Vêtue de toutes ses histoires comme un patchwork, tout bêtement, Elle semblait à couteaux-tirés envers ceux qui la critiquaient. Mais les défaites et les victoires qui composaient son vêtement Étaient tellement étirées qu’elle en était toute étriquée.
Le progrès en marche nous apporte un bonheur mérité ; Le temps inscrit ses marques sur la planète opprimée. La science prolonge la vie et nous allons tous hériter D’un patrimoine dépassé et d’un futur déprimé…
Des papiers que le vent promène, Des plastiques que la mer transporte, Des canettes que les chemins acheminent, Des mousses que les rivières emportent Des dioxydes de carbone que le trafic propage, Des cris que les villes transmettent, Des nitrates que l’agriculture parsème, Des particules que l’atmosphère colporte, Des virus que le tourisme diffuse, Des incendies que les forêts transfèrent, Des métaux lourds que les nappes transvasent, De la rouille que les abîmes renferment, Du pétrole que les plages éparpillent, De la mort que la vie répercute.
Du ciel, mon père, ce héros, m’a fait gravir, marche après marche, L’escalier de la connaissance et mes degrés d’adolescence. Sans recommencer à zéro, j’ai perpétué mon patriarche En transmettant dès mon enfance, le savoir de l’arborescence.
Une fois la pomme mangée, de honte pour sa nudité, Elle implora son homme à l’aide d’aller chercher pour la couvrir Un peu de ramure effrangée, pas trop chargée d’humidité. Mais le serpent trouva remède d’un caducée pour la vêtir.
Tandis qu’elle marche dans la rivière, tenant la clef de mes douleurs, Se réveillent mes rhumatismes en plein mitan de ma nuitée. Alors j’implore, sur ma civière, la fille en robe de couleur, Pour qu’elle verrouille le mécanisme qui bloque leur continuité.
Lorsque j’aurai quitté les plaines pour m’envoler vers les montagnes, Je vous écrirai du futur à l’encre de mes plumes d’anges. Ondées de mots de porcelaine ruisselleront dans les campagnes ; Vous en boirez la signature là où pluies et vents se mélangent.
Quand les orages auront lavé la sécheresse qui m’oppresse Dans les ruelles de l’ennui des villes où je ne sais plus vivre, L’éclaircie, sur les rues pavées, brillera comme une caresse Du soleil qui naît de la nuit, du jour qui m’ouvre un nouveau livre.
Elle adore enclaver des hanches les ouïes de sa contrebasse Et sentir bourdonner son ventre contre la caisse de résonance. Une main caressant le manche qui vibre au son des cordes basses Et l’autre qui sort et qui rentre un chevalet en consonance.
On raconte qu’une arménienne qui naviguait vers Odessa Vit le soleil dans la Mer Noire qui brillait d’un bel avenir. Mais comme elle était daltonienne, plus tard elle le confessa, Elle crut qu’un pan de sa mémoire remontait de ses souvenirs.
Les Italiens parlent beaucoup, surtout d’amour avec les mains, Les amoureux parlent beaucoup, surtout d’amour avec les yeux, Les imbéciles parlent beaucoup, surtout lorsqu’ils n’ont rien à dire, Les Arméniens bavardent moins mais savent honorer la bouche.
Car un client qui apprécie reviendra sans doute demain, Manger pour la Saint-Valentin un plat arménien délicieux. Et pour séduire sa fiancée qui ne pourra que l’applaudir Il lui fait goûter la pizza Lutecia sur un bateau-mouche.
Je t’ai rêvée, ma douce amie, mais je n’ai pas su te créer. Comment pourrais-je imaginer tout ce que j’ai à découvrir ? Comment passer par le tamis ce que mon âme peut procréer Pour que l’amour enraciné pousse un jour mon cœur à s’ouvrir ?
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Dans ces nuits de nouvelle lune, attendez que le ciel se voile Afin que, dans l’obscurité, vos yeux soient prêts à dessiller. Alors sans mesure commune, la vraie nature des étoiles Vous apparaît en vérité dans son corps noir, déshabillé.
