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  • Miroir, je t’aime

    Miroir, je t’aime

    Miroir, j’aimerais pénétrer ton univers inaccessible
    Où je me croise reproduite à l’inverse de ce que je suis.
    Lorsque je me trouve empêtrée dans tes reflets irréversibles,
    J’y vois mon âme réintroduite dans l’infini qui me poursuit.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Le vieux port

    Le vieux port

    Du haut des mâts customisés, comme disent les marins anglais,
    mille mouettes se disputent au sujet des anémomètre.
    Les cliquetis synchronisés à leurs querelles étranglées
    Donnent la réplique et discutent au rythme du maréomètre.

    Tableau d’André Lhote.

  • Fréquences félines – 2

    Fréquences félines - 2

    Le temps du souvenir, devenu éternel,
    Accompagne mon âme vers un autre chemin.
    Que va-t-il advenir de mon habit charnel ?
    Rien qu’une petite flamme qui s’éteint dans ma main.

    Au-delà de l’espace, hors du cycle de vie,
    Que le fleuve des morts me ramène à la mer !
    Qu’un souffle à marée basse vaporise l’envie
    De revenir à bord dans le sein de ma mère.

    Illustration de Dusty Ray.

  • Fréquences félines – 1

    Fréquences félines - 1

    Quand le chat est sorti, les souris ont dansé.
    Quand mon chat est parti, tous nos yeux ont pleuré.
    Plus le temps amortit nos dolentes pensées,
    Plus le deuil imparti reste à peine effleuré.

    Je revois son image partout en hologramme
    Sur le lit, dans l’armoire, comme en surimprimé.
    Je lui fais cet hommage dont les cinq kilogrammes
    Pèsent dans ma mémoire à jamais déprimée.

    J’ai parcouru une cinquantaine de sites mais impossible de trouver l’auteur de cette magnifique illustration ; si quelqu’un peut m’aider…

  • L’arbre féminin

    L’arbre féminin

    L’arbre au cordon ombilical comprend une branche maîtresse
    Indépendante de son tronc mais à la vie subordonnée.
    Coule une sève musicale qui répand l’onde d’allégresse
    Comme un nuage d’électrons autour des fleurs coordonnées.

    Tableau d’Autumn Skye.

  • De la guitare

    Depuis ma première guitare, mes chansons ont pris le chemin
    Tracé par Georges, mon idole, et les rockers américains.
    Avec quelques copains fêtards, on a connu des lendemains
    Qui chantent avec des farandoles au cours des bals républicains.

    Entre le folk et l’électrique, ses autoroutes et ses bretelles,
    J’ai perdu mon LA authentique comme le joueur de flûteau.
    Et la techno volumétrique au son mécanique et mortel
    Me rend souvent si nostalgique que mon cœur pleure en vibrato.

    Tableaux de Pablo Picasso. Hommage au « petit joueur de flûteau » de Georges Brassens.

  • Le repas des pêcheurs

    Le repas des pêcheurs

    Une habitude rituelle, comme une messe mécréante,
    Réunissait ces camarades, grands pêcheurs devant l’Éternel.
    Quelques tournées spirituelles dans l’atmosphère bienséante
    D’un troquet au bord de la rade sacraient ce repas fraternel.

    Tableau d’André Lhote.

  • Juste avant la petite mort

    Juste avant la dernière étape, je m’arrêterai un moment
    Avant d’aborder la montagne où je suis sensé m’éprouver.
    Après, auront lieu des agapes avec le vin et le froment
    Partagées avec les compagnes qui seront venues m’approuver.

    Une chapelle en Slovénie.

  • Dans l’eau de la salle de bain

    Dans l’eau de la salle de bain, elle s’en fut suer toute nue
    Puis, dans la cabine de douche aux effets de brume amoureuse,
    S’introduisit son concubin, armé d’intentions soutenues,
    La baisa d’abord sur la bouche puis, d’une étreinte langoureuse.

    La suite fut l’histoire ordinaire dans un moment d’intimité
    Où les échanges de pudeurs voltigèrent à toute vapeur.
    Après cela, ils s’obstinèrent sans autre légitimité
    Que d’apprécier l’impudeur de faire l’amour dans la sueur.

    Photos de Jacob Sutton.

