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  • Le songe d’Aurore

    Le songe d’une nuit d’été dans un palanquin de nature
    Bercé par la brise du vent, bordé par la voûte céleste,
    Offre un écrin à satiété à tous les désirs d’aventure
    Tant que le rêve est captivant et que se prolonge la sieste.

    Tableau « Été » – 1908 de Maxfield Parrish.

  • Contentement au point du jour

    D’initiatrice à initiée, se transmet l’illumination
    D’un salut au soleil levant ou au départ d’un crépuscule.
    Ainsi les rayons nourriciers remplissent le cœur d’humiliation
    Par ces points du jour émouvants aussi géants que minuscules.

    Tableau « Contentement » – 1927 de Maxfield Parrish.

  • Au secours !

    Au secours !

    Ami, entends-tu les rumeurs tandis que tu es confiné ?
    Ami, que se passe-t-il dehors quand tu regardes à l’intérieur ?
    Ami, es-tu de bonne humeur si tu sais que tout est combiné ?
    Ami, la boîte de Pandore s’est répandue à l’extérieur.

    En six mois, le coronavirus n’aurait pas fait autant de morts
    Que la moyenne de décès observés dans une journée.
    Pas plus de victime non plus – ce n’est pas un nouveaux record –
    Que les grippes qui ont progressé depuis les dernières années.

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Rêves célestes et confinés

    Rêves célestes et confinés

    Tandis que le confinement tombe comme un drôle de printemps,
    L’humanité découvre alors la vie en paradis fermé.
    On pousse le raffinement de dormir enfin pour cent ans
    Et on rêve en Technicolor jusqu’à plus soif, c’est confirmé.

    En marge du confinement, il est en retard, ce printemps !
    J’aurai attendu plus d’un mois pour voir ses premières couleurs.
    L’hiver s’est dit : « Finalement, je vais durer un peu plus longtemps ! »
    C’est ce qui s’est passé chez moi dans la grisaille et la douleur.

    Tableau « Rêves célestes » de Jahar Dasgupta.

  • Bienvenue aux migrants

    Bienvenue aux migrants

    Chères abeilles et libellules, chers kangourous et plantigrades,
    Chères espèces disparues, chers martyrs d’extermination !
    On vous prépare vos cellules loin de vos terres rétrogrades
    Dès que vous aurez comparu devant nos déterminations.

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • Qui aime qui ?

    Qui aime qui ?

    Est-ce que le corps aime le corps car il est seulement attiré
    Par l’instinct de procréation de ses gènes d’évolution ?

    Est-ce que le cœur aime le cœur par la folie des sentiments
    Qui forgent les histoires d’amour jusqu’à la passion et la haine ?

    Est-ce que l’esprit aime l’esprit pour partager ses illusions,
    Pour voir ses idées triompher et sa mémoire perdurer ?

    Est-ce que l’âme n’aime que l’âme qui ne cherche que la vérité
    L’amour de Dieu, le créateur, l’amour des lois de l’univers ?

    Est-ce que l’homme aime la femme par la nature de son sexe
    Ou sa nature divinisée par un amour à l’infini ?

    Tableau de Alex Alemany.

  • Le Chapeau Semaine

    Le Chapeau Semaine

    Un ruban de sable et d’azur pour se remémorer la mer ;
    Des rubans de toutes natures pour calmer ses chagrins d’amour ;
    Enfin, pour faire bonne mesure, mais cousus de façon sommaire,
    Quelques boutons qui, d’aventure, avaient connu de meilleurs jours.

    Elle l’appelait son « Chapeau Semaine » car elle l’avait raccommodé
    En cousant lundi et mardi puis, faufilé jusqu’au dimanche.
    Si jamais un énergumène essayait de l’incommoder,
    En trois coups de ciseaux, pardi, elle s’en accaparait les manches.

    Dessin de Aliona Nalivkina.

