Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Rêves célestes et confinés

    Rêves célestes et confinés

    Tandis que le confinement tombe comme un drôle de printemps,
    L’humanité découvre alors la vie en paradis fermé.
    On pousse le raffinement de dormir enfin pour cent ans
    Et on rêve en Technicolor jusqu’à plus soif, c’est confirmé.

    En marge du confinement, il est en retard, ce printemps !
    J’aurai attendu plus d’un mois pour voir ses premières couleurs.
    L’hiver s’est dit : « Finalement, je vais durer un peu plus longtemps ! »
    C’est ce qui s’est passé chez moi dans la grisaille et la douleur.

    Tableau « Rêves célestes » de Jahar Dasgupta.

  • Épona

    Épona

    Les dieux quelquefois misogynes se font de véritables écheveaux
    Avec les femmes et les juments qui mettent au monde les héros.
    D’une rencontre sauvagine, Épona, déesse des chevaux,
    Naquit ainsi se présumant d’un phénomène in utero

    Tableau « Épona, déesse des chevaux » de Helena Nelson-Reed.

  • Joli loup

    Joli loup

    Heureusement, les jolis masques ne masquent pas les jolis yeux
    Ni ne camouflent la beauté malgré le nez, malgré la bouche.
    Finalement, ce que démasque ce joli loup bien capricieux
    Fait la moue encharibotée qui nous avertit d’un « pas touche ! »

    Car l’œil du diable dissimulé au milieu de plumes de paon
    Surveille les moments intimes d’un fol regard qui épouvante.
    Mais il peut aussi stimuler l’envie par ces yeux de serpent
    Qui hypnotisent leur victime avant de la croquer vivante

    Enchariboté : embarrassé.

    Tableau de Helena Nelson-Reed.

  • Les femmes de mon immeuble – 2

    Je n’ai pas tout compris mais ma jolie voisine
    M’a, en suisse-allemand, demandé quelque chose
    Et le diable m’a pris ; au seuil de la cuisine,
    Je l’ai finalement baisée sur ses joues roses.

    Je ne saurai jamais ce qu’elle demandait
    Car la belle a rougi puis, mes fesses bottées.
    Elle m’a déclamé que ce qu’elle quémandait
    N’était qu’une bougie car ses plombs ont sauté.

    Tableaux de Julia Klimova.

  • La peinture colorisée

    La peinture colorisée

    Dans le temps, à Casablanca, elle peignait des gens de couleur
    Puis, à Paris, désabusée, elle ne peignit qu’en noir et blanc.
    Tous les tableaux qu’elle flanqua de cadres assez racoleurs
    Sont désormais dans un musée, colorisés, c’est affublant !

    Illustration de Pyotr Pinkisevich.

  • Les femmes de mon immeuble – 1

    Si l’amour rend aveugle, la masturbation sourd,
    J’y perds le sens du goût et celui du toucher.
    Ainsi dans mon immeuble, je passe un bon séjour
    Car je n’ai pas beaucoup l’occasion de coucher.

    Par quel fichu prétexte faire le premier pas
    Pour que l’amour m’attrape et que le cœur m’emporte ?
    J’ai commencé ce texte car je n’y croyais pas
    Or voici que l’on frappe doucement à ma porte.

    Tableaux de Julia Klimova.

  • Cher paon !

    Dissimulé dans ses ocelles pour ses femelles, « l’œil du diable »
    Montre l’oiseau qui fait la roue plus séducteur que le serpent.
    Sa danse nuptiale ensorcelle, fascination irrémédiable,
    Et suscite bien des rendez-vous pour l’amour des plumes de paon.

    Tableau de Michelle Starla.

  • Fondu dans le décor

    Fondu dans le décor

    Que sera mon fantôme devenu, une fois fondu dans le décor ?
    Que restera-t-il de mon passage et l’empreinte de mon apparence ?
    Longtemps je me suis abstenu de penser où irait mon corps
    Mais j’ai appris auprès des sages qu’il faut jouer la transparence.

