Quand l’homme marche vers son but, la perspective le déroute Et modifie le paysage des hypothèses de départ. Même s’il reprend au début et prête attention à sa route, Dans l’objectif qu’il envisage, il se fourvoie de part en part.
« Tout homme qui marche peut s’égarer. » Johann Wolfgang von Goethe.
Cette main en forme d’étoile, fruit d’une longue évolution, Capte et rayonne l’énergie d’un flux vital et nourrissant Car la lumière qui se dévoile en chaudes circonvolutions Se communique en synergie d’un magnétisme guérissant.
Dans la céleste farandole de galaxies en rotation, Planètes et étoiles convolent souvent avec ostentation Car l’univers macrocosmique semble une danse surentraînée Entre trous noirs pléonasmiques et les comètes en traînées.
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Dans la nature hermaphrodite, la vie a pris l’autre chemin Finie la lutte entre les sexes, chaque être humain s’est transformé. On le dit beau comme Aphrodite ou belle comme un dieu romain Débarrassé de ses complexes et de ses lois à réformer.
Une seule dormeuse se réveille et sort les autres du sommeil. Une seule gardienne d’espoir saura à temps le transférer. Ainsi partout, une fée veille guettant le lever de soleil Pour effacer le désespoir au cœur des hommes conféré.
Ainsi la fée photogénique traite son corps d’un composé Qui a trempé dans les eaux noires macéré de toiles d’araignées ; Baignée de fontaine hygiénique, ointe de goutte de rosée, La fille, nue dans sa baignoire, laisse son corps s’en imprégner.
Hommes et femmes, contre leur gré, pour éviter un mal immonde, Souvent agissent à contrecœur et même à leur corps défendant. Car il est fou et dénigré celui qui croit changer le monde Même s’il y met tout son cœur et même à son sang répandant.
Dans mes retraites imposées dans une chambre d’hôpital Ou assigné à la maison, j’ouvre ma porte imaginaire. J’y vis des mythes transposés selon mon espace vital Car il n’y a aucune raison que ce ne soit extraordinaire.
Lorsque s’éveille la lumière par petites touches timides, Le ciel fait pâlit lentement son aurore réfléchissante ; Les oiseaux saluent les premières lueurs de leurs niches humides Et, la mer, l’ensanglantement des vaguelettes frémissantes.
Sous les ponts de pleine lumière, le soleil reprend l’ascendance Sur la nuit vaincue qui retire ses ombres indéfinissables. Les femmes ouvrent leurs chaumières, les hommes sortent en cadence Et les activités soutirent au temps son vol insaisissable.
Lorsque s’assoupit la lumière, vient la magie du crépuscule Et les couleurs en demi-teinte favorisent l’intimité. Les habitudes coutumières égayent, le soir en groupuscules, Le charme d’une ville éteinte d’une quiétude illimitée.
La Déesse-Mère ne m’apparaît que dans mes souvenirs d’enfance ; Elle règne depuis l’éternité et nul n’en connaît l’origine. Dans ma mémoire, elle transparaît comme un oisillon sans défense En quête de maternité et tout l’amour que j’imagine.
La Déesse-Femme, plus mystérieuse, appartient aux temples sacrés Dont l’accès, toujours difficile, impose des nombreuses épreuves. Selon l’humeur, douce ou furieuse, j’ai le devoir d’y consacrer Toutes mes forces, être docile et surtout bien faire mes preuves.
La Déesse-Fille, plus naturelle, use de son chant de sirène Pour m’attirer, moi l’étalon, à préparer l’avènement. Déjà si jeune mais structurelle, elle apprend vite à être reine Et rayonner dans mon salon comme un heureux événement
L’amour m’invite à un voyage qui métamorphose le cœur Et me déshabille le corps pour revêtir d’autres usages. Comme un indicible effeuillage entre deux tourtereaux moqueurs Qui s’aimeront toujours plus fort selon le gré des paysages.
Des anges vivent en synergie dans l’univers immatériel Derrière le mur de lumière ceint de l’impénétrable voile. Leurs échos de champs d’énergie trouent l’espace-temps vectoriel Dont l’éternité coutumière procrée des fontaines d’étoiles.