  • Les mirettes et la miaulette

    Les mirettes et la miaulette

    Ce pouvoir transcendant qu’ont les chats de gouttière,
    Dans leur regard si tendre est une arme fatale.
    Le martyr prétendant qui croyait avant-hier
    Ne pas s’laisser surprendre n’est qu’un sentimental.

    Or tous leurs descendants ont franchi la chatière
    Pour nous en faire entendre le profond récital.
    Aussi, en l’entendant miauler dans l’écoutière
    Nous le laissons prétendre qu’il est son capital.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le mystère de la dame en noir

    Le mystère de la dame en noir

    Que s’est-il passé dans son boudoir fermé à clef de l’intérieur ?
    Nous avons entendu un cri, suivi de lents gémissements ;
    Un parfum de tulipe noire suintait sur les murs extérieurs ;
    Mais voici ce qui fut écrit sur cet étrange événement :

    « Elle apparut sur l’accoudoir levant ses membres supérieurs,
    Tremblante comme un souriceau qui aurait aperçu le chat.
    Une échancrure de son peignoir nous dévoilait un postérieur
    Qui ouvrit, dans un soubresaut, la robe qui se détacha. »

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • Les voyages de la Grande Ourse

    Les voyages de la Grande Ourse

    Elle a tellement voyagé aux quatre coins de l’univers
    Qu’elle en a planté des repères sur les étoiles diffractées
    Comme l’itinéraire treillagé d’un colporteur en faits divers
    Qui reviendrait voir ses compères établis sur la Voie Lactée.

    Tableau de Hannah Willow.

  • Les vierges confinées

    Je ne savais rien sur ces femmes originaires du Dauphiné
    Sinon qu’elles habitaient l’immeuble sis rue de la Chaussée-d’Antin.
    Dans un appartement infâme où elles vivaient confinées
    Quasiment nues entre les meubles en attendant leur Valentin.

    Tableau « Les vierges » de Gustav Klimt.

  • Qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Hélas, personne n’a eu droit au poisson d’avril rituel,
    Et à Pâques, je vous en réponds, ni hôtes, ni repas, ni boisson !
    Quand on aura remis à l’endroit nos usages habituels,
    L’eau aura coulé sous les ponts mais qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Tableau de Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .

  • Joyeuses Pâques !

    Joyeuses Pâques !

    Prêts pour la visioconférence en direct et en stéréo ?
    Posez vos écrans, vos tablettes juste devant votre couvert ;
    Saluez avec déférence votre invité en vidéo ;
    Enfin, la famille est complète et tout le monde reste couvert.

    Création d’Angela Deane.

  • Lapin de Pâques

    Lapin de Pâques

    Bonne nouvelle aux confinées : le lapin de Pâques visite
    Tout le temps de la lunaison les jeunes vierges émancipées.
    Dans neufs mois seront confirmés tous les nouveau-nés ovocytes
    Issus des œufs en couvaison lors d’une ponte anticipée.

    Photo de Saara Salmi sur www.saarasalmi.com

  • Toutes les cultures du monde – 2

    Fi des villages qui se ressemblent et des cités conventionnelles !
    Vivent les ruelles étroites et les quartiers bariolés !
    J’aime les lieux où se rassemblent les gens pluridimensionnelles
    J’aime les maisons maladroites aux escaliers dégringolés.

    J’aime les histoires sans fin des querelles entre voisins
    Un jour, ça va puis, on se fâche ; on s’aime, on se réconcilie.
    Parfois, on arrive aux confins d’une bagarre entre cousins,
    Et ça continue sans relâche au nom de la xénophilie.

    Demain, on voudrait tout changer, uniformiser les maisons
    Construire un monde sans douleur et refouler les indigènes.
    Moi, je préfère mélanger – peut-être à tort ou à raison –
    Les goûts de toutes les couleurs dans des villes hétérogènes.

    Tableaux de Vladimir Kolbasov.

