À la frontière de Pentecôte, avant la crise après la crise, Plus rien ne sera comme avant car nous serons tous vaccinés. Fini de s’aimer côte-à-côte, nous allons vivre sous l’emprise Du monde qui va de l’avant dans une société confinée.
J’ai dû parcourir mille fois ce parcours sans m’y arrêter Entraîné par obligation de suivre mon emploi du temps. Jaloux des nantis installés à la terrasse des cafés Riches de temps, riches d’argent mais surtout riches du présent.
Bien sûr, les boulevards s’égayent aux périodes de fin d’année Qui met le cœur des hommes en fête car nous suivons les traditions. Mais la mécanique se rouille au fil des années répétées Je n’en retiens que des fantômes dans les commerces d’aujourd’hui.
Je me souviens des soirs de fête où je redécouvrais les rues. Celles-là mêmes que naguère j’avais empruntées en plein jour. Restaient les secrets des ruelles qui montaient dans les vieux quartiers Aux labyrinthes impossibles et l’inconnu inaccessible.
Aux matinées d’aurores pourpres, je m’en allais le cœur d’enfant Vers l’école municipale en suivant le même chemin Qui passait par de ruelles sales où se reflétait le soleil Et par les allées commerciales avec les Halles et le marché.
Mais ce n’était pas qu’un décor, c’était aussi une frontière Du pays des grandes personnes où je n’avais pas lieu d’aller. Je voyais ces endroits magiques dans les ténèbres et les secrets Où je craignais trop d’entreprendre le moindre pas vers l’aventure.
Mon village prenait ses couleurs selon les jours de la semaine. Les jeudis l’inondaient de jaune et les dimanches, tout en blanc. Les autres jours semblaient pareils à une couleur uniforme Sauf arrivé au samedi aux soirées violettes et bleues.
La toile des communications, la fragilité du sans-fil, Peut se briser sans préavis par décret gouvernemental. Mais contre ces limitations, on verra les colombophiles Et les pigeons reprendre vie pour fournir un service postal.
Cinq chats vivaient à la maison dont l’un se métamorphosait Le jour dans ma petite fille, la nuit en chatte de gouttière. Elle courrait, non sans raison, sur les toitures ardoisées Mais elle offrait à sa famille des euphories primesautières.
Finalement mille-et-un dieux trônent au royaume des cieux ; Celui qu’on appelle « Éternel » ou parfois même « Emmanuel » N’est qu’un « porte-parole » choisi par un gouvernement moisi Qui ne nous envoie que des crises pour nous garder sous son emprise.
Puisque nous passons nos vacances dans nos pavillons confinés, Dotons leurs fondations de roues d’imagination raffinée ! Puis, sur des rails d’extravagance, nous irons par le Dauphiné Vers les mers bleues où les mérous rôtirons dans nos cheminées.
Adam et Ève végétaux dans le jardin d’éternité Pour unir leurs mâles étamines autour du pistil féminin ; Tous leurs organes génitaux exposés en fraternité Pour la beauté des vitamines pour qui en récolte le pollen.
Les fils des arbres et des forêts, les filles-fleurs aux blancs pétales, Les enfants-spores évanescents, la descendance ensoleillée, Toutes les plantes à déflorer dans ce jardin – mais sans scandale ! Dieu ne m’est pas reconnaissant d’avoir voulu le conseiller.
Il m’a doté d’une étamine qui devrait flotter à l’air libre Mais que je dois garder cachée contre attentat à la pudeur. Quant à la gente féminine, j’ai souvent perdu l’équilibre À essayer de m’attacher à son ineffable splendeur.
À force de tuer le temps, j’ai perdu le fil du présent ; À tant lutter contre l’ennui, l’esprit en devient méprisant. Je réduis le temps à ses jours puis, à ses heures et ses minutes, En espérant trouver enfin l’éternité à l’azimut.
Jouant contre le temps, je l’ai fait trébucher ; Jouant contre le vent, j’ai voulu m’envoler ; Il ne restait qu’un brin, une ultime seconde Pour que je reste avec les témoins de ce monde.
