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  • Sur la frontière

    Sur la frontière

    À la frontière de Pentecôte, avant la crise après la crise,
    Plus rien ne sera comme avant car nous serons tous vaccinés.
    Fini de s’aimer côte-à-côte, nous allons vivre sous l’emprise
    Du monde qui va de l’avant dans une société confinée.

    Photo de Mariola Glajcar.

  • Les couleurs des villes – 2

    J’ai dû parcourir mille fois ce parcours sans m’y arrêter
    Entraîné par obligation de suivre mon emploi du temps.
    Jaloux des nantis installés à la terrasse des cafés
    Riches de temps, riches d’argent mais surtout riches du présent.

    Bien sûr, les boulevards s’égayent aux périodes de fin d’année
    Qui met le cœur des hommes en fête car nous suivons les traditions.
    Mais la mécanique se rouille au fil des années répétées
    Je n’en retiens que des fantômes dans les commerces d’aujourd’hui.

    Je me souviens des soirs de fête où je redécouvrais les rues.
    Celles-là mêmes que naguère j’avais empruntées en plein jour.
    Restaient les secrets des ruelles qui montaient dans les vieux quartiers
    Aux labyrinthes impossibles et l’inconnu inaccessible.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Les couleurs des villes – 1

    Aux matinées d’aurores pourpres, je m’en allais le cœur d’enfant
    Vers l’école municipale en suivant le même chemin
    Qui passait par de ruelles sales où se reflétait le soleil
    Et par les allées commerciales avec les Halles et le marché.

    Mais ce n’était pas qu’un décor, c’était aussi une frontière
    Du pays des grandes personnes où je n’avais pas lieu d’aller.
    Je voyais ces endroits magiques dans les ténèbres et les secrets
    Où je craignais trop d’entreprendre le moindre pas vers l’aventure.

    Mon village prenait ses couleurs selon les jours de la semaine.
    Les jeudis l’inondaient de jaune et les dimanches, tout en blanc.
    Les autres jours semblaient pareils à une couleur uniforme
    Sauf arrivé au samedi aux soirées violettes et bleues.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Messagerie sans-fil

    Messagerie sans-fil

    La toile des communications, la fragilité du sans-fil,
    Peut se briser sans préavis par décret gouvernemental.
    Mais contre ces limitations, on verra les colombophiles
    Et les pigeons reprendre vie pour fournir un service postal.

    Tableau de Christian Schloe.

  • La fille sur les toits

    La fille sur les toits

    Cinq chats vivaient à la maison dont l’un se métamorphosait
    Le jour dans ma petite fille, la nuit en chatte de gouttière.
    Elle courrait, non sans raison, sur les toitures ardoisées
    Mais elle offrait à sa famille des euphories primesautières.

    Tableau de Alexander Jansson.

  • L’assemblée des dieux

    L’assemblée des dieux

    Finalement mille-et-un dieux trônent au royaume des cieux ;
    Celui qu’on appelle « Éternel » ou parfois même « Emmanuel »
    N’est qu’un « porte-parole » choisi par un gouvernement moisi
    Qui ne nous envoie que des crises pour nous garder sous son emprise.

    Tableau de Giulio Romano.

  • Les voyages confinés

    Les voyages confinés

    Puisque nous passons nos vacances dans nos pavillons confinés,
    Dotons leurs fondations de roues d’imagination raffinée !
    Puis, sur des rails d’extravagance, nous irons par le Dauphiné
    Vers les mers bleues où les mérous rôtirons dans nos cheminées.

    Photo de Meherab Arsalan.

  • Adam et Ève sous les végétaux

    Adam et Ève sous les végétaux

    Adam et Ève végétaux dans le jardin d’éternité
    Pour unir leurs mâles étamines autour du pistil féminin ;
    Tous leurs organes génitaux exposés en fraternité
    Pour la beauté des vitamines pour qui en récolte le pollen.

    Les fils des arbres et des forêts, les filles-fleurs aux blancs pétales,
    Les enfants-spores évanescents, la descendance ensoleillée,
    Toutes les plantes à déflorer dans ce jardin – mais sans scandale !
    Dieu ne m’est pas reconnaissant d’avoir voulu le conseiller.