  • Toutes les cultures du monde – 1

    Toutes ces ruelles intimes se perdent dans l’immensité
    De la ville aux mille visages, mille origines et milles vies.
    Aux fenêtres, barrières ultimes, apparaît la diversité
    D’autres coutumes, d’autres usages, d’autres désirs, d’autres envies.

    Le voyageur autour du monde cherche de nouveaux paysages
    Tandis que j’arpente les rues à la recherche du temps perdu.
    Comme Proust, mes pensées s’inondent au cours de mes apprentissages
    De souvenances disparues et de migrations éperdues.

    Ici, on parle mille langues et là, on prie pour d’autres dieux ;
    Un puzzle de communautés, une mosaïque de traditions.
    Ainsi le monde nous harangue à être miséricordieux
    Et accepter sa primauté par ses valeurs en coalition.

    Tableaux de Vladimir Kolbasov.

  • Paradis déconfiné

    Paradis déconfiné

    Quand le serpent inocula le virus de la connaissance,
    Leur mise en invalidité ferma la porte au Paradis.
    Après ce triste postulat, Adam s’occupa de semences
    Pour recouvrir leur nudité sans que ça leur coûte un radis.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • Ni vu ni connu

    Ni vu ni connu

    Le photographe un peu fantasque fera sortir le p’tit oiseau
    Sur la campagne environnée avec un tissu de mensonges.
    Incognito derrière son masque, le Petit Prince fait beau museau
    Avec le Renard couronné qui mime un monarque qui songe.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • Vendredi sein-cœur trois quart

    Vendredi sein-cœur trois quart

    Il était bien sein-cœur trois quart, quand nous nous sommes embrassés
    Précisément à l’heure cuisse, les jambes assez enchevêtrées.
    Ses fesses ont fait le grand écart et mon aiguille s’est empressée
    Entre montagnes et vallées suisses, tous les sens interpénétrés.

    Photo d’Erwin Olaf – floutée pour éviter la censure Facebook.

  • Les coronariens

    La planète Coronavirus nous a envoyés ses aliens
    Non seulement assimilés, mais parfaitement intégrés.
    Pour que les premiers apparussent à l’ère néandertalienne,
    Ils ont dû se dissimuler parmi les tribus émigrées.

    Tableau de Jeff Drew.

  • Les années confinées

    Les années confinées

    On appelait « les années folles », l’insouciance avant la guerre,
    La simplicité combinée avec le siècle des lumières.
    Tandis qu’aujourd’hui batifolent les humains dont l’instinct grégaire
    Les pousse à vivre confinés entre quatre murs de poussière.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Carnet de voyage – 2

    Carnet de voyage - 2

    Mon héritage paternel comme une loupe grossissante ;
    La marguerite à effeuiller qui lui a fait aimer ma mère,
    Quelques mots tendres et éternels sur quatre pages jaunissantes
    De son vieux carnet à feuillets pour ses voyages éphémères.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Confinements musicaux

    Confinements musicaux

    Chaque musicien dans sa niche, qui son piano, sa clarinette,
    Qui son violon ou sa guitare, qui son tambour ou sa trompette,
    Qui son nourrisson qui pleurniche, qui son minet ou sa minette
    Porte à croire qu’il n’est pas si tard pour jouer la musique en fête.

    Illustration de Pascal Campion.

  • Carnet de voyage – 1

    L’encyclopédie naturelle de l’héritage de ma mère :
    Quelques fleurs séchées des montagnes entre les pages d’un carnet ;
    Des esquisses et des aquarelles de météores éphémères ;
    Des crépuscules sur la campagne aux tonalités incarnées.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Transports confinés

    Transports confinés

    Tandis que de gros bâtiments, bien cloisonnés, bien empilés,
    Transportent autour de la Terre, les containers entrechoqués,
    Profitons du confinement qui nous permet de compiler
    Tout l’éventail et l’inventaire de ce que nous avons stocké.

    Les photographies aériennes de JP et Mike Andrews.

