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  • Les tricheuses

    Elles n’sont que deux mais très adroites et gagnent presqu’à chaque coup.
    « Presque » pour appâter le pigeon et le laisser croire à sa chance.
    Elles font semblant d’être maladroites – même au début, un peu beaucoup –
    Puis, l’adversaire fait le plongeon dans les tréfonds de sa malchance.

    Où ont-elles appris à tricher ? Car elles trichent évidemment !
    J’ai même vu voler les cartes quand elles les rendent au donneur.
    Mais jamais elles n’ont affiché le moindre regard diffamant
    Envers le perdant qui s’écarte après avoir perdu l’honneur.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

  • Contes érotiques

    Contes érotiques

    Faire l’amour à la lecture reste un plaisir inassouvi
    Et j’aime glisser entre les pages un œil en quête d’érotisme
    Afin de tenter l’aventure avec l’héroïne ravie
    De mon amour qui se propage vers le summum du pathétisme.

    Lorsque le conte est terminé, j’en rêve ses prolongations
    Que je retranscris langoureux si jamais mes draps s’en souviennent.
    Si ces contes sont déterminés à doper la fécondation,
    Je les conseille aux amoureux pour que natalité advienne.

    Si faciles à imaginer ; il suffit juste d’une image
    Pour déclencher la libido du fond du cerveau reptilien.
    Et l’hippocampe s’invaginer de mémoires plus ou moins sages
    Qui se cachent derrière le rideau de mon esprit machiavélien.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • La force de l’imaginaire

    Nul besoin d’être un Peter Pan ou une Alice qui s’émerveille
    Pour avoir l’imagination de trois explorateurs en herbe.
    Il suffit aux participants dont la fantaisie se réveille
    D’exercer la navigation vers leurs rêves les plus superbes.

    Sans doute un seul continuera à pousser sa réalité
    En provoquant l’absurdité aux confins de la vérité.
    Cette personne substituera aux terribles actualités
    De nouvelles opportunités pour contrer leur sévérité.

    Tableaux de Michael Cheval.

  • Ma voisinière

    Je n’ai pu lui dire qu’un bonjour tant elle était préoccupée
    Par l’ordre de ses plates-bandes et l’aspect de son potager.
    J’aperçois dès le petit jour parmi les ombres découpées,
    Cul en l’air, ma Suisse-allemande besogner sans se ménager.

    Elle m’énerve. Quel âge a-t-elle ? Difficile à voir sa figure !
    Je ne vois que son postérieur qui semble titiller le ciel.
    Sans penser à la bagatelle, j’ai voulu tenter l’aventure
    En pénétrant à l’intérieur sous un prétexte substantiel.

    Elle m’a souri comme un soleil, m’a dit trois mot puis a repris
    Son jardinage passionné et son jardinet en jachère.
    Les feuilles que le vent balaye apparemment ont plus de prix
    À son attention rationnée à ses cultures maraîchères.

    Tableau de Lizzie Riches.

  • Séparation des couleurs

    L’Univers, en préparation avec ses matières premières,
    A créé un monde radieux sur notre bonne vieille Terre.
    Maîtriser la séparation entre l’obscur et la lumière
    C’est se vouloir l’égal de Dieu ainsi que son propriétaire.

    Autant j’aime bien les frontières, autant j’aime bien les mélanges
    Sans mettre de l’eau dans mon vin, au contraire : sans modération.
    Ainsi la planète tout entière devrait pratiquer des échanges,
    Et l’humain deviendrait divin à force de coopération.

    Seulement voilà ; dès la naissance, tout le monde veut le rayonnement
    Car vivre dans l’obscurité, c’est bon pour les déshérités.
    Or baser toute ma connaissance dans cet étrange raisonnement
    M’a entraîné en vérité vers un échec bien mérité.

    Sans doute n’ai-je pas de patience pour attendre une éternité
    Pour que les couleurs se marient pour le meilleur et pour le pire.
    Sinon je crée dans l’insouciance l’art dont j’ai la paternité
    De quelques vers que j’apparie avec mon âme qui soupire.

    Vue aérienne en Islande où se rencontrent les champs verts, la rivière jaune, la plage noire et la mer bleue ainsi qu’une autre vue autant insolite.

  • Coup de foudre

    Coup de foudre

    Un coup de foudre au crépuscule lors de son dernier rayon vert
    Qu’il adresse, tel un message, à l’astre féminin du soir.
    Celle dont le croissant bascule l’embrasse alors sous le couvert
    De l’ombre qui prend le passage au jour en lui disant « bonsoir ».

    Juste un baiser et disparaît le Soleil amoureux déçu
    De n’avoir pas d’autre occasion sous la discrétion des étoiles
    Qui taisent lorsqu’il réapparaît combien la Lune était fessue
    Lors d’une éclipse d’évasion durant la danse des sept voiles.

    Quand vient la nuit de Lune rousse, des faubourgs de la Voie Lactée
    Le Soleil lance un billet doux cacheté d’étoiles filantes.
    Sept jours après, quand se rebrousse le temps de s’être contacté,
    Les astres fuient, on ne sait d’où, vivre leurs amours ambulantes.

    Tableau de Marta Orlowska sur https:www.behance.netMoonOnRoof .