    Tableau « seeing both ways » de Michael Carson.

  • Touchons du bois !

    Touchons du bois !

    Tant que Jésus est parmi nous, il convient de toucher du bois
    Pour conjurer le mauvais sort du sacrifice de la croix.
    Ainsi, se toucher le minou, jouerait un peu le contrepoids
    Pour Marie qui permit l’essor de la chrétienté qui s’accroît.

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Bienvenue aux migrants

    Bienvenue aux migrants

    Chères abeilles et libellules, chers kangourous et plantigrades,
    Chères espèces disparues, chers martyrs d’extermination !
    On vous prépare vos cellules loin de vos terres rétrogrades
    Dès que vous aurez comparu devant nos déterminations.

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • Qui aime qui ?

    Qui aime qui ?

    Est-ce que le corps aime le corps car il est seulement attiré
    Par l’instinct de procréation de ses gènes d’évolution ?

    Est-ce que le cœur aime le cœur par la folie des sentiments
    Qui forgent les histoires d’amour jusqu’à la passion et la haine ?

    Est-ce que l’esprit aime l’esprit pour partager ses illusions,
    Pour voir ses idées triompher et sa mémoire perdurer ?

    Est-ce que l’âme n’aime que l’âme qui ne cherche que la vérité
    L’amour de Dieu, le créateur, l’amour des lois de l’univers ?

    Est-ce que l’homme aime la femme par la nature de son sexe
    Ou sa nature divinisée par un amour à l’infini ?

    Tableau de Alex Alemany.

  • L’amour me met en appétit

    L’amour me met en appétit

    Tour le plaisir de la gastronomie lorsque j’ai l’estomac dans les talons
    Aspire à m’apporter la satiété après une heure ou deux de digestion.
    Tout de désir d’une belle anatomie d’une femme nue chevauchant l’étalon
    M’inspire à étendre la société après neuf mois de saine gestation.

    Tableau de Jose Luis Fuentetaja.

  • Dans les roses

    Dans les roses

    Puisqu’une fille naît dans les roses, il vaudrait mieux soigner les fleurs
    Et pour qu’elles soient toujours belles, les arroser trois fois par jour.
    Si vous avez le cœur morose durant une averse de pleurs,
    Prenez vos râteaux et vos pelles pour semer vos graines d’amour.

    Tableau d’Irene Sheri.

  • Le mystère féminin

    Le mystère féminin

    Que de mystère autour du fait que le plaisir au féminin
    Se conjugue avec des caresses accordées aux préliminaires !
    Car l’amour au plus-que-parfait est une sorte de venin
    Qui ne souffre d’aucune paresse pour faire jouir sa partenaire.

    Tableau d’Ines Honfi sur https:ineshonfi.compagesfeminine-mystery .

  • Soleil spiral

    Soleil spiral

    Si cette année, les tournesols ont du mal à trouver le nord,
    Malgré leur célèbre boussole dont la nature les honore,
    Cela implique une éruption – non pas solaire – plutôt virale –
    Qui leur fait prendre la rotation du soleil pour une spirale.

    Tableau de Lynne Valeri.

  • Si brièvement

    Si brièvement

    Elle m’apparaît brièvement dans le tissu de mes nuitées
    Entre les plis de mon sommeil et la boutonnière des rêves.
    J’en suis puni grièvement car, malgré sa continuité,
    Ce qu’elle me chuchote à l’oreille, disparaît de façon trop brève.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • Sortie du cadre

    Sortie du cadre

    Une fois l’amour rencontré, laissons-le sortir de son cadre,
    Nous surprendre et nous entraîner vers de nouvelles expériences.
    Changer de lieux et de contrées puis, le promouvoir chef d’escadre
    Pour voir sa maison engrenée d’un avenir de luxuriance.

