
Ô Loreleï ! Ta mer immense occupe tout mon horizon !
Quand je me rapproche, timide, tes rouleaux me semblent farouches.
Douche glacée, ma peur intense de me noyer dans ta prison
Aux barreaux de lames humides et sa sirène qui m’effarouche.
Ô Loreleï ! Tes doigts d’eau froide sur ma peau nue me font trembler
Je voudrais reculer pourtant… tes caresses sont captivantes.
Je frissonne, les membres si roides qui commencent à me sembler
Engourdis néanmoins partant pour suivre tes vagues mouvantes.
Ô Loreleï ! Tes jambes fraîches autour de mes hanches m’enserrent ;
Tes mains qui étreignent mon corps et moi qui cède à tes élans.
Je n’ai plus pied et toi, revêche, es-tu amante ou adversaire ?
Moi, je ne le sais pas encore mais ton charme est si insolent !
Ô Loreleï ! Tes cuisses fortes comme la houle qui m’emporte ;
Mon souffle prisonnier du tien, je ne respire que par ta bouche.
Je suis noyé mais peu m’importe lorsque c’est l’amour qui me porte
Et m’engloutit et m’entretient éternellement sur ta couche.
Ô Loreleï ! Tu m’as trompé… il n’y a plus de retour possible ;
Tu m’as appris à respirer par tant de baisers harassés.
Regarde mes vers détrempés par tes élans irrésistibles
Et mes rimes déjà expirées croisées et sitôt embrassées !
Ô Loreleï ! Je t’aime tant que ta mer devient ma maison !
Je te pardonne, ma sirène, pour tes amours enchanteresses ;
Je t’aimerai aussi longtemps que mon cœur vaincra ma raison
Et je t’épouserai, ma reine, ma favorite, ma maîtresse !
Ô Loreleï ! Tu m’as donné un enfant qui me guidera
Lorsque je devrai m’effacer pour renaître sous tes couleurs.
Oui, je me suis abandonné à toi qui me prodiguera
Un avenir débarrassé de mes faiblesses et mes douleurs.
Illustration de Ledalïä.
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