  • L’amie-nid des oiseaux

    L’amie-nid des oiseaux

    J’ai pondu un chagrin d’amour dans un œuf couvé dans mon nid
    Et les p’tits oiseaux dans ma tête l’ont fécondé dans la douleur.
    Un jour est né mon Désamour ; un poussin qui a le génie
    D’égosiller des cris de bête et des reproches roucouleurs.

    Alors j’ai arraché l’amour, cautérisé la plaie du cœur
    Et nettoyé les cicatrices de mes passions désavouées.
    J’ai regardé avec humour − un humour noir, vif et moqueur −
    La trace purificatrice que les oiseaux m’avaient tatouée.

    Est-ce une maladie d’amour ou une maladie de vivre
    Que de passer son temps à pondre pour le meilleur et pour le pire ?
    Est-ce que s’arrêtera un jour ? Ce n’est pas écrit dans les livres
    Car pas un seul ne sait répondre au vague à l’âme dont je soupire.

    Tableau d’Elisa Anfuso sur https:formsofchaos.tumblr.compost189217611178supersonicart-elisa-anfuso-paintings-surreal .

  • La robe dérobée

    Derrière le rideau d’une grande couturière,
    Petite retoucheuse se livre à sa besogne.
    Ses yeux de péridot et l’âme aventurière
    Incitent la bêcheuse à agir sans vergogne.

    Plutôt que comparaître comme voleuse à la tire
    Et qu’elle ne reparte sans la robe aux saphirs,
    Pour faire disparaître l’objet de ses désirs,
    Un simple tour de cartes ne pourrait y suffire.

    Mais la robe précieuse n’était qu’une vitrine ;
    Un écrin pour les pierres qu’on range tous les soirs
    La fille capricieuse à petite poitrine,
    Authentique fripière, l’a volée dans le noir.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • L’imagination

    Dans ma tête en colimaçon lorsque j’étais petit garçon,
    J’étais comme un poisson dans l’eau dans mes pensées méli-mélo.
    Je retournais tout l’univers que je voyais tout à l’envers
    D’où partait tout un écheveau en direction de mon cerveau.

    Un jour mon crâne se recycla et mon corps vola en éclats ;
    Le bassin se brisa trois fois et je fis ma crise de foi.
    Une voix qui se prétendait Dieu m’a révélé mon crime odieux
    Et mon esprit à contrecœur céda son pouvoir à mon cœur.

    Demain, ma cervelle d’oiseau prendra le chemin des réseaux
    Angéliques ou bien diaboliques si ce n’est pas très catholique.
    Sans doute mon imagination verra avec fascination
    Comment c’est de l’autre côté une fois l’âme désasticotée.

    Tableaux de Mihai Criste sur https:www.irancartoon.comsiteartistsmihai-criste .

  • Le retour du masque

    Le retour du masque

    Malgré les ingénus crédules que le « Retour à la normale »
    Visse sur les rails de la confiance, le masque va nous revenir.
    Malgré les naïfs qui l’adulent, l’intelligentsia maximale
    Va tromper notre méfiance et falsifier notre avenir.

    Au début les gestes ordinaires nous feront voir la vie en rose ;
    Le masque et le passe vaccinal, la puce implantée sous la peau.
    Puis, les mesures disciplinaires tomberont sous un ciel morose
    Pour, jusqu’au stade terminal, nous formater sous le chapeau.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Démasquez-moi !

    Que tout le monde porte un masque me semble profondément humain ;
    Que ce soit sous des couches de graisse, de vêtements ou d’autre chose.
    Vous avez le droit d’être fantasques mais pas de me forcer la main
    Pour adopter votre détresse, votre peur et votre névrose.

    Mais être « pour » ou être « contre » ne nous empêche pas d’être ouverts ;
    Quand je suis tout contre ma femme, ma chaleur fait fondre sa glace.
    Alors je suis pour les rencontres mais à visages découverts.
    Tombez vos protections infâmes et faites-moi une petite place !

    Tableaux de Catherine Chauloux.

  • Les courses de la sirène

    Les courses de la sirène

    Cela m’a étonné, moi aussi, de voir monter en amazone
    Une écuyère de sirène sur un dinosaure harnaché.
    La bête semblait dégrossie à cette chevauchée interzone
    Filant de gondoles en carènes un peu comme au supermarché.

    C’est que les trésors par milliers répandus entre les épaves
    Font de jolis colifichets et accessoires de ménage !
    Et son animal familier est l’un des meilleurs rats-de-cave
    Pour repérer et dénicher les biens du plus bel apanage.

    Tableau de James Gurney.

  • La sirène s’en fout…

    La sirène s’en fout…

    L’est en avril, au fil de l’eau et en mai, la fille de l’air
    Car la sirène n’a pas d’heure, encore moins la météo.
    Le temps qui passe va à vau-l’eau, le temps qu’il fait va à l’envers
    Peu lui importe la froideur, la pluie ou les temps idéaux.

    Même l’hiver, la sirène s’en fout ; elle sait comment rompre la glace.
    Pareil les jours de canicule ; de toute façon, elle vit à poil.
    Si le Soleil devenait fou, elle prendrait la Lune à la place.
    À ceux qui la trouvent ridicule, elle leur tire les cordons du poêle.

    Tableau de Stojan Milanov.

  • Cocon-proton-électron

    Cocon-proton-électron

    Redécouvrir son âme-sœur, aller plus vite que la lumière,
    Retrouver tous mes souvenirs avant de naître et trépasser,
    C’est comme prendre un ascenseur vers ma destination première
    Qui me ramène quand l’avenir n’avait pas encore de passé.