  • Le regard opprimé

    Le regard opprimé

    Je n’ai de nouvelles du monde que par les yeux des opprimés
    Que masquent le regard partial de ceux qui se croient supérieurs.
    Désormais mon cœur vagabonde là où désire s’exprimer
    La sincérité impartiale envers les êtres dits inférieurs.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Plages confinées

    Plages confinées

    Tandis que le raffinement de l’art de vivre et des loisirs
    Expose les corps au soleil des nantis stéréotypés,
    Je repense au confinement et cette impression de moisir
    En rêvassant en plein sommeil à des vacances anticipées.

    Les photographies aériennes de JP et Mike Andrews.

  • Au pays des fantasmes

    Au pays des fantasmes

    Quand l’amour affrète un voyage, ses passagers perdent la tête
    Et leur sens de l’observation n’a même plus droit au couplet.
    Les fantasmes et ses foudroyages tonnent leurs plus grandes tempêtes
    Et l’instinct de conservation leur donne envie de s’accoupler.

    Tableau de Rob Schouten.

  • À mon corps défendant

    À mon corps défendant

    Hommes et femmes, contre leur gré, pour éviter un mal immonde,
    Souvent agissent à contrecœur et même à leur corps défendant.
    Car il est fou et dénigré celui qui croit changer le monde
    Même s’il y met tout son cœur et même à son sang répandant.

    Bodypainting de Kim Joon.

  • Les mythes au logis

    Les mythes au logis

    Dans mes retraites imposées dans une chambre d’hôpital
    Ou assigné à la maison, j’ouvre ma porte imaginaire.
    J’y vis des mythes transposés selon mon espace vital
    Car il n’y a aucune raison que ce ne soit extraordinaire.

    Illustration de Sarah Young.

  • Points de lumière

    Lorsque s’éveille la lumière par petites touches timides,
    Le ciel fait pâlit lentement son aurore réfléchissante ;
    Les oiseaux saluent les premières lueurs de leurs niches humides
    Et, la mer, l’ensanglantement des vaguelettes frémissantes.

    Sous les ponts de pleine lumière, le soleil reprend l’ascendance
    Sur la nuit vaincue qui retire ses ombres indéfinissables.
    Les femmes ouvrent leurs chaumières, les hommes sortent en cadence
    Et les activités soutirent au temps son vol insaisissable.

    Lorsque s’assoupit la lumière, vient la magie du crépuscule
    Et les couleurs en demi-teinte favorisent l’intimité.
    Les habitudes coutumières égayent, le soir en groupuscules,
    Le charme d’une ville éteinte d’une quiétude illimitée.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • Ma trinité

    La Déesse-Mère ne m’apparaît que dans mes souvenirs d’enfance ;
    Elle règne depuis l’éternité et nul n’en connaît l’origine.
    Dans ma mémoire, elle transparaît comme un oisillon sans défense
    En quête de maternité et tout l’amour que j’imagine.

    La Déesse-Femme, plus mystérieuse, appartient aux temples sacrés
    Dont l’accès, toujours difficile, impose des nombreuses épreuves.
    Selon l’humeur, douce ou furieuse, j’ai le devoir d’y consacrer
    Toutes mes forces, être docile et surtout bien faire mes preuves.

    La Déesse-Fille, plus naturelle, use de son chant de sirène
    Pour m’attirer, moi l’étalon, à préparer l’avènement.
    Déjà si jeune mais structurelle, elle apprend vite à être reine
    Et rayonner dans mon salon comme un heureux événement

    Tableaux d’André Lhote.

  • Briser ses chaînes

    Briser ses chaînes

    Plus l’épreuve a de gravité, plus notre résistance casse
    Et plus la force centrifuge permet de briser nos limites.
    Ainsi notre longévité dépend de ce qui nous surpasse
    Et nous fait quitter le refuge d’un monde qui n’était qu’un mythe.

    Tableau de Philip Whiteley.