Quand elle est partie en éclat, tous mes souvenirs explosèrent Comme une réaction en chaîne dans ma mémoire fracturée. Puis, le silence m’encercla, lourd comme des plombs de misère Tombent la nuit lacrymogène sur ce départ prématuré.
Quand il est parti, immobile, toutes les voix de mon enfance L’ont appelé dans les couloirs de mes souvenirs amnésiques. Quelques fragments indélébiles, mêlés de tristesse et d’offense, Sur l’envol qui, sans le vouloir, laisse une trace anesthésique.
Odeurs de vanille et cannelle sourdent de l’imagination Avec les images exotiques des îles où l’on vit en couleurs. Mais les aventures charnelles qui charment avec fascination S’opposent aux tabous érotiques et l’ilotisme de douleur.
J’ai longtemps poursuivi la quête de mon idéal féminin Qui ressemblait à s’y méprendre à celle qui m’était destinée. C’est après des années d’enquêtes que compris qu’il est bénin De laisser mon cœur se surprendre par une image déterminée.
Plus l’épreuve a de gravité, plus notre résistance casse Et plus la force centrifuge permet de briser nos limites. Ainsi notre longévité dépend de ce qui nous surpasse Et nous fait quitter le refuge d’un monde qui n’était qu’un mythe.
Quand le messager de l’amour quitte la volière du cœur, L’esprit se dissout dans les nues, le corps et l’âme s’insupportent. Plus tard, à la tombée du jour, les ombres étirent la rancœur Évoquant la croix contenue sur la tombe des amours mortes.
Santorini, à l’heure rose, des sentinelles en silence Gardent l’accès au belvédère, sereinement à pas feutrés. Dans le crépuscule morose, les protecteurs en vigilance Prennent la pose légendaire, dos rond, sur la place, vautré.
Souvent, juste au sortir du rêve, la dernière image s’envole Et je n’arrive à en saisir aucune des extrémités. Rêvée si forte pourtant si brève, elle se meurt dans l’aube frivole Et malgré mon plus cher désir, rien n’en reste à proximité.
Ce soir je dîne avec mon chat qui m’a laissé l’appartement. Il est descendu des étoiles par la comète de vingt heures. Mais lorsque minuit approcha, il s’éclipsa subitement En m’abandonnant quelques poils en guise de porte-bonheur.
J’ai commencé, pêcheur d’étoiles, au temps où je collectionnais Toutes les merveilles du monde qui tintinnabulaient en chœur. Après, lorsque j’ai mis les voiles vers des cieux que j’affectionnais, De peur que je ne me morfonde, je les ai mises dans mon cœur.
Il serait transcrit dans nos gènes des souvenirs du paradis Qui codent dans les chromosomes jusqu’au péché le plus infâme. Ainsi, la pomme pathogène n’est point mortelle maladie Quand elle se transmet par les hommes qui n’ont jamais connu de femme.
Après avoir chassé la source qui nous rattache à l’animal, La femme, impie par la science, sera bientôt stérilisée. Les hommes se toucheront les bourses pour la domination du mâle Et commenceront l’expérience d’un nouvel ordre civilisé.
Toutes mes mémoires imbriquées qui convergent vers mon enfance S’enfuient vers mille alternatives de tous les chemins que j’emprunte. Toutes mes erreurs étriquées et mes acquis de connaissances Représentent mes tentatives et dessinent mon intime empreinte.
Les lois de la réincarnation expliquent le cycle de l’âme Guidée jusqu’à destination par la gardienne de la flamme. Comme l’eau qui rejoint la mer d’avoir coulé sous tant de ponts Et renaîtra d’une autre mère sous le souffle d’un vent fripon.
Une créature échappée d’entre les deux parties du monde À imprégné la toile vierge et sensible de ma rétine. Comme si le cœur l’avait happée avant qu’une pensée vagabonde Apporte l’image qui converge avec ma mémoire enfantine.
