Lorsque tombèrent les burqas et tout le reste sur les talons, Les intégristes mécontents criaient « Maman », pleuraient beaucoup. Les femmes dansèrent la mazurka sans chemise et sans pantalon Pour se rembourser au comptant de ceux qui les avaient rouées de coups.
Les princes changés en grenouille n’embrassent plus à la volée Et les princesses furibondes les pourchassent tout autour du lac. Elles n’ont pas peur, elles se mouillent, prédisposées à convoler Mais la grenouille pudibonde détient plus d’un tour dans son sac.
Couchée parmi les marguerites, dans une étrange mélancolie, Une fille étendue sans voix, regard perdu un peu partout. Elle avait succombé au rite « Il m’aime, un peu, à la folie… » Mais retombait à chaque fois sur « Il ne m’aime pas du tout ! »
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J’avais admis qu’après la mort, hommes et femmes perdaient leurs sexes Car ils ne devaient plus procréer et devenaient ainsi des anges. Finalement, j’avais bien tort ; les genres demeurent complexes Et continuent à maugréer en s’adonnant à leurs échanges.
L’image de ma mère se trouble quand le miroir de mon enfance Me renvoie l’écho qui redouble d’une réponse comme une offense. Est-ce mon cœur qui se refuse à voir à qui elle ressemblait Ou est-ce mon âme qui s’amuse de ces reflets désassemblés ?
L’homme et la femme, son contraire, à moins que ce ne soit l’inverse, Forment deux branches séparées qu’on a du mal à rassembler. Mais si le sexe est arbitraire de la semence qui se déverse De nos parents désemparés, personne ne veut leur ressembler.
Comme deux miroirs face à face, la vie répète à l’infini La même image, le même son, le même amour, la même odeur. Sans cesse, j’en ressens la trace quand, dans une œuvre de Rossini, Les violoncelles à l’unisson plongent mon âme en profondeur.
Sous les pavés la plage laisse une empreinte indéfinissable. Il me suffit de secouer toute la poussière d’histoire Pour ressentir dans la mollesse de mes pieds enfouis sous le sable Tout l’or fraîchement éboué par les remous de ma mémoire.
Parfois je ressens l’impression de vivre le rêve d’un autre Comme un dieu qui s’endormirait et nagerait dans mon espace. Et quand j’observe l’expression des visages qui sont les vôtres, J’y vois ce qui nous unirait dans le vol d’un ange qui passe.
Selon la lumière transmise, l’homme apparaît dans son aura Nappée des ancêtres fossiles, maillons de la chaîne de vie. À son tour, la lueur émise renvoie l’écho de Sonora, La terre de son domicile où sa tribu fut asservie.
Lorsqu’elle occulte tous ses sens pour se relier à l’éther, Plusieurs fleurs restent à l’écoute, captant la voix de Demeter. Ainsi son cœur perçoit l’essence des émanations de la Terre ; Son corps transmet, son esprit goûte et son âme s’en désaltère.
Tantôt l’aurore marque l’heure en développant les couleurs Qui ont trempé toute la nuit dans l’obscurité du séjour. Puis, les rayons dardent un leurre qui fait ressentir la douleur De l’aube accouchant sans un bruit d’un soleil qui ne vit qu’un jour.
Tantôt le crépuscule opaque couvre la lueur des bougies Des lampadaires immobiles faisant office de sentinelles. Les étoiles, une à une, attaquent la lune qui se lève et rougit ; Et la nuit tombe indélébile comme une aveugle criminelle.
La pleine lune attire l’âme comme la femme attire l’homme Et l’homme désire conquérir ce qui est hors de sa portée. Ainsi, la femme produit la flamme qui fait basculer les royaumes Que l’homme rêve d’acquérir et que l’amour va apporter.
Quand les filles à califourchon voulaient sauter du coq à l’âne, Elles enfourchaient le cochon, les jupons en aéroplane. Malgré les rires des bourgeois qui prétendaient, d’un air méchant, Que c’était des filles de joie qui s’en allaient glaner aux champs.