  • Le p’tit oiseau dans la tête – 2

    Le p’tit oiseau dans la tête - 2

    Quand le messager de l’amour quitte la volière du cœur,
    L’esprit se dissout dans les nues, le corps et l’âme s’insupportent.
    Plus tard, à la tombée du jour, les ombres étirent la rancœur
    Évoquant la croix contenue sur la tombe des amours mortes.

    Photo de Noell Oszvald.

  • La chaîne alimentaire

    La chaîne alimentaire

    Une intendance élémentaire magnifiquement orchestrée
    Provoque en nous la satiété du plaisir de consommation.
    Une carence alimentaire lorsque nous serons séquestrés
    Fera naître dans la société un esprit de compétition.

    Tableau « Le Repas de noce ou La Noce paysanne » de Pieter Brueghel.

  • Le p’tit oiseau dans la tête – 1

    Le p’tit oiseau dans la tête - 1

    Quand tous les garçons et les filles ont un p’tit oiseau dans la tête,
    Le cœur devient cage à serins dont l’amour ouvre grand la porte.
    Mais lorsque sa flamme vacille, le piaf se transforme en trompette
    Dont le cri, hier si serein, s’envole dans l’azur qui l’emporte.

    Françoise Hardy photographiée par Marta Bevacqua.

  • La fronde

    La fronde

    J’écoute la Terre qui gronde par les oiseaux dans leur silence ;
    Je vois les forêts qui reculent par les animaux disparus ;
    Je sens le souffle d’une fronde dans les fumées de pestilence
    Et les poisons qui s’inoculent par tous ces vaccins apparus.

    Illustration d’Alex Nabaum.

  • L’invite au voyageur

    Cette porte invisible dont le cœur a la clef
    Ne s’ouvre qu’une fois car l’amour est sacré.
    L’action imprévisible d’un écureuil bouclé
    Peut vous montrer la voie si sa robe est nacrée.

    Alors n’attendez pas la prochaine occasion ;
    N’ayez pas froid aux yeux et suivez votre cœur !
    Après le premier pas, sentez à profusion
    Ce parfum délicieux d’invite au voyageur.

    Tableaux de Lucy Campbell.

  • Poissons d’avril

    Une grenouille un peu revêche, plongée sans son consentement
    Dans l’eau bouillante, sort par réflexe d’autodéfense assurément.
    Or, si on la met dans l’eau fraîche que l’on fait chauffer lentement,
    Au début, elle sera perplexe mais elle cuira sûrement.

    D’abord, on nous a confiné ensemble dans nos appartements ;
    Après, nos sorties sont restreintes et nos approvisionnements ;
    Puis, internet est limité, le téléphone également ;
    Demain, nous vivrons dans l’astreinte ou supprimés légalement.

    Photos de Stefan Gesell et Sansa Mandara.

  • La couleur des voyages

    La couleur des voyages

    Quand, vers le rouge, il se rapproche, mon loup entend battre mon sang.
    Quand, vers le bleu, il disparaît , je ne perçois qu’un battement.
    Puis quand il saute, je m’accroche à son pelage en enfonçant
    Mon cœur dans ce qui m’apparaît le plus subtil embrasement.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Les contes de fées

    Les contes de fées

    Le monde est un conte de fées remplis de vides et de trous
    Que je comble un peu tous les jours de mes rencontres et mes acquis.
    La mort me fait philosopher, la vie m’amuse peu ou prou
    Et quand vient le temps des amours je conclus par l’acte requis.

    Illustration de Virginia Frances Sterrett.

  • Fin de mois

    Fin de mois

    Ainsi s’en vont les émotions transportées par le temps qui passe
    Avec les pires absurdités de tous les soucis de la vie.
    Les blessures et les commotions sans queue ni tête qui me dépassent
    Mais qui font la diversité à laquelle je suis asservi.

    Tableau de Michael Sowa.

