Catégorie : Blog

Your blog category

  • 24 heures de la vie de la Terre

    D’abord elle est née de la mer pour respirer une autre essence
    Et rejoindre ses partenaires, les astres lunaire et solaire.
    À son tour de devenir mère et favoriser les naissances
    Issues de son imaginaire destiné au règne cellulaire.

    Dès que le soleil apparut, elle sentit son âme intérieure
    Briller de la même origine que celui du cœur des étoiles.
    Celle-ci dans la nuit transparut dans une lumière extérieure
    Et la femme devint androgyne par son fils couvé dans sa toile.

    Et la vie engendre la vie selon le rythme du Soleil
    Et le sang retransmet le sang selon les phases de la Lune.
    Ainsi sa substance survit à travers les temps qui balayent
    Tous ses enfants ressortissants d’une destination commune.

    Illustrations de Faith Gozenc.

  • Les aventures de Manu : Manu traverse la rue

    Les aventures de Manu : Manu traverse la rue

    Quand Manu traverse la rue, il n’agit pas n’importe comment.
    D’abord il s’arrête en plein centre tandis que passent les terriens ;
    Parmi eux, ceux qui sont férus d’arriver pile au bon moment
    Et les autres qui le déconcentrent : ces imbéciles qui ne sont rien.

    Pour commencer, il tourne à gauche, ainsi il a priorité
    Sur les nantis du patronat siégeant rue de la république.
    Après un programme en ébauche, il acquiert la majorité
    Et remporte le championnat de la dictature publique.

    Quand Manu traverse une gare, il prend toutes les directions
    Car, parmi les supers pouvoirs, il a celui de l’exécutif.
    Mais pour ceux qui ne sont rien, gare ! Car il a la prédilection
    De faire sur leur crâne pleuvoir des coups d’ matraque consécutifs.

    Illustration d’Asaf Hanuka.

  • Les aventures de Manu : l’enfance de Manu

    Déjà tout petit mais précoce, Manu savait jouer des mots
    Mais de préférence en anglais afin que nul ne le comprenne.
    C’est ainsi que ce sale gosse et ses coups fourrés extrémaux
    Dépassa ceux qu’il aveuglait et à qui donnait la migraine.

    Il rencontra sa bonne fée durant son parcours d’écolier
    Qui devint vite sa maîtresse tandis qu’elle servait son ascèse.
    Leur différence fit de l’effet mais donna un coup de collier
    Contre les stratégies traîtresses de la résistance française.

    Depuis, c’est sous un parapluie qu’il avance sans se mouiller
    Mais avec garde rapprochée depuis sa gaffe nigériane.
    Car il est lâche ; il est celui qui le samedi va glandouiller
    Dans son palais pour s’accrocher aux jupes de sa Marianne.

    Collages de Toon Joosen sur https:theinspirationgrid.comamusing-collages-by-toon-joosen .

  • Les aventures de Manu : Manu roi des tritons

    Vous pourriez tous en témoigner : Manu rêve de régner en mer
    Sur les territoires éloignés et les départements outremers.
    Avec sa flotte de sous-marins et leurs amiraux fourvoyés,
    Il est devenu le parrain d’une vendetta soudoyée.

    Avec sa fausse queue dorée et sa couronne de corail,
    Les poissons ont subodoré qu’il était maître du sérail.
    Les requins blancs forment sa garde et les pieuvres font des soldats
    Qui pourraient tirer par mégarde, tant pis si la mort s’en solda.

    Cette semaine en grands pompes, il a invité leurs Altesses
    Qui ont ri, si je ne m’trompe, lorsqu’il dit sans délicatesse
    Que lui et la perfide Albion au grand palais feraient bombance
    Tandis que le peuple en haillons n’aurait plus droit à l’abondance.

    Finalement c’était un rêve et Manu noya le poisson
    En nous désapprouvant sans trêve la moindre entente sans façon.
    De cette expérience aquatique, il paraît que le vendredi
    Manu devient tout apathique et n’ supporte aucun contredit.

    Tableau d’André Dluhos.

  • La sirène qui dit oui et qui dit non

    La sirène n’est pas bonne élève comme le cancre de Prévert ;
    Elle dit « oui » à contrecœur et puis répond « non » à dessein.
    Sans doute cet usage relève de sa queue qui mime à l’envers
    Tout l’amour vrai qui sort du cœur et la haine au bout de ses seins.

    Quand elle dit « non », elle pense « jamais » ;
    Quand elle dit « oui », elle pense « peut-être » ;
    Quand elle vous embrasse, elle vous goûte ;
    Quand elle enlace, elle tâte la chair.
    Plus d’atermoiement désormais
    Et apprenons à la connaître ;
    Nous mettrions sa parole en doute
    Si c’était notre vœu le plus cher.

    Tableaux de Kristina Gehrmann sur https:www.artstation.comkristinagehrmann .

  • Mon intime moitié

    Mon intime moitié

    Je viens d’ailleurs et de deux mondes bien différents mais parallèles ;
    L’un de la planète Vénus, l’autre de Mars, l’irrésolue.
    Souvent mon âme vagabonde entre ces deux voies passionnelles
    Jusqu’à l’ultime terminus où son passé n’existe plus.

