Catégorie : Blog

Your blog category

  • À ses sœurs – 1

    La première fille qui m’a marqué n’est pas celle que vous croyez
    Mais cette poupée minuscule, fruit des amours de ma jeunesse.
    Puis, la vie nous a embarqués et nous nous sommes octroyés
    De répéter au crépuscule le même échange de promesses.

    La deuxième naquit en couchette, train de nuit de l’Orient-Express.
    C’était, je crois, un premier mai car elle embaumait le muguet.
    Je l’aurais appelée « Clochette » mais c’était le nom de ma maîtresse
    Et j’ai préféré la nommer d’un prénom bien moins divulgué.

    La troisième arriva à terme dans un vieux quartier de Marseille
    Qui offrait la vue sur le port et sur la Porte de l’Orient.
    Ses cheveux et son épiderme très mat lui allaient à merveille
    Elle en reçut de bons rapports et des visages souriants.

    Tableaux de Alyona Kosulnikova.

  • Chat qui lit, chat qui rit

    Chat va, chat vient avec le temps que je passe à chercher mon chat
    Maintenant qu’il sait remonter chez la voisine de balcon.
    Mais j’ n’ai pas perdu pour autant mon temps de poète pacha
    Qui me permet de raconter ses faits et gestes les plus abscons.

    Chat-lut, Chat-va ? Dès le matin, le minet me tire du lit
    Pour lui apporter sa pitance – et de la première fraîcheur ! –
    Je quitte mes draps de satin pour calmer sa mélancolie ;
    Le soir je bois en pénitence du vin de messe pour le pécheur.

    (Le temps passé avec les livres et les chats n’est jamais perdu.
    C’est ce que je fais ; je bois du vin et je connais des choses.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le retour de Cherch’Midi

    Cherche-Midi est revenu ; il avait dû trouver refuge
    Sur le sofa d’une voisine et dormir toute la journée.
    Après sa fugue saugrenue, je ne sais par quel subterfuge,
    Il est rentré dans la cuisine ; il avait faim de sa tournée.

    Illustration de Philippe Geluck.

  • Evidences

    Evidences

    Les chaises ont quatre pieds, c’est pour poser par terre (Boileau).
    Les femmes ont quatre membres, pour s’envoyer en l’air.
    Les filles, comme il leur sied, cachent bien des mystères ;
    Les femmes, dans leur chambre, savent comment nous plaire.

    Illustration de Lou Shabner.

  • La fugue de Cherch’Midi

    De son balcon, Cherche-Midi observait les canards sauvages
    Et les promeneurs qu’accompagnent leurs compagnons de race canine.
    Toujours est-il, c’est c’ qu’on s’est dit, qu’il a dû plier ses bagages
    Puis, s’est enfui dans la montagne à la recherche d’ ses origines.

    Illustration de Philippe Geluck.

  • Le petit peuple des forêts

    Le petit peuple des forêts

    Le petit peuple des forêts dépose souvent ses offrandes
    Sur une souche protégée dans le bois du chemin des loups.
    J’avais moi-même décoré d’escargots au sel de Guérande
    Que deux chiens blancs ont cortégés pour ne pas faire de jaloux.

    Dans le Wolfstrasse – le chemin des loups – de la forêt d’Eschenberg, il y a une souche sur laquelle au fil des mois et des années des petits lutins déposent des petits sujets notamment les petits canards qui n’étaient pas là le mois dernier.

  • M. Cherch’midi

    M. Cherch’midi

    Si la nuit tous les chats sont gris, le mien vers trois heures s’écrie :
    « Tout le monde debout là-dedans ! J’ai faim et rien à me mettre sous la dent ! »
    Après, il griffe le sofa alors ça suffit comme ça !
    Ô Dieu des chats, protégez-nous des cris de cet odieux minou !

    Une amie nous a donné ce chat qui s’appelle « Schmidi » et nous essayons de le franciser en « Cher Schmidi » et ça donne « Cherch’midi ».

  • Je t’aime, moi non plus V6.17

    Je t’aime, moi non plus V6.17

    Je t’aime sur mon iPhone, moi aussi sur iPad,
    Je te hais sur Samsung, je te quitte sur Nokia.
    Fais-moi rêver Sony, c’est LG qui l’a fait,
    Je m’appelle Ericsson et moi c’est BlackBerry.

