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  • Les femmes-oiseaux

    Cri de chouette dans la nuit, femme qui rêve dans son lit.
    Vol d’alouette au point du jour, femme qui s’éveille au matin.
    Survol de l’aigle de minuit, femme dans sa mélancolie.
    Hululement, voix de velours, femme dans ses draps de satin.

    Le saviez-vous ? Ce sont les femmes qui se transforment en oiseaux
    Lorsqu’elles rêvent où se réveillent ou s’abandonnent à leurs pensées.
    Ce n’est ni bestial ni infâme, c’est leur partie de damoiseau
    Qui prend le relais et qui veille comme pour les récompenser.

    Quand je vois l’envol d’un corbeau, d’un canard ou d’un épervier,
    Je pense à la femme qui dort et laisse s’envoler son âme.
    De leurs gazouillements verbaux, quelquefois je suis convié
    À partager ce rêve d’or dont je vous livre le sésame.

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Le cours du chat

    Le cours du chat

    Durant notre confinement, quand vocifèrent les enfants,
    J’en suis toujours à m’ demander d’où leur vient cette voix criarde.
    Je l’ai appris dernièrement par la souris dont l’éléphant
    Connaît le cours recommandé d’un chat hurlant comme un vieux barde.

    Tableau de Maria Pavlova sur https:www.thegreatcat.orgthe-cat-in-art-and-photos-2cats-art-contemporarymaria-pavlova-1979-present-russian .

  • Chappartement – 1

    Chappartement - 1

    Dommage qu’il ait déménagé de son joli chappartement
    Qu’il occupait dans mon armoire d’une manière sans pareille.
    Depuis, je ne puis présager les orages à retardement
    Qu’il faisait, si j’ai bonne mémoire, tonner, la patte sur l’oreille.

    Tableau de Giovanna Zoboli.

  • La théorie du complot

    La théorie du complot

    « Ha ha, il paraît qu’on sera tondus ! » Tout ça, c’est des sous-entendus !
    « Hé hé, il paraît qu’on rationne l’herbe  ! » j’ai déjà ouï ce proverbe !
    « Hi hi, on nous traite comme des moutons ! » méfions-nous du qu’en-dira-t-on !
    « Hu hu, il paraît même que ça urge ! » comme les moutons de Panurge !
    « Ho ho, il paraît qu’on sera pucés ! » avec science et caducée !
    « Hou hou, il paraît qu’on sera mangés ! » ça ne doit pas nous déranger !

    Tableau de Scott Gustavson sur www.scottgustafson.comcharacter-design .

  • Trois petits singes

    Trois petits singes

    On n’a rien entendu de pis que les grippes du temps jadis !
    On n’a rien vu au niveau masques, l’erreur paraît plutôt fantasque !
    On n’a rien dit aux confinés pour qu’ils ne montrent plus leur nez !

    Black-out complet dans les cités, ignorons les atrocités !
    L’information est muselée afin de vous dissimuler
    Que l’ coronavirus, c’est l’arbre qui cache la forêt macabre.

    Tableau de Scott Gustavson sur www.scottgustafson.comcharacter-design .

  • La folie des grandeurs

    La folie des grandeurs

    Rien n’est trop beau pour la princesse qui n’en aura jamais assez
    Et si elle prend trop de place, on augmentera les impôts.
    Après tout pourquoi la richesse devrait-elle un beau jour cesser
    Puisqu’il paraît que la populace a choisi de porter le chapeau.

    Il faut au peuple ses héros et ses vedettes à admirer
    Afin de, par procuration, rêver à la vie de château.
    Tant pis si on reste à zéro, tant pis si on est aspiré
    Par notre procrastination car agir, c’ n’est pas du gâteau !

    Tableau de Tomasz Sętowski sur https:www.designstack.co201801oil-paintings-magical-realism-meets.html

  • Les tours d’ego

    Les tours d’ego

    Dans les immeubles confinés, les cages d’escaliers résonnent
    Comme des chœurs de cathédrales où chacun prie pour son église.
    Dans les familles recombinées, plusieurs générations raisonnent
    Sur les mesures magistrales que nos dirigeants diabolisent.