    Il m’a doté d’une étamine qui devrait flotter à l’air libre
    Mais que je dois garder cachée contre attentat à la pudeur.
    Quant à la gente féminine, j’ai souvent perdu l’équilibre
    À essayer de m’attacher à son ineffable splendeur.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Tuer le temps

    Tuer le temps

    À force de tuer le temps, j’ai perdu le fil du présent ;
    À tant lutter contre l’ennui, l’esprit en devient méprisant.
    Je réduis le temps à ses jours puis, à ses heures et ses minutes,
    En espérant trouver enfin l’éternité à l’azimut.

    Jouant contre le temps, je l’ai fait trébucher ;
    Jouant contre le vent, j’ai voulu m’envoler ;
    Il ne restait qu’un brin, une ultime seconde
    Pour que je reste avec les témoins de ce monde.

    Pourtant le temps passe toujours comme des trains de figurants ;
    Pourtant le temps rythme toujours leurs rêves les plus fulgurants.
    Mais pour moi chaque nouveau jour m’apporte sa nouvelle page
    Où j’écris les reflets d’amours de mes souvenirs de voyage.

    Tableaux de Vladimir Kush.

  • Adam and Ève sous les météores

    Adam and Ève sous les météores

    Leur éternelle adolescence les confinaient en liberté,
    Une pomme de connaissance leur révéla leur puberté.
    Alors la grêle des orages, les pluies et tout leur potentiel
    Firent éclater toute leur rage jusqu’à c’ que paraisse l’arc-en-ciel.

    Ils connaîtront les maladies mais n’auront pas voix au chapitre ;
    Ils ont quitté le paradis avec la clef du libre-arbitre.
    La Terre donnée pour jardin deviendra vite trop petite
    Sauf dans les paradis mondains aux fortunes sans contredites.

    Tableau d’Odilon Redon.

  • Sortie du néant

    Sortie du néant

    « C’ n’est pas l’ chemin qui est difficile, c’est difficile qui est le chemin ! »
    Elle est arrivée du néant puis, disparut à travers le mur.
    Et moi, je restai imbécile à me prendre la tête dans les mains
    En m’asseyant sur mon séant et me répétant son murmure.

    Quelquefois l’intuition traverse l’espace compact du moment
    Et laisse une phrase inaltérable qui résonne dans mon inconscience.
    Parfois elle parvient, à l’inverse, à braver d’un coup assommant
    La provocation pondérable de mon objecteur de conscience.

    Tableau de Terada Shigeru.

  • La muse du peintre

    La muse du peintre

    Bien sûr, je conçois que la muse du peintre se présente nue
    Dans toute la grâce de l’ange qui déploie ses ailes au talent.
    Lorsque le poète s’amuse à inviter cette ingénue,
    La plume longtemps le démange d’écrire quelques vers galants.

    Tableau de Henri Martin.

  • La muse du poète

    La muse du poète

    Le croiriez-vous ? Mon égérie n’écoute pas ce que je dis.
    Peu lui importe la façon dont j’écris son inspiration.
    Et même si je renchéris par une piètre comédie,
    Son regard en colimaçon me coupe la respiration.

    Tableau de Hu Jun Di.

  • Trois petits cochons

    Trois petits cochons

    L’animal le plus proche de l’homme – qui, lui aussi, est omnivore –
    Court vers la chaîne alimentaire et l’industrie pharmaceutique.
    Le porc et l’humain en binôme, l’un le nourrit l’autre le dévore ;
    Après tout, c’est élémentaire et la boucherie, pathétique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pour vivre heureux vivons cachés !

    Pour vivre heureux vivons cachés !

    Pour observer sans être vu, ne montre pas le bout du nez
    Car tu deviens l’être pervers doté d’un sale caractère.
    Tu risques même la garde à vue si tu joues à importuner ;
    La police se montre sévère envers tous les contestataires.

    J’ai lu quelque part qu’un homme qui chantait la chanson « Hécatombe » de Georges Brassens avait été verbalisé – au moment où il entonnait « … les mégères gendarmicides … » – par deux policiers qui passaient sous sa fenêtre. Donc, méfiez-vous, les murs ont des oreilles !

  • Mouton-Vole

    Mouton-Vole

    Maintenant qu’on nous a appris à nous confiner sans mot dire
    En nous cachant par un virus la forêt de l’incertitude,
    Désormais nous avons compris que nous n’avons qu’à nous maudire
    D’avoir élu l’olibrius qui nous lévite en altitude.

