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  • Quand l’amour emboîte le pas

    Quand l’amour emboîte le pas

    Notre tout petit nid d’amour a bien grandi avec le temps
    Ainsi que toute notre affection par l’art de si bien nous entendre.
    Par conséquent de jour en jour notre tout petit nid s’étend,
    Et sans la moindre défection, sur l’aire de la carte du tendre.

    Il a dépassé les montagnes et pousse sans cesse ses frontières
    Comme s’il était arrosé telle une plante gigantesque.
    Tous les soirs avec ma compagne qui se donne à moi tout entière,
    Notre nid prêt à exploser devient abracadabrantesque.

    Tableau de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .

  • Qui suis-je ?

    Le miroir inverse la gauche avec la droite, c’est notoire
    Mais n’intervertit pas le bas avec le haut, c’est étonnant.
    Sans doute l’esprit, en ébauche, nécessite une belle histoire
    Afin de relancer le débat du paradoxe arraisonnant.

    Le cerveau, assez terre-à-terre avec ses illusions optiques,
    Nous fait croire tout ce qu’il veut et taire ce qu’il ne veut pas.
    Et comme il est majoritaire dans l’analyse synoptique,
    Seule l’âme peut en faire l’aveu : son reflet a fait un faux pas.

    Tableaux de Marwah Al_bahnassi sur https:www.behance.netMarwahBahnasi .

  • Marie-les-ondes

    Marie-les-ondes

    Marie s’est montrée réceptrice et le Saint-Esprit, émetteur ;
    Ainsi donc la fécondation s’est transmise par de saintes ondes.
    Avec bien plus de collectrices, aurait été plus prometteur
    Un flot d’expérimentations en sauveurs partout à la ronde.

    Marie avait bonne fréquence, si j’en juge du résultat,
    Pour capter la bonne émission venue au-delà des nuages.
    Le germe traduit en séquences, déployées en ondes delta,
    A fait preuve de « spermission » si vous me permettez l’image.

    Marie-les-ondes, la bien nommée, serait donc mère par transmission ;
    Ce qui explique une fois pour toute l’opération du Saint-Esprit.
    Quant à lui faire une renommée de déesse en compromission,
    Le débat sème encore le doute chez certains hommes avec mépris.

    Illustration de Yuko Rabbit sur https:www.cuded.comdigital-paintings-by-yuko-rabbit?ssp_iabi=1676447831639 .

  • La gardienne quadrangulaire

    Suite de « La gardienne triangulaire »

    Par sa fonction triangulaire, elle devint quadrangulaire ;
    Une promotion méritée auprès des oracles secrets.
    Elle trônait, les seins pendulaires, en position spectaculaire
    Comme une déesse héritée d’une mythologie sacrée.

    De cercles en triangles isocèles et de tous les quadrilatères,
    Sortant de sa méditation, la gardienne avait pris du grade.
    Désormais la jeune pucelle émergeant des eaux de la Terre
    Possédait l’accréditation pour les prédictions rétrogrades.

    Les seins à moitié immergés me regardaient au fil de l’eau
    Et laissaient de ses yeux perler des larmes de lait nourricières.
    Je sentis mon cœur diverger et mon âme partir à vau-l’eau
    Lorsqu’elle se mit à parler d’une intonation outrancière :

    « Toi qui ose me déranger par tes rêveries intrusives,
    Sache que je pourrais t’enfermer dans un carré d’hypothénuse !
    Mais puisque tu es étranger à mes exigences exclusives,
    Dès lors je peux te confirmer que désormais je suis ta muse ! »

    Tableau de Leonor Fini.

  • Le rose et le bleu

    Le rose et le bleu

    Le cœur et la raison ont chacun leur couleur.
    Supposons le cœur rose et la raison azur,
    Puis tentons l’expérience de ces tons roucouleurs
    Avec deux amoureux au fur et à mesure.

    L’homme a toute sa raison, du moins jusqu’aux épaules
    Et son corps s’abandonne du cœur jusqu’aux talons.
    Mais l’esprit féminin, réfugié aux pôles,
    Laisse l’amour envahir son corps par l’étalon.

    Ainsi la femme pense surtout avec le cœur
    Lorsque l’amour l’inonde de manière poignante.
    Quant à l’homme, l’esprit veut demeurer vainqueur
    Cependant sa conquête en est la vraie gagnante.

    Illustration d’Enki Bilal sur https:www.passion-estampes.comproduits-derives-artistiquesindexbilal.html .

  • Les faux airs de Léo & Mona

    Léonard était un faussaire et Mona Lisa sa complice ;
    Leurs soi-disant photographies n’étaient que peintures banales.
    Ces deux lascars embarrassèrent les galeristes et la police
    Les cita, pour reprographie, à comparaître au tribunal.

    Lorsqu’il s’avança au prétoire pour remettre les choses au net,
    Il fit une bonne prestation pour sa défense et c’est ainsi
    Qu’il a dit qu’ « Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet
    Surtout lorsque les citations sont signées Léonard de Vinci ! »

    (Bien entendu, la 1ère photographie de l’Histoire a été réalisée par Joseph Nicéphore Niépce en 1826.
    Cela dit, la Nature pratique cet art depuis des millénaires en fixant l’ombre des arbres sur le sol.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’obseinsion

    L’obseinsion

    Toute obsession du mamelon commence, nous nous en doutons,
    Par la poitrine nourricière, véritable nectar des dieux.
    Plus tard, la rondeur d’un melon et son pédoncule en bouton
    Éveillera l’envie outrancière de rallier le sein glandilleux.

