Une habitude rituelle, comme une messe mécréante, Réunissait ces camarades, grands pêcheurs devant l’Éternel. Quelques tournées spirituelles dans l’atmosphère bienséante D’un troquet au bord de la rade sacraient ce repas fraternel.
Juste avant la dernière étape, je m’arrêterai un moment Avant d’aborder la montagne où je suis sensé m’éprouver. Après, auront lieu des agapes avec le vin et le froment Partagées avec les compagnes qui seront venues m’approuver.
Dans l’eau bleue de mes souvenirs toutes les couleurs se mélangent Dans le bleu-gris indéfini de résurgences fraternelles. Je n’ai vu les femmes venir qu’opportunément quand les anges M’ont extrait la misogynie du formatage paternel.
Finalement, ces grands châteaux n’ombragent pas le paysage ! Toutefois, bien qu’un peu profane, j’y aurais ajouté quelques tours. Après, cerise sur le gâteau, par un vigoureux arrosage, Dans cette atmosphère diaphane, un peu de verdure alentour.
Quatre roses font fuir le bourdon, trois roses suffisent pour l’amour. Une pour toi, une pour moi, une pour l’enfant approuvé. Et tant pis si c’est un garçon, on lui dira avec humour Que faute de choux, quel émoi, on a pris ce qu’on a trouvé.
Dans l’œil de la plume de paon tel un miroir intentionné, J’ai vu ce qu’exprimait son cœur contrairement à son visage. Bien sûr, son regard de serpent ne cherchait qu’à m’impressionner Pour éviter à contrecœur de me pencher vers son corsage.
Le vin, cet aliment de l’âme, ainsi qu’ennemi de l’esprit, Reste aussi dangereux au corps que les croyances pour le cœur. Il nous réchauffe de sa flamme lorsqu’il est sagement prescrit Mais met les hommes en désaccord si on abuse de sa liqueur.
Chaque fois que vous goûterez du vin avec modération, C’est réellement un message qui vous ressuscitera l’âme. Mais lorsque vous écouterez la voix de son inspiration Appréciez en le passage mais gare à son retour de flamme.
Dans l’eau de la salle de bain, elle s’en fut suer toute nue Puis, dans la cabine de douche aux effets de brume amoureuse, S’introduisit son concubin, armé d’intentions soutenues, La baisa d’abord sur la bouche puis, d’une étreinte langoureuse.
La suite fut l’histoire ordinaire dans un moment d’intimité Où les échanges de pudeurs voltigèrent à toute vapeur. Après cela, ils s’obstinèrent sans autre légitimité Que d’apprécier l’impudeur de faire l’amour dans la sueur.
Dès que le bélier, monte-en-l’air, nous quitte le plancher des vaches, Les gémeaux font des soubresauts et le cancer, des entrechats. Le lion rugit de colère tandis qu’il brandit sa cravache Et le scorpion monte à l’assaut de la vierge percée de son chas.
D’un courant d’air, le sagittaire jette à la mer le capricorne Qui se balance de tout son lest et tombe parmi les poissons. Ainsi l’on vit les montgolfières prendre le taureau par les cornes Recto-verso, d’est en ouest, le jour de la fin des moissons.
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Quand une femme montre ses seins, ce n’est pas elle ; c’est moi qui ai peur. Peur de sa poitrine effrontée ; peur du pic dans mon pantalon. Lorsqu’elle brandit à dessein ses tétons devant ma stupeur Je ferme les yeux pour affronter la douceur de ses mamelons.
Je l’ai croisée mais sans la voir ; je l’ai rencontrée sans l’entendre ; Je l’ai aimée mais sans l’avoir ; je l’ai quittée sans la comprendre. Dommage, ce n’était qu’une image ; misère, elle n’était que chimère. Un cœur meurtri me dédommage de n’avoir su aimer ma mère.
Par nos racines ombilicales, coupées le jour de la naissance, Nous ressemblons aux fleurs du vent qui prolonge nos extrémités. Je sais des plantes médicales, coquelicots en connaissance, Qui calment nos peines et nos pleurs juste par leur proximité.
La peinture généalogique relie toutes nos dimensions Vers l’infini de la naissance et l’infini des descendants Qu’il faut rapprocher, c’est logique, d’œuvres de mêmes prétentions Afin que nous prenions conscience de ce lignage transcendant.
