Ce premier rayon de soleil qui me caresse le visage,
M’éblouit juste une seconde les yeux pour y fixer l’image
Du dernier rêve du réveil auquel mon esprit envisage
D’en faire la vision du monde même si ce n’est qu’un mirage.
Tableau de Solly Smook.
Ce premier rayon de soleil qui me caresse le visage,
M’éblouit juste une seconde les yeux pour y fixer l’image
Du dernier rêve du réveil auquel mon esprit envisage
D’en faire la vision du monde même si ce n’est qu’un mirage.
Tableau de Solly Smook.

À force de me comporter comme une tête de linotte
Et de me faire des tête-à-queue aux délais du calendrier,
Aujourd’hui je dois supporter un quintette de fausses notes
Après l’éclosion de cinq œufs que j’ai couvés tout février.
Quintette – morceau de musique à cinq voix – est l’un des rares noms masculins de la langue française se terminant par -ette.
Tableau de Pat Brennan

Par vos vallées heureuses et le sourire aux dents,
Montagnes valeureuses et glaciers érodants,
Vous attirez mon âme sur le toit de l’Europe
Et dressez l’oriflamme de vos neiges interlopes.
Jolie vue sur les Alpes suisses cet après-midi pré-printanier du 29 février

Belles moustaches du passé, jolis canotiers d’avant-hier
Ont sifflé à toute volée le passage des jolies filles.
Des snobinardes compassées, des bêcheuses et des héritières,
Les unes ont su en convoler, les autres sont restées vieilles-filles.
Le Café Florian, place San Marco à Venise, où je n’ai jamais mis les pieds de ma vie.

Vierge ou verseau, vous faites bien de vous parer de ces deux signes
Car les courants d’air du verseau s’accordent sur les terres vierges.
Sinon, si vous saviez combien coûte le port de cet insigne
Qui n’est accordé qu’au berceau, vous n’auriez qu’à brûler un cierge.
Tableau de Freydoon Rassouli
Celui où celle qui emprunte la voie de la rue du baiser
Et qui veut conquérir l’amour part, le cœur déjà engagé
Car le désir marque une empreinte indéfectible à apaiser
Qui lance le compte à rebours vers une passion encagée.
Qui est passé par ce passage périlleux à Venise ?


Tous les combats laissent des traces restées exposées sur le corps.
L’esprit s’expérimente autant que le cœur forge son courage ;
L’âme raffermit sa cuirasse et l’amour signe ses records
Car patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.
Toutes ces épreuves gagnées, je les porte sur mon visage
Comme décoration de guerre contre mes démons personnels.
Si mes traits sont accompagnés d’éclaboussures de bronzage,
Mes bleus de l’âme de naguère en sont l’auteur originel.
Photo de Jose Cordoba.
Quand je la vis au paradis, entourée de blanches colombes,
Je n’ai pas tenté de l’induire en erreur sur nos retrouvailles.
D’ailleurs, je ne lui ai pas dit que je l’appelais « ma palombe »
Dans l’intention de la séduire lorsque je régnais à Versailles.
Tableau de Solly Smook.
À première vue, l’écharpe jaune attire toute l’attention
Et son regard plongé dans l’ombre évite toute confrontation.
Ainsi, la discrète amazone, dissimule ses intentions
Par le truchement en surnombre d’inhibiteurs de tentation.
Tableau « Lady with yellow scarf » de Natalya Kuzmina .

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »
Je pourrais ajouter : « Avez-vous donc un sexe ? »
Qu’une partie se range au genre de Madame
Et une autre à Monsieur, me semble bien complexe !
En revanche le neutre, en français est castré.
Mais le plus étonnant, restent les mots abstraits :
Souvent au masculin, tout emplis de noblesse,
Souvent au féminin, tout empreints de faiblesse.
Le premier vers est extrait du poème « Milly ou la terre natale » d’ Alphonse de Lamartine.
Dessin de Dany


Seule une silhouette bouge discrètement, sans prétention,
À peine sortie du mystère d’une relation interdite.
Dans son insolite habit rouge, sensé détourner l’attention,
Elle quitte la chambre austère, tôt le matin, à l’heure dite.
Toujours en tenue écarlate, la voici autour de minuit
Frappant juste un coup à la porte par pudeur et sécurité.
Ainsi, l’histoire le relate, elle y passe toutes ses nuits
Et seul ce rouge nous importe rémanant dans l’obscurité.
Tableaux de Richard Burlet.