    Suivez la flèche du regard des mamelles qui observent en face
    L’amant qui retrouve le sens qu’il a perdu depuis l’enfance.
    Qu’il est bon de se perdre, hagard, dans cette moelleuse interface
    Pour en respirer toute l’essence du corps féminin, sans offense !

    Le bébé connecté au sein fait toujours partie du réseau
    Auquel l’humanité relie tout l’héritage de sa lignée.
    Plus grand, il mettra à dessein ce qui fait de lui le roseau
    Pensant qui devient aveuli à cette obseinsion désignée.

    Illustration de Lorenzo Mattotti sur http:lorenzomattotti.blogspot.compillustrations.html .

  • Le sens de l’amour

    Si le sens de l’amour existe, il doit suivre la pointe du sein
    Vu qu’il est en forme de flèche ciblant le mâle triomphant
    Dont l’œil du phallus, plus sexiste, lorgne plutôt vers son bassin
    Sauf s’il se montre un peu revêche à lui fabriquer des enfants.

    L’amour n’est pas en ligne droite mais tout en courbes quant aux meufs
    Et Cupidon lance ses flèches avec empennage voilé.
    Mais cette technique maladroite dessine des soixante-neuf
    Et nos deux amants tête-bêche ne savent plus trop où aller.

    Illustrations de Lorenzo Mattotti sur http:lorenzomattotti.blogspot.compillustrations.html .

  • Et tout recommencer !

    Et tout recommencer !

    Si je devais recommencer et pouvoir choisir à la carte,
    Je resterais d’abord heureux comme un poisson dans l’au-delà,
    Puis suivrais la voie romancée que toutes les religions écartent
    En optant pour un chaleureux corps de félin au walhalla.

    Puisque choisir, c’est renoncer, j’explorerais toutes les pistes ;
    Pourquoi pas devenir sirène et rester dans mon élément ?
    Puis un ange viendrait m’annoncer qu’il ferait de moi une harpiste
    Et me produirait dans l’arène pour un public plutôt clément.

    Tour à tour, je m’incarnerais dans tous les animaux du monde,
    Jouant plus souvent de gibier que de prédateur sanguinaire.
    Sans doute je m’épargnerais la création la plus immonde
    Qui fait de la Terre un bourbier au bout de quelques millénaires.

    Tableau d’Evgeni Gordiets.

  • Le petit prince lunatique

    Le petit prince lunatique

    La face cachée de la Lune serait tout envahie de roses
    Depuis qu’un certain petit prince y aurait un jour fait escale.
    Par quelques graines inopportunes, quelques comètes qui les arrosent
    Et des vents solaires qui rincent plus l’aide d’un agneau pascal.

    Lorsqu’un jour il est revenu à la demande du renard,
    Il a vu les roses éclatées et disséminées dans l’espace
    Par la floraison obtenue grâce à trois anges goguenards
    Dont les exploits sont relatés par les étoiles en messe basse.

    Quarante jours, quarante nuits, on a ramassé des pétales ;
    Certains écrits parlent d’un déluge ou d’une inondation florale.
    Quoi qu’il en soit, cela ne nuit en rien à l’histoire fatale
    Car le prince a trouvé refuge dans une roseraie littorale.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Femmes-fleurs au gré des vents

    Par des vents venus d’occident et qui ont traversé les mers,
    Des flots de graines immigrantes viennent se chercher un foyer.
    Un peu de pluie par accident, un peu de soleil éphémère
    Offrent une manne équilibrante qui va les aimer, les choyer.

    Aussitôt les tiges fleuries, toutes ensemble se mettent en transe
    Au moindre souffle ou courant d’air qui leur rappelle leurs origines.
    De jour en jour, la soufflerie excite les fleurs à outrance
    Comme les amours légendaires de cent mille fées sauvagines.

    Par des vents arrivés d’orient qui ont franchi les continents,
    Des semences d’autres essences vagabondent dans l’air rebelle.
    Par ce concours luxuriant, anciens et jeunes s’acoquinant
    Nous enrichiront de naissances en femmes-fleurs encore plus belles.

    Tableaux d’Audrey Kawasaki http:audreykawasaki.blogspot.com201408my-hirari-hirari-show-at-merry-karnosky.html#more .

  • Femmes-fleurs au gré du temps

    La jeune fille à peine éclose fleurit un matin de printemps
    Humide en perles de rosée, un collier précieux d’eaux célestes
    Dont chaque goutte tombe, explose sur ces butineurs s’apprêtant
    À goûter son cœur arrosé du nectar dont ils la délestent.

    La jeune femme épanouie s’ouvre sous un soleil d’été
    Aux abeilles et aux papillons qui vont lui féconder le cœur.
    Si au soir elle s’évanouit après de trop longues tétées
    À l’aube après son roupillon, elle renaît par l’astre vainqueur.

    La femme mûre aux fruits charnus attire oiseaux de toutes sortes
    Qui retransmettront à la Terre ses graines d’enfants assumés
    Qui, par des chemins biscornus ou par le vent qui les emporte,
    Deviendront l’image planétaire de la femme-fleur parfumée.

    Tableaux d’Audrey Kawasaki https:www.audkawa.com2017 .

  • Métro boulot robot

    Métro boulot robot

    Depuis des années, on s’échine du matin au soir à ramer
    Et au final, on nous repousse notre retraite jusqu’au tombeau.
    Nous étions déjà des machines judicieusement programmées ;
    Il a suffi d’un coup de pouce pour faire de nous des robots.