Messieurs, tirez donc les premiers mais veuillez filer à l’anglaise Par un coït interrompu, brisant d’un coup de Trafalgar ! L’empire dont vous réclamiez tout l’avantage, ne vous déplaise, Retombe en argent corrompu qui va déclencher la bagarre.
Moi, qui habite la boutonnière, dans les Alpages en boutons, Comme vous, j’ai ma tirelire bien à l’abri au coffre-fort. Je fais l’Europe buissonnière avec mes cochons, mes moutons Mais je vous parie mille livres que vous regretterez notre confort.
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La passagère du sommeil s’évanouit, évanescente, Quand le soleil reprend ses droits et la conscience, ses devoirs. L’aurore cruelle balaye la silhouette opalescente Qui abandonne à mon endroit juste un souvenir d’au-revoir.
L’ours et le singe, animaux sages, ne quêtent plus sur leur passage. La Terre ne produit plus d’enfants au cimetière des éléphants. Alors, sur la planète hostile, le pachyderme change son style Et fait son dernier tour de piste avec ses espoirs utopistes.
Patte-en-rond aimait se dresser sur l’épaule de sa maîtresse Avec l’attitude oppressée d’un chat qui serait en détresse. Il craignait seulement le vertige, les pattes solidement enfourchées, Mais s’accrochait, pour son prestige, aux histoires du chat-perché.
L’homme qui croit être au sommet, le summum de la création, Devrait remonter sur son arbre ; le singe a perdu sa revanche. Car tous les actes qu’il commet plaideront sa disparition Lorsqu’il sera passé au marbre par des matous, fiers sur leurs branches.
Quand l’homme a croisé les matous en élevant les chats sauvages, Dieu qui voyageait en Afrique leur fit parvenir un grigri ; Une sorte de touche-à-tout spécialisé dans l’élevage Qui, d’un coup fantasmagorique, créa notre Chat Mistigri.
L’amour se réveille au matin quand les matous se font câlins ; La douce chaleur de la couette est propice aux douces caresses. La chatte se fera catin si le chat se montre malin Et c’est parti pour une chouette grasse matinée de paresse.
L’amour se consomme à midi ; les chats en ont l’eau à la bouche. Saisie sur feu vif et ardent ou réchauffée au bain-marie. On peut sucer le spaghetti jusqu’à s’en mettre plein la louche Et, pour la sieste, on est partant pour de nouvelles canailleries.
L’amour se partage le soir, sur la terrasse ou sur les toits, En catimini par la chatière, on s’en va miauler à tue-tête. On se renifle, on va s’asseoir, tu es à moi, je suis à toi, Puis on se couche sur la gouttière et on culbute sa minette.
Petits anges ou petits démons, c’est comme nous voulons, sans façon, Selon s’ils nous volent un jambon ou s’ils nous ronronnent au giron. Mais jamais ne les réprimons car, après tout, nous effaçons Leur faute à ces casse-bonbons pour le prix de quelques ronrons.
J’ai connu quelques vieux pirates, de véritables sacs à malice, Plus malins que les trois p’tits singes, plus rusés que Maître Renard. Des vieux filous au coup de patte digne d’un fin limier de police Lorsqu’il rabat, dans le beau linge, la souris vers son traquenard.
Enfin les doux et les câlins, peluches et pattes de velours, Ceux qui nous servent de bouillotte et confident à la folie. Les gros bêtas, les gros malins, les perspicaces, les gros balourds, Qui ont l’esprit du patriote en nous faisant rester au lit.
Dans le précédent intermède, nous avons étudié les force Entre Andromède et Archimède concernant la plongée du torse. Pourtant, quand homme rétrograde tente un plongeon en arrière-garde, L’attraction en prend pour son grade parce que personne ne le regarde.
Tout dépend de l’intelligence ou plutôt où elle est stockée. Si l’esprit s’englue dans l’emphase avec le cerveau reptilien, La plongée entre en négligence et l’effet tarabiscoté ; Mais si le cœur se met en phase, alors le saut est éolien.
