
« – Dis-moi, Doudou, dis-donc !
Est-ce que tu me souris
Si je te fais le don
D’une tendre souris ? »
« Mon tendre et gros Minou,
Tu deviens mon vainqueur.
Je me mets à genoux
Et je t’offre mon cœur ! »
Tableau d’Hanna Silivonchyk

« – Dis-moi, Doudou, dis-donc !
Est-ce que tu me souris
Si je te fais le don
D’une tendre souris ? »
« Mon tendre et gros Minou,
Tu deviens mon vainqueur.
Je me mets à genoux
Et je t’offre mon cœur ! »
Tableau d’Hanna Silivonchyk



Lèvres rouges aux teintes sanguines comme un baiser couleur cerise
Qui délivre son suc sucré à qui embrassera le fruit.
Lèvres rouges si féminines dont la texture valorise
La transmission du feu sacré à qui en sera plus instruit.
Cheveux rouges aux teintes écarlates comme floraison d’amarantes
Qui exhale une odeur musquée à qui caressera la fleur.
Cheveux dont le brillant éclate d’une magie revigorante
Qui frappe l’œil sans le brusquer juste pour atteindre le cœur.
Langues rouges aux tons rugissants comme un cri poussé dans la nuit
Qui prononce des mots d’amour à qui goûtera la saveur.
Langues rouges aux sons mugissants lorsque l’envie s’épanouit ;
Baisers de plus en plus glamours pour qui en mérite la faveur.
Photos de Frederico Bebber



Tous les marins, vieux loups de mer, tous les plus grands explorateurs,
Les navigateurs solitaires, les capitaines et leurs matelots,
Ont croisé la voie des chimères lorsqu’ils ont passé l’équateur,
Ont perçu la voix du mystère entre les vagues, au fil de l’eau.
Ne croyez pas qu’elle assassine les hommes par haine ou par rancœur !
La légende et la vérité s’enchevêtrent avec démesure.
S’il est vrai qu’à son origine, elle leur dévorait le cœur,
C’était pour sa sécurité et pour les avoir à l’usure.
Aujourd’hui, elle dissimule sa jolie queue loin des regards,
Loin de ce tourisme imbécile qui pollue plus que de raison.
Si la sirène nous stimule et rend toujours les hommes hagards,
C’est qu’elle a élu domicile là où le cœur a sa maison.
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Printemps, reviens sur mon visage, attouche-le de tes mains d’or,
Verse une pluie de tes doigts drus, appuie doucement de tes pouces.
Fais-moi sentir ce doux présage quand, sous le soleil, je m’endors
Tandis qu’un rayon incongru sort du sommeil les jeunes pousses.
Été, embrasse mon paysage par ton soleil aux doigts de fées
Qui vont resplendir de beauté et brunir ma peau délicate.
Embrasse-moi de doux présages, masse-moi du plus bel effet
Qui va, mes crampes, raboter par ta magie d’ostéopathe.
Automne, débarrasse ma tête de toutes les pensées impures
Qui, sur les plateaux de mon front, ont labouré trop de sillons.
Ta moisson sera ma conquête, comme la charrue qui épure
Dans le cocon tous les affronts de la chenille au papillon.
Hiver, couvre de ton manteau tissé des cristaux qui endorment
Mon corps à la peau d’opaline et mettent ma terre en jachère.
Les compléments fondamentaux, durant mon sommeil, me transforment
Comme une source cristalline dont la vie jaillit de ma chair.
Tableau de Fabienne Barbier
L’ambiguïté déterminante qu’offre l’amante des forêts
Rivalise entre ses beaux yeux et l’influence qu’elle provoque.
Jamais envie intimidante d’une requête à déflorer
N’avait mis mon cœur périlleux dans un état si équivoque.
Tableau de Maxine Gadd.
La somnolence de son regard accuse la forte chaleur
Mais ses cheveux fraîchement coupés soutiennent une pose sereine.
Hier encore, ses yeux hagards n’en connaissait pas la valeur
Mais aujourd’hui préoccupée, la princesse est devenue reine.
Tableau de Skupova Lyubov.
Finalement, que sommes-nous sinon des costumes pour l’âme ?
Dès la naissance, on distribue des rôles plus ou moins infâmes.
Un uniforme ou un burnous, la chrétienté ou bien l’islam ;
Puis, un sexe comme attribut selon si on est homme ou femme.
(Tableau d’Hanna Silivonchyk.
Désolé pour le bouddhisme, l’hindouisme, le judaïsme et les autres religions que je n’ai pu nommer ici par manque de place.)
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Cette beauté soporifique qu’on nous demande d’applaudir
Enferme dans l’uniformité toute la créativité.
Serions-nous autant magnifiques que la mode veut bien le dire
Si nous perdions notre identité pour une productivité ?
Tableau d’Ofra Amit.
La vache n’veut pas donner son lait, la fermière ne peut pas traire la vache,
Le fermier n’aura pas de câlins, l’apprenti n’aura pas son dû,
Rien ne sera fait dans les délais, alors on brandit la cravache…
Pour un bovin qui fait le malin, le monde entier est suspendu.
Tableau d’Hanna Silivonchyk.
Sitôt ma première leçon, on m’a proposé un défi :
Soit devenir la meilleure, soit trouver mon identité.
Aussitôt nous nous élançons, moi et mon oiseau Rififi,
Pour conjurer notre frayeur en fusionnant nos entités.
Gagnants du concours de dessin pour enfants « Rainbow Ugra-2019 » sur http:odntugra.rumediaphoto79.

