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  • Interférences lunaires

    Interférences lunaires

    Le cycle de la Lune m’impose un changement en quatre phases.
    Au premier quartier, mon humeur remonte de mes profondeurs ;
    La nouvelle Lune m’indispose ; la pleine me met en extase
    Et quand elle descend, la rumeur dit que j’ai l’esprit pourfendeur.

    Ce n’est pas tout, c’est même pire, à chaque jour de la semaine,
    Je sens son attraction lunaire capter les eaux de mon visage.
    Le lundi je n’ai rien à dire mais le mardi, je la ramène ;
    Mercredi, je suis lacunaire ; jeudi, je me fais à l’usage.

    Mais Vendredi, je recommence à avoir le sens de la fête
    Et le samedi tout entier je parle toute la journée ;
    Dimanche je clame ma romance à cellecelui qui me tient la tête ;
    Le lendemain, vous le pressentiez, je recommence ma tournée.

    Tableau de Miles Johnston.

  • L’hypnose du jeu

    L’hypnose du jeu

    L’addiction à l’aléatoire crée l’illusion de l’hypothèse
    Selon la loi sur les grands nombres qui favoriserait la chance.
    L’utopie superfétatoire constitue une telle thèse
    Que les joueurs vivent dans l’ombre d’une inévitable malchance.

    Comme un trou noir supermassif qui attire l’argent et le risque,
    Roulette, cartes, machines à sous retiennent leurs proies machiavéliques.
    À corps défendant et passif, le joueur se prive et se confisque
    La capacité d’être absous de cette attraction diabolique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Épona nuit et jour

    La constellation de Pégase guide notre Épona éblouie
    Qui accompagne ceux dont le cœur d’enfant continue de rêver.
    De la mer aux monts du Caucase, elle offre un parcours inouï
    Dont j’ai été le chroniqueur dans tous mes souvenirs gravés.

    J’ai pu la voir chevaucher nue, dans une robe de rosée
    Aussitôt qu’apparaît l’aurore, et retourner parmi les siens
    Car les chevaux sans retenue lui font accueil bien arrosé
    Malgré les juments qui pérorent avec les oiseaux musiciens.

    (Tableaux d’Elena Shlegel sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201308Elena-Shlegel.html .
    Épona est associée au cheval, animal emblématique de l’aristocratie militaire gauloise, dont les expéditions ont entraîné la diffusion de son culte, plus tardivement à la mule. Son culte cavalier a été accepté globalement par la civilisation romaine. Représentée par une jument et une corne d’abondance, parfois remplacée par une corbeille de fruits, elle est la grande déesse cavalière ou déesse jument.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Tempête rose

    Tempête rose

    L’amour comme une tempête rose dépose un pollen de velours
    Sur le parvis de ma mémoire quand je commence à revenir.
    Il laisse quelques pensées moroses dans le cœur qui devient balourd
    Car il contient dans son semoir toutes les graines du souvenir.

    Sur le chemin de mon retour, je pense à celle que j’ai quittée
    Et me souviens de ses baisers et de la chaleur de ses mains.
    Il me semble qu’aux alentours apparaît en toute équité
    Son tendre visage apaisé lorsque je lui dis « à demain ».

    Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • La clef de la maturité

    La clef de la maturité

    Juste derrière les hublots de mes yeux braqués sur le monde,
    L’esprit dirige les manettes de mon fier vaisseau corporel.
    Et pour compléter le tableau, un navigateur le seconde,
    Relié au cœur de la planète par un organe intemporel.

    Mais souvent l’esprit crie trop fort et l’intuition peine à répondre
    Car mon troisième œil est bouché par excès d’incrédulité.
    Seul le cœur peut fournir l’effort pour m’empêcher de me morfondre
    Mais pour cela, il faut l’attoucher d’une preuve de maturité.

    Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • L’amour volé

    Brunante
    J’irai te voir à la brunante quand le jour baissera les yeux
    Quand la lumière déclinante hésitera au bord du bleu
    J’irai te voir quand le pelage d’encore chien et bientôt loup
    Assombrira le paysage quand l’horizon deviendra flou.
    Et nous attendrons la noirceur avec moi tu n’auras pas peur.

    Couchante
    Puis quand le soleil fatigué se couchera sur les collines
    Je volerai l’astre rougi pour qu’il me réchauffe le cœur.
    J’irai, sur la Lune intriguée par cette insolite rapine,
    Lire, éclairé par la bougie de cire du soleil moqueur.
    Et nos deux corps effarouchant s’amadoueront en se touchant.

    Imminente
    Avant que l’aube ne décide l’horizon de pointer son nez,
    Je permettrai juste au Soleil d’envoyer un premier rayon
    Pas trop afin qu’il ne dévide toute sa pelote illuminée
    Dont je garderai en sommeil un bout fixé à mon crayon.
    Et nous quitterons nos toisons et tomberons en pâmoison.

