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  • Ne faire qu’une seule chair

    « Ainsi Dieu décide que l’homme quittera père, mère et parents
    Et s’attachera à sa femme dont une seule chair deviendront ! »
    Cet ordre pour rendre autonomes deux êtres de sexes différents
    Sera demain jugé infâme par ceux qui y contreviendront.

    Mais après tout quoi que Dieu fasse, c’est lui qui a créé ce puzzle
    Avec plusieurs associations sexuelles pour se défouler.
    Il a prévu — et c’est cocasse — qu’on puisse faire l’amour tout seul
    Alors, fin des négociations et faites comme vous voulez !

    Tableau de John Burden sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201110john-burden-1943-canadian-painter.html?m=1 .

  • Portrait imaginaire

    Portrait imaginaire

    Ce portrait extraordinaire, comme une chanson de Trenet,
    Écoute et parle plusieurs langues – et même celles mal embouchées.
    Ses nez pluridisciplinaires ont révélé au garçonnet
    Tous les parfums d’ylang-ylang échappés d’un flacon bouché.

    Il possède tous les regards ; de l’ingénu à l’incrédule ;
    Les yeux d’une biche aux abois ou de l’azur à l’outremer.
    Petit enfant perdu, hagard qui oscille comme un pendule
    Puis, celui du chien qui aboie à une pensée éphémère.

    Selon sa propre bonne humeur, sa joie ou sa résignation,
    Mon petit prince imaginaire montrait souvent plusieurs mimiques.
    À cette époque, la rumeur sur l’excès d’imagination
    M’aurait classé originaire d’une ascendance tragi-comique.

    Illustration de Tullio Pericoli.

  • Le cigare ou la pipe ?

    Sans déviation sexuelle ou phallocratie trop facile,
    Le besoin d’une contenance permet de mesurer la femme.
    Selon l’attirance sensuelle de son addiction indocile
    Qui achoppe les convenances que d’autres trouveraient infâmes.

    Choisira-t-elle le cigare pour montrer son air allumé
    Ou préfèrera-t-elle la pipe pour s’affirmer plus flegmatique ?
    Sans doute veut-elle, sans crier gare, souffler dans un rond de fumée
    Tout ce qu’elle retient dans sa lippe d’un cœur brûlé énigmatique.

    Tableaux de Peter Xiao sur https:www.artstation.competerxiao .

  • Cœur de feu

    Cœur de feu

    Mon cœur de feu brûle et consume mes petits amants de passage
    Comme fagots maigres et trop secs qui s’embrasent d’un feu de paille.
    Je cherche quelqu’un qui s’assume — sans pour autant être trop sage —
    Dont la qualité intrinsèque serait un bois de bonne taille.

    Comme vieilli en fût de chêne, un combustible spiritueux
    Qui flambe sans dilapider l’énergie de ses sentiments.
    Un buisson ardent qui enchaîne maints jeux d’amour délictueux
    Et dont le fruit vient valider nos neuf mois de mûrissement.

    Et si le foyer de ton cœur, garni de pierres réfractaires,
    Veut accueillir mon carburant afin de s’embraser ensemble,
    Laissons l’amour alambiqueur chauffer nos corps-nus volontaires
    Pour consumer l’air comburant de nos bouches qui se rassemblent.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le cœur verrouillé

    Le cœur verrouillé

    Toutes ces vieilles clefs rouillées qui voudraient bien ouvrir mon cœur
    Me poussent à l’ultra-protéger contre toute forme d’effraction.
    Seul pourra le déverrouiller mon petit prince, mon vainqueur,
    Pas un idiot, le cœur léger, qui le ferait par distraction !

    Celui qui force ma serrure pourrait s’en aller la clef basse ;
    Qui se sert d’un passe-partout, à tout jamais, serait banni !
    Un homme bardé de ferrures se retrouverait dans l’impasse ;
    Un soupirant de rien du tout m’agacerait de litanies !

    Je sais que je suis difficile et qu’il n’y a de prince charmant
    Que celui que mon cœur transforme par l’amour et par la patience
    Je ne suis pas fille facile et j’attends l’homme désarmant
    Dont l’essence prendra la forme de l’âme-sœur de ma conscience.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La bouche en cul de papillon

    La bouche en cul de papillon, juste six mots qui se dévident
    Sauf que tout juste prononcés, les voici devenus tempête.
    Tempête dans le tourbillon d’un verre d’eau à moitié vide…
    Que voulez-vous ? J’ai renoncé à vivre sans tambour ni trompette.

    Parfois mes mots sont en accord avec la triste actualité
    Mais alors ils paraissent tristes et exempts de tout optimisme.
    Si je les tourne en désaccord envers votre réalité,
    Vous me jugerez égocentriste et surchargé de pessimisme.

    J’ai trouvé une solution : écrire dans les réseaux sociaux ;
    Ainsi mes mots seront noyés dans l’océan des vanités.
    Si j’ai pris la résolution d’écrire ces vers asociaux,
    Sans doute me suis-je fourvoyé à écrire cette insanité.

    Ces photos pourraient être de Céline Excoffon.

  • Le pays de la douche

    Des pays où sans être timide, il fait bon vivre, entièrement nu,
    J’en visite un chaque matin au moment de prendre la douche.
    Son climat est assez humide et ses averses soutenues
    Mais le bonheur est vite atteint si je n’ fais pas la fine bouche.

    Derrière un rideau de pudeur qui garde toute la vapeur,
    Les pores ouverts, je transpire à grandes glandes sébacées.
    Je m’étudie dans l’impudeur et j’évacue toutes mes peurs
    Avec la buée que j’expire une fois le corps décrassé.

