Les couleurs de la nature alliées au feu du soleil
Expriment une dimension que l’indien sait percevoir.
Il reproduit en peinture tous les rêves à son réveil
Qui ont filtré l’absorption que son cœur sait concevoir.
Tableau de Laurel Burch.
Les couleurs de la nature alliées au feu du soleil
Expriment une dimension que l’indien sait percevoir.
Il reproduit en peinture tous les rêves à son réveil
Qui ont filtré l’absorption que son cœur sait concevoir.
Tableau de Laurel Burch.


La peinture à l’eau de pluie reste empreinte de tristesse
D’avoir autant ruisselé des montagnes à la mer.
Mais dès que le soleil luit d’un feu de délicatesse,
Ton sourire est profilé d’une grâce douce-amère.
Tableau d’Anna Brigitta Kovacs.

Depuis l’aurore, Mademoiselle, accorde ses rayons solaires.
Juste par jeu, pour iriser les cimes des arbres enflammés.
Impertinente comme l’oiselle qui occasionne la colère
Des noctambules dégrisés hagards d’un sommeil réclamé.
En plein midi, Mademoiselle, projette sa pleine lumière.
Juste d’un feu, pour attiser les cœurs d’amour se consumer.
Irrespectueuse comme l’oiselle qui vient gazouiller la première
Sur les crêtes aromatisées puis, qui disparaît en fumée.
Au crépuscule, Mademoiselle, s’habille d’une étole orange.
Juste un enjeu, pour annoncer le temps des amours de demain.
Épanouie comme l’oiselle qui stridule avec les mésanges
Quelques chants d’amour prononcés pour les amoureux en chemin.
Tableau de Sulamith Wulfing

La pleine lune du lundi serait féconde, c’est ce qu’on dit.
La jeune vierge énamourée y vient la nuit la savourer.
Son bel amoureux s’en dispense, reste à l’abri, c’est ce qu’on pense.
Soudain la vierge entend un cri, sans doute que c’était écrit.
Un appel derrière les fourrés : « Ma belle, près de moi, accourrez ! »
Et les deux amants faire ensemble l’amour, du moins, c’est ce qu’il semble.
La pleine lune du mardi, les autres jours, et même pis.
Les amants recommenceront, les amants se prononceront.
Dimanche, ils vont se marier, ils ne s’en sont pas fait prier.
La pleine lune, demain décroît, elle forme un « C », c’est ce qu’on croit.
Tous les amants s’épanouir et puis, leur nuit s’évanouir.
Bientôt la lune disparaît, elle est nouvelle, à ce qu’il paraît.
Tableau de Sulamith Wulfing
Est-ce que je vous ai racontés comment je suis venu au monde ?
Non pas celui de ma naissance mais celui du fond des océans !
Sur un bateau j’étais montée puis, une grosse vague immonde
M’a fait perdre ma connaissance et je suis sortie du néant.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Grâce aux accords économiques, vous vivons sur une grande échelle.
Puisque le monde nous appartient, puisons-le sans modération !
N’écoutons pas ces polémiques d’une bande de polichinelles
Annonçant, si ça se maintient, demain sa désintégration.
Tableau de Rafel Oblinski.
Pour une journée salutaire j’ai travaillé mon inventaire :
Le porte-monnaie pour l’amour et une fleur pour chaque jour ;
La clef des cœurs pour une union et ciseaux si séparation ;
Un coquillage pour la mer et une amande douce-amère ;
Deux verres à pied afin de boire à l’avenir et ses déboires
Autour d’un petit apéro et tout recommencer à zéro.
Tableau de Vladimir Kush.


J’ai reçu une invitation pour une soirée aux potiches.
Les gourdes sont sollicitées avec les cruches en finalistes.
Moi qui n’ai pas la prétention d’être expert, calé et fortiche,
Devrais-je me féliciter d’être le premier sur la liste ?
Finalement, je suis allé à l’invitation des potiches
Pour tâter, par curiosité, le puits profond de leurs pensées.
Au début, j’étais emballé mais arrivé à l’hémistiche
De cette monstruosité, je m’en suis senti offensé.
Tableaux de Vladimir Kush.
La nuit, l’obscurité totale n’existe pas, évidemment.
Car toutes les âmes éteintes animent des noirs feux follets.
J’y vois des figures létales qui montent dans le firmament
En abandonnant une empreinte qui ne m’a jamais affolé.
Tableau de Rafel Oblinski.
Mâtin, ce soleil à la coque me fournit toute l’énergie
Pour accomplir cette journée l’imprévu qui survient toujours !
Hardi les gars, fiers comme un coq ! Sortons de notre léthargie !
Commençons par une tournée en l’honneur de ce nouveau jour !
Tableau de Vladimir Kush.
Le soleil m’offre son cocktail tous les soirs, presque à la même heure ;
Il est plus ou moins en avance mais fidèle à la fermeture.
Chacun donne un goût immortel avant que la journée ne meure
Et que demain ne recommence à acter son investiture.
Tableau de Vladimir Kush.


