
Tout l’ÏÄMÔURÏÄ a disparu ne laissant qu’une arène vide
Sous un firmament constellé d’éclipses rouges et lunes noires.
Et moi, je suis là, comparu devant un grand volcan avide
Qui, d’une langue de sang-mêlé, veut me parler de mes mémoires.
Le volcan prend figure humaine et ressemble à ma Laurelïne ;
Une géante aux cheveux de flammes, lèvres de braises, yeux pleins d’émoi.
Et de sa bouche peu amène d’où de la lave dégouline,
Elle m’assène de sa fine lame : « oseras-tu venir à moi ? »
J’avance et plonge dans sa bouche, mes vêtements partent en fumée ;
Tout l’intérieur devient un temple où l’on ne pénètre que nu.
Des mains invisibles me touchent mais je continue d’assumer
Ma progression et je contemple une autre Laurelïne inconnue.
La vestale au regard sévère m’a l’air hostile à tous égards ;
Elle me demande de la séduire sinon je connaîtrai la mort.
Il faudrait que je persévère mais j’ai l’esprit tellement hagard
Que je pense qu’elle va me détruire sans en éprouver de remords.
Je fais une chose impensable : je m’entaille la main jusqu’au sang
Et je lui écris un poème sur mon corps des pieds à la tête.
Et comme il est indispensable qu’elle lise mon texte innocent
Dès qu’elle lit « Laurelïne, je t’aime ! », à ces trois mots, elle s’arrête.
Elle pose un baiser sur mon ventre et je deviens une colonne
Dressée à l’entrée de la nef et qui progresse jusqu’au ciel.
Laurelïne l’érige alors au centre, grimpe à la cime et s’y pilonne
Comme s’amarrerait un astronef venu d’un feu providentiel.
Laurelïne n’est plus une inconnue mais une Vénus tout feu tout flamme
Que je tente de juguler d’un jet de liqueur et de miel.
Mais sans la moindre retenue, elle l’avale et me proclame
Qu’elle se sent sexangulée par ce précieux cérémoniel.

Illustrations de Ledalïä.
Laisser un commentaire