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Toujours en guerre et insoumise, armée de l’épée de réforme, Gare à ceux qui résisteront à son vœu de neutralité. Le paradoxe semble de mise mais l’argent prend de nouvelles formes Quand le marteau du forgeron façonne la moralité.
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Plus je remplis de certitudes mon âme creuse de naissance, Plus je subis la servitude d’un esprit trop plein de sciences Tout dépend de mon attitude envers le flot de connaissances Qui met l’Ego en altitude au péril de son inconscience.
« Arrêtez ça ! Ça nous fait mal ! Ça nous rabaisse à l’animal ! Observer cet enfant qui tête ramène la femme à la bête ! » Qui a dit çà ? Un androgyne ? Quelqu’un qui nie ses origines ? Quelqu’un qui trouve complexuel le fruit de l’acte sexuel.
Une souris vint l’inspirer se promenant sur le clavier En sautillant de touche en touche mais préférant les noires aux blanches. Mais quand une autre vint conspirer en faisant, ses pattes, octavier, Le chat goutât, en fine mouche, qu’il avait du pain sur la planche.
Que la magie de l’écriture me transforme encore aujourd’hui ! Que du profond puits de mon âme remontent des mots oubliés ! J’en remercie la nourriture et l’esprit qui sont reconduits Dans chaque phrase comme un sésame vers ce qui sera publié.
La pratique des accords, la théorie des arpèges, S’affrontent sur un Do quarte quant à sa répartition. Comme une course au trésor dans la forêt des solfèges, La musicienne suit la carte portée sur la partition.
Quand ses sentiments l’embarrassent, les cordes de ses nerfs tendus, Quelques notes vite l’apaisent et relâchent toute tension. Sous le stress, elle se surpasse car le résultat entendu Charme et la critique soupèse son art de toute son attention.
La période la plus propice, par la théorie solunaire, Mentionnait cinq heures, cette nuit, pour une pêche d’abondance. J’ai vu, sous les meilleurs auspices de la révélation lunaire, Une ondine, au bain de minuit, qui nageait dans l’eau de jouvence.
« Encore un rêve ! » soupire le cœur, « Réveillons-nous ! » supplie l’esprit, « Stoppons le temps ! » demande l’âme, « Remuons-nous ! » chante le corps.
Le cœur s’éveille à contrecœur, L’esprit regimbe, incompris, L’âme s’ébroue, tout feu tout flamme, Le corps respire un jour encore.
Tous les contes le professent ; afin que l’ennui décroisse Envers les princes balourds qui se montrent hébétés, S’en vont rêver les princesses quand les grenouilles croassent Dans le rideau de velours du songe d’une nuit d’été.
Tout se fond dans la nuit froide, tous les beaux habits s’effacent. Seule son âme princière évolue sur la planète. Mais d’une volonté roide, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, Elle accourt vers la rivière selon l’appel des rainettes.
Quand tous ses tourments l’ensorcellent et qu’elle ne peut plus réfléchir, Elle s’en va jouer au cerceau pour contrecarrer ses blocages. Tant et si bien elle y excelle, qu’elle en voit son destin fléchir Et retourner recto-verso l’univers à son avantage.
Selon les lois de Galilée, de Newton, et même d’Archimède, Le cerceau subit l’inertie du principe de l’attraction. Ce mouvement assimilé guérit le cœur comme un remède Et la fillette vous remercie pour l’art de la gravitation
L’abus de couleurs ne nuit point quand l’homme vit dans l’inconscience ; Tous les goûts sont dans sa nature et, si dégoût, il s’en déleste. Mais le cœur fait un contrepoint lorsque s’éveille la conscience Qui ne peut plus voir en peinture cette mécanique céleste.
De l’ennui naquit la douleur, le mal de l’uniformité. Le germe de la connaissance est gravé au cœur de l’atome Qui verra toutes ses couleurs fusionner dans l’énormité De cette course à la puissance inscrite dans le cœur de l’homme.
(Tableau de Sandra Silberzweig. « L’ennui naquit un jour de l’uniformité. » Antoine Houdar de la Motte.)