    J’ai l’esprit côté masculin et le cœur côté féminin,
    Sans doute pour mon équilibre entre ces deux principes égaux.
    Lorsque j’étais jeune poulain, entre cet état léonin,
    Je consacrais tout mon temps libre à chercher mon alter ego.

    Aujourd’hui j’offre une interface correspondant aux chromosomes
    Et je conserve dans mes rêves le pouvoir de mon âme-sœur.
    Elle ne vient jamais en surface et je reste à jamais un homme
    Dont une inspiration sans trêve lui donne un don de connaisseur.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • L’évacuation des démons noirs et sucrés

    L’évacuation des démons noirs et sucrés

    Je suis un homme et j’accumule comme tout le monde des revers
    Qui décantent et forment une lie, un résidu empoisonné.
    Je le cache et j’en fait l’émule dont je me garde par-devers
    D’une profonde mélancolie dans mes mémoires bien cloisonnées.

    De temps à autre j’élimine tous mes déchets sentimentaux
    Dans les forêts environnantes quand j’entends l’appel de l’étang
    Qui recueille tout ce qui me mine et que j’écris sous le manteau
    De mes poésies lancinantes sonnant comme un signe des temps.

    Parfois le liquide fermente et donne un alcool merveilleux
    Qui me fait croire à l’importance des caractères lucifériens :
    Ces démons sucrés qui me mentent, flattent mon esprit orgueilleux ;
    Je les verse avec insistance jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Le passager clandestin

    Le passager clandestin

    Je suis passager clandestin et j’arrive d’un autre monde ;
    Je ne suis pas né comme vous autres mais j’ai été téléporté.
    Inséré parmi vos destins, à l’aide de ma belle faconde,
    Je me suis glissé parmi les vôtres et vous m’avez tous supporté.

    Si souvent je vous abandonne, c’est pour aller me ressourcer ;
    Je me mets en hibernation dans une bulle sous séquestre.
    Imposteur, Dieu me le pardonne, car je n’ai pas à rembourser
    Le prix de mon incarnation puisque j’ai l’âme extra-terrestre.

    Depuis que je suis dans vos rangs, j’ai bien soigné ma renommée ;
    Je me suis rendu très utile aux uns, aux autres, à tout le monde.
    Voyageur et puis conquérant, j’ai su atteindre à point nommé
    Le titre d’un humain futile afin que nul ne me confonde.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • En contre-plongée vers mon futur

    En contre-plongée vers mon futur

    Parallèlement à la plongée dans mes souvenirs antérieurs,
    Des rêves m’ouvrent une frontière vers l’avenir imprévisible.
    Chaque fois ces contre-plongées déversent dans mon intérieur
    La révélation tout entière qui reste, au réveil, invisible.

    Mais chaque nuit, de rêve en rêve, tous ces messages s’accumulent ;
    Ils alimentent ma conscience en s’incrustant profondément.
    Même si ces nouvelles sont brèves, la graine qu’elles dissimulent
    Apparaît dans ma subconscience comme un petit écho dément.

    Sans doute, petit à petit, je perds pied dans mon entourage
    Tout en croyant évoluer vers l’authentique clairvoyance.
    N’ayez crainte ! Cet appétit bien au contraire m’encourage
    À devoir réévaluer que tout ça n’a pas d’importance.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Les trésors accumulés

    Les trésors accumulés

    Tous mes trésors accumulés, plaisirs d’amour et découvertes,
    Ne restent dans mon cœur qu’un temps, puis rêvent et partent en visite.
    Quand vient la nuit affabulée, à l’heure où mon âme est ouverte,
    Ils prennent la voie empruntant le port des chakras de transit.

    Ils se téléportent à la banque des petites joies de la vie
    Où je possède un capital commun avec d’autres donneurs.
    Si lorsqu’un jour je suis en manque, si mon cœur se sent desservi,
    Je fais un prélèvement vital sur mon compte des petits bonheurs.

    J’ai l’Amour en coopérative comme projet pour l’avenir
    Qui fournira aux adhérents une bourse aux bons sentiments.
    Ils puiseront l’impérative force pour les jours à venir
    Avec bien sûr s’y afférant espérances et pressentiments.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • L’œil sur la main

    L’œil sur la main

    Les yeux sont le reflet de l’âme et comme j’ai le cœur sur la main,
    Je me projette entre les paumes et vous renvoie sur my HomePage.
    « Peace and Love » sont mes oriflammes, « No future » n’est pas pour demain
    Vu que j’invite tous les hommes à nous préparer au « New Age ».

    L’amour n’est plus une prison pour le meilleur et pour le pire ;
    Notre ancien monde bat en brèche, place à nos enfants indigo !
    Venez de tous les horizons, aimez-moi comme je le désire
    Et vivons d’amour et d’eau fraîche puisés à tire-larigot !

    Mais sachez que je triche un peu. J’ai de trop beaux yeux, voyez-vous ?
    Mais en revanche je vous accorde l’eau de la source de mon cœur
    Dont le goût paraît si pulpeux qu’à la fin vous deviendrez fous
    Et demanderez miséricorde pour en obtenir sa liqueur.

    Sources : Kiernan Alexxis Erin sur fyeahhippies.tumblr.comarchive .

