Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Après la lecture

    Après la lecture

    Quand elle a déshabillé le livre, de ses habits, elle se délivre
    Pour rêver elle-même à son tour une belle histoire d’amour
    Que ses deux mains calligraphient sur l’intime géographie
    Et vont explorer les secrets des étroits passages indiscrets.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • L’ancre de mes vers

    L’ancre de mes vers

    Lorsque, à dada, j’écris à l’ancre en grattant la couche de rouille,
    je crains un peu, beaucoup la pluie, pas du tout l’eau de l’océan
    Ces traîtresses dilueraient mon encre et créeraient mille-et-une embrouilles
    Entre ma reine de la nuit et ma maîtresse de céans.

    Photo de la Navy.

  • L’oiseau-prison

    L’oiseau-prison

    Prisonnière de son corps, où se cache son âme ?
    Dans son cœur où résonne l’éternel tintamarre ?
    Derrière cet œil bleu où rayonne une flamme ?
    Ou peut-être en dehors à vivre un cauchemar ?

    Je n’entends que son cri aujourd’hui et demain ;
    Je ne vois que son corps quand je me fais masseur ;
    Je ne sens que sa vie qui réchauffe ma main ;
    Je ne goûte que son sang quand je me fais chasseur.

    Tableau de Nicole Altenhoff.

  • L’éternel absent

    L’éternel absent

    Parfois je suis et ne suis pas, parfois je vis et ne vis pas,
    Comme si j’étais dans un film en train de réciter mon rôle.
    Parfois j’entends et n’entends pas, parfois je vois et ne vois pas,
    Le lien de la vie, si infime, s’envole comme les paroles.

    Ça paraît drôle mais la douleur est ce qui m’attache au présent.
    Le souvenir de la souffrance reste gravé, reste muet.
    Seul le présent vit en couleurs sinon moi, l’éternel absent,
    Ne connaîtrai sa délivrance que si son âme est remuée.

    Tableau de Miles Johnston.

  • La vague lapine – 1

    Lapine est la vague, la vague est lapine,
    Lorsqu’elle déferle comme un chaud lapin
    Qui vient et divague et puis de débine
    Revient sur la perle, remet son grappin.

    Enfin elle explose, l’onde étincelante
    Chante en voix de crête l’amour cunicole.
    Jusqu’à ce qu’éclose la vague déferlante
    La mer qui s’apprête et qui caracole.

    Illustrations de Giada Bianchi.

  • Chute de charme

    Chute de charme

    À la première femme nue, je suis surpris et puis, j’attends.
    À la deuxième fille à poil, je ne méfie, évidemment.
    La troisième, peut-être ingénue ou bien envoyée par Satan ;
    Après je pars sous les étoiles, cœur et âme concomitamment.

    Tableau de Harry Holland.

  • Sur des musiques peintes

    Sur des musiques peintes

    Sur des musiques peintes sur tes seins en cymbales,
    Sur des partitions dessinées sur les contours de ton visage,
    Sur des paroles en demi-teinte de peur que ton cœur ne s’emballe,
    Sur le papier parcheminé de mes désirs que j’envisage…

    peinture corporelle de David Gueringer et Michael Rosner.

  • Par le judas

    Par le judas

    L’intime communication que me permet cette interface
    Avec le monde qui m’entoure et me réclame un médiateur,
    Perce, comme authentification, une fenêtre à la surface
    Dont le coup d’œil vaut le détour et un verdict appréciateur.

    Tableau d’Antonio Mora.

  • Un vol pour Paris

    Un vol pour Paris

    Quand tout concorde vers les étoiles dans un fauteuil modélisé
    Pour survoler la capitale voire plus loin si affinités,
    Le vent s’engouffre dans les voiles des drapeaux des Champs Élysées
    Et c’est parti dans l’orbitale cosmique vers l’infinité.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Les mains vertes

    Tous les jardiniers aux mains vertes et leurs amies les jardinières
    Sont reliés à leurs racines qui plongent au cœur de la Terre.
    Entre nature et découvertes, ils signent dans les pépinières,
    Poètes en herbe aux officines, leurs plus belles pensées salutaires.

    Tableau de Valerie Hammond.

  • Cœurs de pierre

    Cœurs de pierre

    Mon petit cœur de pierre
    Se réchauffe à la flamme
    De sa petite femme
    Sans faire de prière.