Puisque la femme éclaire l’âme tandis que l’homme est lunatique,
Il faudrait renverser les rôles du pouvoir des deux luminaires.
Le féminin montre sa flamme, le masculin en revendique
Toute la gloire, ce n’est pas drôle mais plutôt extraordinaire.
Cependant celui qui comprend et s’éveille à la clairvoyance,
Deviendra un homme accompli car ce n’est pas si compliqué.
Alors si la femme entreprend de sauver notre défaillance,
Ouvrons nos cœurs, qu’ils soient remplis de leurs connaissances impliquées !
Tableaux d’Annelie Solis


Au pays du jour éternel, au-delà du septentrion
Où le soleil brille à minuit d’une clarté perpétuelle,
J’aime la chaleur fraternelle de mon fidèle amphitryon
Dont la présence jamais ne nuit à mes attentes spirituelles.
Mais ce pays perd son soleil au temps de la domination
Pour une période de jeûne et de méditation profonde
Où nous nous mettons en sommeil et subissons la condition
Du vieux temps qui deviendra jeune sans pour autant qu’on s’en morfonde.
Tableaux de Stephen T. Johnson



Si le pays des femmes rousses est plus facile à parcourir
Que le pays des femmes à barbe, rien ne sert de s’y précipiter.
Les voyagistes vous détroussent, les changements vous font courir
Et les agences vous bombardent n’importe où, sans lucidité.
Le pays des cheveux roussis se situe en terres inconnues ;
On dit que seules les sorcières savent comment s’y trimballer.
Pour un voyage sans souci, optez pour un truc reconnu :
Suivez les traces de poussière qui s’échappent de leurs balais.
Cheveux de feu, cheveux de braise, cheveux ardents, cheveux cuivrés,
Beaucoup de qualificatifs et tous les titres de noblesse.
Personnellement, à Dieu ne plaise, où elles iront, je les suivrai
Autant je reste admiratif de leurs coiffures de diablesses.
Tableaux de Lou Shabner



Quand les chiens cessent d’aboyer au passage de la caravane,
Les gens du voyage abandonnent les rênes aux chevaux débridés.
Les chemins qu’ils vont côtoyer ne sont pas connus des profanes
Mais des espèces qui coordonnent l’ordre des géométridés.
Les femmes bleues restent une énigme, une légende à ce qu’on dit.
Elles proviendraient d’Atlantide ou au-delà d’Hyperborée.
Mais quel qu’en soit le paradigme qui subsiste encore aujourd’hui,
Il en subsiste un trait splendide dans leurs mythes élaborés.
Une asiatique en bleu de chine, une autre en lapis-lazuli ?
Une africaine en bleu de jade, une indonésienne en saphir ?
Elles sont partout, je l’imagine, dans les rêves et leurs stimuli,
Mais disparaissent en galéjade au moindre souffle du zéphyr.
Les Géométridés appartiennent aux familles des papillons de nuit et aux chenilles arpenteuses qui suivent des chemins connus de ces seuls initiés.
Tableaux de Vladimir Tretchikoff
Tantôt perdu dans ses pensées, tantôt envoyé sur les roses
Mon cœur d’enfant reste perplexe sur ce qui fait rêver les filles.
Parfois les voici offensées, parfois les voilà l’air morose…
Dieu que le sexe paraît complexe à la lumière de mes pupilles !
Tableau de Karl Witkowski.
Si les couleurs orientales m’étaient contées mille-et-une fois,
J’en écrirais des reflets vers à l’encre de Shéhérazade.
Mais ma prose sentimentale se confronterait toutefois
À l’ombre du grand croissant vert qui serpente sur les croisades.
Photo de Ben Hasset.