  • Sous le signe des montgolfières

    Dès que le bélier, monte-en-l’air, nous quitte le plancher des vaches,
    Les gémeaux font des soubresauts et le cancer, des entrechats.
    Le lion rugit de colère tandis qu’il brandit sa cravache
    Et le scorpion monte à l’assaut de la vierge percée de son chas.

    D’un courant d’air, le sagittaire jette à la mer le capricorne
    Qui se balance de tout son lest et tombe parmi les poissons.
    Ainsi l’on vit les montgolfières prendre le taureau par les cornes
    Recto-verso, d’est en ouest, le jour de la fin des moissons.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • En passant

    En passant

    La mode transforme le monde et chacun fait ce qui lui plait
    Mais la tenue vestimentaire sert d’expression ou bien de masque.
    Habits neufs ou fringues immondes ? La vogue s’étale au complet
    Selon la source alimentaire ou les aspirations fantasques.

    En passant dans les rues piétonnes, j’aime bien observer les gens ;
    Je les admire ou je m’en moque selon l’effet photographique.
    Particulièrement quand détonne des jeunes femmes voltigeant
    Dans une tenue qui provoque l’envie d’un œil pornographique.

    Tableau de Josef Kote.

  • Temps illusoire

    Temps illusoire

    Les couloirs du temps s’entrecroisent selon l’humeur de mes pensées
    Comme les chambres d’un hôtel où je vivrais différemment.
    Ici, j’aimerais une belle hongroise ; là, je serais récompensé ;
    Ailleurs j’irais devant l’autel d’un dieu au bon tempérament.

    J’aurais préféré la déesse de l’amour et tous les plaisirs ;
    Le temps me joue des mauvais tours et ne m’emmène pas où je veux.
    Tantôt c’est selon mes prouesses et tantôt selon ses désirs ;
    J’en profite pour faire l’amour toutefois tant que faire se peut.

    Tableau d’Andrew Ferrez.

  • Vers un monde urbanisé ?

    Vers un monde urbanisé ?

    Toutes ces constructions modernes qui prétendaient nous rassurer
    En poussant les miasmes morbides accumulés autour de nous,
    Forment un monde qui nous materne avec son progrès assuré
    Mais dont les séquelles font un bide et nous font courber les genoux

    Les voies de communications nous promettent un rassemblement
    Par des campagnes politiques comme un voyage organisé.
    Les voies de la respiration en ont décidé autrement
    Par une réaction critique face à ce monde urbanisé.

    Photo de Jean-François Rauzier.

  • Nouvelles perspectives

    Nouvelles perspectives

    On nous éclaire la chandelle avec de fausses perspectives ;
    L’autorité au premier plan s’enfonce bien souvent dans l’ombre ;
    Les états visent un objectif qui se trouve hors de leur portée
    Et l’avenir à l’horizon penche lourdement vers le passé.

    Les accords entre les pays reposent sur des utopies
    Et des traités vite dépassés par le cours des événements.
    Les religions croient faire face mais ne montrent que d’inepties
    Devant ce monde d’illusion qui ne propose que mirages.

    (Gravure « Satire de la fausse perspective » de William Hogarth.
    À lire sur http:figuresambigues.free.frPeinturehogarth.html#axzz6HL9q9fFp )

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tendres ingénues

    Quel plaisir de se baigner nues et retrouver les origines
    De notre matrice utérine auprès de notre génitrice !
    Juste un petit bonheur ténu d’une liberté sauvagine
    Que nous aimerions qu’entérine la société inhibitrice.

    Quel plaisir de se sentir nues, le corps caressé par le vent
    Qui nous effleure le visage et nos parties les plus intimes !
    Comme un désir qui s’insinue à l’instant d’un soleil levant
    De saluer le paysage par cette offrande légitime.

    Quel plaisir de se montrer nues au soleil et à la nature
    Qui nous ont façonnées pareilles aux héroïnes et aux déesses !
    Se retrouver toutes ingénues, s’identifier simple créature
    Dans son plus modeste appareil pour en apprécier l’ivresse

    Tableaux de Frederick Carl Frieseke.

