À force de les regarder, chien-élève ou animal-maître, Il m’arrive de les confondre à la couleur de leurs habits. Veste à pois ou léopardée, longs poils coupés au centimètre, Les créatures semblent se fondre en humain du même acabit.
Trois petits chiens et un chignon ; un Bull et sa Belle de Cadix ; Quatre bassets pour une Danoise qui n’est même pas suisse-allemande ! Que ne me semblent-ils pas mignons, ces promeneurs à heures fixes Dont je zappe les ombres chinoises à l’aide de ma télécommande ?
Cette nuit, au bout d’un couloir, s’ouvrait la porte des enfers Tenue par une créature, genre un lapin indéfini. Et mon image, sans le vouloir, fut aspirée par le transfert Que le miroir, par sa nature, réfléchissait à l’infini.
Chaque nouvel embranchement entrouvrait une éternité Vers des corridors temporels trop longs pour pouvoir les comprendre. Alors j’ai lâché franchement et en toute fraternité À ce lapin incorporel que je ne savais lequel prendre.
Il m’a répondu l’air absent de prendre n’importe lequel Car l’illusion du libre arbitre n’est qu’un miroir aux alouettes. Alors j’ai tourné nonobstant d’en conserver quelques séquelles La page du prochain chapitre bien que la fin fût désuète.
Illustration de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .
Resté longtemps hypnotisé sans parler et sans respirer, Quand la beauté s’est dévoilée le temps s’est figé dans l’instant. De tous mes sens magnétisés, mes yeux ont le plus transpiré Et mon pauvre cœur s’emballer, la tachycardie l’attestant.
Alors l’émotion me submerge comme un océan de tendresse ; Mon corps de pics et de montagnes devient avide de contacts Afin que mes geysers immergent ses rondeurs de mille caresses Et reçoive de sa compagne le suc de son amour intact.
Mère Céleste, écoute-nous ; nous, les derniers des survivants Des civilisations passées qui avions résisté au temps. Le temps de se mettre à genoux et laisser la place aux suivants Nous oblige à outrepasser nos droits pour être quittes d’autant.
Nous réclamons la liberté de nous déplacer sans contrôle, De respirer à pleins poumons en centaures libres et triomphants. Que l’on nous rende la fierté de réaliser notre rôle De préserver, nous l’assumons, la Terre pour nos petits-enfants.
Accompagnez la femme nue de quelques danseuses exotiques, Faites chauffer à feu très doux sur drap de verdure en satin. Une fois la femelle revenue par quelques caresses érotiques, Faites fondre un peu de saindoux et massez-la jusqu’au matin.
La qualité de sa chair tendre est bien meilleure le lendemain, Les seins gorgés d’un aigrelet petit lait à douze degrés. Plus une minute à attendre, délicatement de la main, Ouvrez son bouton maigrelet et goûtez-le à votre gré.
Qui est-ce qui guide mon chemin parmi les couloirs de la vie ? Qui donc me donne la direction que j’entends souffler dans le vent ? Qui donc parfois me tient la main pour s’assurer de mon suivi D’une vraie marque d’affection que je ressens de mon vivant ?
Serait-ce le buisson ardent qui brûle sans se consumer ? Serait-ce la voix de l’Oracle ou bien tout simplement la foi : La Terre qui tourne en regardant la nuit disparaître en fumée Et le jour monter par miracle encore, ce matin, une fois.
Ma vie à percer les mystères et en découvrir leurs secrets N’a jamais été assouvie jusqu’à ce que je le comprenne. Les antécédents de la Terre et ses origines sacrées N’auront été qu’un pont levis à traverser pour que j’apprenne.
Et le poteau rose apparut une fois que j’ai lâché prise À la recherche de l’impossible que je pistais sans renâcler. En effet au coin de ma rue m’est apparue, non sans surprise, Que la porte de tous les possibles, c’est moi qui en détiens la clef.
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Les échos extraordinaires issus des heures routinières Dont le silence est reproduit dans les couleurs du crépuscule, Entre deux jours bien ordinaires, ouvrent leur assemblée plénière Dans l’atmosphère d’aujourd’hui noyée vers la nuit qui l’accule.