    Sonnante
    Ding dong avant que sonne l’heure de l’aurore qui marque son point,
    Je lancerai l’astre à la mer pour faire un dernier ricochet.
    Tandis que changent les couleurs et que le jour revient de loin,
    Nous fuirons son faisceau amer lorsque nous irons nous coucher.
    Et nous n’attendrons pas le jour dérobé pour faire l’amour.

    (Tableaux de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian-Schloe.html?m=1 .
    La première strophe « Brunante » est de la main de la merveilleuse et regrettée Anne Sylvestre.)

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  • Les fous du Tarot

    Voulant mener à bonne fin ma folle course vagabonde,
    J’en examinai les arcanes, l’un après l’autre avec ma loupe.
    D’abord je restai sur ma faim puis, en recomptant tout le monde,
    J’y aperçus quelques chicanes révélant toute l’entourloupe.

    Par un tour de force astucieux, deux cartes étaient escamotées
    Pour égarer tous les profanes dans un labyrinthe foldingue.
    C’était un lion malicieux qui jadis les avaient ôtées
    Les jugeant, l’une trop diaphane et l’autre beaucoup trop lourdingue.

    Ce fut la Reine des bâtons – la femme du roi du tambour –
    Qui fit jaillir toute la lumière crue de la dix-neuvième lame.
    Je sortais du rêve à tâtons, aveuglé par le petit jour
    Qui répandait dans ma chaumière la joie du soleil sur mon âme.

    (Tableaux de Catrin Welz-Stein
    Le premier vers est de Georges Brassens.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Chez Mauricette

    Chez Mauricette

    Elle naquit un premier mai pour le bonheur de sa famille
    Qui lui donna comme prénom « Allégresse quand vient le jour ».
    Après un garçon désormais voici que venait une fille
    Qui allait vivre, crénom de nom, sa destinée avec bravoure.

    « Allégresse quand… » la formulette était trop longue à prononcer.
    On l’appela « Marie la folle » tant elle s’agitait pour des prunes.
    Après ce fut « La pipelette » tellement il fallait renoncer
    Tant à lui couper la parole que d’essayer d’en placer une.

    Comme elle n’aimait pas trop l’école mais bien manger et cuisiner
    Elle demanda à ses grands-mères tous les secrets des meilleurs chefs.
    Avec marmites et casseroles dans un style indiscipliné
    Elle fut d’abord intérimaire et puis, maître-queux derechef.

    Cassoulet à la togolaise, ratatouille de Madagascar,
    Elle inventa mille recettes qui ont aidé à son renom.
    Du rôti à la charolaise au magret truffé de canard,
    Son restaurant « Chez Mauricette » reste le meilleur de ses noms.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • En queue de poisson d’avril

    En queue de poisson d’avril

    Février, fin en queue de poissons ; mars, exit d’un coup de bélier ;
    Avril part sur un coup de tête, un coup de cornes de taureau.
    Et voici mai en pâmoison avec ses brins de muguets liés
    Qui s’en vient piquer la vedette au mois qui reste sur le carreau.

    Finalement ce mois d’avril fut un mois assez capricieux
    Avec ses giboulées de mars qui ont joué les attardées,
    Malgré ses coups de vent virils mais aux flamboiements délicieux
    Du Soleil et de sa comparse, la Lune et son halo fardé.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

  • Penchagramme et pentadrame

    Penchagramme et pentadrame

    Il regardait par la fenêtre comme si sa vie en dépendait.
    D’ailleurs il perdait l’appétit ou bien s’en trouvait constipé.
    Mais il fallait lui reconnaître un cafard qui se répandait
    Et donnait petit à petit une envie de s’émanciper.

    Aujourd’hui reste son reflet car le corps a pris ses vacances
    Dans une maison de campagne où il s’amuse avec fierté.
    Non, ce n’est pas un camouflet mais l’effet d’une conséquence
    D’un chat qui avait pour compagnes la nature et la liberté.

    Tableau de Lisa Parker.

  • L’échelle démocrate

    L’échelle démocrate

    À quelle échelle te fies-tu, toi qui me donnes des leçons
    Assise sur ton piédestal qui te donne l’air prétentieux ?
    Démocratie, te moques-tu des contradictions qui, elles, sont
    Dissimulées comme des vestales gardiennes du feu contentieux ?

    Tu m’évalues comme électeur, tu me voudrais à la hauteur
    À chaque responsabilité du barreau où j’y ai élu
    Mon pied solide et protecteur tandis qu’un contrepoids sauteur
    M’entraîne dans l’imbécilité du mouton la plus absolue.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le Grand Plan du XXIème siècle

    Le Grand Plan du XXIème siècle

    Ceux qui affirment que le futur ne serait pas écrit d’avance
    Obéissent à ceux qui l’écrivent avec nos destins annotés.
    Chaque journée fait la suture avec le Plan en connivence
    Afin que chacun y souscrive selon sa page numérotée.

    Napoléon laissa à tort les Anglais clore son chapitre
    Qu’Attila – ou bien Attali – avait déjà déterminé.
    Aujourd’hui, on est plus retors ; on laisse un pantin faire le pitre
    À l’Élysée pour l’hallali qui va tous nous exterminer.

