Tandis que sa petite aiguille parcours la voûte de l’horloge, Le soleil colore le ciel avec ses minutes en rayons. Et, tandis que le peintre aiguille notre regard, il s’interroge Pour capter tout le potentiel avec sa main et son crayon.
Tableau « radiant light » d’Erin Hanson sur https:mymodernmet.cominterview-erin-hanson .
Quand je conjugue au Paradis, les verbes aimer, boire et manger, Les mots prennent en genre et en nombre la marque du superlatif. La mort devient une parodie car le temps n’y peut rien changer ; Dans la lumière ou la pénombre, l’amour devient copulatif.
Quand le miroir est bien poli, l’image donne à réfléchir ; Si Droite et gauche sont inversées, haut et bas sont du même avis. Quand le miroir est en folie, sa mémoire peine à rafraîchir ; Passé, futur sont renversés et la mort revient à la vie.
Chaque musicien dans sa niche, qui son piano, sa clarinette, Qui son violon ou sa guitare, qui son tambour ou sa trompette, Qui son nourrisson qui pleurniche, qui son minet ou sa minette Porte à croire qu’il n’est pas si tard pour jouer la musique en fête.
L’encyclopédie naturelle de l’héritage de ma mère : Quelques fleurs séchées des montagnes entre les pages d’un carnet ; Des esquisses et des aquarelles de météores éphémères ; Des crépuscules sur la campagne aux tonalités incarnées.
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Le sable ne garde l’empreinte de nos pas que quelques secondes Comme l’image du passé dont il ne subsiste plus rien. Seuls les couloirs du labyrinthe que ma mémoire vagabonde Conserve les traces espacées des beaux visages aériens.
Parce que la survie des enfants dépend de la force des femmes, Leur chemin s’est couvert de roses là où ont pleuré les rebelles. On vit ce peuple triomphant renaître de l’exil infâme Parce que les Cherokee moroses se sont senties fortes et belles.
À force de nourrir l’espoir de faire ma réalisation, J’ai remarqué l’omniprésence des déceptions de mon ego. Aussi, je suis la trajectoire qu’indique mon inspiration Pour absorber, en sa présence, ma vie à tire-larigot.
« Ne nourrissez pas d’espoir de réalisation mais pratiquez toute votre vie. » – Milarepa.
L’arbre et sa réalisation me cache sa compréhension Car j’aperçois d’abord ses feuilles puis, son tronc enfin, ses racines. Quoi qu’il en soit, que je le veuille ou m’y refuse, il me fascine Car il sème la libération de toutes mes appréhensions.
« Ne confondez pas la compréhension avec la réalisation et ne confondez pas la réalisation avec la libération. » – Livre tibétain de la vie et de la mort.
D’où vient le flux de mes pensées qui m’accompagnent sur le chemin ? Est-ce que je capte l’émission de créatures de l’au-delà ? Serai-je un jour récompensé d’avoir souvent tendu la main À l’univers en rémission dans l’énergie d’un mandala ?
Moi, j’utilise les reflets que renvoient des illustrations Qui me font remonter mon âme passant par le canal du cœur. J’entends l’image me souffler le feu de l’illumination Qui va m’ouvrir comme un sésame la réflexion du chroniqueur.
Quand j’aperçois les bleus de l’âme colorer les murs des maisons Et les nuances de verdure les dissoudre dans les fourrés, Je sens la terre qui réclame le travail au fil des saisons Pour récompenser en nature les hommes qui l’ont labourée.
Tandis que de gros bâtiments, bien cloisonnés, bien empilés, Transportent autour de la Terre, les containers entrechoqués, Profitons du confinement qui nous permet de compiler Tout l’éventail et l’inventaire de ce que nous avons stocké.
Les photographies aériennes de JP et Mike Andrews.
Je n’ai de nouvelles du monde que par les yeux des opprimés Que masquent le regard partial de ceux qui se croient supérieurs. Désormais mon cœur vagabonde là où désire s’exprimer La sincérité impartiale envers les êtres dits inférieurs.
Enfant, j’ai souvent éprouvé une amitié approfondie Pour un ami imaginaire qui m’enlevait mon vague à l’âme. L’autre jour, je l’ai retrouvé, nous avions tous les deux grandis. Mais le plus extraordinaire fut qu’elle était devenue femme.
Si les robes couleurs de temps sont démodées depuis longtemps, Les robes couleurs de soleil sont obscurcies par le sommeil Et les robes couleurs de lune tombées dans la fosse commune. Seules les robes sans prétentions sont, paraît-il, en expansion.
Dans la fontaine aux souvenirs, les dieux ont perdu la mémoire Mais les déesses y ont pleuré des larmes énergétisées. Les femmes apprécient de venir dans ses ondes en robe de moire Pour sentir l’eau les effleurer d’une caresse magnétisée.