  • L’armure du temps

    L’armure du temps

    Tout au fond des tréfonds de l’âme, sous toutes les couches d’esprits
    Dont j’ai forgé ma carapace comme autant de mémoires mortes,
    Se consume une infime flamme qui brûle tout ce que j’ai appris
    Jusqu’à ce que n’y ait dans l’espace qu’un souffle que le vent emporte.

    Ainsi année après année, mon arbre de vie accumule
    Une nouvelle strate d’écorce sous laquelle je m’enfonce d’autant.
    Mais sous cette peau surannée où mon âme se dissimule,
    J’attends d’avoir enfin la force de briser l’armure du temps.

    En attendant je collectionne chaque incarnation que je vis
    Pour un jour rebâtir en rêve ce qui sera mon ministère.
    Un paradis que j’affectionne et où j’appelle chaque vie
    Que j’ai connue dans ma si brève existence sur cette Terre.

    Illustration de Miles Johnston sur https:www.boredpanda.comdreamlike-pencil-drawings-miles-johnston?media_id=841844&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Aphrodite née de l’écume

    Aphrodite née de l'écume

    « Que la mer recouvre la Terre et que la vie naisse en son sein ! »
    Après que la lumière soit, ainsi les dieux l’ont ordonné.
    Et de l’écume élémentaire près du littoral abyssin,
    Naquit la fine fleur en soi : Aphrodite nous était donnée.

    Écume de mer, sépiolite, drôle de berceau pour une déesse
    Mais souvent dans un cœur de pierre l’amour s’attendrit tout autant.
    Et l’homme reçût Aphrodite pour ébranler ses forteresses
    D’un simple mouvement de paupière sur un œil des plus envoûtants.

    Aphrodite et les signes d’eau vivront toujours en bon ménage ;
    Les cancers l’aiment comme mère et les scorpions comme maîtresse.
    Les poissons voient leur libido décuplée par son personnage
    Et quant à moi, une chimère que j’ai acceptée pour prêtresse.

    Tableau de Georges Antoine Rochegrosse.

  • L’ascension au Paradis – 1

    L’ascension au Paradis - 1

    La direction du Paradis
    change tous les quarante-huit mois
    Et désormais elle m’en incombe
    et je dois veiller aux pensions.
    Comme elles ne coûte pas un radis,
    Saint-Pierre s’est confié à moi
    Pour renforcer depuis la tombe
    le processus de l’ascension.

    J’ai nommé des anges-pilotes
    pour repérer les accidents
    Et, un quart d’heure avant leur mort,
    ils ascensionnent les victimes
    Qui perdent jusqu’à leur culotte,
    tous leurs vêtements excédants
    Que nous revendons sans remords
    au prix du gramme à vingt centimes.

    Lorsque les nouveaux arrivants
    entrent au Paradis à poil,
    Devenu un camp naturiste,
    ils ont les nerfs à fleur de peau.
    Mais on équipe ces morts-vivants
    d’une auréole à cinq étoiles
    Produites en Chine communiste
    que j’ai piquées sur leurs drapeaux.

    Tableau d’Isabel Mahe sur https:www.artmajeur.comisabel-mahe .

  • Le corps éthérique

    Le corps éthérique

    Mon corps éthérique s’étire
    entre les différents niveaux
    De physique et d’intelligence,
    sentiments et spirituels.
    Bien que ces quatre états s’attirent,
    ils n’en restent pas moins rivaux
    D’où négligence ou exigence
    d’un équilibre éventuel.

    La négligence et la bêtise
    de ne pas sentir ces piliers
    M’auraient sans doute fourvoyé
    dans les pièges de la science.
    Heureusement je sympathise
    avec des forces affiliées
    Qui m’ont permis de louvoyer
    entre conscience et subconscience.

    Corps astral, subtil ou vital,
    éthérique, extra-sensoriels,
    Sans doute y en a-t-il autant
    que de dimensions planétaires.
    Le dernier passage létal
    qui me libère du matériel
    M’ouvrira la porte du temps
    par la clef de tous les mystères.

    Tableau de Martin Bridge.

  • Flous de femmes

    L’image de ma mère, dans les yeux de mon père,
    Incluse dans mes gènes, revient comme un fantôme
    Le long des télomères des chromosomes en paires,
    ADN érogène jusque dans ses atomes.

    Bien sûr l’image est floue, la photo fut rapide,
    Cryptée dans les gamètes au cours de la méiose.
    Ce cliché me renfloue en désirs insipides
    Mes plans sur la comète que l’âme ébahie ose.

    L’encre du génotype dont j’écris mes poèmes
    Traduit entre les lignes ma génitrice offerte.
    Ce complexe d’Œdipe à l’esprit de bohème
    N’est autre que le signe d’intruses découvertes.

    Tableaux de Georgia O’Keeffe sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201202georgia-okeeffe-1887-1986-precisionist.html?m=1 .

  • Le baiser du chat

    Cherche-Midi dans son jardin n’a pas vraiment d’autre besoin
    Sauf d’attention évidemment et de câlins passionnément.
    Toutefois depuis qu’ son gredin de maître s’acoquine d’un conjoint,
    Les caresses s’ font éminemment plus rares disproportionnément.

    Et tu l’embrasses et tu l’étreins, et je te griffe et je te mords ;
    Et tu la caresses et l’enlaces, et j’égratigne ta couverture ;
    Et plus tu y mets de l’entrain et plus je lui souhaite la mort
    D’ailleurs tandis qu’elle se prélasse, je fais pipi dans ses chaussures.