    Une puce au commencement pour payer sans argent liquide,
    Puis des organes bioniques greffés au corps mis en travaux.
    Ensuite l’ensemencement d’enfants-éprouvettes insipides
    Et le processeur ironique qui a remplacé nos cerveaux.

    Aujourd’hui c’est la panacée, tous nos désirs sont décidés !
    On nous dit ce qu’il faut aimer notamment la modernité :
    Un libre arbitre cadenassé, la liberté invalidée,
    L’existence en circuit fermé et tout ça pour l’éternité.

    Tableau de Waldemar von Kazak sur demotivateur.frarticlewaldemar-von-kazak-illustrations-surrealistes-7626amp .

  • La galerie des portraits

    La galerie des portraits

    Strawberry fields forever
    Dans la galerie des portraits des présidents de l’Élysée,
    Il y a ceux qui montent ou descendent et celui qui traverse la rue
    En se prenant pour un Beatle sortant des studios d’Abbey Road
    Pour aller ramener sa pomme ou plutôt sa fraise à Bridget.
    Tonton & Macrou
    Dans la galerie des portraits qui figurent sur les pages de garde
    Des albums des inénarrables aventures du Président,
    On croise ceux qui réussissent ainsi que ceux qui ne sont rien
    Surtout s’ils viennent d’une gare, en gilet jaune, non-vaccinés.
    Faubourg Saint-Honoré
    Dans la galerie des portraits du trombinoscope politique,
    Sont honorés tous les élus promus au paradis fiscal.
    Portraits fictifs ou corrompus aux visages à la peau de vin
    Et photos de marionnettes qui vivent aux frais de la princesse.

    Illustration de Hannah Perry.

  • La passion du poisson

    La passion du poisson

    Ciel ! Nous sommes déjà vendredi, je ne vois plus passer le temps
    Depuis que je voue ma passion promise à la pisciculture.
    Même si je me contredis en mangeant les plus excitants ;
    Princes des mers, rois des poissons voire Neptune en miniature.

    Est-ce un petit péché mignon que ma pêche miraculeuse
    Qui n’est sans doute pas végane mais inscrite à l’écologie ?
    J’aime parmi les plus trognons, surtout les carpes savoureuses,
    Qui sont muettes mais dont l’organe donne le thon dans mon logis.

    Collage d’Eugenia Loli sur https:www.shockblast.neteugenia-loli-worx .

  • La sirène au chant troublé

    La sirène au chant troublé

    Pour sa vision périscopique, la sirène nage entre deux eaux
    En laissant juste dépasser deux yeux pour scruter les bateaux.
    Son troisième œil, télescopique, agit à l’instar des oiseaux
    Binoculaire et espacé doublés d’une voix vibrato.

    Ainsi poussé par les courants sur la surface ondulatoire,
    Le chant troublé de la sirène, en tessiture subliminale,
    Gagne en puissance en parcourant de manière superfétatoire
    La distance de la carène à la chanteuse libidinale.

    À chaque perle du collier, une victime à son actif
    Et sur trois rangs, un génocide parmi les gars de la marine.
    Ainsi, sans vouloir la spolier de son bel organe attractif,
    Il serait bon qu’on élucide une protection en sourdine.

    Tableau de Jonny Ruzzo.

  • Les noces de terre cuite

    Les noces de terre cuite

    Noces de bois, noces d’étain, de porcelaine ou d’émeraude ?
    J’aimerais des noces de Terre quand le moment sera venu
    De faire partie des éteints qui montent au ciel et qui rôdent
    Dans un paradis de mystère où leurs âmes sont les bienvenues.

    Noces d’argile ou de faïence, de glaise ou bien de terre cuite
    Pour célébrer mon mariage avec mon foyer tellurique.
    La réunion des deux consciences virile et féminine induites
    Qui participent au grand voyage des entités allégoriques.

    Sculpture de Salvatore Rizutti.

  • Une gorgée de pur bonheur

    Une gorgée de pur bonheur

    Puisqu’il est bon pour la santé de bien boire et bien respirer,
    Je vous propose de trinquer avec une coupe d’amour frais.
    Bien sûr, pour s’en innocenter il faut, de manière inspirée,
    Dire que ça va nous requinquer même si tout cela n’est pas vrai.

    Alors à la santé des femmes qui nous font découvrir l’ivresse
    Des cinq sens idéalisés par la vue de la pastourelle,
    Puis le goût dont le cœur s’affame, le toucher sensible aux caresses
    Et l’odorat érotisé de phéromones corporelles.

    Quant à l’ouïe, c’est le calice qui nous fait boire ses paroles
    Dont l’amour abreuve la bouche lorsque la « chose » est consommée.
    Le sixième sens, sans malice, fait passer à la casserole
    Les meilleurs morceaux sur une couche jusqu’à c’ que tout soit consumé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le fantôme de Jane Marple

    Le fantôme de Jane Marple

    Ne tremblez pas mais je me dois de vous raconter l’atmosphère
    Quand Miss Marple fut abattue d’un coup de couteau dans le dos,
    La police était à deux doigts de renoncer à cette affaire
    Lorsque soudain, toute courbatue, elle sortit de derrière le rideau.

    Ou plutôt c’était son fantôme en silhouette évanescente
    Qui reprit au début l’enquête juste vêtue d’un drap de lit.
    Elle put observer l’hématome de sa blessure opalescente
    En prenant dans les bras sa tête pour noter le corps du délit.

    Bien sûr, l’assassin démasqué n’était autre que le jardinier
    Désespéré de demander d’épouser celle qu’il aimait.
    Le malheureux estomaqué se pendit à un marronnier
    Où il grava pour s’amender un cœur « Jane & John à jamais ! »

    La source de cette image est partie en fumée.

