À chaque étape son jouet à chaque étape de sa vie. Chaque petit trésor gagné va dans la mémoire aux secrets. Un petit cœur bien enjoué emmagasine pour sa survie Chaque témoin accompagné de ses émois les plus sacrés.
Un petit caillou de silex, une boule de billard en ivoire, Un petit coffret bleu nacré et une poupée enfançonne. La moindre perte me rend perplexe comme si son absence dérisoire M’ôtait son moment consacré à acquérir de ma personne.
La pluie et le vent combinés à la canicule de juillet ; Pas un seul petit recoin d’ombre lorsque le soleil règne en maître. Les juillettistes débinés se sont partout éparpillés Et petit à petit le nombre d’âmes s’écourte au kilomètre.
Juillet, saison de nonchalance sous la chaleur insupportable ; On cherche dans l’estivation toute fraîcheur avec envie. Juillet, ah les belles vacances et vivent les décapotables ! On n’manque pas de motivation pour tous les plaisirs de la vie.
Lundi, premier août, c’est la fête ! Juillet s’en va sous les pétards ! Mais cette année la sécheresse interdit les feux d’artifice. Nous n’entendrons pas à tue-tête les explosions et les fêtards Qui mettent les grenouilles en détresse planquées dans le moindre orifice.
Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .
Juste une phrase de l’histoire me donne le fil conducteur Pour partir dans l’imaginaire qui marie lettres aux papillons. Car les papillons, c’est notoire, butinent lectrices et lecteurs Quand ce fil extraordinaires brille de reflets vermillon.
Avec un morceau de musique, c’est un autre chemin qui s’ouvre Où j’avance les yeux bandés en ouvrant grand mes pavillons. Toute ma mémoire amnésique retrouve dans les chênes rouvres Toute la nature achalandée aux gazouillis des oisillons.
Tantôt elle sème à tous vents et tantôt sème à toutes pluies Selon son humeur attristée, joyeuse ou simplement changeante. Si parfois elle rit souvent de bon cœur au soleil qui luit, Elle s’éplore aussi, contristée de larmes amères et astringentes.
Mais la nature sait épancher toute l’eau chargée d’émotions Qui remontent dans l’atmosphère pour se dissoudre dans l’aurore. Tandis que la Terre retranchée absorbe l’onde en décoction, Jus de rosée pour satisfaire toutes les rivières et sa flore.
Parfois je l’ai vue se lever, secouer sa robe de douleurs Et ses sentiments déferler comme une cascade de pleurs. Puis je l’ai vue se relever et vite reprendre des couleurs Après avoir laissé perler ses gouttelettes sur les fleurs.
Tableau de Steven Kenny sur http:www.stevenkenny.comhome.html .
Tous les jours la pluie hygiénique de mon petit nuage en cœur Me lave de toutes mes peines et les draine en terre assouvie Et puis les eaux biogéniques des sols poreux à contrecœur Me remontent comme une veine pour un nouveau cycle de vie.
Et moi, étape intermédiaire, je capte l’énergie d’en haut, La nourriture qui vient d’en bas, l’amour qui circule dans l’air. Tous sont la question subsidiaire au concours de la météo Dont le gagnant est le combat de la nature circulaire.
Telle est la magie de la vie pour qui la vit et qui l’observe Même si tout n’est que science ou divine relativité. Juste sa beauté me ravit et je n’ai aucune réserve Quant au rôle que ma conscience exerce sur son activité.
Certains voient l’âme au fond des yeux ; moi, je la vois dans les nuances Qu’une femme affiche sur son front comme un panneau indicateur. Un troisième œil, fort délicieux, qui dégage son influence Et dont le cœur ose l’affront de son rôle amplificateur.
Le chapeau révèle tant de choses qu’un roman n’y suffirait pas À raconter ce qui se passe entre les oreilles et les yeux. Et soudain se métamorphosent envoûtement, charme et appas Par une plume qui dépasse ou un p’tit oiseau audacieux.
Nu-tête, épaules dégagées, l’âme et le cœur, tous deux, débordent ; Le regard devient magnétique et la bouche un peu frémissante. Ainsi, la femme apanagée dévoile à celui qui l’aborde Le contenu signalétique d’une âme par trop resplendissante.
Paupières lapis-lazuli pour effacer mes bleus de l’âme ; Rouge cerise sur les lèvres pour me mettre le cœur en bouche ; Un peu d’ambre et de patchouli, un petit chapeau haut de gamme ; Un bijou trouvé chez l’orfèvre, à la fin de l’envoi, je touche.
L’air mélancolique et morose, mes joues se jouent de leurs couleurs ; La tête ailleurs me désespère et tourne en rond sans faux-semblants. Pensées dorées à l’eau de rose cachent leurs peines et leurs douleurs Jusqu’à ce qu’elles me repèrent un beau musclé en habit blanc.
Le vert-galant est élégant, tête bronzée, cheveux dorés ; Un beau parleur qui fait des vers et qui me charme de sa prose. Ferais-je un rêve extravagant ? Pincez-moi ! J’ai peur d’adorer Ce beau chevalier aux yeux verts qui me fait voir la vie en rose.