    « Toi aussi je t’aime mon minet ! » et chaque fois je suis floué
    D’autant plus fort que sa bougresse vient me chatouiller le menton.
    Quand les mamours sont terminés, je me roule en boule, bafoué
    Et je m’endors avec tendresse bien faufilé dans le futon.

    Tableaux de Gustav Klimt et importunés par Inna Ruda.

  • Le combat des peuples

    Le combat des peuples

    Un jour le peuple s’est trompé de bulletin approprié
    Pour élire le bon candidat du bon moment à l’Élysée.
    Son caractère bien trempé nous avait tous entortillés
    Jusqu’à c’ qu’un jour il décida qu’il nous ferait tous baliser.

    Nous fîmes une guerre civile principalement les samedis
    Aux ronds-points avec gilets jaunes, de l’Opéra à la Bastille.
    Aujourd’hui dans toutes les villes on voit des foules ragaillardies
    Venues des lieux d’ seconde zone que les forces de l’ordre écharpillent.

    Bizarrement on l’a réélu ; comme quoi malgré les mécontents
    Ceux qui veulent « vivre comme avant » sont devenus majoritaires.
    Ce temps de dupes est révolu et espérons qu’avant longtemps
    Nous aurons, détail aggravant, une révolution salutaire.

    Illustrations de Carl Otto Czeschka.

  • L’Assemblée irrationnale

    À l’assemblée chacun son masque quand la république est en marche.
    Certains le portent sur les yeux – ceux-là n’auront jamais rien vu –
    D’autres sur leurs bouches fantasques pour ne faire aucune démarche
    Et d’autres sur les lobes orgueilleux d’oreilles qui n’ont rien entendu.

    Le masque cache la place vide de qui a pris la clef des champs
    Pour éviter de comparaître devant celui qui le confond
    Car son visage devient livide, autoritaire, même méchant,
    Aussitôt qu’on voit apparaître le moindre détournement de fonds.

    Sculpture d’Ans Vink sur https:www.lilavert.comblog_lilavertgallerie-1sculptures .

  • Quand la sirène s’éveille

    Quand la sirène s’éveille

    Endormie, la sirène coule dans la rivière somnolente
    Ou rêvent les poissons commodes qui nagent à contre-courant.
    Et tandis que les eaux roucoulent en vaguelettes insolentes,
    Son cœur et sa queue s’accommodent dans les méandres du torrent.

    Mais lorsqu’elle embrasse la Lune, sous le pont des quatre horizons,
    Son esprit alors s’émerveille d’une rosée d’étoiles d’or.
    Fougères, bruyères et callunes entrent alors en floraison
    Tandis que sirène s’éveille dans l’aube où la Lune s’endort.

    Tableau de Krista Lynn Brown.

  • Serena

    La chevelure des sirènes forme une espèce indépendante
    De petits poissons nettoyeurs qui veillent à sa beauté fatale
    De même qu’à son port de reine dont elle se veut prétendante
    Et à l’organe guerroyeur et secret de sa voix létale.

    Médusa aux cheveux-serpents foudroie un homme du regard ;
    Séréna aux cheveux-poissons séduit un homme par sa voix.
    À chacune ses participants pour piéger le marin hagard
    Et réaliser sa moisson selon vers quel but ils pourvoient.

    Illustration de Sheila Wolk.

  • Labyrinthorâma

    Labyrinthorâma

    Le labyrinthe des neurones, particulièrement complexe,
    Abrite en son sein un esprit dont l’âme erre entre ses couloirs.
    Âme qui devient forgeronne à forger ses pensées perplexes
    Selon tout ce qu’elle a appris inconsciemment sans le vouloir.

    Patatras ! En cas d’accident d’une longueur bouleversante,
    Les murs s’effondrent sous le choc et se rassemblent peu à peu.
    Mais la structure en s’oxydant a pris de façon renversante
    De nouveaux plans où s’entrechoque un esprit qui fait ce qu’il peut.

    J’ai connu ce bouleversement après mes sept mois d’hôpital ;
    Je n’ai plus vraiment reconnu toutes mes anciennes connaissances.
    J’ai subi le renversement de ce qu’était mon capital
    Et dont sa valeur méconnue semblait d’une nouvelle essence.

    Tableau de « Thésée et le Minotaure » de Sterling Hundley.

  • Tunnel d’amour

    Le Tunnel d’amour est ouvert pour un temps indéterminé ;
    Certains le traversent d’un trait et d’autres, hélas, tombent en panne.
    Le jour où je l’ai découvert, j’en ai été contaminé ;
    En effet, plus j’y pénétrais, plus j’en acquérais l’art idoine.

    Le Tunnel d’amour qui traverse les terres de la carte du tendre
    Vous permet d’atteindre l’orgasme avec hourras enjolivés.
    Seulement pour jouir de converse – pour ceux qui voudraient y prétendre –
    Il faut continuer le fantasme jusqu’au terminal d’arrivée.

    Tableau de Mark Henson.

  • Vent flou, vent filou

    Vent flou, vent filou

    La fille était un peu boulotte et ne portait pas de culotte.
    Une saute de vent soudaine lui découvrit sous la bedaine
    Un mont de Vénus vaporeux qui aurait été savoureux
    Malheureusement censuré bien que fraîchement tonsuré.