    Depuis le siècle précédent, la Terre accuse des accidents
    Avec des attentats prévus pour monter sur ses grands chevaux
    Qui poussent le peuple excédent à émigrer en Occident
    Et sous le couvert d’imprévus nous soumettre à l’Ordre Nouveau.

    Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Dans les nuits froides des abysses

    Dans les nuits froides des abysses

    D’un geste qui sème l’effroi dans le royaume des abysses,
    La sirène qui est moitié-femme hèle ses sujets effarouchés.
    Les poissons gardent leur sang-froid bien que tous ensemble subissent
    Cette corvée jugée infâme mais utile pour la réchauffer.

    Les yeux fermés, elle imagine son peuple aux yeux de merlan frit
    Lui passer entre les aisselles et ses mamelons turgescents.
    Elle en frétille, la sauvagine ! Tandis qu’un frisson s’appauvrit
    Sur sa queue parmi les tesselles au miroitement opalescent.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Poisson-Lune

    Poisson-Lune

    Lors du dernier croissant de Lune, certains poissons montent en surface
    Car l’astre évoque leur déesse : la sirène du temps qui passe.
    Elle mime une horloge de fortune avec ses bras qui se déplacent
    Sur le cadran avec prouesse pour les bénir dans cet espace.

    Les animaux marins s’envolent par-dessus les eaux éclairées
    Par la protection solunaire du halo de la réflectance.
    Demain les femelles convolent avec les mâles éthérés
    Par la quintessence lunaire qui favorise leur laitance.

    Tableau de Marta Orlowska sur https:www.behance.netMoonOnRoof .

  • La Kundalini

    La Kundalini

    Nous avons perdu l’appendice qui nous reliait au divin ;
    L’antenne tantrique et sacrée qui a été entérinée.
    Il est possible qu’elle grandisse, en agissant comme un levain
    À partir du chakra nacré de rouge depuis le périnée.

    Alors cette antenne singée comme un prolongement de queue
    Nous aurait connectés à Dieu et là, qu’y a-t-il de plus beau ?
    Et nos téléphones 5G serait un moyen belliqueux
    Pour rendre nos cœurs insidieux comme de vrais petits robots.

    (Tableau de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori
    Kundalini : voir sur https:fr.wikipedia.orgwikiKundalini_(sanskrit)?wprov=sfti1 .)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Langages de fleurs

    J’ai attrapé la maladie nommée « le langage des fleurs »
    Moi, qui n’ suis ni pépiniériste ni partisan de la main verte !
    J’ai ce virus du paradis et son symptôme renifleur
    Que doit ressentir le fleuriste devant ses jeunes pousses ouvertes.

    « Langage » n’est pas approprié puisque leur parole est silence
    Mais leurs phrases sont des odeurs et leurs couleurs, des mots subtils.
    Je ne me suis pas fait prier pour veiller avec vigilance
    Sur les insectes maraudeurs qui n’en veulent qu’à leurs pistils.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Voyage au bout du Jour et de la Nuit

    Voyage au bout du Jour et de la Nuit

    Assis sur mon vaisseau tournant à plus de mille kilomètresheure,
    Autour de Soleil, je voyage pratiquement cent fois plus vite.
    Qu’il est beau, le jour s’alternant comme un divin chronométreur
    Avec la nuit dans son sillage tandis que moi-même gravite !

    Si je ne suis qu’une cellule comme mes milliards de semblables,
    J’ai l’honneur d’être l’une d’elles et mériter mon existence.
    Ainsi mon âme de libellule butine dans l’invraisemblable
    Tandis que mon cœur d’hirondelle y grappille sa subsistance.

    Sources : https:www.koreus.commodulesnewsarticle1048.html

  • Les baigneuses

    Les baigneuses

    J’aime les baigneuses au clair de Lune ou à l’heure entre chien et loups
    Quand je ne sais si elles sont nues ou vêtues d’un maillot pudique.
    Dans cette lumière opportune, j’imagine d’un regard jaloux
    Qu’elles sont miennes et bienvenues dans mon eldorado lubrique.

    De ma cuisine je les observe me demandant d’un air moqueur
    Quel est l’impudique architecte qui a orienté mes fenêtres
    Face au paradis en conserve comme un vivarium de sirènes
    Qui me nourrit et me délecte jusqu’à m’accélérer le cœur !

    Tableau d’Otto Mueller.

  • Lilith et le serpent

    Lilith et le serpent

    L’histoire finirait ici si Dieu le leur avait permis
    Car Lilith, la première femme, trouvant le serpent à son goût,
    Après maintes péripéties en fit son amant affermi
    Qui, avec un plaisir infâme, assombrit l’Adam de dégoût.

    Ils firent de l’arbre de connaissance un petit nid d’amour parfait
    Jusqu’à ce qu’Adam, fort jaloux, fit tant que Dieu se mit en rage.
    Bien que l’union donnât naissance à quelques fruits un peu surfaits,
    Dieu chassa tous ces morfalous et recommença son ouvrage.