Une intendance élémentaire magnifiquement orchestrée Provoque en nous la satiété du plaisir de consommation. Une carence alimentaire lorsque nous serons séquestrés Fera naître dans la société un esprit de compétition.
Tableau « Le Repas de noce ou La Noce paysanne » de Pieter Brueghel.
Quand tous les garçons et les filles ont un p’tit oiseau dans la tête, Le cœur devient cage à serins dont l’amour ouvre grand la porte. Mais lorsque sa flamme vacille, le piaf se transforme en trompette Dont le cri, hier si serein, s’envole dans l’azur qui l’emporte.
Folle vengeance capricieuse d’un pauvre sorcier pernicieux ! Pauvre princesse gracieuse victime d’un sort malicieux ! Le jour, vit dans un corps de cygne ; la nuit, redevient une femme. Il suffirait, dit-on, d’un signe pour rompre un charme aussi infâme…
L’amour pourrait tout arranger seulement voilà c’est compliqué ! Un prince voudrait bien l’épouser et tuer l’auteur du maléfice. Mais alors rien n’aura changé, le sort restera appliqué Comment l’amour, fort jalousé, échappera-t-il au sacrifice ?
Plusieurs solutions se présentent, choisissez la plus complaisante : L’amour vaincra, le sorcier meurt tout le monde s’en tire de bonne humeur ; Le prince déclare son amour mais elle reste un cygne pour toujours ; Le prince avoue son impuissance, tous deux se noient sans réjouissance.
Il existe effectivement différentes fins à cette légende allemande. « Le lac des cygnes » est un ballet sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
J’ai récupéré le carnet des études zoophoriques De l’imaginaire audacieux du créateur de Peter Pan. Dommage qu’il n’ait incarné aucun des fantasmagoriques Chimères et fantasmes fallacieux comme, par exemple, le Chat-paon.
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L’homme projette sur sa femme tous ses désirs hallucinés Afin de lui montrer qu’il l’aime de ses fantasmes ophtalmiques. La femme fait un retour de flamme si jamais d’autres dulcinées Reçoivent également la même éjaculation orgasmique.
La femme embellit les fantasmes de ces messieurs prépondérants Comme l’objet de leurs désirs en échange d’appointements. Les hommes recherchent l’orgasme comme butin du conquérant Qui met sa force et son plaisir dans le sexe conjointement.
Tout ce que j’ai accumulé tout au long de mes plus beaux rêves Fondra au matin embrumé dans un éclat évanescent. Tout ce que j’ai assimilé tout au long de ma vie si brève Se désagrègera en fumée dans mon fantôme luminescent.
Mais l’accumulation des songes laisse une trace qui s’ajoute Et qui, tous les jours, ensemence le cœur de ce qui le ravit. L’assimilation des mensonges, de la vérité et du doute, Révèle que tout recommence dans le grand cycle de la vie.
J’écoute la Terre qui gronde par les oiseaux dans leur silence ; Je vois les forêts qui reculent par les animaux disparus ; Je sens le souffle d’une fronde dans les fumées de pestilence Et les poisons qui s’inoculent par tous ces vaccins apparus.
Cette porte invisible dont le cœur a la clef Ne s’ouvre qu’une fois car l’amour est sacré. L’action imprévisible d’un écureuil bouclé Peut vous montrer la voie si sa robe est nacrée.
Alors n’attendez pas la prochaine occasion ; N’ayez pas froid aux yeux et suivez votre cœur ! Après le premier pas, sentez à profusion Ce parfum délicieux d’invite au voyageur.
Tandis que le monde s’inquiète à propos des épidémies, Je me demande si le silence de Dieu n’est pas révélateur… Bien que la religion n’empiète guère sur notre économie, Je surveille avec vigilance les anges exterminateurs.
Cygne diurne, cygne nocturne, selon les tables solunaires, Se croisent au gré de la marée sous l’œil de la lune qui luit. Le petit prince taciturne pêche dans les eaux lagunaires (lacunaires) Aux vaguelettes chamarrées sous l’œil de la reine de nuit.