Au jeu des lois, on joue, on triche avec l’argent facilement ; De pots de vins en corruptions dans d’autres comptabilités. Quand on met en prison les riches, ils en sortent légalement Avec juste une interruption de leurs éligibilités.
Au jeu des lois, première règle : les pions jouent chacun à leur tour ; On lance le dé du suffrage et on avance selon le score. Parfois les lois deviennent espiègles et font sans cesse des retours Avec ratures de déchiffrages si les vieux ne sont pas d’accord.
Au jeu des lois, naît chaque loi, qui vit mais qui ne meurt jamais Ou alors elle est transformée par des annexes compliquées. Sauf un décret de bon aloi qui nous dirait que désormais Toute la charte est réformée sans qu’on ne nous l’ait expliqué.
Tableau de Hanna Silivonchyk sur https:www.liveinternet.ruusers4248621post178925949 .
Le dieu « Folie & Création » a encore rêvé mon chemin Qui m’entraîne dans un courant de vérités et de mensonges Qui s’appelle « procréation » afin de produire demain Tous les éléments concourant à en alimenter le songe.
Tous les méandres de mes choix ne font qu’égarer mes pensées, Tous les vents de mon libre arbitre me désorientent davantage. La moindre occasion qui m’échoit me semble être récompensée Par mes efforts à juste titre à mon propre désavantage.
La règle de ce jeu de dupes m’apparaît comme une illusion Que manipulent ceux qui croient sortir vainqueur du grand concours. Et tant que j’y croie, ça m’occupe jusqu’à ce qu’une collision Remette les choses à l’endroit et moi sur un autre parcours.
Tableau de Vladimir Kush sur https:www.designstack.co202008surrealism-and-symbolism-paintings.html .
Mission spéciale pour la sirène : elle s’adonne à la pêche au gros. D’abord elle nage entre deux eaux, là où les eaux sont peu profondes, Ensuite, d’une nage plus sereine, elle suit le sillage des cargos Tout à l’écoute des zozos à l’insupportable faconde.
Une fois assimilé leurs langues, elle chante son premier envoi En mêlant les plus jolis mots et surtout les plus beaux fantasmes Qu’elle a surpris quand se haranguent les matelots à grosse voix Déblatérant comme des chameaux avec railleries et sarcasmes.
La suite serait délectable mais j’ai peur de vos haut-le-cœur Quand le marin, l’eau à la bouche, subit un coup de grâce violent. Partout les plaisirs de la table satisfont le bon mastiqueur ; Qu’est-ce que l’homme est bon sur la couche, mangé tout cru, sanguinolent !
Illustration Yuehui Tang sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160612yuehui-tang .
Entre sirènes on s’entend bien cependant on ne mange rien ; Il faut mettre l’homme à la bouche pour satisfaire l’appétit. Et elles en consomment, Ô combien ! Marins, aviateurs ou terriens ; Tous ceux qui tombent sur leurs couches numérotent leurs abatis.
Entre sirènes on se comprend, on met au point des stratagèmes Pour attirer et capturer tout ce qui passe à leur portée. Chacune, isolée, entreprend un joli chant qui dit « je t’aime » Comme un filet ligaturé que les vagues vont transporter.
Entre sirènes, on se soutient, on s’épaule, on se serre les coudes Pour rapporter à la maison toute une pêche miraculeuse. Entre sirènes, on s’entretient et les amitiés se ressoudent Au cours du festin de saison après leurs amours crapuleuses.
Illustration Yuehui Tang sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160612yuehui-tang .
À défaut d’une île déserte, une île vierge ou presque nue, Je recherche le goût sauvage de la nature immaculée. Mais mériter la découverte de ce paradis ingénu Demande le désesclavage de mes protections cumulées.
Ainsi chaque partie du corps reçoit la caresse du vent En remontant entre les fesses jusqu’à la pointe des cheveux. Tout le visage est en accord, la tête et le buste en avant Les seins doucement se redressent et moi, je fais ce que je veux.
Mais libertaire et libertine sonnent souvent en désaccord Bien qu’inspirées de liberté mais jouant dans l’opposition. C’est pourquoi je me prédestine à offrir au soleil l’accord D’un moment de légèreté par mon corps en exposition
Dans ma machine à fabriquer les rêves en fondu enchaîné, Je fais le plein en carburant de livres aux histoires détonantes Pleines de récits imbriqués avec héros surentraînés Dont je produis le comburant pour des combustions étonnantes.
À un certain moment donné, je vois déjà entre les lignes Mes aventures bouturer dans la nuit qui m’ouvre ses portes. Mes yeux se ferment, abandonnés à d’autres limbes curvilignes Et mes membres courbaturés se détendent comme une feuille morte.
Quand ma mémoire me joue des tours, elle va au puits des souvenirs Remonter l’eau d’une expérience non résolue de mon passé. Tout nu ou dans de beaux atours, tout dépend de ce qui va venir ; Je n’ai pas d’autosurveillance, seulement mon laisser-passer.
Parfois je visite d’autres mondes où mon corps, je ne sais par quel lien, Se cristallise en transparence ou parfois même change de sexe. D’une situation immonde, je passe à un point cornélien Tragi-comique en apparence pourtant sans le moindre complexe.
Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .
Tu es le roi, je suis la reine et nous sommes dans le même camp. Seulement voilà ! Parfois on triche et on en devient adversaires. La partie se montre sereine ou, au contraire, pleine de piquants Qu’on soit très pauvre ou bien très riche, qu’on soit perso ou solidaire.
J’ai déjà mené deux parties, la première finit par un Mat ; Ma reine ne portait de couleur qu’une transparence trompeuse. La deuxième fois, mal réparti, le jeu se termina par un Pat ; La Reine en habit de douleurs m’ourdit de paroles pompeuses.
La troisième – paraît-il la bonne – m’a d’abord joué quelques tours Dans un pays peu cavalier de fous qui me damaient le pion. Mais peu à peu, ils abandonnent et ma reine m’offre sans détour Un nouveau jeu hospitalier où enfin je finis champion.
Mes chats mettent en valeur mes talents médiumniques Sans doute par leurs moustaches et leurs fines antennes. Ils voient si, par malheur, mes forces mnémoniques S’affaiblissent à leur tâche d’une patte incertaine.
Ils connaissent à la lettre le mot qu’il faut chercher. Ils ronronnent au « oui-ja » pour être en vibration Afin de me transmettre l’endroit où va percher C’que raconte le chat par anticipation.
Des chats extralucides aux chats divinatoires, J’en ai eu qui voyaient les fantômes approcher. Leurs oreilles translucides, pendules oscillatoires, Quand je me fourvoyais, m’auraient effarouchée.
Au tarot, par exemple, il évite la mort, Il fait parler l’amour d’une carte opportune. Mais gare à sa queue ample, s’il grogne, griffe et mord ; Il n’a aucun humour quand il cherche fortune.
Je suis un peu caméléonne dans un décor de l’air du temps Et j’aime arborer la couleur de la conjecture actuelle. Pour vivre heureuse, je m’illusionne et je me cache en adoptant, Selon la joie ou la douleur, une posture virtuelle.
Dans les jours sombres, je m’enfuis dans la profondeur de la nuit ; Les jours de blues plutôt moroses, j’ouvre ma garde-robe rose ; Les jours de fête et de soleil, tous mes bijoux or et vermeil ; Et quand plus personne ne bouge, en douce je m’habille en rouge.
Je disparais dans le décor mais je ne m’enfuis pas, je dors Pour que mes rêves se colorent de la dominante du temps. Tout doucement se fait l’accord harmonisé en rouge et or Et je me réveille à l’aurore d’un nouveau matin de printemps.
Photo de Salustiano Garcia Cruz sur https:touchofcolorr.blogspot.com201907salustiano-garcia-cruz.html .
« Rouge » est au corps de l’animal ce que « Vert » est au végétal ; La couleur que renvoie la vie possède sa propre énergie. Si l’homme exprime encore du mal à accepter son lien fœtal, La femme, avec ou sans envie, y est liée en synergie.
Entre les fleurs de la passion, roses rouges ou coquelicots, L’écarlate reste dominante auprès des grands confectionneurs. Les femmes l’aiment en compassion et le démontrent illico En revêtant de rougeoyantes toilettes tout à leur honneur.
Photos de Salustiano Garcia Cruz sur https:touchofcolorr.blogspot.com201907salustiano-garcia-cruz.html .
Elle ne s’appelle pas « Jeanne d’Arc » mais « Johannette de Vouthon » ; En effet les filles se nomment comme leurs mères en ce temps-là. Bien qu’elle menât les bêtes au parc, elle ne gardait pas les moutons Et parce qu’elle s’habillait en homme elle fut condamnée et brûla.
Sainte Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie Lui auraient confié la mission de libérer le sol de France Des rosbifs – vraies têtes de pioche – puis mettre le roi amoindri Sur le trône dont la transmission jamais ne s’empare à outrance.
Facile à dire mais quelle affaire ! Dite « Pucelle d’Orléans », Elle devra réconcilier la maison royale des Valois Avec un sacré savoir-faire et des amis condoléants Mais hélas se fera griller par un Cauchon et des Anglos.
(Tableau de Kittrose. Sources Quora pour la première strophe : https:fr.quora.comQue-conna%C3%AEt-on-r%C3%A9ellement-de-Jeanne-dArcanswerErnest-Foucault?ch=17&oid=225295657&share=49cb8edf&srid=hJ7fDb&target_type=answer .)
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Quelques souvenirs déchirés des albums photos égarés Reviennent d’une part en couleurs et d’autre part en noir et blanc Comme si le temps s’est étiré en traces fuchsia bigarrées Sur les pigments dont les douleurs les ont délavés en tremblant.
Le temps agite l’écumoire dans les visages aux caractères Qui s’effaceront à leur tour comme du papier délavé Car plus je creuse ma mémoire et plus les images s’altèrent En fausses couleurs sans retour possible pour les révéler.
Comment les oiseaux se reposent durant leurs longues migrations ? Ils détiennent l’équivalent de nos établissements de nuit. Les ailes fourbues, ils se posent au service réanimation D’une hôtellerie de talent : « Chez Marie-Oiselle-Minuit ».