    Tableau de Nicoletta Ceccoli.

  • Pan et la Syrinx

    Pan et la Syrinx

    Nymphe à la grâce immaculée, Syrinx attire les passions
    Dont l’amour paraît le plus cher particulièrement à Pan.
    Comme elle se sent acculée, elle joue son émancipation
    En transmutant son corps de chair en tubes acérés et coupants.

    Avant de métamorphoser son corps entier en un roseau
    Pour échapper aux attentions du Dieu Pan, l’horrible satyre,
    Elle se sent se décomposer des cheveux, du crâne et des os
    En cornes de répréhension qui se prolongent et qui s’étirent.

    Elle offre une ultime vision de son ineffable beauté
    Juste avant la transformation végétale en roseau pensant.
    Inconsolable, en dérision, Pan les taille en tubes biseautés
    Et jouera sa consternation sur un air de flûte en dansant.

    Tableau de Chie Yoshii sur https:theinspirationgrid.compaintings-by-chie-yoshii .

  • Crin-Blanc psychédélique

    Crin-Blanc psychédélique

    Quand l’année du cochon de feu débuta en quarante-sept,
    Les chevaux devinrent nerveux, les tânes et toutes les autres bêtes.
    D’un jeune poulain de Camargue, sa robe blanche et bien cambrée
    Vira de couleur en poutargue, jaune orangé au brun ambré.

    Sous les feux du soleil couchant, rayonnait le bel étalon
    Par son pelage effarouchant et la vigueur de ses talons.
    Les quatre jambes éclaboussant le corps ruisselant d’eau de mer
    Et la crinière se trémoussant dans l’azur d’un bleu outremer.

    Beaucoup de peintres ont essayé pourtant beaucoup ont échoué
    À peindre la robe émerveillée aux vaguelettes ébrouée.
    Les poètes ont dû inventer des coloris psychédéliques
    Prenant le risque d’intenter un procès aux lois de l’optique.

    Soixante-quinze années passées, seuls quelques anciens se souviennent
    De la couleur outrepassée du cheval blanc quoi qu’il advienne.
    Si un jour tu passes à Saint-Gilles, va sur le pont du Petit-Rhône ;
    Tu verras sa statue d’argile à la teinte orangée qui prône.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le tour d’Isabelle

    Le tour d’Isabelle

    L’histoire de la Tour de Babel nous a rapporté que les langues
    Avaient été brouillées par Dieu pour punir l’homme de son audace.
    Mais elle ne parle pas d’Isabelle, qui a rendu leurs cœurs exsangues
    Par l’ensorcellement odieux pratiqué par cette blondasse.

    Elle a semé l’amour jaloux dans un matin de zizanie
    Sous une pluie de perfidie afin que chacun se soupçonne.
    Alors on vit les hommes-loups s’enguirlander – quelle avanie ! –
    Si bien qu’en fin d’après-midi personne ne comprenait personne.

    Sculpture d’Isabelle Jeandot.

  • La Reine nue

    La Reine nue

    Malgré la magie des richesses qui ne dure jamais qu’un instant,
    Cendrillon, la Reine moderne, s’est lassée de ces vanités.
    Bye-bye les honneurs de duchesse, adieu les rôles inconsistants
    Dictés par les vieilles badernes et toutes leurs insanités.

    Chaque lumière de la ville qui représente une famille
    Précise la consommation en eau, gaz, électricité.
    Comment vit ce peuple servile sous les ressources qui s’éparpillent
    Gavé de désinformation poussant à l’excentricité ?

    Je ne sais par quel subterfuge elle s’est transformée en ange !
    Sans doute un suicide imbécile un soir ivre de solitude…
    Alors elle a trouvé refuge là où personne ne la dérange
    Excepté un corbeau docile qui nourrit sa vicissitude.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Le chat qui regardait par la fenêtre

    Le chat qui regardait par la fenêtre

    Mêlé d’ennui, de nostalgie, il regardait par la fenêtre
    Comme s’il aspirait à entrer par la porte du Paradis.
    Il pratiquait sa liturgie chaque fois qu’un rayon venait naître
    Pour l’induire à se concentrer jusqu’à ce qu’il en soit affadi.

    L’addiction de plus en plus forte en devenait obsessionnelle ;
    Il en devint neurasthénique tant qu’il en perdit l’appétit.
    Il guettait même derrière la porte une occasion exceptionnelle
    Pour une sortie hygiénique de son univers trop petit.

    Il joignait ses pattes en avant d’une prière silencieuse
    Comme s’il avait lâché prise et demandait l’aide divine.
    Il avait bu auparavant une liberté insoucieuse
    Et espérait une surprise issue de déesse féline.

    Le Dieu-Chat miséricordieux envoie deux anges en mission
    Pour s’entretenir avec lui et avec ses deux maîtres qui l’aiment.
    Il aurait été fastidieux de demander la permission
    Et, devant l’espoir qui reluit, il prend la décision lui-même.