  • Le Gode Michel

    Le Gode Michel

    Le Gode Michel perdit sa chatte et cherchait qui la lui rendrait
    Lorsqu’il rencontra sa voisine en train de se la peloter.
    Le Gode, en voyant la goujate, lui fit savoir qu’il la prendrait
    Sur la table de la cuisine aussitôt que déculottée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Au cœur du voyage

    Au cœur du voyage

    Les voyages collectent un trésor qui se distille dans le cœur,
    Jolis bijoux de souvenirs, divins alcools de l’aventure,
    Dont mon nabuchodonosor améliore sans cesse la liqueur
    Pour trinquer et me soutenir vers de prochaines villégiatures.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Décalages

    Décalages

    J’entends tant de carambolages de nouvelles fausses ou vraies,
    J’aperçois tant de démesures à propos du confinement,
    Que j’en subis le décalage les jours fériés, les jours ouvrés,
    Pour trouver de la nourriture malgré l’emmagasinement.

    Tableau d’Alvaro Tapia Hidalgo.

  • Le silence de l’amour amer

    Le silence de l’amour amer

    En dépit de tous mes efforts pour attirer son attention,
    Elle restait indifférente à mes appels désespérants.
    J’eus beau jouer les sémaphores et montrer mes belles intentions,
    Elle demeura persévérante dans un silence exaspérant.

    Tableau d’Edvard Munch.

  • Tu veux ma photo ?

    Tu veux ma photo ?

    Et si tu m’observais vraiment avec un regard impartial,
    Te verrais-tu, dans mon miroir, comme tu voudrais bien me voir ?
    Et si tu m’disais carrément ce que tu vois dans mon facial,
    Je rectifierais mes mâchoires avec des défenses d’ivoire.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Guernica

    Guernica

    Gabegie totale sur la planète et tout le monde perd la tête !
    Il paraît que les poulaillers sont pleins de poules folles à lier ;
    Les savants font des galipettes avec des œufs dans l’éprouvette ;
    Les chevaux ont le mors aux dents et les taureaux sont taraudants.

    Tant pis pour la guerre d’Espagne, tant pis pour les guerres mondiales !
    Les guerres idéologiques et les guerres économiques !
    Le prix du pays de cocagne payé par les classes sociales
    N’est qu’un facteur psychologique doublé de mort astronomique.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • La femme debout

    La vie choisit la meilleure voie en privilégiant le plus fort
    Comme un concours universel pour élire l’espèce dominante.
    J’entends une petite voix me dire que le mâle a eu tort
    De ne mettre dans son escarcelle que sa vigueur prédominante.

    « La femme est l’avenir de l’homme ! » proclamait Louis Aragon.
    Il serait temps de la laisser nous y conduire sereinement ;
    Placer la reine en son royaume, épousseter les vieux dragons,
    Prier celle qui, sans nous blesser, lancera le redressement.

    Hélas ce n’est pas un poème qui va sauver l’humanité.
    Ni un retour vers le passé puisque le temps nous est compté.
    Je sais, je suis un peu bohème et manque de messianité
    Pour dire à la femme compassée d’agir selon sa volonté.

    Tableaux de Shelby McQuilkin.

  • L’homme debout

    Le Soleil perd de sa magie depuis que la Terre n’est plus plate
    Et la lune est déshonorée depuis la conquête spatiale ;
    Le zodiaque tombe en léthargie depuis que l’espace se dilate
    Et les étoiles décolorées par l’effet Doppler, impartial.

    L’homme reste encore debout pour un temps désormais compté
    Puisque sa planète natale ne parvient plus à le nourrir.
    Avoir ôté les garde-boues à sa sauvegarde escomptée
    Apporte le retour létal de la Terre en train de mourir.

    Alors reste le souvenir d’une aurore et d’un crépuscule
    Comme serviteurs dévoués d’un roi-soleil prépondérant.
    Alors, reste le devenir d’une humanité qui bascule
    Alors qu’elle se croyait vouée à un avenir conquérant.

    Tableaux de Shelby McQuilkin.