  • Le retour des cigognes

    Le retour des cigognes

    Les rêves écrits sur le papier – du moins quand je me les rappelle –
    Reviennent la nuitée suivante sous la forme d’origamis.
    Et plus j’en aurai recopiés, plus ils arriveront à la pelle
    En offensives récidivantes dans des cauchemars ennemis.

    Ainsi le retour des cigognes dont j’ai signé quelques poèmes
    Reviennent comme avions de papier envoyés d’ateliers ouzbeks.
    Et je vous le dis sans vergogne, dans mon rêve, au départ bohème,
    S’ensuit une vraie course à pied pour éviter leurs coups de bec.

    Tableau de Lisandro Rota sur http:www.lisandrorota.itgalleria-2-dal-2003-al-2010 .

  • Cor et Alpes dédiés

    Le cor des Alpes est à l’honneur et les habits de tradition.
    Même les vaches prêtent leurs cloches dans toutes les collectivités.
    C’est une journée de bonheur à célébrer en addition
    Avec costumes et galoches aux couleurs des festivités.

    Initialement utilisé pour communiquer à distance
    Dans les montagnes et les vallées, on le trouve aussi en Autriche.
    Les coutumes ont mobilisé cet instrument de circonstance
    Dont les sons graves ont cavalé pour sonner d‘un ton des plus riches.

    Il est difficile à jouer malgré sa facture triviale
    Mais il a conservé sa forme originelle au fil des ans.
    Le public toujours enjoué d’écouter ses notes joviales,
    L’admire et le trouve conforme à l’esprit suisse paysan.

    Images traditionnelles du 1er août en Suisse.

  • Et flotte la croix blanche !

    Hissez-haut le drapeau carré sur les montagnes éternelles,
    Sur le Cervin, sur le Pilate, Mont Rose, Jungfrau et la Dent Blanche !
    Venez fêter et préparer la célébration fraternelle
    Sur les sommets où l’on relate les plus formidables avalanches !

    Sur un fond rouge, la croix blanche ondule sur les mers de glaces
    D’où les eaux un jour couleront dans les vallées entrelacées.
    Dans tout le pays se déclenchent des feux artifices sur les places
    Des villages où roucouleront Suissesses et Suisses enlacés.

    Des lacs Léman, Quatre-cantons, Neuchâtel, Zürich et Constance,
    Tous les gréements claquent au vent aux airs de l’hymne national ;
    Cantique que nous, terriens, chantons pour ses paroles de circonstance
    Parlant d’une paix s’élevant du sud au septentrional.

    Images traditionnelles du 1er août en Suisse.

  • Du pacte à l’acte

    Du pacte à l’acte

    Le premier août, on commémore le Pacte fédéral signé
    Par Uri, Schwytz et Unterwald en mille-deux-cent-quatre-vingt-onze
    Pour renouveler l’alliance et se promettre vœu d’assistance
    Et protéger les trois cantons contre menaces et agressions.

    « Les trois Suisses » ont prêté serment de se libérer des Habsbourg
    Là, sur la prairie du Grütli, sur le lac des Quatre-Cantons.
    La célébration officielle se déroule en ce lieu mythique
    Où le discours du président harangue toute la nation.

    On joue dans de nombreux endroits l’histoire de Guillaume Tell ;
    Son tir d’arbalète sur la pomme placée sur la tête de son fils.
    Ce héros légendaire suisse aurait vaillamment résisté
    Au bailli fourbe et impérial qui oppressait les habitants.

    Images traditionnelles du 1er août en Suisse.

  • Premier août

    Si toi-z-aussi, tu es frustré d’avoir loupé l’quatorze juillet,
    Viens donc en Suisse pour brandir le drapeau neutre et interlope !
    Tu pourras ici t’illustrer, sentir tes cheveux frétiller
    Et humer les Alpes grandir, hissé sur le toit de l’Europe.

    Si toi-z-aussi, tu es déçu de la promiscuité des plages,
    Viens goûter les lacs de montagne célèbres pour leurs eaux limpides !
    Ici, des baigneuses fessues te proposeront l’accouplage
    Avec les meilleures compagnes sauf si tu te montres timide.

    Si toi-z-aussi, tu es spolié des monts et des vallées françaises,
    Viens escalader le Cervin qu’on appelle ici Mattenhorn !
    Viens donner un coup de collier et développer ton ascèse
    Avec cochons, ovins, bovins et toutes les bêtes à cornes !

    Images traditionnelles du 1er août en Suisse.

  • Chaudes Augustine

    En août viennent les Augustine après juillet et ses Juliette
    Qui m’ont charmé un peu, beaucoup puis finalement pas du tout.
    La chaleur malgré ses rustines a fini dans les oubliettes
    Et l’été a marqué le coup en perdant ses meilleurs atouts.

    Adieu Juliette et Augustine, bonjour les vierges de septembre
    Habillées de la tête aux pieds puisque l’automne est avancée.
    Nos amours seront clandestines dans l’intimité d’une chambre
    Mais nous brûlerons comme il nous sied nos cœurs en flammes romancées.

    Tableaux de Carlos Leon Salazar sur http:carlosleonsalazar.blogspot.com .

  • Les rêves intrusifs

    Souvent mêmes rêves reviennent à celuicelle qui n’a pas compris
    Et qui se repasse le sketch en boucle de façon contiguë
    Jusqu’à ce qu’enfin ilelle parvienne à décider sans parti pris
    Son chemin tissé dans du stretch bien arrondi aux angles aigües.