Tandis que la gauche s’étire à la recherche du contre Ut,
La droite, sur la corde sensible, redescend vers le chevalet.
L’artiste soupire et respire d’un soubresaut pendant le rut
Jusqu’à la limite extensible de cet érotique ballet.
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De la naissance jusqu’à la mort, je dois tracer ma destinée
Parfois voguant sur handicap, ou chavirant par accident,
Jusqu’à arriver à bon port, vers mon mouillage prédestiné.
L’essentiel, c’est garder le cap sans perdre le nord, ni l’occident.
Aquarelle de Dusan Djukaric

Par une nuit d’hiver, glacial, un hiver rude et rigoureux,
Dans sa hâte, une cavalière cherche à atteindre l’autre berge
Du lac, un désert impartial, pas même un arbre vigoureux.
Croyant la terre hospitalière, la cavalière fonce à l’auberge.
Passée la traversée cruciale, elle rejoint son amoureux.
Or, là-bas, tous sont solidaires à l’amazone qui émerge
Puis, réalise l’aplomb spécial de son exploit aventureux
Et tombe évanouie à terre fors l’audace qui la submerge.
Vieille légende allemande de la chevauchée du lac de Constance.
Tableau « Quincabelle » de Carrie Vielle


Mon beau Monsieur, joli flatteur, qui ne survivez qu’aux dépends
De ceux vous qui écouteront, je vous trouve l’air bien morose !
Serait-ce un corbeau délateur dont la nouvelle se répand
Qui vous traiterait de larron en découvrant le pot-au-roses ?
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J’ai rêvé des couleurs indiennes qui n’avaient jamais navigué
Mais revêtu les jeunes vierges en quête d’un amour sauvage.
Et j’ai suivi la méridienne sans jamais être fatigué
Là où l’aventure converge, une fois franchi le rivage.
Tableau de Terry Cooke Hall.
Vêtue de toutes ses histoires comme un patchwork, tout bêtement,
Elle semblait à couteaux-tirés envers ceux qui la critiquaient.
Mais les défaites et les victoires qui composaient son vêtement
Étaient tellement étirées qu’elle en était toute étriquée.
Tableau de Joshua Burbank.

Le progrès en marche nous apporte un bonheur mérité ;
Le temps inscrit ses marques sur la planète opprimée.
La science prolonge la vie et nous allons tous hériter
D’un patrimoine dépassé et d’un futur déprimé…
Des papiers que le vent promène,
Des plastiques que la mer transporte,
Des canettes que les chemins acheminent,
Des mousses que les rivières emportent
Des dioxydes de carbone que le trafic propage,
Des cris que les villes transmettent,
Des nitrates que l’agriculture parsème,
Des particules que l’atmosphère colporte,
Des virus que le tourisme diffuse,
Des incendies que les forêts transfèrent,
Des métaux lourds que les nappes transvasent,
De la rouille que les abîmes renferment,
Du pétrole que les plages éparpillent,
De la mort que la vie répercute.
Illustration de Daniel Garcia

Du ciel, mon père, ce héros, m’a fait gravir, marche après marche,
L’escalier de la connaissance et mes degrés d’adolescence.
Sans recommencer à zéro, j’ai perpétué mon patriarche
En transmettant dès mon enfance, le savoir de l’arborescence.
Illustration de Daniel Garcia
Une fois la pomme mangée, de honte pour sa nudité,
Elle implora son homme à l’aide d’aller chercher pour la couvrir
Un peu de ramure effrangée, pas trop chargée d’humidité.
Mais le serpent trouva remède d’un caducée pour la vêtir.
Tableau de Nicoletta Ceccoli.

Tandis qu’elle marche dans la rivière, tenant la clef de mes douleurs,
Se réveillent mes rhumatismes en plein mitan de ma nuitée.
Alors j’implore, sur ma civière, la fille en robe de couleur,
Pour qu’elle verrouille le mécanisme qui bloque leur continuité.
Tableau de Christian Schloe

Lorsque j’aurai quitté les plaines pour m’envoler vers les montagnes,
Je vous écrirai du futur à l’encre de mes plumes d’anges.
Ondées de mots de porcelaine ruisselleront dans les campagnes ;
Vous en boirez la signature là où pluies et vents se mélangent.
Tableau « bon voyage » de Carrie Vielle

Quand les orages auront lavé la sécheresse qui m’oppresse
Dans les ruelles de l’ennui des villes où je ne sais plus vivre,
L’éclaircie, sur les rues pavées, brillera comme une caresse
Du soleil qui naît de la nuit, du jour qui m’ouvre un nouveau livre.
Aquarelle de G. Galante

Elle adore enclaver des hanches les ouïes de sa contrebasse
Et sentir bourdonner son ventre contre la caisse de résonance.
Une main caressant le manche qui vibre au son des cordes basses
Et l’autre qui sort et qui rentre un chevalet en consonance.
Tableau de Tomasz Rut

On raconte qu’une arménienne qui naviguait vers Odessa
Vit le soleil dans la Mer Noire qui brillait d’un bel avenir.
Mais comme elle était daltonienne, plus tard elle le confessa,
Elle crut qu’un pan de sa mémoire remontait de ses souvenirs.
Tableau de Armen Vahramyan