    Je n’ suis ni un, ni deux, ni trois, je suis l’ensemble des atomes
    Qui s’unissent une fraction de seconde et traversent les trous de ver.
    Même si j’ai l’esprit à l’étroit dans un corps de femme ou bien d’homme,
    Je ressens dans mon âme l’onde dont bat le cœur de l’univers.

    L’amour devient une expérience atomique au niveau du sexe
    Qui utilise ses potentiels de sensualités opposées.
    S’aimer dans la luxuriance des actions concaves et convexes,
    Atteint le point exponentiel de deux orgasmes superposés.

    Photo d’Adam Martinakis.

  • Divines Chaussures

    Divines Chaussures

    Autant mes poèmes ont des pieds, autant mes rêves ont des souliers
    Et mes souliers ont voyagé dans des endroits inaccessibles.
    Un jour, j’ai pris le contrepied et dit à Dieu : si Vous vouliez (†)
    Remplacer mes yeux grillagés par d’autres, je verrais l’impossible ! »

    Aussitôt dit, aussitôt fait, je pris l’ascenseur vers le ciel
    Et reçu un appareillage de chaussures de toutes sortes.
    L’autre côté, très étoffé, de l’univers circonstanciel
    Ressemblait à des quadrillages d’anges ouverts sur mille portes.

    J’ai vu plus grand que l’univers, j’ai vu le temps d’avant le temps,
    J’ai vu plus vite que la lumière et au-delà de l’infini.
    Je l’écris souvent dans mes vers malgré l’aspect déconcertant
    Qu’il vous inspire, dès la première impression d’embrouillamini.

    (Tableau de Vincent van Gogh.
    † : Je tutoie Dieu évidemment mais si je le vouvoie ici, c’est pour la rime, bien entendu.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Hallucinogène naturel

    Je n’ai pas besoin d’hypnotiques champignons hallucinogènes
    Pour accomplir un grand voyage au pays des poissons volants.
    J’ai une partie névrotique dans l’héritage de mes gènes
    Qui déclenche un grand nettoyage pour un printemps batifolant.

    Le petit oiseau dans ma tête pond et couve un œuf visionnaire
    Qui change toutes les couleurs et m’offre un tout nouveau regard.
    Je redeviens le pur esthète qui voit toute l’extraordinaire
    Beauté des joies et des douleurs noyées dans l’univers hagard.

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • La Vénus des amours impossibles

    Vénus, au rôle institué, doit aimer son petit oiseau.
    Mais attention ! Dès le deuxième, le mot « catin » est précisé.
    Et pire, une « prostituée » si elle accueille tout un réseau
    Sauf si elle vit dans le XVIème ou si elle loge à l’Élysée.

    Si la première Vénus de France a ferré le plus gros poisson,
    Elle est devenue intouchable même si elle s’appelle Éros.
    Lorsqu’elle boit avec outrance, elle n’a que du thé pour boisson
    Et pour le reste, un redoutable époux comme animal féroce.

    Tableaux de Vladimir Golub.

  • Sous les dessous de la femme

    Sous les dessous de la femme

    Tout le mystère féminin découle de son origine
    Qui tient également la promesse des conséquences de la vie.
    Ce tout petit fragment bénin de culotte qui s’invagine
    Masque la porte diaconesse vers le paradis des envies.

    Pour vivre heureux vivons cachés et taisons l’organe secret…
    D’où venons-nous ? Où allons-nous ? La femme est la réplique absconse.
    Dire que le sexe est entaché de cet anathème sacré
    Qui, sans qu’on se mette à genoux, nous donne toutes les réponses !

    Il faut en parler sans rien dire, taire quand on doit le rencontrer ;
    Ne pas en faire d’image décrite ni toute autre représentation.
    Dieu lui-même aurait pu prédire malheur à qui veut le montrer,
    D’un commandement hypocrite brandi avec ostentation.

    Tableau d’Alan Macdonald.

  • Mon hippocampe à moi

    Mon hippocampe à moi

    Dans la partie de l’hippocampe de mon cerveau à la dérive,
    J’écris mes mémoires à court terme avant d’en faire un souvenir.
    De tout ce courant que j’y campe, il ne s’accroche sur les rives
    Qu’un peu d’humus sur l’épiderme d’un corps calleux en devenir.

    Je ne sais s’il est reptilien avec queue en colimaçon
    Ou s’il nage entre deux eaux chaudes bien à l’abri dans sa maison,
    Mais c’est bien lui qui fait le lien entre mon cœur de limaçon
    Qui d’abord rampe et qui s’échaude et puis s’élève à la raison.

    Le mien boit de l’information, insatiable et jusqu’à plus soif,
    Puis sans rien digérer, rejette dans l’oubli tout ce qu’il a bu.
    J’en ai plein de déformations que je peux palper sous ma coiffe,
    Trace de mémoires abjectes ou de toutes hontes imbues.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Ce qui vient d’en haut

    Ce qui vient d’en haut

    Et si l’enfer, c’était les autres ? Juste un halo aurait suffi
    Pour montrer à Ève la misère qui règne là-haut chez les anges !
    Pourquoi envoyer un apôtre missionné sur un crucifix
    Dans tous les endroits de la Terre si l’humanité nous dérange ?