    Le gros chat-chagrin du matin avec le désespoir du soir
    Planent comme un nuage lourd qui lela menace trivialement
    Tandis que, des draps de satin, s’approche l’ange qui va surseoir
    Au choix pertinent ou balourd mais qui est le bon, finalement.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • Les rêves récursifs

    Quelquefois un fil conducteur unit un rêve aux précédents
    Comme un soupçon de déjà-vu sur des mémoires outrepassées.
    Ce lien récursif séducteur donne l’illusion d’antécédents
    Rapprochés par la longue-vue de l’inconscient sur son passé.

    Mais le songe, trompeur et menteur, peut très bien inventer ce lien
    Et faire croire à un historique de précédents inexistants.
    Ce mécanisme tourmenteur cause alors un choix cornélien
    Sur l’origine théorique de toute la structure du temps.

    Ainsi j’avance sur un fil tendu au fur et à mesure
    Alors que je crois publier la suite de mon feuilleton.
    Sans doute les rêves chronophiles aiment laisser une césure
    De l’un à l’autre sans oublier d’en occulter mon œilleton

    Sans doute l’une des trois Parques m’observe déroulant mon fil
    Comme un rat de laboratoire dans son dédale de misère.
    Elle doit attendre que je remarque l’indice du tintinophile
    Comme l’errance giratoire des deux Dupondt dans le désert.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • Chaînes d’amour

    Le mariage est une chaîne imaginaire et extensible
    Qui part d’une moitié du lit jusqu’à son autre extrémité.
    Passions et amours s’y déchaînent ainsi que les sujets sensibles
    Qui règlent les moindres délits sur l’oreiller un peu mité.

    Le précipice des chambres-à-part ne fait que prolonger le lien
    Et l’on passe du bouche-à-oreille aux messages et aux SMS.
    Seuls les petits désirs épars reviennent sur le choix cornélien
    D’avoir, à nulle autre pareille, rempli et tenu ses promesses.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • Je suis tout le monde

    Comment passer inaperçu quand on est nu et dépourvu
    De cette étoffe des héros qui habille les toréadors
    Selon comment l’on est perçu, avant-gardiste ou m’as-tu-vu,
    Par les regards collatéraux issus d’une foule qui dort ?

    Je me dis « je suis tout le monde ! » ; je deviens chaque spectateur
    Qui s’observe, dans un miroir, nu comme s’il venait de naître.
    Aussitôt à la même seconde, j’en suis l’unique observateur
    Et je m’extrais de ce mouroir en me jetant par la fenêtre.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • Correspondance langoureuse

    Correspondance langoureuse

    Pour trouver marin à son goût, elle décide de voyager
    Dans une bouteille à la mer, un mobil-home bienséant.
    Il lui faudra du premier coup trouver l’adresse apanagée
    D’une piscine bleu-outremer, vue imprenable sur l’océan.

    Comme j’habitais à Marseille une maison en bord de mer,
    Elle jeta son dévolu sur ma villa « le Montfaucon ».
    Bien que ma prudence conseille d’éviter la pilule amère,
    Après une année révolue, j’ouvris le mystérieux flacon.

    De l’amour je connus l’ivresse car elle m’a dévoré le cœur
    Qui, tel le foie de Prométhée, ressuscite au soleil levant.
    Elle le croqua avec tendresse et en absorba la liqueur,
    J’en éprouvai l’ébriété d’un orgasme des plus émouvants.

    Illustration de Gretel Luski sur gretlusky.com .

  • Correspondances amoureuses

    Correspondances amoureuses

    Comme elle n’a plus vu de marin depuis bien longtemps maintenant,
    Elle ouvre une correspondance, bouteilles jetées à la mer.
    Encre au parfum de romarin, joli papier, beau contenant,
    Elle espère bien faire bombance de beaux matelots doux-amers.

    Au centre de tri des sirènes, les receveuses sont perplexes…
    « Tout ce courrier exagéré va nous rameuter trop de monde ! »
    Elles prennent conseil de leur reine qui les retourne sous prétexte
    Que les bouchons sont altérés et rendent l’encre nauséabonde.

    Tout son courrier est renvoyé avec une carte costale :
    « Aucun destinataire n’habite à l’adresse lue sur l’étiquette. »
    Contre les postières employées et leur maudite censure postale,
    Malgré sa déception subite, elle n’enverra nulle requête.

    Illustrations de Gretel Luski sur gretlusky.com .

  • Chagrin d’amour perdure autant

    Elle a tendance à s’isoler dans la protection de sa bulle
    Pour s’y laisser mourir d’amour suite à sa fracture du cœur.
    Elle se forge un mausolée où des Cupidons somnambules
    Viendront pleurer son désamour et s’en lamenteront en chœur.

    Dans la bulle, une petite voix résonne au plus profond de l’âme :
    « Le cœur ne fait pas de faux pas, il évolue, tout simplement.
    Ce n’était pas la bonne voie, mais sur d’autres brille la flamme
    De personnalités sympas dont l’une est ton prince charmant ! »

    Enfin un jour la bulle éclate, le cœur entre en convalescence,
    Il suit sa rééducation, il panse et soigne ses blessures.
    Toutes les amours le relatent : après la mort, la renaissance
    Et arrive une relation qui rétablit et qui rassure.

    Illustrations de Gretel Luski sur gretlusky.com .