    Sans trop être exhibitionniste, j’examine mes attributs
    Que je regarde du bout des doigts, la main tremblante mais tentante.
    Dans l’infini expansionniste des deux miroirs, je distribue
    Quelques caresses, comme il se doit, enrobées de crème hydratante.

    Photos de Mikhail Shestakov sur https:vk.comclub3889576 .

  • L’humanité moderne

    L’humanité moderne

    Depuis cinquante ans environ, Dieu est devenu cathodique
    Et diffuse sa bonne parole toujours à la messe du vingt heures.
    Et lentement nous chavirons dans une oppression parodique
    À coups de petite vérole, de guerre et n’importe quel leurre.

    Après avoir préformaté les petits cerveaux des enfants,
    Après avoir tout remplacé à grands coups de publicité,
    Après avoir tout colmaté par des mensonges décoiffant,
    À l’intérieur, on a placé la graine d’électricité.

    L’homme et la femme modernes furent ainsi créés par les médias
    Au moyen d’ondes diffusées par rappels de télévision
    Qui leur infusent sous la coiffure des doses dont l’effet immédiat
    Les force à leur faire perfuser toujours encore plus d’illusions.

    Illustration de Malgorzata Jasinska sur https:shewalkssoftly.com20110414malgorzata-jasinska .

  • Facebook avant-après

    Facebook avant-après

    Avant Facebook, l’information imprimée à l’encre de plomb
    Pesait son poids et s’étalait sur les grandes pages des journaux.
    Bien sûr, la désinformation impressionnait avec aplomb
    Mais le public s’en régalait et en allumait ses fourneaux.

    Après Facebook, je ne sais plus. J’apprends tout, partout dans le monde ;
    Le vrai, le faux, l’info, l’intox, la vérité et son contraire.
    On me rabâche le surplus des tragédies les plus immondes
    Qui soulèvent le paradoxe d’une société arbitraire.

    Mais plus j’essaie de réfléchir et plus je deviens complotiste
    Lorsque, sur les réseaux sociaux, j’inspire un air de liberté.
    On cherche à me faire fléchir avec des mensonges alarmistes
    Qui publient chiffres et ratios pour camoufler la vérité.

    Photo de Cecil Beaton.

  • La mort du poisson

    La mort du poisson

    Le dernier poisson s’est éteint dans sa réserve lagunaire ;
    Il devenait neurasthénique depuis la pollution des mers.
    Ses belles écailles avaient déteint et ses orbites lacunaires
    Ne voyaient qu’une eau agonique salée de souvenirs amers.

    Son espèce avait disparu depuis longtemps du biotope
    Où la biodiversité lui offrait un idéalisme.
    Les premiers symptômes apparus étaient visibles au périscope
    Des sous-marins sollicités pour étudier le cataclysme.

    Mort d’avoir été trop pêché, mort d’avoir ses eaux polluées,
    Mort d’avoir été massacré par l’industrie alimentaire.
    On avait pourtant dépêché une mission pour évaluer
    Un sauvetage consacré à sa sauvegarde règlementaire.

    Mais hélas, il était tout seul et s’ennuyait dans sa lagune
    En regrettant son océan et ses richesses biologiques.
    Adieu poisson, dans ton linceul tu laisses une grande lacune
    Et je pleure sur mon séant à ta mémoire ichtyologique.

    Tableau d’Erin McManness.

  • Vénus in the Sky with Butterflies

    Vénus in the Sky with Butterflies

    Dire qu’à l’âge de soixante-quatre ans, je n’ai toujours pas vu Vénus
    Dans le ciel avec ses papillons qui lui butinent sa beauté.
    Je les imagine folâtrant leur déesse de tout leur tonus
    Et semer vents et tourbillons aux terres de l’autre côté.

    Mais comme nous sommes vendredi, je me contenterai d’une sirène
    Sortant nue de son pavillon, accrochée à un bout de ciel.
    Et si Vénus me contredit, je lui dirai « Reste sereine
    Car j’ai gardé les papillons qui sont, à mon rêve, essentiels ! »

    Ainsi de suite, chaque nuit, je rêverai de papillons
    Et chaque jour de la semaine, j’écrirai des vers langoureux.
    Si d’aventure Vénus s’ennuie de moi pendant mon roupillon,
    Elle pourra se montrer humaine envers son poète amoureux.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le Soleil au féminin

    Le Soleil au féminin

    Puisque les artistes n’ont d’yeux que pour la Lune aux quatre phases,
    Le Soleil s’est coupé en quatre ses cheveux d’Or et Baccarat.
    Pour ne pas être l’égal de Dieu, il a choisi avec emphase
    Le corps divin de Cléopâtre plénipotentiaire de Râ.

    Mais elle aveugle tout le monde et le Soleil désappointé
    S’en va se coucher en pleurant sous les reproches moralistes.
    Alors la Lune rubiconde éclipsée s’en va l’accointer
    Pour consoler l’astre implorant d’être incompris par les artistes.

    Heureusement le lendemain le Soleil recouvre sa foi
    Et s’en revient nourrir la Terre et faire croître la Nature.
    La Lune applaudit des deux mains sans faire abstraction toutefois
    De son rôle phytosanitaire et inspiratrice d’aventures.

    Tableau de Giorgos Tsolis.

  • Bye-bye, juin !

    Bye-bye, juin !

    Juillet s’en va couper le juin, juste à la porte de l’été
    Et personne ne se demande à quoi bon cette ignominie.
    Pourtant les deux mois sont conjoints, pourquoi tant de contrariété ?
    Mais voilà, c’est le temps qui commande et le mois de juin est fini !

    Adieu premières fraises des bois, premières framboises du talus
    Que je goûtais sur les chemins sauvages, laissés en pâture.
    Je les recueillais de mes doigts sans en oublier un salut
    Révérencieux de mes deux mains pour en remercier la nature.