    Le paradis serait de naître et l’enfer serait de mourir
    Et peut-être recommencer d’autres épisodes et d’autres rôles.
    Bien sûr, il faut le reconnaître, la vie ne sert qu’à nous nourrir
    De paradoxes insensés et toutes autres saintes paroles.

    On dit qu’un tunnel de lumière apparaît au seuil de la mort ;
    On dit qu’une petite voix parle au plus profond de notre âme.
    Mais avant cette avant-première, sans vouloir jouer les matamores,
    Il n’est pas de meilleure voie que d’en accepter le programme.

    Tableau de Robert Indermaur.

  • La sécurité maladive

    La sécurité maladive

    Trop de sécurité appelle un sentiment de confiance
    Lequel, à mon corps défendant, menace d’insécurité.
    Plusieurs épisodes m’interpellent où, en dépit de toute méfiance,
    Je me suis rendu dépendant d’un manque de maturité.

    Combien me faut-il de serrures et où faut-il cacher les clefs ?
    Et les copies de celles-ci resteront-elles hors de portée ?
    Les voleurs ont-ils la carrure d’ouvrir tout ce que j’ai bouclé ?
    J’en frise des crises d’épilepsie… qui ne m’auront rien rapporté !

    Vous me croirez si vous voulez, par un excès de sauvegardes
    Qui me maintenaient dans l’esprit qu’il ne pouvait rien m’arriver,
    Mes données se sont chamboulées et j’ai tout perdu par mégarde,
    Mea culpa, je l’ai compris, d’une vie superlativée.

    Tableau de Lizzie Riches.

  • Lily Magnolia

    Lily Magnolia

    Un soir de terrible tempête, une jardinière effarouchée
    S’accroche désespérément au pédoncule d’un magnolia.
    Le ciel, n’en faisant qu’à sa tête, pour le plaisir d’escarmoucher,
    L’expédie délibérément dans un jardin de camélias.

    « – Prends garde à toi, Lily-Follette, à voyager en fleur violette
    Tu risques de te fracasser ! » dit un jardinier affolé.
    « – Je ne suis pas une femmelette et ta remarque est obsolète.
    Bye-bye, je ne fais que passer ! » répond-elle comme un feu follet.

    Soudain un éclair détonant déchire le ciel et l’espace.
    La fleur décolle déchaînée, Lily agrippée à sa tige.
    Magnifique spectacle étonnant, sépales et jupon qui s’effacent
    Avec un fondu enchaîné de deux roses à la voltige.

    Tableau de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian-Schloe.html?m=1 .déjà utilisé le 20.06.2021 « Sale temps sur la planète ! ».

  • Rose-des-Étoiles

    Rose-des-Étoiles

    Dans un univers de dentelles, aiguilles, fuseau, filet, crochet,
    Dieu a tissé la Voie Lactée en forme de toile arachnéenne.
    Tous les astres qui la constellent s’en sont tellement rapprochés
    Que leurs orbites ont contracté une courbe hyperboréenne.

    Car la Dentelière Divine a crocheté les galaxies
    Cousues dans un mercerisage d’onyx enveloppé d’un voile.
    Après cela, je le devine, plongée en pleine ataraxie
    Dieu la nomma, je l’envisage, au titre de Rose-des-Étoiles.

    Rose-des-Étoiles, quel joli nom que celui que porte mon ange
    Raccommodeur et repriseur dont je descends le long du fil
    Et qui a brodé mon prénom au même rang que les archanges
    Pour que je sois thésauriseur de tout l’amour qu’il me profile !

    (Tableau de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian-Schloe.html?m=1
    L’ataraxie est la tranquillité de l’âme, la quiétude.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’arbre de toutes les vies – 2

    L’arbre de vie universel s’est imposé dans la nature.
    Soit végétal, soit animal, c’est toujours le même schéma.
    Et même dans la moindre parcelle on retrouve sa signature
    En plus infinitésimal comme inévitable Karma.

    J’aime marcher dans la forêt et je dirige mes antennes
    Du pied des arbres jusqu’aux faîtes pour canaliser leurs fréquences.
    Je sens des éclairs phosphorés qui me rattachent par centaines
    Et je redeviens le prophète qui se recueille en conséquence.

    Je ne sais comment cela fonctionne mais je sens mon âme impliquée
    Dans le fantastique réseau au-delà du monde atomique.
    Ce que la flore me ponctionne est certainement dupliqué
    Dans les rayons et les fuseaux qui tissent les cordes cosmiques.

    Tableaux de Tamara Phillips sur https:www.tamaraphillips.ca .

  • L’arbre de toutes les vies – 1

    Comment naquit de la matière la vie au cœur de ses atomes
    Et d’un processus minéral muter au stade arboricole ?
    Cette évolution sans frontière laisse-t-elle des traces fantômes
    Comme un processus général de transformation floricole ?

    La nourriture si vitale a provoqué le mouvement
    Et la vie devint animale afin de se développer.
    Par mutations congénitales et des millions d’accouchements,
    L’histoire se choisit optimale pour commencer son épopée.

    Tandis que l’homme se détache de ses racines obstétricales,
    Les femmes restent reliées à la vie en priorité.
    Et j’aime celles qui me rattachent à ce cordon ombilical
    Qui remonte au règne oublié qui s’appelait « Sororité ».

    Tableaux de Tamara Phillips sur https:www.tamaraphillips.ca .

  • Le jeu des lois

    Le jeu des lois

    Tous les cinq ans dorénavant, on relance le jeu des lois.
    Les pions sont alors désignés par le suffrage universel.
    La majorité part en avant avec élus de bon aloi
    Et l’opposition résignée ne remporte que quelques parcelles.