Tableau « sueños y naturaleza » d’Alfredo Arreguín.
J’aime ces anges de lumière qui nous soignent l’âme et le cœur ; Comme doctoresses acrobates et nous, spectateurs et patients ; Comme prêtresses infirmières et nous simples enfants de chœur ; Afin que le cirque combatte notre enthousiasme déficient !
La mode transforme le monde et chacun fait ce qui lui plait Mais la tenue vestimentaire sert d’expression ou bien de masque. Habits neufs ou fringues immondes ? La vogue s’étale au complet Selon la source alimentaire ou les aspirations fantasques.
En passant dans les rues piétonnes, j’aime bien observer les gens ; Je les admire ou je m’en moque selon l’effet photographique. Particulièrement quand détonne des jeunes femmes voltigeant Dans une tenue qui provoque l’envie d’un œil pornographique.
Les couloirs du temps s’entrecroisent selon l’humeur de mes pensées Comme les chambres d’un hôtel où je vivrais différemment. Ici, j’aimerais une belle hongroise ; là, je serais récompensé ; Ailleurs j’irais devant l’autel d’un dieu au bon tempérament.
J’aurais préféré la déesse de l’amour et tous les plaisirs ; Le temps me joue des mauvais tours et ne m’emmène pas où je veux. Tantôt c’est selon mes prouesses et tantôt selon ses désirs ; J’en profite pour faire l’amour toutefois tant que faire se peut.
Tandis qu’en haut de son échelle, elle se tortillait du balcon, Je me risquai d’évaluer le poids de son charme en tutu. Mais la poupée romanichelle faisait ce geste un peu abscons Pour éviter de saluer puis, tomber à bride abattue.
J’ai voulu prendre un pseudonyme comme imaginaire acolyte Mais ce nom de plume m’a pris toute ma personnalité. Et de peur que ne s’envenime cette situation insolite J’ai finalement entrepris d’en faire mon originalité.
La pudeur et l’intimité sont emmêlées depuis l’enfance. Si les moments les plus intimes appartiennent au domaine privé, La pudeur frôle l’inimitié et peut aller jusqu’à l’offense. Alors laquelle est légitime, subjectivée ou objectivée ?
La pudeur et l’intimité sont le prix de l’évolution ; Elles nous rattachent à la bête, ces mammifères qui nous ressemblent. Par honte, par timidité, nous n’osons pas la solution De nous asseoir en tête-à-tête et de se mirer nus ensemble.
Toutes ces constructions modernes qui prétendaient nous rassurer En poussant les miasmes morbides accumulés autour de nous, Forment un monde qui nous materne avec son progrès assuré Mais dont les séquelles font un bide et nous font courber les genoux
Les voies de communications nous promettent un rassemblement Par des campagnes politiques comme un voyage organisé. Les voies de la respiration en ont décidé autrement Par une réaction critique face à ce monde urbanisé.
On nous éclaire la chandelle avec de fausses perspectives ; L’autorité au premier plan s’enfonce bien souvent dans l’ombre ; Les états visent un objectif qui se trouve hors de leur portée Et l’avenir à l’horizon penche lourdement vers le passé.
Les accords entre les pays reposent sur des utopies Et des traités vite dépassés par le cours des événements. Les religions croient faire face mais ne montrent que d’inepties Devant ce monde d’illusion qui ne propose que mirages.
(Gravure « Satire de la fausse perspective » de William Hogarth. À lire sur http:figuresambigues.free.frPeinturehogarth.html#axzz6HL9q9fFp )
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Quel plaisir de se baigner nues et retrouver les origines De notre matrice utérine auprès de notre génitrice ! Juste un petit bonheur ténu d’une liberté sauvagine Que nous aimerions qu’entérine la société inhibitrice.
Quel plaisir de se sentir nues, le corps caressé par le vent Qui nous effleure le visage et nos parties les plus intimes ! Comme un désir qui s’insinue à l’instant d’un soleil levant De saluer le paysage par cette offrande légitime.
Quel plaisir de se montrer nues au soleil et à la nature Qui nous ont façonnées pareilles aux héroïnes et aux déesses ! Se retrouver toutes ingénues, s’identifier simple créature Dans son plus modeste appareil pour en apprécier l’ivresse
Tout feu tout flamme, ma jeunesse court à travers mille chemins. J’apprends tout et je retiens tout, je brûle et fais feu de tout bois. Ma vie est pleine de promesses et de serments sans lendemain. Je m’éparpille un peu partout, je chasse, je mange et je bois.
