Le jeudi fou, à l’aventure, je jette un dé ensorcelé ; Vendredi, mes pions en déroute mettent en échec le fou du roi. Samedi, départ en voiture sur chapeaux de roues morcelées ; Enfin dimanche, sur la route, vient ma dame en plein désarroi.
Si j’étais né un onze octobre plutôt qu’en septembre ou novembre, Je serais né entre deux guerres, terrorisme ou bien armistice. Selon les chemins de l’opprobre ou ceux de la carte du tendre, Mon libre-arbitre n’apparaît guère plus qu’une destinée factice.
Fille de maîtresse de roi, au carrefour de mille intrigues, L’écrivaine à l’encre violette écrit la liberté d’aimer Au fil des rapports très étroits avec une femme prodigue Dont les passions à la volette furent, devant Dieu, blasphémées.
Portrait de Vita Sackville-West durant ses amours passionnées avec Violet Trefusis.
Lorsque mes rêves s’évaporent et que ma conscience revient, Mes souvenirs alors ressemblent à un véritable chaos. Ces bribes se réincorporent dans ma mémoire qui provient Des âmes errantes qui se rassemblent pour me faire un coucou d’en-haut.
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Ève semblait tout feu, tout flamme lorsqu’Adam la décapsula Car elle pétillait d’amour et d’une énergie volcanique. Ainsi lorsqu’il connut sa femme, au moment où il éjacula, Elle objecta avec humour : « C’était juste un brin laconique ! »
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Le canif perpétue la Suisse et la femme, l’humanité ; Toujours prête à ouvrir les cuisses et subir la maternité. Toujours pliée pour servir l’homme et nourrir toute la famille ; Elle a décroché son diplôme et mérité son estampille.
Si, à la création du monde, Ève était venue en premier, Dieu aurait jugé inutile de lui adjoindre, pour les naissances, Un homme à l’âme vagabonde qui dormirait sous les pommiers Et jaugeant sa femme bien futile d’accéder à la connaissance.
La mienne naquit en Bourgogne, passa son enfance au Maroc, Son adolescence à Paris et helvétisa sa carrière. Eh bien, je vous dis sans vergogne, il n’y a aucune équivoque, Elle sort du meilleur gabarit qui fait les belles aventurières.
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Je suis reparti à zéro pour toute une vie de labeur Car je n’étais qu’un animal qui avait à faire ses preuves. Puis, j’ai rêvé d’être un héros tapi dans l’ombre de mes peurs Qui aurait combattu le mal et surmonté maintes épreuves.
J’ai laissé rouiller ma guitare de peur d’en gâcher la musique Et ne pas être reconnu comme un musicien émérite. Un don affecté d’une tare qui masque l’envie narcissique, L’espoir profond d’être connu pour mon génie et mon mérite.
La timidité m’embarrasse, alors la rouille a rejeté Les ambitions démesurées de ce Surmoi entourloupeur. Aujourd’hui je me débarrasse de cet appétit projeté Sur l’écran du Moi torturé et je cesserai d’avoir peur.
Le jeu de la vie me dépasse tant il emprunte de chemins Qui aboutissent à des impasses qui mettent fin aux lendemains. Pour remporter cette aventure, je dois naître, vivre et mourir Tout en respectant la nature, la préserver et m’en nourrir.
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La digestion suit le parcours d’un tunnel en colimaçon Où chaque étape est dirigée selon l’organe et sa vertu. Dans l’estomac, passez trois tours ; doucement avec les boissons Car le foie peut rediriger tout vers le haut et c’est perdu !
Si vous atteignez l’intestin, avec le reste du festin, Suivez bien ses callosités avec méticulosité. Le chemin peut paraître long mais arrivé dans le colon, Tout est transformé en humus évacué au terminus.
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La grotte a fermé son orbite et son œil s’est fossilisé Sur les images quotidiennes des héritiers du crétacé. Seule la mémoire encore habite loin du monde civilisé La surface choroïdienne de la rétine du passé.
Comme il pleut toute la journée, j’observe octobre par les fenêtres Pour me moquer de ceux qui passent tandis que je reste chez moi. Le facteur faisant sa tournée en protégeant toutes ses lettres, Les promeneurs de chiens de race, surtout si ce sont des pékinois.
