Catégorie : Blog

Your blog category

  • Zoom sur la sirène

    Pleins feux sur la nouvelle race du nom des « sirènes-sorcières »
    Qui passent d’un coup de balai accompagnées d’un poisson-chat.
    J’en vois voler de ma terrasse par-dessus les voies traversières
    Où se combinent nos destinées entre elles, moi et ma geisha.

    Ma geisha étant japonaise et les poissons-chats des siamois,
    Ces rencontres ne sont ni fortuites ni forcément prévues d’avance.
    Quant à moi, j’en prends à mon aise tandis qu’au-dessus de chez moi
    Tombe une abondance gratuite d’ailes et plumes de jouvence.

    Illustrations de Hiroko Reaney.

  • Autant en emporte le vent d’août

    Autant en emporte le vent d’août

    Pour la fin août, foi d’animal, le temps cumule ses intérêts
    Avec la relance du froid et l’augmentation des orages.
    Le thermomètre, mis à mal, dégringole et l’air atterré
    Nous communique avec effroi qu’il faut nous armer de courage.

    Hélas l’action sur le solaire s’effondre sous le soleil absent ;
    Le fond de l’air paraît malsain avec ses virus sécrétés.
    Le réchauffement planétaire prédit devient embarrassant
    Et l’on ne sait plus à quel saint se vouer pour finir l’été.

    Illustration d’Andrey Popov.

  • À la Porte du Paradis – Robin-des-oies

    Au Paradis, vous le savez, les âmes sont comme les oiseaux ;
    Je suis une oie – plutôt son jars – et j’ai la charge de mes ouailles.
    Et bien qu’ici tout soit pavé d’intentions les plus grazioso,
    Je dois organiser mes gars ; heureusement j’ai de la gouaille.

    Grâce à mes hardis compagnons avec les canards et les cygnes,
    C’est dans les forêts de l’enfer que nous rétablissons nos droits,
    Volant les riches, nous regagnons notre résidence hors ligne
    Et n’avons pas à nous en faire, personne n’en connaît l’endroit.

    Non seulement Sainte-Pierrette a approuvé mes escarmouches
    Mais elle m’indique les crésus qu’elle envoie direct en enfer.
    Avec ma horde guillerette, nos attaques font toujours mouche
    Et nous en rapportons en sus tous les potins de Lucifer.

    Illustration de Giovanni Maisto sur https:designspartan.compresentationles-illustrations-sensuelles-et-surrealistes-de-giovanni-maisto .

  • Des seins qui vous regardent

    Du sommet des deux mamelons, toute l’Histoire me contemple
    Parmi tous les enfantements qui font les civilisations,
    Je vois, comme un mètre étalon, les seins qui m’en montrent l’exemple ;
    D’aréoles qui jouent rondement le rôle d’une irisation.

    Les seins me font tourner la tête comme deux spirales hypnotiques
    qui s’enroulent de la poitrine jusqu’à son téton turgescent.
    Et je propose de faire une fête consacrée aux saintes érotiques
    Qui mettent leurs seins en vitrine devant un public acquiescent.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • À la Porte du Paradis – Sainte-Pierrette

    À la Porte du Paradis – Sainte-Pierrette

    Sainte-Pierrette, fort avenante, à la Porte du Paradis
    Exigeait que les prétendants humblement montrent patte blanche.
    Par bonheur, mon âme prévenante purgée de son corps affadi
    Avait une forme répondant à une oie à robe pervenche.

    Ainsi les âmes après la mort prennent la forme d’un oiseau ;
    J’ai vu des chouettes chevêches, aigles et hérons prédestinés.
    Tous, à l’ombre des sycomores, gazouillons ensemble en réseau
    Évoquant les âmes revêches qui ne sont pas entérinées.

    Ainsi Saint-Pierre, ornithologue, s’occupait de ses volatiles
    Et groupe chaque famille d’âmes selon son espèce légataire.
    Les charognards scientologues au chant dissonant, versatile,
    Sont envoyés par Notre Dame vers l’enfer des contestataires.

    Illustration de Giovanni Maisto sur https:designspartan.compresentationles-illustrations-sensuelles-et-surrealistes-de-giovanni-maisto .

  • À l’horizontale ou à la verticale ?

    Comme le chantait Jean Ferrat qui préférait l’horizontale,
    Les femmes sont ainsi plus aptes à grimper au septième ciel.
    En amour qui vivra verra ses relations sentimentales
    Gagner, si l’attraction s’adapte, selon l’effort incrémentiel.

    Quant au problème vertical lié à la communication,
    On note beaucoup trop de barreaux sur les thèmes les plus bénins.
    Sans doute un conflit radical soumis à la fornication
    Qui laisse l’homme sur le carreau quant au mystère féminin.

    Tableaux de Rafal Olbinski.

  • Femme à lunettes

    Femme à lunettes

    Femme à lunettes, femme à lorgnette qui rira lorsqu’elle verra
    La véritable dimension de votre appareil à plaisir.
    Femme à lunette, femme à vignette qui aussitôt vous renverra
    L’étiquette avec la mention : « une belle occasion à saisir ! »

    Mais gare au retour de bâton si le vôtre n’a pas la longueur
    Ni la puissance nécessaire pour jouer le rôle dans le moteur
    Du septième temps du piston qui détermine avec langueur,
    Par l’explosion, cet émissaire de l’orgasme le plus promoteur !

    Tableau « Amanda » 2003 de John Currin.

  • Bon voyage, Marguerite !