Les Italiens parlent beaucoup, surtout d’amour avec les mains,
Les amoureux parlent beaucoup, surtout d’amour avec les yeux,
Les imbéciles parlent beaucoup, surtout lorsqu’ils n’ont rien à dire,
Les Arméniens bavardent moins mais savent honorer la bouche.
Car un client qui apprécie reviendra sans doute demain,
Manger pour la Saint-Valentin un plat arménien délicieux.
Et pour séduire sa fiancée qui ne pourra que l’applaudir
Il lui fait goûter la pizza Lutecia sur un bateau-mouche.
Illustrations de Peter Donelly

Je t’ai rêvée, ma douce amie, mais je n’ai pas su te créer.
Comment pourrais-je imaginer tout ce que j’ai à découvrir ?
Comment passer par le tamis ce que mon âme peut procréer
Pour que l’amour enraciné pousse un jour mon cœur à s’ouvrir ?
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Dans ces nuits de nouvelle lune, attendez que le ciel se voile
Afin que, dans l’obscurité, vos yeux soient prêts à dessiller.
Alors sans mesure commune, la vraie nature des étoiles
Vous apparaît en vérité dans son corps noir, déshabillé.
Tableau de Rick Berry

Messieurs, tirez donc les premiers mais veuillez filer à l’anglaise
Par un coït interrompu, brisant d’un coup de Trafalgar !
L’empire dont vous réclamiez tout l’avantage, ne vous déplaise,
Retombe en argent corrompu qui va déclencher la bagarre.
Moi, qui habite la boutonnière, dans les Alpages en boutons,
Comme vous, j’ai ma tirelire bien à l’abri au coffre-fort.
Je fais l’Europe buissonnière avec mes cochons, mes moutons
Mais je vous parie mille livres que vous regretterez notre confort.
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La passagère du sommeil s’évanouit, évanescente,
Quand le soleil reprend ses droits et la conscience, ses devoirs.
L’aurore cruelle balaye la silhouette opalescente
Qui abandonne à mon endroit juste un souvenir d’au-revoir.
Tableau d’Igor Goncharov

L’ours et le singe, animaux sages, ne quêtent plus sur leur passage.
La Terre ne produit plus d’enfants au cimetière des éléphants.
Alors, sur la planète hostile, le pachyderme change son style
Et fait son dernier tour de piste avec ses espoirs utopistes.
Tableau de Daniel Merriam

Patte-en-rond aimait se dresser sur l’épaule de sa maîtresse
Avec l’attitude oppressée d’un chat qui serait en détresse.
Il craignait seulement le vertige, les pattes solidement enfourchées,
Mais s’accrochait, pour son prestige, aux histoires du chat-perché.
Tableau de Galina Y. Chuvilyaeva


L’homme qui croit être au sommet, le summum de la création,
Devrait remonter sur son arbre ; le singe a perdu sa revanche.
Car tous les actes qu’il commet plaideront sa disparition
Lorsqu’il sera passé au marbre par des matous, fiers sur leurs branches.
Tableau de Vladimir Rumyantsev

Quand l’homme a croisé les matous en élevant les chats sauvages,
Dieu qui voyageait en Afrique leur fit parvenir un grigri ;
Une sorte de touche-à-tout spécialisé dans l’élevage
Qui, d’un coup fantasmagorique, créa notre Chat Mistigri.
Illustration de Sarah Burrier



L’amour se réveille au matin quand les matous se font câlins ;
La douce chaleur de la couette est propice aux douces caresses.
La chatte se fera catin si le chat se montre malin
Et c’est parti pour une chouette grasse matinée de paresse.
L’amour se consomme à midi ; les chats en ont l’eau à la bouche.
Saisie sur feu vif et ardent ou réchauffée au bain-marie.
On peut sucer le spaghetti jusqu’à s’en mettre plein la louche
Et, pour la sieste, on est partant pour de nouvelles canailleries.
L’amour se partage le soir, sur la terrasse ou sur les toits,
En catimini par la chatière, on s’en va miauler à tue-tête.
On se renifle, on va s’asseoir, tu es à moi, je suis à toi,
Puis on se couche sur la gouttière et on culbute sa minette.
Tableaux de Nadya Sokolova



