Après une journée de chasse, tous les rescapés se rassemblent Pour se raconter leurs batailles, qui de ses crocs, qui de ses cornes. Chacun se vante et se pourchasse dans cette évocation ensemble ; On mange, on boit, on fait ripaille sous le regard de la licorne.
Après qu’elle eut régné, la reine au cœur brisé Se trouva dépourvue quand l’habit fut venu. Entre les araignées, les dessous reprisés, Les robes recousues, les souliers saugrenus.
Pourtant elle était belle, pourtant elle était fière, La tête couronnée avec prince consort. Mais les femmes rebelles l’ont traité de sorcière Et l’ont déboulonnée de son précieux confort.
Dire que l’homme se les poilait lorsque sa femme, bien velue, Lui faisait l’amour dans la glace sur les fourrures de mammouths ! Dire qu’ailleurs on la voilait au nom d’une foi farfelue Par peur de n’pas tenir en place devant les charmes des louloutes !
« La femme est la gloire de l’homme et ses cheveux font son prestige. » Les métaphores du Dieu des hommes frisent assez la haute voltige. Si j’écoutais le Dieu des femmes, aurait-il des propos semblables ? Ou bien dirait-il à mon âme que les sexes sont auto remplaçables.
Toutes ces histoires d’amour dont se vantent le cœur des autres, Selon l’ordonnance du jour et les usages où l’on se vautre ! Mon corps de femme mécanique doit-il sans cesse être introduit ? Mon cœur en devient tyrannique et s’émancipe dès aujourd’hui.
Il me fallait vingt centimes mettre dans la fente prévue à l’effet Pour secouer son corps qui s’emballe et l’ébranler à bras le corps. Je lui montrais qui est le maître, mais j’aimais bien ses doigts de fée Lorsqu’elle dynamisait mes balles pour battre le dernier record.
Vingt centimètres, c’était aussi la longueur pour tirer le levier.
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Pour perfectionner le système, la vie crut bon de sexuer Son tout premier représentant sorti de son laboratoire ; Des humains placés sur le thème de s’étendre et d’évoluer Avec amour de temps en temps mais sans le mode opératoire.
Qu’elle soit d’une fesse ou d’un sein, partout la courbe récurrente À l’infini se réitère comme une musique divine. Les mémoires dont je suis enceint forment une vague interférente De l’onde pure héréditaire de l’écho de mes origines.
Puisque les réponses aux questions sont éparpillées dans le vent, Mon âme écoute les courants dont l’atmosphère est colorée. Mon corps en fait la digestion et mon cœur les chante au-devant De mon public en parcourant chemins, villages et forêts.
Les véritables propriétaires de la planète ont décidé D’abandonner le cimetière du genre humain désavoué Qui a trahi les conifères par leurs progrès et leurs idées Rasant la terre usufruitière qui leur avait été louée.
Si toutes les femmes du monde apposaient la main à la terre Pour décharger tous nos excès d’électricité agressive, Nous sentirions à la seconde, une secousse salutaire Qui nous rétablirait l’accès à l’humanité permissive.
Chacun son petit univers sécurisé, bien séparé Le corps abrité de l’hiver de notre époque désemparée. Pourtant l’incommunication blesse le présent de mon cœur Et j’use d’imagination pour rencontrer mon âme-sœur.
L’humanisation en excès pourrait sembler exagérée Et faire, au présent, un procès une rancune mal digérée. Quel est le plan de l’Univers ? Quel est l’avenir de la à Terre ? Ne serions-nous qu’un fait divers, juste une étape humanitaire ?
À Gaïa, je fais la demande de connecter tous mes semblables. J’avoue avoir l’âme gourmande et, il me paraît vraisemblable, Afin de former un réseau avec sa conscience terrestre, De faire, dans notre intermezzo, appel à notre chef d’orchestre.
L’humanité vit l’indigence et le public crie « Indulgence ! » L’homme vit sous l’inquisition de l’état des impositions. Le secret de polichinelle de son péché originel Se perd dans la foule du peuple qui suit comme un troupeau aveugle.
Les dents de la mer mangent les petits Que mangent les gros, de plus en plus gros. Intégraux. Puis elles regroupent les âmes des morts Qui partent en vagues caresser les plages. Voyage. Les dents de la mer ont bon appétit, Ont l’eau à la bouche, à avoir les crocs. Allegro. Le souvenir reste, la mémoire mord Parfois d’une trace le long du rivage. Passage.