    Tableau de Michael Carson.

  • La femme de près

    L’éternel féminin, de près, apparaît plus intimidant.
    Comme si son visage d’ange contenait l’essence divine.
    Précisément, c’est fait exprès, Dieu l’a placée devant Adam
    Pour lui permettre des échanges ; du moins, il faut qu’il le devine.

    De près, elle a toujours raison, elle est maîtresse en sa maison
    Elle sait tout, elle voit tout, elle entend tout, elle est partout
    « Pas d’autre déesse que moi, tu nourriras au fil des mois ! »
    Quelle aubaine, je le conçois, d’avoir son petit Dieu chez soi.

    Tableau de Michael Carson.

  • La femme de loin

    L’éternel féminin, de loin, c’est comme Dieu dans une église.
    On ne sait comment lui parler et, encore moins, l’écouter.
    À proximité son conjoint, ou ses enfants, lui fidélisent
    L’obligation de pourparlers sous peine d’être débouté.

    Peut-être que parler « des femmes » au pluriel fixe des distances
    Sous peine d’être considérées « épouses », « mères » ou « concubines ».
    Mais le côté le plus infâme, dans notre moderne existence,
    C’est de les avoir libérées pour les envoyer à l’usine.

    Tableau de Michael Carson.

  • Le Chapeau Semaine

    Le Chapeau Semaine

    Un ruban de sable et d’azur pour se remémorer la mer ;
    Des rubans de toutes natures pour calmer ses chagrins d’amour ;
    Enfin, pour faire bonne mesure, mais cousus de façon sommaire,
    Quelques boutons qui, d’aventure, avaient connu de meilleurs jours.

    Elle l’appelait son « Chapeau Semaine » car elle l’avait raccommodé
    En cousant lundi et mardi puis, faufilé jusqu’au dimanche.
    Si jamais un énergumène essayait de l’incommoder,
    En trois coups de ciseaux, pardi, elle s’en accaparait les manches.

    Dessin de Aliona Nalivkina.

  • Les mirettes et la miaulette

    Les mirettes et la miaulette

    Ce pouvoir transcendant qu’ont les chats de gouttière,
    Dans leur regard si tendre est une arme fatale.
    Le martyr prétendant qui croyait avant-hier
    Ne pas s’laisser surprendre n’est qu’un sentimental.

    Or tous leurs descendants ont franchi la chatière
    Pour nous en faire entendre le profond récital.
    Aussi, en l’entendant miauler dans l’écoutière
    Nous le laissons prétendre qu’il est son capital.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Lecture crue

    Lecture crue

    J’aime ces lectures hygiéniques et l’impression de voyager
    Dans l’irréalité possible qui frappe mon cœur ingénu.
    Quand ça devient schizophrénique avec des drames présagés
    Leur réalité impossible m’expose face à l’inconnu.

    Tableau de Michael Carson.

  • L’ascension infinie

    Qu’aurais-je fais si j’avais su que j’allais être miraculé
    En arrivant sur l’objectif que je devais outrepasser ?
    Seulement voilà, j’étais issu d’une érection éjaculée
    Vers un ovule subjectif dont l’hymen m’a laissé passer.

    Je devins l’enfant en bas-âge, pas encore l’âge de raison,
    Mais je me suis fait à l’usage au fil des mois et des saisons.
    Là-haut, sur l’escalier du temps, j’entendais les personnes âgées
    Me dire qu’après être débutant, on finissait tous usagés.

    Gravure de Maurits Cornelis Escher.

  • Les sentiments rouge sang – 2

    Les sentiments rouge sang - 2

    L’âge ingrat tend son fond uni sur des souvenirs rouge-sang
    Et, du passé, les bleus de l’âme semblent naufragés évanouis.
    Tout reste à jamais impuni car ces visions d’adolescent
    Changent de couleur à la flamme du premier amour épanoui.

    Tableau de Petra Kaindel.