    Avec leurs coupes dans le vent et leurs corps bronzés de soleil,
    Les marguerites de mon cœur seront toujours bien accueillies.
    Les jambes penchées en avant, leurs têtes hautes qui balayent
    D’un regard chargé de vigueur qui parfois même s’enorgueillit.

    Seraient-elles fières et hautaines, ces fleurs des champs présomptueuses
    Qui snobent roses et pivoines, glaïeuls, jacinthes, tulipes et lys ?
    Mais non, on les voit par centaines garnir de façon somptueuse
    Nos prés parmi la folle avoine, coquelicots et pissenlits.

    Marguerite est ma préférée des grands oracles de l’amour ;
    Comme la jolie strip-teaseuse le fait durant l’effeuillement,
    Plus l’impatience est proférée avec suspense mêlé d’humour,
    Plus l’issue sera jouisseuse quand on tombe sur « passionnément ».

    Tableaux de Jonas Peterson.

  • Les vagues du destin

    Souvent les vagues du destin déferlent leurs trésors épars,
    Débris de mémoires étrangères victimes de mésaventures.
    Quelques passagers clandestins, gens du voyage sur le départ,
    Parfois naufragés volontaires, héros en manque d’aventure.

    Fréquemment les vagues ramènent ce que l’on a éparpillé
    Dans l’océan existentiel de plusieurs vies concaténées.
    Tristes souvenirs peu amènes et conséquences écharpillées
    Aux effluves pestilentiels des expériences gangrénées.

    Alors je prie pour que les vagues, après avoir tout englouti,
    Lavent et transforment le substrat en chefs-d’œuvres dignes des beaux-arts.
    Vous pouvez dire que je divague mais j’espère, mon rêve abouti,
    Découvrir le nec plus ultra arrivé bien sûr par hasard.

    Illustration de Hans Christiansen.

  • Ève à la grenade

    Si le fruit de la tentation avait été une grenade,
    Alors tout l’avenir du monde aurait été bouleversé.
    La pomme avec ostentation nous avait mis dans la panade,
    Cependant la grosse baie ronde aurait été plus réservée.

    Ainsi la connaissance acquise aurait patiemment distillé
    Une sagesse au compte-gouttes et Dieu s’en serait tamponné.
    L’excommunication requise aurait été estampillée
    Au rang de faute qui, sans doute, nous aurait été pardonnée.

    Tableaux de Michael Bergt sur https:www.boredpanda.commodern-mystical-paintings?utm_source=google&utm_medium=organic&utm_campaign=organic .

  • Déesse au cinquième temps

    Déesse au cinquième temps

    Selon pays et latitudes, il est des cinquièmes saisons ;
    Été indien aux Amériques ou la mousson aux antipodes.
    Elle a donc plusieurs attitudes ; son cœur ignore sa raison
    Et, d’un naturel chimérique, elle surprend à chaque épisode.

    Elle joue les prolongations, étire les arrière-saisons
    En gagnant toujours du terrain au grand dam de sa subséquente.
    Sécheresse et Inondation l’accompagnent sans comparaison,
    Ses deux enfants adultérins dont elle est mère inconséquente.

    Finalement, il faut le dire, la déesse est stakhanoviste ;
    Elle nous pourrit les printemps, puis les étés et les automnes.
    De plus, on ne peut rien prédire car elle débarque à l’improviste
    Et la météo passe son temps à traquer ses coups qui détonent.

    Tableau « Goddess of Earth » par Amanda CHURCH

  • Amours cachées mais animales

    Amours cachées mais animales

    Il est des amours interdites qui toujours marqueront l’histoire
    Notamment celles d’une licorne et d’un taureau sous les étoiles.
    De cette liaison maudite naquirent tous leurs enfants notoires ;
    Minotaure et chimères à cornes de toutes sortes et de tout poil.

    Ainsi de filles du taureau en fils de la licorne agile,
    Les descendants continuèrent les mariages interlopes.
    Bien loin des principes moraux qui ne sont paroles d’évangile,
    Les créatures évoluèrent en centaures, gorgones et cyclopes.

    Elles n’ont pas vraiment disparu quoique la science le dise
    Mais ont émigré vers les terres de la toundra transsibérienne.
    Parfois s’il vous est apparu d’en croiser une par surprise
    Bénissez cette solitaire d’être restée végétarienne.

    Tableaux de Esben Hanefelt Kristensen http:www.knudgrothe.dkalbum.asp?kunstner=89&vb=3489 .

  • Déesses aux quatre temps

    À chaque saison sa déesse, à chaque déesse son talent ;
    La divinité du printemps d’ailleurs en dispose à son aise.
    Autant elle joue de prouesses, autant ses retards insolents
    Rendent renouveaux éreintants pour la néoglucogenèse †.

    Quand vient l’été, pas de problème pour notre nymphe estivalière
    Qui réserve toujours en avance ses quartiers de villégiature.
    Elle se fait connaître par l’emblème aux fleurs des champs festivalières ;
    Fleurettes de Saint-Paul-de-Vence cultivées en pleine nature.

    Quand vient l’automne monotone, la responsable de la déco
    Doit user de mille stratégies pour égayer le paysage.
    On lui doit ces tons qui détonnent, ambre et rouille qui se font écho
    Dans une sorte d’élégie à la beauté de son visage.

    Comme un capricorne en hiver, elle reste dans sa tour d’ivoire
    Et n’utilise que les vents mêlés de neige pour décorer.
    Elle est la pire dans l’univers de toutes les déesses du devoir ;
    D’ailleurs son titre est relevant de la mort sûre pérorée.