    Je t’aime en SMS et par messagerie ;
    Pour ton anniversaire je t’envoie un courriel.
    Tu n’ m’envoies plus de Poke et plus de commentaires ?
    Je te quitte face de bouc jusqu’à ta prochaine version !

    Illustration de Daniel Garcia.

  • Le puzzle de la vie

    Le puzzle de la vie

    Chaque jour apporte une pièce au puzzle qui me constitue.
    Il était marqué sur la boîte : quatre-vingt-dix ans de patience.
    Tout nouvel élément acquiesce qu’au final l’œuvre restitue
    La véritable femme adéquate ou l’homme suivant sa conscience.

    Illustration de Daniel Garcia.

  • x Mandarines + y citrons + z noix = 50

    x Mandarines + y citrons + z noix = 50

    Pour les forts en mathématiques, voici un problème facile :
    Additionnez les mandarines avec les noix et les citrons
    Pour que la somme arithmétique – ce n’est vraiment pas difficile –
    Atteigne au ras de la narine exactement l’âge du patron.

    Évidemment j’ai essayé en ajoutant charges sociales,
    En enlevant l’impôt direct, la taxe sur valeur ajoutée,
    Puis j’ai tenté de monnayer auprès de la banque mondiale
    Un prêt à un taux indirect qui n’a quasiment rien couté.

    Quarante-neuf & quatre-vingt-dix, j’ai même obtenu une action
    Qui était valable jusqu’à minuit or ce matin, c’était cinquante.
    Mais il n’y a pas de préjudice, j’ai obtenu satisfaction :
    L’année prochaine, sans ennui, le taux aura grimpé la pente.

    Quand le capitaine a cinquante et qu’il se sent comme à quarante
    Avec un cœur qui a trente ans et des jambes qui ont vingt ans,
    La démonstration convaincante confirme la preuve apparente
    Que quand on aime à cinquante ans, on continuera tout le temps.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’Amante inquiète

    L’Amante inquiète

    Il venait lui rendre visite seulement toujours à l’improviste ;
    Il la maintenait aux abois, soumise au gré de ses saillies.
    Il fallait que rien ne parasite ses appétences récidivistes
    Jusqu’à ce qu’un jour, au fond des bois, elle jugea que l’homme faillit.

    Tableau de Jean-Antoine Watteau.

  • Voltaïde

    Il était riche, elle était belle, lui son amant, elle sa maîtresse ;
    Elle jouait les stars à la mode, lui un député triomphant ;
    Lui, vieux soixante-huitard rebelle, elle avait besoin de tendresse ;
    Avant que l’amour se démode, elle voulut lui faire un enfant.

    Elle était belle, il était riche, il a dit « non », elle a dit « oui » ;
    C’étaient tous deux des égarés d’un univers de mascarade.
    En amour quand l’un des deux triche, l’une simule et l’autre jouit ;
    Mais l’enfant les a séparés et eux, sont restés camarades.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Une autre dimension

    Une autre dimension

    Quand je me plonge dans un livre ou que je parcours une image,
    La page se met en relief entre les détails et les mots.
    Puis, derrière, quelqu’un me délivre une prédiction ou un message
    Comme un double, qui aurait des griefs, les transmettrait à son jumeau.

    Sculpture de Pam Langdon.

  • L’aube du lundi

    L’aube du lundi

    Lorsque le ciel se déchire après une nuit d’orage
    Et que le soleil transperce les fenêtres des maisons,
    Les rayons viennent fléchir la nuit qui s’enfuit de rage
    Loin de l’aube qui disperse ses regrets à l’horizon.

    Tableau d’Igor Goncharov.

  • Le chat fantôme

    Le chat fantôme

    Lorsque je verrai le fantôme d’un chat qui a vécu neuf fois,
    Peut-être aurai-je aussi vécu quelques existences avec lui ?
    Le mien en porte les symptômes car il fait sa crise de foi
    En pensant qu’il m’a survécu quarante jours quarante nuits.

    Tableau de Andrew Ferez, alias 25kartinok sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016091534325116.html .

  • Petit déjeuner matutinal

    À cinq heures, il m’a réveillé quand l’aube perçait les ténèbres ;
    Il m’a guidé vers la cuisine, toutes les gamelles étaient vides.
    D’un apéritif de croquettes, un peu de viande en mise en bouche
    Et une soupe de poisson avec une boîte de thon.

