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  • Guernica

    Guernica

    Gabegie totale sur la planète et tout le monde perd la tête !
    Il paraît que les poulaillers sont pleins de poules folles à lier ;
    Les savants font des galipettes avec des œufs dans l’éprouvette ;
    Les chevaux ont le mors aux dents et les taureaux sont taraudants.

    Tant pis pour la guerre d’Espagne, tant pis pour les guerres mondiales !
    Les guerres idéologiques et les guerres économiques !
    Le prix du pays de cocagne payé par les classes sociales
    N’est qu’un facteur psychologique doublé de mort astronomique.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • La femme debout

    La vie choisit la meilleure voie en privilégiant le plus fort
    Comme un concours universel pour élire l’espèce dominante.
    J’entends une petite voix me dire que le mâle a eu tort
    De ne mettre dans son escarcelle que sa vigueur prédominante.

    « La femme est l’avenir de l’homme ! » proclamait Louis Aragon.
    Il serait temps de la laisser nous y conduire sereinement ;
    Placer la reine en son royaume, épousseter les vieux dragons,
    Prier celle qui, sans nous blesser, lancera le redressement.

    Hélas ce n’est pas un poème qui va sauver l’humanité.
    Ni un retour vers le passé puisque le temps nous est compté.
    Je sais, je suis un peu bohème et manque de messianité
    Pour dire à la femme compassée d’agir selon sa volonté.

    Tableaux de Shelby McQuilkin.

  • L’homme debout

    Le Soleil perd de sa magie depuis que la Terre n’est plus plate
    Et la lune est déshonorée depuis la conquête spatiale ;
    Le zodiaque tombe en léthargie depuis que l’espace se dilate
    Et les étoiles décolorées par l’effet Doppler, impartial.

    L’homme reste encore debout pour un temps désormais compté
    Puisque sa planète natale ne parvient plus à le nourrir.
    Avoir ôté les garde-boues à sa sauvegarde escomptée
    Apporte le retour létal de la Terre en train de mourir.

    Alors reste le souvenir d’une aurore et d’un crépuscule
    Comme serviteurs dévoués d’un roi-soleil prépondérant.
    Alors, reste le devenir d’une humanité qui bascule
    Alors qu’elle se croyait vouée à un avenir conquérant.

    Tableaux de Shelby McQuilkin.

  • L’oracle

    L’oracle

    Si tu consultes les oracles, tu y verras plusieurs réponses ;
    Un médium d’apparence humaine, l’autre dans un corps d’animal.
    L’un te prédira des miracles, l’autre aura une mine absconse ;
    Ce n’est qu’au bout d’une semaine que tu comprendras, c’est normal.

    Tableau d’Andrey Remnev.

  • L’originale

    L’originale

    L’image idéale d’une femme que j’aimerai passionnément
    Reste gravée comme un dilemme que seul mon futur résoudra.
    L’empreinte agit comme un sésame qui m’entrouvre opportunément
    Les portes vers celle qui m’aime et qui, à mon cœur, répondra.

    Il s’agit de Lina Cavalieri, chanteuse d’opéra, muse de Piero Fornasetti, peintre Milanais, sculpteur, décorateur d’intérieur, graveur, et créateur de plus de 11000 objets. Il a décliné son visage énigmatique sur différents objets en multiples variations.

    vu sur http:nathfaitmain.canalblog.comarchives2014090830546483.html .

  • L’original

    La première impression est bonne car elle frappe l’inconscient ;
    Le cœur saisit les émotions puis, en transmet son sentiment.
    Comme observateur, je m’abonne à ce qui frappe à bon escient
    Ce cœur qui fait la promotion de mes futurs pressentiments.

    Dessin original de Hergé.

  • Transe de joie

    Transe de joie

    La foi transporte les montagnes et la joie transpose le cœur
    Quand le corps danse, libéré de son esprit déconnecté.
    Dansons compagnons et compagnes, chantons ensemble tous en chœur
    Pour cette joie inespérée que nous brûlons de collecter !