Lorsque l’alchimie féminine plonge son corps dans un liquide, Un charme de beauté s’exhale grâce à la poussée d’Andromède. Née de l’alliance de mélanine dans le courant d’ondes limpides, Cette réplique paradoxale contre la poussée d’Archimède.
Mais le flacon n’est pas l’ivresse et le corps n’est pas que l’essence. Pourtant, il faut vous l’avouer, j’ai un réflexe automatique : Je sens mon cœur plein d’allégresse et la sirène trouble mes sens ; Je ne sais à qui me vouer pour en étreindre le/la physique.
Après un temps d’effervescence, vient un temps de petite mort Qui recouvre comme un plateau l’hiver qui nous met en sommeil. En attendant la renaissance, je tire un renne par ses mors Pour distribuer mes gâteaux et mes étrennes de soleil.
Lorsque l’or se mêle à l’azur dans les premiers jours de janvier, Toute la Méditerranée explose de feux d’artifice. Déjà, au fur et à mesure qu’il croît, il nous fais envier Ce don aux couleurs safranées que l’acacia lègue à son fils.
L’« Acacia dealbata » est une espèce d’arbres ou d’arbrisseaux appartenant à la sous-famille des Mimosoidées et couramment désignés sous le nom de « mimosa d’hiver ».
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Au pays des potiches, dominent les cochonnes Et l’on rêve la vie d’une riche héritière. Toute petite godiche mutera en bonbonne Et la bonne au curé sera riche rentière.
Ce n’est pas de la faute à la simple beauté ; La bêtise des hommes est aussi légendaire. Le capital se risque quand la brute est bottée Avant que la jeunesse file dans un courant d’air.
Au pays des échelles, règnent les échaliers Et l’on juge la vie à hauteur des barreaux. Tout petit escabeau deviendra escalier ; L’handicap d’ambition restera au carreau.
L’apprenti jurera fidélité au mètre, Les accès contrôlés à bord des passerelles. Tout sera quadrillé, cordeau au périmètre Et les riches vivront sur une grande échelle.
Quand Pirotone atteignit l’âge de monter sur ses grands vaisseaux, On la vit quitter sa culotte pour un saroual large et fendu. Elle accrocha à son corsage une agrafe aux mille faisceaux Dont l’aiguillon fin décalotte les bourses les mieux défendues.
On sait qu’elle fut cul et chemise avec un corsaire du Roy Qui lui promit en mariage vingt galions d’or et de diamants. Lorsque l’Armada fut démise – pas si Invincible qu’on croit – Elle embrassa tout l’équipage et s’enfourcha sur son amant.
Dans le pays aux deux soleils qui rayonnent aux deux horizons, J’aime passer entre les monts et tâter leurs gorges profondes. Et quand vient l’heure du sommeil, j’ouvre les pans de la prison Pour en libérer le démon d’amour de la femme féconde.
Lorsque la lumière s’éteint, je cherche, à l’aveugle, à tâtons, Le chemin de félicité par la chaleur qui se diffuse Par la poitrine de satin jusqu’à la cime du téton Pour redescendre, tout excité, vers la déclivité confuse.
Quand tout est calme et volupté dans l’ordre de la nuit profonde, Apparaît dans sa vénusté, la fille de la lune ronde. Alors les feux follets s’affolent, les lucioles cabriolent, Les noctambules en raffolent et les étoiles s’affriolent.
Alors, qui fait tourner le monde et fait tourner le cœur des filles ? Qui fait revenir le printemps et fait chanter les troubadours ? Toujours, Madame la lune ronde, grâce à qui l’univers vacille Et que décrochent à plein temps tous les garçons en mal d’amour !
« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Charles Baudelaire.
Pirotone, la jeune pirate, tenant d’son père un vieux rafiot Aux jeux de voiles rapiécées et aux canons dépareillés, Apprit sur les eaux de l’Euphrate avec des marins impartiaux L’hardiesse dans sa gynécée toujours prête à appareiller.