Gentil rossignolet sauvage, tu métamorphoses mon cœur Comme si l’eau de la fontaine rigolait d’un vin merveilleux Pareil au guignolet suave, pareil aux plus douces liqueurs Qui donnent l’hypnose soudaine des rêves les plus audacieux.
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Deux cerveaux bien organisés prennent la même direction ; Mais pour compagnons et compagnes, tous les chemins mènent à Rome. Dans notre monde mécanisé les outils de prédilection Font perdre plus de temps qu’on en gagne avec la femme mais surtout l’homme.
Les ruisseaux chantent dans mon village les jours de pluie à point nommés Qui seuls apportent l’abondance des eaux qui abreuvent la terre. Curieusement dans le sillage lorsque je gravis les sommets J’y vois des traces qui se condensent en mousse orange délétère.
Toute la nature se courbe en sens inverse de l’attraction. Les arbres poussent contre le vent, les boues s’écoulent sous la pluie. La force des éléments fourbes contraignent la Terre à changer L’humanité dorénavant sous le progrès de l’oppression.
Heureux les gens à ma fenêtre qui dansent au bord du rivage, Qui font la fête tous ensemble pour célébrer la mi-carême. Heureux tous les enfants à naître qui connaîtront un nouvel âge Privé de tout ce qui ressemble au respect des anciens barèmes.
Heureuses les familles qui passent, de la grand-mère au petit-fils Qui font la fête tous ensemble lors des soirées du ramadan. Heureux tous ces morts qui trépassent et partent en feux d’artifices Libérés de ce qui ressemble à la fin d’un monde décadent.
Une grenouille un peu revêche, plongée sans son consentement Dans l’eau bouillante, sort par réflexe d’autodéfense assurément. Or, si on la met dans l’eau fraîche que l’on fait chauffer lentement, Au début, elle sera perplexe mais elle cuira sûrement.
D’abord, on nous a confiné ensemble dans nos appartements ; Après, nos sorties sont restreintes et nos approvisionnements ; Puis, internet est limité, le téléphone également ; Demain, nous vivrons dans l’astreinte ou supprimés légalement.
Quand, vers le rouge, il se rapproche, mon loup entend battre mon sang. Quand, vers le bleu, il disparaît , je ne perçois qu’un battement. Puis quand il saute, je m’accroche à son pelage en enfonçant Mon cœur dans ce qui m’apparaît le plus subtil embrasement.
La première fille qui m’a offert en prime son intimité Reste enregistrée dans l’album de ma collection de fantasmes. Hypnotisé par l’atmosphère, engourdi de timidité, J’ai fait un petit pas pour l’homme mais un pas géant vers l’orgasme.
Que faire quand l’ombre du doute laisse une empreinte sur le visage Qui marque les limitations d’un monde moderne et austère ? Hélas, la peur que l’on redoute et qui noircit le paysage Nuit à la bonne constitution de notre système immunitaire !
Et le repos survint aux champs comme tombé par la faucille Exécutée d’un coup de reins en va-et-vient selon le foin. À coups de serpe se chevauchant jusqu’à ce que la gerbe vacille Et l’on se couche alors, serein, sous le soleil xx de juin.
Ah, qu’il est bon d’avoir semé la fertilité des campagnes Après s’être tant exposé qu’on cherche l’ombre d’un poirier ! Pour une sieste parsemée d’un peu d’amour sur nos compagnes Et de pouvoir se reposer puis, s’endormir sur ses lauriers.
Je l’ai perdue dans les couloirs qui mènent à l’évolution Où les fruits s’étalent aux étals des magasins climatisés. Je l’ai perdue sans le vouloir, grisé de civilisation Qui fait croire au progrès létal du temps désaromatisé.
Au temps où j’habitais Marseille, je m’en allait de bon matin Suivre la course du levant enivré d’embruns doux-amers. J’y faisais ma pêche aux merveilles sur les eaux calmes de satin Que j’attrapais à contrevent parmi les étoiles de mer.
Dans l’atmosphère tamisée de la lumière atténuée, La femme offerte dans la pénombre s’est préparée à recevoir Tous les plaisirs optimisés et les désirs insinués De l’homme qui sortira de l’ombre pour lui donner à concevoir.