Ma quête des endroits sauvages ressemble à la quête du Graal
Tant l’homme a déposé sa marque et souillé l’environnement.
Les animaux, en esclavage, obligés au vide intégral
Restent les seuls qui le remarquent, excepté le pouvoir qui ment.
Tableau de Svabhu Kholi

Quand viendra le jour des poissons, la saumure coulera de source
Entre requins et mammifères, entre méduses et cétacés.
Chacun troublera sa boisson en mettant son grain d’sel en bourse
Et les grands pontes des affaires crieront : « Maintenant, c’est assez ! »
Illustration de Rlon Wang
Madame ne saurait attendre sa collection de nouveautés :
Bourgeons dorés et explosifs ; feuillaison de teint blondissant ;
Feuilles sépia, parme et vert tendre ; jeunes épines biseautées ;
Les parfums les plus exclusifs pour un printemps resplendissant !
Illustration de Hülya Özdemir.
La ville aime ses tons unis, rouge-orangé, au crépuscule
Sur la trame de ses avenues selon le temps qui s’accommode ;
Et les citadins communient en se fondant en groupuscules
Qui sacralisent leurs tenues selon les rites de la mode.
Sérigraphie d’Aurélien Le Calvez.
Toute logique féminine – absurde par définition –
N’agit en aucune mesure sur les lois de la mécanique
Excepté la gent masculine – rustique dans ses finitions –
Qui pense comprendre à l’usure ses frivolités organiques.
Sérigraphie de Jean-Claude Forest.
À l’aube des métamorphoses, tous mes petits « moi » se rassemblent.
Chacun me raconte ses rêves pour m’en offrir les éléments
Qui, durant la nuit de nymphose, se sont transfigurés ensemble
En toutes ces présences brèves que j’ai vécues intensément.
Tableau de Susan Seddon Boulet.
Entre les puits de connaissances et les fontaines de jouvence,
J’ai plongé dans l’eau de l’oubli et ses abysses amnésiques.
Demain, peut-être, ma renaissance s’effectuera en connivence
Avec un esprit assoupli d’une quiétude analgésique.
Tableau « Sedna » de Susan Seddon-Boulet.
Selon l’humeur de la reine, selon l’humeur de son paon,
Le roi repart à la guerre si elle ne l’a pas crevé.
Si la nuit était sereine ou agitée, tout dépend.
On ne le sait vraiment guère que lorsqu’elle s’est levée.
Selon l’entrain de la reine, selon l’entrain de son paon,
Le roi songe à sa couronne et pense à sa descendance.
Et s’il doit lâcher les rênes à son désir galopant
Tout dépend si la luronne est d’humeur de circonstance.
Tableau d’Igor Havosni.

Cupidon marque sa visée en demandant au papillon
De se déposer sur le cœur comme un petit nœud d’intimité.
Puis, d’une flèche bien avisée, il pointe sur le cotillon
Et l’amour transmet sa liqueur entre les ailes d’extrémité.
Tableau de Miho Hirano

Maintenant, je peux vous le dire, elle brillait comme un soleil
D’un flave regard pénétrant qui avait coloré mon âme.
Juste l’absence d’un sourire m’avait mis la puce à l’oreille,
Fors son amour enchevêtrant m’ayant communiqué sa flamme.
Tableau de Michael Shapcott
Voici que le temps se transforme pour colorer notre existence ;
Quelques notes pour commencer au sortir de la somnolence.
Là, bientôt les accords se forment dans une brève persistance
Où les soupirs viennent annoncer les phrases entre les silences
Tableau d’Olga Danilyuk.
Entre la pomme de discorde datant du paradis perdu
Et celle d’Isaac Newton pour la loi de gravitation,
Pas mal de siècles nous raccordent à compter de ce fruit mordu
Jusqu’aux applications gloutonnes des machines d’information.
Tableau Batik de Tovarov.
Au cours des cent ans de voyage, elle a décoré son blason
De la culture amérindienne qui unit les deux océans
Selon un subtil carroyage tramé par l’or d’une toison
Qui trace les pistes indiennes jusqu’à la route des géants.
Tableau da Nelson Reed.
Dans le creux de la Terre, tout autour du noyau,
Sous le manteau interne, quelques âmes gravitent.
Ces gardiens solitaires, fidèles et loyaux,
Surveillent à la lanterne les démons qui transitent.
Tableau de John Pitre.

