Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • L’envers du décor

    L’envers du décor

    Quand l’homme marche vers son but, la perspective le déroute
    Et modifie le paysage des hypothèses de départ.
    Même s’il reprend au début et prête attention à sa route,
    Dans l’objectif qu’il envisage, il se fourvoie de part en part.

    « Tout homme qui marche peut s’égarer. » Johann Wolfgang von Goethe.

  • La main guérisseuse

    La main guérisseuse

    Cette main en forme d’étoile, fruit d’une longue évolution,
    Capte et rayonne l’énergie d’un flux vital et nourrissant
    Car la lumière qui se dévoile en chaudes circonvolutions
    Se communique en synergie d’un magnétisme guérissant.

    Photo de Tra Me e Me di Lorena Gatta.

  • Danse cosmique

    Danse cosmique

    Dans la céleste farandole de galaxies en rotation,
    Planètes et étoiles convolent souvent avec ostentation
    Car l’univers macrocosmique semble une danse surentraînée
    Entre trous noirs pléonasmiques et les comètes en traînées.

    Vu sur https:pixel2pixeldesign.comdesign-inspiration-photo-manipulations .

  • La nature asexuée

    La nature asexuée

    Dans la nature hermaphrodite, la vie a pris l’autre chemin
    Finie la lutte entre les sexes, chaque être humain s’est transformé.
    On le dit beau comme Aphrodite ou belle comme un dieu romain
    Débarrassé de ses complexes et de ses lois à réformer.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • L’espoir

    L’espoir

    Une seule dormeuse se réveille et sort les autres du sommeil.
    Une seule gardienne d’espoir saura à temps le transférer.
    Ainsi partout, une fée veille guettant le lever de soleil
    Pour effacer le désespoir au cœur des hommes conféré.

    Tableau de Gustav Klimt.

  • Le bain de nature

    Le bain de nature

    Ainsi la fée photogénique traite son corps d’un composé
    Qui a trempé dans les eaux noires macéré de toiles d’araignées ;
    Baignée de fontaine hygiénique, ointe de goutte de rosée,
    La fille, nue dans sa baignoire, laisse son corps s’en imprégner.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • À mon corps défendant

    À mon corps défendant

    Hommes et femmes, contre leur gré, pour éviter un mal immonde,
    Souvent agissent à contrecœur et même à leur corps défendant.
    Car il est fou et dénigré celui qui croit changer le monde
    Même s’il y met tout son cœur et même à son sang répandant.

    Bodypainting de Kim Joon.

  • Les mythes au logis

    Les mythes au logis

    Dans mes retraites imposées dans une chambre d’hôpital
    Ou assigné à la maison, j’ouvre ma porte imaginaire.
    J’y vis des mythes transposés selon mon espace vital
    Car il n’y a aucune raison que ce ne soit extraordinaire.

    Illustration de Sarah Young.

  • Points de lumière

    Lorsque s’éveille la lumière par petites touches timides,
    Le ciel fait pâlit lentement son aurore réfléchissante ;
    Les oiseaux saluent les premières lueurs de leurs niches humides
    Et, la mer, l’ensanglantement des vaguelettes frémissantes.

    Sous les ponts de pleine lumière, le soleil reprend l’ascendance
    Sur la nuit vaincue qui retire ses ombres indéfinissables.
    Les femmes ouvrent leurs chaumières, les hommes sortent en cadence
    Et les activités soutirent au temps son vol insaisissable.

    Lorsque s’assoupit la lumière, vient la magie du crépuscule
    Et les couleurs en demi-teinte favorisent l’intimité.
    Les habitudes coutumières égayent, le soir en groupuscules,
    Le charme d’une ville éteinte d’une quiétude illimitée.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • Ma trinité

    La Déesse-Mère ne m’apparaît que dans mes souvenirs d’enfance ;
    Elle règne depuis l’éternité et nul n’en connaît l’origine.
    Dans ma mémoire, elle transparaît comme un oisillon sans défense
    En quête de maternité et tout l’amour que j’imagine.

    La Déesse-Femme, plus mystérieuse, appartient aux temples sacrés
    Dont l’accès, toujours difficile, impose des nombreuses épreuves.
    Selon l’humeur, douce ou furieuse, j’ai le devoir d’y consacrer
    Toutes mes forces, être docile et surtout bien faire mes preuves.