La fille aux yeux vairons m’interpelle et m’embrouille Dans les petits détails où se perdent mes yeux. Mais nous nous reverrons dans mes rêves de rouille Qui forment un éventail de charmes camaïeux.
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Quand les éléphants voleront en montgolfière comme des paons, Sous les ponts, les eaux couleront … mais où sont les neiges d’antan ? Quand les gorilles rouleront à trottinette et sans bavure, Des dents aux poules pousseront … tous les goûts seront dans la nature.
Quand les girafes vogueront en paquebot transatlantique, Les belles-mères se montreront d’une nature pacifique. Quand les baleines danseront en petits chaussons et tutus, Les carpes alors s’exprimeront en s’écriant « Turlututu ! »
Octobre nous métamorphose toutes les feuilles des forêts Converties aux dieux de la rouille auxquels elles ont succombé. Octobre mêle ciels de rose aux brumes et nuages dorés Qui sanglotent avec les citrouilles leurs regrets aux feuilles tombées.
La maison de Cadet Rousselle, qui n’a ni poutre ni chevron, Présente aussi des murs bizarres, un toit sans tuile ni ardoise. Dans les gouttières, l’eau ruisselle pour arroser quelques poivrons Qu’il fait sécher dans un bazar tenu par Madame Courtoise.
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Monsieur du Spermatozoïde et Madame du Saint-Ovule Ont décidé de fusionner, pour le meilleur et pour le pire, L’histoire d’un humanoïde qui commence à coincer sa bulle Comme un ange désillusionné qui rêve le temps d’un soupir.
Le dieu de l’amour me créa et la lumière m’apparut Au fond du berceau utérin d’où coulait ma source de vie. Et me voici, beau lauréat, à l’auréole disparue, Prince d’un palais souverain où ma génitrice me convie.
Louve chez les clans canidés, femelle reine et souveraine ; Panthère chez les félinités, déesse pour les loups lubriques ; Femme chez les hominidés, finalement contemporaine, Elle défend sa féminité face aux dérives idolâtriques.
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Toutes ces créatures d’or s’éparpillent sous les pinceaux Dans les nuages impressionnistes du peintre fou du mois d’octobre. Et l’automne conquistador lance ses troupes à l’assaut En déployant d’antagonistes couleurs d’alcool et teintes sobres.
Quand l’imagination aura percé le mur de la gravitation, Ce sera comme si l’humain découvrait sa vraie puberté. Le cœur sera bouleversé mais le corps en lévitation Atteindra alors le chemin qui mène vers la liberté.
À condition de m’en servir avec la poudre d’escampette, J’utilise la clef des champs qui ouvre toutes les serrures. Elle me permettrait d’assouvir n’importe quelle galipette Si je développais un penchant mettant mon honneur en gageüre.
Dans mon esprit en labyrinthe, j’ai découvert des caractères Dont la nature cloisonnée ne s’exprime qu’à l’occasion. Il n’existe aucune contrainte qui puisse m’obliger à me taire Car des pensées empoisonnées y font souvent des invasions.
Ce soir au crépuscule, ma muse devient plume Plongée dans la lagune d’une encre bleue de nuit. La lumière bascule ; l’ombre s’allie à la brume ; Le soleil et la lune prennent un bain de minuit.
Jusqu’à la dernière heure de ce mois de septembre, Les vagues font briller les reflets doux-amers. Ma muse, en éclaireur, sur la carte du tendre, Plonge dans l’encrier des ombres de la mer.
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Dans l’industrie alimentaire qu’on voit régner en occident, Les réserves excédentaires réclament des antioxydants. Bonne nouvelle cette automne ! La rouille se couvre de vers Et les denrées en kilotonnes se conserveront tout l’hiver.
Usine alimentaire américaine d’Armour Meat à New York dont les produits sont assurément ferrugineux.
Les années à toute berzingue ont tant usé le temps qui passe Qu’elles ont déposé de profondes cicatrices au charme ferrique. J’en veux pour preuve ces carlingues qui sillonnaient les grands espaces Et qui aujourd’hui se morfondent de leurs vieux rêves d’Amérique.