    Et mon esprit pervers
    Sait faire le silence
    Lorsqu’il est d’importance
    De le décrire en vers.

    Car le corps se recueille
    Auprès de l’origine
    Que l’âme s’imagine
    Quand un rêve l’accueille.

    Photo vue sur https:www.futuristarchitecture.com .

  • Finalement, l’homme est bon !

    Finalement, l’homme est bon !

    Entre les canons de beauté et l’art de la chair à canon,
    L’homme et la femme en écorché offrent un régal bien octroyé :
    De la belle cuisse au bas-côté ou de la poitrine aux rognons,
    L’humain, une fois embroché, est bien meilleur qu’on le croyait.

    Création de Plasticboy.

  • L’envolée belle

    L’envolée belle

    Les plus belles plantes du pays qui cheminent à pas feutrés
    Sont les plus belles à s’envoler surtout quand l’amour les transporte.
    Hier, j’étais encore ébahi de voir une fille calfeutrée
    Se mettre nue et convoler avec le vent devant sa porte.

    Tableau de Linda Clark Johnson.

  • Dynastie florale

    Si le faune est à la sirène ce que la flore est à la mer,
    Imaginez ce que serait une dynastie forestière.
    Les fleurs couronneraient la reine, le roi décoré de fougères
    Et le petit prince passerait pour le florilège du bestiaire.

    Quant aux princesses multiflores, maquillées de gouttes de rosée,
    Laquelle serait la plus belle ? Je vous le laisse deviner…
    Peut-être Lila Passiflore ou Anémone Couperosée,
    Ou encore Iris Mirabelle ou bien Violette du Dauphiné.

    Tableau d)Angela Chalmers.

  • Clair-obscur

    Clair-obscur

    Entre les cônes de lumière et les trous noirs inexplorés,
    Se cache toujours une femme derrière un rideau de mystère.
    Les plus futées sont les premières – et pas si connes- à déplorer
    Que l’obscurité les diffame tandis que l’éclat est salutaire.

    Illustration de Schmitz.

  • Rien à voir !

    Rien à voir !

    L’épaisseur du mur de lumière connaîtra sa métamorphose
    Lorsque les voitures électriques ne consommeront presque rien.
    Car – ce n’est pas une première – mais trois fois rien, c’est quelque chose ;
    Il y aura toujours des excentriques qui se prétendront ivoiriens.

    Illustration de Schmitz.

  • Explication par l’absurde

    Explication par l’absurde

    Ouverte d’un pan de lumière, comme une voiture en latex,
    L’absurdité de la vision revendique une explication :
    Ici, la matière première provient d’une substance connexe
    Aux montres molles en prévision d’une absurde vulcanisation.

    Illustration de Sébastien Plassard vue sur https:weandthecolor.comsebastien-plassard-dreamlike-illustrations79257 .

  • Drôle d’oiseau

    Au bal masqué un drôle d’oiseau plutôt à poil qu’à beau plumage
    Se présenta recroquevillé comme pour pondre un œuf surprise.
    Il intrigua les damoiseaux et causa l’auto-allumage
    De tous leurs sens émoustillés lorsqu’ils tombèrent sous son emprise.

    Lorsqu’elle se redressa d’un bond tous virent la beauté de l’oiselle
    Toujours masquée, incognito, mais tous ses charmes exposés.
    Elle réveilla les moribonds, fit enrager les demoiselles
    Quant aux organes génitaux, plusieurs faillirent exploser.

    Tableaux de Costa Dvorezky.

  • Sainte Andromède

    Sainte Andromède

    Plutôt que « Dieu créa la femme pour que l’homme ait sa descendance »
    Disons que Dieu façonna Ève pour représenter son image.
    Ainsi le sacrilège infâme d’avoir goûté la connaissance
    Ne l’abaisse pas mais la relève au rang du plus brillant hommage.

    Tableau de Costa Dvorezky.

  • La chute d’Andromède

    La chute d’Andromède

    Après le plaisir de la mer, après le désir du soleil,
    Elle se sent mourir de bonheur comme une chute dans l’épectase.
    Dans le sein même de sa mère, aurait-elle connu cet éveil,
    Celui-là qui met à l’honneur la joie de vivre dans l’extase ?

    Tableau de Costa Dvorezky.