Un phénomène rare, paraît-il de la part de Maria Gaspar Leal
Quand un rayon vient caresser la peau du mari qui sommeille, Une main vient participer à proposer ses câlinettes. Mais l’amant semblant paresser malgré promesses et merveilles, La main devra anticiper plus bas… mais… gare à la minette !
« Traditionnelle et pittoresque » ne suffisent pas pour admirer La sympathique coquetière, celle qui me faisait rire aux larmes. Sur un âne de race mauresque, elle savait comment attirer Les chalands d’une voix si fière que tous en étaient sous le charme.
À travers la foule curieuse qui obstruait tout le marché, L’air radieux de la vieille ville était soudain enthousiasmé Par la commerçante furieuse quand un gars la faisait marcher Sur le prix de ses volatiles qu’il trouvait par trop fantasmé.
J’ai retrouvé mon vieux berger à son curieux chapeau de feutre Qui semblait avoir contenu tous mes souvenirs des alpages. Il était là à gamberger avec son mouton à l’air pleutre ; C’est alors qu’il m’a reconnu, moi, qui ne faisait pas mon âge.
Il aimait faire mon cicérone et m’entraîna sous les arcades Saluer ses compatriotes et trinquer avec ses copines. Notamment sa vieille matrone dont les illustres rodomontades Faisaient déguerpir les coyotes qui abusaient de la chopine.
Leurs chants se sont chargés d’histoires, toute la musique du monde, Et leurs poumons ont respiré l’humeur des civilisations. Dans les églises, il est notoire, les ailes de la foi sont fécondes Parce qu’elles sont inspirées d’astrales réalisations.
Quand je lui parle, mes mots s’inscrivent sur une moitié du visage, Souffrant à mi-maux l’offensive, comme si j’étais un sauvage. Il faut le temps de l’absorption pour qu’elle en comprenne l’usage Et lentement par résorption, elle en accepte le message.
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Une égyptienne un peu timide, qui se tenait devant le temple, Impressionna tant l’empereur qu’il en bafouilla sous le charme : « Du sommet de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ! » Puis il partit en éclaireur en s’écriant : « Reposez armes ! »
Curieusement, si la science explique la magie du corps, Le charme émanant de la femme se soustrait à ses déductions. Et j’en appelle à ma conscience qui, elle seulement, édulcore Toutes ces théories infâmes pour préférer la séduction.
Parmi les courbes magnifiques que tracent les mathématiques, Aucune n’atteint la limite, aucune n’est aussi continue Que ces deux seins honorifiques, ce dos cambré asymptotique, Dont la silhouette délimite la beauté d’une femme nue.
L’eau bénite de ma planète, depuis le baptême de ma bouche, Déverse sa grâce divine jusqu’à mon cœur par mon réseau. Issue du cycle des comètes, la vie dont l’univers accouche Transmet son chœur des origines au plus faible de ses roseaux.
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De mon hippocampe ancestral, un vieux cauchemar magistral, Dans les abysses de ma mémoire, dans les neurones de mes armoires. Cette peur bleue reste enfouie dans le réseau de mon fouillis, D’araignées et calmars géants que mes nuits extraient du néant.
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Jamais n’aurai assez de poches pour embarquer tous mes trésors : Belles images, jolies pensées et même plus si affinités. J’entasse tout dans ma sacoche, mes credo, mes confiteor Dont l’excès sera compensé par des trous en infinité.
La p’tite bonne femme qui avait, là, trois petits oiseaux sur la tête, Aimait sortir à l’imprévu, par tous les temps, par tous les vents. Dès que son cœur donnait le La, leurs trois petites voix de crête Exécutaient une revue d’un trio des plus émouvants.
Connaissez-vous la jeune sœur du Petit Prince putative ? Du moins, c’est ce qu’elle prétend avec deux solides arguments : D’abord la rose, ouverte en cœur, comme valeur spéculative ; Ensuite un mouton hébétant qui n’est rien d’autre qu’un lapin blanc.
Hardiment voici qu’elle effeuille sa rose comme une marguerite En récitant « je l’aime un peu, à la folie et pas du tout ! » Gageons que le Petit Prince veuille en faire ou non sa favorite Et que Dieu fasse ce qu’il peut pour qu’il l’épouse selon son goût.
Tous ces moments d’intimité, de face-à-face à ma psyché, Comblent l’instant de ma toilette d’un parfum de félicité. Et dans ce temps illimité où ma pudeur est affichée, Ma peau ressent des vaguelettes d’un désir de complicité.