    Tableau de Michael Sowa.

  • Le gitan endormi

    Le gitan endormi

    Ce soir, le roi des animaux, lion cruel mais mélomane,
    À goûté sous le ciel étoilé un chant d’une oreille amicale.
    Sa majesté, à demi-mots, se montre aussi mégalomane
    Quand il s’agit de dévoiler ses connaissances musicales.

    Pendant ce temps, le gitan rêve à des gazelles énamourées
    Pour lesquelles il a répété ses harmonieuses réparties.
    Mais la belle image se crève car le lion a savouré
    Le songe d’une nuit d’été du rêveur puis, il est parti.

    Tableau d’Henri Rousseau.

  • Sur le fleuve tranquille de la vie

    Tous les matins la vie paisible coule sur le fleuve tranquille
    Chargé de toutes les nouvelles qui se diluent dans son courant.
    Qu’elles soient tragiques ou risibles, le paysage reste immobile
    Malgré les coups de manivelle des événements concourants.

    J’ai ma collection de jumelles, de télescopes et de longue-vues
    Qui me donnent l’heure à l’horloge de mon petit château perché.
    Je lorgne aussi quelques femelles qui s’y lézardent à l’imprévu
    Bien qu’en principe cela déroge à ma dignité écorchée.

    Et le soir la vie recommence sur les terrasses et les jardins
    Au rythme des éclats de rires comme un spectacle permanent ;
    Petit théâtre des romances entre blondinettes et blondins
    Qui voient la lune leur sourire et les étoiles au firmament.

    Tableaux de Michiel Schrijver sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Michiel-Schrijver.html#more .

  • Fenêtres sur mer

    L’uniformité matinale rassure mon retour à la vie
    Lorsque j’entends les mêmes signes inscrits dans le cri des oiseaux.
    Et cette horloge machinale de l’aurore sur le parvis
    Sort le soleil de la consigne selon l’horaire des fuseaux.

    Vers midi, le soleil s’énerve à enflammer d’amour doré
    Tout ce qui vit sur la planète, uni au même méridien.
    Je reste là sur la réserve de mon secrétaire mordoré
    À écrire une chansonnette qui rythme avec mon quotidien.

    Quand enfin s’en vont les lumières que le crépuscule assombrit,
    Je guette celle d’une amourette dont je rêverai cette nuit.
    Je reste jusqu’à la dernière puis je regagne mon abri
    Où j’m’entendrai conter fleurette à celle qui m’ rejoint à minuit.

    Tableaux de Michiel Schrijver sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201512Michiel-Schrijver.html#more .

  • Droit de passage

    Droit de passage

    Soudain, barrant le pâturage, une déesse des prairies
    Me manda de payer l’octroi pour le Passage des Alpages.
    Heureusement mon entourage m’avait parlé de la frairie ;
    D’un drapeau en forme de croix, j’ai pu m’acquitter du péage.

    Photo de Brigitte Djajasasmita.

  • Le bar-à-chat

    Le bar-à-chat

    Quand Minet invite Minette à boire un seau à l’improviste,
    L’étable des vaches normandes demeure un lieu incontournable.
    L’atmosphère de la buvette attire les récidivistes,
    Sauf la fermière qui réprimande ces gaspillages impardonnables.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les intraçables

    Les intraçables

    De peur que la deuxième vague emporte tout sur son passage,
    Nous faisons le tour de la Terre exactement en temps inverse
    Sur notre side-car qui zigzague afin d’éviter le traçage
    Des statistiques qui nous atterrent et ses rapports de controverses.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Masque rouge

    Masque rouge

    En m’inspirant de la burqa, j’ai faufilé ce masque rouge
    Qui me permet de respirer et agrée la lecture labiale.
    Je peux danser la mazurka, le tango, bref tout ce qui bouge,
    Et laisser mon corps transpirer toute mon aura primordiale.

    Photo de Tim Cavadini.