  • La cerise d’Andromède

    La cerise d’Andromède

    Lorsqu’elle émerge de l’élément, de ce liquide nourricier,
    Andromède ajoute une touche d’un bain de soleil à dessein
    Pour sentir sur ses téguments le baume chaud et pâtissier
    Comme un goût sucré dans la bouche qui se déverse sur ses seins.

    Tableau de Marco Ortolan.

  • La plongée d’Andromède

    Le corps reconnaît sa substance plongée dans l’élément liquide ;
    La peau exprime sa nudité pareille au contact amoureux
    Et l’eau rafraîchit l’existence, celle qui paraissait insipide
    Mais retrouve sa limpidité dans ce courant doux langoureux.

    Le corps recouvre ses réflexes dans chaque partie de lui-même ;
    Les bras retrouvent leurs fonctions et les jambes, leur propulsion.
    Le sexe n’a plus de complexe, il redevient l’organe qui sème ;
    Même le cœur fait la jonction avec le sang en impulsion.

    Tableaux de Marco Ortolan.

  • La gardienne du jardin secret

    La gardienne du jardin secret

    Vous approchez la porte étroite de son jardin d’intimité
    Mais y apparaît la gardienne qui vous en refuse l’entrée.
    Vous devez la montrer bien droite, votre clef de légitimité,
    Car autrement quoi qu’il advienne vos espoirs seront éventrés.

    Tableau de Michael Hutter.

  • La nuit des étoiles tombantes

    La nuit des étoiles tombantes

    Une étoile est tombée au pied de ma maison ;
    Une femme est sortie simplement sans mot dire.
    Alors je me demande quelle en est la raison,
    Pourquoi l’apocalypse viendrait-elle me maudire ?

    D’autres étoiles encore suivent la trajectoire,
    Plein de femmes en sortent complètement à poil.
    Mais ce sont des sorcières, j’en suis sûr, c’est notoire,
    Qui nettoyaient le ciel des poussières d’étoiles.

    Tableau de Nikolai Litvinenko.

  • Un amour de petite chèvre

    Je me souviens de cette histoire, celle de la petite chèvre,
    Que l’envie, dans son pâturage, de la montagne démangeait.
    Et Monsieur Seguin, c’est notoire, lui raconta du bout des lèvres
    Que même avec tout son courage, le loup l’aurait vite mangée.

    Mais elle mit un point d’honneur à imiter la vieille Renaude
    Qui combattit, la mijaurée, jusqu’à son éternel sommeil.
    Or, devant le loup flagorneur, la petite chèvre penaude
    Tint à ne se laisser dévorer qu’au premier rayon du soleil.

    Tableau de Marc Chagall.

  • Confondue dans la lecture

    Confondue dans la lecture

    La souris de bibliothèque est devenue caméléon
    Depuis que les chats pitres cherchent à attraper son cul-de-lampe.
    De même dans les vidéothèques, sous la lumière des néons,
    Des chats cinéphiles se perchent pour être sous les feux de sa rampe.

    Pour rappel, un « Cul-de-lampe » en typographie est un ornement placé en bas d’une page.

    Bodypaint d’Adam DuShole ; Photo de Bill Wadman.

  • Dandelions cosmiques

    Parfois les pissenlits ressemblent aux lettres tendres écharpillées
    Que les amoureux désœuvrés ont déchiré aux quatre vents.
    Et les mots perdus se rassemblent dans les étoiles éparpillées
    Pour laisser la vie manœuvrer et semer l’amour survivant.

    Je vois le vol des dandelions comme des milliers de promesses
    Que des cœurs esseulés confient à la clémence du hasard.
    Si j’en crois un vieux tabellion qui m’a conté, je le confesse,
    L’heur d’un Cupidon déconfit et déçu par tout ce bazar.

    Tableaux d’Oleg Mayorov.

  • Anormalement vôtre

    Au début tout semble normal, sauf que l’escalier tourne en rond
    Uniquement en marche avant sans moyen de se retourner.
    Un Suisse-allemand me crie « Nochmal ! » en me piquant d’un éperon
    Et surgissant d’un paravent en bois de rose chantourné.

    En me retrouvant au départ je réalise que je dors
    Et que mon rêve s’est répété dans un cauchemar d’hardiesse.
    Malheureusement nulle part je ne retrouve le livre d’or
    Sur lequel j’avais sécrété ce poème à l’emporte-pièce.

    « Nochmal » en allemand signifie « encore une foi » et se prononce comme « normal ».

    Tableau de Tishk Barzanji.

