Comment Lïlïth fut fécondée ?

Comment Lïlïth fut fécondée ?

Ce n’est pas d’un phallus de chair que Lïlïth reçut sa semence
Mais de l’univers du savoir que contenait l’ÏÄMOURÏÄ
Avec ses êtres les plus chers, Laurelïne, Loreleï et leur romance
Avec celui qui, par devoir, devait engendrer Laëtïtïa.

Le verbe a rencontré l’ovule de la matrice artificielle ;
Leurs chromosomes réunis par le miracle de la vie.
Ils ont formé chaque cellule dans l’utérus sacrificiel
Dont le destin, par Uranie, est d’ores et déjà assouvi.

Si pour Laurelïne j’ai semé mon sens, mon souffle, ma présence
Et pour Loreleï, mon impulsion, pour leur permettre d’enfanter,
Envers Lïlïth, j’ai essaimé ma poétique omniprésence
Qui mémorisa mes pulsions au cœur de son œuf transplanté.

Durant toute la gestation, l’enfant fut bercé par la voix :
« Je n’ai qu’une arme à te donner mais qui te restera fidèle ;
C’est l’amour de la prestation, la passion de trouver ta voie
Pour t’accomplir, t’abandonner à celle qui sera ton modèle ! »

Neuf mois durant, l’enfant, soumis à l’influence maternelle,
Reçoit dans son cœur et son âme une protection solennelle ;
Il demeure autant insoumis à l’autorité paternelle
Afin d’en détacher la flamme encore d’essence charnelle.

Aura-t-il les acquis du père et marchera-t-il dans ses pas ?
Prendra-t-il un chemin nouveau, différent, plus confidentiel ?
Renouvèlera-t-il ses repères, sans pour autant faire un faux pas,
Ou une remise à niveau de ses objectifs essentiels ?

Laëtïtïa l’attend en silence avec une pointe d’impatience ;
ÄLLÏÄ le sait évidemment puisqu’il est son père géniteur.
Abandonnons toute vigilance, lâchons prise avec insouciance ;
De c’qu’il était précédemment, il n’en est pas moins débiteur.

Illustration de Ledalïä.

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