    Tableau de Merrily Strickland Boyd.

  • Féminité

    Féminité

    Si avant-hier
    Elle vivait
    Dans son enfance,
    Si hier encore
    Elle n’était
    Qu’adolescente,
    Si aujourd’hui
    Elle a acquis
    Un corps de femme,
    Sa vénusté
    Me transparaît
    De tout son charme.

    Jeune déesse
    Qui ne connaît
    Pas tout encore,
    Ton corps, lui, sait
    Tous les secrets
    De la nature.
    Le féminin
    Universel
    T’a consacrée
    D’être à la Terre,
    D’être à la Mère
    Divinisée.

    Tableau d’A.Selvaraj.

  • Miroir, je t’aime

    Miroir, je t’aime

    Miroir, j’aimerais pénétrer ton univers inaccessible
    Où je me croise reproduite à l’inverse de ce que je suis.
    Lorsque je me trouve empêtrée dans tes reflets irréversibles,
    J’y vois mon âme réintroduite dans l’infini qui me poursuit.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Le vieux port

    Le vieux port

    Du haut des mâts customisés, comme disent les marins anglais,
    mille mouettes se disputent au sujet des anémomètre.
    Les cliquetis synchronisés à leurs querelles étranglées
    Donnent la réplique et discutent au rythme du maréomètre.

    Tableau d’André Lhote.

  • Lune-mère

    La lune pose en clef de voûte l’arcade du ciel étoilé
    Par sa lumière nutritive sur une terre consacrée.
    Force lunaire qui envoûte quand le mystère est dévoilé
    De son énergie attractive, œuvre du féminin sacré.

    Tableau de Juliaro sur www.juliaro.com .

  • Transparences – 1

    Transparences - 1

    Ce mirage indéfinissable d’une existence naturelle
    Se superpose dans mes rêves avec ses plus belles merveilles.
    Or je le pense indispensable à mes fantaisies culturelles
    Même si l’image est trop brève pour m’en souvenir au réveil.

    Tableau de Sachin Akalekar.

  • La musique du temps

    La musique du temps

    La musique habille le temps avec des touches de couleurs
    Sur les secondes qui s’écoulent et l’intervalle des silences.
    Parfois son rythme haletant me fait oublier mes douleurs
    Et me donne la chair de poule d’une délicate insolence.

    Tableau d’Arvind Kolapkar.

  • Le temps au féminin

    Le temps au féminin

    Le présent me regarde l’âme en tournant le dos au passé ;
    L’avenir impose une ultime destination vers le sacré.
    Si le temps était une femme, je fermerais mes yeux compassés
    Pour tâter ses formes intimes et pénétrer dans ses secrets.

    Photo d’une inconnue prise par un inconnu.

  • Réveil

    Réveil

    Comme un matin d’un nouveau jour, elle renaît de l’inconscience
    D’où son âme, réfugiée, s’est reconnectée aux étoiles.
    L’œil qui s’ouvre apprécie toujours d’une lumineuse insouciance
    La surprise privilégiée de la nuit qui quitte son voile.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Le dos du présent

    Lorsqu’elle me tourne le dos et relâche son attention
    Elle me confie sa défense et toute sa fragilité.
    Elle respire comme un cadeau la paix de sa méditation
    Et elle retombe en enfance en toute sensibilité.

    Elle s’échappe du présent juste pour vivre hors du temps
    La sensation que la quiétude fait résonner dans tout son être.
    La paix d’un ange omniprésent raisonne en se répercutant
    Dans un état de complétude qu’elle seule sait reconnaître.

    Tableaux de Lucy Campbell.