    Il paraît qu’on va nous tracer par des dispositifs légaux
    Pour donner des informations sur ce qu’on fait et où l’on est.
    Ce n’est pas que j’ sois agacé que l’on surveille mon ego
    Mais plutôt la déformation d’un totalitarisme inné.

    Tableau de Tomasz Sętowski sur https:ego-alterego.comtomasz-setowski-paintings#.XrLVXf8kyf1

  • Vivement le mois d’août !

    À tant suivre un confinement durant les longs jours du printemps,
    Je me mets à désespérer aux vacances toutes l’année.
    Je propose le raffinement de les faire durer à plein temps,
    Laisser le mois d’août prospérer d’une éternité à flâner.

    Tableau de Jessie Wilcox Smith.

  • Les sirènes modernes

    Les sirènes modernes

    D’une culotte marinière plutôt qu’une queue de poisson,
    Les sirènes s’habillent moderne, je vous en fais ce désaveu.
    Depuis le siècle des lumières, elles se sont mises aux caleçons
    Avec écailles en baderne, seins nus et fleurs dans les cheveux.

    Tableau d’Elena Khmeleva sur http:touchofcolorr.blogspot.com201506elena-khmeleva.html?m=1#more

  • L’amour du temps

    Le temps n’est pas une dimension, le temps n’est qu’une condition.
    La science ne peut le prétendre et n’arrive pas à comprendre.
    Ne sait que mesurer la trace du passage du temps qui passe
    Et donne du fil à retordre alors qu’il représente l’ordre.

    L’amour n’est pas une dimension, l’amour est la prolongation
    De la vie qui ne peut ni mentir ni cesser de s’anéantir.
    L’amour un message à transmettre à l’évolution qui va naître
    À chaque rencontre amoureuse dans une explosion langoureuse.

    (Tableau de Vladimir Kush.
    « Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel. » Jean Cocteau.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La reine aux deux faces

    La reine aux deux faces

    Madame la reine nous entraîne dans un bal de sévérité
    Et se joue de la tyrannie pour galvaniser ses sujets.
    Gare à celui qui est à la traîne et gare à sa témérité !
    Celui qui résiste est banni a priori, sans préjugé.

    Madame, la reine de la nuit, entièrement nue à sa fenêtre,
    Se détend langoureusement pour un rapport d’intimité.
    Dès le premier coup de minuit, elle se donne à qui la pénètre
    Et lui offre amoureusement du sexe en magnanimité.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La plus belle des saisons

    La plus belle des saisons

    Notre-Dame des pâlichons, méprenez-vous sur la maigreur
    Des arbres noirs, des arbres en deuil que les corbeaux mettent à l’honneur !
    Tout paraît un peu folichon, tout paraît noyé dans l’aigreur ;
    On croirait au premier coup d’œil que c’en est fini du bonheur.

    Ce n’est que de la comédie, la terre n’est pas morte, elle dort
    En rêvant à la renaissance qui s’épanouira au soleil.
    L’hiver n’est qu’une parodie tirée de la boîte de Pandore ;
    Seul le sage a la connaissance que le trésor est en sommeil.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • La danse à sept tams-tams

    La danse à sept tams-tams

    Toi qui conduit la cadence, toi qui dirige l’orchestre,
    Toi qui rythme la mesure, toi qui impose le temps,
    Toi qui nous immerge en transe les soirs de la Saint-Sylvestre,
    Mes pas résistent à l’usure et mon cœur en bat autant.

    Tableau de James Christensen.

  • L’hommage

    L’hommage

    Prince de la Sainte-Victoire et de tous les champs de la Terre,
    Toi, qui a su remédier à la couleur de mes espoirs,
    Toi, qui a raconté l’histoire à ma peinture élémentaire,
    Laisse-moi donc te dédier l’ensemble de mon répertoire.

    Tableau de Pablo Picasso en l’hommage à Paul Cézanne.

  • L’appel de la nature

    L’appel de la nature

    Quand les maux s’écrivent en douleurs tissées en forme de cuirasse,
    Seul un retour à la nature peut réveiller un cœur blessé.
    Flore et faune offrent leurs couleurs qui viennent à bout des carapaces
    Et autorisent l’ouverture vers les délices délaissées.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • L’âme et le corps déconfinés

    « Nous ne vieillirons pas ensemble. » Je parle de moi et de mon corps,
    Celui qui retourne à la terre avec les plaintes et les remords.
    Quant à l’âme, si elle se rassemble avec mes autres plus vieilles encore,
    Je rejoindrai le grand mystère d’une autre vie après la mort.