    Parfois quelqu’un tombe dans un puits avec des casseroles au cul
    Et doit recommencer le jeu des élections complémentaires.
    Parfois l’un a besoin d’appui mais l’autre le laisse cocu
    Et au final, c’est orageux quand gagnent les contestataires.

    Tableau de Ciro Marchetti sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201606Ciro-Marchetti.html .

  • La loi de la manipulation

    La loi de la manipulation

    Qui manipule le président qui manipule ses ministres
    Qui manipulent les médias qui manipulent les électeurs ?
    Le problème n’est pas évident et même un tantinet sinistre
    Dont je constate dans l’immédiat l’effet du schéma directeur.

    Si l’argent, le nerf de la guerre, connecte les intermédiaires,
    Lorsqu’il arrive en bout de chaîne, on voit qu’il y a eu des fuites.
    Dans l’Empire Romain naguère, des décadences incendiaires
    Ont tout fait pour que se déchaîne sa faillite… et ainsi de suite.

    Tableau de Ciro Marchetti.

  • La pêche au gros nuage

    Le vendredi saint a laissé quelques traces de son passage
    Comme si les cloches sonnant Pâques avaient tout l’azur moissonné ;
    Chemtrails sur le ciel rabaissé qui se transforment en nuages
    Parsemant leurs ombres opaques sur les plages empoissonnées.

    Depuis les moissonneurs chevauchent de gros poissons pour récolter
    Les gros nuages qu’ils capturent à coups de lassos répétés.
    Ils les rassemblent et puis les fauchent malgré les pêcheurs révoltés
    Car ils voient s’enfuir la friture, dans la confusion, hébétée.

    Tableaux de Maggie Taylor sur https:maggietaylor.com .

  • Selon ce qui vole ou qui nage

    Chez Madame Vole-à-Tire-d’aile, on s’habille de courants d’air ;
    Les robes sont couleur du temps mais du beau temps, évidemment.
    Quelques nuages tout autour d’elle lui siéent d’un chapeau belvédère
    D’où les oisillons débutants s’entraînent à voler prudemment.

    Chez Madame Nage-entre-Deux-Eaux, on ne s’habille que de scaphandre ;
    Les robes sont couleur d’orage parfois décorées d’arcs-en-ciel.
    Tous les nuages forment un réseau dont le seul but est de se fendre
    Et ruisseler sur le corsage comme une pluie providentielle.

    Tableaux de Maggie Taylor sur https:maggietaylor.com .

  • L’échantillon

    L’échantillon

    Lorsque l’Architecte Suprême proposa ses plans à la Terre,
    Il lui montra l’échantillon, prévu pour loger sur la sphère,
    Qui correspondait au barème fixé pour être locataire
    Et, sans se montrer tatillon, avait tout pour la satisfaire.

    Cependant le produit final ne parvînt pas à se complaire
    Malgré le Paradis bluffant auquel sa peine était soustraite.
    On adjoint à l’original un double prévu pour lui plaire
    Et lui donner beaucoup d’enfants pour lui constituer sa retraite.

    Mais dès que se démultiplie l’échantillon, tout dégénère !
    Au lieu de s’accorder on triche ; au lieu de partager, on garde.
    Les bons plans tombent dans l’oubli, on méprise ses congénères ;
    Le futur n’appartient qu’aux riches et la Terre en demeure hagarde.

    Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • La course à la fontaine

    Ils courent, ils courent vers la fontaine, les animaux de mon bestiaire ;
    Ils jouent, mironton mirontaine et prennent nos habits au vestiaire
    Pour parodier ce monde d’hommes et tenter de moraliser
    Riches et pauvres du royaume au risque de les démoraliser.

    Et l’on saute du coq à l’âne…
    « l’âne et le chien », « le chien et le loup », « le loup et l’agneau »,
    Sont-elles grecques ou catalanes ?

    Et les histoires de volatiles…
    « Le corbeau et le renard », « le renard et la cigogne », « la cigogne et le loup »,
    sont-elles assez versatiles ?

    Et les fables à dormir debout…
    « Le lion et le rat », « le rat des villes et le rat des champs » et « la Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf »,
    Faut-il les lire de bout en bout ?

    Enfin les contes interminables…
    « Le chat, la belette et le petit lapin », « les oreilles du lièvre », « le lièvre et la tortue »
    Sont-ils du râble ou d’innées fables ?

    Tableaux de Christian Schloe.

  • La dame aux épines

    La dame aux épines

    Jolie femme comme une rose… mais bon, les épines me piquent.
    Je l’aurais volontiers aimée… mais bon, un autre l’a conquise.
    Mon cœur bat de passion morose… mais bon, l’aventure est épique.
    Je l’aurais d’amour essaimée… mais bon, adieu jolie marquise.

    Je pourrais être son amant… mais bon, le danger est trop grand.
    Je pourrais avoir du courage… mais bon, je pourrais m’épuiser.
    Je me reposerais un moment… mais bon, mon dépit est flagrant.
    Je voudrais fuir son entourage… mais bon, je ne puis que me mépriser.