D’ailleurs ces marins impartiaux n’étaient que des garçons manqués Bravant le vent, les seins à l’air, la bouche en feu, le feu au cul. Ils pratiquaient les arts martiaux, mains baladeuses et pieds tanqués, Mais vous déquillaient les galères d’un seul boulet au tir au but !
Le mot « pétanque » vient de l’expression « rester les pieds tanqués » qui veut dire en patois Marseillais les « pieds sans bouger ».
À Chandernagor, on s’en fout ! L’éléphant d’Inde fait le fou Arguant des défenses d’ivoire : « Circulez ! Il n’y a rien à voir ! » Et sous la foule des fêtards, avec les cornacs en pétard, On a rappelé l’infanterie contre cette éléphanterie.
« È pericoloso sporgersi » sur la fenêtre du passé ! « Ne pas se pencher au-dehors » de l’Orient-Express du présent ! « Do not lean out of the window » sur l’objectif de l’avenir ! « Dürfen Sie nicht hinauslehnen » du temps qu’il fait, du temps qui passe.
À Zanzibar, pour l’an Vingt-Vingt, l’éléphant fou de Tanzanie Exécute au Cirque Zinzin un tour qui sème la zizanie : Dans une ambiance de ZOZOs, l’année 2020 nous dissuade Et les chevaux, plein les naseaux, paniquent en faisant des ruades.
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Je ne suis jamais retourné vraiment au village natal Qui a accueilli mes ancêtres et nourri toute leurs histoires. Mon enfance y a séjourné jusqu’aux expériences fatales Qui m’ont permis d’y reconnaître et des culbutes et des victoires.
Pourtant, si les rues ont changé, à ma mémoire restent pareilles Toutes les étroites ruelles veinant le cœur de la cité. Les voix qui se sont échangées résonnent encore à mon oreille ; Seule se montre encore cruelle mon opiniâtre ténacité.
Tableau « « la maison du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise – 1872 » de Paul Cézanne
Cycle de la pluie qui ruisselle, cycle de l’éclair qui jaillit, Cycle de la terre qui tremble, cycle du souffle qui halète ; Stade de la fille pucelle puis, de la première saillie, Vie de la femme qui ressemble à la course de la planète.
Quand les arbres du monde vibrent sur le crâne de la planète, Leurs feuilles, organes de l’ouïe, retransmet instantanément Au cerveau des entités libres qui vivent dans cet intranet Toutes les voix épanouies de ses natifs comme un aimant.
Face aux incendies qui ravagent, la Terre crée des tsunamis Et, face aux exterminations, provoque des émigrations Jusqu’à ce que ce lessivage de catastrophes et tirs amis Occasionne auprès des nations de nouvelles humanisations.
La fille était jeunette et jouait au cerceau Quand un corbeau honteux d’avoir été déçu Jura à la Ginette du haut de son berceau Que l’homme est tête-à-queue et la femme fessue.
Plus tard adolescente, elle partit à la chasse À la chance aux chansons mais à cri et à cor. L’oiseau en connaissance afin qu’elle croasse Devint son échanson pour lui donner du corps.
Une fois mariée, elle calma son feu D’un amour consumé à chaque cigarette. L’oiseau appareillé d’un bec en boutefeu, Tout partit en fumée jusqu’à ce qu’elle arrête.
Premère photo de Kathryn LeMieux. Les deux autres Images ont été trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Le corbeau de l’histoire a longtemps ruminé Contre Sire Renard et son effronterie. Cette honteuse victoire l’a tellement miné Qu’il en eut le cafard et la dysenterie.
Pour calmer sa douleur car il broyait du noir, Il vola et croisa, du haut de son donjon, Une fille en couleur qui vivait au manoir Et qui l’apprivoisa… et cessa son plongeon.
Ainsi petits corbeaux et petites corbelles Apprirent la leçon de Monsieur Lafontaine. Et la fille au corps beau avec sa ribambelle Sut, pour plaire aux garçons, courir la prétentaine.