    La Déesse-Fille, plus naturelle, use de son chant de sirène
    Pour m’attirer, moi l’étalon, à préparer l’avènement.
    Déjà si jeune mais structurelle, elle apprend vite à être reine
    Et rayonner dans mon salon comme un heureux événement

    Tableaux d’André Lhote.

  • Changer de vie

    Changer de vie

    L’amour m’invite à un voyage qui métamorphose le cœur
    Et me déshabille le corps pour revêtir d’autres usages.
    Comme un indicible effeuillage entre deux tourtereaux moqueurs
    Qui s’aimeront toujours plus fort selon le gré des paysages.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Comment naissent les étoiles

    Comment naissent les étoiles

    Des anges vivent en synergie dans l’univers immatériel
    Derrière le mur de lumière ceint de l’impénétrable voile.
    Leurs échos de champs d’énergie trouent l’espace-temps vectoriel
    Dont l’éternité coutumière procrée des fontaines d’étoiles.

    Illustration de Victo Ngai.

  • La femme partie en fumée…

    La femme partie en fumée…

    Quand elle est partie en éclat, tous mes souvenirs explosèrent
    Comme une réaction en chaîne dans ma mémoire fracturée.
    Puis, le silence m’encercla, lourd comme des plombs de misère
    Tombent la nuit lacrymogène sur ce départ prématuré.

    Tableau de Jimmy Law.

  • L’homme parti en fumée…

    L’homme parti en fumée…

    Quand il est parti, immobile, toutes les voix de mon enfance
    L’ont appelé dans les couloirs de mes souvenirs amnésiques.
    Quelques fragments indélébiles, mêlés de tristesse et d’offense,
    Sur l’envol qui, sans le vouloir, laisse une trace anesthésique.

    Tableau de Jimmy Law.

  • Couleur cannelle

    Couleur cannelle

    Odeurs de vanille et cannelle sourdent de l’imagination
    Avec les images exotiques des îles où l’on vit en couleurs.
    Mais les aventures charnelles qui charment avec fascination
    S’opposent aux tabous érotiques et l’ilotisme de douleur.

    Tableau de Cheryl Waale.

  • L’idéal féminin

    L’idéal féminin

    J’ai longtemps poursuivi la quête de mon idéal féminin
    Qui ressemblait à s’y méprendre à celle qui m’était destinée.
    C’est après des années d’enquêtes que compris qu’il est bénin
    De laisser mon cœur se surprendre par une image déterminée.

    Tableau de Cheryl Waale.

  • Briser ses chaînes

    Briser ses chaînes

    Plus l’épreuve a de gravité, plus notre résistance casse
    Et plus la force centrifuge permet de briser nos limites.
    Ainsi notre longévité dépend de ce qui nous surpasse
    Et nous fait quitter le refuge d’un monde qui n’était qu’un mythe.

    Tableau de Philip Whiteley.

  • Le p’tit oiseau dans la tête – 2

    Le p’tit oiseau dans la tête - 2

    Quand le messager de l’amour quitte la volière du cœur,
    L’esprit se dissout dans les nues, le corps et l’âme s’insupportent.
    Plus tard, à la tombée du jour, les ombres étirent la rancœur
    Évoquant la croix contenue sur la tombe des amours mortes.

    Photo de Noell Oszvald.

  • Santorini, à l’heure rose

    Santorini, à l’heure rose

    Santorini, à l’heure rose, des sentinelles en silence
    Gardent l’accès au belvédère, sereinement à pas feutrés.
    Dans le crépuscule morose, les protecteurs en vigilance
    Prennent la pose légendaire, dos rond, sur la place, vautré.

    Illustration de Mykonos.

  • L’insaisissable

    L’insaisissable

    Souvent, juste au sortir du rêve, la dernière image s’envole
    Et je n’arrive à en saisir aucune des extrémités.
    Rêvée si forte pourtant si brève, elle se meurt dans l’aube frivole
    Et malgré mon plus cher désir, rien n’en reste à proximité.

    Tableau de Madalina Andronic.

  • Dîner avec mon chat

    Dîner avec mon chat

    Ce soir je dîne avec mon chat qui m’a laissé l’appartement.
    Il est descendu des étoiles par la comète de vingt heures.
    Mais lorsque minuit approcha, il s’éclipsa subitement
    En m’abandonnant quelques poils en guise de porte-bonheur.

    Illustration de Loika – Yan Qin Weng).