Pareil à notre Voie Lactée qui couvre la nuit de son voile, Ils réénergisent leurs ailes au feu, en se le partageant. Les volatiles décontractés s’alignent selon les étoiles En offrant à la demoiselle une étole aux reflets d’argent.
À chaque saison recommencent les tournées d’oiseaux migrateurs Qui retrouvent leurs habitudes à l’hôtellerie de Marie Qui se passionne des romances de ces voyageurs séducteurs Qui connaissent les béatitudes à chaque fois qu’ils se marient.
Écrit à l’encre des cirrus sur la coupole bleu-azur, Mère-Nature correspond en lettres météorologiques. Simple message ou bien virus d’une écriture en démesure Doublé d’une plume qui répond sur ciel épistémologique ?
C’est bien Marie-Nuage-Rose qui calligraphie ses amours En pleine nébulosité avec les oiseaux de passage. Pour les distraire d’un vol morose, elle leur annonce avec humour L’éventuelle curiosité qui mérite un petit message.
Si Monsieur le vent rit souvent, Marie-Nuage-Rose pleure Chaque fois qu’un amant la trompe avec les nymphes de la nuit. Elle prend un air émouvant qui s’assombrit à la malheure Et puis grossit et tombe en trombe de larmes en gouttes de pluie.
Secrets dans l’envers du décor dans les coulisses du Moulin Rouge Où le mystère est son trésor et la création, sa richesse. Là, on se prépare le corps, on se vêt, on s’affaire, on bouge, On met ses strass, on met ses ors et on s’ajuste à ras-les-fesses.
Avoir donné de l’insouciance et offert de la joie de vivre Lui fatigue autant le sourire que les cuisses et les gambettes Il faut jouer de l’impatience du public radieux et ivre Et puis on entend les fous rires de noceurs et gens en goguette.
Qu’il est loin le temps d’une fillette qui prenait des cours en cachette Et de danseuse débutante en chorégraphe est devenue. Allez ! On remet ses paillettes, on agite un peu les clochettes Avec les plumes envoûtantes autour de sa poitrine nue.
Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .
Au premier matin du solstice, déjeuner aux fraises des bois Et puis salade de saison selon les fleurs de la journée ; Pissenlit, violette et mélisse, belle récolte d’un bon poids, De l’ail des ours pour la maison, quelques asperges pour ma tournée.
En pleine chaleur de juillet, petit-déjeuner aux framboises ; Les épis de blé sont fauchés, les champs sont tout ratiboisés. Quelques touffes à grappiller, un bouquet aux reflets turquoise Vite lié, vite ébauché par trois brins d’herbe entrecroisés.
Dernier soir d’été révolu, goûter aux noisettes et aux mûres. Les colchiques sont dans les prés et les premières feuilles s’envolent Vers un automne dévolu à les porter dans un murmure Et l’ombre allongée des cyprès s’agiter, danseuses frivoles.
Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .
D’après mon côté pessimiste, la planète crie « au secours ! » Et tout mon être reste sans voix devant l’étendue des blessures. D’après mon côté optimiste, l’amélioration serait en cours Car la vie trouve toujours la voie vers l’évolution la plus sûre.
Je peux aussi fermer les yeux et avancer nue dans les rues En me disant qu’il n’y a personne pour regarder l’impondérable. D’ailleurs l’autruche fait beaucoup mieux en enfonçant, telle une charrue, La cervelle toute mollassonne de sa tête dans la terre arable.
Faut-il voir les choses en noir ou bien observer les couleurs Du jour qui reviendra demain après l’obscurité du marbre ? Chacun est maître en son manoir ou dans son habit de douleurs ; Quant à moi, tant que j’ai deux mains, je peux aller planter un arbre.
Tableau de Rafał Olbiński sur https:www.personalart.plrafal-olbinski?page=8 .
La droite un peu dominatrice et la gauche assez affaiblie, Marianne s’est pris un coup de fauche qui la laisse assez fatiguée. La campagne exterminatrice n’a, par le fait, rien rétabli ; La droite, le centre et la gauche sont complètement endigués.
Mais si l’œil droit fait alliance avec la pommette un peu haute, L’œil gauche risque de s’allier avec le front rouge de l’Est. Hélas, le centre en défaillance ne convient plus, il est en faute Et, les cheveux en escaliers, Marianne a retourné sa veste.
Ainsi la France défigurée n’attirera plus les touristes ; La politique a saboté les Français vus de l’étranger. Il faudrait reconfigurer une constitution futuriste Afin que retrouve sa beauté notre pays bien dérangé.
Tableau de Scott Rohlfs sur www.distinctionart.comexhibitgallery_m.php?showID=131&fltr=prev .
Lundi avait bien commencé et la semaine s’écoulait Puis vendredi, sans queue ni tête sous la folie de la passion. Leur Lune de miel, bien romancée, les deux amoureux roucoulaient Et subitement, tout s’arrête et finit en queue de poisson.
La sirène n’aime qu’une semaine ; le lundi elle pêche aux appas Elle ferre un marin, quelle aubaine ! Ils font l’amour, qu’est-ce que c’est bon ! Comme elle préfère la chair humaine bien attendrie pour son repas Elle lui masse la bedaine et lui caresse le jambon.