    (Tableaux « Goddess of Earth » par Amanda CHURCH
    † je ne suis pas sûr quant à la néoglucogenèse mais n’étant pas une déesse, je n’en discuterai pas.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Amours célèbres et animales

    Quand deux chevaux furent conviés à partir en lune de miel
    Pour une croisière animale, ils y accoururent en sabots.
    Leur place étant fort enviée par d’autres espèces non essentielles,
    Ils préparèrent vite leurs malles et montèrent dans le paquebot.

    Jaguars, ocelots, léopards et tous les fauves tachetés
    Embarquèrent et prirent pension avec buffet à volonté.
    Mais pour nourrir ces salopards, Noé n’ayant rien acheté,
    Sacrifia à leur expansion une boucherie violentée.

    « Pour vivre heureux, restons cachés ! » car les licornes inopportunes
    Furent « persona non grata » refoulées à l’entrée de l’Arche.
    Cependant elles purent s’arracher à leur destinée d’infortune
    Et firent partie du prorata… mais à l’insu du patriarche.

    Tableaux de Esben Hanefelt Kristensen http:www.knudgrothe.dkalbum.asp?kunstner=89&vb=3489 .

  • Les jardins de l’Élysée

    Les jardins de l’Élysée

    Mais que se passe-t-il la nuit dans les jardins de l’Élysée ?
    Est-ce que les ministres-femmes se retrouvent autour de leur Roi ?
    Car notre roitelet s’ennuie une fois qu’il a réalisé
    Qu’il n’a que la première dame dans un lit plutôt à l’étroit.

    Alors il se déguise en âne et ses meufs du gouvernement
    Viennent à poil lui caresser la tête et ses grandes oreilles.
    Carottes, concombre et bananes se dégustent perversement
    Avec des gestes adressés envers son royal appareil.

    Quelquefois sa Torpédo file avec un orgueil titanique
    Pour rencontrer les dirigeantes de tous les pays de l’Europe.
    Et comme il est germanophile – surtout en Suisse alémanique –
    Il en profite pour d’urgentes extorsions de fonds interlopes.

    Tableau de Sergey Lesnikov.

  • Un coup à gauche, un coup à droite !

    Marianne avait des arguments de poids à gauche comme à droite
    Et avait promis de mener le pays juste entre les deux.
    Mais elle nous a menti crûment par une roublardise adroite
    Après nous avoir malmenés avec ses gorilles douteux.

    Lorsqu’elle sent la larme à gauche issue d’une idée maladroite,
    Elle recherche, pour son équilibre, une opinion contradictoire.
    Ensuite elle repense à l’ébauche d’un virage nettement à droite,
    Puis elle continue en roue libre dans les ruelles de l’histoire.

    Tantôt à gauche, tantôt à droite, comme un balancier indécis,
    Elle use des clefs du pouvoir selon les crises éventuelles.
    Heureusement la porte étroite d’un autre mandat rétrécit
    Sauf si elle a su promouvoir sa concession perpétuelle.

    Illustration de Fornasetti.

  • Rencontre anisée

    Rencontre anisée

    Je reçus cette invitation transmise lors d’un communiqué
    Pour une rencontre au coucher au large des côtes bretonnes.
    J’acceptai sans hésitation et louai un bateau à quai
    À un marin mal embouché mais du genre que rien n’étonne.

    Pile au moment du rayon vert, la Lune se teinta de rose
    Et j’entendis la litanie d’une bouche sortant de la mer.
    Penchant la tête à découvert du côté des lèvres moroses
    J’en savourai leur goût anis, sucré-salé et doux-amer.

    Je l’invitai à prendre un pot à la taverne du vieux port
    Mais elle déclina mon offre d’une façon de tournevire ;
    Elle devait m’avoir dans la peau car elle exigea un rapport
    Immédiatement et dans le coffre à bagages de mon navire.

    Et ce matin, je me réveille ; ce n’était qu’un rêve éphémère,
    Le souvenir des lèvres anis me reste lourd sur les papilles.
    Depuis ma femme me surveille lorsque je mange des fruits de mer
    Arrosé d’un verre de pastis tout en embrassant les coquilles.

    Illustration de Shelley Skail sur https:shelleyskail.co.uk .

  • Presque sirène

    Les femmes mutent ces temps-ci et des sirènes apparaissent ;
    Le phénomène se constate sur les rivages un peu partout.
    Au début le corps s’amincit et les hanches perdent leur graisse,
    La peau devient plus délicate, tête, cheveux, poitrine itou.

    Mais quand les jambes se transforment, les mutantes alors disparaissent ;
    « Où vont-elles et où vivent-elles ? » reste un mystère irrésolu.
    Or si les légendes sont conformes, faites attention ! Elles s’empressent
    De lier quelque idylle mortelle, jetant sur vous leur dévolu.

    Couverture « Water Sign » for Vogue India sur https:bashooka.cominspirationeditorial-design .

  • La récurrence du karma

    La récurrence du karma

    Puisque l’expérience n’éclaire que la distance parcourue,
    Il serait bon que l’intuition balise le chemin à faire.
    Et ce n’est pas pour me déplaire si tous les risques encourus
    Deviennent alors prémonition contre toute mauvaise affaire.

    Mon karma, à l’âme transcendante, prévient à son tour l’intuition
    De se détourner du chemin qui finalement n’est pas le sien.
    Mes incarnations précédentes entrent alors en précognition
    Envers le tout premier humain par reflux aristotélicien.