Par les divines proportions et par la trigonométrie,
J’ai atteint dans le nombre Pi comme une sorte d’apathie.
Dans tous ses chiffres en contorsions de décimales asymétries,
Figurait toute l’entropie de cet infiniment petit.
J’ai retrouvé les mêmes formes dans mon corps et les végétaux,
Comme la même signature de celle qui nous a créés.
Qu’elles soient minuscules ou énormes, de minéraux ou de métaux,
L’estampille de la nature fait de nous des êtres agrées.
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J’ai rencontré la Dolorès sur le lac des Quatre-Couleurs
Alors qu’elle était en croisière et moi, capitaine de goélette.
Jamais si douce doctoresse n’a su apaiser mes douleurs
En me rabattant la visière de ma casquette sur la tête.
Tableau de Susann Sines
Que l’on soit le plus haut placé ou dans le trou du cul du monde,
À quoi ça sert de voyager pour n’faire que monter ou descendre ?
Mes propos semblent déplacés et pourraient vous paraître immondes
S’ils n’étaient que pour partager votre joie de jouer les cassandres.
(Tableau « Golconde » de René Magritte.
Les cassandres sont ces prophètes de malheur et les oiseaux de mauvais augure.)
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S’il était une confrérie à laquelle je voudrais adhérer,
Ce serait celle des utopistes qui conçoivent l’irréalisable.
Pour compléter la féérie de mes propos délibérés,
Je me suis mis sitôt en piste d’une tenueposture médiatisable.
Photo de Stefan Gesell.
Chacun voudrait bien être roi ou bien d’une haute lignée.
Du moins, de temps en temps j’y crois mais bon, j’ai dû me résigner.
D’ailleurs, je ploierais sous mes droits de noblesse ainsi que mes titres
Et me sentirais à l’étroit de n’avoir plus mon libre arbitre.
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Les apparences, souvent trompeuses, m’abusent régulièrement ;
C’est de ma faute car, moi-même, je vous nourris de mes illusions.
Derrière ma figure pompeuse, se cachent particulièrement
Toutes les sortes de dilemmes dont je m’amuse à profusion.
Tableau de René Magritte.
Fermez les yeux, prenez la fleur et commencez à l’effeuiller…
« À la folie » ou « pas du tout » … Arrêtez-vous où vous voulez !
Gobez la fleur, mangez son cœur, ouvrez les bras et accueillez
La femme qui est avec vous, embrassez-la et roucoulez !
Tableau de Gilda Sacasas.
Parmi toutes les marguerites que j’ai effeuillées dans ma vie,
C’est celle aux pétales écarlates qui m’a toujours promis l’amour.
Alors si ton cœur le mérite, choisis cette fleur qui ravit
Et dont la vérité éclate car elle t’aimera toujours.
Tableau de x.
Après la tempête de pleurs qui émurent la communauté,
Mademoiselle est devenue Madame sans disconvenue.
Sous une giboulée de fleurs, reine de la principauté,
Elle commence, sans retenue, un couronnement circonvenu.
Tableau de Gustav Klimt.
A priori, la mauvais herbe n’attire pas trop les regards.
On ne peut ni la mettre en gerbe, ni lui accorder trop d’égards.
Il est vrai qu’à doses minimes, elle provoque mort ou maladies
Tandis qu’à d’autres doses infimes, elle soigne par homéopathie.
Je suis, d’la mauvaise herbe, issu, ni dans un chou, ni dans les roses
Et mon produit est un tissu des meilleures et des pires choses.
À hautes doses, j’apostrophe et j’empoisonne l’existence ;
Alors j’écris une ou deux strophes seulement en subsistance.
Tableau de x.