    Juin, tu m’as plu, même un peu trop et quand on s’aime on sent des gouttes
    Mais tes orages ont arrosé mes fleurs à grands coups de crachin.
    Et malgré tes vents magistraux – d’ailleurs, mes chapeaux s’en dégoûtent –
    Ce n’est qu’un adieu supposé puisqu’on se revoit l’an prochain.

    Illustrations du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

  • Saturne à la flexion des nœuds

    Saturne à la flexion des nœuds

    Un autre monde semble impossible par l’inertie des citoyens ;
    Ceux qui ne croient pas aux miracles et ceux par trop matérialistes.
    Mais l’évolution impassible fait sa route par d’autres moyens
    Et saura souffler dans l’oracle lorsqu’elle deviendra réaliste.

    Maître du temps en mouvement, Saturne agit en avalanche
    Et entraîne ceux qui acceptent à suivre la flexion des nœuds.
    Ceux qui résistent au changement mourront d’une nuit sans revanche
    Car la planète n’a qu’un précepte que l’homme soit plus lumineux.

    Sa fille porte la lumière qui annonce la révolution
    Dont chaque individu intègre l’énergie dans son propre cœur.
    Et chacun sort de sa chaumière, de sa propre résolution,
    Pour passer de manière allègre à son avenir de vainqueur.

    Tableau de Warwick Goble.

  • Les ondes d’amour

    Les ondes d’amour

    Quand deux corps équitablement chargés de deux forces d’amour
    S’interpénètrent dans un champ de sentiments différentiels,
    Alors inévitablement se produit un choc en retour
    Selon le schéma approchant d’une explosion de potentiels.

    Mais si la science nous explique l’amour en termes d’énergie,
    Il lui manque la dimension de la spirituelle abstraction
    Ainsi que ― et ça se complique ― le cœur et l’âme en synergie
    Et leur impossible ascension vers une divine attraction.

    Parler d’amour n’est pas glamour, parler du rire n’est pas très drôle ;
    Les meilleurs moments de la vie se vivent mais ne s’expliquent pas.
    Pareil pour démêler l’humour dans n’importe quel jeu de rôle,
    Idem pour décrire une envie sauf s’il s’agit d’un bon repas

    Tableau de James R. Eads.

  • La voix silencieuse

    La voix silencieuse

    Nul besoin de croire aux fantômes ― ou croire ce que nous voulons voir ―
    Pour entendre la voix brève et claire de quelqu’un qui nous était proche.
    L’air fait vibrer dans ses atomes la rémanence d’un pouvoir
    Dont la capacité éclaire ou résonne et qui nous accroche.

    J’ai déjà perçu cette essence plus par le son que par l’image
    D’autres ont senti un souffle d’air, d’autres une main en appendice.
    Sans doute notre sixième sens dans un tendre et dernier hommage
    Rétablit le lien légendaire qui lie Orphée à Eurydice.

    Entre la vie et la mort proche, des thanatonautes audacieux
    Ont vu des tunnels de lumière s’ouvrant dans une nuit d’onyx.
    Je n’ai pas connu cette approche dans mon voyage fallacieux
    Dont j’ai rêvé la nuit dernière lors de ma croisière sur le Styx.

    Tableau de Gerald Edward Moira.

  • La voie silencieuse

    Où est la voie de la sagesse, cette source d’eau merveilleuse
    Qui abreuve l’âme assoiffée de sa connaissance intérieure ?
    Où va cette âme sauvagesse, cette infime essence éveilleuse,
    Une fois du corps décoiffée, qui remonte aux vies antérieures ?

    Plus le souvenir est intense, plus l’absence se matérialise,
    Capacité énergétique accumulée en espérance.
    L’esprit met de la résistance tandis qu’un cœur libéralise
    Ses courants d’amour magnétique vers toutes les âmes en errance.

    L’image d’une sœur incrustée dans la mémoire rétinienne
    Projettera la rémanence de sa fantôme omniprésence.
    Le temps chargera de vétusté cette perception pascalienne
    Mais pariera en permanence sur le fait de son existence.

    Tableau de Warwick Goble.

  • La Reine-papillonnage

    La Reine-papillonnage

    Arrête de te mouiller les ailes, Reine follette des papillons !
    Tu ne sauras gagner la terre et seras à la merci des eaux.
    Ton père agira avec zèle et t’enverras un bataillon
    De cavaliers lépidoptères escortés par des hommes-oiseaux.

    Arrête ton papillonnage ou viens m’avouer ta passion
    Pour un jeune triton sensible qui te propose une aventure.
    Par malheur, les amours volages entre un diptère et un poisson
    Restent à jamais impossibles selon les règles de la Nature.

    Après tout, Reine-Papillon, si tu rêves d’amours aquatiques,
    Le parcours sera compliqué pour trouver un terrain d’entente.
    Conseille au poisson vermillon d’apprendre l’aéronautique
    Et toi, tâche de t’appliquer à nager les ailes battantes.

    Tableau de Paul Swan.

  • La porte de l’éveil

    La porte de l’éveil

    Pénètre la forêt profonde jusqu’à la subtile frontière
    Où réel et imaginaire n’ont qu’une intime séparation.
    Laisse ton âme vagabonde d’une liberté tout entière
    En capter l’extraordinaire alchimique préparation.

    Oublie le temps, oublie l’espace, cherche une source, cherche un ruisseau,
    Des pieds à la tête, parallèle, le corps dans le sens du courant.
    Dans le vent qui souffle à voix basse, tu entendras comme un sursaut
    La porte d’éveil qui t’appelle dans un silence enamourant.