    Encore aujourd’hui, il écrit, il nous transmet ses amitiés,
    Trônant fièrement dans son palais devant de nouvelles fenêtres.
    Mais il n’y est plus circonscrit ; il est désormais amnistié
    Et peut courir se régaler dans le jardin du nouveau maître.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le nid d’anges

    Le nid d’anges

    Depuis les Pâques, quoi qu’on dise, les œufs me font tourner la tête !
    Les enfants tournent en girouettes tout autour de mon nid d’amour.
    On ne parle que de friandises, les chocolats sont à la fête
    Et dès cinq heures, une pirouette pour les cacher avant le jour.

    À peine revenue sous la couette, j’entends crier dans la maison
    Les enfants qui sortent en trombe pour guetter les premières cloches.
    Je vois courir leur silhouettes, explorer les fleurs de saison,
    Secouer les arbres pour que retombent les œufs colorés dans les poches.

    Tableau de Beth Conklin sur http:bethconklin.blogspot.com201602 .

  • Gaie, gaie, Madame Pinson

    Gaie, gaie, Madame Pinson

    J’aimerais connaître chaque oiseau par son petit nom de baptême
    Donné au sortir de son œuf pour la becquée providentielle.
    Je me cacherais dans les roseaux avec une musique à thème
    Pour, tous ensemble, faire un bœuf d’une habileté démentielle.

    Bergeronnette en clef de Do, Chardonneret en La mineur,
    Martin-pêcheur en triolets, une Hirondelle en pâmoison,
    Quatre Alouette pour un rondeau, Coucous et Moineaux jaspineurs,
    Un Étourneau à dos violet et un Pinson pour diapason.

    Et la Fauvette des dimanche, connue pour nous donner le La,
    Chanterait avec la Mésange, le Merle bleu et le Corbeau.
    Et moi qui chante comme un manche, j’entonnerais a capella
    Avec la Grive des vendanges et la Tourterelle à jabot.

    Tableau de Lizzie Riches.

  • La folle du Tarot

    Elle bascula dans le vide, retenue par un parachute
    De grands froufrous et de volants sous ses jupons affriolants.
    Je lui liai, le cœur avide de la préserver de la chute,
    Une corde avec nœud coulant à son pied nu sanguinolent.

    Mais entraînés par la vitesse, nous plongeâmes au fond du bassin
    Et la robe en forme de coquille lui fit un trône d’or pailleté.
    Alors humblement son Altesse, la Reine des coupes offrit le sein
    À un bébé de pacotille, un hippocampe emmailloté.

    Je repartais à pas de loup lorsque la Reine un peu loufoque
    M’ouvrit passionnément, sans trêve, son lit en forme de crocodile.
    Elle me dit « Ne sois pas jaloux des hippos et des bébés phoques !
    Puisque tout ceci n’est qu’un rêve, viens donc me chanter tes idylles ! »

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Le fou du Tarot

    Tonitruant à tous les vents, descendit le roi du bâton
    De l’escalier colimaçon tambourinant devant mon huis :
    « Debout les morts et les vivants ! En avant pour le marathon ! »
    Et, enfourchant son canasson, partit se fondre dans la nuit.

    Je restai là, sur le parvis de l’esplanade circulaire
    En regardant courir les gens qui sortaient du numéro dix.
    Plutôt soucieux pour ma survie de fuir la nuit caniculaire,
    Je montai dans l’encourageant froid qui émanait de l’interstice.

    J’avais encore les oreilles sifflantes d’embrouillamini
    Quand j’arrivai sur la terrasse où trônait une jolie pépée.
    Coiffée d’une charlotte pareille à l’arbre creux offrant son nid
    Je commentai ce qui se passe au 10, rue Abbé-de-l’épée.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Derrière le rideau de velours

    Derrière le rideau de velours

    Derrière le rideau de velours que nous dépeint l’actualité,
    Ma curiosité m’interpelle d’aller moi-même m’informer.
    Les gros nuages un peu balourds qui nous mettent en dualité
    Forment un décor qui me rappelle une vérité déformée.

    Les Médias – miroir aux alouettes – prêchent le faux pour cacher le vrai
    Car ils sont fondus enchaînés au profit de l’Ordre Nouveau.
    Ils font tourner les girouettes de tous les cons qui les suivraient
    Sauf les complotistes entraînés à ne pas être pris pour des veaux.

    Les épidémies de tempêtes ? Un premier coup d’épée dans l’eau !
    Les guerres éclairs et les tonnerres ? Tout cela nous mène en bateau !
    Après, sans tambour ni trompettes, après Iéna, c’est Waterloo
    Et tous les plus hauts fonctionnaires se servir leur part du gâteau.

    Tableau de Marta Orlowska sur https:www.behance.netgallery4262059Surreal-Storybook-Ladies .

  • Le deuxième tour des moutons

    Le deuxième tour des moutons

    Après un premier tour d’horreur… voici le second tour du pire ;
    Le pire n’étant pas décevant, attendons-nous à toucher le fond.
    Mais au fond, s’il n’y a pas d’erreur, existe une bonde qui aspire
    Nos derniers espoirs motivant ceux qui sont au-dessus du plafond.