À l’heur de ma force de l’âge, mes chemins sont délimités ; Je réalise ma carrière pour bâtir ma pérennité. Malgré quelques carambolages, je vise la magnanimité Par la sagesse et la prière envers une sérénité.
Et puis un jour je se sais plus où je dois fixer mes crampons ; Les transformations m’ont changé le paysage et le contexte. Le temps a passé, il a plu et l’eau a coulé sous les ponts ; Mes expériences ont mélangé mes pensées dans de faux prétextes.
Tuer le temps quand je m’ennuie, j’y serais presque bénévole Or je crois qu’entre les secondes existe un temps pour le bonheur. Souvent, au milieu de la nuit, quand le temps stoppe son envol, Juste une pensée vagabonde, de quatre vers, me fait l’honneur.
Parfois le temps qu’il fait s’accorde avec l’humeur du temps qui passe ; Les sanglots de la dépression font pleuvoir les nuages lourds. J’embarque et je lâche la corde dans mon navire de l’espace Pour mesurer la précession des équinoxes au jour le jour.
Souvent mon manège de rêves ressemble à une loterie Dont un inconscient tourniquet crée le hasard de la surprise. J’y fais des apparitions brèves à poil parmi les moqueries Et me réveille paniquée de cette grotesque méprise.
Le jour où le monde a basculé, j’ai préparé mes provisions Dans une forêt intérieure d’un amalgame de cultures. Puisque j’y demeure acculé, j’ai ajouté en prévision Une fenêtre sur l’extérieur pour le soleil dans l’aperture.
J’ai tellement d’idées reçues par mes lunettes éducatives Qui me filtrent l’actualité que j’en tire ma propre vision. Chacun, sur son monde perçu, trouve mes pensées spéculatives Puisque tout est virtualité dans l’univers en collision.
L’art ne prétend pas nous décrire la beauté que nous regardons Mais ce que cache l’apparence des masques en contradictions. Ainsi m’amusé-je à écrire des vers piquants comme un chardon Pour mieux dévoiler l’aberrance de belles phrases en réaction.
Mais lorsqu’à son tour l’art abstrait défie l’école académique Pour s’affranchir de la matière pour des conceptions hors du temps, Alors je réponds, trait pour trait, d’une poésie alchimique
Qui sur ma muse et sa crinière verse une prose de printemps. Qui versifie sur la crinière de ma muse un jeune printemps.
Être une sœur de la montagne pourrait vous paraître anodin Si je n’y trouvais la quiétude auprès de mes amis les oiseaux. Depuis que je bats la campagne dans le devoir du paladin, (avec l’esprit) Je me ressource en altitude auprès des anges en réseau.
Parfois mes rêves représentent le temps que je n’ai su retenir ; Parfois mes songes me préparent à affronter mes vérités. Parfois l’intuition déplaisante me contraint à me souvenir Afin que mon âme répare les bosses et les aspérités.
Lorsque nous sommes confinés dans le cocon de nos maisons, Nous voyons le monde extérieur d’une inhabituelle impression. Nos drôles de vies recombinées sont obligées avec raison À réfléchir de l’intérieur comment survivre à l’oppression.
Tandis que le temps continue, les activités arrêtées Semblent impossibles à retenir tant l’habitude nous a marqués. Tandis que la peur s’insinue dans la quarantaine apprêtée, Comment se profile l’avenir de cette humanité parquée ?
Depuis que mon chat est parti pour gambader dans l’autre monde, Je perçois l’ombre de la présence du souvenir en rémanence. Ainsi l’amour se réparti dans ma conscience comme une onde Dont je transmets la bienfaisance à mon réseau en résonance.
Comme une cloche tibétaine dont le tintement se prolonge, Son image infuse sans cesse dans le courant du quotidien. Venue des étoiles lointaines, cette perception se rallonge Et pulse l’écho que j’encaisse le long du bulbe rachidien.
L’univers naît d’une spirale qui oscille comme un oxymore : D’un mot où l’énergie décroît, d’un mot où celle-ci s’étend. Notre destinée sidérale aspire à la fois vers la mort Et vers un monde, que je crois, au-delà du vide et du temps.