Tous ces trésors si admirables m’enivrent et troublent ma raison Et j’en perds la modération, je n’en peux rester impassible. Cette affluence remarquable d’innombrables fleurs de saison Met mon cœur en sidération sur l’infini et l’impossible.
Au mitan des jours de lumière, juste à l’approche du printemps, Le temps me suspend sa cadence, pour écouter pousser les fleurs. Voici, au milieu des bruyères, le premier bouton s’apprêtant ; Voilà, sous la brise qui dansent, les gouttes de rosée en pleurs.
Coup de bourdon, coup de cafard, tournent le temps d’un vent morose Et je m’en vais sentir les fleurs qu’ils ont butiné en partie. J’écoute leur calme sans fard, sans prétention à l’eau de rose, Juste quelques baumes au cœur et voilà, le blues est parti.
Ma reine, allons voir si la lune se montre ce soir magnanime. Prenons un bain d’argent lunaire arrosé d’une pluie d’étoiles. Ma reine, à la bonne fortune, rejoignons nos cœurs unanimes Avec quelques préliminaires et ce que l’amour nous dévoile.
N’écoutez donc pas les rumeurs, arrêtez d’avoir peur du loup ! Ce qu’on raconte dans les fables n’est destiné qu’aux fanfarons. Le loup était de bonne humeur et n’avait pas le pied jaloux. Il s’est avéré responsable en épousant le chaperon.
La solution paraît facile… mais encore faut-il y penser ! Pour guérir les cas difficiles, cherchez la femme, trouvez la mère ! Si chacun se montre docile, personne n’en sera offensé. Ça se pratique à domicile, à la montagne ou à la mer.
Savoir retomber en enfance dénoue les pires sentiments Cumulés entre frères et sœurs, entre parents et les enfants. Savoir abaisser ses défenses délie tous les ressentiments ; J’en fais mon antidépresseur et j’en parle à mon éléphant.
Mon éléphant fait des complexes et se sent insignifiant. La moindre souris lui fait peur ; au moindre museau, il détale. Alors je suis un peu perplexe… Comment le rendre confiant ? Quel est donc ce poids sur le cœur qui lui fait perdre les pédales ?
Je me fais livrer les idées directement à domicile, Limités les inconvénients des voyages trop éreintants. Ce qui m’a surtout décidé, c’est la manière douce et docile Et le service conciliant des muses qui œuvrent à plein temps.
Pas de rideaux à sa fenêtre, juste une couche de poussière Protège son intimité des regards par trop indiscrets. Je sens pourtant une envie naître juste par ce trait de lumière Qui me révèle sa nudité dont je découvre le secret.
L’amour masqué si délicat quand on se touche dans le noir. La main qui effleure la peau et qui ne voit qu’au bout des doigts. Un toucher presque indélicat vers des parties qu’on ne peut voir. La langue qui se fait l’appeau pour allécher comme il se doit.
Enfin la lumière révèle ce regard si impénétrable. Enfin le visage se dégage, l’envie devient déraisonnable. Le corps tout entier se relève, les sexes deviennent pénétrables L’amour démasqué se partage dans tous les sens imaginables.
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De la Terre à la Lune, les hommes ont voyagé ; De la Mère à la Terre, les femmes ont procréé. Ah, la belle fortune que Mars a partagé ! Ah, le joli mystère que Vénus a créé !
Cette conception primordiale prévalait sur tout les projets Car Dieu voulait l’ange impeccable avant d’entreprendre son œuvre. S’il jugea la Terre cordiale, l’humanité fut abrogée Mais avant ce choix irrévocable il réfléchit à la manœuvre. Gare à la fi-i-i-ille !
Comment agir pour injecter de l’amour dans le cœur du mâle ? Dieu reprit, de l’ange, ses côtes et son immaculée perfection. Pour ne pas être suspecté de truquer le bel animal, Il y substitua une côte prétendant une correction. Gare à la fi-i-i-ille !
L’homme dormait profondément comme l’aurait fait un nouveau-né Quand la femme se réveilla dans le fourbi d’une roulotte. Alors la belle effrontément, le menant par le bout du nez, D’un strip-tease l’émerveilla et lui usurpa la culotte. Gare à la fi-i-i-ille !
Dommage pour le magnifique tableau d’Omar Ortiz qui a été censuré par Facebook
Si les frères américains Wright ou le français Clément Ader S’étaient plantés dans leurs calculs à propos des plus lourds que l’air, Nous volerions sans copyright, sans licence auxquelles on adhère, Et, avec un peu de recul, nous voguerions en montgolfières.
