dans la cabine de douche aux effets de brume amoureuse,
    S’introduisit son concubin, armé d’intentions soutenues,
    La baisa d’abord sur la bouche puis, d’une étreinte langoureuse.

    La suite fut l’histoire ordinaire dans un moment d’intimité
    Où les échanges de pudeurs voltigèrent à toute vapeur.
    Après cela, ils s’obstinèrent sans autre légitimité
    Que d’apprécier l’impudeur de faire l’amour dans la sueur.

    Photos de Jacob Sutton.

  • Sous le signe des montgolfières

    Dès que le bélier, monte-en-l’air, nous quitte le plancher des vaches,
    Les gémeaux font des soubresauts et le cancer, des entrechats.
    Le lion rugit de colère tandis qu’il brandit sa cravache
    Et le scorpion monte à l’assaut de la vierge percée de son chas.

    D’un courant d’air, le sagittaire jette à la mer le capricorne
    Qui se balance de tout son lest et tombe parmi les poissons.
    Ainsi l’on vit les montgolfières prendre le taureau par les cornes
    Recto-verso, d’est en ouest, le jour de la fin des moissons.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Même pas peur !

    Même pas peur !

    Quand une femme montre ses seins, ce n’est pas elle ; c’est moi qui ai peur.
    Peur de sa poitrine effrontée ; peur du pic dans mon pantalon.
    Lorsqu’elle brandit à dessein ses tétons devant ma stupeur
    Je ferme les yeux pour affronter la douceur de ses mamelons.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Germaine

    Germaine

    Je l’ai croisée mais sans la voir ; je l’ai rencontrée sans l’entendre ;
    Je l’ai aimée mais sans l’avoir ; je l’ai quittée sans la comprendre.
    Dommage, ce n’était qu’une image ; misère, elle n’était que chimère.
    Un cœur meurtri me dédommage de n’avoir su aimer ma mère.

    Tableau de Juliette Belmonte.

  • Sauvée par les coquelicots

    Par nos racines ombilicales, coupées le jour de la naissance,
    Nous ressemblons aux fleurs du vent qui prolonge nos extrémités.
    Je sais des plantes médicales, coquelicots en connaissance,
    Qui calment nos peines et nos pleurs juste par leur proximité.

    Tableau de Rudolph Carl Gorman.

  • La peinture généalogique

    La peinture généalogique

    La peinture généalogique relie toutes nos dimensions
    Vers l’infini de la naissance et l’infini des descendants
    Qu’il faut rapprocher, c’est logique, d’œuvres de mêmes prétentions
    Afin que nous prenions conscience de ce lignage transcendant.

    Tableau « sueños y naturaleza » d’Alfredo Arreguín.

  • Par la lumière

    Par la lumière

    J’aime ces anges de lumière qui nous soignent l’âme et le cœur ;
    Comme doctoresses acrobates et nous, spectateurs et patients ;
    Comme prêtresses infirmières et nous simples enfants de chœur ;
    Afin que le cirque combatte notre enthousiasme déficient !

    Photo de Matt Odom.

  • En passant

    En passant

    La mode transforme le monde et chacun fait ce qui lui plait
    Mais la tenue vestimentaire sert d’expression ou bien de masque.
    Habits neufs ou fringues immondes ? La vogue s’étale au complet
    Selon la source alimentaire ou les aspirations fantasques.

    En passant dans les rues piétonnes, j’aime bien observer les gens ;
    Je les admire ou je m’en moque selon l’effet photographique.
    Particulièrement quand détonne des jeunes femmes voltigeant
    Dans une tenue qui provoque l’envie d’un œil pornographique.

    Tableau de Josef Kote.

  • Temps illusoire

    Temps illusoire

    Les couloirs du temps s’entrecroisent selon l’humeur de mes pensées
    Comme les chambres d’un hôtel où je vivrais différemment.
    Ici, j’aimerais une belle hongroise ; là, je serais récompensé ;
    Ailleurs j’irais devant l’autel d’un dieu au bon tempérament.

    J’aurais préféré la déesse de l’amour et tous les plaisirs ;
    Le temps me joue des mauvais tours et ne m’emmène pas où je veux.
    Tantôt c’est selon mes prouesses et tantôt selon ses désirs ;
    J’en profite pour faire l’amour toutefois tant que faire se peut.

    Tableau d’Andrew Ferrez.

  • En haut de l’échelle

    En haut de l’échelle

    Tandis qu’en haut de son échelle, elle se tortillait du balcon,
    Je me risquai d’évaluer le poids de son charme en tutu.
    Mais la poupée romanichelle faisait ce geste un peu abscons
    Pour éviter de saluer puis, tomber à bride abattue.

    Photo de Signe Vilstrup.

  • Dédoublement

    Dédoublement

    J’ai voulu prendre un pseudonyme comme imaginaire acolyte
    Mais ce nom de plume m’a pris toute ma personnalité.
    Et de peur que ne s’envenime cette situation insolite
    J’ai finalement entrepris d’en faire mon originalité.