Petits anges ou petits démons, c’est comme nous voulons, sans façon,
Selon s’ils nous volent un jambon ou s’ils nous ronronnent au giron.
Mais jamais ne les réprimons car, après tout, nous effaçons
Leur faute à ces casse-bonbons pour le prix de quelques ronrons.
J’ai connu quelques vieux pirates, de véritables sacs à malice,
Plus malins que les trois p’tits singes, plus rusés que Maître Renard.
Des vieux filous au coup de patte digne d’un fin limier de police
Lorsqu’il rabat, dans le beau linge, la souris vers son traquenard.
Enfin les doux et les câlins, peluches et pattes de velours,
Ceux qui nous servent de bouillotte et confident à la folie.
Les gros bêtas, les gros malins, les perspicaces, les gros balourds,
Qui ont l’esprit du patriote en nous faisant rester au lit.
Tableaux de Vladimir Rumyantsev

Dans le précédent intermède, nous avons étudié les force
Entre Andromède et Archimède concernant la plongée du torse.
Pourtant, quand homme rétrograde tente un plongeon en arrière-garde,
L’attraction en prend pour son grade parce que personne ne le regarde.
Tout dépend de l’intelligence ou plutôt où elle est stockée.
Si l’esprit s’englue dans l’emphase avec le cerveau reptilien,
La plongée entre en négligence et l’effet tarabiscoté ;
Mais si le cœur se met en phase, alors le saut est éolien.
Tableau de Costa Dvorezky

Lorsque l’alchimie féminine plonge son corps dans un liquide,
Un charme de beauté s’exhale grâce à la poussée d’Andromède.
Née de l’alliance de mélanine dans le courant d’ondes limpides,
Cette réplique paradoxale contre la poussée d’Archimède.
Mais le flacon n’est pas l’ivresse et le corps n’est pas que l’essence.
Pourtant, il faut vous l’avouer, j’ai un réflexe automatique :
Je sens mon cœur plein d’allégresse et la sirène trouble mes sens ;
Je ne sais à qui me vouer pour en étreindre le/la physique.
Tableau de Marco Ortolan

Après un temps d’effervescence, vient un temps de petite mort
Qui recouvre comme un plateau l’hiver qui nous met en sommeil.
En attendant la renaissance, je tire un renne par ses mors
Pour distribuer mes gâteaux et mes étrennes de soleil.
Tableau d’Hanna Silivonchyk

Lorsque l’or se mêle à l’azur dans les premiers jours de janvier,
Toute la Méditerranée explose de feux d’artifice.
Déjà, au fur et à mesure qu’il croît, il nous fais envier
Ce don aux couleurs safranées que l’acacia lègue à son fils.
L’« Acacia dealbata » est une espèce d’arbres ou d’arbrisseaux appartenant à la sous-famille des Mimosoidées et couramment désignés sous le nom de « mimosa d’hiver ».
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Au pays des potiches, dominent les cochonnes
Et l’on rêve la vie d’une riche héritière.
Toute petite godiche mutera en bonbonne
Et la bonne au curé sera riche rentière.
Ce n’est pas de la faute à la simple beauté ;
La bêtise des hommes est aussi légendaire.
Le capital se risque quand la brute est bottée
Avant que la jeunesse file dans un courant d’air.
Tableau de Vladimir Kush

Au pays des échelles, règnent les échaliers
Et l’on juge la vie à hauteur des barreaux.
Tout petit escabeau deviendra escalier ;
L’handicap d’ambition restera au carreau.
L’apprenti jurera fidélité au mètre,
Les accès contrôlés à bord des passerelles.
Tout sera quadrillé, cordeau au périmètre
Et les riches vivront sur une grande échelle.
Tableau de Vladimir Kush

Quand Pirotone atteignit l’âge de monter sur ses grands vaisseaux,
On la vit quitter sa culotte pour un saroual large et fendu.
Elle accrocha à son corsage une agrafe aux mille faisceaux
Dont l’aiguillon fin décalotte les bourses les mieux défendues.
On sait qu’elle fut cul et chemise avec un corsaire du Roy
Qui lui promit en mariage vingt galions d’or et de diamants.
Lorsque l’Armada fut démise – pas si Invincible qu’on croit –
Elle embrassa tout l’équipage et s’enfourcha sur son amant.
Tableau de Sasha Beliaev

Dans le pays aux deux soleils qui rayonnent aux deux horizons,
J’aime passer entre les monts et tâter leurs gorges profondes.
Et quand vient l’heure du sommeil, j’ouvre les pans de la prison
Pour en libérer le démon d’amour de la femme féconde.
Lorsque la lumière s’éteint, je cherche, à l’aveugle, à tâtons,
Le chemin de félicité par la chaleur qui se diffuse
Par la poitrine de satin jusqu’à la cime du téton
Pour redescendre, tout excité, vers la déclivité confuse.
Tableau de Graciela Genovés sur Artehispano.com