Et Vendredi, le vent en poupe, le marin connaît l’épectase ; Après toute une nuit d’orgasmes, il subit la petite mort. La sirène alors le découpe et ardemment tombe en extase En se cuisinant son fantasme : noix d’homme des Côtes-d’Armor.
Quelques sirènes polissonnes – créatures à têtes poissonnes – Hantent le courant des rivières pour y placer leur souricière ; Elles traquent le marin d’eau douce ou éventuellement le mousse En agitant leur périnée au rythme des seins animés.
Comme elles ont perdu la voix, elles leur font des gestes grivois. Les matelots, ces imbéciles, se laissent faire, tous dociles Et sur le malheureux noyé, elles font mine de s’apitoyer Mais la faim prenant le dessus, l’appétit n’en est point déçu.
Chose curieuse, une remarque, elles s’entourent de monarques ; Ces papillons couleur orange pour une raison, ma foi, étrange. Sans doute pour attirer l’homme qui verrait un joli symptôme À suivre les ailes décorées pour mieux se faire dévorer.
Tableau de Hannah Faith Yata sur https:hannahyata.com .
Adieu l’hiver décoloré par ses lavages à gelées blanches Et ses rinçages de pluies froides et ses essorages de bises ! Adieu séchages subodorés soumis à un soleil qui flanche Devant la Lune aux rayons roides à l’étendage sur la banquise !
Vive le printemps coloré qui nous enlève la grisaille Et la remplace de nuances dans toute une pharmacopée D’huiles essentielles élaborées de toutes sortes de broussailles, Fleurs de différentes fragrances, plantes et pétales découpés !
Car les odeurs sont les couleurs de notre aromathérapie Qui déclenchent directement des avantages qui s’accumulent. L’effluve atténue les douleurs grâce à la phytothérapie Que la nature ouvertement prodigue à toutes nos cellules.
Photo de Mikhail Shestakov sur https:genial.guruadmiracion-fotografiaseste-fotografo-investiga-en-sus-obras-la-belleza-natural-y-sus-fotos-ampliaran-tu-nocion-acerca-de-lo-hermoso-523010?utm_source=genial_web&utm_medium=article&utm_campaign=share_image&utm_content=pinterest_523010&image=13344260 .
La descendance de Raiponce de nos jours est bien assurée Et j’ai plaisir à rencontrer ces magnifiques chevelures Qui donnent en guise de réponse une métaphore sursaturée De cheveux longs enchevêtrés qui lui dépeigne fière allure.
Les filles issues des racines ascendantes aux cheveux très longs Naissent comme l’astre solaire dans une aurore inestimable ; Leurs toisons dorées s’hallucinent à la taille de leurs pantalons Et l’âge adulte leur accélère une crinière interminable.
À l’âge où la Lune devient ronde, un halo teint la chevelure D’or et argent, d’ébène ou rousse selon les gènes hérités Dont la blondeur paraît féconde lorsque naît la progéniture Qui manifeste sur sa frimousse l’image de la vérité.
Quinze centimètres par an me demanderaient trop longtemps Pour arborer telle tignasse et j’en serais bien intrépide ! Mais, n’en déplaise à mes parents, j’en serais tellement content Que j’en appelle à Saint-Ignace pour une pousse plus rapide !
Photos de Mikhail Shestakov sur https:genial.guruadmiracion-fotografiaseste-fotografo-investiga-en-sus-obras-la-belleza-natural-y-sus-fotos-ampliaran-tu-nocion-acerca-de-lo-hermoso-523010?utm_source=genial_web&utm_medium=article&utm_campaign=share_image&utm_content=pinterest_523010&image=13344260 .
Elle aurait eu la même mère – à moins que ce ne soit le père – Que son cousin le Minotaure, locataire d’un palais en Crète. Mais si l’on en croit les commères, les matelots et leurs compères, Ses aïeux seraient des centaures croisés par des biches discrètes.
Madame Minocervus, elle-même, pratique la dragonologie, Une science spécialisée dans l’étude des libellules, De petits dragons qui essaiment aux alentours de son logis Et qu’elle a commercialisés au pied des Colonnes d’Hercule.
Les dragonfly jouent aux espions sur le détroit de Gibraltar Et monnayent aux belligérants des renseignements stratégiques. Ils forment le réseau « Scipion » établi à Madagascar, L’œil sur les gangs proliférant sur la péninsule ibérique.
Les vieilles ruelles de Crête forment un étrange labyrinthe Dont l’entrée, en trois coups de pédale, démarre sur la rue d’Icare. Certaines traboules secrètes dont les murs resserrent leurs étreintes Augmentent l’effet du dédale quand la lumière passe à l’écart.
Sur la grand-place du Roi Minos – pour la trouver il faut un guide – Cherchez l’hôtellerie du Centaure réputée pour ses entremets. Priez le serveur albinos de vous séduire, d’un air candide, Et c’est le chef « le Minotaure » qui vous servira en fumée.
Une Centauresse un peu fougueuse et un ancien Dieu Égyptien Ont mis au monde l’enfant chimère qui a déployé son renom. Après une jeunesse bourlingueuse, il est revenu chez les siens Ouvrir en l’honneur de sa mère l’auberge qui porte son nom.