  • L’enjambement – 3

    L’enjambement – 3

    Finalement, c’est à l’envers que tout le monde paraît droit.
    La règle de l’absurdité parfois prévaut sur tout le reste.
    Voici pourquoi j’écris mes vers avec une rime à l’endroit,
    Les autres avec lucidité mais bien souvent d’une main preste.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • L’arôme de la commémoration

    L’arôme de la commémoration

    À l’heure où les fleurs reconnaissent leur plus grand épanouissement,
    Je vais en humer les fragrances pour invoquer dans l’abbaye
    La vocation des diaconesses qui, jusqu’à l’évanouissement,
    Portaient les arômes en errance aux plus belles vierges du pays.

    Tableau d’Andrea Kowch.

  • Les nymphes océanes

    Les nymphes océanes

    À l’horizon de l’équateur, le soleil jamais ne se couche
    Mais se recueille au crépuscule par les nymphes de l’océan.
    Grâce à son feu générateur, les sirènes enceintes accouchent
    D’un enfant-poisson minuscule puis, on renvoie l’astre au néant.

    Tableau d’Arthur Prince Spear.

  • Voici mon étoile !

    Voici mon étoile !

    Lorsque le miroir me dévoile l’envers du ciel qui y converge
    Tout mon corps tremble et redevient la première femme de la Terre.
    Je suis née au cœur de l’étoile qui gravite autour de la Vierge
    Dont la constellation revient s’aligner avec Jupiter.

    Tableau de Jan Saudek.

  • Tailleur pour femmes nues

    Tailleur pour femmes nues

    Tailleur – patience et minutie – ce métier se montre capable
    D’endimancher les femmes nues, de surcroît les plus exigeantes.
    D’ailleurs, tellement réussi que le tissu, presque impalpable,
    Montrera les parties charnues mais de manière intelligente.

    Tableau de Will Wilson.

  • L’évolution vers la disparition

    L’évolution vers la disparition

    Nonobstant le chaînon manquant qui laisse un trou dans sa structure
    L’homme poursuit l’évolution toujours plus haut, toujours plus fort.
    L’homo sapiens communiquant fait de grands pas vers la rupture
    Et trouvera la solution pour disparaître sans effort.

    Sculpture de John Morris.

  • Une porte sur l’espace-temps

    Une porte sur l’espace-temps

    Bien que son fond nous environne, l’espace-temps reste impalpable ;
    Pourtant certaines déchirures fort relativement se créent.
    Et dans la porte fanfaronne aux rayons d’ombres dégradables
    Tous mes préjugés disparurent lorsque j’en franchis le secret.

    Tableau de Stefan Bleyl.

  • Madame à tempérance

    Madame à tempérance

    Le chaos de sa chevelure qui porte gloire à sa beauté
    Fixe le degré de tempérance de ses humeurs en balançoire.
    Des vents d’amour, à toute allure, verront les larmes clapoter
    Mais des passions d’exubérances dont attendus pour demain soir.

    Tableau de Thomas Alen Kopéra.

  • Les villes jumelles

    Les villes jumelles

    Ville-du-Nord, la catholique et Ville-du-Sud, la protestante
    Vivaient séparées par un schisme dont on connaît bien la chanson.
    Sauf un seul pont parabolique qui, à la foule manifestante,
    Permit d’ pratiquer l’échangisme entre les filles et les garçons.

    Tant et si bien on abusa de cette communication
    Que les anciennes religions se mélangèrent les pinceaux.
    Dès le début on s’amusa du fruit de la fornication
    Mais bientôt ce fut par légions qu’on vit pucelles et puceaux.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Centaure & Sirène = Chimère

    Centaure & Sirène = Chimère

    Au printemps Monsieur du Centaure célèbre ses nouvelles cornes
    Tandis que Madame Sirène étrenne ses nouvelles écailles.
    À l’occasion, entre eux, s’instaure une aventure dont la licorne
    A deviné , l’âme sereine, qu’un enfant naîtrait au bercail.

    Comment Cupidon accomplit ce tour de force prodigieux
    Entre la princesse des mers et le prince des hautes terres ?
    Sa flèche n’a pas fait un pli entre ces êtres prestigieux
    Car d’un seul baiser éphémère, leurs amours furent complémentaires.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’invité privilégié

    L’invité privilégié

    Tandis qu’en haut sous la houlette de la hulotte sentinelle,
    En bas s’avance la silhouette d’un étrange polichinelle,
    Les yeux grand ouverts sur les ombres qui s’enfuient à son arrivée
    Car Monsieur fait partie du nombre des hôtes à titre privé.