  • La route du soi

    Tout feu tout flamme, ma jeunesse court à travers mille chemins.
    J’apprends tout et je retiens tout, je brûle et fais feu de tout bois.
    Ma vie est pleine de promesses et de serments sans lendemain.
    Je m’éparpille un peu partout, je chasse, je mange et je bois.

    À l’heur de ma force de l’âge, mes chemins sont délimités ;
    Je réalise ma carrière pour bâtir ma pérennité.
    Malgré quelques carambolages, je vise la magnanimité
    Par la sagesse et la prière envers une sérénité.

    Et puis un jour je se sais plus où je dois fixer mes crampons ;
    Les transformations m’ont changé le paysage et le contexte.
    Le temps a passé, il a plu et l’eau a coulé sous les ponts ;
    Mes expériences ont mélangé mes pensées dans de faux prétextes.

    Tableaux de Catherine Chauloux.

  • Ma forêt intérieure – 1

    Ma forêt intérieure - 1

    Le jour où le monde a basculé, j’ai préparé mes provisions
    Dans une forêt intérieure d’un amalgame de cultures.
    Puisque j’y demeure acculé, j’ai ajouté en prévision
    Une fenêtre sur l’extérieur pour le soleil dans l’aperture.

    Photo de Suzanne Moxhay.

  • Chacun sur son monde perçu – 1

    Chacun sur son monde perçu - 1

    J’ai tellement d’idées reçues par mes lunettes éducatives
    Qui me filtrent l’actualité que j’en tire ma propre vision.
    Chacun, sur son monde perçu, trouve mes pensées spéculatives
    Puisque tout est virtualité dans l’univers en collision.

    Illustration de Kyle T. Webster.

  • Vue sur les étoiles

    Vue sur les étoiles

    Lorsque nous sommes confinés dans le cocon de nos maisons,
    Nous voyons le monde extérieur d’une inhabituelle impression.
    Nos drôles de vies recombinées sont obligées avec raison
    À réfléchir de l’intérieur comment survivre à l’oppression.

    Tandis que le temps continue, les activités arrêtées
    Semblent impossibles à retenir tant l’habitude nous a marqués.
    Tandis que la peur s’insinue dans la quarantaine apprêtée,
    Comment se profile l’avenir de cette humanité parquée ?

    Tableau de Subarna Das.

  • L’ombre du chat

    L’ombre du chat

    Depuis que mon chat est parti pour gambader dans l’autre monde,
    Je perçois l’ombre de la présence du souvenir en rémanence.
    Ainsi l’amour se réparti dans ma conscience comme une onde
    Dont je transmets la bienfaisance à mon réseau en résonance.

    Comme une cloche tibétaine dont le tintement se prolonge,
    Son image infuse sans cesse dans le courant du quotidien.
    Venue des étoiles lointaines, cette perception se rallonge
    Et pulse l’écho que j’encaisse le long du bulbe rachidien.

    Illustration de Dave McKean.

  • Dans son boudoir

    Dans son boudoir

    Une femme assise dans son boudoir, en attendant le grand amour,
    Se mire nue en son miroir qui réfléchit avec humour :
    « Si nos rapports n’étaient de glace, je t’entendrais sur la psyché
    Et te renverrais à la place mon reflet du plus beau cliché ! »

    Tableau d’André Lhote.

  • Licornes et Sirènes

    Licornes et Sirènes

    Par la corne de la licorne et par la queue de la sirène,
    Par l’imagination des dieux qui ont créé tant d’ornements !
    L’homme a outrepassé les bornes en détruisant, l’âme sereine,
    Le chant du monde mélodieux par ses stupides mouvements.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • Le marionnettiste

    Le marionnettiste

    Pendant certains moments sensibles, je deviens la marionnette
    Qu’un Dieu supérieur manipule pour m’utiliser comme acteur.
    Et dans cette scène ostensible sans l’ombre d’un sens malhonnête,
    L’esprit peut rester sans scrupule pour ce que doit faire mon cœur.

    Tableau de Vladimir Gvozdariki.

  • La Saint-Patrick n’aura pas lieu

    La Saint-Patrick n’aura pas lieu

    Par le trèfle de Saint-Patrick, symbole de la Trinité
    Et par la sainte harpe celtique qui accompagne les cantiques
    Et par la tension électrique qui transmet la fraternité,
    Je trinque au peuple gaélique, aux protestants, aux catholiques !