Par la vapeur nous volerions et par l’hélium nous planerions Au-dessus des bois et forêts, au-delà des mines à charbon. Que de forêts nous couperions ! Que de terres nous ravagerions ! Que voulez-vous ? C’est le progrès ! Tant pis pour l’indice carbone.
Les Américains Wilbur (1867-1912) et Orville (1871-1948) Wright effectuèrent le premier vol motorisé et dirigé à partir d’un engin plus lourd que l’air. D’abord des cerfs-volants et des planeurs biplans puis, en 1900, les premiers vols expérimentaux et enfin, leur vol historique le 17 décembre 1903. Le tout premier à avoir fait décoller un appareil est toutefois Clément Ader, un ingénieur français, en 1890. La différence entre le premier vol d’Ader et celui des frères Wright concernait surtout la maniabilité de l’avion. Alors que Clément Ader exécuta le premier vol non dirigé, l’appareil des frères Wright était en mesure d’effectuer des virages.
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Les tournesols à l’infini baignaient dans l’océan solaire Où rugissaient les fleurs en chœur, couleur d’un milliard de soleils. Quelques éclats indéfinis de jaune-orange s’envolèrent Dans l’azur où brillait le cœur d’un Big-Bang tiré du sommeil.
(Texte inspiré de cette belle phrase de Yann Queffélec dans son livre « Les Noces barbares » : « Le ciel et la terre baignaient dans un océan lunaire où mugissait la forêt couleur de récif. ».)
Là-bas, derrière les murs de papier, les geishas dans leurs kimonos Les ouvrent en déshabillé dévoilant leurs intimités. De peur que vous vous échappiez de leurs caprices hormonaux, Elles vous font le cœur vaciller en dévoilant leur nudité.
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Mon gros Doudou, plein d’appétit attend le récit des souris Qui lui racontent les potins des petits rats de l’opéra. Et patata et patati, il en raffole, il s’en nourrit, Bien assis sur son strapontin, de ces racontars scélérats.
Les pauvres mâles qui s’intimident sur les mystères du clitoris Devraient savoir que l’érection est dictée par un rituel : Celui de la petite mort. Au sommet de trois pyramides, trônent Sokar, Ptah, Osiris ; Chacun veillant la direction sur l’âme et le corps des mortels, Décrit dans le livre des morts.
(Ptah-Sokar-Osiris est un syncrétisme de trois dieux : Sokaris, Ptah et Osiris. Sokaris est un dieu memphite tout comme Ptah, mais à caractère funéraire, Osiris également. Le dieu représente un mélange de ces trois divinités et est vénéré à Memphis. Il a des fonctions osiriennes et veille sur la nécropole de Saqqarah, en face de la ville de Ptah.. Sokaris correspond à peu près à la séparation de l’âme du corps après la mort. Cette opération est rendue possible par le rituel de l’« Ouverture de la bouche », c’est pourquoi le nom de Sokaris signifie qui nettoie la bouche. Ptah est le dieu créateur par excellence : il est considéré comme le démiurge qui a existé avant toute chose, et qui par sa volonté a pensé le monde. Osiris (du grec ancien Ὄσιρις) est un dieu du panthéon égyptien et un roi mythique de l’Égypte antique. Inventeur de l’agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur.
Ptah-Sokar-Osiris est un syncrétisme de trois dieux : Ptah est le dieu créateur par excellence ; Sokaris veille à la séparation de l’âme du corps après la mort ; Osiris règne avec bienfaisance sur l’agriculture et la religion.
Parce que le temps, c’est de l’argent, parce que le temps, c’est de l’amour, Il faut en consacrer au sexe pour que la vie s’épanouisse. Tous les désirs se partageant dans les plaisirs de chaque jour ; Organes concaves et convexes, que l’homme et la femme en jouissent !
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Ah, qu’ils avaient de beaux profils, ces beaux pharaons façonnés ! Mais il parut que Cléopâtre préféra se montrer de face Afin de remettre à profit les compétences de son nez Qui fit les historiens débattre pour que sa taille les satisfasse.
Un petit air de diablesse enflammé par ses cheveux, Un sourire inquisiteur renforcé d’yeux émeraudes. Elle connaît mes faiblesses, elle sait ce que je veux D’un regard inhibiteur qui me fixe et me taraude.
Les couleurs de la nature alliées au feu du soleil Expriment une dimension que l’indien sait percevoir. Il reproduit en peinture tous les rêves à son réveil Qui ont filtré l’absorption que son cœur sait concevoir.