    Franchi le seuil, tu te réveilles dans le petit peuple des fleurs ;
    Lutins, lupins en connivence ; elfes, nèfles, trèfles complices.
    L’esprit et le cœur s’émerveillent de toute beauté qui affleurent
    De cet élixir de jouvence dont l’âme goûte ses délices.

    Puis, tu t’endors tout simplement pour regagner l’autre côté,
    Là où tu ne te souviendras de rien fors un songe agréable.
    Mais l’âme nourrie amplement de flore de rosée picotée,
    Dans chaque rêve, tu reviendras dans l’univers impénétrable.

    Tableau de Kinuko Y. Craft sur https:read01.com2KMmLL5.html#.YqQ8IS–jxw .

  • La portée de la Lune

    La lyre aux sept rayons de Lune berce la forêt endormie
    Jouée par des doigts délicats interprétant le chant d’Orphée.
    Fougères, fleurs, bois et callunes tombent tous en hypothermie
    Par la teneur du prédicat de la musique de Morphée.

    D’une beauté simple et sauvage, Daphné, évitant Apollon,
    Deviendra reine de la faune, couronnée de feuilles de laurier.
    L’amour provoque des ravages, la nymphe fuit son étalon
    Pour charmer la nature aphone de berceuses répertoriées.

    Mais quand les corps sont séparés, l’esprit n’en est pas satisfait,
    L’âme n’en est pas plus sereine et le cœur encore moins tranquille.
    Alors elle s’est accaparé un heptacorde plus-que-parfait
    Et de sa belle voix de sirène chante l’amour sur sa presqu’île.

    La pollinisation
    12.06.2018

    Tableau de Kinuko Y. Craft sur https:alionushka1.livejournal.com1042464.html .

  • Tout en souplesse

    Tout en souplesse

    Pour échapper à la rigueur des archers anglais réputés
    Pour la précision de leurs tirs durant la guerre de cent ans,
    Ces bons français, pleins de vigueur, laissaient, de deux doigts amputés,
    Leurs prisonniers se repentir, mutilés et non consentants.

    On sait depuis les amazones que les filles sont douées à l’arc
    Et d’ailleurs Diane la chasseresse est de notoriété ingambe.
    Elles ne sont ni de seconde zone, ni même à côté de la barque ;
    Alors saluons leur prouesse et admirons leurs jeux de jambes !

    Ainsi leurs femmes ont pris le relais mais pas folle, la guêpe guerrière !
    Elles s’entraînent par les pieds à viser les cheveux au vent.
    Leurs ennemis, non sans délai, les ont surprises par derrière
    Et l’origine du mot « croupier » découle de ce coup innovant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La porte du crépuscule

    Quand le jour referme la porte du crépuscule par l’interstice,
    Juste à l’instant du rayon vert, l’ange de nuit déploie ses ailes.
    Tous les démons qui l’insupportent guettent une occasion subreptice
    Pour se glisser à découvert dans le dos de la demoiselle.

    Mais Morphée dans la nuit d’onyx, garde de manière intangible
    Le seuil en tirant la tenture tissée des rêves impénétrables.
    Jusqu’à ce que vienne le Phénix dont l’action inintelligible
    Autorisera l’ouverture d’un nouveau jour impondérable.

    Seulement voilà, l’ange de nuit commence à douter de lui-même.
    Tout seul jusqu’au lever du jour, il estime sa vie infâme.
    Les années passent et il s’ennuie ; personne ne lui dit « je t’aime »
    À part Morphée, depuis toujours, mais l’ange préfère les femmes.

    Tableau de Kinuko Y. Craft.

  • Rêver aux étoiles

    Rêver aux étoiles

    Dans les trous noirs de mes nuits blanches, lorsqu’il n’y a rien à explorer,
    Je fais ce que Dieu à ma place aurait fait… et alors je crée.
    Souvent les mots en avalanches tombés des mémoires éplorées
    Se décantent dans la mélasse d’un poème à leur consacrer.

    Parfois je lis sur ma tablette, en lettres blanches sur fond noir,
    Des mots en étoiles filantes dans l’infini de l’interface.
    Parfois ma soif reste incomplète alors j’enfile mon peignoir
    Et je trinque à la rutilante Lune gibbeuse sur ma terrasse.

    Et les mots s’affichent en couleurs et la page m’ouvre ses portes ;
    Je traverse un champ de lecture et prends la voie des vers ferrés.
    J’arrive en Gare des Douleurs attraper le bus qui transporte
    Les rêveurs en soif d’aventure sur un air de Léo Ferré.

    Tableau de Hajin Bae.

  • L’amour vert

    La sexualité des arbres, souvent incomprise des hommes,
    Ne laisse pourtant pas les femmes indifférentes envers leurs charmes.
    Les religions restent de marbre sur les sylvestres chromosomes
    Et jugent la question infâme sans même y verser une larme.

    Pourtant ces amours invisibles en forêts profondes s’enchaînent ;
    Les arbres mâles et femelles s’accouplent en chœur, petits et grands
    Quand leurs passions imprévisibles annoncent leurs noces de chêne,
    Toute la flore alors s’emmêle pour leur souhaiter beaucoup de glands.

    Nos femmes, beaucoup plus sensibles, ressentent le lien de la sève
    Comme des sœurs apparentées à l’arbre de la vie cosmique.
    Et l’envie irrépréhensible de les prendre en leurs bras relève
    D’un désir de complimenter cette sororité karmique.

    Tableaux de Tomazs Alen Kopera.

  • Le troisième œil

    L’œil solaire
    Par une lumière solaire d’un premier rayon éphémère,
    L’intuition donne une vision connectée vers notre intérieur,
    Et depuis l’étoile polaire jusqu’à la Terre, notre mère,
    Nous en sentons les prévisions projetées au monde extérieur.