  • Pêcheur d’étoiles

    Pêcheur d’étoiles

    J’ai commencé, pêcheur d’étoiles, au temps où je collectionnais
    Toutes les merveilles du monde qui tintinnabulaient en chœur.
    Après, lorsque j’ai mis les voiles vers des cieux que j’affectionnais,
    De peur que je ne me morfonde, je les ai mises dans mon cœur.

    Illustration de Loika – Yan Qin Weng).

  • Tant pis pour le paradis

    Tant pis pour le paradis

    Il serait transcrit dans nos gènes des souvenirs du paradis
    Qui codent dans les chromosomes jusqu’au péché le plus infâme.
    Ainsi, la pomme pathogène n’est point mortelle maladie
    Quand elle se transmet par les hommes qui n’ont jamais connu de femme.

    Après avoir chassé la source qui nous rattache à l’animal,
    La femme, impie par la science, sera bientôt stérilisée.
    Les hommes se toucheront les bourses pour la domination du mâle
    Et commenceront l’expérience d’un nouvel ordre civilisé.

    Illustration de Madalina Andronic.

  • Toutes mes mémoires imbriquées

    Toutes mes mémoires imbriquées qui convergent vers mon enfance
    S’enfuient vers mille alternatives de tous les chemins que j’emprunte.
    Toutes mes erreurs étriquées et mes acquis de connaissances
    Représentent mes tentatives et dessinent mon intime empreinte.

    Tableau de Michael Strevens.

  • La vestale de l’âme

    La vestale de l’âme

    Les lois de la réincarnation expliquent le cycle de l’âme
    Guidée jusqu’à destination par la gardienne de la flamme.
    Comme l’eau qui rejoint la mer d’avoir coulé sous tant de ponts
    Et renaîtra d’une autre mère sous le souffle d’un vent fripon.

    Tableau de Mahnoor Shah.

  • L’empreinte du rêve

    L’empreinte du rêve

    Une créature échappée d’entre les deux parties du monde
    À imprégné la toile vierge et sensible de ma rétine.
    Comme si le cœur l’avait happée avant qu’une pensée vagabonde
    Apporte l’image qui converge avec ma mémoire enfantine.

    Tableau d’Osnat Tzadok.

  • La chaîne alimentaire

    La chaîne alimentaire

    Une intendance élémentaire magnifiquement orchestrée
    Provoque en nous la satiété du plaisir de consommation.
    Une carence alimentaire lorsque nous serons séquestrés
    Fera naître dans la société un esprit de compétition.

    Tableau « Le Repas de noce ou La Noce paysanne » de Pieter Brueghel.

  • Le p’tit oiseau dans la tête – 1

    Le p’tit oiseau dans la tête - 1

    Quand tous les garçons et les filles ont un p’tit oiseau dans la tête,
    Le cœur devient cage à serins dont l’amour ouvre grand la porte.
    Mais lorsque sa flamme vacille, le piaf se transforme en trompette
    Dont le cri, hier si serein, s’envole dans l’azur qui l’emporte.

    Françoise Hardy photographiée par Marta Bevacqua.

  • Le lac des cygnes

    Le lac des cygnes

    Folle vengeance capricieuse d’un pauvre sorcier pernicieux !
    Pauvre princesse gracieuse victime d’un sort malicieux !
    Le jour, vit dans un corps de cygne ; la nuit, redevient une femme.
    Il suffirait, dit-on, d’un signe pour rompre un charme aussi infâme…

    L’amour pourrait tout arranger seulement voilà c’est compliqué !
    Un prince voudrait bien l’épouser et tuer l’auteur du maléfice.
    Mais alors rien n’aura changé, le sort restera appliqué
    Comment l’amour, fort jalousé, échappera-t-il au sacrifice ?

    Plusieurs solutions se présentent, choisissez la plus complaisante :
    L’amour vaincra, le sorcier meurt tout le monde s’en tire de bonne humeur ;
    Le prince déclare son amour mais elle reste un cygne pour toujours ;
    Le prince avoue son impuissance, tous deux se noient sans réjouissance.

    Il existe effectivement différentes fins à cette légende allemande.
    « Le lac des cygnes » est un ballet sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

    Tableau d’Alison Jay.

  • Le Chat-paon

    Le Chat-paon

    J’ai récupéré le carnet des études zoophoriques
    De l’imaginaire audacieux du créateur de Peter Pan.
    Dommage qu’il n’ait incarné aucun des fantasmagoriques
    Chimères et fantasmes fallacieux comme, par exemple, le Chat-paon.