    C’était au mois de février, elle promenait son lévrier.
    Je pense qu’elle avait fait exprès de sortir ainsi sans apprêt,
    Sans le moindre sous-vêtement pour s’offrir au vent véhément,
    Tenter un flirt providentiel tout en lui montrant l’essentiel.

    Tableau de Jeremy Enecio sur https:jeremyenecio.com .

  • Belle-de-jour, Belle-de-nuit

    Premier quartier, Belle-de-jour, à la peau blanche comme du lait,
    Revêt sa robe de Galatée tissée du halo de la Lune.
    Nymphe marine depuis toujours, elle s’est échappée du palais
    Pour marcher sous la Voie Lactée et goûter l’aube sur la lagune.

    Dernier quartier, Belle-de-nuit nous invite à la retrouver
    Lorsque le dernier rayon vert lève la grille qui fait obstacle.
    Mais seul le rêveur qui s’ennuie, de guerre lasse, va l’éprouver
    Dans un songe à demi ouvert sur son érotique spectacle.

    Tableaux de René Magritte.

  • Le labyrinthe des soupirs

    Le labyrinthe des soupirs

    Un qui ne renonce jamais, c’est notre éternel soupirant ;
    Quel que soit le nombre d’impasses ou de râteaux, il continue.
    Si une fille lui réclamait le moindre cadeau délirant
    Ou un caprice qui le surpasse, il y courrait tout ingénu.

    Le soir, il attend Madeleine – il lui a apporté des lilas –
    Et le matin, chez Marinette, le pauvre, il passe pour un con.
    Hélène, elle était trop vilaine, un virus lui inocula
    Quant à cette immonde Juliette, elle lui a proscrit son balcon.

    Illustration de Soizick Meister.

  • L’alimentation du futur

    Les insectes étant à la mode ainsi que les gastéropodes,
    On verra bientôt dans nos villes des groupes d’associations civiles
    Cultiver aux toits des maisons des élevages de saison,
    Chenilles à tire-larigot, bigorneaux, bulots, escargots.

    Tandis qu’au sol, on chassera les chiens, les chats et puis les rats
    Qu’on achètera à la criée sur des étals appropriés.
    À coups de boules de bowling qu’on lancera pendant son footing,
    On pourra varier l’ordinaire et… sans frais de vétérinaire.

    Collages d’Eugenia Loli sur https:www.shockblast.neteugenia-loli-worx .

  • Des amours de Mandragores

    Des amours de Mandragores

    En pleine Lune, les mandragores se lient assez facilement
    Mais si leurs amours durent encore jusqu’à l’aurore, c’est la cata
    Car les lapins sont assez gores pour les croquer rapidement
    Les préférant avec le corps reliés comme duplicatas.

    Si vous trouvez des mandragores en train de s’envoyer en l’air
    Et de se rouler des patins, protégez-les donc des lapins.
    Confiez-les aux égrégores dans les ombres crépusculaires
    Et si c’est déjà le matin, cachez-les donc dans un sapin !

    Traduction très approximative : La jeune fille l’a volontiers écouté et a découvert qu’elle faisait partie de sa famille. Un petit baiser sur la lune rubis et l’alliance du cœur est conclue.

  • Plongée en mémoires profondes

    J’avais envie d’une plongée dans mon passé le plus profond ;
    Non pas pour tout recommencer mais pour dénouer l’écheveau
    De tout le mal qui m’a rongé durement et dont je me morfonds
    Par mes idylles romancées de vaudevilles en Marivaux.

    La poussée d’Archimède égale au poids de mes lourds souvenirs,
    Je remonte de mes mémoires toutes mes fautes inavouables.
    Vous l’avouerais-je ? Je me régale de les faire ainsi revenir,
    Puis repêchées par l’écumoire de mon cœur inassouvissable.

    Tableaux de Lorella Paleni et de David van der Linden.

  • Une femme-médecine

    Une femme-médecine

    J’ai rencontré l’une des leurs qui a daigné se mettre à nu
    Pour me présenter sa science issue des femmes-médecines.
    D’abord la magie n’est qu’un leurre afin de couvrir l’inconnu
    Et protéger de l’inconscience toute aversion de leurs racines.

    Bien sûr, leurs filles sont sacrées et leurs fils leur sont dévoués
    Pour les nourrir et pour parer à tous dangers de l’extérieur.
    Ainsi les femmes consacrées à leurs pratiques inavouées
    Ont le champ libre pour préparer leurs âmes au stade supérieur.

    Comme pour me récompenser de l’avoir longtemps écoutée,
    Elle m’offrit son amour, sans doute, pour partager l’esprit divin
    Comme une levure condensée qui relève le cœur ajouté
    D’un soupçon de deux ou trois gouttes qui font office de levain.

    Illustrations de Jean-Sebastien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbachPortraits .

  • Carrousel pour trois chevaux – 2

    Carrousel pour trois chevaux - 2

    Ils étaient trois chevaux sauvages qui mutaient au fil des saisons ;
    Belle robe brune au printemps, puis en été robe isabelle.
    Après plusieurs mois d’estivage, après le temps des floraisons,
    Les poils transmutent en se teintant de tonalités mirabelles.