  • Entrer dans l’histoire

    Entrer dans l’histoire

    J’entre moi-même dans mes histoires car elles me sont racontées
    Par l’intuition, l’âme ou le cœur, ou peut-être un ange gardien.
    Souvent j’y connais la victoire de m’être moi-même affronté
    Avec les pires de mes peurs et même la mort, je le crois bien…

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Déraciné

    Déraciné

    Une jour, j’ai bâti sur le sable des châteaux-forts pour ma retraite
    Ou pour des amis de passage au point d’en être halluciné.
    Il me paraissait impensable que mon envie me soit soustraite
    Mais je n’étais que le mirage d’un univers déraciné.

    Tableau de Petra Kaindel.

  • Les sentiments rouge sang – 1

    Les sentiments rouge sang - 1

    Dans les images en noir et blanc tapies au fond de la mémoire,
    Je peins souvent des sentiments rouges de sang pour la douleur
    Pour que ce soit plus ressemblant par rapport à mes idées noires
    Qui n’acquièrent pas l’assentiment de mon cœur pour d’autre couleur.

    Tableau de Michael Carson.

  • Le mystère de la dame en noir

    Le mystère de la dame en noir

    Que s’est-il passé dans son boudoir fermé à clef de l’intérieur ?
    Nous avons entendu un cri, suivi de lents gémissements ;
    Un parfum de tulipe noire suintait sur les murs extérieurs ;
    Mais voici ce qui fut écrit sur cet étrange événement :

    « Elle apparut sur l’accoudoir levant ses membres supérieurs,
    Tremblante comme un souriceau qui aurait aperçu le chat.
    Une échancrure de son peignoir nous dévoilait un postérieur
    Qui ouvrit, dans un soubresaut, la robe qui se détacha. »

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • Les voyages de la Grande Ourse

    Les voyages de la Grande Ourse

    Elle a tellement voyagé aux quatre coins de l’univers
    Qu’elle en a planté des repères sur les étoiles diffractées
    Comme l’itinéraire treillagé d’un colporteur en faits divers
    Qui reviendrait voir ses compères établis sur la Voie Lactée.

    Tableau de Hannah Willow.

  • La femme adultère

    La femme adultère

    Elle se glissa hors des tentures dans une maison présumée
    Accueillir les retardataires du train de l’amour pour Cythère.
    Elle venait tenter l’aventure et, pour vous faire un résumé,
    Attendait un cœur solitaire pour lui proposer l’adultère.

    Portraits de femmes inspirés de l’art japonais de Lauren Brevne.

  • Les reflets moirés

    Les reflets moirés

    La première fois qu’elle apparut, je ne vis que sa chevelure
    Qui lançait des reflets moirés aux yeux des mâles conspirateurs.
    Mais, un fois l’effet disparu, elle sortit à vive allure
    En abandonnant la soirée à nos regards admirateurs.

    Portraits de femmes inspirés de l’art japonais de Lauren Brevner.

  • L’étalon X

    L’étalon X

    Le grand pouvoir des animaux qui ne comprennent le langage,
    Fait transparaître l’intérieur de notre cœur et nos pensées.
    Le cheval goûte, à demi-mots, le corps nu et ses avantages ;
    Le chien ignore la frayeur de notre pudeur offensée.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Crinière d’or

    Crinière d’or

    Vénus a déclaré sa flamme à Mars d’un trait de météore
    Les comètes ont tissé le voile que les planètes affriolent.
    La Voie Lactée s’est faite femme, déesse à la crinière d’or,
    Dans la nuit enivrée d’étoiles et du ballet des lucioles.

    Tableau de Tran Guyen.

  • Les vierges confinées

    Je ne savais rien sur ces femmes originaires du Dauphiné
    Sinon qu’elles habitaient l’immeuble sis rue de la Chaussée-d’Antin.
    Dans un appartement infâme où elles vivaient confinées
    Quasiment nues entre les meubles en attendant leur Valentin.