Tableau d’Alan Macdonald sur https:alanmacdonald.net .
Rendons au Phénix sa femelle qui demeure encore méconnue Car elle renaît, non pas des cendres, mais renaît de sa vapeur d’eau. Elle s’évapore pêle-mêle dans une alchimique cornue D’où elle commence à redescendre enveloppée dans un rideau.
Elle en recouvre sa nudité comme une tunique pudique Et repart comme elle est venue dans un nuage phosphoré. S’il reste un peu d’humidité après son retour fatidique, Ce sont ses pensées malvenues qu’elle abandonne à la forêt.
Si par hasard dans la clairière brûle un feu sans se consumer, Approchez-vous sans faire de bruit et observez le haut des flammes. Là, apparaît l’âme guerrière enveloppée dans la fumée Qui retombe en une fine pluie sous l’apparence d’une jeune femme.
Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .
« J’aurais besoin d’un volontaire… Voulez-vous bien, mademoiselle ? » Lui proposa le magicien malgré sa pusillanimité †. Alors la fille sans commentaire entra dans la cage à oiselle Laissant le psychophysicien lui guérir sa timidité.
Aussitôt dit, aussitôt fait, la fille atteinte de logorrhée Tombe son masque de réserve pour revêtir l’habit d’hardiesse. Devant le monde stupéfait, elle se met à pérorer Devant tous les gens qui l’observent et qui la traitent de diablesse.
(Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:www.kaifineart.comshiorimatsumoto . † La pusillanimité est un excès de timidité, une faiblesse de caractère ou un manque de courage.)
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Lorsqu’un jour le dieu des oiseaux m’a dit que j’avais survécu Cinquante années de solitude, enfermé dans ma cage humaine, Déconnecté de son réseau, j’étais pourtant fort convaincu De n’avoir vu qu’infinitude d’un seul jour d’une seule semaine.
C’était sans cesse ce même jour qui déferlait dans ma cellule À répéter la même chose et de battre de tout mon saoul. Qu’il est étrange le séjour ! Qu’elle est amère la pilule D’accepter ma métamorphose en rossignol de quatre sous !
Cependant j’ai brisé la glace car aujourd’hui je me dévoile Et montre qui je suis vraiment derrière le masque des yeux. Eh oui ! C’est mon âme à la place du cerveau ; mon petit cœur d’étoile Qui là vous gazouille gaiement ses petits poèmes sourcilleux.
(Tableau de Shiori Matsumoto. « Lorsqu’un jour, le gardien m’a dit que j’étais là depuis cinq mois, je l’ai cru, mais je ne l’ai pas compris. Pour moi, c’était sans cesse le même jour qui déferlait dans ma cellule et la même tâche que je poursuivais. » Albert Camus – L’Étranger.)
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Chez Madame Duplicata, sonnez deux fois ou même trois, Entrez donc dans le vestibule et patientez quelques secondes Pour l’analyse de vos datas, plus une minute de surcroît Pour l’examen de vos cellules et votre conscience féconde !
Ouvrez la porte, vous êtes trois, peut-être quatre quelquefois, Car la machine à dupliquer contracte souvent le hoquet ! Que chaque clone rentre chez soi – peut-être pas tous à la fois – Mais n’essayez pas d’expliquer comment cela s’est provoqué !
Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:www.kaifineart.comshiorimatsumoto .
Les hommes imitent la nature et reproduisent sa beauté Et leurs maisons au bord du lac en évoquent ses vaguelettes. Les bateaux trempent leurs mâtures sur les reflets caillebottés Par les flic-floc et les flic-flac de la surface en ondelettes.
Le miroir renvoie son image et l’homme admire la réponse Que la nature fait à son œuvre qu’il croit sortie de Jupiter. L’artiste n’y voit qu’un mirage qu’il peint dans des couleurs absconses Qui font ravaler la couleuvre à tous leurs fiers commanditaires.
La mosaïque est tremblotante et ses tesselles plutôt liquides Mais j’aime observer l’art sauvage de l’éclat du projectionniste. Le lac à la vision flottante me donne une image candide Du ciel et de son entourage en un tableau impressionniste.
Tableau « Malcesine am Gardasee » de Gustav Klimt.
Dans l’ultra-bleu presque violet, au bord de la mer de lavande, Je baigne ma mélancolie qui se dissout dans les tunnels Pareils aux vagues inviolées selon les anciennes légendes Où les sirènes en folie chantaient en plissant leurs prunelles.
Dans les infrasons perceptibles qui montent des terres fertiles, Je murmure mes bleus de l’âme qui sont diffusés par l’écho Qui se propage irréductible comme un infime projectile Et se mélange aux oriflammes des plants violines ombilicaux.
Les Saintes-Maries-de-la-Mer bercent mon cœur entre ses lignes Qui se rejoignent à l’infini de l’église au clocher azur Qui s’assombrit dans l’outremer lorsqu’au soir les rangées s’alignent Et fondent en catimini dans l’ombre au fur et à mesure.
« La force terrassant le lion » est devenu assez banal… De nos jours il faut innover si je veux m’faire distinguer. Afin de vous damer le pion et déclencher un bacchanal, Je m’en vais vous la rénover et même l’envoyer valdinguer.