  • L’intention

    L’intention

    Selon le mode ascensionnel que la nature a imprimé
    Au cœur des arbres et de la flore, l’énergie remonte et progresse.
    Selon le mode intentionnel que l’humain peine à exprimer,
    La planète entière se déflore si ses prétentions le régressent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’ascension à la mode

    L’ascension à la mode

    Prêt pour un voyage à Cythère avec l’ascension à la mode ?
    L’Agence d’Amour prévoit tout – Pas besoin de faire vos valises !
    Vous partez en hélicoptère et Vénus, qui vous accommode,
    Vous glisse comme passe-partout, son numéro d’ chambre à Venise.

    Illustration de Jose Luis Benicio.

  • Celle-ci à vélo

    Celle-ci à vélo

    Les fesses derrière sur la selle mises,
    Le chien à l’arrière, position assise.
    Le dos sous l’ombrelle, les cheveux au vent,
    Sur l’intemporelle route du couvent.

    On fait une halte, un besoin urgent !
    Les pneus sur l’asphalte crissent en aspergeant,
    D’une belle flaque, un joli Monsieur.
    Comme aphrodisiaque, il n’y a pas mieux !

    Madame propose alors un baiser,
    Monsieur se dispose à être apaisé.
    Puis, sonnent les cloches et le chien aboie ;
    Les bas s’effilochent dans le petit bois.

    Tableau de Wlad Safronow.

  • Celui-là à cheval

    Celui-là à cheval

    Un cheval à roues ? Un tricycle hippique ?
    Vient-il du Pérou, pays bien typique ?
    Jouant de la corne, tenant une lance,
    Un peu flagorné, le chariot avance.

    Un coup de trompette claque dans l’arène,
    Lui, d’une courbette, il salue la reine,
    Sors les pectoraux et bombe le torse
    Et pas de taureau déroge à l’entorse.

    Le voilà qui chante, levant son chapeau,
    Les oreilles, enchante là sous les drapeaux.
    Tout le monde acclame le beau numéro.
    Cet homme, Mesdames, c’est votre héros.

    Tableau de Wlad Safronow.

  • Le masque à sourire

    Le masque à sourire

    Heureusement, la société met à notre disposition
    Tous les moyens de distraction, de loisir et de protection.
    Utilisez à satiété les masques de composition
    Qui donneront satisfaction à ceux qui ont besoin d’affection.

    Illustration de Gerhard Haderer.

  • Les sirènes d’eau douce

    Les sirènes d’eau douce

    Souvent à Sennhof, les sirènes sont presque nues dans la rivière.
    Ce sont des sirènes d’eau douce avec deux jambes et donc sans queue.
    Les fans de la petite reine et de la casquette à visière
    Posent leurs vélos sur la mousse pour mater d’un air obséquieux.

    Tableau de Henryk Trojan.

  • Voile orange – 2

    Voile orange - 2

    Comme il faut cacher ses desseins qui percent à travers les murailles
    On a inventé le vaccin avant que le monde déraille.
    Désormais vous devrez porter un joli masque de couleur
    Qui en retour va apporter l’ordre nouveau, non sans douleur.

    Photo Ashish.

  • Voile orange – 1

    Voile orange - 1

    Voile orange sur la planète nue qui cache ses parties intimes,
    Ses petits secrets entre riches qui protègent leurs majesté.
    Voile étrange qui est devenu la contamination ultime
    Qui se répand sur la Terre en friche comme un sérum de chasteté.

    Photo de Eric Meola.

  • Le Paradis déconfiné

    Le Paradis déconfiné

    Confinés dans leur nirvâna, ils mangèrent tellement de compote
    Qu’ils ne purent même plus passer par la porte du Paradis.
    Il leur fallu l’assistanat d’un ange qui changea leur popote
    Par une soupe aux pois cassés, une salade et un radis.

    Tableau de Fernando Botero.

  • Le monde à l’envers

    Le monde à l'envers

    Après le monde déconfiné, plus rien ne sera comme avant.
    Ceux qui n’ont plus les pieds sur Terre prendront d’éternelles vacances
    Vers des pays déterminés, encore mieux qu’auparavant,
    À offrir aux gens solitaires le plaisir en extravagance.

    Photo de Benoit Gaillandre.

  • Chacun son chat

    Moi, en robe de paon ; toi le chat sacripant,
    Moi, j’offre mon giron ; toi, offre ton ronron.
    Couchés sur le divan un instant captivant
    À guetter les souris d’une attention nourrie.