    Tableau d’István Sándorfi.

  • L’intimité et la pudeur

    La pudeur et l’intimité sont emmêlées depuis l’enfance.
    Si les moments les plus intimes appartiennent au domaine privé,
    La pudeur frôle l’inimitié et peut aller jusqu’à l’offense.
    Alors laquelle est légitime, subjectivée ou objectivée ?

    La pudeur et l’intimité sont le prix de l’évolution ;
    Elles nous rattachent à la bête, ces mammifères qui nous ressemblent.
    Par honte, par timidité, nous n’osons pas la solution
    De nous asseoir en tête-à-tête et de se mirer nus ensemble.

    Tableau d’André Lhote.

  • Vers un monde urbanisé ?

    Vers un monde urbanisé ?

    Toutes ces constructions modernes qui prétendaient nous rassurer
    En poussant les miasmes morbides accumulés autour de nous,
    Forment un monde qui nous materne avec son progrès assuré
    Mais dont les séquelles font un bide et nous font courber les genoux

    Les voies de communications nous promettent un rassemblement
    Par des campagnes politiques comme un voyage organisé.
    Les voies de la respiration en ont décidé autrement
    Par une réaction critique face à ce monde urbanisé.

    Photo de Jean-François Rauzier.

  • Nouvelles perspectives

    Nouvelles perspectives

    On nous éclaire la chandelle avec de fausses perspectives ;
    L’autorité au premier plan s’enfonce bien souvent dans l’ombre ;
    Les états visent un objectif qui se trouve hors de leur portée
    Et l’avenir à l’horizon penche lourdement vers le passé.

    Les accords entre les pays reposent sur des utopies
    Et des traités vite dépassés par le cours des événements.
    Les religions croient faire face mais ne montrent que d’inepties
    Devant ce monde d’illusion qui ne propose que mirages.

    (Gravure « Satire de la fausse perspective » de William Hogarth.
    À lire sur http:figuresambigues.free.frPeinturehogarth.html#axzz6HL9q9fFp )

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tendres ingénues

    Quel plaisir de se baigner nues et retrouver les origines
    De notre matrice utérine auprès de notre génitrice !
    Juste un petit bonheur ténu d’une liberté sauvagine
    Que nous aimerions qu’entérine la société inhibitrice.

    Quel plaisir de se sentir nues, le corps caressé par le vent
    Qui nous effleure le visage et nos parties les plus intimes !
    Comme un désir qui s’insinue à l’instant d’un soleil levant
    De saluer le paysage par cette offrande légitime.

    Quel plaisir de se montrer nues au soleil et à la nature
    Qui nous ont façonnées pareilles aux héroïnes et aux déesses !
    Se retrouver toutes ingénues, s’identifier simple créature
    Dans son plus modeste appareil pour en apprécier l’ivresse

    Tableaux de Frederick Carl Frieseke.

  • La route du soi

    Tout feu tout flamme, ma jeunesse court à travers mille chemins.
    J’apprends tout et je retiens tout, je brûle et fais feu de tout bois.
    Ma vie est pleine de promesses et de serments sans lendemain.
    Je m’éparpille un peu partout, je chasse, je mange et je bois.

    À l’heur de ma force de l’âge, mes chemins sont délimités ;
    Je réalise ma carrière pour bâtir ma pérennité.
    Malgré quelques carambolages, je vise la magnanimité
    Par la sagesse et la prière envers une sérénité.

    Et puis un jour je se sais plus où je dois fixer mes crampons ;
    Les transformations m’ont changé le paysage et le contexte.
    Le temps a passé, il a plu et l’eau a coulé sous les ponts ;
    Mes expériences ont mélangé mes pensées dans de faux prétextes.

    Tableaux de Catherine Chauloux.

  • Tuer le temps

    Tuer le temps quand je m’ennuie, j’y serais presque bénévole
    Or je crois qu’entre les secondes existe un temps pour le bonheur.
    Souvent, au milieu de la nuit, quand le temps stoppe son envol,
    Juste une pensée vagabonde, de quatre vers, me fait l’honneur.

    Tableau d’Alex Rossel Flint.

  • La précession des équinoxes

    La précession des équinoxes

    Parfois le temps qu’il fait s’accorde avec l’humeur du temps qui passe ;
    Les sanglots de la dépression font pleuvoir les nuages lourds.
    J’embarque et je lâche la corde dans mon navire de l’espace
    Pour mesurer la précession des équinoxes au jour le jour.

    Tableau de Moran Tennenbaum.

  • Les rêves surprises

    Les rêves surprises

    Souvent mon manège de rêves ressemble à une loterie
    Dont un inconscient tourniquet crée le hasard de la surprise.
    J’y fais des apparitions brèves à poil parmi les moqueries
    Et me réveille paniquée de cette grotesque méprise.