Pourtant le temps passe toujours comme des trains de figurants ; Pourtant le temps rythme toujours leurs rêves les plus fulgurants. Mais pour moi chaque nouveau jour m’apporte sa nouvelle page Où j’écris les reflets d’amours de mes souvenirs de voyage.
Leur éternelle adolescence les confinaient en liberté, Une pomme de connaissance leur révéla leur puberté. Alors la grêle des orages, les pluies et tout leur potentiel Firent éclater toute leur rage jusqu’à c’ que paraisse l’arc-en-ciel.
Ils connaîtront les maladies mais n’auront pas voix au chapitre ; Ils ont quitté le paradis avec la clef du libre-arbitre. La Terre donnée pour jardin deviendra vite trop petite Sauf dans les paradis mondains aux fortunes sans contredites.
« C’ n’est pas l’ chemin qui est difficile, c’est difficile qui est le chemin ! » Elle est arrivée du néant puis, disparut à travers le mur. Et moi, je restai imbécile à me prendre la tête dans les mains En m’asseyant sur mon séant et me répétant son murmure.
Quelquefois l’intuition traverse l’espace compact du moment Et laisse une phrase inaltérable qui résonne dans mon inconscience. Parfois elle parvient, à l’inverse, à braver d’un coup assommant La provocation pondérable de mon objecteur de conscience.
Bien sûr, je conçois que la muse du peintre se présente nue Dans toute la grâce de l’ange qui déploie ses ailes au talent. Lorsque le poète s’amuse à inviter cette ingénue, La plume longtemps le démange d’écrire quelques vers galants.
Le croiriez-vous ? Mon égérie n’écoute pas ce que je dis. Peu lui importe la façon dont j’écris son inspiration. Et même si je renchéris par une piètre comédie, Son regard en colimaçon me coupe la respiration.
L’animal le plus proche de l’homme – qui, lui aussi, est omnivore – Court vers la chaîne alimentaire et l’industrie pharmaceutique. Le porc et l’humain en binôme, l’un le nourrit l’autre le dévore ; Après tout, c’est élémentaire et la boucherie, pathétique.
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Pour observer sans être vu, ne montre pas le bout du nez Car tu deviens l’être pervers doté d’un sale caractère. Tu risques même la garde à vue si tu joues à importuner ; La police se montre sévère envers tous les contestataires.
J’ai lu quelque part qu’un homme qui chantait la chanson « Hécatombe » de Georges Brassens avait été verbalisé – au moment où il entonnait « … les mégères gendarmicides … » – par deux policiers qui passaient sous sa fenêtre. Donc, méfiez-vous, les murs ont des oreilles !
Maintenant qu’on nous a appris à nous confiner sans mot dire En nous cachant par un virus la forêt de l’incertitude, Désormais nous avons compris que nous n’avons qu’à nous maudire D’avoir élu l’olibrius qui nous lévite en altitude.
Ce soir, le roi des animaux, lion cruel mais mélomane, À goûté sous le ciel étoilé un chant d’une oreille amicale. Sa majesté, à demi-mots, se montre aussi mégalomane Quand il s’agit de dévoiler ses connaissances musicales.
Pendant ce temps, le gitan rêve à des gazelles énamourées Pour lesquelles il a répété ses harmonieuses réparties. Mais la belle image se crève car le lion a savouré Le songe d’une nuit d’été du rêveur puis, il est parti.
Tous les matins la vie paisible coule sur le fleuve tranquille Chargé de toutes les nouvelles qui se diluent dans son courant. Qu’elles soient tragiques ou risibles, le paysage reste immobile Malgré les coups de manivelle des événements concourants.
J’ai ma collection de jumelles, de télescopes et de longue-vues Qui me donnent l’heure à l’horloge de mon petit château perché. Je lorgne aussi quelques femelles qui s’y lézardent à l’imprévu Bien qu’en principe cela déroge à ma dignité écorchée.