    Puis vient la rouille et puis vient l’ambre pour se cacher dans les forêts ;
    Robes d’or au soleil levant et cuivrées au soleil couchant.
    Et chaque mois jusqu’en décembre, des pelages les plus colorés
    Passent en courant dans le vent dans un spectacle effarouchant.

    En hiver la mode est au blanc, gris, perle, argent et opaline
    Selon s’il neige, selon le temps, selon la bise qui oppresse.
    On les raconte ressemblant à des déités chevalines
    Issues de contes relatant leurs épopées enchanteresses.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

  • Les femmes-médecines

    Sirènes des bois, chimères des mers, de quelles légendes viennent-elles ?
    De sociétés matriarcales où les femmes dirigent leurs mondes ;
    Indigènes aux yeux outremer nées de déesses immortelles
    Dont les racines ombilicales plongent dans les forêts profondes.

    Femmes-médecines de mères en filles qui se transmettent leurs secrets
    Dans la matrice en gestation et par leurs âmes communautaires.
    Ainsi s’agrandit la famille qui, par le féminin sacré,
    Évolue dans l’acceptation de leur système immunitaire.

    Elles ne nourrissent pas seulement leurs enfants du lait de leurs seins
    Mais de la tradition orale des origines de la Terre.
    Leurs dons provient d’enseignements impénétrables aux médecins
    Et leurs écoles doctorales mais par théurgie sanitaire.

    Illustrations de Jean-Sebastien Rossbach sur https:cargocollective.comjsrossbachPortraits .

  • Carrousel pour trois chevaux – 1

    Ils étaient trois chevaux sauvages, toujours ensemble, inséparables,
    Mais tout autant insaisissables ; ils disparaissaient dans le vent.
    Sans doute contre l’élevage dans des haras indésirables,
    Hostiles à l’inassouvissable désir de l’homme démotivant.

    Ils n’apparaissaient que le soir, surtout les nuits de pleine Lune
    Où ils tournaient comme un manège autour d’un arbre séculaire
    Faisant office d’ostensoir pour une liturgie peu commune
    Envers une déesse des neiges d’une blancheur spectaculaire.

    De temps en temps, ils étaient quatre ; sans doute un cheval de passage
    Venu partager la parade et s’initier au rituel.
    Alors dans la lumière albâtre commençait son apprentissage
    Laissant le nouveau camarade hennir d’un chant spirituel.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

  • Renversant !

    Renversant !

    Qui inverse la droite et la gauche ? Qui fait voir des hauts et des bas ?
    Qui fait avaler des couleuvres ? Qui coupe et réécrit l’histoire ?
    Qui est-ce qui trouve de l’embauche en traversant en djellaba
    La rue et qui met tout en œuvre pour ses projets contradictoires ?

    C’est le miroir du président qui nous met la tête l’envers
    Avec ses illusions d’optique et ses programmes renversants.
    C’est le pouvoir du résident du palais mytho et pervers
    D’où sortent des lois utopiques et leurs décrets bouleversants.

    Illustration d’Andrey Popov.

  • Fourberies masquées

    Fourberies masquées

    Prochainement sur vos écrans, toutes vos stars seront masquées
    Car aujourd’hui pour progresser il ne suffit pas de coucher
    Mais de ne pas se mettre à cran contre le pouvoir offusqué
    De voir la Jetset transgresser tous les mensonges mal embouchés.

    Tous les acteurs sont réunis et rallient le panache blanc
    De notre bon roi au long nez aux caractères des plus flagrants.
    Les contrevenants qui renient subiront des faits accablants
    Qui leur feront abandonner rapidement la cour des grands.

    Illustration d’Andrey Popov.

  • Entre deux eaux bleues et vertes

    Entre deux eaux bleues et vertes

    Printemps pourri, été pourri et qu’adviendra-t-il de l’automne
    Ainsi que des autres saisons après un hiver détestable ?
    Déjà les rivières trop nourries débordent de leurs eaux gloutonnes
    Et envahissent les maisons d’une manière incontestable.

    Sans doute une révolution dans l’évolution des humains
    Qui vont s’en retourner dans l’eau, du moins jusqu’à hauteur du nez.
    Et malgré la résolution de ne pas rebrousser chemin,
    Ce sera à chacun son lot avec poissons importunés.

    Tableau de Zhongwen Yu.

  • Entre deux bleus entre deux verts

    Quand la nature va à vau-l’eau et que tout projet tombe à l’eau,
    Faut-il accepter son destin ou se débattre davantage ?
    Trop tard ! Le cheval au galop nous plonge dans un triste lot
    Et les poissons font un festin dans nos réserves de potages.

    C’est trop tard pour un dernier verre, d’ailleurs j’ai de l’eau jusqu’au nez !
    Va-t-il me pousser des branchies pour mes poumons appareiller ?
    Ceci sera mon dernier vers ; adieu humains infortunés !
    Mais non ! Je me suis affranchi du rêve et me suis réveillé !

    Tableaux d’Elena Vizerskaya sur http:bcr8tive.comsurreal-photo-manipulations-by-kassandra-vizerskaya .