    Tableau « Les vierges » de Gustav Klimt.

  • Qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Hélas, personne n’a eu droit au poisson d’avril rituel,
    Et à Pâques, je vous en réponds, ni hôtes, ni repas, ni boisson !
    Quand on aura remis à l’endroit nos usages habituels,
    L’eau aura coulé sous les ponts mais qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Tableau de Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .

  • Silhouettes bleutées

    Silhouettes bleutées

    Les arbres étirent leurs silhouettes comme une fontaine bleutée
    Qui fuit le soleil du couchant pour se jeter dans la mer d’ombre.
    À l’heure où j’entends l’alouette turlutter son chant souffleté
    Dans le silence effarouchant du crépuscule et sa pénombre.

    Tableau d’Erin Hanson.

  • Flamboyante

    Flamboyante

    Après son jeûne initiatique dans le mirage culminant
    De la fontaine de l’aurore au flux de lumière ondoyante,
    La magicienne énigmatique s’offrit au soleil dominant
    Afin que ses rayons dévorent sa chevelure flamboyante.

    Shine via Malleus Rock Art.

  • La Reine de nuit

    La Reine de nuit

    Enfin, la lumière s’éteint d’une ombre d’insécurité
    Mais bientôt les yeux s’habituent au premier lumignon qui luit.
    Des lueurs de cuivre et d’étain annoncent dans l’obscurité
    L’or et son feu qui restituent le charme de la reine de nuit.

    Tableau d’Olivier Ledroit.

  • La voix des Walkyries

    La voix des Walkyries

    J’ai retrouvé ce vieux phono, sa manivelle, son pavillon
    Par son aiguille traversé pour un ultime Hara-Kiri.
    Soixante-dix-huit tours en mono mais gravés en microsillons,
    De vieux fantômes ont dispersé dans l’air la voix des walkyries.

    Demoni via Malleus Rock Art.

  • Derniers rayons, derniers frissons

    Derniers rayons, derniers frissons

    Tandis que le soleil se couche sur une mer tout feu tout flamme,
    Le calme de la nuit retombe sur une scène de théâtre.
    L’amour donne l’eau à la bouche par le baiser doux d’une femme
    Et voici que mon cœur succombe dans cette atmosphère rougeâtre.

    Child of the Sun via Malleus Rock Art.

  • À l’ombre des jeunes filles en fleurs

    À l’ombre des jeunes filles en fleurs

    Tandis que le soleil réveille les premières fleurs de printemps,
    Les jolies filles s’épanouissent dans des appas primesautiers.
    Pour les garçons, tout est merveille lorsqu’ils dégustent les vingt ans
    Des baisers qui s’évanouissent sous l’ombre de leurs canotiers.

    In Bloom by Malleus Rock Art Lab.

  • Dernières nouvelles du monde

    Dernières nouvelles du monde

    Tandis que le monde s’agite à l’heure du petit-déjeuner,
    Je consulte le tigre en moi pour lui annoncer les nouvelles.
    L’économie a pris du gîte, les actionnaires sont déchaînés
    Et les finances en émoi prêtes à se faire sauter la cervelle.

    Tableau d’Angela Mckay.

  • Premiers rayons, premiers frissons

    Premiers rayons, premiers frissons

    Tandis que la forêt s’éveille par quelques rayons indiscrets
    Qui viennent enflammer les buissons sous l’action de leurs griffes ardentes,
    Mon petit arbre sort de sa veille pour me délivrer les secrets
    À propos des premiers frissons d’une journée pétaradante.

    Tableau « burning arbustus » de Brent Lynch.

  • Joyeuses Pâques !

    Joyeuses Pâques !

    Prêts pour la visioconférence en direct et en stéréo ?
    Posez vos écrans, vos tablettes juste devant votre couvert ;
    Saluez avec déférence votre invité en vidéo ;
    Enfin, la famille est complète et tout le monde reste couvert.