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Elle voulait remonter le temps, remonter le cours de l’hiver, Remonter aux feuilles d’automne, remonter même jusqu’en été. Enfin, atteindre le printemps et là, arrêter l’univers Pour stopper la mort monotone et vivre enfin l’éternité.
L’imprévu se manifesta après un retour de saison ; Les eaux prirent une couleur d’encre, le vent cala comme un Solex. Le Dieu du Temps l’admonesta, qu’elle avait perdu la raison, Et, de peur qu’elle ne l’échancre, lui offrit un cœur de Rolex.
Folie de l’intrépidité, extravagance de l’audace Forcent mon cœur à découvrir ce qui se cache sous l’horizon. Allié à la témérité, mon esprit ne tient plus en place Et force mon corps à ouvrir les frontières de sa prison.
Si je reste un temps immobile, le temps s’occupe alors de moi Et me conduit vers l’expérience qui marquera toute ma vie. Comme un destin indélébile qui me pigmente au fil des mois D’universelle invariance qui me titille mes envies.
Magie de l’imagination, fantasme de la fantaisie, Élèvent mon cœur dans les nues avec mon esprit pour moteur. À hélice ou à réaction, ou bien par télékinésie, L’idée nouvelle est bienvenue et fait monter mes droits d’hauteur.
J’y vais chercher un oxygène d’une étoffe qui a du corps, J’y vais récolter la liqueur qui pleut des nuages à foison. Cette pluie hallucinogène et cette neige qui m’édulcore Lorsqu’elles saupoudrent mon cœur qui d’amour tombe en pamoison.
À l’endroit où tomba celui dont la cime au ciel était proche, Et dont les racines touchaient à l’empire des morts à la chaîne. Là, un nouveau bourgeon reluit ; là encore la vie se raccroche ; Là, la nature a accouché d’une petite fleur de chêne.
Dans une forêt éternelle, dans un lieu digne et circonspect, Un emplacement de merveille, un terrain régénérateur. D’une attitude solennelle qui nous impose le respect Et où le souvenir réveille les fantômes libérateurs
La mort transporte dans sa barque les limbes des âmes éteintes À travers un amphithéâtre d’arbres noueux et mal fichus. Mais de peur qu’on ne la remarque, son fanal brille en demi-teinte Lorsque, dans la forêt bleuâtre, elle croise un ange déchu.
Au sortir de la gorge étroite qu’offre la vallée des oranges, L’amour coule par la rivière dont les flots troublent tout ce qui bouge. Les jeunes filles, un peu adroites, aiment lorsque ça les arrange Mettre le feu à la poudrière des cœurs qu’elles portent au rouge.
Qui aurait cru que les carreaux s’harmonisent avec les rayures ? Comme une glace qui se brise, l’amour se plaît à bousculer, Croiser l’étoffe des héros et entrer dans l’entrebâillure Pour charmer la femme surprise et faire son cœur roucouler.
Un loup-garou, preux chevalier, lui aurait appris à danser Et conduire son partenaire, qu’elle que fut son obédience. Avec un ours, peu cavalier, le couple fut récompensé D’un ballet extraordinaire et d’une exceptionnelle audience.
De l’étalon le plus puissant au pur-sang de plus diligent, Il s’impose, haut en couleurs, par sa primauté domestique. L’homme, lui, demeure impuissant – quoiqu’il s’affirme intelligent – À traverser seul sans douleur les plaines les plus désertiques.
À chaque histoire, son bouton qui a tenu le vêtement De tous les enfants d’avenir qui ont animé la famille. À chaque photo, nous goûtons un fragment de l’évènement Qui renferme le souvenir d’un vague à l’âme qui l’habille.
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Devant l’ampleur de ses taches, se protéger de l’orage, Il a pris son parapluie pour éviter la tempête. Tous les éléments s’attachent à laver ces peinturages À coups de vents et de pluies, comme pour faire trempette.
« J’en appelle à Saint-Médard, patron des intempéries, Pour qu’il provoque l’ondée qui lavera mes péchés ! » Et l’ange filer dare-dare auprès de sa confrérie, De peur de voir s’inonder le clos de l’archevêché.