    Alors il s’est émerveillé que l’aube ne soit pas funèbre
    Mais l’occasion plutôt voisine de montrer l’appétit avide.
    Moi, endormi sur la moquette, lui affamé, pas très farouche ;
    Je n’ai pas troublé sa boisson et suis rentré sous l’édredon.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • Le jardin des délices

    Comme toute œuvre sur la Terre, une naissance, pure merveille,
    Représente un bonheur comblé et un avenir plein d’espoir.
    Chacun se ressent solidaire de ces enfants qui s’émerveillent
    De tout un monde rassemblé pour offrir de belles histoires.

    Mais dès qu’on atteint les limites de ce qu’on pensait infini,
    On est déçu et on comprend que la vie cache une obsession.
    Celle que l’argent délimite avec des abus impunis
    Et finalement on apprend le pouvoir de la possession.

    Mais tout ce que j’aurai acquis en richesses et en matériel
    Appartient aux mêmes racines que la mort qui m’engloutira.
    Si mon âme prend le maquis dans l’au-delà immatériel,
    Le fruit pesant de mes rapines peut-être alors m’alourdira.

    Tableau de Jérôme Bosch.

  • Tisseuse de charme

    Toute menue, toute ténue, on l’a laissée sur son rocher ;
    Sans doute un marin difficile, déçu de son anorexie.
    En queue de poisson, toute nue, personne n’osait l’approcher
    À part un oiseau imbécile qui gazouillait des inepties.

    Et comme l’oiseau fit son nid, il paya en guise de loyer
    Un œuf qu’elle mangea à la coque tous les matins au déjeuner.
    Et c’est ainsi qu’en harmonie sa poitrine s’est déployée
    Et désormais nul ne se moque de la valeur de ses nénés.

    Elle a délaissé les marins pour la culture d’huîtres perlières
    Et vit toujours sur son rocher devenu une principauté.
    Elle est mariée au souverain qui a fait d’elle sa régulière
    Et depuis on peut s’accrocher pour la voir son soutif ôter.

    Tableaux de Christian Schloe.

  • Le phare du Petit Minou

    Le phare du Petit Minou

    Le chat « Minuit » – tel est son nom lorsqu’il est venu parmi nous –
    Chaque fois que le temps est gris, prend le chemin garibaldien.
    Il sait un endroit de renom, le « Phare du Petit Minou »
    Dont son grand-père Mistigri en était le chat du gardien.

    (Photo de Mathieu Rivrin sur www.mathieurivrin.com
    Notre nouveau chat, « Minuit » vous souhaite la bienvenue.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les dieux hilares

    Fils de Mercure et de Lara, les dieux se sont réincarnés
    Dans nos animaux domestiques pour protéger notre foyer.
    Ainsi le chien sans embarras veille de façon acharnée
    Sur notre vie qui pronostique ce que la chance a envoyé.

    On leur consacre à la maison le gîte et les bons protocoles ;
    Une nourriture de choix, bienséante aux meilleurs hôtels.
    Ainsi l’oie a toujours raison de défendre son capitole ;
    Parfois même le chat échoit à partager le digne autel.

    (Tableaux de Michael Sowa.
    Les « Lares » sont des divinités romaines liées au domicile et appelés à protéger les êtres humains.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La vestale des herbes

    La vestale des herbes

    Grâce à l’amour de la Mélisse dont elle a créé l’élixir,
    Grâce au parfum du Romarin dont elle a extrait son essence,
    Grâce à la sainteté du cyprès qui apporte la Santoline,
    Grâce à l’écorce de l’Orange qu’elle zeste de son écorce,

    Notre vestale arboricole, dans le secret de sa forêt,
    Distille la boisson des dieux avec l’élixir de jouvence
    Qu’elle parfume de Lavande, d’Origan et de l’eau de Rose.
    Élaboré comme il se doit durant la nuit de pleine lune.

    Le jour de son anniversaire, elle en prend toute la quintessence
    Dans le bain où filent les ans qu’elle dilue dans l’eau du temps.
    Alors la jeunesse éternelle lui est accordée par les dieux
    Un peu jaloux de sa beauté mais fiers de sa fécondité.

    Liebe Fabienne
    Alle Zutaten der Kräuterfakel :
    3 verschied. Beifuss-Kräuter

    Heiligenkraut –  Santoline petit cyprès, Santolina
    Rosmarin – Romarin, Rosmarinus officinalis
    Zitronenmelisse – Melisse; Melissa officinalis
    Gewürztagetes Orange Gem – Écorce d’orange, Citrus sinensis
    Lavendel – Lavende ; Lavandula angustifolia
    Oregano – Origan, Origanum vulgare
    Rose – Rose, rosa

    Alant – Grande Aunée, Inula helenium

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le croquemitaine en a marre !