Et le soir la vie recommence sur les terrasses et les jardins Au rythme des éclats de rires comme un spectacle permanent ; Petit théâtre des romances entre blondinettes et blondins Qui voient la lune leur sourire et les étoiles au firmament.
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L’uniformité matinale rassure mon retour à la vie Lorsque j’entends les mêmes signes inscrits dans le cri des oiseaux. Et cette horloge machinale de l’aurore sur le parvis Sort le soleil de la consigne selon l’horaire des fuseaux.
Vers midi, le soleil s’énerve à enflammer d’amour doré Tout ce qui vit sur la planète, uni au même méridien. Je reste là sur la réserve de mon secrétaire mordoré À écrire une chansonnette qui rythme avec mon quotidien.
Quand enfin s’en vont les lumières que le crépuscule assombrit, Je guette celle d’une amourette dont je rêverai cette nuit. Je reste jusqu’à la dernière puis je regagne mon abri Où j’m’entendrai conter fleurette à celle qui m’ rejoint à minuit.
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Soudain, barrant le pâturage, une déesse des prairies Me manda de payer l’octroi pour le Passage des Alpages. Heureusement mon entourage m’avait parlé de la frairie ; D’un drapeau en forme de croix, j’ai pu m’acquitter du péage.
Quand Minet invite Minette à boire un seau à l’improviste, L’étable des vaches normandes demeure un lieu incontournable. L’atmosphère de la buvette attire les récidivistes, Sauf la fermière qui réprimande ces gaspillages impardonnables.
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De peur que la deuxième vague emporte tout sur son passage, Nous faisons le tour de la Terre exactement en temps inverse Sur notre side-car qui zigzague afin d’éviter le traçage Des statistiques qui nous atterrent et ses rapports de controverses.
En m’inspirant de la burqa, j’ai faufilé ce masque rouge Qui me permet de respirer et agrée la lecture labiale. Je peux danser la mazurka, le tango, bref tout ce qui bouge, Et laisser mon corps transpirer toute mon aura primordiale.
Selon le mode ascensionnel que la nature a imprimé Au cœur des arbres et de la flore, l’énergie remonte et progresse. Selon le mode intentionnel que l’humain peine à exprimer, La planète entière se déflore si ses prétentions le régressent.
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Prêt pour un voyage à Cythère avec l’ascension à la mode ? L’Agence d’Amour prévoit tout – Pas besoin de faire vos valises ! Vous partez en hélicoptère et Vénus, qui vous accommode, Vous glisse comme passe-partout, son numéro d’ chambre à Venise.
Les fesses derrière sur la selle mises, Le chien à l’arrière, position assise. Le dos sous l’ombrelle, les cheveux au vent, Sur l’intemporelle route du couvent.
On fait une halte, un besoin urgent ! Les pneus sur l’asphalte crissent en aspergeant, D’une belle flaque, un joli Monsieur. Comme aphrodisiaque, il n’y a pas mieux !
Madame propose alors un baiser, Monsieur se dispose à être apaisé. Puis, sonnent les cloches et le chien aboie ; Les bas s’effilochent dans le petit bois.
Un cheval à roues ? Un tricycle hippique ? Vient-il du Pérou, pays bien typique ? Jouant de la corne, tenant une lance, Un peu flagorné, le chariot avance.
Un coup de trompette claque dans l’arène, Lui, d’une courbette, il salue la reine, Sors les pectoraux et bombe le torse Et pas de taureau déroge à l’entorse.
Le voilà qui chante, levant son chapeau, Les oreilles, enchante là sous les drapeaux. Tout le monde acclame le beau numéro. Cet homme, Mesdames, c’est votre héros.
Heureusement, la société met à notre disposition Tous les moyens de distraction, de loisir et de protection. Utilisez à satiété les masques de composition Qui donneront satisfaction à ceux qui ont besoin d’affection.
Souvent à Sennhof, les sirènes sont presque nues dans la rivière. Ce sont des sirènes d’eau douce avec deux jambes et donc sans queue. Les fans de la petite reine et de la casquette à visière Posent leurs vélos sur la mousse pour mater d’un air obséquieux.