    Moi, en robe fleurie ; toi, le chat aguerri,
    Viens me faire un câlin, joli matou malin !
    Partager mon fauteuil aux couleurs de tilleul
    Et rêver un moment comme de vieux amants.

    Moi, en robe de vagues ; toi, le chat qui divague,
    Moi, contre mon minou ; toi, contre mes genoux.
    Tes poils sur la bergère et moi en tenue légère
    Pour passer la journée ensemble à ronronner.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • Les oiseaux de bons auspices

    Au fil des heures étirées par la tombée du crépuscule,
    Le soir empourpre les ruelles et couvre d’ombre les arcades.
    Dans le silence déchiré par des oiseaux en groupuscules,
    Une huée douce et cruelle brise le calme de la rocade.

    Dans le sommeil qui vous emporte dans le doux ventre de la nuit,
    Une fenêtre s’illumine ; ici, non plus, on ne dort pas.
    Aussitôt, on ouvre une porte ; il n’est pas très loin de minuit.
    Une présence féminine étouffe le bruit de ses pas.

    Sitôt sortie de sa chaumière, la silhouette volatile
    D’une femme s’apprête à goûter suavement l’instant propice.
    Alors les oiseaux de lumière donnent de leurs cris versatiles,
    À celle qui sait écouter, l’écho de leurs meilleurs auspices.

    Tableaux de Malwina de Brade.

  • Comme une araignée au plafond- 6

    Comme une araignée au plafond- 6

    Après une bonne formation pour capter la télévision,
    La femme des années soixante savait comment nous captiver.
    Aujourd’hui, les informations que je vois en mondovision
    Sont fausses et tellement angoissantes que j’ai dû la désactiver.

    Dame Lesley Lawson – dite Twiggy – photographiée pour Vogue.

  • Comme une araignée au plafond- 5

    Comme une araignée au plafond- 5

    Avant de me déconfiner, je dois respecter les paliers
    Afin que la décompression ne me fasse pas bouillir le sang.
    Je ne suis pas déterminé à dégringoler l’escalier
    Et offrir aux gens l’impression que mes cheveux sont repoussants.

    Photo de Roberto Folk Seminari.

  • La merde

    La merde

    Les pattes accrochées au fumier, le coq est si fier de chanter !
    Les racines plongées dans la boue, la fleur de lotus s’ouvre au jour.
    Ne craignons pas d’avoir les pieds dans la merde et devoir déchanter
    Car nous en sortirons debout nos plus belles histoires d’amour.

    Cette belle couleur marron, si répandue et odorante,
    Devrait plutôt porter le nom de peinture à merde marrante.
    Finalement, notre passage, dans cette vie insignifiante,
    Se résume au matelassage de la planète par notre fiente.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mon chemin

    Mon chemin

    Je ne suis pas les chemins tracés
    Mais je suis mon propre chemin ;
    Mes reflets verts sont des repères
    Pour celui qui veut l’emprunter.

    Mon chemin n’est pas le plus court
    Mais il embrasse les paysages ;
    Je ne sais pas où il arrive
    Mais c’est toujours une surprise.

    Il suit les contours du terrain
    Et fait des circonvolutions ;
    Il n’obéit pas au cartographe
    Mais pour moi c’est le plus adroit.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le masque à ras

    Le masque à ras

    Le masque devient obligatoire – qu’il soit ou ne soit pas commode –
    Chacun en fait une occasion pour s’exprimer à sa façon.
    Bientôt les couturiers notoires sauront l’apprêter à la mode
    Et nous connaîtront l’invasion de virales contrefaçons.

    Isabella Blow par Mr Pearl sur www.jessicalight.blogspot.com201401mr-pearl.html .

  • Le poison lent

    La civilisation en marche, alliée au progrès du futur,
    Nous télécharge à domicile les fruits du monde épicurien.
    Quel plaisir pour le patriarche d’offrir à sa progéniture
    Des objets les plus imbéciles aux gadgets qui ne servent à rien.

    Mais voilà qu’un couac intervient dans cette chaîne industrielle ;
    Un poison lent s’est immiscé dans toute la consommation.
    Et comme personne ne parvient à en fabriquer des kyrielles,
    Voici la fin d’une odyssée et de la mondialisation.

    Illustration de Moebius.