    Quand Dieu devra penser à moi, plutôt que moi penser à lui,
    Soit je n’aurai plus rien à faire, soit je devrai recommencer.
    La mort aveugle, toute en émoi, me vendra le même produit :
    « Je vous propose une bonne affaire, cela dit sans vous offenser ! »

    Sauf que si l’âme se réveille hors de mon cœur, hors de l’esprit
    Qui à cette heure se véhicule dans un corps qui se reproduit ;
    Ce nouvel être qui s’émerveille dans un ailleurs qu’il s’approprie
    Connaîtra-t-il le ridicule de ce que je pense aujourd’hui ?

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Musique en Do confiné

    Je vis dans mon propre tableau encadré par les quatre murs
    Que mes petites cellules grises ont transformé en miniature.
    Heureusement, j’ai mon hublot d’où j’entends des voix qui murmurent
    Et me révèlent des surprises portant ma propre signature.

    Alors je les mets en musique accordée sur les courants d’air
    Qui me donnent un Do confiné plutôt qu’un La de référence.
    Mais pour tous les vents amnésiques, l’exactitude reste secondaire
    Et ma zizique, mal peaufinée, n’a pas atteint ma préférence.

    Alors j’ai fermé le hublot durant quelques heures par jour
    Pour écouter dans le silence mon propre diapason de l’âme.
    Et j’ai repris dans mon tableau ma place dans l’étroit séjour
    Où, dans mes heures de vigilance, je joue ce que mon cœur réclame.

    Tableaux de Alexander Sulimov.

  • L’ennui

    L’ennui

    Béni soit le temps de l’ennui car il m’entrouvre une fenêtre
    Dont je me sers pour aérer l’intérieur avec l’extérieur.
    Souvent, comme le jour et la nuit, dans ces instants je sens renaître
    Cette appétence désespérée avec mon Prāna supérieur.

    Tableau de Roza Goneva d’après Klimt.

  • Sophie et ses chattes

    Pour échapper aux tentacules de la pieuvre libidineuse
    Qui s’insinuent, la chatte humant les repousse à grands coups de griffes.
    Sous ses assauts, les testicules de cette verge enquiquineuse
    Se replient sous le châtiment dans les replis de l’escogriffe.

    Comme il poursuivait sa compagne avec sa langue de belle-mère,
    Elle s’enfuit de ses montagnes et trouva refuge à la mer.
    Grâce à Dieu, la chatte siamoise qui la veillait en son logis,
    Croqua l’appendice grivoise défiant sa gynécologie.

    Tableaux de Rezzan Ganiz.

  • Le messager des couleurs

    Le messager des couleurs

    Je livre le vert de l’espoir lorsque votre cœur est morose ;
    Je remets la touche violette qui efface les bleus de l’âme.
    J’apporte le courrier du soir et vous voyez la vie en rose ;
    Et je repars à la volette pour renouveler votre flamme.

    Lorsque souffle un vent de colère, je sème vos lettres écarlates ;
    Lorsque gronde un orage sombre, j’y disperse vos idées noires.
    Je me montre protocolaire par des blancs que l’on relate ;
    Les couleurs qui restent dans l’ombre glissent dans mes trous de mémoire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le temps du Muguet

    Lorsque vint le temps du gui, on s’est souhaité bonne année
    Et puis quand vient le muguet, déjà, on n’y pense plus.
    À la fin on s’alanguit, on devient moins spontané,
    Peut-être aussi fatigué si l’année nous a déplu.

    Lorsque vint le temps du houx, on s’est offert des cadeaux
    Et puis quand vient le muguet, on s’en est déjà lassés.
    On s’en ira au mois d’août, on prendra les sacs-à-dos,
    La rentrée sera moins gaie, les vacances sont passées.

    Lorsque vint le mois de mai, on était tous confinés
    Et puis quand vient le muguet, on regarde la nature.
    On le sait tous, désormais, tout a été combiné
    Pour nous envoyer dinguer sous la loi des dictatures.