    Illustration de Joshua Courlas.

  • Rencontre

    Rencontre

    Le fond de l’océan regorge d’extraordinaires intermèdes
    Et la sirène se déguise pour aguicher incognito.
    Évidemment son soutien-gorge obéissant à Archimède
    Subit la poussée qui l’épuise illico presto subito.

    Photo de Wei-Chih Wang.

  • Artistes en herbe

    Artistes en herbe

    J’aurais bien aimé être un cancre et rencontrer ma femme en herbe
    Et lui écrire des poèmes truffés de fautes de syntaxe,
    Les doigts souillés de taches d’encre mais qui, par la plume et le verbe,
    Auraient transformé en bohème deux écoliers un peu fantasques.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • Les chemins de vie

    La vie paraît illimitée par tous les chemins du possible ;
    J’aimerais plusieurs existences pour goûter chaque solution potentiel
    Dommage que nous soyons limités à renoncer à l’impossible
    À moins de connaître en substance toutes les circonvolutions.

    Le temps ne fait pas marche arrière et choisir est définitif
    Parfois les chemins s’ouvriront sur une vie prédestinée.
    Bizarrement une barrière, un raccourci expéditif,
    Ou une chute, aboutiront à nos meilleures destinées.

    Tableau de Tim Zeltnerc.

  • Confiture d’étoiles

    Confiture d’étoiles

    Une seule planète dans l’univers est réputée pour ses étoiles
    Dont les comètes caramélisent sur les volcans opportunistes.
    On y prépare pour les hivers – à déguster autour du poêle –
    De succulentes friandises d’une portée impressionniste.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’autre côté

    L’autre côté

    D’après les lois du Petit Prince, le soleil se couche vraiment,
    Sous la garde de Pierrot-le-Chat qui chasse les étoiles filantes.
    De peur que ses griffes ne grincent et provoquent un désagrément,
    La lune un jour lui attacha des mitaines annihilantes.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Les mécanismes

    Les mécanismes

    Toute l’appétence charnelle axée aux plaisirs de la chair
    Résulte d’une mécanique d’organes en pleine évolution.
    Ainsi les envies maternelles et le goût de la bonne chère
    Proviennent d’anges sataniques mais qui auraient l’absolution.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La renarde

    La renarde

    Pour satisfaire à la consigne des pratiques agrobiologiques,
    Madame, d’un air goguenard, doit adapter son gagne-pain.
    Elle s’est inventé un signe – pas tout à fait astrologique –
    Mais qui lui va comme un renard qui s’accommode d’un lapin.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La sorcière

    La sorcière n’a pas de culotte et se repère évidemment
    Dès qu’un coup de vent polisson lui fait s’envoler sa jupette.
    Elle regagne sa roulotte sous l’œil des gens impudemment ;
    Les femmes en ressentent un frisson et les hommes une galipette.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La liberté masquée

    La liberté masquée

    À quoi servirait la lumière si on la mettait en sommeil ?
    À quoi servirait la beauté dissimulée sous la laideur ?
    Mais les saisons sont coutumières d’inverser averses et soleil
    Et nous de voir la liberté désapprouvée par ses plaideurs.

    Perséphone était trop jolie pour Hadès, le dieu des enfers,
    Qui l’enleva d’un subterfuge et mit la Terre en abstinence.
    Alors pour contrer la folie, Zeus la limita à l’hiver
    Et elle put trouver refuge tous les printemps en alternance.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Celle-ci exactement

    Celle-ci exactement

    Soudain une tête dépasse sur les rails de la destinée.
    Celle-ci, à nulle autre pareille, deviendra votre matriarche.
    Alors profitez de l’espace-temps qui vous est déterminé,
    Ne vous faites pas tirer l’oreille et s’il le faut, sautez en marche.

    Photo de Wiktor Franko sur https:wiktorfranko.comalbums

  • Le phare lunaire

    Le phare lunaire

    Tout en haut du phare lunaire qui guide les tapis volant,
    Une gardienne à sa fenêtre me fait des tours d’un grand prestige.
    Mais son échelle lacunaire a des barreaux batifolant
    Et pour monter les quinze mètres j’ai tout de même le vertige.

    Tableau de Paula Belle Flores.