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  • Le thé aux souvenirs

    Le thé aux souvenirs

    À l’heure du thé
    À l’heure bleutée
    Vont les souvenirs
    Pour se soutenir.

    L’affection du père,
    L’amour d’une mère,
    L’écho d’une sœur,
    Caressent le cœur.

    Eux au paradis,
    Son thé refroidit.
    Son père et sa mère,
    Son thé est amer.

    Mais ce jour encore
    Elle parle aux morts
    Qui renvoient l’espoir
    En pensée du soir.

    Tableau de Gorshunova Tatiana.

  • Marie-la-Rose – 1

    Marie-la-Rose - 1

    Les roses forment un beau bouquet surtout lorsqu’elles sont jolies ;
    Les amours riment en beaux couplets quand on s’embrasse à la folie.

    Les filles pleurent à gros sanglots, particulièrement les plus rebelles ;
    Les garçons s’en font des tableaux, principalement pour les plus belles.

    Les parfum des fleurs envoûtant pourrait pousser à la névrose
    Le charme d’une fille déroutant, surtout celui de Marie-la-Rose.

    Le noir et blanc reste à l’honneur pour les plus tristes souvenirs ;
    L’amour en rose fait le bonheur quand il est couleur d’avenir.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • Le temps des copains (et des chats)

    Que revienne le temps des copines, que reviennent le temps des copains
    Et les longues nuits où les chattes se languissaient de leurs minets !
    Quand il y avait trop de cuisine, on conviait aussi les voisins
    Chacun sa cruche, chacun sa jatte, chacune sa pipe, son robinet.

    Les deux balançoires, ajustées à l’impudence des regards,
    Permettaient à ces demoiselles, en se caressant le minou,
    D’harceler et tarabuster tous les garçons un peu hagards
    Qui lorgnaient le dieu des pucelles tout en se mettant à genoux.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • Confinement indiscret

    Confinement indiscret

    Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours,
    M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême !
    Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd
    Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Le vol à poil

    Le vol à poil

    Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail
    Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles.
    Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail :
    Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Les cycles romantiques

    Les cycles romantiques

    Godelureau à bicyclette rêverait d’amour à vélo,
    Elle derrière et lui devant, pour pédaler jusqu’à vau-l’eau.
    Si tu veux être ma Juliette, j’incarnerai ton Roméo
    Et nous irons contre le vent en tandem ou en pédalo.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Café Van Gogh

    Café Van Gogh

    Conforme au café de Vincent, situé place du forum,
    J’y convierai une amie peindre avec ses toiles et ses pinceaux.
    Sans trop de monde effervescent mais avec tout le décorum
    Pour que nous puissions nous étreindre sous les arcanes provençaux.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Les sorcières bleu nuit

    Durant une profonde nuit pareille à la guerre qui fit rage,
    Entends-tu les femmes intrépides qui luttent contre l’infamie ?
    Malgré le froid qui s’introduit et leur lacère le visage
    Et leur carcasse qui trépide sous l’assaut des balles ennemies.

    Depuis, leurs fantômes bleu-nuit reviennent rôder dans les parages
    Sur le sol gelé rougissant que leurs avions ont percuté.
    À l’heure fortuite – minuit – dans ce sinistre paysage,
    On entend l’écho rugissant de leurs cris se répercuter.

    Quelques sites internet à propos des sorcières de la nuit :
    https:www.curieuseshistoires.netles-sorcieres-de-la-nuit

    https:fr.rbth.comarthistoire20150417les_sorcieres_de_la_nuit_aux_trousses_de_laviation_allemande_33437

    https:fr.wikipedia.orgwiki588_NBAP

    Tableaux de Sophie Lécuyer.

  • Trémoussement à l’eau de prose

    Trémoussement à l’eau de prose

    Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande.
    L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement.
    Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande
    Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.

    Tableau de Owen Claxton.

  • La nuit des géants

    La nuit des géants

    Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant
    D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire.
    Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants
    Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.

    Dessin de Diana Sudyka.

  • À la vitesse d’un cheveu au galop

    À la vitesse d’un cheveu au galop

    Afin de trouver le sommeil troublé par l’esprit qui galope,
    Mon anima lâche la bride à ses soucis en écheveaux.
    Alors les chagrins sans soleil des bleus de l’âme nyctalopes
    Quittent ce cauchemar hybride un peu tiré par les chevaux.

    Tableau de Malwina de Brade.

  • L’écoute profonde

    L’écoute profonde

    Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée
    Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde.
    Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée
    Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • L’écoute des mains

    À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ;
    Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires.
    Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air
    Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • Jouer à attraper le soleil

    Jouer à attraper le soleil

    Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour,
    Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament.
    Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure
    L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • Rêve de vestale – 2

    Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon,
    Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent.
    Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons
    Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Rêve de vestale – 1

    Rêve de vestale - 1

    Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix
    Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes.
    Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie
    En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Les trois vestales – 2

    Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés,
    Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil
    Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée
    Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil

    Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament
    Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines
    Si vive et communicative, elle sera mille fois maman
    Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen

    Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents,
    Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons.
    Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents
    La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.