    Le croquemitaine en a marre !

    Le croquemitaine en a marre d’être toujours le cauchemar
    Des mères poules attentionnées à l’amour surdimensionné.
    Il a installé dans la mare de quoi échauder les homards
    Et compte manger la chair fraîche de tous ces baigneurs à la crèche.

    Tableau de Michael Sowa.

  • Les nouvelles histoires de Patte-en-rond

    Les nouvelles histoires de Patte-en-rond

    Bien qu’il ait vaincu le vertige et grimpe aux arbres centenaires,
    Patte-en-rond se sent agressé lorsque l’amour est empressé.
    Avec tous ces bras qui voltigent, sa queue s’ dresse en paratonnerre
    Et balaie d’un air oppressé ces sentiments trop caressés.

    Tableau de Galina Y. Chuvilyaeva.

  • Pattes blanches et la laine fraîche

    Pattes blanches et la laine fraîche

    Franchement on aura tout vu ! Maintenant les chats s’font bergers !
    Il élèvent leurs propres moutons et substituent à leur fourrure
    La laine fraîchement tondue. Comment ont-ils pu gamberger ?
    Qui a donc pressé le bouton pour une pareille déchirure ?

    Tableau de Nadya Sokolova.

  • L’anniversaire et les minets

    L’anniversaire et les minets

    Minette et moi aurions fêté notre anniversaire de mariage
    Dans le beau pays des souris mais il y avait un embargo :
    Un virus nous a affecté et compromis notre voyage
    Lors dans un vieux rafiot pourri, nous sommes partis en cargo.

    Mais les souris nous ont déçus ; trop nombreuses et trop empressées ;
    Les hôtels sont des souricières et les chambres des tapettes à rat ;
    Les litières encore moins cossues et de la bouffe à engraisser !
    Finalement, par une chatière, nous nous sommes sortis d’embarras.

    Tableau de Nadya Sokolova.

  • L’oracle de Delphes

    L’oracle de Delphes

    Dès que s’ouvre l’œil de la lune quand le soleil sort en coulisses,
    La pâleur dessine une image dans le miroir de l’avenir.
    Couverte de fleurs de callunes, de roses et de myosotis,
    Phœbé dans son plus beau ramage vous chante votre devenir.

    Tableau de Mollie Kellogg.

  • L’aura de lumière

    Ce rayonnement magnétique émane du cœur et de l’âme ;
    L’anti-corps et l’anti-esprit qui ne font pas partie du monde.
    Car cette aura hypothétique paraît comme un halo de flammes
    Et qui ne peut qu’être surpris seulement une fraction de seconde.

    Parfois bleutée, parfois dorée ou argentée selon l’amour
    Qui fuse autour du corps astral pour s’unir à d’autres entités.
    Inutile de subodorer ou tenter de percer à jour
    Ce phénomène magistral, l’aura n’a point d’identité.

    Tableaux de Vincent Xeus.

  • Petit Louis

    Petit Louis

    Grand-père :
    Fils de Louis-Élie du Gard et Germaine-Antoinette de Nîmes,
    Je me rangeais dans les poids-plumes parmi les gros bras de Saint-Gilles.
    Aussi loin que portait mon regard, mon acuité restait minime
    Et mon histoire en trois volumes n’en gardera qu’un corps fragile.

    Père :
    Aîné de Maryvon-Raymond et de Martine de Marseille,
    Le fils entama sa carrière d’autodidacte dans sa chambre.
    Puis, vint à Sainte-Croix-du-Mont suivant je ne sais quel conseil
    Cependant il fit machine arrière dans les premiers jours de septembre.

    Et fils :
    Le couple Erwann – dit Théophil – et de Lætitia, érodé
    Se sépara durant l’enfance du dernier fils des Riboulet.
    Celui-ci garde bon profil car il devra s’accommoder
    Pendant son âge d’innocence à supporter ces giboulées.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La chatte à Pierrot

    La chatte à Pierrot

    L’ami Pierrot et sa féline écrivent ensemble au clair de lune
    Dont quelques rayons se chevauchent avec la bougie à moitié.
    Du coup les rimes orphelines s’accordent à la bonne fortune ;
    Le poème en est un peu gauche mais il s’en fout, il est droitier.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • L’anniversaire de ma minette

    Pour les treize ans de ma minette – ou un peu plus, faisons les fous –
    J’offre l’apéritif sucré-salé au bon lait de souris.
    Je lui en pose la devinette, cependant elle s’en contrefout
    Car l’ivresse des ans est sacrée, c’ n’est pas tous les jours qu’on sourit.