    L’œil animal
    Par le premier cri de la vie poussé par la petite voix,
    Notre subconscience instinctive parle directement au cœur.
    Sage est l’esprit qui se ravit d’écouter et suivre la voie
    D’illumination inductive connexe à l’âme du vainqueur.

    L’œil lunaire
    Par une présence lunaire qui rythme le cycle du temps,
    Nous ressentons dans la matière l’arborescence de l’amour.
    Comme une partie lacunaire, un vide se répercutant
    De la nature tout entière qui nous fait vivre chaque jour.

    Tableaux de Tomasz Alen Kopera sur https:www.grahamfineart.comtomasz-alen-koperatomasz-alen-kopera-1.php .

  • Oiseaux rares – 4

    Oiseaux rares - 4

    La politique de l’autruche consiste par démagogie
    À s’enfouir dans nos problèmes sans y trouver de solution.
    Comme ils nous prennent pour des cruches, les élus en pleine gabegie
    Apportent encore plus de dilemmes au risque de dissolution.

    Il faut leur voler dans les plumes et faire la révolution,
    Seulement voilà, y’a plus personne pour aller jouer au sans-culotte.
    Alors crions à plein volume qu’il n’y aura pas d’absolution
    Pour les ententes franc-maçonnes et ceux qui portent la calotte.

    La politique de l’oignon équivaut aux classes sociales
    Hermétiques et cloisonnées et diviser pour mieux régner.
    Mais nous, le peuple, témoignons que la raison la plus cruciale
    Est d’éviter de raisonner dans cette toile d’araignée.

    Tableau de Sam Zalud sur https:muirgilsdream.tumblr.compost26280034323sam-zalud-ostrich-costume-1918 .

  • Oiseaux rares – 3

    Oiseaux rares - 3

    Un drôle d’oiseau comme député, un drôle d’oiseau comme sénateur,
    Juchés sur un drôle de perchoir dirigent une oiselière aveugle.
    Leur alliance a débuté par des mots pacificateurs
    Pour, avant le terme à échoir, rassurer les enfants du peuple.

    On aimerait les voir s’envoler pour aller chercher des idées
    Dont ils donneraient la becquée aux oisillons parlementaires.
    Mais on les voit surtout voler nos illusions consolidées
    Par nos maisons hypothéquées et notre épargne déficitaire.

    Il n’est pire aveugle qu’un sourd qui se prend pour les trois p’tits singes
    Et ne nous dit pas ce qu’il pense et nous considère comme rien.
    Le seul point à l’ordre du jour lorsqu’il se gratte les méninges
    C’est de prévoir plus de dépenses pour ses virus coronariens.

    Tableau d’Antonio Javier Caparo sur http:albumsceline.blogspot.com201209droles-doiseaux-opus-2.html?m=1 .

  • Moi, sur ma maison vide

    Moi, sur ma maison vide

    Finalement, après la vie, après la mer, ma vie en l’air,
    La mort sera la solution pour évoluer autrement.
    Trop vite signé le devis d’une existence titulaire,
    J’ai obtenu l’absolution sans l’avoir payée outrément.

    Assise sur ma maison vide, bientôt vous ne me verrez plus ;
    Embarquée pour le grand voyage, attirée par ma destinée.
    N’ayez pas peur ; je suis avide d’oublier ce qui m’a déplu
    Et là, j’attends le nettoyage de mon âme indéterminée.

    Avant-hier, cette âme sirène, hier n’étant plus qu’une humaine,
    Aujourd’hui n’est plus que poussière dans l’océan du walhalla.
    Demain sans doute enfin sereine dans l’énergie mégalumen
    À la vitesse de la lumière dans les étoiles et au-delà.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Une pensée pour la sirène

    Une pensée pour la sirène

    Quand une idée monte du cœur, légère comme un phylactère,
    Une méduse s’en empare pour la diffuser en surface.
    S’il passe alors en remorqueur un marin de bon caractère,
    L’insolite envie l’accapare de faire sous le vent volte-face.

    La cnidaire alors l’envenime de la pensée empoisonnée,
    Et la sirène le capture pour l’entrainer au plus profond.
    Elle peut se montrer magnanime ou, au contraire, le cloisonner
    Dans une étroite contracture où, dans la mort, il se morfond.

    Car elle lui pose une énigme à laquelle il devra répondre
    Or, s’il en trouve la solution, elle libère le pauvre type.
    En arguant le seul paradigme du sphynx qui pourrait correspondre,
    Le marin a l’absolution s’il a travaillé son œdipe.

    Tableau de Tomasz Alen Kopera.

  • Retour à la spirale cosmique

    Dans l’histoire à l’envers du temps, j’embrasse toute ma planète
    Et j’en redescends les degrés de chaque étape de la vie.
    Aujourd’hui je suis débutant mais je continue ma chaînette
    Et j’espère qu’un dieu sera gré de me répondre à cette envie.

    Vous me croirez si vous voulez mais j’ai amorcé quelque chose
    Quand je suis tombé dans le vide et me suis fracassé les os.
    Toute ma vie s’est chamboulée après cette métamorphose
    Qui a rendu mon âme avide à connecter Dieu en réseau.

    Tableaux de Kenny Brother.

  • Spirale cosmique

    J’aimerais exposer l’histoire de ma planète et de la vie
    Qui ne partirait pas du centre mais des limites extérieures
    Et décrirait la trajectoire de ma mémoire inassouvie
    Qui se retrouve et se concentre jusqu’à ma conscience intérieure.

    En remontant par mes parents jusqu’aux origines de l’homme,
    Du temps où j’étais mammifère puis, le poisson et puis, l’amibe.
    Enfin, moment désemparant où je ne suis plus qu’un atome
    Forgé dans le cœur éphémère du néant qui lui-même s’inhibe.