    Mais tout est calculé d’avance et les bulletins sont pipés ;
    Les noms à l’encre sympathique retournent leur veste au verso.
    On va payer la redevance à un président constipé
    Qui nous chiera, c’est dramatique, pour mieux emmerder ses serfs sots.

    Illustration de F’murrr.

  • Allume ton poisson !

    Allume ton poisson !

    Entre la Croix et le Croissant ou bien l’Étoile de David,
    J’honore le signe du poisson spécialement le vendredi.
    Je mange sa chair et son sang puis, laisse à mon chat impavide,
    La laitance comme boisson qu’il lape sans le moindre contredit.

    Poissons blancs tout illuminés accompagnent sur mon balcon
    Une sirène et sa baleine qui souffle autant que la tempête.
    Et, n’en déplaise à mon minet, Dieu trouve cela un peu abscons
    Quand l’une chante à perdre haleine et l’autre embouche sa trompette.

    Tableau de Christian Schloe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201306Christian-Schloe.html?m=1 .

  • La sirène salvatrice

    Contrairement à la légende selon laquelle les sirènes
    Chanteraient afin d’attirer les naufragés pour les noyer,
    La queue qui remplace leurs jambes permet, en position sereine,
    De les happer, les soutirer entre leurs bras apitoyés.

    Ce geste naturel commence au cours du développement
    Du bébé-sirène dans le ventre par une mutation innovée ;
    Les bras entrent en accoutumance et la queue en ballottement
    Donne une intention dont le centre est d’enlacer pour mieux sauver.

    Céramiques de Paul Smith sur https:paulsmithsculptures.co.ukother-ceramics .

  • Nature ou civilisée ?

    Nature ou civilisée ?

    « Civilisée ou sauvageonne, laquelle choisirai-je des deux ?
    Pauvre d’amour, riche de biens ? Sécurité ou aventure ?
    Faut-il franchir la ligne jaune et prendre un risque hasardeux
    Ou rester sur ses rails tant bien que mal selon la conjoncture ? »

    Ainsi pensait la mariée dévêtue mais tirant sa robe
    D’un dernier geste contesté mais qui n’est que de parodie.
    Sans doute s’est-elle appariée au bébé nu qui se dérobe
    À l’envie de naître ou rester encore un peu au paradis.

    Photo de Jacky Pernici.

  • Le Chronogyre

    Le Chronogyre

    Formé des couches du cerveau empilées par l’évolution
    Expérimentée de tous temps dans notre mémoire ancestrale,
    Nous en déroulons l’écheveau chaque fois qu’une solution
    Jaillit en se répercutant d’une résonance magistrale.

    Et le voyage recommence pelliculé dans l’ADN
    Qui enregistre chaque instant dans nos archives immatérielles.
    Moi, j’y retrouve chaque romance prise entre l’amour et la haine
    Dans l’escalier inconsistant de ma souvenance sensorielle.

    Sculpture d’Ayşe Nida Karakoç.

  • Dyslexie

    Dyslexie

    Entre rayures noires ou blanches et codes-barres qui caracolent,
    Les lettres « m », « n » ou « h » qui s’apparentent trop à des ponts,
    Et les jeudis et les dimanches au temps où j’allais à l’école,
    Je confonds tout, je fais des taches, tapis-pistache et cache-tampon.

    J’ai la comprenure élastique, j’ai des échos dans les oreilles
    Et le cerveau plein de cavernes où lettres avec chiffres résonnent.
    On dit que je suis dyslexique et qu’il faudrait qu’on m’appareille
    À cause d’un monde trop moderne qui voudrait trop que j’y raisonne.

    Illustration de Davide Bonazzi sur https:www.demotivateur.frarticlenotre-societe-vue-a-travers-des-illustrations-bluffant-tant-la-verite-saute-aux-yeux-13400amp .

  • Toute en blondeur, toute en rondeur

    Toute en blondeur, toute en rondeur

    Comme elle était toute en blondeur et qu’elle était toute en rondeur,
    Elle se laissait admirer nue sans la moindre disconvenue.
    Elle s’habillait dans la journée d’amples robes lors de ses tournées
    Mais aimait recevoir le soir sans revêtir nul accessoire.

    Les femmes ne sont pas interdites – il y en a même qui l’accréditent –
    Mais elles ne restent pas longtemps – sans doute ont-elles un contretemps.
    On vient parler, on se confesse, on se tient coi entre ses fesses ;
    Moi, j’ai dormi une fois chez elle coincé sous son corps de gazelle.

    Illustration d’Oksana Grivina sur http:www.dripbook.comgrivinastyleillustration-portfolios .

  • Le cœur à trois temps

    Le cœur à trois temps

    Un regard tourné vers l’arrière, un regard tourné vers l’avant
    Et le visage du présent fixé sur le temps impassible.
    Sur hier, se fermaient les paupières qui s’ouvrent au soleil levant
    Si hier, tu vivais tes treize ans, demain tu vivras l’impossible.