    Bien sûr tout est exagéré ! En réalité, elle (re)pose
    Comme une déesse d’amour qui peint mais jamais ne se plaint.
    Quant à moi, je n’ai qu’à gérer tous les festins qu’elle propose
    Afin de vivre avec humour du moment que son verre est plein.

    Tableaux de Vladimir Rumyantsev.

  • Bouquet d’anniversaire

    Bouquet d’anniversaire

    Quelques petites fleurs des champs en souvenir d’une balade ;
    Petits témoins bleus, roses et blancs, émotions d’une promenade ;
    Petites notes, bonheur du chant dont la forêt m’a fait l’aubade
    Accompagnée des cris tremblants des oiseaux à la roucoulade.

    J’en ai dessiné la portée avec des noires et des blanches,
    Avec des fleurettes nacrées rondes ou accrochées à souhait.
    Après le vent l’a emportée à travers les arbres et leurs branches
    Où résonnait l’écho sacré parmi les feuilles enjouées.

    Mais le bouquet reste éternel car la magicienne peintresse
    Au mur, l’a immortalisé pour vivre les quatre saisons
    Sur une toile maternelle riche en couleurs et de tendresse
    Dont l’éclat s’est cristallisé à l’intérieur de la maison.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La disparition silencieuse

    La disparition silencieuse

    Les animaux aussi manifestent contre la modernisation
    D’une manière prosaïque, justement sans revendiquer.
    Devant les machines qui empestent, avec peine et consternation,
    Ils disparaissent en mosaïque devant ce monde compliqué.

    Tableau de Nicole Gustafsson.

  • Aperitivo Barbieri

    Aperitivo Barbieri

    Je demande la parole et réclame l’Apérol
    Qu’on verse dans un grand verre rempli jusqu’aux quatre tiers.
    L’apéritif Barbieri dont Fabienne Barbier rit
    Est le remède démoniaque contre mes nuits insomniaques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le loup de velours

    Le loup de velours

    L’art, au carnaval de Venise, de se montrer énigmatique
    Relève d’un peu de magie et surtout de beaucoup de charme.
    La témérité galvanise la séduction charismatique,
    Le zeste d’humour qui agit pour provoquer le rire aux larmes.

    Loup de velours, frêle accessoire, permet aux yeux de transpercer
    Celui qui croit la reconnaître mais qui ne fera qu’y surseoir.
    Une cage à roses en balançoire et deux colombes à disperser
    Pour envoyer par les fenêtres le courrier des amours du soir.

    Puis, un joli décolleté qui fera baisser les regards
    Des idiots qui se trahiraient en ne s’adressant qu’à son corps.
    Car ceux qui seront bécotés, devront quitter l’esprit hagard
    Et laisser leur cœur attiré cesser de battre les records.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Le temps suspendu

    Le temps suspendu

    Je me sens suspendu comme sur la sellette
    Depuis mon intérieur à rompre l’équilibre.
    Me voici confondu et mon âme seulette
    Se penche à l’extérieur pour laisser le cœur libre.

    Si j’étais cette femme, je serais tout son corps
    Qui s’entrouvre au matin pour le plaisir des yeux.
    Je verrais par ses seins et par son ventre encore
    L’amour qu’elle présente à ce chat merveilleux.

    Si j’étais ce matou, je ronronnerais fort
    Pour apprécier le charme de ma belle maîtresse.
    Je sentirais ma queue d’un soyeux réconfort
    Pour attirer sa main, savourer la caresse.

    Puisque je suis un homme, je laisse parler le cœur
    Qui trouvera les mots pour connecter le sien.
    Et s’ils s’accordent ensemble, chantent le même chœur,
    Elle sera ma colombe et moi, son magicien.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Liberté, Égalité, Fraternité

    La liberté délimitée au respect qu’on doit à autrui
    Devient vite une étroite cage quand autrui prend beaucoup de place.
    Mais l’habitude d’imiter un monde qui s’auto-détruit
    Accélérera davantage le retour à l’âge de glace.