    Tableaux vus sur www.artbygaia.com .

  • Mes nuits avec la Tour Eiffel

    Mes nuits avec la Tour Eiffel

    Qu’il est doux de se balader sous les jupes de la Dame-de-fer
    Et monter au septième ciel en suivant l’élan de sa flèche !
    Laisser mes yeux escalader ses jambes durant le transfert
    Jusqu’au sommet providentiel que ma convoitise pourlèche !

    On pourrait prendre l’ascenseur mais non ! C’est trop superficiel !
    Mille sept cent quatre-vingt-neuf marches seraient toutes désappointées.
    Et moi, je suis le défenseur des préliminaires essentiels
    Pour faire grimper la matriarche et amoureusement l’accointer.

    Lançons-nous et prenons son pied pour escalader son jupon,
    Passons sa culotte de fer en déboulonnant ses rivets.
    Continuons comme il nous sied, puis pénétrons dans l’entrepont
    Et goûtons le plaisir offert lorsque l’orgasme est arrivé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les constellations cachées

    Bien sûr, depuis la nuit des temps l’homme a nommé ce qu’il observe
    Et, sur la Terre comme au ciel, animaux et constellations
    Dont certaines représentant des oiseaux volant de conserve
    Ou des héros circonstanciels aux divines appellations.

    Sans doute que les animaux rêvent d’autres formes invisibles
    Dont l’œil humain reste incapable d’en voir la possibilité.
    Trous noirs infinitésimaux ou trous de ver imprévisibles
    Dont l’existence reste implacable fors l’imperceptibilité.

    Tableaux de Kat Fedora.

  • Sérénade en Lapin-chasseur

    Sérénade en Lapin-chasseur

    Sa mandoline transformée en un fusil hypodermique,
    Elle sillonne bois et forêts en quête de chasseurs à l’affût
    Au moyen de lapins formés à la vision photochromique
    Qui les distinguent, phosphorés, dans le crépuscule diffus.

    Aussitôt vus, aussitôt pris, tels sont pris ceux qui croyaient prendre
    Sous les rafales mandoliennes qui sifflent et qui pétaradent.
    Et tous ceux qui n’ont pas compris laissent le sommeil les surprendre
    Tandis que, d’une tyrolienne, elle leur chante la sérénade.

    Peut-être qu’un jour le chasseur prendra la place du gibier
    Et connaîtra enfin la peur de mourir juste pour l’orgasme
    Et la joie d’un joyeux farceur qui joue à le supplicier
    Afin d’ renverser la vapeur de son stress envers ses sarcasmes.

    Tableau de Michael Cheval sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20170120michael-cheval .

  • Les ourses étoilées

    Ce soir, premier quartier de Lune, la Petite Ourse blanche s’ennuie.
    Son petit chariot se traîne tout autour de la Voie Lactée.
    En provenance de Neptune, un bouleversement dans la nuit
    L’attrape et aussitôt l’entraîne vers sa sœur qui l’a contactée.

    Ce soir, dernier quartier de Lune, la Grande Ourse est tout éveillée ;
    En son sein naissent des comètes, jeunes pléiades étincelantes.
    La Petite Ourse, fort opportune, est leur marraine émerveillée
    Et leur offre mille planètes constellées d’étoiles filantes.

    Tableaux de Kat Fedora.

  • Mystère et tauromagie

    Mystère et tauromagie

    Né aux portes de la Camargue, j’ai connu chevaux et taureaux ;
    Les gardians et leurs abrivades dont j’observais la vantardise.
    Mais la tauromachie me nargue et me laisse sur le carreau
    Où le toréro, par bravade, n’est qu’un monstre de roublardise.

    Mais si on complique les arènes avec des murs de labyrinthes
    Et qu’on remplace le taureau par une sorte de Minotaure,
    D’une démarche peu sereine, le torero subit l’étreinte
    Et offrira ses pectoraux si les occasions sont pléthore.

    Le taureau peut-il pardonner et accepter son sort immonde,
    Lui qui se retrouve victime du goût du sang des prédateurs ?
    Toutes les chances n’étant pas données équitablement à tout le monde,
    Est-il oui ou non légitime de s’en remettre au Créateur ?

    Tableau de Michael Cheval sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20170120michael-cheval .

  • Les couronnes de saison

    Selon la couleur de saison dans la nature en harmonie,
    Je me hasarde à reconnaître les coiffes des fées des forêts.
    Elles offrent pour la couvaison, l’endroit rêvé pour faire un nid
    Tout en sécurité pour naître, passereau ou chardonneret.

    Selon les cycles de la Lune, solstices, éclipse ou équinoxes,
    Rameaux de houx, branches de gui, pommes de pin, petites graines,
    Comme décorations de fortune ou de couronnes peu orthodoxes,
    Font sur leurs visages alanguis toute la noblesse d’une reine.

    Tableaux de Kat Fedora.

  • Une perle pour l’Univers

    Une perle pour l’Univers

    À l’origine de l’Univers ? Un tout petit grain de poussière !
    Mais il gêne tant le cosmos qu’il sécrète la Voie Lactée
    Dont le lait produit mille vers qui l’entourent de bras de lumière
    Jusqu’à ce que prenne l’osmose d’une galaxie réfractée.

    Ainsi Dieu au commencement procrée une perle de vie
    Enrobée d’anges dont la nacre devient énergie et matière.
    Après cet ensemencement, ce Dieu s’apaise, il est ravi
    Et le lendemain se consacre à l’humanité tout entière.

    Toutes les civilisations qui se sont imposées sur Terre
    N’ont pas l’air d’avoir reconnu cette mission dont elles disposent.
    Sauf si leurs réalisations, même si elles s’avèrent délétères,
    N’aillaient dans le sens inconnu du Plan Divin qu’Il nous impose.