    Tableaux de Jan Pashley.

  • Fille fleurs

    Fille fleurs

    Vague de fleurs, vague de flamme à l’aube d’un nouveau printemps
    Qui réussissent à supplanter l’éternel soleil suranné.
    Bonjour ma nouvelle oriflamme qui s’harmonise à mes vingt ans
    Tout en cherchant à s’implanter pour un bonheur instantané.

    Or la beauté se renouvelle car l’art n’est jamais éreintant.
    Il anobli, il perfectionne la pierre sortie de la Terre.
    Précieux trésor des jouvencelles qui fêtent encore leurs trente ans,
    Toujours jolies, toujours mignonnes, toujours empreintes de mystères.

    La flamme ne peut dépérir, elle se consume à plein temps
    Car le cœur se nourrit d’amour lié au cycle de la mère.
    Je verrai toujours refleurir de quarante ans jusqu’à cent ans
    Celle qui égaye mes jours depuis qu’elle est née de la mer.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Bas les masques !

    Bas les masques !

    Lorsqu’elle ment, elle porte un masque pour abriter sa vérité
    Ne laissant qu’un fantomatique regard figé et indolent.
    Mais si ce soir, je la démasque, même en toute sincérité,
    J’aurai le masque fatidique de l’inquisiteur insolent.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • L’offrande

    L’offrande

    J’offre mon corps à la science, le cerveau a très peu servi.
    J’offre mon cœur à la romance, il a battu, il a conquis.
    J’offre l’esprit à la patience d’attendre avant d’avoir compris.
    J’offre mon âme à la semence qui montera quand je serai parti.

    Tableau de Marti Fenton.

  • Et volent les cerveaux lents

    Et vogue la galère quand tout va à vau-l’eau ;
    Et volent dans le vent bien haut, les cerveaux lents ;
    Et roulent sur la Terre, les fêlés du vélo ;
    Et brûlent les vivants après soixante-cinq ans.

    Je plane entre deux âges et ne tient qu’à un fil
    Mais c’est sans conséquences, j’ai la mort en surplus.
    Et tout le paysage en cette fin avril
    Ressemble à des vacances qui n’en finissent plus.

    Tableau de Fred Calleri sur http:www.howardmandville.comfred-calleri.html

  • Réflexions en confinement

    Prendre une chaise comme une échelle pour voir le monde à sa fenêtre
    Pourrait changer la position de ce qu’on croyait parachevé.
    Peut-être que mademoiselle y verra un espoir renaître ?
    Mais à quoi bon ces dispositions qui laissent un doute inachevé !

    Prendre une chaise comme un prie-Dieu pour interroger son oracle
    Et peser dans chaque prière le poids de son acceptation
    Ne paraît pas plus fastidieux qu’attendre un soi-disant miracle
    D’un peuple dans la poudrière brûler en manifestations.

    Photos de Catherine Cornett.

  • La Mission des Malades Désarmés

    La Mission des Malades Désarmés

    Puisqu’on ne va plus à confesse avouer ses penchants pour la chair,
    Au Ministère de la Santé, on veut sans cesse nous alarmer.
    Je propose pour sauver nos fesses – sans que ça ne nous coûte cher –
    Le renommer, si vous le sentez : « Mission des Malades Désarmés ».

    Tableau de Alessandro Sicioldr.

  • La quarantaine est terminée !

    La quarantaine est terminée !

    Je cheminais dans la forêt – notre paradis helvétique –
    Le cœur lassé des jours moroses dans lesquels j’étais confiné.
    Une voix sortie des fourrés venue du ciel et prophétique
    M’annonça dans un nuage rose : « Ta quarantaine est terminée ! »

    Tableau de David Grove.

  • Le Coronavirus Masqué

    Le Coronavirus Masqué

    Le Coronavirus Masqué, une sorte d’ange déchu
    Sorti de la boîte de Pandore, vient nous transmettre la lumière…
    Le pot-aux-roses est démasqué ! Quoi qu’il nous fasse, il est fichu
    Malgré l’intox qui nous endort, il retournera à la poussière.

    Tableau de Karol Bak.