Alors les secondes perdues, les heures et minutes égarées Pendant lesquelles rien n’a changé fusionnent dans la confluence Portée dans le vent éperdu et les nuages bigarrés Pour qu’un soleil rouge-orangé puisse en percevoir la nuance.
Tous les secrets de l’univers resteront à jamais cachés Dans les trous noirs astronomiques et la mécanique quantique. Comment un Dieu aussi pervers créerait-il une œuvre entachée D’énigmes autant macrocosmiques que minuscules à l’identique ?
Sans doute que les électrons n’obéissent plus à ses lois ; Sans doute que les molécules ont échappé à sa chimie ; Sûrement que protons et neutrons interagissent de bon aloi Et que la moindre particule disparaît en catimini.
Pourtant ces secrets se racontent de bouche à oreille d’étoile D’où, avant de naître sur Terre, nous serions liés en cohérence. Pour ainsi dire, en fin de compte, il est temps de lever le voile Et qu’enfin la clef du mystère nous déverrouille l’ignorance.
Si une femme à sa fenêtre laissait s’évanouir son cœur Pour un regard vers un bateau et l’être aimé sur sa mâture, Je serais curieux de connaître ce marin soi-disant vainqueur Qui laisse sa femme au château tandis qu’il parcourt l’aventure.
Si une femme à sa fenêtre laissait s’évaporer son âme Pour une pensée vers l’au-delà où a disparu son marin, Je guetterais l’espoir renaître le soir en ranimant la flamme Au souvenir du Walhalla loin des pays outremarins.
Si une femme à sa fenêtre laissait dégringoler son corps Pour rattraper le temps perdu à mourir d’amour lentement, Je craindrais que le blues pénètre tout son être et, pire encor, Qu’elle le rejoigne éperdue d’un mutuel consentement.
Tout le monde se tient à carreau lorsque le temps est à l’orage Et se réfugie sous la Reine rallié à son pavillon. Moutons, brebis, boucs et taureaux font plus que force ni que rage, Patients dans l’étable sereine recouverte de tavillons.
Quand le temps prend un ton épique en lançant ses premiers éclairs Et qu’il tombe des hallebardes à faire grincer les quenottes, On se serre contre vaches et biques en laissant au ciel sa colère Et l’on peste contre le barde qui a poussé ses fausses notes.
Point de trèfle ni de marguerites sous la houlette de la Reine. Bientôt les animaux crient famine, ils s’ankylosent, c’est éreintant ! Malgré sa place favorite sous les cotillons, on se traîne ! On sort chercher des vitamines dans l’abondance du printemps.
Les animaux n’ont pas de cœur, ventre affamé n’a pas d’oreilles Et la Reine de les voir s’enfuir pense qu’ils se sont payé sa fiole… Tant pis ! Ils s’en vont voir ailleurs déguster leur salsepareille Et les cigales se produire sous les lampions des lucioles.
Illustrations de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .
Quittons ce masque de tristesse qui cache tous nos sentiments Afin d’écouter notre cœur parler d’amour en vérité. Ôtons ce leurre d’étroitesse qui nous rassure mais qui nous ment Et ne nous renvoie que rancœur, amertume et sévérité.
Ce faux miroir renvoie l’image de la peur qui nous a vaincus Et qui efface la mémoire que nous ont léguée nos parents. Écoutons plutôt le ramage de l’oiseau d’amour convaincu Qu’il faut cesser ces messes noires et redevenir transparents.
La transparence apparemment est une arme à double tranchant. Est-il vraiment indispensable d’élire nos tyrans politiques Par un système savamment doté d’un programme alléchant Et qui nous rend tous responsables de ce piège démocratique ?
Tableau de Chie Yoshii sur https:theinspirationgrid.compaintings-by-chie-yoshii .
Tandis que l’injustice en marche cherche à nous imposer ses lois, Nous nous révélons complotistes dès que nous réclamons justice. Et si nous faisons la démarche de protester de bon aloi, Nous sommes traités de terroristes par une police factice.
Être libre est un choix pervers puisqu’il faut savoir obéir Aux règles qui sont imposées pour mériter sa liberté. Ainsi nous vivons à l’envers si nous nous laissons envahir Par ce qu’un fou vient proposer et qui va nous déconcerter.
Parler du rire ne fait pas rire et débattre de la liberté Des uns des autres, évidemment, c’est en imposer ses limites. Mettons-nous plutôt à sourire, à se parler, se concerter ; Nous verrons bien, incidemment, si ce droit sacré n’est qu’un mythe.