  • Points de fuite

    Points de fuite

    Quand je m’approche du présent, toutes mes cellules s’activent
    Et forment une trame vibrante au diapason de qui je suis.
    Je sens l’esprit électrisant lutter contre l’âme captive
    Sous la surface équilibrante de l’eau du temps que je poursuis.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • Points d’horizons

    Dans les mémoires du printemps sont écrits les plus beaux poèmes
    D’auteurs qui vivent en passagers le temps d’un voyage terrestre.
    Dans des directions empruntant toutes les routes de bohème
    Vers des paradis partagés à l’heure de la faune sylvestre.

    Les souvenirs du temps qui passe et les couleurs du temps qu’il fait
    Composent une chorégraphie dont l’œuvre reste en rémanence.
    Tout ce qui naît, vit et trépasse dans cet univers imparfait
    Contient la bibliographie par tous ses points de luminance.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • Fréquences félines – 2

    Fréquences félines - 2

    Le temps du souvenir, devenu éternel,
    Accompagne mon âme vers un autre chemin.
    Que va-t-il advenir de mon habit charnel ?
    Rien qu’une petite flamme qui s’éteint dans ma main.

    Au-delà de l’espace, hors du cycle de vie,
    Que le fleuve des morts me ramène à la mer !
    Qu’un souffle à marée basse vaporise l’envie
    De revenir à bord dans le sein de ma mère.

    Illustration de Dusty Ray.

  • Fréquences félines – 1

    Fréquences félines - 1

    Quand le chat est sorti, les souris ont dansé.
    Quand mon chat est parti, tous nos yeux ont pleuré.
    Plus le temps amortit nos dolentes pensées,
    Plus le deuil imparti reste à peine effleuré.

    Je revois son image partout en hologramme
    Sur le lit, dans l’armoire, comme en surimprimé.
    Je lui fais cet hommage dont les cinq kilogrammes
    Pèsent dans ma mémoire à jamais déprimée.

    J’ai parcouru une cinquantaine de sites mais impossible de trouver l’auteur de cette magnifique illustration ; si quelqu’un peut m’aider…

  • Vagues de points

    Quand l’ange de la nuit paraît, le jour se meurt dans un murmure ;
    Quelques dernières sentinelles scintillent dans l’opacité.
    Parfois une étoile apparaît comme nocturne enluminure
    Sur les ombres sempiternelles qui envahissent la cité.

    Point par point l’aurore réveille les vaguelettes ensommeillées endormies
    Les sommets des mâts s’illuminent de petits faisceaux détournés.
    Soudain un rayon de soleil perce la voûte émerveillée
    D’un ciel ravi que s’achemine l’heur d’une nouvelle journée.

    Tableaux de Ton Dubbeldam.

  • Parlez-vous coquelicot ?

    Parlez-vous coquelicot ?

    Avec le langage des fleurs, les coquelicots parlent un accent
    Qui leur fait prononcer en rouge les mots relatifs à la joie.
    Ils déclinent ainsi en couleur les champs d’un bonheur relaxant
    Qui porte la dernière touche à mon tableau aux mille voix.

    Illustration de Peter Frolov.

  • La fille du juif errant

    La fille du juif errant

    L’homme qui ne pouvait mourir donna sa fille à marier
    Issue de sa mille-et-unième histoire d’amours perpétuelles.
    Mais il lui fallut parcourir mille autres mondes variés
    Pour mettre fin à son dilemme et sa damnation rituelle.

    Illustration de Nurlan Kilibaev.

  • L’arbre féminin

    L’arbre féminin

    L’arbre au cordon ombilical comprend une branche maîtresse
    Indépendante de son tronc mais à la vie subordonnée.
    Coule une sève musicale qui répand l’onde d’allégresse
    Comme un nuage d’électrons autour des fleurs coordonnées.

    Tableau d’Autumn Skye.

  • De la guitare

    Depuis ma première guitare, mes chansons ont pris le chemin
    Tracé par Georges, mon idole, et les rockers américains.
    Avec quelques copains fêtards, on a connu des lendemains
    Qui chantent avec des farandoles au cours des bals républicains.