    Création Photoshop sur https:designers.designcrowd.comdesigner249126batbrat .

  • Projections

    Projections

    L’homme projette sur sa femme tous ses désirs hallucinés
    Afin de lui montrer qu’il l’aime de ses fantasmes ophtalmiques.
    La femme fait un retour de flamme si jamais d’autres dulcinées
    Reçoivent également la même éjaculation orgasmique.

    Tableau de Tos Kostermans.

  • Fantasmes

    Fantasmes

    La femme embellit les fantasmes de ces messieurs prépondérants
    Comme l’objet de leurs désirs en échange d’appointements.
    Les hommes recherchent l’orgasme comme butin du conquérant
    Qui met sa force et son plaisir dans le sexe conjointement.

    Tableau de Fatima Tomaeva-Gabellini.

  • La dispersion

    La dispersion

    Tout ce que j’ai accumulé tout au long de mes plus beaux rêves
    Fondra au matin embrumé dans un éclat évanescent.
    Tout ce que j’ai assimilé tout au long de ma vie si brève
    Se désagrègera en fumée dans mon fantôme luminescent.

    Mais l’accumulation des songes laisse une trace qui s’ajoute
    Et qui, tous les jours, ensemence le cœur de ce qui le ravit.
    L’assimilation des mensonges, de la vérité et du doute,
    Révèle que tout recommence dans le grand cycle de la vie.

    Tableau de Konstantin Kacev.

  • La fronde

    La fronde

    J’écoute la Terre qui gronde par les oiseaux dans leur silence ;
    Je vois les forêts qui reculent par les animaux disparus ;
    Je sens le souffle d’une fronde dans les fumées de pestilence
    Et les poisons qui s’inoculent par tous ces vaccins apparus.

    Illustration d’Alex Nabaum.

  • L’invite au voyageur

    Cette porte invisible dont le cœur a la clef
    Ne s’ouvre qu’une fois car l’amour est sacré.
    L’action imprévisible d’un écureuil bouclé
    Peut vous montrer la voie si sa robe est nacrée.

    Alors n’attendez pas la prochaine occasion ;
    N’ayez pas froid aux yeux et suivez votre cœur !
    Après le premier pas, sentez à profusion
    Ce parfum délicieux d’invite au voyageur.

    Tableaux de Lucy Campbell.

  • Les anges exterminateurs

    Les anges exterminateurs

    Tandis que le monde s’inquiète à propos des épidémies,
    Je me demande si le silence de Dieu n’est pas révélateur…
    Bien que la religion n’empiète guère sur notre économie,
    Je surveille avec vigilance les anges exterminateurs.

    Tableau d’Anton Franciscus Pieck.

  • Les cygnes d’étang (du lac)

    Les cygnes d’étang (du lac)

    Cygne diurne, cygne nocturne, selon les tables solunaires,
    Se croisent au gré de la marée sous l’œil de la lune qui luit.
    Le petit prince taciturne pêche dans les eaux lagunaires (lacunaires)
    Aux vaguelettes chamarrées sous l’œil de la reine de nuit.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Chante rossignolet

    Chante rossignolet

    Gentil rossignolet sauvage, tu métamorphoses mon cœur
    Comme si l’eau de la fontaine rigolait d’un vin merveilleux
    Pareil au guignolet suave, pareil aux plus douces liqueurs
    Qui donnent l’hypnose soudaine des rêves les plus audacieux.

    Tableau de Mike Willcox sur https:mikewillcox.bigcartel.comproducts .

  • Premier bémol

    Premier bémol

    Deux cerveaux bien organisés prennent la même direction ;
    Mais pour compagnons et compagnes, tous les chemins mènent à Rome.
    Dans notre monde mécanisé les outils de prédilection
    Font perdre plus de temps qu’on en gagne avec la femme mais surtout l’homme.

    Illustration « Just Married » de Gordon Johnson.

  • Complainte pour jours de pluie

    Complainte pour jours de pluie

    Les ruisseaux chantent dans mon village les jours de pluie à point nommés
    Qui seuls apportent l’abondance des eaux qui abreuvent la terre.
    Curieusement dans le sillage lorsque je gravis les sommets
    J’y vois des traces qui se condensent en mousse orange délétère.

    Tableau de Victor Yushkevich.