Le mal se niche au cœur du bien, le bien se niche au cœur du mal ;
Ainsi la loi de l’univers se résume à cet équilibre.
À travers le stade amphibien qu’a vécu le règne animal,
L’humanité n’est qu’un hiver sur les saisons d’un monde libre.
Le noir est plus ou moins salubre, le blanc parfois sain ou nocif ;
Ne cherchez pas la vérité uniquement dans l’un des camps.
Les extrêmes se montrent lugubres, les pourparlers trop excessifs,
Mais leur complémentarité créera un monde conséquent.
Tableau de Sophia Shiloh

Bien au-delà de la lumière, dans l’anti-monde permanent
Où le temps n’atteint de limite à sa cadence omniprésente,
Là-bas, j’ai ma source première, l’âme primaire et rémanente
Dont le miroir du cœur imite cette énergie valorisante.
Lorsque mes rêves s’y connectent, lors d’une nuit de pleine lune,
Je passe par une ouverture qui ne s’entrouvre qu’une fois.
Mon cœur et mon âme s’affectent de recouvrer cette fortune
Juste un instant dans l’aperture mais qui ravive ainsi ma foi.
Tableau de Sophia Shiloh
Quand je mets trop de protections, par excès de sécurité,
Qui sait si rien ne retombera sur moi qui jouait les héros ?
Toutes ces peurs, ces projections me plongent dans l’obscurité
Et mon propre cœur succombera de mes dommages collatéraux.
Tableau de Lora Zombie.
Là, quand tout n’est qu’ordre et beauté, l’inattendu est malvenu.
Un nez trop long, un front trop bas, sourcils épais, un œil qui louche.
Qui sort de la communauté ne sera jamais bienvenu.
C’est toujours le même combat dont Cyrano fait fine bouche.
Tableau de Rébecca Dautremer.
Pomme de reinette et pomme d’api, aussitôt mise sur le tapis,
Le choix d’ouvrir sa conscience ouvrit les portes à la science.
Joli fruit de la connaissance, tu apportes au fil des naissances
La décision d’évoluer et nous en sommes éberlués.
Tableau de Valeri Tsenov.
Assez jalouse que son mari plut à Léonard de Vinci,
Elle se trouva fort dépourvue par ses deux jambes et ses deux bras.
Madame Vitruve fort marrie de se retrouver évincée
Par ce sinistre « m’as-tu-vu », s’en regimba et s’en cabra.
Tableau de Sandro Botticelli.
Adieu, licornes télépathes, adieu Pégase volatile !
Adieu, mes rêves de princesse depuis mon accomplissement !
Devenir reine, ça vous épate, mais ces protocoles futiles
Ont mis fin, avec mes grossesses, à tous mes attendrissements.
Tableau de Valeri Tsenov.
Qu’est donc la licorne devenue une fois la princesse mariée
Qui n’a plus besoin de ses charmes et son don de télépathie ?
Ma reine, t’es-tu souvenue, avant que vous vous sépariez,
Qu’elle aurait versé une larme avec regret et empathie ?
Tableau d’Armand Point.