    Ainsi mes yeux sont occultés par les expériences passées
    Qui sont à leur tour prévenues par leurs précédentes consciences
    Qui n’sont même pas consultées car mes méninges à repasser
    M’ont déjà, comme convenu, abusé de leur clairvoyance.

    Sculpture de Do Ho Suh.

  • L’antimécanique

    L’antimécanique

    Souvent mes rêveries varient, bien fol celui qui s’y fierait,
    Car la dimension de l’esprit n’appartient pas à la physique.
    Mes rêves sont charivari envers ce que quantifierait
    Tout c’ que la science m’a appris avec paroles et musique.

    Les femmes nues métaphoriques jouent les anges irrationnels
    Qui transforment la réalité en impossibles réalisables.
    Tout mon passé catégorique redevient opérationnel
    Et à nouveau d’actualité pour une destinée transposable.

    Quand j’entre en communication avec Dieu, ses saints ou mes proches,
    Je ne suis ni dans la matière, ni dans l’espace fors le temps.
    Si j’ose, par la fornication, inopinément une approche,
    C’est pour rétablir tout entière la vérité s’y rapportant.

    Illustration de Lou Feck.

  • L’ennui au palais

    L’ennui au palais

    Du palais d’un jeune sultan, Shéhérazade s’empara
    À moins que ce ne soit l’inverse au cours des mille-et-une nuits.
    Mais ce n’est pas très important car le souverain compara
    Sa nuit auprès de la perverse à l’égard d’une journée d’ennui.

    Alors le sultan augmenta le temps du travail de l’amour
    En réduisant le temps passé aux trente-cinq heures et RTT.
    Shéhérazade lui monta le bourrichon jour après jour
    Jusqu’à ce qu’il ait dépassé et enfreint les lois du traité.

    Shéhérazade, dominatrice, imposa sa loi au harem
    Et demanda congés payés et le statut de libérale.
    Mais les autres fornicatrices ont déprécié le barème
    Et les houris ont défrayé pour une grève générale.

    Illustration d’Ana Mirallès.

  • L’amanite alienoïde

    L’amanite alienoïde

    À la cueillette aux champignons, une amanite m’a cueilli
    D’un rayon issu des lamelles sous un gland moucheté d’étoiles
    Par la force d’un lumignon accompagné de gargouillis
    Qui me souleva les semelles et me prit à rebrousse-poil.

    Je n’étais qu’un échantillon auprès des aliens mycologues
    Qui en voulaient à mon phallus qu’ils prenaient pour un parasite.
    Je me sentis un tatillon vexé par ces planétologues
    Qui mettaient au rang du fongus l’instrument au bout de ma bite.

    Craignant qu’ils veuillent me la couper, j’ai botté ces extra-terrestres
    En jouant de leurs grosse têtes comme un punching-ball de fortune.
    De leur nacelle soucoupée, où j’étais placé sous séquestre,
    Je pus, sans tambour ni trompette, échapper à mon infortune.

    Illustration d’Acid Catopuma.

  • La bicorne

    La bicorne

    Dans les animaux fabuleux, du Minotaure à la Licorne,
    J’ai vu déesses et héros s’approprier tout le bestiaire
    Excepté le moins populeux que l’on appelle la Bicorne
    Qui, faute du bon numéro, a dû demeurer au vestiaire.

    Dieu l’avait faite assez jolie, la dotant d’un corps d’amazone
    Et d’une tête de gazelle aux cornes torsadées d’azur,
    Mais des arbitres impolis ont délivré un carton jaune
    Qui attrista le demoiselle qui disparut dans la nature.

    Illustration de Hannah Yata sur https:hannahyata.com .

  • Méfiez-vous des Chauves-souris !

    Méfiez-vous des Chauves-souris !

    Lorsque trois vierges folles vous invitent au plaisir,
    Méfiez-vous du plan à quatre qu’elles suggèrent.
    La position suprême qui éveille leurs désirs
    Consiste à s’accrocher pour s’envoyer en l’air.

    Les jupes rabaissées, recouvrant tout le buste,
    Vous proposent leurs fesses, le cul par-dessus-tête.
    Pour ôter leurs culottes – bien vu, tout juste, Auguste ! –
    Vous devrez remonter leurs dessous jusqu’au faîte.

    Et là, une tête sort et vous mord l’instrument ;
    Une autre tête encore s’en prend à votre cœur.
    La troisième vos beaux yeux gobera goulûment
    Et le reste nourrit les vers pique-niqueurs.

    Photo de Chameleon.

  • Le paradis des mille vierges

    Le paradis des mille vierges

    Ne cherchez plus, je l’ai trouvé, le paradis des mille vierges !
    Sauf que pour y être invité, le prix est abasourdissant.
    J’y ai, par moi-même, éprouvé tous les délices qui convergent
    Aux béatitudes incitées par leurs baisers étourdissants.

    Comment ai-je pu accéder à ce tarif exorbitant ?
    J’y suis tombé par accident après une chute qui m’atterre,
    Suite à une course, excédé par un survol nécessitant
    D’aller d’orient en occident en orbite autour de la Terre.

    Je suis rêveur, comprenez-vous ? Éternellement dans la Lune ;
    Comme je suis léger d’argent, je m’envole au moindre courant d’air.
    Une tempête, je vous l’avoue, m’a jeté pour toute infortune
    Dans ce nirvâna partageant les bonheurs les plus légendaires.