    Bien sûr, reviendrai demain… mais bon, rien ne saurait changer.
    Bien sûr, je l’aimerai encor… mais bon, je n’ai pas de patience.
    Bien sûr, je lui prendrai la main… mais bon, que pourrais-je échanger ?
    Son cœur en dépit de mon corps… mais bon, je mourrai d’impatience.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Les tableaux du pot-aux-roses

    Les tableaux du pot-aux-roses

    Dans ma galerie aux portraits, cherchez la femme, vous trouverez
    Mille petits yeux merveilleux du noisette au myosotis.
    Dans mes aquarelles, trait pour trait, des pupilles énamourées
    Et sous mes tableaux sourcilleux, mille autres regards s’y blottissent.

    Comme un labyrinthe hypnotique aux couloirs d’images moroses
    Qui s’égayent après des virages, l’un après l’autre, vers un fou rire.
    Mon dédale aux zygomatiques débouche sur le pot-aux-roses
    Dans lequel tout votre courage vous force le cœur à sourire.

    Je suis partout, je suis ces yeux et je vous vois, vous, l’invisible,
    L’imperceptible visiteur qui juge chaque ambivalence.
    Je dois vous paraître orgueilleux ou bien tout simplement risible
    Mais mes regards inquisiteurs se nourrissent de votre insolence.

    Tableau de Beth Conklin sur http:bethconklin.blogspot.com201602 .

  • L’évocation du Nécronomicon

    L’évocation du Nécronomicon

    Dans l’obscurité évanouie de la lumière qui l’anime,
    Mes yeux humains ont l’habitude de voir émerger du néant
    Un clair-obscur épanoui qui naît, qui meurt puis, se ranime
    Depuis sa vide platitude immense comme un océan.

    Éclairs mêlés, vert émeraude et complémentaires rubiconds,
    Commencent à dessiner les formes où apparaissent des images.
    Des ténèbres qui me taraudent s’ouvre le Nécronomicon,
    Le Livre sacré qui m’informe que Dieu lui-même me rend hommage.

    Pourtant, je vis d’ingratitude envers la Terre qui m’a fait,
    Envers le Soleil qui m’éclaire, envers la Lune de mes rêves.
    Pourquoi une telle attitude ? Je ne sais ; je suis imparfait.
    Mais ce n’est pas pour me déplaire s’il fallait demain que j’en crève.

    Tableau de Carol Nelson.

  • Mère Nature

    Mère Nature

    Évidemment, tu es née nue. Nue de structures minérales,
    Nue de parure végétale, nue de descendance animale.
    Longtemps tu m’as entretenue, moi, la vie intersidérale
    Venue dans sa forme fœtale d’étoile infinitésimale.

    Mère Nature, ta nudité donnait la grâce à ta beauté ;
    L’humanité t’a revêtue de robe souillée de plastique.
    Tes terres chargées d’humidité où nous aimions tant barboter
    Sont étouffées de détritus jetés par des gens sarcastiques.

    Nue tu étais, masquée tu es, demain tu fermeras tes portes ;
    Une fois l’homme disparu, tu nettoieras tous tes mantras.
    Après ce temps effectué, te sentiras-tu assez forte
    Si une nouvelle espèce apparue te propose un nouveau contrat ?

    Photo de Henny sur https:www.listal.comlistmother-natures-girls .

  • Enfin des coquelicots !

    Enfin des coquelicots !

    Coquelicot, tu m’étincelles avec ton rouge sang si lourd
    Qu’il a dans mon cœur profilé un amour du plus bel effet !
    Coquelicot, tu me rappelles avec ta jupe de velours
    Toutes les robes faufilées de brindilles pour faire des fées !

    Coquelicot, je t’ai cueilli ; coquelicot, tu m’as trahie
    Car tu t’es fané aussitôt que j’ai voulu te conserver.
    Mais de mes larmes recueillies, tu reviens toujours ébahi
    Pour fleurir buttes et coteaux d’un écarlate renversépréservé.

    Coquelicot, tu reviendras quand tu voudras, quand tu pourras
    Car tu es la fleur éternelle qui me renouvelle ma joie.
    De mon cœur rien ne retiendras car dans ta mémoire mourra
    Ma flamme d’amour sempiternelle qui brûle comme un feu grégeois.

    Tableau de Lyse Marion.

  • Le cœur transpercé

    Le cœur transpercé d’une flèche ne guérit plus mais il survit.
    Il survit grâce à l’antidote que l’amour donne au goutte à goutte.
    Sans ce remède, le cœur revêche se sent à l’amour asservi
    Et de carapace se dote car de rencontres se dégoûte.

    Flèche que n’es-tu inaltérable à cette cruelle habitude
    Qui noie l’amour de quotidien qui mithridatise et me blâme !
    Cupidon, ange misérable ! Prends ton venin d’ingratitude
    Et vise le bulbe rachidien pour me le déverser dans l’âme !

    Tableaux de Christian Schloe.

  • Le parfum

    Le parfum

    Du labyrinthe des odeurs jusqu’au dédale des parfums,
    Où vous cachez-vous odorantes petites fragrances de charme ?
    Vous attirez le maraudeur − sans doute alléché aux embruns −
    Qui cherche de ravigotantes essences dépourvues d’alarmes.

    Invisibles et imperceptibles sauf au nez possédant un flair
    Capable de remonter la piste jusqu’à sa profonde racine.
    Sentez-vous cette irrésistible exhalaison qui flotte en l’air,
    Précieux message d’un artiste alchimiste dans son officine ?