    Tableaux de Maxfield Parrish.

  • Les trois vestales – 1

    Quand la terrienne des vestales abandonna le feu sacré
    Pour délaisser le feu des hommes et préférer le feu des dieux,
    Assise sur le piédestal d’une montagne consacrée,
    Elle offrit, nue, ses chromosomes à cet amant si radieux.

    Quand l’aérienne des vestales abandonna sa chasteté
    Pour se présenter, impudique, braver la colère des dieux,
    Sur les montagnes de cristal, elle ne put que constater
    Qu’avec ou même sans tunique, le feu du ciel est fastidieux.

    Quand la sirène des vestales remonta le cours des rivières,
    Elle parcourut monts et vallées jusqu’à atteindre les sommets.
    Sur un fond de carte postale baigné par un lac de Bavière,
    Sous l’amant de feu, affalée, elle put, son l’amour, consommer.

    Tableaux de Maxfield Parrish.

  • Codes de femmes

    Codes de femmes

    Sein noir, sein blanc, bien ressemblant ; sein blanc, sein noir, bonne mémoire.
    Bras blanc devant, contre le vent ; bras noir derrière, pour la guerrière.
    Selon le code, aux antipodes, la femme est tendre à qui sait l’entendre
    Selon le signe, la femme est digne, c’est le tatoo qui vous dit tout.

    Un tatouage sur le visage, bien plus joli qu’un maquillage ;
    Un serpent sur une cheville, le diable se recroqueville ;
    Un papillon sur le bassin, le charme opère à dessein ;
    Un cœur aux parties génitales, un coup de la femme fatale.

    Tatouages de Blanca Miró Skoudy.

  • La fille aux quatre saisons

    La fille aux quatre saisons

    Malgré sa coiffure d’automne que le printemps ne fleurit pas,
    Ses deux mamelons qui bourgeonnent lui donnent un air de renaissance.
    Fasse que l’été déboutonne la belle montrant ses appas
    Et que l’hiver me pelotonne contre ses seins en turgescence !

    Tableau de Henry Asencio.

  • Tissus à fleurs et vents de couleurs

    Tissus à fleurs et vents de couleurs

    Nouvelle mode de saison ; la Terre change sa garde-robe.
    Adieu manteaux d’hermine blancs et châles en brumes évanouies !
    Le dieu-printemps crée sans raison les plus extravagantes robes
    Dont il va fleurir l’arrière-plan de nos collines épanouies.

    Photo « California Wildflowers » de Ryan Resatka.

  • Pause-café

    Pause-café

    Le grand plaisir en garçonnière consiste à offrir un café
    À une jeune femme dévêtue pour en mêler les deux arômes.
    L’élixir de la cafetière produit robustesse et effet
    Lorsque sa bouche a revêtu de sa langue le sexe de l’homme.

    Tableau « Valerie and the omani coffee pot » de Ken Howard.

  • Légère et court vêtue

    Légère et court vêtue

    Toujours légère et court vêtue, reposée sur son coussinet,
    Notre laitière ainsi troussée, n’ose pas tout recommencer.
    Assez triste et fort abattue, pense à son mari « Poussinet »
    Qui, pas du tout l’air courroucé, a préféré l’ensemencer.

    Ainsi, tant va la cruche à l’eau, le pot-au-lait et la Perrette,
    Toutes les belles intentions finissent un jour par se briser.
    Si le mari n’est pas salaud et la femme pas trop simplette
    Un petit câlin plein d’attentions et tout sera cicatrisé !

    Tableau de Nelina Trubach-Moshnikova.

  • Entre conscience et inconscience

    Entre conscience et inconscience

    Entre l’instant où je m’éveille et le moment où je m’endors
    L’instant précis où la conscience et l’inconscience changent de rôles,
    Vit le plaisir qui s’émerveille de vivre sous un soleil d’or,
    Meurt la peur de la subconscience qui, à l’insu, prend le contrôle.

    Tout ce qui naît, qui vit qui meurt, touche mes rêves éphémères.
    La peur qui grandit, que j’affronte, dont le combat va me nourrir.
    L’amour qui éclos dans mon cœur dont je deviendrais père ou mère
    Joie et colère qui se confrontent mais finissent aussi par mourir.

    Tableau de Susan Seddon-Boulet.

  • Le songe d’Aurore

    Le songe d’une nuit d’été dans un palanquin de nature
    Bercé par la brise du vent, bordé par la voûte céleste,
    Offre un écrin à satiété à tous les désirs d’aventure
    Tant que le rêve est captivant et que se prolonge la sieste.

    Tableau « Été » – 1908 de Maxfield Parrish.

  • Contentement au point du jour

    D’initiatrice à initiée, se transmet l’illumination
    D’un salut au soleil levant ou au départ d’un crépuscule.
    Ainsi les rayons nourriciers remplissent le cœur d’humiliation
    Par ces points du jour émouvants aussi géants que minuscules.