Fleur de cactus, fleur érogène, enivre mon cœur philanthrope ! Tu changes les couleurs du monde à l’envers des comptes à rebours Par l’alcool hallucinogène dont les émotions psychotropes M’initient d’une joie profonde au cérémonial de l’amour.
Dans la mythologie hellène, un homme à la flûte de pan Jouait sa musique rustique empreinte de philanthropie ; Dans la mythologie indienne, un homme à la plume de paon Jouait sa musique mystique pour en séduire les gopis.
Krishna est fréquemment montré jouant de la flûte, séduisant les gopis – les gardiennes de troupeaux.
Derrière les masques de protection et les seuils de sécurité La solitude et l’habitude cohabitent en monogamie. À moins qu’une auto-détection vers un compagnon mérité parent déshérité Ne soit accordée par l’étude de mon application d’amis.
Particulièrement à l’instant de l’aurore ou du crépuscule Quand le soleil franchit le seuil entre lumières et ténèbres, J’aime observer près de l’étang les éphémères en groupuscules Dont chaque jour porte le deuil à l’aube de la nuit funèbre.
Tandis que le raffinement de l’art de vivre et des loisirs Expose les corps au soleil des nantis stéréotypés, Je repense au confinement et cette impression de moisir En rêvassant en plein sommeil à des vacances anticipées.
Les photographies aériennes de JP et Mike Andrews.
Quand l’amour affrète un voyage, ses passagers perdent la tête Et leur sens de l’observation n’a même plus droit au couplet. Les fantasmes et ses foudroyages tonnent leurs plus grandes tempêtes Et l’instinct de conservation leur donne envie de s’accoupler.
Elle était tellement intégrée à la nature sauvagine Que son corps nu s’assimilait aux branches vives des forêts. Elle a senti à quel degré la rencontre était androgyne Car je n’ai pu dissimuler une envie qui me dévorait.
Quand je te crois bon ou mauvais, j’entre aussi en contradiction ; Le mal que tu fais pour mon bien devient un bien au cœur du mal. J’ai beau combattre et innover, tout me revient en addiction Et mon pire ennemi devient ma propre origine animale.
« Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même. » Friedrich Wilhelm Nietzsche.
Parée de robe de verdure aux plis repassés par le vent, Gaïa redevient une femme quand la nuit lui borde les pôles. Et moi, l’enfant de la nature, je guette le soleil levant Dont les premiers rayons enflamment la silhouette de son épaule.
J’espère qu’à la fin du monde, la Terre m’accordera un délai ; Le dernier jour du condamné qui pourra tout revisionner. Peut-être qu’à la dernière seconde, le moyen me sera révélé Pour enfin me dédouaner du paradis conditionné.
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Pourquoi les lucioles dansent ? Pourquoi, la nuit, les feux follets Et la Terre autour du Soleil virevolte-elle constamment ? Pourquoi les femmes en cadence et les hommes vont batifoler ? Cette force à nulle autre pareille, c’est de l’amour évidemment.
Le premier travail d’apprenti, confié aux anges de la nature, Consiste à marier les nuances pour habiller les fleurs des champs. D’une inspiration garantie par la divine signature, Chacun met toute son influence pour les fruits les plus aguichants.
La nature aime reproduire ce qui est dedans, ce qui est dehors, Pour montrer la loi de la vie universelle et souveraine. Car la Terre se plaît à séduire par une pluie de météores Sa flore en robes asservies à ses racines souterraines.
Pour la beauté d’un paysage, pour la grâce des champs de blés, Pour la majesté solennelle des arbres au-dessus des collines, Louons le divin éclairage qui règne sur cette assemblée D’une nature ainsi femelle d’une fécondation masculine.
Cette main en forme d’étoile, fruit d’une longue évolution, Capte et rayonne l’énergie d’un flux vital et nourrissant Car la lumière qui se dévoile en chaudes circonvolutions Se communique en synergie d’un magnétisme guérissant.
Quand l’homme marche vers son but, la perspective le déroute Et modifie le paysage des hypothèses de départ. Même s’il reprend au début et prête attention à sa route, Dans l’objectif qu’il envisage, il se fourvoie de part en part.
« Tout homme qui marche peut s’égarer. » Johann Wolfgang von Goethe.
Dans la céleste farandole de galaxies en rotation, Planètes et étoiles convolent souvent avec ostentation Car l’univers macrocosmique semble une danse surentraînée Entre trous noirs pléonasmiques et les comètes en traînées.
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Dans la nature hermaphrodite, la vie a pris l’autre chemin Finie la lutte entre les sexes, chaque être humain s’est transformé. On le dit beau comme Aphrodite ou belle comme un dieu romain Débarrassé de ses complexes et de ses lois à réformer.
Une seule dormeuse se réveille et sort les autres du sommeil. Une seule gardienne d’espoir saura à temps le transférer. Ainsi partout, une fée veille guettant le lever de soleil Pour effacer le désespoir au cœur des hommes conféré.