    Entre le folk et l’électrique, ses autoroutes et ses bretelles,
    J’ai perdu mon LA authentique comme le joueur de flûteau.
    Et la techno volumétrique au son mécanique et mortel
    Me rend souvent si nostalgique que mon cœur pleure en vibrato.

    Tableaux de Pablo Picasso. Hommage au « petit joueur de flûteau » de Georges Brassens.

  • Le passé recyclé

    Le passé recyclé

    Les dinosaures disparus, l’humanité évanouie,
    La prochaine civilisation trouvera ses nouvelles clefs.
    Dans un rêve, il m’est apparu que des êtres épanouis
    Vivaient avec délectation dans nos plastiques recyclés.

    Illustration de Filip Hodas.

  • Futurologie

    Futurologie

    Demain promet monts et merveilles à l’enfant qui vit aujourd’hui,
    Grisé par l’orgueil goguenard d’une impudente technologie.
    Une fois sonné le réveil du rêve qui m’avait séduit,
    Me voici en plein cauchemar d’une techno-pathologie.

    Illustration de Anders Wenngren ou Mark Burkhardt.

  • Romance sous les tournesols

    Romance sous les tournesols

    J’aimerai cette femme en fleur qui minaudait tant d’attentions
    Que mon cœur faussait la boussole de ma raison désemparée.
    J’entends ses rires et ses pleurs, aussitôt que nous commencions
    À jouer sous les tournesols à trouver la chatte égarée.

    Tableau d’Otar Imerlishvili.

  • Poissons d’amour

    Poissons d’amour

    Ô virginité de la mer, si précieuse et si importante,
    Pour enfanter l’humanité, tu fus offerte à notre Terre !
    Ce sacrifice doux-amer qui produit la manne abondante
    Nous frappera d’insanité si nous n’en sommes dignitaires.

    « la virginité est précieuse mais elle doit enfanter – sinon elle est comme une terre frappée de stérilité. » Johannes Angelus Silesius.

    Tableau de Christina P. Wyatt.

  • Romance en blanc

    Romance en blanc

    L’amour apparaît invisible comme un fond de romance en blanc.
    Ainsi, le cœur peut dessiner une aventure inégalée,
    Suffisamment imprévisible pour un coup de foudre troublant ;
    Sel viril, sucre efféminé, pour voluptés sucrée-salées.

    Tableau d’Andrei Protsouk.

  • Juste avant la petite mort

    Juste avant la dernière étape, je m’arrêterai un moment
    Avant d’aborder la montagne où je suis sensé m’éprouver.
    Après, auront lieu des agapes avec le vin et le froment
    Partagées avec les compagnes qui seront venues m’approuver.

    Une chapelle en Slovénie.

  • Le repas des pêcheurs

    Le repas des pêcheurs

    Une habitude rituelle, comme une messe mécréante,
    Réunissait ces camarades, grands pêcheurs devant l’Éternel.
    Quelques tournées spirituelles dans l’atmosphère bienséante
    D’un troquet au bord de la rade sacraient ce repas fraternel.

    Tableau d’André Lhote.

  • L’eau bleue

    L’eau bleue

    Dans l’eau bleue de mes souvenirs toutes les couleurs se mélangent
    Dans le bleu-gris indéfini de résurgences fraternelles.
    Je n’ai vu les femmes venir qu’opportunément quand les anges
    M’ont extrait la misogynie du formatage paternel.

    Tableau d’Otto Müller.

  • Trois roses

    Trois roses

    Quatre roses font fuir le bourdon, trois roses suffisent pour l’amour.
    Une pour toi, une pour moi, une pour l’enfant approuvé.
    Et tant pis si c’est un garçon, on lui dira avec humour
    Que faute de choux, quel émoi, on a pris ce qu’on a trouvé.

    Tableau de Peter Mitchev.