    Tableau de Gustav Klimt.

  • Ma forêt intérieure – 1

    Ma forêt intérieure - 1

    Le jour où le monde a basculé, j’ai préparé mes provisions
    Dans une forêt intérieure d’un amalgame de cultures.
    Puisque j’y demeure acculé, j’ai ajouté en prévision
    Une fenêtre sur l’extérieur pour le soleil dans l’aperture.

    Photo de Suzanne Moxhay.

  • Chacun sur son monde perçu – 1

    Chacun sur son monde perçu - 1

    J’ai tellement d’idées reçues par mes lunettes éducatives
    Qui me filtrent l’actualité que j’en tire ma propre vision.
    Chacun, sur son monde perçu, trouve mes pensées spéculatives
    Puisque tout est virtualité dans l’univers en collision.

    Illustration de Kyle T. Webster.

  • Une touche d’art

    Une touche d’art

    L’art ne prétend pas nous décrire la beauté que nous regardons
    Mais ce que cache l’apparence des masques en contradictions.
    Ainsi m’amusé-je à écrire des vers piquants comme un chardon
    Pour mieux dévoiler l’aberrance de belles phrases en réaction.

    Mais lorsqu’à son tour l’art abstrait défie l’école académique
    Pour s’affranchir de la matière pour des conceptions hors du temps,
    Alors je réponds, trait pour trait, d’une poésie alchimique

    Qui sur ma muse et sa crinière verse une prose de printemps.
    Qui versifie sur la crinière de ma muse un jeune printemps.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Toujours plus haut !

    Toujours plus haut !

    Être une sœur de la montagne pourrait vous paraître anodin
    Si je n’y trouvais la quiétude auprès de mes amis les oiseaux.
    Depuis que je bats la campagne dans le devoir du paladin, (avec l’esprit)
    Je me ressource en altitude auprès des anges en réseau.

    Photo de Julian Herbrig.

  • Illusions et désillusions

    Illusions et désillusions

    Parfois mes rêves représentent le temps que je n’ai su retenir ;
    Parfois mes songes me préparent à affronter mes vérités.
    Parfois l’intuition déplaisante me contraint à me souvenir
    Afin que mon âme répare les bosses et les aspérités.

    Tableau de Mark Henson.

  • Vue sur les étoiles

    Vue sur les étoiles

    Lorsque nous sommes confinés dans le cocon de nos maisons,
    Nous voyons le monde extérieur d’une inhabituelle impression.
    Nos drôles de vies recombinées sont obligées avec raison
    À réfléchir de l’intérieur comment survivre à l’oppression.

    Tandis que le temps continue, les activités arrêtées
    Semblent impossibles à retenir tant l’habitude nous a marqués.
    Tandis que la peur s’insinue dans la quarantaine apprêtée,
    Comment se profile l’avenir de cette humanité parquée ?

    Tableau de Subarna Das.

  • L’ombre du chat

    L’ombre du chat

    Depuis que mon chat est parti pour gambader dans l’autre monde,
    Je perçois l’ombre de la présence du souvenir en rémanence.
    Ainsi l’amour se réparti dans ma conscience comme une onde
    Dont je transmets la bienfaisance à mon réseau en résonance.

    Comme une cloche tibétaine dont le tintement se prolonge,
    Son image infuse sans cesse dans le courant du quotidien.
    Venue des étoiles lointaines, cette perception se rallonge
    Et pulse l’écho que j’encaisse le long du bulbe rachidien.

    Illustration de Dave McKean.

  • Spiral

    Spiral

    L’univers naît d’une spirale qui oscille comme un oxymore :
    D’un mot où l’énergie décroît, d’un mot où celle-ci s’étend.
    Notre destinée sidérale aspire à la fois vers la mort
    Et vers un monde, que je crois, au-delà du vide et du temps.

    Tableau de Mark Henson.

  • La vie pastellisée

    La vie pastellisée

    Plutôt que m’accabler d’erreurs, de mes échecs et mes malheurs,
    J’ai décidé de m’alléger et lâcher prise à la douleur.
    J’ai vu alors que mes terreurs n’avaient aucune autre valeur
    Que des soucis désagrégés par cet antidote en couleurs.

    Photo de Kristina Makeeva.

  • Voyager autrement

    Voyager autrement

    Je m’en allai allègrement pour traverser la vie entière
    Sans autre assurance essentielle qu’une insouciance dans les transferts.
    J’aurais dû penser autrement et voyager hors des frontières
    Avec un visa pour le ciel sans escale prévue en enfer.

    Photo de Kristina Makeeva.

  • La forêt de bambous

    La forêt de bambous

    Dans cette forêt de bambous où je m’étais aventurée,
    J’imaginais mettre à l’abri toutes mes craintes de la vie.
    Mais ces défenses mises bout en bout m’ont isolée et emmurée
    Dans une prison assombrie où mes regrets m’ont poursuivie.

    Tableau de Mark Henson.