    Hélas je ne puis en sortir et suis condamné au plaisir !
    Cent fois par jour, à tour de rôle, elles veulent prendre leurs panards.
    Mais si quelqu’un veut consentir un splendide échange à saisir,
    Je lui en donne ma parole, qu’il prenne ma place au lupanar !

    Tableau de Maria Filopoulou.

  • Contre toute prudence

    Contre toute prudence

    « Mon esprit en toute imprudence
    – l’âme en passager clandestin –
    Avance seul, émancipé,
    Espérant même léviter.
    Et, comble de toute prudence,
    Il ose avertir le destin
    Qu’il a déjà anticipé
    tous les pièges à éviter. »

    Ainsi parlaient Zarathoustra,
    Bouddha, Jésus et Mahomet
    Et je suis parti convaincu
    Que rien ne pourrait m’arriver.
    Mais au premier pas – patratras ! –
    J’ai dégringolé du sommet
    Et me suis écrasé, vaincu
    De tout mon corps désactivé.

    J’ai compris que tous mes acquis
    Gagnés à chaque incarnation
    Devaient être encore éprouvés
    Par une alchimie destinale.
    Et de la mort, je renaquis
    Grâce à ma réadaptation
    Envers l’assurance approuvée
    Des quatre vertus cardinales.

    Tableau de William-Adolphe Bouguereau.

  • L’arc-en-cœur

    L’arc-en-cœur

    Un jour j’ai osé l’ouverture du cœur et de toute mon âme
    Qui tonna d’un coup de canon dans l’air devenu furibond
    Afin de tenter l’aventure, afin de conquérir ma dame,
    Et même si la dame m’a dit non, mon cœur s’est ouvert pour de bon.

    Ce don, d’après l’astrologie, vient des planètes en pentagone
    Qui offrent à l’esprit engourdi de se reconnecter au cœur
    Et joindre la mythologie pour, via le réseau d’Antigone,
    Savoir braver les interdits et s’asseoir parmi les vainqueurs.

    Illustration de Joka sur https:dotjoka.comgallery2011-2014 .

  • Sonate au clair de Lune

    Sonate au clair de Lune

    Sol do mi, sol do mi, trois notes répétées ;
    Une invite à l’amour, un appel de la vie.
    Bonhomie, bionomie, tel l’écho reflété
    Qui pointe au petit jour quand le soleil revit.

    Sol do mi, sol do mi, sérénade à la Lune ;
    La femme qui séduit l’homme qui s’introduit.
    Endormis, rendormis, dans la couche commune
    La musique conduit, la vie se reproduit.

    Tableau de Susan Seddon Boulet.

  • Sur les chemins du paradis

    Vous me croirez si vous voulez, je m’ suis retrouvé à cheval
    Devant les portes consacrées à protéger le Paradis.
    Mais je n’en fut pas refoulé et, dans une sorte de carnaval,
    J’entrai dans la forêt sacrée dans un Éden de parodie.

    Pas de houri à l’horizon en référence à Mahomet,
    Ni de lait, de vin ou de miel mais une jungle inextricable.
    Chevauchant dans cette prison végétale, en quête d’un sommet,
    Je pensais, atteignant le ciel, appréhender l’inexplicable.

    Puis une femme fit son entrée sur sa somptueuse monture
    Tonnant : « Maintenant je suis Dieu et toi, l’humain, ma créature !
    Ensemble, dans cette contrée, nous allons peupler la nature
    Et recommencer l’insidieux cycle de notre progéniture ! »

    Tableaux de Esben Hanefelt Kristensen http:www.knudgrothe.dkalbum.asp?kunstner=89&vb=3489 .

  • Pas de sirène au paradis ?

    Refusée à l’entrée de l’Arche selon on ne sait quel critère,
    La sirène put se réfugier auprès d’un dauphin, son cousin.
    La fuyarde et son patriarche prirent la barque pour Cythère
    Et, dans ces eaux privilégiées, vécurent auprès de leurs voisins.

    Charmants compagnons de fortune, les poissons la prirent pour reine
    Auprès des cétacés-barons dans le royaume des abysses
    Du territoire de Neptune, Dieu procréateur des sirènes
    Et tous les tritons fanfarons qui naquirent sous ces bons auspices.

    Fécondée pas son étalon, elle enfanta l’homme-poisson
    Qui lui donna une descendance obscure à la taxonomie.
    Si les chrétiens tournent les talons à leur accorder sans façon
    Le salut par condescendance, ils pèchent avec parcimonie.

    Tableaux d’Esben Hanefelt Kristensen http:www.knudgrothe.dkalbum.asp?kunstner=89&vb=3489 .

  • Mariage d’état

    Mariage d’état

    Tous les cinq ans, sur le contrat, Marianne se remarie
    Non pas d’un mariage d’amour mais d’un mariage de raison.
    Selon son cœur elle connaîtra la bonne aubaine d’un bon mari
    Ou un fou qui n’a pas d’humour ou pire… sans comparaison.

    Avant cela durait sept ans et Marianne s’emmerdait
    Avec des vieux tous rabougris, chauves, laids et ventripotents.
    Désormais le contrat s’étend avec de jeunes grands dadais
    Ou petits roquets amaigris, sarcastiques et omnipotents.