Quinze milliards d’années-lumières n’auront pas été suffisants
Pour que chacun se rende compte du pouvoir de reproduction ;
Car cette faculté première de nos cellules se divisant,
C’est ce que la vie nous raconte au travers des ovulations.
Tableau d’Annelie Solis

Si la pire espèce de singe qu’on ait vu dans tout l’univers
N’est pas campée par le gorille, ni l’yéti, ni l’orang-outan,
J’ai beau me creuser les méninges et vociférer tout l’hiver,
Malheureusement l’homme brille par un intellect déroutant.
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C’était le temps des croquembouches, parfum chocolat ou pistache,
Que l’on dégustait en terrasse en tête-à-tête romantique.
Comme le soulignaient les bouches des messieurs aux belles moustaches,
Qui, le temps d’un soupir, embrassent les jolies lèvres aromatiques.
Tableau d’Isaac Maimon.
Comme une douceur au palais qui enchanterait la couronne,
Comme un baiser au caramel qui envoûterait les papilles,
Le goût de son charme égalait les regards tendres et synchrones
Qui noyaient les yeux d’hydromel du Roi Edward jusqu’aux pupilles.
Photo de Marie Doro, actrice américaine née en 1882 et maîtresse du Roi Edward VII.
L’amour surprend comme le vent, le cœur en subit la bourrasque,
Le corps en tremble de frissons comme frappé d’une embolie.
Et les amoureux émouvants, pirouetter de mille frasques
Suivant les baisers polissons qui tentent l’âme à la folie.
Tableau de Marc Chagall.
Dans une tempête de fleurs, tornade de roses et de lys,
Une femme bouleversée sous une giboulée d’icônes.
La surprise lui ouvre le cœur d’une échancrure de peau lisse ;
Au milieu du flot déversé, ses deux seins en œil de cyclone.
Tableau de Gustav Klimt.
Intéressée par ses histoires, Madame Gulliver, curieuse,
Vint accompagner son mari lors de l’expédition suivante.
Elle suscita un auditoire composé de femmes furieuses,
Jalouses par le gabarit de cette rivale émouvante.
Bien qu’elles en fussent marries, elles durent par politesse,
Sans faire de provocation, lui faire belle réception.
Toutefois, lorsque leurs maris, séduits par son corps de déesse,
Lui firent une belle ovation, terrible fut leur déception.
Tableau d’Edward Robert Hugues.
Sous la voûte d’un ciel de verre qui miroitait au firmament,
Je reçus la pluie de lumière comme un soleil aux mille voix.
Et les étoiles de l’univers m’ont arrosé(e) à ce moment
De cette matière première captée pour la première fois.
Mosaïque de x.

Tandis que la Terre se morfond et que les hommes perdent la boule,
Les femmes, en cercles, se rassemblent pour former leur révolution.
Si ce changement est fécond et renverse l’état maboule,
Nous pourrons dire tous ensemble que la femme mène l’évolution.
Tableau d’Annelie Solis

Monsieur le président assiégé qui choisissez et élisez
Tous vos amis médiateurs aux postes les plus enviés,
Je vous propose de faire siéger, tous les élus, au Colisée
Combattre les gladiateurs où les lions seront conviés.
Le Colisée à Rome
Prend garde à toi, impertinent, si tu veux butiner mon cœur !
Mes deux cigognes fidèlement défendront mon corps ingénu !
Si tu te montres pertinent, peut-être seras-tu vainqueur ?
Sinon superficiellement tes fesses en seront prévenues !
Tableau de Didier Delamonica.
Si vous saviez l’effet que fait chaque matin quand je m’éveille !
Comme si je récupérais toute ma tête à la consigne.
J’ai tellement l’air stupéfait de naître au pays des merveilles
Qu’on pourrait y énumérer l’étonnement que je m’assigne.
Tableau de Jennifer Yoswa.
Que d’aventures mon enfance aura rêvé de traverser
En compagnie de la licorne dont j’avais percé le secret.
Elle savait prendre ma défense pour toutes mes larmes versées
Quand je prenais un coup de corne de la part d’un démon sucré.
(Tableau de Didier Delamonica.
J’appelais « démon sucré » ces petits défauts dont j’avais tant de mal à me débarrasser car ils étaient tellement tentants.)
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Souvent l’image en noir et blanc révèle ses secrets dans l’ombre
Comme si toute sa lumière ne s’exprimait que dans le noir.
Voyez ce message troublant dans les contours de la pénombre
Qui renvoie les couleurs primaires en diffraction de sa mémoire.
Tableau de x.

Que de trésors accumulés, le matin à l’heure du réveil !
Les rêves et les cauchemars en sont parsemés sur la couette !
J’en chargerai mille mulets et j’irai vendre ces merveilles
Une fois bu mon coquemar de café, d’une pirouette.
Tableau d’Hanna Silivonchyk