  • Les châteaux Colorado

    Les châteaux Colorado

    Finalement, ces grands châteaux n’ombragent pas le paysage !
    Toutefois, bien qu’un peu profane, j’y aurais ajouté quelques tours.
    Après, cerise sur le gâteau, par un vigoureux arrosage,
    Dans cette atmosphère diaphane, un peu de verdure alentour.

    Photo d’un canyon en Arizona.

  • L’homme qui boit

    Le vin, cet aliment de l’âme, ainsi qu’ennemi de l’esprit,
    Reste aussi dangereux au corps que les croyances pour le cœur.
    Il nous réchauffe de sa flamme lorsqu’il est sagement prescrit
    Mais met les hommes en désaccord si on abuse de sa liqueur.

    Chaque fois que vous goûterez du vin avec modération,
    C’est réellement un message qui vous ressuscitera l’âme.
    Mais lorsque vous écouterez la voix de son inspiration
    Appréciez en le passage mais gare à son retour de flamme.

    Tableau de Hannibale Caracci.

  • La plume de paon

    La plume de paon

    Dans l’œil de la plume de paon tel un miroir intentionné,
    J’ai vu ce qu’exprimait son cœur contrairement à son visage.
    Bien sûr, son regard de serpent ne cherchait qu’à m’impressionner
    Pour éviter à contrecœur de me pencher vers son corsage.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Dans l’eau de la salle de bain

    Dans l’eau de la salle de bain, elle s’en fut suer toute nue
    Puis, dans la cabine de douche aux effets de brume amoureuse,
    S’introduisit son concubin, armé d’intentions soutenues,
    La baisa d’abord sur la bouche puis, d’une étreinte langoureuse.

    La suite fut l’histoire ordinaire dans un moment d’intimité
    Où les échanges de pudeurs voltigèrent à toute vapeur.
    Après cela, ils s’obstinèrent sans autre légitimité
    Que d’apprécier l’impudeur de faire l’amour dans la sueur.

    Photos de Jacob Sutton.

  • Sous le signe des montgolfières

    Dès que le bélier, monte-en-l’air, nous quitte le plancher des vaches,
    Les gémeaux font des soubresauts et le cancer, des entrechats.
    Le lion rugit de colère tandis qu’il brandit sa cravache
    Et le scorpion monte à l’assaut de la vierge percée de son chas.

    D’un courant d’air, le sagittaire jette à la mer le capricorne
    Qui se balance de tout son lest et tombe parmi les poissons.
    Ainsi l’on vit les montgolfières prendre le taureau par les cornes
    Recto-verso, d’est en ouest, le jour de la fin des moissons.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Même pas peur !

    Même pas peur !

    Quand une femme montre ses seins, ce n’est pas elle ; c’est moi qui ai peur.
    Peur de sa poitrine effrontée ; peur du pic dans mon pantalon.
    Lorsqu’elle brandit à dessein ses tétons devant ma stupeur
    Je ferme les yeux pour affronter la douceur de ses mamelons.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Germaine

    Germaine

    Je l’ai croisée mais sans la voir ; je l’ai rencontrée sans l’entendre ;
    Je l’ai aimée mais sans l’avoir ; je l’ai quittée sans la comprendre.
    Dommage, ce n’était qu’une image ; misère, elle n’était que chimère.
    Un cœur meurtri me dédommage de n’avoir su aimer ma mère.

    Tableau de Juliette Belmonte.

  • Sauvée par les coquelicots

    Par nos racines ombilicales, coupées le jour de la naissance,
    Nous ressemblons aux fleurs du vent qui prolonge nos extrémités.
    Je sais des plantes médicales, coquelicots en connaissance,
    Qui calment nos peines et nos pleurs juste par leur proximité.

    Tableau de Rudolph Carl Gorman.