Comme il faut cacher ses desseins qui percent à travers les murailles On a inventé le vaccin avant que le monde déraille. Désormais vous devrez porter un joli masque de couleur Qui en retour va apporter l’ordre nouveau, non sans douleur.
Voile orange sur la planète nue qui cache ses parties intimes, Ses petits secrets entre riches qui protègent leurs majesté. Voile étrange qui est devenu la contamination ultime Qui se répand sur la Terre en friche comme un sérum de chasteté.
Confinés dans leur nirvâna, ils mangèrent tellement de compote Qu’ils ne purent même plus passer par la porte du Paradis. Il leur fallu l’assistanat d’un ange qui changea leur popote Par une soupe aux pois cassés, une salade et un radis.
Après le monde déconfiné, plus rien ne sera comme avant. Ceux qui n’ont plus les pieds sur Terre prendront d’éternelles vacances Vers des pays déterminés, encore mieux qu’auparavant, À offrir aux gens solitaires le plaisir en extravagance.
Moi, en robe de paon ; toi le chat sacripant, Moi, j’offre mon giron ; toi, offre ton ronron. Couchés sur le divan un instant captivant À guetter les souris d’une attention nourrie.
Moi, en robe fleurie ; toi, le chat aguerri, Viens me faire un câlin, joli matou malin ! Partager mon fauteuil aux couleurs de tilleul Et rêver un moment comme de vieux amants.
Moi, en robe de vagues ; toi, le chat qui divague, Moi, contre mon minou ; toi, contre mes genoux. Tes poils sur la bergère et moi en tenue légère Pour passer la journée ensemble à ronronner.
Au fil des heures étirées par la tombée du crépuscule, Le soir empourpre les ruelles et couvre d’ombre les arcades. Dans le silence déchiré par des oiseaux en groupuscules, Une huée douce et cruelle brise le calme de la rocade.
Dans le sommeil qui vous emporte dans le doux ventre de la nuit, Une fenêtre s’illumine ; ici, non plus, on ne dort pas. Aussitôt, on ouvre une porte ; il n’est pas très loin de minuit. Une présence féminine étouffe le bruit de ses pas.
Sitôt sortie de sa chaumière, la silhouette volatile D’une femme s’apprête à goûter suavement l’instant propice. Alors les oiseaux de lumière donnent de leurs cris versatiles, À celle qui sait écouter, l’écho de leurs meilleurs auspices.
Après une bonne formation pour capter la télévision, La femme des années soixante savait comment nous captiver. Aujourd’hui, les informations que je vois en mondovision Sont fausses et tellement angoissantes que j’ai dû la désactiver.
Dame Lesley Lawson – dite Twiggy – photographiée pour Vogue.
Avant de me déconfiner, je dois respecter les paliers Afin que la décompression ne me fasse pas bouillir le sang. Je ne suis pas déterminé à dégringoler l’escalier Et offrir aux gens l’impression que mes cheveux sont repoussants.
Les pattes accrochées au fumier, le coq est si fier de chanter ! Les racines plongées dans la boue, la fleur de lotus s’ouvre au jour. Ne craignons pas d’avoir les pieds dans la merde et devoir déchanter Car nous en sortirons debout nos plus belles histoires d’amour.
Cette belle couleur marron, si répandue et odorante, Devrait plutôt porter le nom de peinture à merde marrante. Finalement, notre passage, dans cette vie insignifiante, Se résume au matelassage de la planète par notre fiente.
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Je ne suis pas les chemins tracés Mais je suis mon propre chemin ; Mes reflets verts sont des repères Pour celui qui veut l’emprunter.
Mon chemin n’est pas le plus court Mais il embrasse les paysages ; Je ne sais pas où il arrive Mais c’est toujours une surprise.
Il suit les contours du terrain Et fait des circonvolutions ; Il n’obéit pas au cartographe Mais pour moi c’est le plus adroit.
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Le masque devient obligatoire – qu’il soit ou ne soit pas commode – Chacun en fait une occasion pour s’exprimer à sa façon. Bientôt les couturiers notoires sauront l’apprêter à la mode Et nous connaîtront l’invasion de virales contrefaçons.
