

Hilda ne savait se vêtir que de feuilles et de fleurs des champs ;
C’était bien pratique au printemps et en été, sauf en automne.
Mais il fallait s’assujettir des fleurs sèches en les attachant
Et, en hiver, c’est éreintant, exténuant et monotone.
Vive l’été et ses courants d’air et ses fleurs nouvelles chaque jour !
Trois pâquerettes suffiront pour une pudeur minimale.
Mais entre nous, c’est secondaire car il n’y aura pas toujours
Des empêcheurs de tourner en rond dans sa vraie nature animale.
Quand Hilda traverse la plage avec ses couronnes champêtres,
Même les dunes au sable blond semblent sourire à son passage.
Les hommes oublient leurs ouvrages, les femmes ouvrent leurs fenêtres
Et les oiseaux prennent d’aplomb le grand vent aux couleurs d’orage.
Le vieux soleil pose sur elle une lumière presque antique ;
Son corps devient une saison que le rivage vient bénir.
Et la mer, d’une voix charnelle aux profondeurs si romantiques,
Semble la vouer sans raison au charme nu en devenir.
Illustrations de Duane Bryers.
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