    Hélas depuis quelques années, Marianne est plutôt mal baisée
    Par une sorte de macaroni qui la viole d’une seule traite.
    De plus, des gardes basanés qui n’ sont pas là pour l’apaiser,
    Frappent son peuple dont l’agonie ne verra jamais la retraite.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

  • Le bestiaire ministériel

    Le bestiaire ministériel

    Premier ministre la Licorne, polytechnicienne à bicorne ;
    À l’économie la Chimère, âpre comme une belle-mère ;
    À l’intérieur un Marcassin qui se dit grand mais n’est qu’un nain ;
    À la justice un Ouistiti qui dort sous les ponts, abêti ;

    Comme porte-parole un bâtard, né « Vérantanplan » sur le tard ;
    Pour les femmes un Sphynx rondouillard, très bien membré et bien gaillard ;
    Un chien qui fume des Coronas à l’extérieur du pensionnat
    Et aux finances une Hydre obscure, l’économie elle n’en a cure.

    Illustration de Lou Benesch.

  • Impossibles sirènes

    Impossibles sirènes

    Une fois pour toutes, il faut l’admettre, leur existence est impossible.
    Mais impossible n’est pas français et je m’en vais vous les montrer :
    Pour cela, il vous faut vous mettre au bord d’un bateau, impassible,
    Sourcils plissés et yeux froncés, là ! Vous allez les rencontrer.

    Dans les reflets des vaguelettes, vous observerez les contours
    De leurs corps, sans queue ni arête… et c’est mieux pour votre gouverne
    Car leurs voix dans les ondelettes attireraient aux alentours
    Les marins à perdre la tête pour d’utopiques balivernes.

    Si les sirènes n’existent pas, cela n’empêche pas de rêver
    À tous ces grands navigateurs tombés bêtement à la mer.
    Ils ont dû choisir leur trépas et préféré devoir crever
    Entre les bras d’un prédateur digne des légendes d’Homère.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Cendrillon la petite sirène

    Cendrillon la petite sirène

    Issus de sources magiciennes et de mythologies sacrées,
    Les contes de Hans Andersen, de Grimm et de Charles Perrault
    Ont fusionné avec d’anciennes légendes aux couleurs nacrées ;
    Pour vous représenter la scène, il faut repartir à zéro.

    Comme elle voulait aller au bal, elle alla prier sa marraine
    Qui lui donna de belles jambes et les fameux souliers de vair.
    Minuit sonnantes, elle cavale, mais se retrouve en queue de sirène
    Et s’épuise, à moitié ingambe, à regagner son lagon vert.

    Évidemment dans sa nageoire, seule une chaussure est restée ;
    L’autre a été récupérée… alors que va-t-il se passer ?
    Cette histoire – une vraie pataugeoire – est difficile à attester
    Car on l’a tant vitupérée qu’on est complètement dépassés !

    Reproduction de Chéri Hérouard pour « La Vie Parisienne ».

  • La colonne brisée

    La colonne brisée

    Sans doute trop de rigidité dans la société phallocrate
    Par un excès de protections semblable à de la barbarie,
    Sans doute trop de sévérité dans les traditions théocrates
    Par des abus de corrections et d’esclavage par son mari,

    Sans doute la peur de partager le pouvoir de la dictature
    Par des régimes prétentieux taillés pour l’homme sur mesure,
    Sans doute un aimant ménager qui fait d’elle une caricature
    Par le rôle irrévérencieux de la souillon dans sa masure,

    Ont brisé la colonne fragile qui soutenait son édifice,
    Ont infligé trop de blessures par la force de la zigounette
    Car le colosse aux pieds d’argile a tellement, par ses bons offices,
    Exercé trop de meurtrissures au même titre qu’à sa planète.

    Tableau de Frida Kahlo.

  • Coquelicot impudique

    Coquelicot impudique

    À l’instar du membre phallique, poireaux, carottes et concombres,
    Tous paréidolie du sexe au goût de leurs liqueurs nacrées,
    Les corolles des fleurs bucoliques dont les pétales se jouent des ombres,
    S’épanouissent sans complexe au ton du féminin sacré.

    Tous ces organes reproducteurs s’ouvrent sans aucune pudeur,
    Sans évoquer de flétrissure envers l’organe féminin.
    Même l’insecte introducteur, inséminateur baroudeur,
    N’est ni marqué par la censure ni traité d’obscène venin.

    Ainsi le sexe botanique s’échappe des lois impudiques
    Et peut figurer librement à la vue des jeunes innocents.
    La flore n’est pas satanique mais la faune tombe, fatidique,
    Sous le coup du dénigrement des tenants et aboutissants.

    Dans les champs de blé d’Eiderrg à Winzerthur.

  • Liberté d’esprit

    Liberté d’esprit

    Ni une femme, ni une pipe, selon la règle de Magritte,
    Mais une femme en liberté qui s’est taillée sa propre pipe.
    Elle a travaillé son œdipe, aimé son père démérite
    Au moment de sa puberté, puis a planté ce pauvre type.

    Devenue « executive woman », elle revendique le pouvoir
    De se promener torse nu au même titre que les hommes.
    Stupeur dans l’establishment, ces messieurs devront s’émouvoir
    Et subir sans disconvenue cette requête fort économe.

    Car les soutien-gorges sont chers et les bikinis hors de prix
    Tandis que le monokini convient aux plus petites bourses.
    Si le spectacle de la chair heurte encore quelques malappris,
    Ce n’est là que misogynie dont le crime remonte à la source.

    Tableau de René Magritte.