Je sais mater le crocodile, le caïman, l’alligator, Tous ces sauriens terrifiants en les pliant en portefeuille. Et je veux devenir l’idylle de l’affrontement au corps à corps S’il le faut en diversifiant sous réserve que mon rival le veuille.
Le cachalot et la baleine, l’orque, le requin et le phoque Avec moi ne font pas un pli face à une véritable garce. Je les combats à perdre haleine, presqu’à chaque fois je suffoque, Mais après le devoir accompli, l’adversaire apprécie ma farce.
Tableaux de Bruno Pontiroli sur https:theinspirationgrid.comsurreal-bizarre-animal-paintings-by-bruno-pontiroli .
Mûres & Framboise La fille sauvage s’apprivoise par un régime de fruits rouges ; Cerises pour la fine bouche, le corps aux mûres adulé ; Mamelons, parfum de framboise, durcis aux graines de carouges Et longues jambes qui débouchent sur son bonbon acidulé.
Fraise & Pèche Lorsqu’elle ramène sa fraise, il est temps que je me dépêche À lui fournir à satiété de quoi faire rougir sa rose. En remontant son corps de braise et caressant sa peau de pèche, L’amour efface toute anxiété et l’orgasme tait sa névrose.
Cassis & Chocolat Nous ne faisons l’amour qu’assis dans son lit-bateau écarlate Qui a l’habitude de se replier en quatre pour me satisfaire. Après quelques acrobaties, à la fin je la chocolate Pour qu’elle daigne me supplier de lécher tous ses hémisphères.
Tableaux de Il Pistrice alias Francesca Protopapa sur https:www.boumbang.comil-pistrice .
Une partie de la planète vit de rituels ancestraux L’autre partie a transformé son monde en tendance à la mode. Une partie tient les manettes avec des moyens magistraux L’autre partie n’est informée que de ce dont elle s’accommode.
Ceux qui sont nés en occident et préformatés par l’argent Sont dans la chaîne économique, esclaves ou maîtres, ça dépend. Ceux qui sont nés par accident parmi les pays émergeants Vivent en nombre astronomique et sont condamnés aux dépens.
Mais ce qui est vrai pour le monde l’est tout autant dans le pays Et ceux de la France d’en Haut ignorent la France d’en bas. La répartition semble immonde mais personne n’en semble ébahi Du moins ceux qui vivent au château, qui mangent et qui font la nouba.
Et même chaque individu peut naître en bas, grimper en haut Et redescendre à mi-hauteur ou complètement dans son trou. Mais il serait inattendu que quelqu’un né à Monaco Aspire au rêve psychomoteur de se retrouver sans un sou.
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Chaque loi et chaque réforme déposées sur leurs précédentes S’élèvent comme un château de cartes qui forme le code civil Bâti sur un terrain conforme face à la marée ascendante Et dont les fondations s’écartent malgré leurs alliances serviles.
La démocratie sur le sable diffus de la plage publique N’offre pas de support solide quoi que l’on fasse, vaille que vaille. Les remaniements trop instables érigés sous la république Ressemblent aux soldats invalides après la fin d’une bataille.
Rechercher la petite mort en pratiquant l’amour intense C’est chercher sa raison de vivre dans le plus profond de l’extase. Il existe des matamores prêts à prouver leurs compétences Et encrer leurs noms dans les livres qui se rapportent à l’épectase.
Suivez le conseil des pêcheurs qui comptent un grand nombre de bravaches Qui échangent leurs vies à Neptune pour une vierge crapuleuse. Certains ne sont que des tricheurs qui quittent le plancher des vaches Et courent la bonne fortune pour une pêche miraculeuse.
Dès le premier baiser mortel, il est ferré, le mâle est pris ! Le venin de concupiscence le contamine de fantasmes. Le cœur s’emballe et le martèle, puis le cerveau du malappris Connaît l’ultime sublimissence de subir la mort par l’orgasme.
Vénus n’a pas son vendredi dans la semaine germanique Mais Freya, déesse de l’amour et Frigg, déesse du mariage, Dont la parité contredit que les femmes sont plus dynamiques Et qu’il fallut qu’il y eût un jour pour sacrer leur appariage.
Car l’une est reine des forêts tandis que l’autre règne en mer Et, selon l’antique coutume, vous ne les verrez jamais ensemble. Sauf pour les marins décorés lors d’une bataille éphémère Qui ont su, à titre posthume, en découvrir le contre-exemple.
(Tableaux de Tomasz Alen Kopera sur https:aphrodisiacart.tumblr.compost185847459108tomasz-alen-kopera . Les descendants de Gaïa sont très nombreux. Sa descendance compte des divinités primordiales, des Titans, des Géants, des divinités marines et agrestes, des divinités mineures, diverses créatures (monstres et animaux), des rois et des peuples.)
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Jusqu’à présent, elles vivaient nues mais à force de se faire méprendre, Elles préfèrent se cacher sous des rideaux d’eau en cascades. Que donc sont-elles devenues, ces nymphes faciles à surprendre ? Hélas elles se sont détachées de ce monde de mascarade !