    Je suis l’explorateur fidèle − natif du chien, signe chinois −
    Et je recherche les arômes qui me font rêver l’odorat.
    L’amour envoie à tire-d’aile ses phéromones à mon minois ;
    Je flaire leurs pistes jusqu’à Rome vers le forum et l’agora.

    Tableau de Christian Schloe.

  • L’étoile recueillie

    L’étoile recueillie

    Mon cœur d’étoile fut recueilli par la fille du firmament
    Un jour qu’il faillit se noyer dans la mer de sérénité.
    Mon âme s’est enorgueillie quand, présenté à ma maman,
    J’eus l’impression d’être choyé pendant toute une éternité.

    Pour montrer ma reconnaissance, je promis pour autant de vies
    Qu’il y a d’étoiles dans le ciel de vivre dans le cœur des hommes.
    C’est ainsi qu’à chaque naissance, je brille d’un gène qui ravit
    Ce petit homme providentiel dans l’assortiment du génome.

    Peu m’importe si, ici, je brille et si, là, je reste un peu terne ;
    Je représente tout l’ensemble du ciel alternativement.
    Un jour comète qui part en vrille, un jour étoile subalterne,
    L’Univers en moi qui rassemble la vie avec ravissement.

    Tableau d’Alla Tsank sur https:allatsankfineart.comArtist.asp?ArtistID=44641&AKey=B782DLQ2&ajx=1#!pf161943_im7 .

  • La semeuse d’étoiles – 2

    Cueillir les étoiles filantes ne se pratique qu’en pleine Lune.
    La semeuse doit courir très vite ; elle a donc pris une apprentie.
    Une chatte blanche et vigilante qui, au temps jadis, cherchait fortune
    Avec un chat noir anthracite que l’histoire n’a pas démenti.

    La chatte aux yeux couleur de lune est habituée à sa clarté
    Et guette chaque mouvement des fugaces aérolithes.
    Grâce à cette aide, fort opportune, elle sait parfaitement écarter
    Oreilles et yeux jalousement au moindre rayon insolite.

    À l’aide des queues fécondantes des comètes à saturation,
    Le retour des deux émissaires luit d’une intime connivence.
    Cette récolte surabondante promet que la maturation
    Donnera le moût nécessaire à leur élixir de jouvence.

    Illustrations de Noëlle T. sur https:www.noelleillustration.com .

  • La semeuse d’étoiles – 1

    Recueillir toutes les étoiles une nuit de nouvelle Lune,
    Privilégier les plus brillantes accrochées aux faîtes des chênes,
    Se hâter avant que ne se dévoile une première aube inopportune
    Qui repousse l’émoustillante cueillette en lunaison prochaine.

    Prendre le canard omnibus et semer au long du chemin
    Les étoiles dans la rivière qui viennent illuminer ses eaux ;
    Au premier cumulonimbus, prendre son courage à deux mains
    Et quitter vite la civière avant de se tremper les os.

    Il faut attendre une semaine afin que le croissant accueille
    Toutes les étoiles germées comme de minuscules phares
    Qui quittent la petite humaine assise au rebord de sa feuille
    Avant de voir se refermer leurs reflets sous le nénuphar.

    Illustrations de Noëlle T. sur https:www.noelleillustration.com .

  • La politique à trous

    La politique à trous

    N’est pas le dindon de la farce celui qui dupe le renard
    Et parvient à lui faire croire qu’il sera encore président.
    Avec ses ministres comparses, ce roi des décrets combinards
    Prend les ouvriers pour des poires et les transforme en dissidents.

    Eh bien si ! Le rusé compère leur a jeté la poudre aux yeux
    Qui, bien qu’en face de leurs trous, n’ont pas vu l’arnaque venir.
    Tandis que les riches prospèrent avec leurs propos orgueilleux,
    Eux, persisteront peu ou prou à déplorer leur avenir.

    Comment développer sa technique pour mieux marquer ses positions,
    Une fois abusé le corbeau, la cigogne et même le loup ?
    Il n’a qu’à faire parti unique pour écraser l’opposition
    Et brandir bien haut le flambeau de son despotisme filou !

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Plantez des cons !

    Les cons K.O. dans leurs cocons, savez-vous comment les planter ?
    Bourrez-leur la tête de paroles et arrosez-les de promesses !
    Séparez l’ivraie des faucons par un vote qui va supplanter
    Slogans, affiches et banderoles qui ne font que troubler la messe.

    Après les Pâques, bottés en touche, dépouillez les fruits du scrutin
    Et tous seront sympathisants, un peu pourris, vénaux, abscons.
    Ceux qui se planquent sous la souche à déplorer leurs bulletins
    Auront l’effet traumatisant d’avoir été pris pour des cons.

    Tableaux de Maggie Taylor sur https:maggietaylor.com .

  • Bonjour et merci mes petits poissons !

    Telle une anémone de mer et ses poissons-clowns qui l’escortent,
    Elle est aujourd’hui à l’honneur pour rencontrer son capitaine.
    Un vieux marin, un peu amer mais à la belle voix accorte,
    Qui arrive au petit bonheur et vient courir la prétentaine.

    Adieu Ô Capitaine Nemo ! Ravie d’avoir pu satisfaire
    Par mes talents de maraichère leur incomparable appétit.
    Je n’ai pas pu placer un mot et me suis un peu laissé faire
    Mais nous avons fait bonne chère, moi peu mais surtout mes petits.

    Tableaux de Steven Kenny sur https:beautifulbizarre.net20200623steven-kenny-interview .