    Illustration de Theresa Grieben.

  • À la plume de flamant rose

    À la plume de flamant rose

    Depuis que j’écris à la plume – de flamant rose, évidemment –
    Une encre coule dans mon cœur pareille aux reflets d’une flamme.
    Tous mes textes en plusieurs volumes agissent comme un médicament
    Qui aide l’esprit chroniqueur à trouver son chemin de l’âme.

    Tableau de Alexander Sigov.

  • Adieu Chanelle

    Adieu Chanelle

    Elle est partie dans le silence dans une journée alourdie
    Par l’amour qui perdait une âme, toute petite, si attachante
    Mon cœur en subit l’insolence, mon esprit reste abasourdi,
    À l’image d’une petite flamme effarouchée et trébuchante.

    Adieu, toi qui restait en vigilance de tous nos actes étourdis,
    La queue dressée en oriflamme ou en antenne fort approchante.
    De tes câlins en opulence, mon corps reste tout engourdi
    Et aujourd’hui, je te réclame, le cœur et l’âme pleurnichante.

    Chanelle en juin 2018.

  • Sous les ailes d’ange

    Sous les ailes d’ange

    Mon petit village, sous les ailes d’ange,
    Se revêt de blanc tout immaculé.
    Les arbres en coton agitent leurs franges
    Poudrant les oiseaux tout affabulés.

    Là, sur la colline, la nuit paraît blanche,
    Juste une clochette tintinnabuler.
    La neige des toits tombe en avalanche
    Recouvrant le sol tout miraculé.

    Dessin de Aliona Nalivkina.

  • L’espère mission

    L’espère mission

    Chacun de préparer ses armes et se tenir sur le départ
    Avec l’esprit du conquérant sur l’objectif immaculé.
    Le patrimoine dans une larme offre à chacun un être à part
    Qui par les canaux déférents va très bientôt éjaculer.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Duo en Si et La

    Duo en Si et La

    Un jour, les trois cordes de basses se dérobèrent dans un solo
    Tandis que les cordes aiguës se retrouvèrent dissonantes.
    Le diapason, de guerre lasse, ne trouvant pas ça rigolo,
    Sonna, d’un timbre suraiguë, son LA aux matines sonnantes.

    Tableau d’Anthony Falbo.

  • Solo de cordes

    Solo de cordes

    Trois cordes basses pour descendre dans les profondeurs de son cœur,
    Tous cordes hautes pour explorer ses connexions spirituelles ;
    Trois graves suaves et si tendres pour entretenir la langueur,
    Trois aiguës qui savent implorer tout l’amour de la chanterelle.

    Tableau d’Anthony Falbo.

  • Tantôt rouge et tantôt blanc

    La première fille qui m’a conduit sur l’autoroute de l’amour,
    Voyait toujours la vie en rose et même en rouge très foncé.
    Plus tard, elle m’a éconduit – cela devait finir un jour –
    Et je restai le cœur morose sur le bas-côté, défoncé.

    La deuxième fille qui m’a aidé à continuer ma carrière,
    Voyait toujours les choses en grand dans un bel avenir tout blanc.
    Plus tard, elle m’a bien possédé et je suis resté en arrière
    Dans un délire des plus flagrants mais c’est la vie, sans faux-semblants !

    Un jour, je les retrouverai toutes les deux, à l’occasion,
    Et je m’apercevrai enfin qu’elles avaient une mission.
    Et ce jour-là, j’éprouverai qu’elles étaient en collusion
    Pour m’accompagner aux confins de mes propres inhibitions.

    Photos de Katerina Belkina.

  • Fenêtres sur mer

    Matin, je continue mes rêves en regardant par la fenêtre
    Les premiers rayons qui pianotent sur mon tableau inachevé.
    Et la dernière image brève qui ne demande qu’à renaître
    Tracée du bout de mes menottes sur le plateau de mon chevet.

    Midi, je rêve de cuisine selon les produits de saison
    Et du parfum des aromates, le thym, le persil et la menthe.
    Salade en vers qui avoisinent selon le cœur ou la raison
    Avec le rouge des tomates et les pigments qui m’alimentent.