  • Le labyrinthe des seins

    Le labyrinthe des seins

    Dans le labyrinthe des seins ma main aveugle de tendresse
    Cherche à tâtons le souvenir de l’enfançon qui s’en abreuve.
    Pourtant quel étrange dessein qui se poursuit avec adresse
    Aussitôt qu’il voit survenir à nouveau la sensuelle épreuve !

    Souvent mon regard tortueux se doit de frayer le passage
    Parfois mon chemin tout tracé révèle bien plus qu’il me montre.
    Rarement irrespectueux mais à la limite d’être sage
    Dans le souhait d’en embrasser le fruit qui survient à l’encontre.

    Illustration de Victo Ngai sur https:www.thisiscolossal.com202205victo-ngai-illustrations .

  • Tout est dans ta tête !

    Tout ton cerveau ne sert à rien et tes neurones sont superflus
    Car c’est dans l’œil que tout se passe – tu n’as pas besoin d’autre chose.
    Si par principe tu es terrien, ni gros, ni maigre, ni trop joufflu,
    Et que tu ôtes ta carapace examine alors ta morphose :

    Tranquillement bien installé dans son enveloppe crânienne,
    Ton œil fait une première ébauche de ce qu’il observe au-devant,
    Puis il le note, intercalé de manière assez draconienne
    Qu’il oubliera – car il est gauche – le droit étant le plus savant.

    L’œil droit, voit tout, sait tout, veux tout ! Toujours vif, jamais assoupi !
    Chez l’homme doté de rayons X et chez la femme d’une calculette.
    Inquisiteur, passe-partout, il est curieux comme une pie
    Qui vole avec une idée fixe tout c’qui lui tombe sous la houlette.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les louves solitaires

    Le mâle alpha, chef de sa harde, s’accouple à la femelle alpha
    Et devient parent de sa meute, portant le masque du courroux.
    Chez l’homme, le chef de la horde, roule en BM ou en Alfa
    Pour déguerpir en cas d’émeute plus vite sur les chapeaux de roues.

    Tout comme les loups solitaires, des femmes à l’esprit revêche
    Dédaignent et fuient l’instinct grégaire qui leur font fonder des familles.
    Elles choisissent une vie salutaire loin des cités qui les empêchent,
    Malgré des préjugés vulgaires, de vivre libres et vieilles filles.

    J’en ai rencontré sur ma route qui n’aimaient pas du tout les hommes
    Et dont les vaines conversations tournaient toujours autour du mâle.
    Bien qu’elles m’aient mis en déroute, bien vite avant qu’elles m’assomment,
    J’ai fui leurs tergiversations et leurs pires fièvres animales.

    Tableau d’Anne Patay.

  • Les lèvres embouchées-à-la-reine

    Souvent, elle écoute sa voix par l’électrophone instrument
    Qui lui rappelle à chaque face, vingt minutes de vocalises.
    Aussitôt le premier envoi, elle redevient éperdument
    Son amoureuse boniface dont le corps s’instrumentalise ;

    Elle accompagne en gémissant d’un joli timbre vibrato
    Un chœur diphonique en sourdine évoquant le chant des sirènes.
    Sein nu, mamelon frémissant, stacatto non moderato,
    Ainsi jouit la gourgandine aux lèvres embouchées-à-la-reine.

    Tableaux de Karl Hofer.

  • Louve parmi les loups

    Louve parmi les loups

    Parmi les loups, la femme est louve mais une louve inspiratrice
    Qui guide le chef de la meute vers les territoires de chasse.
    Parmi les coqs, la femme couve la descendance initiatrice
    Qui part à l’aube et se rameute quand soleil et nuit se pourchassent.

    Parmi les loups, la femme est mère qui transmet force et tradition
    À ses filles qui, à leur tour, orientent les fils de la horde
    Parmi lesquels elles énumèrent toutes les âmes en addition
    Sur la Terre et ses alentours, partout où son peuple s’accorde.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron sur www.jeannesaintcheron.com .

  • Au cœur du rêve et sa raison

    Aux toutes premières secondes du rêve qui commence,
    Le parfum de l’oubli inhibe la conscience.
    Le cœur et la raison débutent une romance
    Qui les entraîne alors loin de toute science.

    Au pays des envies, fantasmes inassouvis,
    Évolue leur croisière en pleine absurdité.
    Ici, tous les possibles, les désirs assouvis,
    Ont droit à l’existence en toute validité.

    Le rêve se poursuit au fur et à mesure
    Que montent les étages jusqu’au siège de l’âme.
    Ici, tout est permis, surtout la démesure
    Qui fait briller l’espoir dans une grande flamme.

    Aux toutes dernières secondes du rêve qui prend fin,
    Le corps sonne l’appel et réclame la veille.
    Le cœur et la raison reviennent des confins
    D’où ils ont rapporté mille-et-une merveilles.

    Tableaux de Michael Bergt.

  • Séléné

    Séléné

    Ah, Séléné, je me souviens quand j’étais souvent dans la Lune,
    Envoûté par mes rêveries et leur attraction adéquate !
    Encore aujourd’hui j’y reviens souvent dans tes nuits opportunes
    Quant ta flèche de sournoiserie se fixe dans mon âme benoîte.

    J’y croise Artémis et Hécate qui forment la triade lunaire ;
    J’y bois à la santé d’Hélios qui passe sur son char solaire ;
    J’y partage leurs délicates fines spécialités culinaires
    Jusqu’à ce que la belle Éos m’ouvre l’aurore corollaire.