Lorsque tombèrent les burqas et tout le reste sur les talons,
Les intégristes mécontents criaient « Maman », pleuraient beaucoup.
Les femmes dansèrent la mazurka sans chemise et sans pantalon
Pour se rembourser au comptant de ceux qui les avaient rouées de coups.
Tableau d’Henri Matisse.
Couchée parmi les marguerites, dans une étrange mélancolie,
Une fille étendue sans voix, regard perdu un peu partout.
Elle avait succombé au rite « Il m’aime, un peu, à la folie… »
Mais retombait à chaque fois sur « Il ne m’aime pas du tout ! »
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Les princes changés en grenouille n’embrassent plus à la volée
Et les princesses furibondes les pourchassent tout autour du lac.
Elles n’ont pas peur, elles se mouillent, prédisposées à convoler
Mais la grenouille pudibonde détient plus d’un tour dans son sac.
Tableau de Rébecca Dautremer.
J’avais admis qu’après la mort, hommes et femmes perdaient leurs sexes
Car ils ne devaient plus procréer et devenaient ainsi des anges.
Finalement, j’avais bien tort ; les genres demeurent complexes
Et continuent à maugréer en s’adonnant à leurs échanges.
Photo d’Alwin Nicolais.

L’image de ma mère se trouble quand le miroir de mon enfance
Me renvoie l’écho qui redouble d’une réponse comme une offense.
Est-ce mon cœur qui se refuse à voir à qui elle ressemblait
Ou est-ce mon âme qui s’amuse de ces reflets désassemblés ?
Tableau d’Alex Alemany

L’homme et la femme, son contraire, à moins que ce ne soit l’inverse,
Forment deux branches séparées qu’on a du mal à rassembler.
Mais si le sexe est arbitraire de la semence qui se déverse
De nos parents désemparés, personne ne veut leur ressembler.
Tableau de Susan Walker
Comme deux miroirs face à face, la vie répète à l’infini
La même image, le même son, le même amour, la même odeur.
Sans cesse, j’en ressens la trace quand, dans une œuvre de Rossini,
Les violoncelles à l’unisson plongent mon âme en profondeur.
Tableau d’Andrey Aranyshev.
Sous les pavés la plage laisse une empreinte indéfinissable.
Il me suffit de secouer toute la poussière d’histoire
Pour ressentir dans la mollesse de mes pieds enfouis sous le sable
Tout l’or fraîchement éboué par les remous de ma mémoire.
Tableau de Andrey Remnev.
Selon la lumière transmise, l’homme apparaît dans son aura
Nappée des ancêtres fossiles, maillons de la chaîne de vie.
À son tour, la lueur émise renvoie l’écho de Sonora,
La terre de son domicile où sa tribu fut asservie.
Tableau de Susan Seddon-Boulet.
Parfois je ressens l’impression de vivre le rêve d’un autre
Comme un dieu qui s’endormirait et nagerait dans mon espace.
Et quand j’observe l’expression des visages qui sont les vôtres,
J’y vois ce qui nous unirait dans le vol d’un ange qui passe.
Tableau de Andrey Remnev.
Lorsqu’elle occulte tous ses sens pour se relier à l’éther,
Plusieurs fleurs restent à l’écoute, captant la voix de Demeter.
Ainsi son cœur perçoit l’essence des émanations de la Terre ;
Son corps transmet, son esprit goûte et son âme s’en désaltère.
Photo de Laura Makabresku.