  • Les as des anneaux

    Les as des anneaux

    Quand on est Roi, quand on est Reine, les alliances ne manquent pas
    Mais pour les As, quelle odyssée pour trouver chaussure à son pied !
    La recordwoman, dans l’arène, va trouver l’élu au combat
    Et le crack, dans la gynécée, va chercher celle qui lui sied.

    Ensuite ils doivent s’affronter, chacun dans le lit de l’ennemi,
    Pour déterminer sans sarcasme celui qui portera la culotte.
    L’un après l’autre, ils vont monter sur le partenaire affermi ;
    Le premier qui atteint l’orgasme, perd et ne sera plus que copilote.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Les blessures bleues de Marie

    Les blessures bleues de Marie

    Toutes violences faites aux femmes font couler le sang des blessures
    Bleues comme issues des bleus de l’âme sous le carcan des meurtrissures.
    Maudit soit celui qui compense ici ses propres frustrations
    Et honni soit qui mal y pense, la faute à leurs mensurations.

    C’est le péché originel d’Adam ayant croqué la fleur
    Avant que naquisse le fruit de l’inconscient qui tergiverse
    Car avoir un polichinelle dans le tiroir par un violeur
    Apporte au père l’usufruit d’un héritage à controverse.

    Tableau d’Aykut Aydoğdu.

  • Les deux passages de Marie

    La marie de la Vérité ou bien la Marie du Mensonge ?
    Dans le labyrinthe du monde, je me pose souvent la question.
    Opter pour la sincérité, la route droite qui se prolonge
    Ou plutôt la voie vagabonde parsemée d’autosuggestions ?

    Vérité n’est pas toujours belle et Mensonge est souvent doré
    Et puis la raison du plus fort n’est pas forcément la meilleure.
    Mais comme j’ai l’esprit rebelle, j’use d’une astuce élaborée
    Par l’expérience et par l’effort et par un instinct aiguilleur.

    Si j’exige de la Vérité ce que le Mensonge m’indique,
    Il montrera le mauvais choix, la Vérité confirmera.
    Et du Mensonge consulté sur ce que l’autre revendique,
    Il montrera ce qui m’échoit mais en mentant, le scélérat.

    Il suffit donc évidemment de choisir toujours l’autre voie.
    Chaque fois qu’arrive un problème, ma conscience et ma subconscience
    Sont tiraillées pareillement vers ce que chacune d’elles voit
    Alors je tranche le dilemme en choisissant l’inconscience.

    Tableaux d’Irina Carcabi sur https:www.liveinternet.rucommunity1726655post410804161 .

  • Tatouage à la mode de chez nous

    Tatouage à la mode de chez nous

    Ce vêtement indélébile qui revêt le corps de la femme
    Est une mode intéressante pour les non-voyants, au toucher.
    Parmi eux, les plus volubiles, sans la condamner comme infâme,
    La jugeront très caressante sans qu’ils aient besoin de loucher.

    Bodybuilding ou tatouage pourraient bien régner sur les plages
    Où le maillot devra un jour s’arrêter de diminuer.
    Celui qui verra par outrage incitation au racolage,
    Sera interdit de séjour par sa rigueur insinuée.

    Tableau de David Lawrence sur https:www.davidlawrenceart.com?ssp_iabi=1677223427370 .

  • Cheval yin cheval yang

    Sans doute ombrageux par moments lorsqu’on me monte à l’improviste,
    Je peux même devenir hargneux d’une montée d’adrénaline.
    Et le pire, ce sont les mamans et leurs marmots stakhanovistes
    Par leurs hurlements dédaigneux envers mes ouïes chevalines.

    Heureusement des jours heureux miroitent ma robe brillante
    Par ceux qui parlent à mes oreilles et qui m’écoutent avec le cœur.
    Les beaux cavaliers valeureux, les belles cavalières vaillantes
    Pour des chevauchées sans pareilles jalonnées par des vents moqueurs.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:www.artfinder.comartistfefa-koroleva?epik=dj0yJnU9N1R4T3BhaXlvLU1Fd1lOTGVjN094RFdLSVB3RWNOYzAmcD0wJm49c2RkY0I1WlJjdFpBbjRMaHNfNEFxdyZ0PUFBQUFBR1I2NGxv .

  • Aux sources de l’imaginaire

    Aux sources de l’imaginaire

    Du fleuve de l’imaginaire, en explorant mes propres sources,
    J’ai gravi l’enfance à l’envers jusqu’à mes premières lectures
    Pour lesquelles l’extraordinaire dont j’économisais ma bourse
    Me révélait tout l’univers et mes plus belles aventures.

    Au fil des bandes dessinées, des inventions de Jules Verne,
    Et de la bibliothèque verte, j’ai semé de l’or dans mes rêves.
    Au fil des pages disséminées qui m’auront servi de gouverne
    Ont fleuri toutes mes découvertes qu’encor je cultive sans trêve.

    Illustration de François Schuiten.

  • Aviez-vous réservé ?

    Aviez-vous réservé ?

    Évidemment j’aurais rêvé d’obtenir la plus belle table
    Au cours des épreuves requises pour mon admission à la vie.
    Mais lorsque je suis arrivé, les places les plus confortables
    Avaient déjà été conquises par ceux qui les avaient ravies.

    J’aurais pu naître bien avant mais ç’aurait été similaire ;
    L’opportunisme n’attend pas pour disqualifier les novices.
    Or patienter jusqu’au suivant prendrait des années séculaires
    Et je manquerais le repas pour avoir loupé le service.