  • La courbe bleue

    La courbe bleue

    Toute la nature se courbe en sens inverse de l’attraction.
    Les arbres poussent contre le vent, les boues s’écoulent sous la pluie.
    La force des éléments fourbes contraignent la Terre à changer
    L’humanité dorénavant sous le progrès de l’oppression.

    Tableau d’Eugène Brouillard.

  • Danse sur le rivage

    Danse sur le rivage

    Heureux les gens à ma fenêtre qui dansent au bord du rivage,
    Qui font la fête tous ensemble pour célébrer la mi-carême.
    Heureux tous les enfants à naître qui connaîtront un nouvel âge
    Privé de tout ce qui ressemble au respect des anciens barèmes.

    Heureuses les familles qui passent, de la grand-mère au petit-fils
    Qui font la fête tous ensemble lors des soirées du ramadan.
    Heureux tous ces morts qui trépassent et partent en feux d’artifices
    Libérés de ce qui ressemble à la fin d’un monde décadent.

    Tableau d’Edvard Munch.

  • Poissons d’avril

    Une grenouille un peu revêche, plongée sans son consentement
    Dans l’eau bouillante, sort par réflexe d’autodéfense assurément.
    Or, si on la met dans l’eau fraîche que l’on fait chauffer lentement,
    Au début, elle sera perplexe mais elle cuira sûrement.

    D’abord, on nous a confiné ensemble dans nos appartements ;
    Après, nos sorties sont restreintes et nos approvisionnements ;
    Puis, internet est limité, le téléphone également ;
    Demain, nous vivrons dans l’astreinte ou supprimés légalement.

    Photos de Stefan Gesell et Sansa Mandara.

  • La couleur des voyages

    La couleur des voyages

    Quand, vers le rouge, il se rapproche, mon loup entend battre mon sang.
    Quand, vers le bleu, il disparaît , je ne perçois qu’un battement.
    Puis quand il saute, je m’accroche à son pelage en enfonçant
    Mon cœur dans ce qui m’apparaît le plus subtil embrasement.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • L’offrande

    L’offrande

    La première fille qui m’a offert en prime son intimité
    Reste enregistrée dans l’album de ma collection de fantasmes.
    Hypnotisé par l’atmosphère, engourdi de timidité,
    J’ai fait un petit pas pour l’homme mais un pas géant vers l’orgasme.

    Tableau de Luis Ricardo Falero.

  • L’ombre du doute

    L’ombre du doute

    Que faire quand l’ombre du doute laisse une empreinte sur le visage
    Qui marque les limitations d’un monde moderne et austère ?
    Hélas, la peur que l’on redoute et qui noircit le paysage
    Nuit à la bonne constitution de notre système immunitaire !

    Tableau de Robert G Harris.

  • Le repos

    Et le repos survint aux champs comme tombé par la faucille
    Exécutée d’un coup de reins en va-et-vient selon le foin.
    À coups de serpe se chevauchant jusqu’à ce que la gerbe vacille
    Et l’on se couche alors, serein, sous le soleil xx de juin.

    Ah, qu’il est bon d’avoir semé la fertilité des campagnes
    Après s’être tant exposé qu’on cherche l’ombre d’un poirier !
    Pour une sieste parsemée d’un peu d’amour sur nos compagnes
    Et de pouvoir se reposer puis, s’endormir sur ses lauriers.

    Tableaux de Monet et Van Gogh.

  • La marchandes d’oranges

    La marchandes d’oranges

    Je l’ai perdue dans les couloirs qui mènent à l’évolution
    Où les fruits s’étalent aux étals des magasins climatisés.
    Je l’ai perdue sans le vouloir, grisé de civilisation
    Qui fait croire au progrès létal du temps désaromatisé.

    Tableau d’Enrique Serra.

  • La pêche aux étoiles

    La pêche aux étoiles

    Au temps où j’habitais Marseille, je m’en allait de bon matin
    Suivre la course du levant enivré d’embruns doux-amers.
    J’y faisais ma pêche aux merveilles sur les eaux calmes de satin
    Que j’attrapais à contrevent parmi les étoiles de mer.

    Tableau de Jungho Lee.

  • Cette nuit-là

    Cette nuit-là

    Dans l’atmosphère tamisée de la lumière atténuée,
    La femme offerte dans la pénombre s’est préparée à recevoir
    Tous les plaisirs optimisés et les désirs insinués
    De l’homme qui sortira de l’ombre pour lui donner à concevoir.

    Tableau d’Alexandre Louis Patry.