    On dit que l’œil du cœur embrasse tous les temps de toutes saisons,
    Qu’il voit la trace de l’amour qui naît, qui vit et qui vieillit.
    Jamais le cœur ne s’embarrasse de la constance de la raison
    Qui veut classer au jour le jour chaque souvenir recueilli.

    De l’imprudence du passé à la prudence d’avenir,
    L’œil de l’amour n’a rien jugé mais il accepte le présent.
    Quand un moment est dépassé il en laisse un autre venir
    Il sait, contre tout préjugé, que chaque jour est un présent.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Plus vite, l’escargot !

    Plus vite, l’escargot !

    Au commencement, l’escargot avance d’une éternité
    En étirant chaque minute de ses secondes élastiques.
    La nuit, il devient un cargo ancré dans la nocturnité
    Plongée de tous ses azimuts dans l’immobilité statique.

    Après quelques tours du cadran autour de sa conque horlogère,
    Son parcours devient chaotique selon l’humeur au goût du jour.
    On le voit parfois s’effondrant après des amours passagères
    Ou, sous l’effet de narcotiques, foncer de toute sa bravoure.

    Mais la coquille connaît sa fin et finit en queue de poisson ;
    Habitué à l’infini, il sent que le temps s’épaissit.
    Et comme il est loin des confins du sommet en colimaçon,
    Il s’abandonne, démuni, dans une lente catalepsie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le puits des Hespérides

    Désespérant — car interdit — était le puits des Hespérides
    Que les dieux s’étaient réservés pour leur propre consommation.
    Ainsi leur jardin reverdit et ne devint jamais aride
    Grâce aux pommes d’or conservées tout autour de ses fondations.

    Le treizième travail d’Hercule — qui reste aujourd’hui méconnu —
    Fut de mettre au point la recette pour mettre les fruits en bocaux.
    Par la symbiose d’arbuscules avec un greffon inconnu
    Il produisit une rincette dont les dieux devinrent « locos ».

    Tableaux de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

  • La porte concave

    La porte concave

    Pour échapper à la routine et la morosité du temps,
    À défaut de trouver ma voie ou la raison de l’existence,
    J’ai la solution enfantine d’imaginer un envoûtant
    Raccourci partant de la foi vers une divine assistance.

    Comme une pendule arrêtée mais qui sonne l’heure où ma fin
    Va survenir en même temps que s’entrebâille un trou de ver
    Qui révèle un sas affrété pour gagner l’espace aux confins
    De mon âme en me remettant en rapport avec l’Univers.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’escalier de Barbe-Bleue

    L’escalier de Barbe-Bleue

    Chez Barbe-Bleue, son escalier vous rendrait tous fous à lier
    Et c’est la raison pour laquelle j’en ai gardé quelques séquelles.
    Il m’avait interdit l’entrée mais, étant trop déconcentré(e),
    J’abandonnai toute espérance dans une éternité d’errance.

    À chaque palier saugrenu surgissait un démon cornu
    Qui m’empêchait de remonter et m’obligeait à surmonter
    La peur de continuer à descendre et de me retrouver en cendres
    Au fond du foyer rougissant de l’enfer central rugissant.

    Puisque j’étais pris(e) en otage, j’ai dévalé tous les étages
    En cherchant une échappatoire à cette invraisemblable histoire.
    Juste avant le fond de la cave, se nichait la porte concave
    Pour échapper à la folie et me retrouver dans mon lit.

    Vu sur https:www.pinterest.chpin1113444707843381652 .

  • La Reine d’Halloween

    La Reine d’Halloween

    Contrairement à sa cousine – la Reine de Pâques susnommée –
    La Reine d’Halloween ponctuelle arrive toujours fin octobre.
    Carrosse tout neuf, sorti d’usine qui a bâti sa renommée
    Par son mouvement perpétuel exempt de défaut et d’opprobre.

    Jadis, elle venait en citrouille traficotée par sa marraine
    En une voiture dernier cri qui n’a plus cours dorénavant.
    Mais foin de ces carabistouilles ! Désormais Madame la Reine
    Roule en cabriolet Ferrari au cheval cabré vers l’avant.

    Tableau de Michael Cheval.

  • La Reine des Pâques

    La Reine des Pâques

    La Reine nous arrive en retard, n’en déplaise aux chocolatiers !
    Tout dépend de son attelage qui tire, hâle et s’évertue ;
    Trop tôt quand c’est l’père fouettard qui n’fait pas les choses à moitié,
    Trop tard quand le staff de voyage est assuré par une tortue.

    Or, cette tortue attelée n’est autre qu’une célébrité ;
    Elle a déjà coursé Achille et le Lièvre de La Fontaine.
    Je me dois de vous rappeler qu’elle gagne en célérité
    Nonobstant une santé fragile d’avoir passé la soixantaine.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Inaccessible, insondable, incompréhensible

    Cette fille, fort inaccessible, tout en haut de sa tour d’ivoire
    Avait débranché la sonnette et décroché le téléphone.
    Pour la voir, ce n’était possible qu’à condition de l’émouvoir
    Par une petite chansonnette déclamée par un mégaphone.