    Et le soir, je rêve d’alcools que je dilue dans les couleurs
    D’une bouteille débouchée dont le goulot m’offre un baiser
    Tandis que ma main caracole son contenu souffre-douleur ;
    Lie-de-vin, je vais me coucher dans des pétales de rosée.

    Tableaux de Damian Elwes inspirés d’Henri Matisse.

  • La vérité sortant du tableau

    La vérité sortant du tableau

    Tous les peintres avaient bien compris que les femmes réfléchissent mieux
    Revêtues de la vérité plutôt qu’habillées de mensonge.
    Plus ils en voulaient un bon prix, plus ils étaient parcimonieux,
    Quitte à montrer leur nudité pour obtenir une rallonge.

    Tableau de Hennie Niemann Jnr.

  • L’odyssée de Pénélope

    L’odyssée de Pénélope

    Beaucoup de danseuses interlopes s’exhibaient avec élégance
    Au cours de l’Odyssée d’Ulysse devant les gars de la Marine.
    Que croyez-vous que Pénélope pensait de cette extravagance
    Lorsqu’il courait dans les coulisses féliciter ces ballerines ?

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Mademoiselle en bouche-lotus

    Quand elle apprend la position, la bouche en forme de cul-de-poule,
    Ce n’est pas Bouddha qu’elle invoque mais Yashodhara, sa légitime
    Et son esprit d’opposition qui met le cœur des hommes en boule.
    Mais pour qu’il n’y ait pas d’équivoque, ses pensées resteront intimes.

    Photo de Natalia Zakonova.

  • Plus loin que Picasso

    Plus loin que Picasso

    Quand l’art de la reproduction se mêle avec l’illustration,
    Il plait à mon cœur que mes brosses se défoncent avec mes pinceaux.
    Par la couleur de l’induction et d’un poil de pénétration,
    Je somme ces artistes féroces, qu’ils surpassent déjà Picasso.

    Vu sur www.dumpaday.comgenius-ideas-2one-persons-trash-another-persons-treasure-27-pics

  • L’anamorphose

    L’anamorphose

    Le phénix renaît de ses cendres mais laisse, avant de s’envoler,
    Un œuf d’or qui apporte chance à celle qui l’aurait trouvé.
    Si vous vous pressentez descendre, quand vos aïeux ont convolé,
    De cet oiseau d’intelligence, votre fortune est approuvée.

    Tableau de Tomasz Alen Kopera.

  • Le chat , La corneille et les petits poissons

    De mémoire de Chat Botté ou des contes de la Corneille,
    Les femmes de grande beauté sont des trésors qui se monnayent.
    Les princes charmants, ces nigauds, s’attrapent comme des souris
    Quand la chatte miaule à gogo puis, les attire et leur sourit.

    Or tout l’intérêt des légendes consiste à prendre ces cornichons
    Dans les filets de la marchande qui leur agite ses nichons.
    La pêche ainsi miraculeuse consiste à leurrer les poissons
    Car l’amour rend l’âme bigleuse après quelques fortes boissons.

    Tableaux de Philippe Martinery.

  • Au pays des fantasmes

    Au pays des fantasmes

    L’anglais qui n’aime pas Descartes tourne le dos – mauvaise manière –
    Aux français depuis que Newton a reçu pomme sur la tête.
    Ainsi, au royaume des cartes, Alice est restée rancunière
    Envers cette Perfide Albion qui cherche des poux sur la bébête.

    Illustration de Charles Robinson.

  • Au bon vieux temps du paradis

    En ce temps-là, folles déesses, vénus en herbe, étaient à moi !
    Moi, le jardinier à tout faire, créateur du jardin des dames.
    Pour améliorer mes prouesses, j’avais deux apprentis au mois :
    Le premier nommé Lucifer, le deuxième s’appelait Adam.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Nuage rose

    Nuage rose

    Pour se venger du temps qui passe et ses secondes imbéciles,
    La météo irrationnelle promène ses nuages roses
    Qui créent un conflit dans l’espace entre ces deux temps indociles
    Jusqu’à la pluie occasionnelle pour égayer les jours moroses.

    Photo de Andhika Ramadhian.

  • La place rouge sous la neige

    La place rouge sous la neige

    Sur la place rouge enneigée de flocons blancs et innocents,
    Je l’observais à l’improviste déambuler tranquillement
    Dans la pénombre avantagée par le halo luminescent
    Des lampadaires communistes qui veillaient inutilement.