Tantôt l’aurore marque l’heure en développant les couleurs
Qui ont trempé toute la nuit dans l’obscurité du séjour.
Puis, les rayons dardent un leurre qui fait ressentir la douleur
De l’aube accouchant sans un bruit d’un soleil qui ne vit qu’un jour.
Tantôt le crépuscule opaque couvre la lueur des bougies
Des lampadaires immobiles faisant office de sentinelles.
Les étoiles, une à une, attaquent la lune qui se lève et rougit ;
Et la nuit tombe indélébile comme une aveugle criminelle.
La place San Marco à Venise au gré des heures

La pleine lune attire l’âme comme la femme attire l’homme
Et l’homme désire conquérir ce qui est hors de sa portée.
Ainsi, la femme produit la flamme qui fait basculer les royaumes
Que l’homme rêve d’acquérir et que l’amour va apporter.
Tableau de Peter Engelhardt
Toujours en guerre et insoumise, armée de l’épée de réforme,
Gare à ceux qui résisteront à son vœu de neutralité.
Le paradoxe semble de mise mais l’argent prend de nouvelles formes
Quand le marteau du forgeron façonne la moralité.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Quand les filles à califourchon voulaient sauter du coq à l’âne,
Elles enfourchaient le cochon, les jupons en aéroplane.
Malgré les rires des bourgeois qui prétendaient, d’un air méchant,
Que c’était des filles de joie qui s’en allaient glaner aux champs.
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Plus je remplis de certitudes mon âme creuse de naissance,
Plus je subis la servitude d’un esprit trop plein de sciences
Tout dépend de mon attitude envers le flot de connaissances
Qui met l’Ego en altitude au péril de son inconscience.
Tableau de Joan Miró.


« Arrêtez ça ! Ça nous fait mal ! Ça nous rabaisse à l’animal !
Observer cet enfant qui tête ramène la femme à la bête ! »
Qui a dit çà ? Un androgyne ? Quelqu’un qui nie ses origines ?
Quelqu’un qui trouve complexuel le fruit de l’acte sexuel.
Tableau de Pablo Picasso.


Une souris vint l’inspirer se promenant sur le clavier
En sautillant de touche en touche mais préférant les noires aux blanches.
Mais quand une autre vint conspirer en faisant, ses pattes, octavier,
Le chat goutât, en fine mouche, qu’il avait du pain sur la planche.
Tableau de David Martiashvili.
Que la magie de l’écriture me transforme encore aujourd’hui !
Que du profond puits de mon âme remontent des mots oubliés !
J’en remercie la nourriture et l’esprit qui sont reconduits
Dans chaque phrase comme un sésame vers ce qui sera publié.
Tableau de Christian Schloe.


La pratique des accords, la théorie des arpèges,
S’affrontent sur un Do quarte quant à sa répartition.
Comme une course au trésor dans la forêt des solfèges,
La musicienne suit la carte portée sur la partition.
Quand ses sentiments l’embarrassent, les cordes de ses nerfs tendus,
Quelques notes vite l’apaisent et relâchent toute tension.
Sous le stress, elle se surpasse car le résultat entendu
Charme et la critique soupèse son art de toute son attention.
Tableau de Georges Braque.

La période la plus propice, par la théorie solunaire,
Mentionnait cinq heures, cette nuit, pour une pêche d’abondance.
J’ai vu, sous les meilleurs auspices de la révélation lunaire,
Une ondine, au bain de minuit, qui nageait dans l’eau de jouvence.
Tableau de Yanin Alexander

« Encore un rêve ! » soupire le cœur,
« Réveillons-nous ! » supplie l’esprit,
« Stoppons le temps ! » demande l’âme,
« Remuons-nous ! » chante le corps.
Le cœur s’éveille à contrecœur,
L’esprit regimbe, incompris,
L’âme s’ébroue, tout feu tout flamme,
Le corps respire un jour encore.
Tableau de Yana Fefelova



Tous les contes le professent ; afin que l’ennui décroisse
Envers les princes balourds qui se montrent hébétés,
S’en vont rêver les princesses quand les grenouilles croassent
Dans le rideau de velours du songe d’une nuit d’été.
Tout se fond dans la nuit froide, tous les beaux habits s’effacent.
Seule son âme princière évolue sur la planète.
Mais d’une volonté roide, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse,
Elle accourt vers la rivière selon l’appel des rainettes.
Tableau de Gabriel Pacheco.