    Tableau de Dana Lynne Andersen.

  • Jardin d’une nuit éternelle

    Jardin d’une nuit éternelle

    Ah, que mon âme se complaît en joignant ma propre âme-sœur
    Lorsque mon côté féminin paraît un instant éphémère !
    Enfin mon être est au complet comme au temps béni précurseur
    Où je n’étais qu’ange bénin avant d’être enfant de ma mère.

    Mais si choisir, c’est renoncer, quel déchirement fatidique
    De perdre son autre moitié tant que durera l’existence !
    Pour moi, la mort est annoncée comme la phase véridique
    Où je suis à nouveau entier mais dans une autre consistance.

    Par bonheur l’amour vient combler la faille d’où naît ce complexe
    Et permet la reconnexion du yin et du yang dissociés.
    L’homme et la femme rassemblés connaissent le plaisir du sexe
    Et la joie de la conception par leurs chromosomes associés.

    Tableau de Yoann Lossel.

  • Femmes-fleurs au printemps

    Au printemps l’ivresse des fleurs fait basculer les romantiques
    D’effervescentes phéromones que la nature distribue.
    Et les jeunes filles en pleurs subissent l’effet aromatique
    De leurs corps saturés d’hormones et de leurs nouveaux attributs.

    Les yeux sont le reflet de l’âme et l’on y voit le temps qu’il fait
    Dans leurs cœurs tantôt bien moroses ou tantôt tout émoustillés.
    Dans ce regard passe la flamme de quelques désirs stupéfaits
    Par des amours à l’eau de rose ou des promesses vite oubliées.

    Mais les couleurs reviennent vite afin que l’âme s’en nourrisse
    Et que leurs corps mettent en route le support d’un jardin fertile.
    Bientôt répondront à l’invite les papillons vers la matrice
    Aux nervosités en déroute pour un coup de trompe érectile.

    Tableaux de Maria Pace Wynters.

  • Le sourire musclé

    La théorie
    Puisque l’amour, c’est la santé, commençons donc à attirer
    En musclant nos zygomatiques pour plaire d’un air de vainqueur
    Sur un visage innocenté par un vrai sourire soutiré
    Au réseau des nerfs sympathiques puisé dans la source du cœur !

    La pratique
    Une fois que c’est bien compris, oublions notre théorie
    Et démontrons-en la pratique avec un peu d’entraînement !
    Coupons le canal de l’esprit qui viendra a posteriori
    Et laissons le cœur empathique diriger nos enchaînements.

    La réalité
    Puisqu’il faut se jeter à l’eau, ne craignons pas le ridicule ;
    Un sourire communicatif, se répand comme traînée de poudre !
    Tel le soleil dans son halo, crevons de notre denticule
    Notre embarras limitatif et gagnons-y un coup de foudre !

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Les coings

    Les coings

    Au printemps, rivières et ruisseaux se répandent des eaux de pluies
    Dans les jardins et les vergers pour que les cognassiers fleurissent.
    En automne, les arbrisseaux lorsque tombent les premiers fruits,
    Sont récoltés et hébergés dans les caves afin qu’ils mûrissent.

    Mais comme châtaignes et olives, le procédé est exigeant
    Qui enlèvera l’âpreté du coing qui pousse sur les arbres.
    Afin qu’ils plaisent à vos convives, cuisinez les fruits astringent
    En une compote apprêtée qui ne les laissera pas de marbre.

    Pâtes de fruits, pâtes de coings, compotes, gelées, confitures
    Ont agrémenté ma jeunesse de souvenirs voluptueux.
    Je conserve toujours dans un coin en eau-de-vie cette mixture
    Qui me rappelle mon droit d’aînesse sur l’héritage spiritueux.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Oiseaux rares – 2

    Oiseaux rares - 2

    Toutes les promesses dans l’œuf sont souvent épineuses à pondre ;
    Donner sa parole est facile mais l’accomplir est compliqué.
    Langue de bois, langue de bœuf, permettent plus ou moins de répondre
    Aux attentes de ces imbéciles et leurs retraites revendiquées.

    La présidence nous a pondu son œuf tout fraîchement sorti
    Après plusieurs nuits de navette entre les nids d’heureux élus.
    Mais le public a répondu qu’il ne leur est pas assorti
    Et qu’il est fait à la sauvette malgré tout le temps dévolu.

    Une bonne présidence pondeuse pond son œuf plusieurs fois par an ;
    On attend toujours le suivant pensant qu’il sera mieux conçu.
    Hélas, plus la foule est frondeuse et plus se montre transparent
    Le résultat peu motivant mais juteux pour les gens cossus.

    Tableau de Danielle O’Brien sur http:albumsceline.blogspot.com201209droles-doiseaux-opus-2.html?m=1 .

  • Oiseaux rares – 1

    Oiseaux rares - 1

    À l’aide des oiseaux ministres qui lui cachent sa nudité,
    Marianne assure le pouvoir dans une robe qui ballotte.
    Un petit vent traitre et sinistre nous en dévoile l’absurdité
    Montrant qu’afin de s’y mouvoir, elle ne porte pas de culotte.

    Mais qui donc porte la culotte dans ce drôle de gouvernement ?
    Certainement pas les volatiles qui volent en toute impunité !
    Sans doute y a-t-il un pilote dans les coulisses du parlement
    Mais finalement c’est inutile d’en chercher l’opportunité.

    Faites comme moi et attendez qu’il y ait un mouvement de foule
    Qui fasse trembler la volière et déshabiller Marianne.
    Prêtez l’oreille et entendez tous ces compagnons qui déboulent
    Sur la république oiselière en tirant sur son fil d’Ariane !