Les quatre vertus cardinales n’ont été autant bafouées ; La force attribuée aux agents, les prudents médias accablants ; La tempérance médicinale et ses remèdes désavoués ; Quant à la justice et l’argent, tout est blanc-bonnet, bonnet-blanc.
(Tableaux d’Elena Filatov sur http:touchofcolorr.blogspot.com201704elena-filatov.html « Être libre, c’est être libre d’obéir au risque d’être mis au ban de la société » dixit Vérantanplan.)
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Petit oiseau, petit poisson, tous deux s’aimaient d’un amour tendre. Mais l’âge de la puberté en a compliqué leurs rapports. Le garçon, après les moissons, déserta le nid sans attendre ; La fille éprise de liberté courut plonger au bout du port.
Comment se sont-ils retrouvés ? Lors d’un typhon en pleine mer ! Ils se sont laissé aspirer – sans doute par curiosité – Et ont tout de suite éprouvé leurs souvenirs d’amours amères D’un coup de foudre, mal inspiré, qui aggrava la pluviosité.
Ainsi quand une tempête éclate et occasionne du grabuge, Ce sont leurs amours impossibles qui expriment toute leur jouissance. Toutes les légendes le relatent ; lors de l’effroyable déluge, On vit l’élan concupiscible de leur libido en puissance.
Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .
Nouvelle queue pour la sirène qui a opté pour une conque Afin d’amplifier le chant qui s’est révélé … écorné. Elle a cru l’action souveraine mais son résultat est quelconque Car son corps n’est plus accrochant : Qui veut d’une sirène en cornet ?
Détourner le goût du client en lui changeant ses traditions Apporte au marketing l’erreur impardonnable du promoteur. Ces flops se démultipliant annoncent la disparition De ce qui faisait la terreur de l’emballage prometteur.
Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .
Couverte de bois et forêts, Mère Nature vit d’abondance ; Ses enfants tètent ses racines et boivent l’eau de ses rivières. Pourtant elle se sent déflorée peu à peu en correspondance Avec pluies chargées de toxines et intempéries meurtrières.
La Maire des Villes, évidemment, a commencé à se nourrir Puis, est devenue exigeante au nom de sa poussée vitale. Alors elle tue lentement sa génitrice qui va mourir Mais la vie est intransigeante même si sa croissance est létale.
La Reine de la nuit s’ennuie sans cesse à compter les étoiles ; Même la Lune d’humeur changeante ne sait comment la satisfaire. Tant la mélancolie lui nuit qu’elle songe à prendre le voile Et entrer chez l’intransigeante communauté des Hautes Sphères.
Après une longue abstinence d’une éternité de printemps, Elle surgit créant l’espace et tout un univers radieux. Aucun doute sur la pertinence qui règne depuis la nuit des temps : Demandez aux anges qui passent, Dieu est la reine, la Reine est Dieu.
Les tableaux de Wojtek Siudmak ayant été censurés par Facebook voici ceux de Loetitia Pillault.
Imaginez que l’on voie Dieu parler fermement aux personnes, D’une divinité gigantesque plus grande QUE LA Terre et le Monde ! Imaginez le ton radieux de sa grOSSE VOIX QUI RÉSONne Sur les océans titanesques dont les VAGUES SE plieraient aux ondes.
Je l’entends crier à tue-tête d’un vent qui sème la tempête Et nous en récoltons les fruits en ouragans et tsunamis. Je ne joue pas les troubles fêtes mais il me semble que ça pète Depuis déjà tellement longtemps qu’il doit dire quelqu’ chose d’important.
Ne me parlez pas de ces guerres et toutes leurs luttes intestines Où l’on envoie nos jeunes gens, comme chair à canon, s’offrir ! J’ai entendu dire naguère que c’est l’honneur qui les destine À recevoir leur contingent de ce qui les fera souffrir.
Ne me parlez pas de la chasse, cette activité imbécile Qui se prétend gérer la vie lorsqu’on vous inflige la mort ! Qu’un jour les lapins les pourchassent et les acculent à domicile Pour leur ôter à jamais l’envie de se conduire en matamores.
Illustrations de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .
Est-ce que la présence d’un danger nous rend la vie épouvantable ? Tout est péril sur la planète depuis le jour de la naissance. Pourquoi tout ce qui est étranger nous paraît-il si redoutable ? On ne sait qui tient les manettes et qui détient la connaissance.
La peur qui fait courir le lièvre et qui fait s’envoler l’oiseau Est le garant le plus fiable pour sauvegarder l’entourage. Quand la peur me donne la fièvre, je la sens me secouer les os D’une énergie appréciable qui me donne force et courage.
Tombé de Charybde en Scylla dans ses mésaventures humaines, L’ermite a choisi sa retraite dans l’intimité de sa chambre. Au pays où il s’exila, il voyait passer les semaines Toutes pareilles, d’une traite, de janvier au mois de décembre.
Comme il ne connaissait personne, d’une indifférence inouïe, Il en étudia l’histoire, ses contes et sa géographie. Sa vie, au début, mollassonne, devint très vite épanouie Et le misanthrope notoire en fit son autobiographie.
Il écrivit mille poèmes au fil des premières années ; Il rêva dix-mille romances au cours des nuits intemporelles ; Il passa sa vie de bohème au soleil, le teint basané, À observer la renaissance de ses attirances culturelles.
Comme il connaissait tout le monde, il en écrivit leurs mémoires ; Des aventures les plus funèbres à celles dont on fait les romans. Des plus cocasses aux plus immondes, il en possède plein les armoires Et le philanthrope célèbre se demande encore comment.
Illustrations de Vladimir Gvozdariki sur http:klimtbalan.blogspot.com2012_02_01_archive.html .
J’aime voir les choses à l’envers tout comme le fou du tarot Et j’aime prendre le contrepied de toutes les idées reçues. Et je ne vois rien de pervers d’agiter devant le taureau Un chiffon rouge s’il lui sied de lui foncer tout droit dessus.
J’aime affirmer que la beauté se cache au cœur de la laideur, Même que mon cœur bat la breloque quand il voit laid dans le beau. Et si la vie m’était ôtée par les critiques et les plaideurs, Je vous dirais que je m’en moque ; j’ai de l’humour plein mon tombeau.
Si tous mes petits « moi » têtus apparaissaient en même temps, Je me sentirai tiraillé(e) par des milliers de tentations. Si minuscules et si fétus, comment peuvent-ils être si tentants Et forcer à m’apitoyer aux pires sollicitations ?
Hélas, jamais tous à la fois mais un par un évidemment, Chacun voulant me faire croire qu’il pave mes meilleures intentions. S’il m’est arrivé toutefois d’en cerner un incidemment, Un autre vient me faire accroire qu’il capte toute mon attention.
Parfois une pensée dans la nuit surgit comme idée de génie Et je la note, émerveillé par ce Saint-Graal réincarné. Hélas le matin – quel ennui ! – de lire un embrouillamini, Une fois que je suis réveillé, sur les pages de mon carnet.
Ainsi le monde immatériel frôlé dans mes rêves adducteurs Obéit à d’autres langages et d’autres formes de pensées. Et comme je n’ai ni tutoriel ni dictionnaire traducteur, Je n’obtiens que ce « divagage » dont le songe m’a récompensé.
(Tableau d’Uramisan. Si « divagage » n’est pas français dans notre monde, il l’est dans l’autre monde, évidemment.)
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Sans libre arbitre, l’âme pure n’est pas soumise au jugement Ni au paradis ni l’enfer ni à la réincarnation. Elle est diffusée dans l’azur au gré des vents et mouvements De l’atmosphère qui leur confère un avant-poste d’observation.
Le chat veille sur sa maison quelques semaines puis, disparaît ; Le chien accompagne ses maîtres quelques jours puis, s’en va ailleurs ; D’autres animaux, sans raison pour les humains, s’apitoieraient, Aux abords de leur périmètre, aux victimes de ces giboyeurs.
(Tableau de Megan Ellen. Le 16 mars 2020, jour du déclenchement antiCovid, Chanelle est montée sur le toit de notre ciel.)
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Les femmes les plus conquérantes après César, Napoléon… Et les autres qui les occultent n’ont pas fait leurs places au soleil. En conséquence, elles s’apparentent au charme du caméléon Qui s’adapte aux coutumes incultes d’une humanité en sommeil.