Plutôt que m’accabler d’erreurs, de mes échecs et mes malheurs, J’ai décidé de m’alléger et lâcher prise à la douleur. J’ai vu alors que mes terreurs n’avaient aucune autre valeur Que des soucis désagrégés par cet antidote en couleurs.
Je m’en allai allègrement pour traverser la vie entière Sans autre assurance essentielle qu’une insouciance dans les transferts. J’aurais dû penser autrement et voyager hors des frontières Avec un visa pour le ciel sans escale prévue en enfer.
Dans cette forêt de bambous où je m’étais aventurée, J’imaginais mettre à l’abri toutes mes craintes de la vie. Mais ces défenses mises bout en bout m’ont isolée et emmurée Dans une prison assombrie où mes regrets m’ont poursuivie.
Qui n’a jamais désiré fuir l’activité horizontale Qui fait ramper l’homme enchaîné comme une machine infernale ? Qui n’a jamais voulu s’enfuir dans une quête verticale Sentir l’âme se déchaîner vers sa destinée véritable ?
Une femme assise dans son boudoir, en attendant le grand amour, Se mire nue en son miroir qui réfléchit avec humour : « Si nos rapports n’étaient de glace, je t’entendrais sur la psyché Et te renverrais à la place mon reflet du plus beau cliché ! »
Par la corne de la licorne et par la queue de la sirène, Par l’imagination des dieux qui ont créé tant d’ornements ! L’homme a outrepassé les bornes en détruisant, l’âme sereine, Le chant du monde mélodieux par ses stupides mouvements.
Quand elle tombe à la renverse par le talent de son amant, La danseuse n’est pas en reste de lui en offrir tout son corps. Point nécessaire qu’ils conversent car ils échangent à tout moment Des expressions d’amours par gestes qu’ils répètent encore et encore.
Les aqueducs rallient les hommes à trinquer à l’eau de la terre En l’apportant dans les fontaines pour en abreuver leurs enfants. Ce pont romain, par le trinôme de ses niveaux complémentaires, Nous vient de la science romaine et de son génie triomphant.
Son instrument à plusieurs cors agit en collaboration Avec le souffle des bourdons mû par la force pectorale Du musicien qui prête son corps et toute sa respiration Pour nous offrir le grand cordon de la musique pastorale.
« Une seule flèche à la fois ! » Ainsi s’annonce la devise À laquelle a prêté serment l’archer fidèle à son étude. L’intime profession de foi guide ses deux mains lorsqu’il vise Sa cible tout en refermant les deux yeux en toute quiétude.
Pendant certains moments sensibles, je deviens la marionnette Qu’un Dieu supérieur manipule pour m’utiliser comme acteur. Et dans cette scène ostensible sans l’ombre d’un sens malhonnête, L’esprit peut rester sans scrupule pour ce que doit faire mon cœur.
Par le trèfle de Saint-Patrick, symbole de la Trinité Et par la sainte harpe celtique qui accompagne les cantiques Et par la tension électrique qui transmet la fraternité, Je trinque au peuple gaélique, aux protestants, aux catholiques !
Depuis que j’écris à la plume – de flamant rose, évidemment – Une encre coule dans mon cœur pareille aux reflets d’une flamme. Tous mes textes en plusieurs volumes agissent comme un médicament Qui aide l’esprit chroniqueur à trouver son chemin de l’âme.
Elle est partie dans le silence dans une journée alourdie Par l’amour qui perdait une âme, toute petite, si attachante Mon cœur en subit l’insolence, mon esprit reste abasourdi, À l’image d’une petite flamme effarouchée et trébuchante.
Adieu, toi qui restait en vigilance de tous nos actes étourdis, La queue dressée en oriflamme ou en antenne fort approchante. De tes câlins en opulence, mon corps reste tout engourdi Et aujourd’hui, je te réclame, le cœur et l’âme pleurnichante.
Ô vous, multitude d’objets de mon musée particulier ! Chacun me raconte une histoire et s’attache à ma destinée. Tous représentent un sujet, un épisode singulier, Une belle rencontre notoire sans aucun doute prédestinée.
Mon petit village, sous les ailes d’ange, Se revêt de blanc tout immaculé. Les arbres en coton agitent leurs franges Poudrant les oiseaux tout affabulés.
Là, sur la colline, la nuit paraît blanche, Juste une clochette tintinnabuler. La neige des toits tombe en avalanche Recouvrant le sol tout miraculé.