    Tableau de Margarida Cepêda sur http:albumsceline.blogspot.com201209droles-doiseaux-opus-2.html?m=1 .

  • Ma nature poissonnière

    Ma nature poissonnière

    Depuis quelques millions d’années, je parais sortie de la mer
    Cependant, en réalité, je vis toujours dans un bocal
    Où l’atmosphère surannée m’autorise une vie éphémère
    Dans un courant d’actualités qui empoisonnent mon local.

    Les petits poissons des rivières déjà ont presque disparu ;
    Leur âme infinitésimale flotte dans un air délétère.
    Je suis comme eux, sur la civière d’un temps qui a trop parcouru
    Et franchi la date minimale de conservation de la Terre.

    C’est ma nature poissonnière qui finit en queue de poisson ;
    La vie qui me semblait si belle forme des nœuds inextricables.
    Les générations prisonnières d’un passé chargé de poison
    Devront sans doute être rebelles envers leur sort inexplicable.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Cœur de sirène

    Cœur de sirène

    Pour le plaisir de ma sirène mais surtout aussi son confort,
    Je l’assieds en meuble de style et la couche sous un baldaquin.
    Du Louis XV pour ma reine m’a semblé meilleur réconfort
    Car sa queue se ressent hostile envers de mauvais palanquins.

    Bien installée sur le velours, son bel appendice ondulant,
    Elle aime bien porter la robe et prendre une allure de princesse.
    Quelques poissons un peu balourds jouent les pages en déambulant
    Et quand la lumière se dérobe, j’avoue, je lui pince la fesse.

    Car les sirènes n’ont qu’une fesse, rapport à leur anatomie,
    Douce et sensible à la caresse sous la légèreté du voile.
    Parfois taquin, je le confesse, je nargue son ergonomie
    Et elle lance un cri de détresse, la queue prise à rebrousse-poil.

    Tableau de Shiori Matsumoto.

  • Bonne nouvelle !

    Bonne nouvelle !

    Bonne nouvelle, l’information devient aujourd’hui transparente
    Á grand renfort de statistiques impossibles à contredire !
    Il faudrait faire des formations aux disciplines prépondérantes
    Sur la façon journalistique de dire tout et ne rien dire.

    Bonne nouvelle sur la planète, les faits ont pris de la valeur
    Et les échos des gardes suisses en disent plus que sur leurs saints.
    Bonne nouvelle pour les minettes, les fesses sont montrées en chaleur
    Et les gros titres sur leurs cuisses en disent plus que sur leurs seins.

    La désinformation est nette : les détails les plus cavaleurs
    Sont grossis afin qu’on ne puisse rien comprendre à part les dessins.
    Ceux qui détiennent les manettes jouent à annoncer le malheur
    Et tous les médias sont complices, sous couvert de mots assassins.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Monsieur de la Lune et Madame Soleil

    Monsieur de la Lune et Madame Soleil

    Est-ce une entente, est-ce une guerre, une stratégie de paresse ?
    Le couple formé par la Lune et le Soleil, quel paradoxe !
    En était-il ainsi naguère avant que l’homme n’apparaisse ?
    Et la Terre ? Une fille opportune déchirée entre ses équinoxes !

    L’astronomie n’est pas poète et c’est là son moindre défaut ;
    Elle ne parle pas des vaudevilles entre les étoiles filantes.
    Pourtant les comètes girouettes sans doute n’ont pas ce qui leur faut
    Puisqu’elles reviennent, serviles, tourner comme des soupirantes.

    Mais les étoiles changent de sexe ; selon la langue utilisée,
    L’astre du jour devient femelle quand l’astre de nuit se fait mâle.
    Complémentarité complexe que ce genre subtilisé !
    J’ai l’astrologie qui s’emmêle et le tarot qui se fait la malle.

    Tableau de Michael Cheval sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20170120michael-cheval .

  • Les ambassadeurs maladroits

    Les ambassadeurs maladroits

    Les ambassadeurs communiquent selon des codes ultra-secrets
    Et se transmettent des confidences dans leurs malles diplomatiques.
    Pour éviter les polémiques, parler tout en restant discrets,
    Ils ont des cabines de silence d’une acoustique fort hermétique.

    Pour déjouer les caméras et les microphones espions,
    Ils transforment et métamorphosent leurs messages sous des grimages ;
    Pour contrer l’agent scélérat, leurs stratagèmes sont champions ;
    En témoigne l’anamorphose du crâne au bas de cette image.

    Ce concentré de diplomates assimilés au consulat
    À l’occasion d’une réception ont fait la chose profanatrice
    De jeter leurs jus de tomate dans la fontaine au chocolat
    Et ont causé la déception de Madame l’ambassadrice.

    Tableau de Hans Holbein.

  • Des tresses en écheveau

    Des tresses en écheveau

    Au pays des terres ondulées, les herbes poussent en torsades,
    Les chevelures abondantes croissent plus vite par temps d’orage.
    Toutes les fleurs pédonculées frisent après l’éclaboussade
    Par des averses redondantes qui crêpent même le fourrage.

    Les femmes portent alors des tresses, et leurs maris, et leurs chevaux
    Dont les folles crinières longues s’entrelacent dans les sabots.
    Ainsi donc, en cas de détresse, imaginez-vous l’écheveau
    De ces créatures oblongues et leurs nattes plein les jabots !

    Les jours d’orages tirebouchonnent les cheveux qui s’mettent à friser
    Et les dames coquettes se plaignent qu’ils sont plus difficiles à peigner
    Car à mesure qu’elles bichonnent leurs queues-de-cheval électrisées,
    Celles-ci poussent à perdre haleine plus vite qu’une toile d’araignée.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.