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Au premier dimanche d’automne, dernier dimanche de septembre, L’été a semé ses adieux pour des rendez-vous ultérieurs. Fuyant les journées monotones, elle reprend la route du tendre À guetter l’amour radieux en dévoilant son postérieur.
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Quand l’amour attend au feu rouge, tous les sentiments sont bâchés Derrière un voile de fierté mais aussi de timidité. On a peur de tout ce qui bouge, on a peur des démons cachés Qui offriraient la liberté à un peu de féminité.
Quand l’amour atteint le feu vert, tous les sentiments sont lâchés ; Les beaux regards trouent la frontière des protections et des huis clos. Le cœur et l’esprit persévèrent à s’échapper pour s’attacher À passer une vie entière à oublier tous ses sanglots.
Ce temps qui paraît immobile entre passé et avenir Se dissémine en vaguelettes qui forment l’écho du présent Dont la couleur indélébile s’imbibe dans mes souvenirs Et s’éparpille en ondelettes comme un démon omniprésent.
Les vieilles prières oubliées qui n’ont pas pu être exaucées Rouillent dans les vieilles chapelles au vitraux sales empoussiérés. Mais à travers le bouclier d’anges de lumière exhaussés, Quand sonnera-t-on le rappel des intérêts sur arriérés ?
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Quand Émilie du Châtelet cultivait son jardin d’Eden, Les belles-de-nuit, les belles-de-jour paraient ses quartiers de noblesse. Des grands rois jusqu’aux roitelets, tous désiraient la châtelaine En brûlant, aux feux de l’amour, l’ardeur qui faisait leur faiblesse.
Tableau « La Réunion de Beltane » 2011 par Émilie Balivet.
Quand le candide entrouvre la porte de sa foi, L’âme quitte sa cage et remonte vers Dieu. Alors il se découvre une nouvelle fois Devant le beau mirage d’un soleil radieux.
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J’ai croisé une paire de fesses qui s’agitaient, jambes en l’air, Dont la douce voix d’outre-tombe semblait sortir de sa culotte… Mes amis, je vous le confesse, ce sont mes rêves à l’envers Qui provoquent cette hécatombe d’imaginations rigolotes.
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Parmi les lois de l’univers qui, soi-disant, règlent le monde, La loi de Murphy nous annonce qu’il ira de plus en plus mal. Les accidents, les faits divers et les catastrophes immondes Agissent pour que l’on renonce à estimer ça anormal.
(La loi de Murphy, développée par Edward A. Murphy Jr, un ingénieur aérospatial américain qui en énonça le premier le principe, est un adage qui s’énonce de la manière suivante : Tout ce qui est susceptible d’aller mal, ira mal. Collage de Salavat Fidai.)
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Adam était-il volontaire pour gouverner sans vanité La Terre et tous ses animaux jusqu’à l’extinction de la race ? Ève était-elle solidaire pour reproduire l’humanité Avec d’infinitésimaux petits défauts sous la cuirasse ?
Combien y-a-t ’il eu de versions d’Adam et Ève ? On ne sait pas ! Dieu a dû faire des brouillons qui semblaient parfois promettants. Aussi, n’ayons pas d’aversions à activer notre trépas, Surtout si nous nous débrouillons à nous montrer incompétents.
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Juste avant que l’été s’en aille, j’ai pris ce coucher de soleil Dont les couleurs faisaient écho aux camaïeux d’ocre et de rouille. Que voulez-vous ? Vaille que vaille, il faut que se mettent en sommeil Les ultimes coquelicots pour que s’éveillent les citrouilles.
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Ce que le printemps déverrouille et que l’été laisse blondir Donne aux jolies fleurs de saison les belles couleurs de la mode. Mignonne, allons voir si la rouille, que ce matin fait resplendir, Met l’automne dans ta maison pour que ton cœur s’y accommode.
Les anges auraient dissimulé, sur la face cachée de la Lune, Un commandement inédit gravé dans un calendrier. Les USA ont stipulé que cette trace inopportune Aurait jeté le discrédit sur l’exploit des scaphandriers.