Quand tous ses tourments l’ensorcellent et qu’elle ne peut plus réfléchir,
Elle s’en va jouer au cerceau pour contrecarrer ses blocages.
Tant et si bien elle y excelle, qu’elle en voit son destin fléchir
Et retourner recto-verso l’univers à son avantage.
Selon les lois de Galilée, de Newton, et même d’Archimède,
Le cerceau subit l’inertie du principe de l’attraction.
Ce mouvement assimilé guérit le cœur comme un remède
Et la fillette vous remercie pour l’art de la gravitation
Tableau de Pablo Picasso.
L’abus de couleurs ne nuit point quand l’homme vit dans l’inconscience ;
Tous les goûts sont dans sa nature et, si dégoût, il s’en déleste.
Mais le cœur fait un contrepoint lorsque s’éveille la conscience
Qui ne peut plus voir en peinture cette mécanique céleste.
De l’ennui naquit la douleur, le mal de l’uniformité.
Le germe de la connaissance est gravé au cœur de l’atome
Qui verra toutes ses couleurs fusionner dans l’énormité
De cette course à la puissance inscrite dans le cœur de l’homme.
(Tableau de Sandra Silberzweig.
« L’ennui naquit un jour de l’uniformité. » Antoine Houdar de la Motte.)
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Elle voulait remonter le temps, remonter le cours de l’hiver,
Remonter aux feuilles d’automne, remonter même jusqu’en été.
Enfin, atteindre le printemps et là, arrêter l’univers
Pour stopper la mort monotone et vivre enfin l’éternité.
L’imprévu se manifesta après un retour de saison ;
Les eaux prirent une couleur d’encre, le vent cala comme un Solex.
Le Dieu du Temps l’admonesta, qu’elle avait perdu la raison,
Et, de peur qu’elle ne l’échancre, lui offrit un cœur de Rolex.
Illustration de Adam Oehlers.

Folie de l’intrépidité, extravagance de l’audace
Forcent mon cœur à découvrir ce qui se cache sous l’horizon.
Allié à la témérité, mon esprit ne tient plus en place
Et force mon corps à ouvrir les frontières de sa prison.
Si je reste un temps immobile, le temps s’occupe alors de moi
Et me conduit vers l’expérience qui marquera toute ma vie.
Comme un destin indélébile qui me pigmente au fil des mois
D’universelle invariance qui me titille mes envies.
Tableau de Yana Fefelova

Magie de l’imagination, fantasme de la fantaisie,
Élèvent mon cœur dans les nues avec mon esprit pour moteur.
À hélice ou à réaction, ou bien par télékinésie,
L’idée nouvelle est bienvenue et fait monter mes droits d’hauteur.
J’y vais chercher un oxygène d’une étoffe qui a du corps,
J’y vais récolter la liqueur qui pleut des nuages à foison.
Cette pluie hallucinogène et cette neige qui m’édulcore
Lorsqu’elles saupoudrent mon cœur qui d’amour tombe en pamoison.
Tableau de Yana Fefelova
À l’endroit où tomba celui dont la cime au ciel était proche,
Et dont les racines touchaient à l’empire des morts à la chaîne.
Là, un nouveau bourgeon reluit ; là encore la vie se raccroche ;
Là, la nature a accouché d’une petite fleur de chêne.
Dans une forêt éternelle, dans un lieu digne et circonspect,
Un emplacement de merveille, un terrain régénérateur.
D’une attitude solennelle qui nous impose le respect
Et où le souvenir réveille les fantômes libérateurs
Tableau de Jeremiah Morelli.
Au sortir de la gorge étroite qu’offre la vallée des oranges,
L’amour coule par la rivière dont les flots troublent tout ce qui bouge.
Les jeunes filles, un peu adroites, aiment lorsque ça les arrange
Mettre le feu à la poudrière des cœurs qu’elles portent au rouge.
Tableau d’Irene Sheri Vishnevskaya.
La mort transporte dans sa barque les limbes des âmes éteintes
À travers un amphithéâtre d’arbres noueux et mal fichus.
Mais de peur qu’on ne la remarque, son fanal brille en demi-teinte
Lorsque, dans la forêt bleuâtre, elle croise un ange déchu.
Illustration de Adam Oehlers.
Un loup-garou, preux chevalier, lui aurait appris à danser
Et conduire son partenaire, qu’elle que fut son obédience.
Avec un ours, peu cavalier, le couple fut récompensé
D’un ballet extraordinaire et d’une exceptionnelle audience.
Tableau de Jackie Morris.