Les oiseaux de l’aube au crépuscule

Bien sûr, je sais lire les oiseaux s’ils viennent de droite, s’ils viennent de gauche ;
Je sais écouter les nouvelles, la météo et les potins.
Je sais les voir dans les roseaux, commencer à faire une ébauche
De nid pour Madame Hirondelle, avec brindilles et rotins.

Mais par-dessus la canopée lorsqu’ils tournent autour du soleil,
J’ai du mal à les déchiffrer et n’y arrive pas toujours.
Malgré l’étrange mélopée de leur gazouillis qui balaye
Le haut des arbres défrichés tous les matins au point du jour.

Pourtant parfois l’un d’eux s’écarte et descend jusque dans mes rêves,
Comme un messager égaré cherchant la main d’un vieux devin.
Il me laisse juste une carte de visite, puis repart sans trêve
Et la carte toute bigarrée m’apprend qu’il n’est que minuit vingt.

Je crois qu’ils parlent le romanche avec des mots en mosaïque ;
Un alphabet fait de lumière avant les livres et les dieux.
Leurs ailes tracent dans les branches des signes aux formes archaïques
Que leur discrétion coutumière fait croire à un chant mélodieux.

Illustration d’Elin Manon.

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