    L’égalité dans les idées devrait permettre de discuter
    Avec ceux qui ont des couleurs d’idéologies différentes.
    Hélas, chacun a décidé de convaincre ou se disputer
    À faire adopter ses valeurs qui sont les plus prépondérantes.

    La fraternité des oiseaux consiste à construire son nid
    Et pondre un œuf sur le chemin d’une vie libre et sans effort.
    Pour mieux gouverner les zozos qui croyaient vivre en harmonie,
    La fraternité des humains consiste à être le plus fort.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Les bons petits coins

    Pour une bonne heure de lecture, je plonge dans la littérature ;
    « Les fleurs du mal » de Baudelaire à lire sous le belvédère,
    « À la recherche du temps perdu » malgré son style un peu ardu
    Et « Les voyages fantastiques » de Jules Verne sont orgasmiques.

    Naturellement je voyage parmi les plus belles images ;
    Bandes dessinées, s’il vous plait, dont le graphisme me complaît,
    Monet, Van Gogh et Picasso comme aquarelles en thalasso
    Et pour clore l’encyclopédie quelque original inédit.

    Pour m’évader dans la nature je suis la voie de l’écriture ;
    Je vais chercher l’inspiration sur les sites d’admiration.
    Je me connecte à la fréquence des arbres aux plus belles essences
    Et, de retour à la maison, vous me direz si j’ai raison.

    Illustrations d’Andrea de Santis.

  • L’oiseau-prison

    L’oiseau-prison

    Prisonnière de son corps, où se cache son âme ?
    Dans son cœur où résonne l’éternel tintamarre ?
    Derrière cet œil bleu où rayonne une flamme ?
    Ou peut-être en dehors à vivre un cauchemar ?

    Je n’entends que son cri aujourd’hui et demain ;
    Je ne vois que son corps quand je me fais masseur ;
    Je ne sens que sa vie qui réchauffe ma main ;
    Je ne goûte que son sang quand je me fais chasseur.

    Tableau de Nicole Altenhoff.

  • L’éternel absent

    L’éternel absent

    Parfois je suis et ne suis pas, parfois je vis et ne vis pas,
    Comme si j’étais dans un film en train de réciter mon rôle.
    Parfois j’entends et n’entends pas, parfois je vois et ne vois pas,
    Le lien de la vie, si infime, s’envole comme les paroles.

    Ça paraît drôle mais la douleur est ce qui m’attache au présent.
    Le souvenir de la souffrance reste gravé, reste muet.
    Seul le présent vit en couleurs sinon moi, l’éternel absent,
    Ne connaîtrai sa délivrance que si son âme est remuée.

    Tableau de Miles Johnston.

  • Les mains vertes

    Tous les jardiniers aux mains vertes et leurs amies les jardinières
    Sont reliés à leurs racines qui plongent au cœur de la Terre.
    Entre nature et découvertes, ils signent dans les pépinières,
    Poètes en herbe aux officines, leurs plus belles pensées salutaires.

    Tableau de Valerie Hammond.

  • Cœurs de pierre

    Cœurs de pierre

    Mon petit cœur de pierre
    Se réchauffe à la flamme
    De sa petite femme
    Sans faire de prière.

    Et mon esprit pervers
    Sait faire le silence
    Lorsqu’il est d’importance
    De le décrire en vers.

    Car le corps se recueille
    Auprès de l’origine
    Que l’âme s’imagine
    Quand un rêve l’accueille.

    Photo vue sur https:www.futuristarchitecture.com .

  • La gardienne du jardin secret

    La gardienne du jardin secret

    Vous approchez la porte étroite de son jardin d’intimité
    Mais y apparaît la gardienne qui vous en refuse l’entrée.
    Vous devez la montrer bien droite, votre clef de légitimité,
    Car autrement quoi qu’il advienne vos espoirs seront éventrés.

    Tableau de Michael Hutter.

  • La nuit des étoiles tombantes

    La nuit des étoiles tombantes

    Une étoile est tombée au pied de ma maison ;
    Une femme est sortie simplement sans mot dire.
    Alors je me demande quelle en est la raison,
    Pourquoi l’apocalypse viendrait-elle me maudire ?

    D’autres étoiles encore suivent la trajectoire,
    Plein de femmes en sortent complètement à poil.
    Mais ce sont des sorcières, j’en suis sûr, c’est notoire,
    Qui nettoyaient le ciel des poussières d’étoiles.