  • La Maison-Dieu

    La Maison-Dieu

    Hélas ! Nous n’avions pas compris l’opération pas saine d’esprit
    Prévue par des dieux imposteurs et leurs propos de radoteurs !
    Tous nos petits dérangements ne sont que leurs arrangements ;
    Notre prétendu libre arbitre n’est pas donné à juste titre.

    Ces dieux qui se croient immortels, au-dessus des pauvres mortels
    Sont en train de nous combiner une funeste destinée.
    Nous serons pucés et parqués comme des systèmes embarqués
    Pour produire toujours plus d’argent mais hélas sans le partageant.

    Tableau de Michael Hutter.

  • L’aristotélichien

    L’aristotélichien

    Pour trois sous de philosophie, je me confie à mon toutou
    Plutôt que mon chat cartésien qui se montre trop indépendant.
    Seul mon chien sait mettre à profit soit mes atouts, soit rien du tout,
    Selon sa queue qui va-et-vient et parle à mon corps défendant.

    Tableau de Pyotr Konchalovsky.

  • Fondue dans le décor

    Dans les couloirs de sa maison, Madame se fait une raison.
    Son existence se dépeint parmi ses murs de papiers-peints
    Qui l’hypnotisent jusqu’à loucher le soir dans sa chambre à coucher
    Où tout doucement elle s’endort dans un décor en feuilles d’or.

    Dans le salon de sa maison, Madame s’habille de saison.
    Pas de robes horribles à pois – elle n’est pas fille de joie –
    Mais des robes à motifs à fleurs – contre les soucis et les pleurs –
    Tant que ça tombe en pâmoison avec la couleur des cloisons.

    Si tout va bien, demain encore, elle se fondra dans le décor
    Pour une vie en transparence et paisible en toute apparence.
    À moins qu’un beau prince charmant réveille la belle-au-bois-dormant,
    L’emporte dans son château de sable se fondre dans l’indéfinissable.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • La vie en dehors de son petit bocal

    Allons faire un tour à vélo avant que tout vire à vau-l’eau !
    Abandonnons à la rivière nos habitudes routinières !
    Petit poisson deviendra grand dans l’océan en émigrant ;
    Madame changera de décor avec son chat, s’il est d’accord.

    Le poisson délocalisé, la peur s’est volatilisée.
    Quelques fleurs rouges dans le bocal ont dynamisé le local.
    Le chat n’est plus sollicité par une pêche d’authenticité.
    Une fois tout le monde d’accord, Madame se fond dans le décor.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • La vie dans son petit bocal

    Chacun dans son petit local, Petit poisson dans son bocal,
    Petit chaton dans sa maison, Madame, à tort ou à raison,
    Ne trouvent pas grand-chose à dire, mangent, digèrent, boivent et respirent,
    Vivent dans leur petit monde clos, tournent en rond dans leur enclos.

    La vie s’écoule tous les jours, tic-tac, dans la salle de séjour,
    La petite famille s’ennuie jusqu’à ce que tombe la nuit.
    Madame surveille avec ardeur le poisson à chaque quart d’heure,
    Le chaton de se pourlécher en attendant de le pêcher

    Le bocal sur la cheminée semble hors de portée au minet
    Mais le chat est déjà là-haut en train de semer le chaos.
    Madame le met dans son giron, aussitôt le chat fanfaron
    Vient, soi-disant pour un câlin l’œil guilleret mais l’air malin.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • L’école des Pères Noël

    L’école des Pères Noël

    Puisque le coronavirus évolue comme une poupée russe
    Après Pâques et la trinité, et bien plus si affinités,
    Les Pères Noël mécanisés songent à se réorganiser
    Pour une meilleure distribution mais moyennant rétribution.

    L’école des Pères Noël à Santa Claus University dans le Colorado.

  • Échecs sous surveillance

    Échecs sous surveillance

    Au grand championnat des échecs, j’y verrais le gouvernement
    Jouer au fou, faire des tours pour nous attirer dans l’arène.
    C’est la vérité intrinsèque du roi poussé au confinement ;
    Une révolution sans détour pour finalement bourrer la reine.

    Photo du Championnat du monde d’échecs avec Anatoly Karpov qui se livre à une démonstration.

  • On nous observe !

    On nous observe !