Quand la Vierge protège en son sein le dernier-né de la Grande Ourse Et lui donne la Voie Lactée comme nourriture essentielle, Chaque galaxie prie son saint de veiller, tout au long de la course, Avec vénusté et volupté, dans son orbite exponentielle.
Faut-il tous les symboles que l’homme a inventés, Et les divinités qu’il aura implorées ? Toutes ces auréoles m’auront épouvantées Comme une infinité de credo déplorés.
Peut-être simplement laisser toutes sciences Et toutes religions s’annihiler ensemble. Écouter humblement la voix de ma conscience Qui, mes âmes en légions, interpelle et rassemble.
Comme la belle charmait ma tête par ses postures nostalgiques, Je sentis remonter la bête avec des envies névralgiques. Aussi, charmante demoiselle, après vos poses en goguette, Je vous montrerai mon oiselle si vous entrouvrez ma braguette.
Comme la belle rasait la bête par sa musique monotone, La bête lasse se prit la tête et coupa net son sonotone. Alors qu’elle s’apprêtait à dire que la bête n’était que profane, Celle-ci lui écarta la lyre au profit d’un meilleur organe.
Tandis que l’hiver crie famine dans les forêts de sapajous, Les corps se recouvrent de graisse sur les brioches et les culottes. À grands renforts de vitamines, tisanes, grogs et soupes aux choux, On se réchauffe d’allégresse les nuits où chante la hulotte.
L’hiver conserve dans ses glaces toutes les belles au-bois-dormant Qui déambulent dans leurs rêves tandis que les princes charmants Errent de palaces en palaces au fil des miroirs déformants Reflétant des journées si brèves pour patienter jusqu’au printemps.
Juste une fleur dans les cheveux calme l’ardeur des impatiences Qui effeuillent l’éphéméride à l’attention de tous les saints. En choisir un, faire le vœux d’un chevalier de confiance Qui cueillera, s’il le mérite, le fruit mûr au bout de leurs seins.
Adam et Ève en ont bavé après leurs vaines prétentions Et puis en ont été chassés par un fruit de belligérance. Si l’enfer reste encore pavé de leurs meilleures intentions, Le paradis semble enchâssé dans la plus froide indifférence.
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Les deux minettes aux prétentions si différentes et si semblables M’observent l’air effarouché, attisées d’un désir ultime. L’une, animée d’une intention peut-être peu recommandable ; L’autre, voudrait aller coucher trop près de mes parties intimes.
Voilà le soleil qui se voile sous un rideau d’intimité Comme une femme qui émerge pudiquement d’un bain de lune. Tristement l’hiver se dévoile avec la lourde humidité De son habit de neige vierge et sa froideur inopportune.
Si les trains arrivent à l’heure, plus ou moins selon les pays, L’inspiration, comme une femme, varie ses heures d’ouverture. J’aime à croire qu’elle me pose un leurre pour m’éviter d’être trahi Par mes divagations infâmes jusqu’au départ de l’aventure.
Les coquilles en colimaçon chantent dans le creux de l’oreille Et l’avenir y est inscrit comme les lignes de la main. L’océan n’est qu’une chanson où tous les bateaux appareillent Pour suivre l’écho circonscrit qui se répercute à demain.
« Voir le monde dans un grain de sable Et le paradis dans une fleur sauvage, Tenir l’infini dans le creux de la main Et l’éternité dans une heure. »
Tandis que la pieuvre se fâche en projetant noire son encre, La baleine blanche se relâche et rejette son ambre gris. Les marins se mettent à leurs tâches, le bateau relève son ancre Et regagne son port d’attache vers les rivages rabougris.
L’ambre gris, substance très parfumée, solide, grasse, inflammable, de couleur variant du gris au noirâtre et à l’odeur spécifique, est une concrétion intestinale du cachalot que l’on trouvait autrefois flottant sur les océans ou déposé sur les côtes.
Pieuvre Graneledone Taniwha qui ne mesure que 5 cm et photographiée à 900 mètres de fond par Owen Anderson