Isabella Blow par Mr Pearl sur www.jessicalight.blogspot.com201401mr-pearl.html .
La civilisation en marche, alliée au progrès du futur, Nous télécharge à domicile les fruits du monde épicurien. Quel plaisir pour le patriarche d’offrir à sa progéniture Des objets les plus imbéciles aux gadgets qui ne servent à rien.
Mais voilà qu’un couac intervient dans cette chaîne industrielle ; Un poison lent s’est immiscé dans toute la consommation. Et comme personne ne parvient à en fabriquer des kyrielles, Voici la fin d’une odyssée et de la mondialisation.
L’inconscient sent son cauchemar s’insinuer dans tous les rêves Qui viennent le hanter la nuit comme si c’était prédestiné. Car le jour nous en avons marre de voir que l’on vit ou l’on crève Selon un pouvoir qui nous nuit à défaut de nous estimer.
Tant elle usa, elle abusa de son pouvoir bouleversant Qu’elle ne put quitter son plafond sur lequel elle se confinait. Son mari point ne s’amusa et trouva plutôt renversant De la voir en toile de fond, nue, tandis qu’il se lancinait.
Comment en suis-je arrivée là, moi, l’innocente et son minet ? Comment le monde a basculé vers une telle absurdité ? Comment le monde s’emmêla à désirer me confiner Comme s’il avait calculé mon degré de crédulité ?
Heureusement j’ai des infos que je dois comprendre à l’envers. Heureusement j’ai la radio dont j’entends les conseils pervers. Heureusement j’ai la télé qui montre ce que je dois voir Et j’en serai inoculée de ce qu’ON pense être mon devoir.
Maintenant que j’ai pris racine dans mon plancher en bois verni, Voilà que le confinement met un terme à ma gestation. Je sors les pieds de ma bassine, mes ailes blanches un peu ternies Mais avec le raffinement de sortir sans attestation.
Fêtons le déconfinement en savourant la liberté Qui nous donne des ailerons qui prolongent nos espadrilles. En poussant le raffinement nous en serons déconcertés ; Lorsque les moutons voleront, nous serons tous chefs d’escadrille.
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Après la leçon de piano, il s’en va faire un gros dodo Car les enfants l’ont épuisé par leurs cris stridents et laïus. Les concours internationaux ont tant pompé sa gamme de do, Qu’en dormant il ira puiser auprès d’un vieux stradivarius.
Pour ce dernier jour confiné dans son petit conservatoire, Il s’en ira conter fleurette aux souris et aux petits rats. Le violon d’Ingres du minet s’étant révélé, c’est notoire, D’accompagner les amourettes sur des miaulements d’opéra.
Monsieur Héron, motorisé car en avance sur son temps Sur une tortue populaire, croisa une jolie luronne. Alors il s’est autorisé à lui demander le montant D’une partie de pattes-en-l’air pour calmer sa testostérone.
La belle, à patte et à plume, répliqua à cette envergure En déployant ses grandes ailes et s’envola dans le silence. De cette histoire, nous conclûmes qu’il n’était pas de bon augure De se pavaner avec zèle et frimer avec insolence.
Tableau de Kevin Sloan sur http:paradisexpress.blogspot.com201010kevin-sloan.html .
Au sein de son imaginaire, l’homme s’approche d’une image, Représentation féminine de son anima masculine. Il cherche l’âme originaire qui se dérobe dans un mirage Dès que sa raison léonine fait monter son adrénaline.
Alors pour dépasser le mur du masculin au féminin, Remontons la fibre animale dont nous sommes les héritiers. Et ce fil ténu nous murmure d’un écho sans doute bénin Que la vie a créé le mâle et la femelle usufruitiers.
Car la vie nous prête le corps et nous n’en sommes que locataires, L’homme comme les animaux, comme la femme sans frontière. Ainsi pour retrouver l’accord de l’anima héréditaire, Ces fils infinitésimaux sont tendus sur la faune entière.