    Nous n’avions besoin de personne pour vivre ensemble et solidaires
    Mais ce n’était pas sécurisant pour ceux qui veulent nous dominer.
    La carte sim du téléphone, la puce de la carte bancaire,
    N’ seront bientôt plus suffisants pour qu’ils puissent nous embobiner.

    Photo d’observateurs inconnus.

  • Les petits secrets

    Les petits secrets

    Qu’est-ce qui se dit dans notre dos chez les personnes haut placées ?
    Complotent-ils pour leur survie aux dépends de nos intérêts ?
    Ont-ils conduit des commandos pour nous forcer à effacer
    Notre volonté asservie à plier et obtempérer ?

    Photo de David Bowie, Chris Taylor, Brian May, Roger Taylor, Princess Diana, Prince Charles et Bob Geldof au Live Aid Concert Wembley Stadium.

  • Tout le monde veut aller au ciel !

    Toutes les victimes signalées auraient-elles été appelées
    À mourir et à comparaitre pour échapper à la retraite ?
    Toi qui balance entre deux âges, réfléchis bien à ce message :
    « Est-ce qu’aujourd’hui on s’en fout de vivre dans ce monde de fous ? »

    Photo de Stefan Koidl.

  • Les sirènes confinées

    Les sirènes confinées

    Vivent les masques et les tubas pour lutter efficacement
    Contre les vents et les marées qui affluent sur la Terre entière.
    Ceux qui sont coincés à Cuba pourront vivre leur confinement
    Avec les sirènes amarrées à leurs navires de croisière.

    Photo des Bungalow Sisters.

  • La clef du bonheur

    La clef du bonheur

    La clef du bonheur, quand on est un homme,
    C’est trouver la femme qui ne change pas.
    Fidèle à l’honneur, hissée au podium,
    Toute en haut de gamme … ou changer d’appât.

    La clef du bonheur, quand on est une femme,
    C’est trouver un homme que l’on peut changer.
    Fortifier son cœur, affiner son âme,
    Et surtout, en somme, ne pas l’échanger.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • La nuit onirique

    La nuit onirique

    Les plus beaux rêves éveillés seraient guidés par l’intuition
    Vers nos amours ensoleillées par le cœur et l’âme en fusion.
    Mais quand tombe la nuit profonde, les songes se connecteraient
    À l’originelle longueur d’onde que l’univers collecterait.

    Dessin de Sergey Nikolayevich Lukyanov.

  • Confinement indiscret

    Confinement indiscret

    Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours,
    M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême !
    Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd
    Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Le vol à poil

    Le vol à poil

    Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail
    Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles.
    Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail :
    Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Trémoussement à l’eau de prose

    Trémoussement à l’eau de prose

    Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande.
    L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement.
    Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande
    Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.

    Tableau de Owen Claxton.

  • La nuit des géants

    La nuit des géants

    Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant
    D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire.
    Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants
    Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.

    Dessin de Diana Sudyka.

  • Rêve de vestale – 2

    Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon,
    Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent.
    Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons
    Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Rêve de vestale – 1

    Rêve de vestale - 1

    Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix
    Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes.
    Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie
    En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Les trois vestales – 2

    Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés,
    Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil
    Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée
    Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil

    Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament
    Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines
    Si vive et communicative, elle sera mille fois maman
    Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen

    Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents,
    Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons.
    Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents
    La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.

    Tableaux de Maxfield Parrish.

  • Les trois vestales – 1

    Quand la terrienne des vestales abandonna le feu sacré
    Pour délaisser le feu des hommes et préférer le feu des dieux,
    Assise sur le piédestal d’une montagne consacrée,
    Elle offrit, nue, ses chromosomes à cet amant si radieux.

    Quand l’aérienne des vestales abandonna sa chasteté
    Pour se présenter, impudique, braver la colère des dieux,
    Sur les montagnes de cristal, elle ne put que constater
    Qu’avec ou même sans tunique, le feu du ciel est fastidieux.

    Quand la sirène des vestales remonta le cours des rivières,
    Elle parcourut monts et vallées jusqu’à atteindre les sommets.
    Sur un fond de carte postale baigné par un lac de Bavière,
    Sous l’amant de feu, affalée, elle put, son l’amour, consommer.

    Tableaux de Maxfield Parrish.