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Nous n’irons plus jamais poser le pied de l’homme sur la Lune ; Les américains ont triché en montrant leurs photo-montages. Récemment, d’aucuns ont osé censurer, pour raison de thunes, Leur chère fusée affichée bien qu’il s’agisse d’un hommage.
Quand elle n’a pas fait l’amour pour magnifier sa victoire, La reine passe une nuit blanche ; le roi est parti en tournée. Elle veille jusqu’au petit jour dans son coin sans faire d’histoire Mais comme aujourd’hui, c’est dimanche, elle dormira toute la journée.
Poissons qui volent dans l’azur, oiseaux qui nagent en profondeur, Je vois mes rêves à l’envers poursuivre ma vie de bohème. À contrepied, contremesure, j’entends l’écho d’un répondeur Me dicter le message en vers de cet insolite poème
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Selon les saisons de l’amour, ses ondes tournent et virevoltent ; Du printemps, lorsqu’il recommence à marier les amoureux ; De l’été, beau comme le jour, quand il fait mûrir les récoltes ; De l’automne, lorsque les semences s’ocrent d’un rouille langoureux.
Selon les histoires d’amour, ses coups de cœur sonnent l’alarme ; Du début, lorsqu’elle aperçoit le héros de son propre roman ; Au milieu, quand le troubadour, à son tour, tombe sous le charme ; Enfin, quand le couple conçoit le fruit de leur rapprochement.
Selon les phases de l’amour, ses fluides apportent l’ivresse ; Les préliminaires s’accordent entre les corps et les caresses ; Les va-et-vient, les coups de bourre, guident les cœurs vers l’allégresse ; Et l’orgasme final déborde sur une joie enchanteresse.
L’œil succombe au charme hypnotique grâce aux mémoires magnétiques Inscrites dans les profondeurs de nos racines corticales. Ainsi, les ondes érotiques sont conformes à la génétique Et s’harmonisent aux rondeurs horizontales et verticales.
Si l’esprit reste imperméable à comprendre ses émotions, Le cœur s’accroche et se cramponne à ce qui lui est révélé. Ainsi la chair est malléable soumise à la fascination De lingeries qui s’enjuponnent et de corsages auréolés.
L’amour connaît une science assez difficile à cerner Mais dont les effets secondaires secoue le corps dans un séisme. L’amour éteint notre conscience pour que le cœur soit gouverné Par l’attirance complémentaire d’un érotique mécanisme.
Au milieu du peuple qui gronde et des gilets jaunes qui crient Sur le président qui s’éclipse dès qu’on en appelle à son fric, Dans tous les ronds-points à la ronde et les carrefours circonscrits, C’est la joyeuse apocalypse à l’intérieur du périphérique.
En promotion sur Amazon, ces ailes d’azur et topaze Équiperaient les Gilets Jaunes pour les transformer en Pégase ! Les forces du maintien de l’ordre pourront viser ces dissidents Qui botteront dans le désordre le cul de notre président.
Quand nous voyons sur l’horizon la lune rousse se lever Et montrer sans hésitation des voyages inopinés, Alors nous nous autorisons à ce que nous soit révélées Les plus belles destinations que nous n’aurions pu deviner.
Photo du Lever de pleine lune au phare des Perdrix par Mathieu Rivrin à http:www.mathieurivrin.com .
Ce petit côté animal qui fait le charme féminin, Tantôt ange et tantôt démon, selon le côté subjectif, Petit elfe subliminal à l’air mauvais, à l’air bénin, Dressé comme un mât d’artimon pour pointer vers son objectif.
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Pouvoir d’attraction et de charme au-delà de la séduction ; Pouvoir de procréer la vie par la chaîne matriarcale ; Pouvoir qui séduit et désarme les intentions de destruction ; Pouvoir qui provoque l’envie de son désir patriarcal.
Quelque chose dans son regard me rappelle un dieu créateur Qui chercherait à discerner si je conviens à ses désirs. Et je reste les yeux hagards, troublé par l’être prédateur Dont la beauté va gouverner tout ce que son cœur saura saisir.
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