  • Comme une araignée au plafond – 4

    Comme une araignée au plafond - 4

    L’inconscient sent son cauchemar s’insinuer dans tous les rêves
    Qui viennent le hanter la nuit comme si c’était prédestiné.
    Car le jour nous en avons marre de voir que l’on vit ou l’on crève
    Selon un pouvoir qui nous nuit à défaut de nous estimer.

    Tableau de Michael Sowa.

  • Comme une araignée au plafond – 3

    Comme une araignée au plafond - 3

    Tant elle usa, elle abusa de son pouvoir bouleversant
    Qu’elle ne put quitter son plafond sur lequel elle se confinait.
    Son mari point ne s’amusa et trouva plutôt renversant
    De la voir en toile de fond, nue, tandis qu’il se lancinait.

    Tableau de Brooke Shaden.

  • Comme une araignée au plafond – 1

    Comme une araignée au plafond - 1

    Comment en suis-je arrivée là, moi, l’innocente et son minet ?
    Comment le monde a basculé vers une telle absurdité ?
    Comment le monde s’emmêla à désirer me confiner
    Comme s’il avait calculé mon degré de crédulité ?

    Photo de Brooke Shaden.

  • Comme une araignée au plafond – 2

    Comme une araignée au plafond - 2

    Heureusement j’ai des infos que je dois comprendre à l’envers.
    Heureusement j’ai la radio dont j’entends les conseils pervers.
    Heureusement j’ai la télé qui montre ce que je dois voir
    Et j’en serai inoculée de ce qu’ON pense être mon devoir.

    Photo de Rosie Hardy.

  • Des racines et des ailes

    Maintenant que j’ai pris racine dans mon plancher en bois verni,
    Voilà que le confinement met un terme à ma gestation.
    Je sors les pieds de ma bassine, mes ailes blanches un peu ternies
    Mais avec le raffinement de sortir sans attestation.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Et volent les moutons

    Et volent les moutons

    Fêtons le déconfinement en savourant la liberté
    Qui nous donne des ailerons qui prolongent nos espadrilles.
    En poussant le raffinement nous en serons déconcertés ;
    Lorsque les moutons voleront, nous serons tous chefs d’escadrille.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Aux sources du stradivarius

    Aux sources du stradivarius

    Après la leçon de piano, il s’en va faire un gros dodo
    Car les enfants l’ont épuisé par leurs cris stridents et laïus.
    Les concours internationaux ont tant pompé sa gamme de do,
    Qu’en dormant il ira puiser auprès d’un vieux stradivarius.

    Pour ce dernier jour confiné dans son petit conservatoire,
    Il s’en ira conter fleurette aux souris et aux petits rats.
    Le violon d’Ingres du minet s’étant révélé, c’est notoire,
    D’accompagner les amourettes sur des miaulements d’opéra.

    Tableau de Maria Pavlova.

  • En avance sur son temps

    En avance sur son temps

    Monsieur Héron, motorisé car en avance sur son temps
    Sur une tortue populaire, croisa une jolie luronne.
    Alors il s’est autorisé à lui demander le montant
    D’une partie de pattes-en-l’air pour calmer sa testostérone.

    La belle, à patte et à plume, répliqua à cette envergure
    En déployant ses grandes ailes et s’envola dans le silence.
    De cette histoire, nous conclûmes qu’il n’était pas de bon augure
    De se pavaner avec zèle et frimer avec insolence.

    Tableau de Kevin Sloan sur http:paradisexpress.blogspot.com201010kevin-sloan.html .

  • Les femmes-anima

    Au sein de son imaginaire, l’homme s’approche d’une image,
    Représentation féminine de son anima masculine.
    Il cherche l’âme originaire qui se dérobe dans un mirage
    Dès que sa raison léonine fait monter son adrénaline.

    Alors pour dépasser le mur du masculin au féminin,
    Remontons la fibre animale dont nous sommes les héritiers.
    Et ce fil ténu nous murmure d’un écho sans doute bénin
    Que la vie a créé le mâle et la femelle usufruitiers.

    Car la vie nous prête le corps et nous n’en sommes que locataires,
    L’homme comme les animaux, comme la femme sans frontière.
    Ainsi pour retrouver l’accord de l’anima héréditaire,
    Ces fils infinitésimaux sont tendus sur la faune entière.

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.