  • Chagrins d’amour ne durent qu’un temps

    Mieux vaut souffrir que ne pas souffrir du tout.
    Bien que l’amour soit une force, on ne peut pas forcer l’amour
    Car l’amour par définition n’existe que s’il est partagé.
    Quand un chagrin griffe l’écorce du cœur qui bat d’un rythme lourd,
    Il en oublie la punition et s’en retrouve encouragé.

    Les flèches du Cupidon.
    Laisse donc Cupidon planter dans ton corps ses flèches adressées
    Car ton cœur fait feu de tout bois et devient de plus en plus fort !
    Mais ne te laisse pas supplanter par ton amour-propre blessé ;
    Ce n’était pas la bonne voie, demain tu feras plus d’efforts !

    Un « non » les fâchera sans doute mais tu resteras libre.
    Quand l’amour devient ton gardien, ton isolement, ta prison
    Alors l’annonce d’une rupture devient clef de ta liberté.
    Tu as tranché le nœud gordien qui contractait ton horizon
    Et désormais, c’est l’aventure pour un amour de vérité.

    Illustrations de Gretel Luski sur gretlusky.com .

  • Marianne sans-culotte

    Marianne sans-culotte

    Finalement rien ne saurait contrevenir à sa tenue
    Si ce n’est un laisser-aller au niveau du mont de Vénus.
    Et si un rien améliorait la provocation obtenue
    Ce serait un pubis halé d’un joli bronzage en bonus.

    Si Marianne est sans-culotte depuis que la révolution
    L’a érigée dans les mairies, sa croupe en est bien l’héritière.
    Hélas seule une poitrine pâlotte nous en donne l’évocation ;
    J’eusses aimé que notre égérie nous soit présentée tout entière.

    Il lui faudrait un président qui sache bien lécher les bottes
    Et lui pourlécher, au milieu, les partis beaucoup plus intimes.
    Mais pour trouver ce résident, où faudrait-il qu’on le dégotte ?
    Au centre, en province, en banlieue ou dans chez couples illégitimes ?

    Sasha Grey vue par James Jean sur juxtapoz.comnewssasha-grey-through-the-eyes-of-james-jean .

  • Mais où est passé le quatorze juillet ?

    Mais où est passé le quatorze juillet ?

    Ils sont arrivés sans retard, les français sur les boulevards
    Pour entonner la Marseillaise et voir passer l’armée française.
    Hélas sur les Champ Élysées, les gens ont dû tous baliser
    À se voir ainsi refoulés par des gendarmes encagoulés.

    Je suis d’accord sur le principe quand tout le monde participe ;
    Ainsi, j’entonnais Boris Vian devant le flot stupéfiant
    De ces spectateurs amassés en train de se faire tabasser
    Par ceux qu’ils étaient venus voir, les forces de l’ordre au pouvoir :

    « … On n’est pas là pour se faire engueuler, on est là pour voir le défilé !
    On n’est pas là pour se faire assommer, on est venu pour voir le défilé !
    Si tout le monde était resté chez soi ; ça ferait du tort à la République ! »
    Laissez-nous donc qu’on le regarde … »
    … et, s’il vous plaît, baissez la garde !

    Tableau « La rue Montorgueil » de Claude Monet et extrait d’une chanson de Boris Vian.

  • Les baignoires communicantes

    Les baignoires communicantes

    Au temps où j’vivais à Marseille, les WC trônaient aux balcons,
    Les uns sous les autres empilés comme des lits superposés.
    Je m’imaginais, ô merveille, des salle-de-bains, d’un genre abscons,
    Avec tuyauteries enfilées et les baignoires surexposées.

    J’aimais rêver de mes sirènes chantant dans leurs bains à étages
    Pêchant l’auditeur à la ligne, ferrant poisson ou gros pigeon.
    Je m’serais lancé dans l’arène, compétiteur du toilettage,
    Frottant le dos à ces malignes en tant que roi du badigeon.

    Cell’ du premier, exploratrice jouerait souvent au sous-marin ;
    Au deuxième une reproductrice guett’rait son mâle aux alentours ;
    Au troisième, une cantatrice siffl’rait un Pinot du Bas-Rhin ;
    Au quatrième, une lectrice ; serait celle aux plus beaux atours.

    Illustration de Marija Tiurina.

  • La tante Marinette

    La tante Marinette

    Une sirène marseillaise aurait vécu dans les calanques
    Et galvanisait les pêcheurs avec l’accent approprié.
    Elle vivait sur les falaises mais le matin quittait sa planque
    Pour faire mousser la fraîcheur de ses poissons à la criée.

    Ainsi ma tante Marinette, célèbre figure locale,
    Côtoyait César et Panisse au bon temps du pont transbordeur.
    Ceux qui l’appelaient « Ma Reinette » faisaient partie de l’amicale
    De cette boisson à l’anis qui fait les propos brocardeurs.

    Quoi qu’il en soit, la Marinette était authentique sirène
    Qui péripatait le vieux-port pour arrondir ses fins de mois.
    Maîtresse-queux de la sardinette en toutes matinées sereines,
    Elle gagnait, sous tous rapports, bien davantage que vous et moi.

    Tableau de Laura Sava.

  • Cette bulle hermétique

    Cette bulle hermétique

    Je crus voir courir sur la table une drôle de bestiole rose ;
    Je rabattis vivement mon verre afin de capturer la bête.
    Mais de peur que l’épouvantable insectoïde ne se nécrose,
    Je libérai de son calvaire celle qui agitait ses gambettes.

    C’était une fille mignonnette de la grandeur d’une schtroumpfette
    Mais toute rose et toute mince et qui n’cessait d’gesticuler.
    Par le grand bout de ma lorgnette, elle me parut stupéfaite
    De devoir retourner à pinces sans pouvoir être véhiculée.