  • Princesse des temps, prince d’étang

    Le roi fainéant est lève-tard et la Reine toujours à la mode.
    Quant à la princesse, dérangée pour s’en aller à la criée,
    Elle part tout’ seule et sans retard ramener un poisson commode
    Qui lui servira pour ranger ses dessous sans se faire prier.

    Pas de chance ! C’est un prince amoureux qui a acheté le dernier
    Afin d’inviter la princesse à venir chez lui l’admirer.
    Après maints essais langoureux, finalement elle a daigné
    Passer le voir, après confesse, marchander l’objet désiré.

    « Mais… ce poisson n’est pas pratique ! » s’exclame la princesse indignée
    « Où vais-je mettre mes culottes et mes soutifs et mes chaussettes ? »
    Le prince se montrant sympathique lui propose de réaligner
    Les deux nageoires rigolotes pour les transformer en caissettes.

    « C’est beaucoup mieux ! » rétorque-t-elle. « Cela me paraît bien fonctionnel
    Et je devrais vous ramener chez-moi afin de l’installer ! »
    Ne faisant pas dans la dentelle, il se montra sensationnel
    Puis, envoya se promener le roi et la reine emballés.

    Tableaux de Maggie Taylor sur https:maggietaylor.com .

  • Que couve la femmoiseau ?

    Que couve la femmoiseau ?

    La femmoiseau autocritique sait d’expérience que les voleurs
    Lorgnent ses œufs pour les manger – car une famille à nourrir.
    Lors elle adopte une politique qui n’expose que fausses valeurs
    Dans un nid fort bien arrangé par un gardien prêt à mourir.

    Les vrais œufs, bien sûr sont cachés dans des coffres en banque Suisse,
    Dissimulés par des montagnes aux plumes d’apparat grandioses.
    À ce propos, ils sont tachés de mauve tout autant que l’on puisse,
    Sur une coquille champagne qui en assure la symbiose.

    Or, le jour où les œufs éclosent, les mères évaluent leur butin.
    Les mâles sont prêts à voler et se lancent dans la corrida.
    Les femelles restent en maison close mais ce ne sont pas des putains
    Car elle apprennent à convoler avec leurs meilleurs candidats.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La déesse tricoteuse

    Maille à l’envers, maille à l’endroit, le geste paraît monotone
    Comme la pluie et le beau temps, les saisons, le jour et la nuit.
    Tout cela semble maladroit, sans intérêt et presque atone
    Surtout quand c’est mêlé d’autant d’uniformité que d’ennui.

    Par bonheur, la réputation de la déesse qui tricote
    Mon fil de vie brodé d’amour, est entichée de fantaisie.
    Grâce à sa manipulation des coloris qui ont la cote,
    Mon chemin parsemé d’humour m’apporte maintes frénésies.

    Outre ma vie qu’elle tricote avec ses tresses et ses détresses,
    Elle maille aussi mes revers avec mes chances au fil des jours.
    Parfois la déesse me fricote une idylle avec ma maîtresse,
    Parfois elle réserve par devers moi un agréable séjour.

    Mais crac ! Parfois le fil se casse entre les mailles du filet
    Et je suis tombé plusieurs fois à travers le chas de l’aiguille.
    La seule chose qui me tracasse, c’est de voir ma vie défiler
    De plus en plus vite qu’autrefois quand j’étais ni garçon ni fille.

    Tableaux d’Elena Shlegel sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201308Elena-Shlegel.html .

  • Coup d’audace

    Coup d’audace

    Au jeu d’échecs, trônent deux rois mais il peut y avoir trois reines
    Selon qu’un pion devient champion en atteignant les lignes adverses.
    Mais le Roi, en plein désarroi, face au nombre de souveraines
    Fait allumer tous les lampions pour accueillir ces deux perverses.

    Alors sa Reine devient l’hôtesse et invite chaque partie
    Dans ses appartements dallés de carreaux pleins de chausse-trappes.
    Et disparaissent les drôlesses dans le moindre temps imparti
    Pour punir le rival recalé par ce coup d’audace qui le frappe !

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Son dernier coup de baguette

    Son dernier coup de baguette

    Plus qu’un dernier coup de baguette sur le beau palais en goguette
    Spécifié à la demande, noté sur le bon de commande.
    En effet, le sultan s’ennuie des contes des mille-et-une-nuits
    Et, a précisé Shéhérazade : « Il n’y aura pas de dérobade ! »

    La créatrice sait combien le mieux est l’ennemi du bien.
    Soit elle le laisse inachevé, soit elle le livre parachevé.
    Entre un air de mélancolie et un petit air de folie,
    Elle n’hésite plus et c’est encore à inscrire au livre des records.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • Dans l’ombre du visage

    Dans l’ombre du visage

    Derrière le masque de mon visage siège un esprit, reflet du monde ;
    Reflet de tout ce qu’on m’enseigne, formaté à l’éducation
    Qui voudrait que je sois l’image de cette absurdité immonde
    Qui me contraint et qui me saigne à force de manipulation.

    Comme défense, je porte un casque qui renvoie ce que l’on attend ;
    Qui dit merci, qui dit bonjour, qui dit oui ou non quand il faut.
    Derrière se cache l’esprit fantasque auquel mon caractère tend ;
    Hypocrite mais au goût du jour et ce n’est pas mon seul défaut.

    Tableau de Miles Johnston.