Ainsi la fée photogénique traite son corps d’un composé Qui a trempé dans les eaux noires macéré de toiles d’araignées ; Baignée de fontaine hygiénique, ointe de goutte de rosée, La fille, nue dans sa baignoire, laisse son corps s’en imprégner.
Hommes et femmes, contre leur gré, pour éviter un mal immonde, Souvent agissent à contrecœur et même à leur corps défendant. Car il est fou et dénigré celui qui croit changer le monde Même s’il y met tout son cœur et même à son sang répandant.
Dans mes retraites imposées dans une chambre d’hôpital Ou assigné à la maison, j’ouvre ma porte imaginaire. J’y vis des mythes transposés selon mon espace vital Car il n’y a aucune raison que ce ne soit extraordinaire.
Lorsque s’éveille la lumière par petites touches timides, Le ciel fait pâlit lentement son aurore réfléchissante ; Les oiseaux saluent les premières lueurs de leurs niches humides Et, la mer, l’ensanglantement des vaguelettes frémissantes.
Sous les ponts de pleine lumière, le soleil reprend l’ascendance Sur la nuit vaincue qui retire ses ombres indéfinissables. Les femmes ouvrent leurs chaumières, les hommes sortent en cadence Et les activités soutirent au temps son vol insaisissable.
Lorsque s’assoupit la lumière, vient la magie du crépuscule Et les couleurs en demi-teinte favorisent l’intimité. Les habitudes coutumières égayent, le soir en groupuscules, Le charme d’une ville éteinte d’une quiétude illimitée.
La Déesse-Mère ne m’apparaît que dans mes souvenirs d’enfance ; Elle règne depuis l’éternité et nul n’en connaît l’origine. Dans ma mémoire, elle transparaît comme un oisillon sans défense En quête de maternité et tout l’amour que j’imagine.
La Déesse-Femme, plus mystérieuse, appartient aux temples sacrés Dont l’accès, toujours difficile, impose des nombreuses épreuves. Selon l’humeur, douce ou furieuse, j’ai le devoir d’y consacrer Toutes mes forces, être docile et surtout bien faire mes preuves.
La Déesse-Fille, plus naturelle, use de son chant de sirène Pour m’attirer, moi l’étalon, à préparer l’avènement. Déjà si jeune mais structurelle, elle apprend vite à être reine Et rayonner dans mon salon comme un heureux événement
L’amour m’invite à un voyage qui métamorphose le cœur Et me déshabille le corps pour revêtir d’autres usages. Comme un indicible effeuillage entre deux tourtereaux moqueurs Qui s’aimeront toujours plus fort selon le gré des paysages.
Des anges vivent en synergie dans l’univers immatériel Derrière le mur de lumière ceint de l’impénétrable voile. Leurs échos de champs d’énergie trouent l’espace-temps vectoriel Dont l’éternité coutumière procrée des fontaines d’étoiles.
Quand elle est partie en éclat, tous mes souvenirs explosèrent Comme une réaction en chaîne dans ma mémoire fracturée. Puis, le silence m’encercla, lourd comme des plombs de misère Tombent la nuit lacrymogène sur ce départ prématuré.
Quand il est parti, immobile, toutes les voix de mon enfance L’ont appelé dans les couloirs de mes souvenirs amnésiques. Quelques fragments indélébiles, mêlés de tristesse et d’offense, Sur l’envol qui, sans le vouloir, laisse une trace anesthésique.
Odeurs de vanille et cannelle sourdent de l’imagination Avec les images exotiques des îles où l’on vit en couleurs. Mais les aventures charnelles qui charment avec fascination S’opposent aux tabous érotiques et l’ilotisme de douleur.
J’ai longtemps poursuivi la quête de mon idéal féminin Qui ressemblait à s’y méprendre à celle qui m’était destinée. C’est après des années d’enquêtes que compris qu’il est bénin De laisser mon cœur se surprendre par une image déterminée.
Plus l’épreuve a de gravité, plus notre résistance casse Et plus la force centrifuge permet de briser nos limites. Ainsi notre longévité dépend de ce qui nous surpasse Et nous fait quitter le refuge d’un monde qui n’était qu’un mythe.
Quand le messager de l’amour quitte la volière du cœur, L’esprit se dissout dans les nues, le corps et l’âme s’insupportent. Plus tard, à la tombée du jour, les ombres étirent la rancœur Évoquant la croix contenue sur la tombe des amours mortes.
Santorini, à l’heure rose, des sentinelles en silence Gardent l’accès au belvédère, sereinement à pas feutrés. Dans le crépuscule morose, les protecteurs en vigilance Prennent la pose légendaire, dos rond, sur la place, vautré.
Souvent, juste au sortir du rêve, la dernière image s’envole Et je n’arrive à en saisir aucune des extrémités. Rêvée si forte pourtant si brève, elle se meurt dans l’aube frivole Et malgré mon plus cher désir, rien n’en reste à proximité.