  • La peinture généalogique

    La peinture généalogique

    La peinture généalogique relie toutes nos dimensions
    Vers l’infini de la naissance et l’infini des descendants
    Qu’il faut rapprocher, c’est logique, d’œuvres de mêmes prétentions
    Afin que nous prenions conscience de ce lignage transcendant.

    Tableau « sueños y naturaleza » d’Alfredo Arreguín.

  • Par la lumière

    Par la lumière

    J’aime ces anges de lumière qui nous soignent l’âme et le cœur ;
    Comme doctoresses acrobates et nous, spectateurs et patients ;
    Comme prêtresses infirmières et nous simples enfants de chœur ;
    Afin que le cirque combatte notre enthousiasme déficient !

    Photo de Matt Odom.

  • En passant

    En passant

    La mode transforme le monde et chacun fait ce qui lui plait
    Mais la tenue vestimentaire sert d’expression ou bien de masque.
    Habits neufs ou fringues immondes ? La vogue s’étale au complet
    Selon la source alimentaire ou les aspirations fantasques.

    En passant dans les rues piétonnes, j’aime bien observer les gens ;
    Je les admire ou je m’en moque selon l’effet photographique.
    Particulièrement quand détonne des jeunes femmes voltigeant
    Dans une tenue qui provoque l’envie d’un œil pornographique.

    Tableau de Josef Kote.

  • Temps illusoire

    Temps illusoire

    Les couloirs du temps s’entrecroisent selon l’humeur de mes pensées
    Comme les chambres d’un hôtel où je vivrais différemment.
    Ici, j’aimerais une belle hongroise ; là, je serais récompensé ;
    Ailleurs j’irais devant l’autel d’un dieu au bon tempérament.

    J’aurais préféré la déesse de l’amour et tous les plaisirs ;
    Le temps me joue des mauvais tours et ne m’emmène pas où je veux.
    Tantôt c’est selon mes prouesses et tantôt selon ses désirs ;
    J’en profite pour faire l’amour toutefois tant que faire se peut.

    Tableau d’Andrew Ferrez.

  • Dédoublement

    Dédoublement

    J’ai voulu prendre un pseudonyme comme imaginaire acolyte
    Mais ce nom de plume m’a pris toute ma personnalité.
    Et de peur que ne s’envenime cette situation insolite
    J’ai finalement entrepris d’en faire mon originalité.

    Tableau d’István Sándorfi.

  • En haut de l’échelle

    En haut de l’échelle

    Tandis qu’en haut de son échelle, elle se tortillait du balcon,
    Je me risquai d’évaluer le poids de son charme en tutu.
    Mais la poupée romanichelle faisait ce geste un peu abscons
    Pour éviter de saluer puis, tomber à bride abattue.

    Photo de Signe Vilstrup.

  • L’intimité et la pudeur

    La pudeur et l’intimité sont emmêlées depuis l’enfance.
    Si les moments les plus intimes appartiennent au domaine privé,
    La pudeur frôle l’inimitié et peut aller jusqu’à l’offense.
    Alors laquelle est légitime, subjectivée ou objectivée ?

    La pudeur et l’intimité sont le prix de l’évolution ;
    Elles nous rattachent à la bête, ces mammifères qui nous ressemblent.
    Par honte, par timidité, nous n’osons pas la solution
    De nous asseoir en tête-à-tête et de se mirer nus ensemble.

    Tableau d’André Lhote.

  • Vers un monde urbanisé ?

    Vers un monde urbanisé ?

    Toutes ces constructions modernes qui prétendaient nous rassurer
    En poussant les miasmes morbides accumulés autour de nous,
    Forment un monde qui nous materne avec son progrès assuré
    Mais dont les séquelles font un bide et nous font courber les genoux

    Les voies de communications nous promettent un rassemblement
    Par des campagnes politiques comme un voyage organisé.
    Les voies de la respiration en ont décidé autrement
    Par une réaction critique face à ce monde urbanisé.

    Photo de Jean-François Rauzier.