    Tableau de Nikolai Litvinenko.

  • Les villes jumelles

    Les villes jumelles

    Ville-du-Nord, la catholique et Ville-du-Sud, la protestante
    Vivaient séparées par un schisme dont on connaît bien la chanson.
    Sauf un seul pont parabolique qui, à la foule manifestante,
    Permit d’ pratiquer l’échangisme entre les filles et les garçons.

    Tant et si bien on abusa de cette communication
    Que les anciennes religions se mélangèrent les pinceaux.
    Dès le début on s’amusa du fruit de la fornication
    Mais bientôt ce fut par légions qu’on vit pucelles et puceaux.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Centaure & Sirène = Chimère

    Centaure & Sirène = Chimère

    Au printemps Monsieur du Centaure célèbre ses nouvelles cornes
    Tandis que Madame Sirène étrenne ses nouvelles écailles.
    À l’occasion, entre eux, s’instaure une aventure dont la licorne
    A deviné , l’âme sereine, qu’un enfant naîtrait au bercail.

    Comment Cupidon accomplit ce tour de force prodigieux
    Entre la princesse des mers et le prince des hautes terres ?
    Sa flèche n’a pas fait un pli entre ces êtres prestigieux
    Car d’un seul baiser éphémère, leurs amours furent complémentaires.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La liberté masquée

    La liberté masquée

    À quoi servirait la lumière si on la mettait en sommeil ?
    À quoi servirait la beauté dissimulée sous la laideur ?
    Mais les saisons sont coutumières d’inverser averses et soleil
    Et nous de voir la liberté désapprouvée par ses plaideurs.

    Perséphone était trop jolie pour Hadès, le dieu des enfers,
    Qui l’enleva d’un subterfuge et mit la Terre en abstinence.
    Alors pour contrer la folie, Zeus la limita à l’hiver
    Et elle put trouver refuge tous les printemps en alternance.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Celle-ci exactement

    Celle-ci exactement

    Soudain une tête dépasse sur les rails de la destinée.
    Celle-ci, à nulle autre pareille, deviendra votre matriarche.
    Alors profitez de l’espace-temps qui vous est déterminé,
    Ne vous faites pas tirer l’oreille et s’il le faut, sautez en marche.

    Photo de Wiktor Franko sur https:wiktorfranko.comalbums

  • Fondue dans la lecture

    L’habitude rend transparente mon existence d’égaré(e)
    Sur la trame en celluloïde du temps qui boucle tous les jours.
    Je sens que ma vie s’apparente à un scénario préparé
    Comme un robot humanoïde qui s’éveillerait à l’amour.

    Je me morfonds dans la culture et je me fonds dans la lecture ;
    Entre les deux, mon cœur balance comme un pendule omniprésent.
    Plongée dans la littérature ma plume prend une écriture
    D’une couleur d’ambivalence parmi les drames du présent.

    Alors je prends un peu d’avance en écrivant mes reflets vers
    Et vérifie longtemps après s’ils deviennent une prophétie.
    Si c’est le cas, j’ai de la chance, j’ai trouvé le moyen pépère
    De lire mon avenir de près en publiant en Helvétie.

    Illustrations de Clarence Coles Phillips.

  • Les couleurs des villes – 3

    Qui ne connaît pas le bonheur de passer les rues pittoresques
    Aux façades traditionnelles et leurs commerces hors du temps ?
    Peut-être suis-je nostalgique à force de vouloir projeter
    Ce que je n’ai pu retenir de mon passé sur le présent ?

    Tous les hommes naissent égaux pourtant ils sont tous différents
    Comme ces villes et ces villages bâtis de rues et de maisons.
    L’histoire modèle les usages, les langues tintent les échanges,
    Les religions font l’uniforme et la patrie fournit les armes.

    Tous les chemins mènent à Rome et toutes les rues aux églises
    Qui trônent devant les arcades de la porte des maréchaux.
    Les ponts enjambent les rivières sauf les villes au bord de la mer
    Et la foule perpétuelle dans un cycle ininterrompu.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Sinon je casse la baraque !

    Sinon je casse la baraque !

    Pour Pentecôte, une entrecôte ; pour l’Ascension, une collation ;
    À Pâques, une bonne barbaque et pour Noël, du sensuel !
    Du rire à se tenir les côtes, de l’alcool sans modération !
    Sinon je casse la baraque, je suis un lion juste et cruel.

    Tableau de Jacek Yerka.