Partie à quatre

Partie à quatre

Si le polyamour s’impose à l’Élysée l’année prochaine,
C’est à cause de tous ces partis qui écartèlent Marianne.
Cela découle, je suppose, des débats sur toutes les chaînes
Où l’on entend les réparties franchissant la ligne médiane.

Chacun prétend qu’il la protège en promettant monts et merveilles ;
Chacun lui jure fidélité jusqu’au prochain remaniement.
Mais sous les ors du privilège, elle n’écoute que d’où vient l’oseille
Car l’amour dure en vérité le temps d’un sondage seulement.

Les uns la veulent souveraine, les autres ouverte aux quatre vents ;
Certains l’habillent de promesses, d’autres de vertu ou d’impôts.
Elle sourit de son air de reine à ces amoureux décevants
Qui lui composent des caresses avec du vent… fort à propos.

À force de changer d’idylle au gré des alliances du jour,
Marianne en perd la mémoire de celui qu’elle doit servir.
Chacun lui promet le grand style, le progrès, la paix et l’amour ;
Mais nul ne songe à l’auditoire qui regarde le cirque sévir.

Tableau de Małgorzata Borsukiewic.

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