    Après trois-cent-soixante aubades – une année entière à chanter –
    J’obtins la clef de l’entresol, c’était pour moi une ouverture.
    Je me perdis dans l’escalade de l’escalier sans doute hanté
    Car il descendait au sous-sol par sa complexe architecture.

    Le sommet de sa tour d’ivoire se situant donc à la cave,
    Je rencontrai la demoiselle qui parlait de tout et de rien.
    Au risque de la décevoir, je lui ai récité l’octave
    « Do, mi, sol, do » en ritournelle selon un vieux chant grégorien.

    Photos d’Antonio Mora sur https:blog.grainedephotographe.comles-portraits-photographiques-surrealistes-dantonio-mora .

  • Robes à armures

    Une forteresse de mystères à l’entrée jalousement gardée
    Par une escouade de jupons et de dentelles en oubliettes.
    Ne dites rien ! Il faut se taire car il n’y a rien à regarder
    Et lorsqu’elle passe sur un pont, il vous faut fermer les mirettes.

    La voie des airs reste hasardeuse et les fruits sont bien défendus
    Par un instable mâchicoulis qui borde les rotondités.
    Une curiosité baladeuse provoquera la main tendue
    Qui claque sur le malpoli, prix de son intrépidité.

    Vous eûtes pu ouvrir la poterne dissimulée dans son armure
    À l’aide de la clef du cœur mais ça, il eut fallu l’ savoir.
    Pour éclairer votre lanterne, inadaptée à sa serrure,
    Vous n’obtiendriez à contrecœur qu’une fin de non-recevoir.

    Tableaux d’Alan Macdonald.

  • Auto-école présidentielle

    Auto-école présidentielle

    La politique se complique et les écoles en conséquence
    Doivent adopter leurs conduites pour éduquer les candidats.
    D’abord il faut qu’on leur explique comment gérer leur éloquence
    Par des paraboles induites d’une liste de chabada.

    Le président tient le volant et la direction du pays
    Mais ses adversaires, sans retour, lui disputent la priorité.
    Alors il conduit en violant le code plein de cambouis
    Et après le deuxième tour, il passe à la postérité.

    Il s’agit d’un cours de conduite automobile dans une auto-école en 1943 en Afrique de l’Est. Sur cette photo les élèves apprennent à changer les vitesses.

  • Les prestigidictateurs

    À l’école des magiciens, les plus doués sont recalés
    Afin de voir leur compétence en magie pour s’ réintégrer.
    Ensuite, ce sont les plus anciens qui se chargent de les décaler
    Selon s’ils entrent en résistance pour falsifier leur pédigrée.

    Puis, en prestigidictateurs – le nom qui leur est imputé –
    Ils profitent de vivre à leur aise et de tromper les apparences.
    Ce sont eux les imitateurs des chefs d’états et députés
    Qui votent, chaque vendredis treize, un ramassis d’incohérence.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • La sirène ermite

    La sirène ermite

    À l’aube, la maîtresse sirène, debout sur son phare perchée,
    Tient dans sa main la canne à pêche et ferre un rayon de soleil.
    De l’horizon quelques carènes, par la chatoyance alléchées
    Bien rapidement se dépêchent pour y gagner un peu d’oseille.

    Mais la femme-poisson perfide les leurre d’un soleil couchant
    Et les marins perdent leur temps à contrôler leurs appareils.
    Puis, la créature sylphide se met à entonner son chant
    Et les hommes se faire tout autant piéger et se faire tirer l’oreille.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La Reine des coups fourrés

    La Reine des coups fourrés

    Le chant sublime des sirènes qui mène les hommes en enfer,
    Serait d’une voix de velours sortie d’un organe si tendre.
    Pourtant la Marine est sereine ; jamais marin ne s’y enferre
    Car il n’y a de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre.

    Or la créature est rusée et la sirène se transforme
    En une pieuvre tentaculaire dont l’étreinte est irrésistible.
    Et l’équipage médusé ne peut s’échapper de l’énorme
    Succion de la bouche annulaire qui gobe les nefs digestibles.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • L’esquisse du futur

    L’esquisse du futur

    Qui se dit voyageur du temps doit bien ménager sa monture,
    La queue plongée dans le passé, tête tournée vers l’avenir.
    Je ne suis pas un débutant et quand je tente l’aventure,
    Je veille à me carapacer contre tous les coups à venir.

    Hier, par exemple, j’ai visité l’Atlantide avant le déluge ;
    J’avais prévu, bien entendu, palmes et masques adéquats.
    J’ai vu leurs enfants hésiter puis, s’enfuir pour chercher refuge
    Auprès d’un peuple prétendu être descendant d’iroquois.

    Demain je m’en irai voir ailleurs comment l’humanité subsiste
    Ou si elle a été remplacée par la fameuse nouvelle race.
    Là, des hommes-chiens aboyeurs ; ici, des hommes-chats humanistes
    Quant aux guéguerres déclassées, il n’en resterait nulle trace.

    Tableau de Catherine Chauloux.