    « J’ai eu une panne de soucoupe tandis que j’explorais la Terre
    Et n’ai pas trouvé de diesel alentour où ravitailler. »
    Et bien que cela me la coupe, je me suis porté volontaire
    Pour la reconduire chez elle et puis… je me suis réveillé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tempête Rose

    Tempête Rose

    Tempête dans la roseraie ! La jardinière est hystérique
    Car son amoureux a osé lui offrir un bouquet de roses.
    Jamais elle n’a cru qu’il oserait autant de gaffes pléthoriques
    À lui en donner la nausée, découragement et névrose.

    Depuis deux mois, tous les matins il lui fait livrer un bouquet
    Qu’elle revend dans sa boutique étant donné qu’elle est fleuriste.
    C’est à en perdre son latin et il faut croire qu’il est toqué
    À la faire tourner en bourrique comme un Cupidon terroriste !

    D’ailleurs, c’est bien tant pis pour lui car hier matin un Roméo
    Est venu lui offrir un pot à la terrasse d’un bistrot.
    Puis un joli vase de nuit, un soliflore, un pot-à-eau
    Dans lesquels elle, fort à propos, a disposé ses roses en trop.

    Illustration de Tran Nguyen sur https:mymodernmet.comfantasy-art-colored-pencil-drawings-tran-nguyen .

  • Des ronds dans un monde carré

    Des ronds dans un monde carré

    Lorsqu’on est carré en affaires, on aime bien les comptes ronds
    Comme les femmes dont carrément on préfère plutôt les rondeurs.
    Tout tourne autour de notre sphère avec des formes aux environs
    Arrondies pour notre agrément ou anguleuses en profondeur.

    Imaginez-la, seins carré, fesses parallélépipédiques
    Et tout le reste structuré d’angles droits pythagoriciens !
    Adam se serait vite barré, laissant cette Ève orthopédique
    Au créateur conjecturé d’être un peu trop théoricien !

    Photo de Katerina Belkina.

  • La bible à l’envers

    La bible à l’envers

    Satan, dans la bible à l’envers, a dit « Que les ténèbres soient ! »,
    Puis créa l’homme à son image afin que triomphe le mal.
    À l’aide de démons pervers – apogée diabolique en soi –
    Il fit la femme pour rendre hommage à son goût inné pour le mâle.

    Ainsi tout ce que l’homme a fait – ou tout au moins qu’il a mal fait –
    Résulte de la volonté du Dieu maudit qui l’a créé
    Cela implique que l’imparfait – que j’en sois ou non stupéfait –
    Est, dès le début, escompté par ce diable qui l’a agréé.

    Évidemment tout cela est faux, je l’ai lu à la fin du livre
    Au psaume où il est affirmé que Dieu mentait comme il respire.
    Mais là, je l’ai pris en défaut car malgré tout ce qu’il délivre,
    Un menteur ne peut confirmer à quelle vérité il aspire.

    Poster de cérémonie maçonnique.

  • Marie aux lys

    Marie aux lys

    Marie aux lys est formidable lorsqu’elle s’offre à moi en bouquet,
    En robe des champs, déboutonnée ou en boutons, pareillement.
    Et dans son calice insondable, sépales et pétales au taquet,
    Sous les étamines moutonnées, pour m’offrir l’émerveillement.

    Marie aux lys fleure un arôme qui alloue l’oubli à l’ivresse
    Et le plaisir des sens s’étire tandis que le temps se suspend.
    J’en ai découvert le syndrome lorsque ses fragrances m’agressent
    Et me transforment en satyre qui met ma raison en suspens.

    Photo de Louis Treserras sur https:www.artlimited.net8775artphotographie-marie-aux-lys-numerique-gens-portrait-femmefr420270 .

  • À cœur brûlé, encore et encore

    À cœur brûlé, encore et encore

    Encore une fois, un cœur brisé peut connaître à nouveau l’amour ;
    Le cœur brûlé par les passions peut encore renaître de ses cendres.
    Après cent vies électrisées, l’âme possède un sens de l’humour
    Qui la fera, par compassion, mille fois monter pour redescendre.

    Mais les hommes au cœur terre-à-terre cherchent encore la solution
    En entrechoquant deux silex, un peu benêts et l’air couillon.
    Un cœur aux pierres réfractaires marquerait une révolution
    Par une femme au cœur de pyrex qui mettrait l’homme au court-bouillon ;

    Tableau de Christian Schloe.

  • Ceci n’est pas un édelweiss !

    Ceci n’est pas un édelweiss !

    D’édelweiss je n’ai point trouvé mais juste une fleur de bonheur ;
    J’aurais voulu t’offrir pourtant la célèbre étoile d’argent
    Mais un ange a dû approuver qu’il valait mieux te faire honneur
    Avec la fleur rose écourtant tes charges en les partageant.

    Avec la marguerite rose, plus de pensée ni de souci
    Afin que le jour qui parait soit le meilleur jour de ta vie.
    Motus sur les journées moroses ! La pâquerette radoucit
    Le temps qui passe, le temps qu’il fait comme deux miroirs en vis-à-vis.

    Effeuille-la si tu le veux et murmure-lui ton souhait
    À chaque pétale arraché comme on soulage sa conscience.
    Le lendemain, selon ton vœu, tu verras le ciel se vouer
    À son devoir et s’attacher à entretenir ta patience.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La Gorgone

    La Gorgone

    À sa culotte de cheval, on reconnaît bien la pouliche
    Et à sa cervelle d’oiseau, on se rappelle la demoiselle.
    À ses jolies mamelles ovales, on identifie la bibiche
    Et à l’allure de ses naseaux, on se souvient de la gazelle.