Sans doute existe-t-il encore une dernière chute d’eau Où vit la dernière créature, gardienne aujourd’hui retraitée, Qui nous observerait le corps ruisselant de gerbes sur le dos Pleurant l’homme qui dénature ce qui lui a été prêté.
Recherche-t-elle son héros ? Le dernier héritier de dieux Qui serait préservé comme elle contre la folie décadente ? Ils repartiraient de zéro comme un nouveau couple insidieux De renoncer au pêle-mêle de la société précédente.
Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .
Ma tête à couper que notre Ève, pareille à Madame Newton, A dû tester le poids du fruit scrupuleusement, sans surprise. Elle a recommencé sans trêve son expérience monotone, Puis a accepté l’usufruit de la connaissance promise.
Ma tête à couper qu’abusée d’avoir été prise pour une pomme Elle s’en est tellement voulu qu’elle a souhaité qu’on la remplace. Dieu a dû quand même s’amuser car il avait prédit à l’homme Que sa femme était dévolue à faire les conneries à sa place.
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Tout à l’instar de la cigogne, la messagère des naissances, Un oiseau transporte mon âme quand j’ai terminé ma carrière. Mon essence nue, sans vergogne, retournera sans connaissance Car l’oubli que mon cœur réclame est son implacable prière.
Là, s’éparpillent mes souvenirs dans l’air au fur et à mesure Que se déroule la pellicule du film de ma vie passée. Je n’ai plus besoin d’avenir, je n’ai plus à craindre l’usure Du temps devenu ridicule maintenant que j’ai trépassé.
Dans le cocon du tombereau, je n’ai déjà plus de mémoire ; Je rejoins le cœur des étoiles où l’oiseau va me déposer Adieu mon joli passereau qui disparaît dans la nuit noire, Bonjour à qui m’ôte le voile de mon passé décomposé !
Séduire la première femme a demandé beaucoup de temps Et Lucifer n’a eu de cesse d’inventer mille stratagèmes. Quelques petits leurres infâmes pour imiter en souffletant Des sous-produits d’une bassesse telle qui jette l’anathème.
Sans doute pas très convaincant, il a dû adapter son tir Et contrefaire tout le bestiaire dont la femme avait l’usufruit. Au final, l’ange délinquant préféra plutôt lui mentir Usant de senteurs forestières dont l’arbre lui offrait le fruit.
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Pour se chercher un cavalier, elle ne s’habille que d’échiquiers ; Il en vint un des terres rares, c’était un chevalier cathare. Son âge est un carré de huit mais ne le dites pas tout de suite ; Son âge est un cube de quatre mais n’en faites pas tout un théâtre.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, elle naquit de lignée authentique ; Son père s’appelait « Gadolinium », c’était le roi de l’aluminium ; Sa mère s’appelait « Lanthanides », c’était la reine des pyramides ; Troie, Foix, Sète et Charente-Troyes vous donnent son âge, je crois.
Elle chante « When I’m sixty-four… » a capella et sans effort Car elle aimait bien les Beatles et possédait tous leurs singles. Quand elle dit son âge, elle triche en répondant « Vierundsechzig » † Ce qui ne fait pas quarante-six même au pays de la saucisse.
(Tableau de Andrius Kovelinas. † se prononce firountsexich et signifie 4 et 60 car les Allemands inversent les dizaines et les unités.)
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Au matin, quand je me réveille, j’oscille entre deux sentiments ; Mon réveil est-il authentique ou tient-il plutôt du miracle ? Qui sait ? Au pays des merveilles aurais-je été bien gentiment Invité par la fantastique sororité des trois oracles ?
Jouant de moi comme un ballon, elles m’auraient mis au défi De me lever me retenant sans me montrer à découvert. Et moi, frappant de mes talons, dans l’effroi qui me pétrifie Je brandis de tous mes tenants jusqu’à mon dernier rayon vert.
Après la nuit m’a englouti et le feu de mon âme éteinte Fut recueilli par les trois sœurs pour leur élixir de jouvence. Voilà où j’aurais abouti si, la fin de ma vie atteinte, Je n’avais pas de défenseur pour assurer ma survivance.
Le saviez-vous ? Dans tous les rêves, l’ange gardien reste à l’affût Pour sauver de ses cauchemars celui qui se montre intrépide ; Plus la fin de vie paraît brève parmi les songes les plus confus, Plus l’ange fait un tintamarre tel que le réveil en trépide.
Tableaux de Arthur Prince Spear et de Pennie McCracken.
Printemps-été, automne hiver et la Nature rythme sa mode ; Soleil levant, phases de Lune, la parent des plus beaux bijoux. Au cœur de la nuit, l’Univers baise sa joue aux antipodes ; Au cœur du jour, vient l’opportune lumière qui caresse l’autre joue.
Selon les rendez-vous stellaires, les solstices et les équinoxes, La Terre marie ses couleurs argent et or ou Lune rousse. Sous les feux d’éruptions solaires, voyez l’étrange paradoxe D’un grand Soleil, tout en chaleur et la Nature qui se trémousse.
La planète en mode carbone nous fait soupçonner les saisons De s’échanger leurs accessoires en courants froids et courants chauds. Le ciel de nuages se charbonne, après s’éclaircit sans raison, Puis s’ouvre comme une passoire et la météo fait son show.