    Création d’Angela Deane.

  • Lapin de Pâques

    Lapin de Pâques

    Bonne nouvelle aux confinées : le lapin de Pâques visite
    Tout le temps de la lunaison les jeunes vierges émancipées.
    Dans neufs mois seront confirmés tous les nouveau-nés ovocytes
    Issus des œufs en couvaison lors d’une ponte anticipée.

    Photo de Saara Salmi sur www.saarasalmi.com

  • Toutes les cultures du monde – 2

    Fi des villages qui se ressemblent et des cités conventionnelles !
    Vivent les ruelles étroites et les quartiers bariolés !
    J’aime les lieux où se rassemblent les gens pluridimensionnelles
    J’aime les maisons maladroites aux escaliers dégringolés.

    J’aime les histoires sans fin des querelles entre voisins
    Un jour, ça va puis, on se fâche ; on s’aime, on se réconcilie.
    Parfois, on arrive aux confins d’une bagarre entre cousins,
    Et ça continue sans relâche au nom de la xénophilie.

    Demain, on voudrait tout changer, uniformiser les maisons
    Construire un monde sans douleur et refouler les indigènes.
    Moi, je préfère mélanger – peut-être à tort ou à raison –
    Les goûts de toutes les couleurs dans des villes hétérogènes.

    Tableaux de Vladimir Kolbasov.

  • Toutes les cultures du monde – 1

    Toutes ces ruelles intimes se perdent dans l’immensité
    De la ville aux mille visages, mille origines et milles vies.
    Aux fenêtres, barrières ultimes, apparaît la diversité
    D’autres coutumes, d’autres usages, d’autres désirs, d’autres envies.

    Le voyageur autour du monde cherche de nouveaux paysages
    Tandis que j’arpente les rues à la recherche du temps perdu.
    Comme Proust, mes pensées s’inondent au cours de mes apprentissages
    De souvenances disparues et de migrations éperdues.

    Ici, on parle mille langues et là, on prie pour d’autres dieux ;
    Un puzzle de communautés, une mosaïque de traditions.
    Ainsi le monde nous harangue à être miséricordieux
    Et accepter sa primauté par ses valeurs en coalition.

    Tableaux de Vladimir Kolbasov.

  • Belle qui peint ma vie

    Belle qui peint ma vie

    Belle qui peins ma vie aux couleurs de tes yeux,
    Qui délaie au lavis mes baisers précieux,
    Donne-moi ton sourire coloré de désir
    Laisse-toi donc rougir par l’appel du plaisir.

    La beauté et la grâce de tes jambes en faisceaux
    Ont laissé de la place à mon propre pinceau.
    Une amoureuse ardeur fait de moi ton marqueur
    Et je remplis ton cœur de ma chaude liqueur.

    Et je remercie Thoinot Arbeau pour sa chanson « Belle qui tiens ma vie »

    Tableau d’Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .

  • La tête dans les nuages

    La tête dans les nuages

    Pour changer d’atmosphère, je fermerai les yeux,
    La tête dans les nuages, les cheveux dans les nues.
    Juste me satisfaire du souffle silencieux
    De la brise suave sur mon corps ingénu.

    Sans autre fond sonore que le vent dans les feuilles
    Qui brasse les ramures comme le bruit des vagues.
    Que le calme m’honore et mes oreilles veuillent
    Accepter le murmure de l’âme qui divague !

    Sources : Black Girl Art, Black Women Art.

  • À en perdre la tête

    À en perdre la tête

    Aussitôt perdu nos repères, l’amour nous fait tourner la tête ;
    Le cœur ne va qu’à l’essentiel, surtout si la fille est jolie.
    On se repose, on récupère, on remet ça, on se répète
    Et on reste au septième ciel pendant le temps d’une folie.

    Tableau de Blake Neubert.