L’homme ne voit chez les féministes qu’une parcelle de leur corps Par tous ces appas qui l’obsèdent ; les yeux, les fesses et les nichons. Autant d’arguments très sexistes dont ces phallocrates du hardcore, De la manière la plus laide, abusent d’un esprit de cochon.
Mais elles sortent du brouillard grâce à leur volonté opaque Qui cesse d’être transparente parmi ces mâles intransigeants Qui redeviennent des trouillards lorsque les femmes les attaquent Avec leur gente concurrente et leur esprit intelligent.
Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .
Au petit jour, on m’a réveillée, on secouait mon oreiller, Je me sentais très à l’étroit entre les draps de mon p’tit lit Quand j’aperçus, émerveillée, une fille en double appariée Qui, comme moi, payait l’octroi de cette étrange anomalie.
Tout avait été dupliqué et mes armoires et mes jouets ! Toutes mes robes allaient de pair avec chaussures et culottes. On n’ nous avait rien expliqué mais nous en furent enjouées, Sans pressentir le moindre impair, trouver la chose rigolotte.
Mais si tout apparait en double, l’espace hélas reste le même Et bientôt la prison dorée devient une cage à oiselles. Je sens tous mes sens qui se troublent à partager tout ce que j’aime Avec un être subodoré faire l’amour entre demoiselles.
Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .
Aujourd’hui j’ai perdu ma langue et perdu ma mauvaise foi, Même plus les yeux pour pleurer à force de jeter un regard Sur le monde qui nous harangue, au risque d’une crise de foie, Qu’on continue à se leurrer de croire en un futur hagard.
Car l’avenir est compromis faute de ressources terriennes Depuis que l’homme a décidé de les spolier pour de l’argent. Du coup, de nombreux ennemis de la classe prolétarienne Veulent occuper et présider un chaos nous départageant.
Illustration d’Oksana Grivina sur http:www.dripbook.comgrivinastyleillustration-portfolios .
Les élections présidentielles nous offrent un bon bouillon de langues ; Langue de bois, langue de Dante au cas d’une descente aux enfers ; Langue de fourbe, langue de miel, langue qui pousse ses harangues À nous promettre l’évidente crise mondiale qui s’enferre.
Langue à L’EAU de requin-MARTEAU par un JUS D’EAU dans l’ALIGOT. Langues de MACARON à la crème ; langues deS AMOURS reconquises ; Langue de PÉCHERESSE en détresse ; langues du POITOU-tradition ; SouPONS d’OIGNONs cuits à l’extrême, MELANGEONS les langues insoumises Avec LE PAIN ROUSSI en tresse qui met LA SALLE en exaltation !
Arthaud LO Roussel PCF Macron LREM Lassalle Résistons Le PEN RN Zemmour Reconquête Mélenchon France insoumise Hidalgo PS Jadot Verts Pécresse LR Poutou npa Dupont-Aignan Debout la France
Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .
Du temps où j’ai été poisson ? L’ADN n’en porte nulle trace. Du temps où je vivais dans l’eau ? Dotée de branchies, j’imagine. Ainsi ma vie fait sa moisson parmi les genres de toutes races Mais ma mémoire va à vau-l’eau pour remonter ses origines.
Lundi, amibe un peu timide ; mardi, j’évolue en brochet ; Mardi, mercredi ma structure fut telle que jeudi m’accoucha Au sommet de la pyramide : Vendredi ! Je reste accrochée À ma véritable nature : poisson-clown ou bien poisson-chat.
Tableau d’Olga Esther sur https:beautifulbizarre.net20190129vulnerable-rebellion-an-interview-with-olga-esther .
Fin mars, « toc-toc ! » déjà l’huissier qui s’en vient frapper à ma porte ? « Poisson d’avril ! » crie par brimade mon facteur grimé en sardine. « Quel dommage que vous ne puissiez… » – lui répliqué-je de la sorte – « À mon repas de sardinade car c’est à l’huile qu’ici l’on dine ! »
« Nous n’avons pas gardé nos thons dans la même boîte-à-sardines ! » Me rétorque le fonctionnaire tout en lissant sa queue d’écailles. « Si d’aventure nous barbotons ensemble de façon anodine, Peut-être… » – dit-il débonnaire – « …nous plairons-nous, vaille que vaille ! »
Illustration de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .
En mars, la météo se couche pour pleurer ses larmes amères, La Terre accepte son offrande de toute sa reconnaissance En attendant qu’elle débouche orages et tempêtes éphémères Pour devenir la Révérende Mère de toutes les naissances.
Mais quand le temps reste au beau fixe, la météo pourtant joyeuse S’en va puiser sur l’océan les sanglots amers des sirènes Qu’elle versera en pluies prolixes comme une manne pourvoyeuse Et le Soleil, roi bienséant, mûrira la Terre sereine.
Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .
Bien que je j’aie ni la main verte, ni le pied de l’agriculteur, La nature m’a tiré l’oreille pour lui offrir un jardinet. Touffes d’herbes-à-chat recouvertes d’un bon terreau contributeur Ont fait une joie sans pareille et gustative à mon minet.
Tant que nous étions en hiver, j’ai disposé plein de callunes, Petites fougères qui fleurissent notre balcon jusqu’au printemps. En mars, tout plein d’oignons divers que j’ai plantés en pleine Lune Font, sans que ma main n’en florisse, de moi un jardinier à plein temps.
Mars est venu, mars est parti et le temps file évidemment, J’ai fait des plans sur la comète et aussi des plants de tomate. Si le beau temps m’est imparti de pluies et d’ensoleillement, J’en goûterai, soyons honnête, avec mes meilleurs aromates.
Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .
Sans doute la prière est-elle une connexion à contretemps Vers ce qui n’existe pas encore mais dont j’en intégrerai l’âme ? Sans doute prendrais-je la bretelle à contresens en empruntant Le risque d’être en désaccord et de Dieu recevoir un blâme ?
Il fallait juste un peu d’audace et quitter les sentiers battus Pour prier Dieu dans le futur où tout est déjà accompli. Comme j’y suis déjà en place, c’est moi-même à bride abattue Qui répare et coud les sutures de mon cœur d’afflictions rempli.
Voici pourquoi, en confiance, je marche au bord des précipices, Je saute sans filet et je tombe puis, relevé, je recommence. Je parie sur la défiance en espérant les bons auspices De l’indulgence qui incombe au Dieu de toutes les clémences.
Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .
Parfois le miroir est fêlé et ses reflets sont déformés De l’autre côté de son tain décapé à la pierre à chaux. Sans doute le verre descellé et son épaisseur difformée Laissent voir un cœur de putain à la place d’un cœur d’artichaut.
« La belle Alice » devient « la laide » – celle dont le lapereau se tâte – Les cartes à jouer sont transformées en cartes truquées sans les cœurs. D’ailleurs, elle s’appelle Isalaide, son chat souffre de la prostate ! Lewis nous en avait informés ; parfois il rêve à contrecœur.
Parle-moi de métabolisme qui ne serait pas minéral, Non seulement ni végétal mais encore moins organique, Qui n’ait besoin de symbolisme, ni de challenge viscéral, Ni d’obscur désir génital d’obnubilation orgasmique !
Parle-moi d’une création qui n’ait pas besoin de manger La vie sans risquer à son tour d’être absorbée par le système ! Une vie de récréation où la mort serait l’étranger À l’unique énergie d’amour d’un Dieu qui dirait que je t’aime !
Je me bâtis plein de romances ou bien me je me mène en bateau Selon si mes rêves prospèrent ou demeurent inassouvis. Dès que le premier pas commence – même si ce n’est pas du gâteau – En quittant ma chambre pépère et en honorant mes envies.
Parfois j’ai sauté dans un train qui venait inopinément D’entrer en gare de peur de voir s’évanouir ma destinée. Et j’ai franchi avec entrain des garde-fous précisément Placés pour m’empêcher d’avoir rencard avec ma dulcinée.
Aussitôt que le cœur grandit, il doit déjà changer de vase ; Lui qui savait se contenter jusqu’à présent de pas grand-chose. Mais lorsque l’amour répondit à ses aspirations d’extase, Son nid n’a su le sustenter, fendu par la métamorphose.
On rempote à la belle saison selon qu’au fur et à mesure De nouvelles pousses ont marcotté de la bouture généreuse. Plus tard, on change de maison ou on retape une masure En château tarabiscoté en forme de famille heureuse.
Tableau de Vladimir Kush sur https:imgur.comaLnuz1 .