    Les meilleurs tables étant prises que reste-t-il à espérer ?
    Attendre qu’une se libère, contester quitte à m’énerver ?
    Je peux les prendre par surprise, crier « au feu ! » désespéré
    Ou dire à l’oreille du cerbère… « Que j’avais pourtant réservé ! »

    Vu sur https:www.newyorker.commagazine .

  • Femmes-fleurs au gré des dieux

    La mythologie nous raconte autant d’exploits que de prouesses
    Que les héros doivent aux femmes, véritable énergie divine.
    Le demi-dieu reçoit l’acompte accordé par une déesse,
    Puis échappe aux pièges infâmes grâce au soutien de sa copine.

    Si tout un cirque on fait de Dieu, on célèbre autant la beauté
    Des plus belles femmes du monde auxquelles un culte est consacré.
    Les concours les plus fastidieux, mariages en principautés,
    Font l’adulation vagabonde sur tous les tabloïds sacrés.

    Morgane, Viviane, sorcières ou Vierge-Marie divinité,
    Le charme est traité de diablesse ou d’immaculée conception.
    Je possède une âme sourcière qui connaît une infinité
    De ruisseaux qui jamais ne blessent le cœur sinon de déception.

    Tableaux d’Audrey Kawasaki https:www.audkawa.com2017 .

  • Femmes-fleurs au gré des ondes

    Les femmes, ondes de beauté, transmettent le charme dans le temps.
    Du bout du nez de Cléopâtre jusqu’aux yeux de la Du Barry,
    S’enchaîne une charibotée de dames aux appas envoûtants
    Résonnant dans l’amphithéâtre qui fait jaser le Tout-Paris.

    Chacun y reconnait la vague qui lui bouleverse le cœur,
    Qui le stimule et qui l’agrée à lui conquérir son sommet.
    Et lorsqu’elle accepte la bague qui lui donne un air de vainqueur
    L’onde atteint le plus haut degré de l’amplitude à consommer.

    Puis la fréquence redescend et se transfère à ses enfants
    Qui propageront à leur tour l’onde du féminin sacré.
    Ce pic tantôt évanescent revient sans cesse triomphant
    Car il fait des aller-retours auxquels l’amour est consacré.

    Tableaux d’Audrey Kawasaki https:www.audkawa.com2017 .

  • L’Europe maigrichonne

    L’Europe maigrichonne

    L’Europe a changé de régime depuis ses diètes intestines
    Qu’elle s’inflige à contrecoup depuis la mondialisation.
    L’agriculture cacochyme et son marasme la destinent
    À se faire mener par le licou de par sa victimisation.

    Amputée de sa langue anglaise qui s’est ralliée à l’Ouest,
    Elle tient sur sa botte italienne et sa péninsule ibérique.
    Mais avec la sauce hollandaise et la graisse qui lâchent du lest,
    Elle est devenue végétalienne sans ses hamburgers d’Amérique.

    La vieille Europe renaîtra peut-être bien un jour de ses cendres
    Mais en attendant elle se fond dans la masse interplanétaire.
    Un jour on lui reconnaîtra de n’avoir cessé de descendre
    Selon l’avis des bas-de-plafond qui lui ont conseillé de se taire.

    Tableau d’Andrej Mashkovtsev.

  • L’Europe grassouillette

    L’Europe grassouillette

    À son habitude d’engloutir les pays à proximité,
    L’Europe a forcément grossi et ses étoiles multiplié
    Dont celles qui vont s’emboutir dans la surface délimitée
    De sa robe qui la disgracie à force de la déplier.

    Après la Turquie et l’Ukraine, elle va lorgner sur la Russie
    Jusqu’à l’Oural et la Mer Noire sans vraiment d’obstacle majeur.
    L’expansion donne la migraine, commence à sentir le roussi
    Et gare au coup de tamponnoir de cet appétit ravageur !

    Je ne sais pas qui tient les rênes du chariot conquistador
    Vu que tous ses prédécesseurs se sont finalement plantés.
    À moins qu’un Roitelet et sa Reine, obnubilés par un tas d’or,
    Se revendiquent possesseurs d’une arrogance transplantée.

    Tableau de Josie Wren.

  • La sirène de la mer rousse

    La sirène de la mer rousse

    Je ne connais de la mer rousse seulement sa sirène éponyme
    Dont la chevelure m’évoque le crépuscule à l’horizon
    Lorsque le soleil se courrouce envers les étoiles unanimes
    À voir son règne qu’elles révoquent dans une infâme trahison.

    Je ne sais si la Lune aussi a participé au complot
    Mais la sirène depuis arbore une coiffure de la couleur
    Du soleil brulé et roussi qui, vaincu, plongea dans les flots
    Et que l’océan corrobore aux reflets de souffre-douleur.

    Tableau de hoooook sur https:www.deviantart.comhoooookgallery43215575painting .

  • Quand la sirène s’endort

    Quand la sirène s’endort

    Parfois la sirène s’endort malgré le navire qui passe
    Comme si sa voix envoûtante nécessitait une relâche.
    Elle s’enroule sur sa queue d’or et se love dans une carapace
    Tressée d’algues peu ragoûtantes mais qui discrètement la cachent.

    Puis doucement quand vient la nuit, elle remonte entre deux eaux
    Toujours plongée en léthargie tandis qu’un bateau mouille l’ancre.
    Mais ce soir, personne ne nuit dans le silence amoroso
    Des vagues dont la synergie ne crèvent point sa bulle d’encre.

    Tableau de Krista Lynn Brown.