    Tableau de Kristina Makeeva.

  • Les femmes à la barre !

    La barre à cent quatre-vingts degrés, on vire de bord lof pour lof
    Et l’on donne aujourd’hui aux femmes la direction de la nation !
    Car nous, les hommes, leur sommes gré de cesser d’être la voix off
    Qui les plaçait au rang infâme sous notre discrimination.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La journée de la femme

    Nous dédions ce jour aux femmes pour se souvenir du combat
    Qu’elles ont remporté sur les hommes dont elles n’étaient pas les égales.
    À cause du péché infâme dans lequel Ève succomba
    Et perdit au référendum son autorité conjugale.

    Bouddha l’a placée inférieure au plan civil et religieux ;
    Krishna les aimait tellement qu’il en eut plus qu’on l’imagine ;
    Jésus plutôt apparieur mais Mahomet plus sourcilleux ;
    Quoi qu’il en soit réellement, les Dieux se montrent misogynes.

    Tableau « Krishna à la flûte de paon » de Madhumita Bhattacharya

  • Joli-Nichon – 2

    Joli-Nichon lavait son linge le dimanche soir au lavoir,
    Dans l’intimité de l’étuve, se retrouvait entièrement nue.
    Ne vous cassez pas les méninges pour tenter de l’apercevoir
    Car elle se couchait près des cuves pour cacher sa déconvenue.

    Un coup de Mistral équivoque jeta ses habits dans les nues
    Et elle n’eut d’autres ressources de se réfugier sur les toits.
    Moi, j’habitais une bicoque sise dans la même avenue
    Et lui achetai de ma bourse des fringues d’un geste courtois.

    Elle fut ainsi ma lavandière et s’installa dans mon logis
    Et ne lavait plus que mon linge et ses lingeries fines, chez moi
    Car elle n’était pas née d’hier et connaissait l’astrologie ;
    Elle était du signe du singe d’après l’horoscope chinois.

    Tableau d’Anton Kiyasov

  • Fleurs de printemps

    Constante dans ses habitudes, Dame Nature sait reproduire
    Chaque année des chefs-d’œuvre d’art, garants de sa célébrité.
    Quelle que soit la latitude, elle se plaît à reconduire
    Ce qui obéit aux standards de la mode en prospérité.

    Innovatrice cependant, Dame Nature aime inventer
    Selon les humeurs du printemps de nouvelles variétés
    Qu’elle mélange en répandant les fleurs qu’elle aura enfantées ;
    Enfin, maternées à plein temps, pluie et soleil à satiété.

    Malgré la menace de l’homme, Dame Nature sait rebondir
    Et trouvera d’autres chemins pour recommencer son office.
    Puisqu’elle est reine en son royaume, elle sait comment approfondir
    L’avenir pour ensemencer la Terre pour nos filles et nos fils.

    Illustrations de Hülya Özdemir

  • L’âge de glace

    Cet hiver intestinal qui fait digérer le temps
    D’une exploration interne vers l’absorption du passé,
    Dans les fosses abdominales m’épanouira, au printemps,
    L’âme comme une lanterne dès le seuil outrepassé.

    Photo de David Thompson

  • La métamorphose

    Que la métamorphose est brève avant que le dormeur ne ronfle
    Parmi les limbes qui s’agrègent sous l’assaut du vent qui s’essouffle !
    Mais lorsque le soleil se crève et que la lune se dégonfle,
    Par le réel, se désagrège le rêve à son deuxième souffle.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les poseuses – 1

    Le comble, pour une élégante, serait de se retrouver nue
    Devant un choix embarrassant de dentelles et prêt-à-porter,
    Tout en s’montrant extravagante en dévoilant un peu son cul,
    Deux tétons plutôt harassants, un Mont de Vénus à portée.

    Tableau « Les poseuses » de Georges Seurat

  • Premiers feux

    Quand l’homme a découvert le feu en introduisant son bâton
    Dans le creuset de touffe tendre d’une expérience romancée,
    Il était tellement nerveux et procédait tant à tâtons
    Qu’il préféra plutôt prétendre devoir souvent recommencer.

    Tableau de Julia Legchanova