    Car à l’instar du Minotaure, moitié homme et moitié taureau,
    Je vous présente la Gorgone, moitié femme et moitié jument.
    Une cousine des centaures dont les fesses et les pectoraux
    Étaient célèbres dans l’hexagone sur les fresques et les monuments.

    Tableau de James Guppy.

  • Cornes de bouc et mille sabots !

    Cornes de bouc et mille sabots !

    On l’appelle aussi la diablesse, Desdémone ou bien Belle-Zébute
    Et malgré les poils sur ses jambes, elle fait partout des ravages.
    Son père était d’haute noblesse, connu comme roi de la culbute
    Et sa mère, une chèvre ingambe, altière grimpeuse et sauvage.

    Sœur du non moins célèbre Pan, elle n’en est pas moins nymphomane
    Et court les bois à la recherche de jeunes mâles aux pieds tendres.
    Elle organise des guet-apens pour abuser des mythomanes,
    Particulièrement les faux-derches qui ne perdent rien pour attendre.

    Tableau d’Aaron Miller.

  • Cérémonie sauvage

    Cérémonie sauvage

    Bleu de nuit sous la Lune, vert émeraude la forêt,
    Rouge sang les lapins, d’or les yeux affolés,
    Ô couleurs opportunes, fluorées, phosphorées,
    Crépuscule là peint à coups de feux follets !

    Une nuit spécifique pour un peintre sorcier
    Qui n’use de couleurs qu’issues du fond des bois
    Mais ce soir mirifiques, sans doute associées
    Aux intimes douleurs d’une Terre aux abois.

    Voyez, frères humains qui vous sentez privés,
    Les vrais fils de la Terre n’ont pas besoin de vous
    Pour préparer demain la prochaine arrivée
    Des vrais propriétaires que Gaïa leur dévoue.

    Tableau de Marina Antonova.

  • Le chat de Schrödinger

    Le chat de Schrödinger

    Alors le chat de Schrödinger, est-il avec nous ou ailleurs ?
    Est-il défunt ou bien vivant, figé dans l’immortalité ?
    S’amuse-t-il d’un air blagueur à nous duper d’un ton railleur
    Avec son mystère captivant au risque d’irréalité ?

    Cet état de vie suspendue doit faire plaisir au minet
    Qui peut ainsi chasser ses proies perversement d’une main preste.
    Et ses victimes prétendues deviennent ainsi contaminées
    Par ce virus qui nous fait croire à la vie, la mort et le reste.

    Le jour occulte son trépas, la nuit nous cache ses atomes ;
    Chaque moment de la journée reste une énigme à l’existence.
    Faut-il lui donner un repas sinon chasse-t-il les fantômes ?
    En fait, il poursuit sa tournée avec totale inadvertance.

    Illustration de Caramurú Baumgartner.

  • Femmes en bleu

    Le Chaperon, entre chien et loup, s’éclipse subrepticement
    Pour rejoindre « vous-savez-qui » au fond des bois sous la pleine Lune.
    Son amant est un peu jaloux de la voir clandestinement,
    Méfiant de prendre pour acquis ces précautions inopportunes.

    Peau-d’âne a le blues du départ ; qui sait ce qui peut arriver
    Au cours des jours avec un père qui se montre si entreprenant ?
    Quand plus de vingt ans vous séparent, l’amour du même sang privé
    Est-il l’existence qu’elle espère malgré l’effet contrevenant ?

    La Belle au Bois-Dormant s’endort pour cent ans et bien plus encore ;
    C’est pour son bien lui a-t-on dit ainsi que pour son avenir.
    Elle fera cent mille rêves d’or sous un dôme autour de son corps,
    Bien à l’abri des maladies, gage des meilleurs souvenirs.

    Cendrillon vient juste de rentrer tout essoufflée après sa course ;
    Désolée, elle est au taquet et s’effondre sur sa paillasse.
    À présent toute concentrée, elle a épuisé ses ressources ;
    « Adieu carrosse, adieu laquais bonjour espoir, salut l’audace ! »

    Tableaux de Richard Burlet.

  • Femmes en rouge

    Le Chaperon se fait du mouron ; l’amant n’est pas au rendez-vous ;
    Sans doute un chasseur à l’affût l’a buté au nom de la loi.
    Tant pis si demain nous mourrons d’amour pour un grand méchant loup
    Dont les histoires font un raffut dans les villages de bon aloi !

    Peau-d’âne se fait du souci ; Papa n’est pas un bon parti ;
    Sans doute le qu’en-dira-t-on alimente aussi les rumeurs.
    Lorsque l’amour sent le roussi, il faut trouver la répartie
    Afin de pouvoir dire non tout en gardant sa bonne humeur.

    La Belle au Bois-Dormant s’inquiète ; comment sera-t-elle dans cent ans ?
    La trouvera-t-on démodée ce jour-là, au premier regard ?
    Car après un siècle de diète – doublé d’anorexie s’entend –
    Sa beauté tout incommodée réclamera beaucoup d’égards.

    Cendrillon se fait un sang d’encre vermillon, rouge incandescent
    Le stratagème du chausson n’est pas le meilleur qui lui sied.
    Toutes les chinoises qui s’échancrent les pieds sous leurs rites indécents
    Peuvent lui chanter la chanson « en amour, fait ce qui te pied ! »

    Tableaux de Richard Burlet.