Devant l’ampleur de sa tâche, pour se donner du courage, L’ange a bu le vin de messe qui lui fait tourner la tête. Il a rejoint ses potaches moins par force que de rage Avec le foie qui professe que sa foi est à la fête.
« J’en appelle à l’Angevin, patron des vins de l’Anjou ! Que les vignes du seigneur fassent les belles agapes ! » Et l’ange boire son vin d’une couleur d’acajou En trinquant à Monseigneur de Saint Châteauneuf-du-Pape.
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Lorsque j’ai lu « cours de cheval » sur les écuries du bourgmestre, Je me suis aussitôt inscrite car je suis douée pour les langues. Depuis longtemps, ça me cavale de m’ouvrir aux dialogues équestres Mais on m’a ainsi contredite : « On ne leur parle pas, on les harangue ! »
Le pli était pris, comme une habitude, De se présenter en tenue légère Et les hommes épris de cette attitude Aimaient fréquenter la belle lingère.
Les hommes en raffolent, de tous ces dessous Qui cachent et dévoilent les fruits défendus. Les femmes s’affolent, sens dessus-dessous, De ces petits voiles, ces jupes fendues.
Mais on comprit vite cette comédie ; Elle tenait boutique sur la rue pignon. De peur qu’on évite une tragédie Elle prit un loustic comme compagnon.
Depuis ses culottes n’apparaisse plus Que sur l’étendage des toits ardoisés. Et lorsqu’elle l’ôte, c’est devant l’élu De son cœur volage mais apprivoisé.
De rêves en rêves vers l’infinité, De portes en portes dans l’immensité, Dans l’instance brève d’une éternité La vie nous emporte vers d’autres cités.
De songes en songes, dans l’obscurité, Le dormeur s’enfonce, dans l’heure de velours. Entre les mensonges et la vérité, Le rêveur s’engonce dans ses habits lourds.
De marches en marches, on peut sans façon, Trouver un passage vers les profondeurs. Sous les contremarches du colimaçon, Se gravent les âges des jours de splendeur.
De rues en ruelles, on quitte son corps, La maison de l’âme, vers l’aube ancestrale. La vie est cruelle mais l’amour encore Brûle dans les flammes du voyage astral.
Elles s’échangent des promesses et des histoires de conquêtes À guetter le prince charmant, son château, son or et ses thunes. Elles le jurent et le confessent : c’est en maniant la quéquette Qu’elles obtiendront le serment d’un mariage de fortune.
Elles possèdent un capital qui n’attend pas les intérêts Qu’elles ne dépenseront qu’une fois pour un bon investissement. Si capital et génital riment, il ne faut pas espérer Que cela marche à chaque fois, songez à l’avertissement.
Si le mari, sur le papier, paraît beau comme un grand seigneur Avec une situation établie aux quatre horizons, Il est parfois, c’est casse-pieds, roi de la pince-monseigneur Et, selon les fluctuations, vous vous retrouverez en prison.
« Qu’importe le sens du chemin si nous parvenons à nos buts, ! » Disait un homme pragmatique qui ne pensait qu’en conquérant. « Il m’importe d’aimer encore demain ce que j’ai semé au début ! » Répondit la femme romantique dont le cœur est prépondérant.
Elle rend les femmes si belles, cette lune au croissant d’argent Qu’elles prennent au premier quartier un bain lunaire et salutaire ! Surtout les jeunes demoiselles qui réclament d’avantageants Bijoux de chez Dior ou Cartier auprès d’amoureux volontaires.
Elle rend fermes les poitrines, cette lune au croissant sacré Qu’elles abusent de ce bain à faire pâlir les étoiles. Comme les stars dans les vitrines aux pulpeux attributs nacrés Qui vous voient les yeux dans les seins juste vêtues d’un moindre voile.
Elle rend bombés les bassins, cette lune au croissant cornu Qu’elles font la danse du ventre bien balancée, bien déhanchée. Et vous, au nom de tous les saints, sentez un appétit charnu Avec un charme qui vous rentre direct dans le cœur épanché.