L’amour se niche dans le cœur, le cœur se niche dans le corps, Le corps se niche dans son lit comme cérémonie rituelle. Le sexe produit sa liqueur, la liqueur redemande encore L’ivresse jusqu’à la folie de l’illumination sexuelle.
À peine créé par amour, le fœtus sent son cœur qui bat, Englouti jusqu’à la naissance qui lui ouvrira les poumons. Et lentement, jour après jour, il continuera le combat Contre la vie par la puissance d’un cœur qui s’bat commecontre un démon.
Au casse-tête de la vie, il faut savoir partir à point Et trouver de suite les clefs qui ouvriront chaque serrure. Faire semblant d’être d’avis sans émettre de contrepoint Et avancer sans renâcler malgré le poids de son armure.
Mais ça, c’est la règle des fourbes qui violent la loi et l’écourtent Attendant le moment propice pour triompher des adversaires. Moi, j’ai emprunté la ligne courbe – pas celle qui paraît plus courte – Celle qui longe les précipices et demande l’effort nécessaire.
J’ai plusieurs fois joué au fou avec mon esprit cavalier Et me suis fait damer le pion par des petits roitelets abscons. J’ai traversé les garde-fous et suis tombé dans l’escalier Et malgré tout, je suis champion du titre envié de roi des cons.
Au pied de l’arbre, la connaissance publie ses feuilles au quotidien. Chaque jour, il écrit l’histoire de demain et après-demain. Ainsi, il prédit les naissances, grâce à l’ascendant ophidien Du serpent aux conseils notoires qui offrait les fruits de sa main.
Mais aujourd’hui ne craignez rien ! Laissez les enfants s’amuser À lire ce qu’il adviendra des plans dont l’enfer est pavé. Tout va très bien pour les terriens ! Après s’être ensemble accusés De s’être mis dans de sale draps, demain la Terre sera lavée.
Mais pour connaître la méthode employée pour le décrassage, Il faudrait lire toutes les feuilles dans l’ordre épistémologique. Ça déclencherait un exode d’érudits lors du ramassage ; Nul n’ouvrirait son portefeuille pour ce sort idéologique.
Illustration de Cyril Rolando sur https:www.demotivateur.frarticlecyril-rolando-artiste-dessins-tim-burton-hayao-miyazaki-surrealisme-7104amp .
Au cœur de l’Être, la serrure dont l’amour possède la clef Qu’il a cachée dans une fleur et que l’âme doit retrouver. Hélas, l’esprit, sous la ferrure verrouillée tend à renâcler D’après les conseils persifleurs de ses mémoires réprouvées.
Alors aujourd’hui, il voyage pour se remettre le cœur en chasse Où le soleil va sublimer ses projets remis à demain. Après un ample nettoyage, il ne sait plus ce qu’il pourchasse Et rentre, la clef élimée, mais toujours à portée de main.
Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .
Malgré les soucis de la vie qui nous attirent vers le bas, Malgré les fléaux dus aux charges que l’on ne cesse de nous brandir, Le cœur épanouit se ravit de la rudesse du combat Par l’amour qui, à la décharge du malheur, nous pousse à grandir.
Plus la gravité sera forte et plus la vie progressera Comme une poussée d’Archimède qui nous remonte par surprise. Lorsque se referme une porte, un pan de mur coulissera Car le cœur trouve toujours remède quand l’intelligence lâche prise.
Le rouge intensifie la femme et son cœur d’amours flamboyantes Qui peut lui troubler le regard tout jeune avant l’adolescence. Alors pour protéger son âme des aventures imprévoyantes Elle cache son point faible, hagard, d’une frontière opalescence.
Mais s’en échappe une vision modifiée par sa monture Qui dément les désirs secrets tapis au fond de sa rétine. Œil gauche, œil droit, en division, cherchent le lien d’une aventure Au-delà des verres nacrés qui la rendent un peu cabotine.
Le verre change la couleur et l’âme que l’on croit violette Mais en réalité bleuie jusqu’au plus profond de sa flamme. Si vous n’y voyez que douleur, cette idée déjà obsolète Cache ce qui vous éblouit : le brasier au cœur d’une femme.
Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .
D’où naît le rouge d’une femme ? Pas de son sang, évidemment ! Il naît du premier cri de vie à la naissance de ses lèvres. Un cri échappé de son âme qui vient embrasser l’élément ; Cet air nouveau qui la ravit et qu’elle mélange à sa fièvre.
Par sa toison qui voit le jour, si fine comme de la flanelle ; Rouge trop clair ou trop foncé dont l’auréole tait son feu. Encore mouillée de bravoure décrite sur les fontanelles En petits signes enfoncés, éparpillés dans ses cheveux.
Et la douleur sort de la bouche comme couleur émerveillée De montrer celle de son âme plus rouge que vous ne le pensez. Rouge profond qui effarouche, rouge de l’esprit réveillé Qui soutient le cœur d’une femme de ses toutes premières pensées.
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Nous ne sommes en rien responsables des précédentes atrocités, Même d’un ancêtre esclavagiste ou aïeul exterminateur. Bien sûr, nous serions incapables de tuer avec férocité Nos frères aux ordre d’un phalangiste, d’un nazi ou d’un dictateur.
Alors pourquoi refuse-t-on l’entrée à ceux qui ont souffert Afin que le monde moderne se développe à leurs dépens ? Croyez-vous qu’il est de bon ton de dire qu’on a l’esprit ouvert Tandis que de vielles badernes ont la nostalgie de l’occupant.
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Qui fuit en premier le navire lorsque celui-ci va sombrer ? Qui a creusé l’écart social entre vie en ville et aux champs ? Qui donc se retourne d’un vire-vire dès que son groupe est dénombré Pour échapper à l’impartial examen à double-tranchant ?
Si vous croyez que c’est les rats, vous êtes à côté de la plaque ; Eux, ne sont que petits rongeurs qui cohabitent, chez nous, at home. Je veux parler des scélérats qui trichent, volent l’argent qu’ils claquent Car ce sont des outremangeurs qui vivent aux dépens de l’homme.
Dès le lundi il faut courir la Terre, les airs et l’océan Afin que Dieu, dans sa clémence, nous donne le pain de ce jour. Manger au risque de mourir et s’en retourner au néant Ou bien mériter sa pitance et survivre tout au long séjour.
Dès le lundi, elle s’entraîne, la voix tintant comme de l’airain Afin que jeudi, elle soit prête à faire monter les enchères. Vendredi, jour pour la sirène dédié à la course aux marins, Elle va s’en mettre plein l’arête après avoir fait bonne chère.
Mais il faut chanter à tue-tête pour décrocher le meilleur lot ! Ainsi le marin de Bretagne se vend bien plus cher que l’anglais. Il faut traquer la belle bête en lui montant le ciboulot, Triller d’un chœur qui accompagne le chant au risque de s’étrangler.
Comme Cendrillon, la sirène, plongeuse à la petite semaine, Souhaite participer au bal nonobstant sa queue malvenue. Elle se confie à sa marraine qui lui donne apparence humaine Avec comme ordre principal : « Qu’à minuit tu sois revenue ! »
La sirène est à moitié femme – et c’est là son moindre défaut. Les valses dérèglent son horloge ainsi que sa notion du temps. Minuit sonnant. Précepte infâme ! Elle pirouette en porte-à-faux Autour de sa queue qui déroge aux règles du bal des débutants.
Alors elle s’enfuit vers le port perdant ses pantoufles de vair Qu’un beau capitaine au long cours a recueilli sur le parvis. J’ai lu sur son dernier rapport qu’il a navigué tout l’hiver Et rencontré sur son parcours la belle au risque sa vie.
Les messagers d’amour opèrent en direct du bouche à oreille ; Charmée, l’expéditrice transmet son billet doux au récepteur. Parfois un vent doux coopère pour accélérer sans pareille Une suggestion qui promet tout le plaisir du concepteur.
Cependant quand les vents contraires transforment l’écho de la voix, Souvent s’ensuivent des courants froids condensés en perles de pluie. Les mots, de manière arbitraire, prennent une tout autre voie Et le cœur doute avec effroi de l’affection venant de lui.
Mais après la pluie, le beau temps car les cœurs ne sont pas en sucre ; Certains sont si inoxydables qu’il ne craignent point le déluge. Sinon la haine depuis longtemps aurait dilué l’esprit de lucre Dans des orages inexorables où l’amour sait trouver refuge.
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