    Et je reviens clopin-clopant de l’aventure parcourue
    Dont je transcris au point du jour les souvenirs qui s’évaporent
    Bien vite en les enveloppant avant qu’ils aient tous disparu
    Ainsi mon esprit les savoure et mon cœur se les incorpore.

    Tableau de Jules Louis Machard.

  • La mémoire du corps

    Dans un univers matériel, le temps est la trace de l’âme
    Et le corps n’est que passager dans son espace spirituel.
    L’amour, plutôt immatériel, incarne la petite flamme
    Qui va, dans le cœur, ravager ses sentiments habituels.

    Que reste-t-il après la mort d’une existence inassouvie ?
    Pour les autres, juste un souvenir que l’on oublie dans une armoire ;
    Habit usé par les remords accumulés dans une vie
    Et qui s’en va sans prévenir rejoindre l’astrale mémoire.

    Tableau de René Magritte.

  • La quatrième nuit chevaline

    La quatrième nuit chevaline

    Lune Nouvelle, bonne nouvelle, tout l’univers complémentaire
    N’est que cycles de vies et de morts qui se propagent à l’infini.
    Tout ce qui vit se renouvelle comme un besoin élémentaire
    De s’améliorer sans remords et sans objectif défini.

    Si entre mon cheval et moi, s’est créé la complicité,
    Sans doute nous sommes nous connus sous d’autres formes d’existences.
    À chaque rencontre, quel émoi de faire avec simplicité
    À nouveau ces rites inconnus qui reviennent avec persistance.

    Juste avant l’aube, un rayon d’or, comme un signal prémonitoire,
    Nous annonce le prochain retour de la période d’ascension.
    Tandis que la forêt s’endort d’un profond sommeil méritoire,
    On voit mourir aux alentours des feux follets en suspension.

    Tableau de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

  • La quatrième lune chevaline

    La quatrième lune chevaline

    Après mes trois premières lunes, nous étions, mon cheval et moi,
    Connectés de pensées communes comme si nous étions siamois.
    Je sentais son corps intensif et son cœur d’essence chevaline
    Et lui, mon esprit expansif et mon âme toute féminine.

    Enfin la quatrième lune, empreinte de témérité
    Sans la science inopportune à connaître la vérité,
    Nous ouvrit cette dimension qui échappe à l’entendement
    Par la force de l’intention qui entraîne l’enfantement.

    Ainsi lovée telle un fœtus contre mon Pégase amoureux,
    Dans la position du lotus, je sentis mon cœur langoureux
    Battre d’une énergie sensible avec celui de ma monture
    Qui me fécondait impassible par le pouvoir de la Nature.

    Tableau de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

  • Les trois lunaisons chevalines

    Premier quartier, la nuit sereine ouvre la première semaine
    Où je sens dans l’obscurité l’esprit des arbres de la forêt
    Qui se répand dans les arènes, loin des activités humaines,
    Que forment par maturité maintes clairières phosphorées.

    En Pleine Lune, méditation, réflexion et recueillement
    Des énergies de la Nature fécondée du halo lunaire.
    Un temps de préméditation quant au prochain effeuillement
    Comme une mort qui fait pâture de nos mémoires lacunaires.

    Dernier quartier, la nuit s’endort vers une amnésie absolue
    Comme si la région entière nécessitait la digestion.
    Sous la voûte d’étoiles d’or, nous marchons d’un pas résolu
    Vers cet oubli hors des frontières de nos perceptions en question.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

  • Les trois lunes chevalines

    Inévitable était le mot pour mon parcours initiatique
    Où je devais, seule, à cheval, traverser ma nuit solitaire.
    La Lune conjointe aux gémeaux, dédoublée et énigmatique,
    Rayonnait dans un festival d’étoiles tout autour de la Terre.

    Ma solitude fut troublée lorsque mon cheval me parla
    Comme si la Lune le dotait d’une aura de divinité.
    Je fus, moi aussi, affublée d’une couronne de mandalas
    En même temps qu’il me chuchotait les secrets de l’humanité.

    Quand l’aube creva les ténèbres, clôturant ma première nuit,
    Mon cheval répétait encore une fois tout c’ qu’il m’avait appris ;
    Ainsi quand le soleil célèbre un nouveau jour épanoui,
    Le cœur rayonne sur le corps et l’âme ressource l’esprit.

    Tableaux de Fefa Koroleva sur https:fineartamerica.comprofilesfefa-koroleva .

  • Les ailes de l’environnement

    Les ailes de l’environnement

    Ce que la Nature nous donne, la Nature nous le reprend
    Et nous le renvoie sous la forme d’une pollution dégradée.
    Notre avenir nous abandonne pourtant personne ne comprend
    Qu’ après avoir franchi les normes, nous allons tous rétrograder.

    Toute la civilisation porte son poids sur nos épaules
    Comme une paire d’ange déchu qui s’est cru le roi de la Terre.
    Sans doute la mondialisation qui s’est étendue jusqu’aux pôles
    Aura son chant du cygne fichu… sa chute étant élémentaire †.

    (Tableau d’Elena Vizerskaya sur http:bcr8tive.comsurreal-photo-manipulations-by-kassandra-vizerskaya
    † Mon cher Watson !.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.