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Les chevaux bleus du baromètre trônaient avec incongruence, Objets rococo pittoresques des souvenirs à l’imparfait. Je voyais le temps en omettre petit à petit les nuances De ces animaux picaresques pour se venger du temps qu’il fait.
Les chevaux bleus sur le manège concurrençaient facilement Les autos, les hélicoptères et les cochons les plus fripons. Et je suis fier du privilège de les avoir habilement Fait se chevaucher ventre à terre afin d’attraper le pompon.
Les chevaux bleus du chariot, de la carte VII du tarot, M’ont souvent tiré en avant avec la force de l’audacieux. J’ai constaté ce scénario quand, me trouvant sur le carreau, J’ai su reprendre les devants d’un mouvement noble et gracieux.
Nue à sa fenêtre, juste à contrejour, La brise soulève quelques lingeries. Elle écoute naître sous le nouveau jour Les voix qui s’élèvent et les moqueries.
Les seins qui ballottent sous le vent léger, Sans y prendre garde, prennent un bain solaire ; Mais pas de culotte pour faire galéjer Les hommes regardent, tous, le nez en l’air.
Mais bientôt des femmes, monte une rumeur Contre l’ingénue qui montre son cul. Ça met ces infâmes de mauvaise humeur Tous sont prévenus, on n’en parle plus.
L’air se fait revêche ! Vite son chapeau ! Sa robe légère, ses bas framboisés. Vite on se dépêche ! Fini le repos ! Salut les mégères, non apprivoisées !
Tandis que tictaque l’horloge bouffonne, Tandis que ballottent les assauts du vent, Tandis qu’on sommeille sur un vieux divan, Tandis que sanglotte le vieux gramophone,
Le rêve en cadence se met en images Tout en mosaïques aux couleurs pastels. Les tons se balancent sur l’épais grammage Des murs archaïques du sombre castel.
Le soleil s’affaisse sous la vigilance De la Lune prête à briller plus fort. Tandis que princesse respire en silence, La musique s’arrête dans le château-fort.
À minuit sonnante, elle se réveille ; Déjà la nuit noire du jour sans douleur. Un peu frissonnante, elle s’émerveille D’avoir en mémoire ses rêves en couleurs.
Si je devais recommencer une destinée sans limite, Irais-je alors me prononcer pour une existence d’ermite Ou userais-je de ressources pour dominer le monde entier J’hésite entre un retour aux sources ou la vie sur un grand chantier.
Mais j’ai choisi finalement de n’être ni pauvre ni riche Et de rester en équilibre sur le fil étroit de ma vie. Vouloir vivre idéalement revient un peu à de la triche Et je préfère rester libre d’accepter ce qui me ravit.
Rêve éveillé révélateur ou songe d’une nuit féconde, L’univers parle en parabole selon ce à quoi je suis prêt. Souvent un sens innovateur m’ouvre une porte sur le monde Et face à ce nouveau symbole, mon cœur en est tout empourpré.
Tandis que Monsieur thésaurise, économisant chaque centime, Madame, elle, dilapide toute sa vie en abondance. Tandis que Monsieur mémorise ses entremises les plus intimes, Madame, d’un geste rapide, dispense avec force et outrance.
Que croyez-vous qu’il arriva quand vint le temps des intérêts ? Monsieur dût rembourser le prêt que sa vie avait emprunté ; Madame fut tout empourprée d’en jouir avec volupté. Et tout ce qui en dériva, c’est qu’ils durent coopérer.
Au moyen d’un piètre escalier qu’elle devait escalader Valentine aimait écouter Valentin qui jouait du violon. Elle s’allongeait sur le palier et lui, aimait la balader Sur des airs, vous vous en doutez, accordés au La d’Apollon.
Dès qu’ils purent se marier, ils partirent, prédisposés À profiter de leurs promesses à voyager en sac-à-dos. Ils dormirent désappariés à cause des lits superposés Car les auberges de jeunesse, c’est pas toujours l’Eldorado !
Pour agrémenter le retour, ils achetèrent une voiture À un gars qui baragouinait que c’était une Torpédo. Comme ils faisaient souvent l’amour, ils ont compté leurs courbatures Dues à leurs sièges qui couinaient au rythme de leur libido.