    Tableau « Contentement » – 1927 de Maxfield Parrish.

  • L’intelligence de la peur

    L’intelligence de la peur

    Le plus grand signe d’intelligence se révèle lorsque j’ai peur.
    Peur du danger, peur de mourir, peur de ma dernière seconde.
    La vie possède l’intransigeance de protéger ce que le cœur
    Tient à aimer et à chérir ce qu’il a de plus précieux au monde.

    Tableau de Helena Nelson-Reed.

  • Les deux âmes

    Les deux âmes

    La première âme, liée au corps, bat comme un cheval au galop ;
    La deuxième âme, libre d’attache, s’envole comme l’oiseau au soleil.
    Ainsi l’empreinte de la mort libère l’une dans un halo
    Tandis que l’autre se détache pour regagner le grand sommeil.

    Tableau de Helena Nelson-Reed.

  • Beauté exotique

    Beauté exotique

    Sa beauté vierge réhaussée d’un masque autour de son visage
    Et ses cheveux de jais coiffés d’une floraison exotique,
    Mademoiselle a exaucé mon goût pour les beaux paysages ;
    Moi, qui était tant assoiffé d’azur et de fleurs érotiques.

    Seulement voilà ! Elle est pirate, fille du corbeau noir iroquois.
    Son masque bleu n’est que peinture pour porter un regard amer
    En évoquant l’or disparate scellés aux coffres zurichois
    Qu’elle dissimule dans sa ceinture et qu’elle jette à tout va dans la mer.

    Tableau de Tom Bagshaw.

  • Au secours !

    Au secours !

    Ami, entends-tu les rumeurs tandis que tu es confiné ?
    Ami, que se passe-t-il dehors quand tu regardes à l’intérieur ?
    Ami, es-tu de bonne humeur si tu sais que tout est combiné ?
    Ami, la boîte de Pandore s’est répandue à l’extérieur.

    En six mois, le coronavirus n’aurait pas fait autant de morts
    Que la moyenne de décès observés dans une journée.
    Pas plus de victime non plus – ce n’est pas un nouveaux record –
    Que les grippes qui ont progressé depuis les dernières années.

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Rêves célestes et confinés

    Rêves célestes et confinés

    Tandis que le confinement tombe comme un drôle de printemps,
    L’humanité découvre alors la vie en paradis fermé.
    On pousse le raffinement de dormir enfin pour cent ans
    Et on rêve en Technicolor jusqu’à plus soif, c’est confirmé.

    En marge du confinement, il est en retard, ce printemps !
    J’aurai attendu plus d’un mois pour voir ses premières couleurs.
    L’hiver s’est dit : « Finalement, je vais durer un peu plus longtemps ! »
    C’est ce qui s’est passé chez moi dans la grisaille et la douleur.

    Tableau « Rêves célestes » de Jahar Dasgupta.

  • Épona

    Épona

    Les dieux quelquefois misogynes se font de véritables écheveaux
    Avec les femmes et les juments qui mettent au monde les héros.
    D’une rencontre sauvagine, Épona, déesse des chevaux,
    Naquit ainsi se présumant d’un phénomène in utero

    Tableau « Épona, déesse des chevaux » de Helena Nelson-Reed.

  • Joli loup

    Joli loup

    Heureusement, les jolis masques ne masquent pas les jolis yeux
    Ni ne camouflent la beauté malgré le nez, malgré la bouche.
    Finalement, ce que démasque ce joli loup bien capricieux
    Fait la moue encharibotée qui nous avertit d’un « pas touche ! »

    Car l’œil du diable dissimulé au milieu de plumes de paon
    Surveille les moments intimes d’un fol regard qui épouvante.
    Mais il peut aussi stimuler l’envie par ces yeux de serpent
    Qui hypnotisent leur victime avant de la croquer vivante

    Enchariboté : embarrassé.

    Tableau de Helena Nelson-Reed.

  • La peinture colorisée

    La peinture colorisée

    Dans le temps, à Casablanca, elle peignait des gens de couleur
    Puis, à Paris, désabusée, elle ne peignit qu’en noir et blanc.
    Tous les tableaux qu’elle flanqua de cadres assez racoleurs
    Sont désormais dans un musée, colorisés, c’est affublant !

    Illustration de Pyotr Pinkisevich.

  • Les femmes de mon immeuble – 2

    Je n’ai pas tout compris mais ma jolie voisine
    M’a, en suisse-allemand, demandé quelque chose
    Et le diable m’a pris ; au seuil de la cuisine,
    Je l’ai finalement baisée sur ses joues roses.

    Je ne saurai jamais ce qu’elle demandait
    Car la belle a rougi puis, mes fesses bottées.
    Elle m’a déclamé que ce qu’elle quémandait
    N’était qu’une bougie car ses plombs ont sauté.

    Tableaux de Julia Klimova.

  • Les femmes de mon immeuble – 1

    Si l’amour rend aveugle, la masturbation sourd,
    J’y perds le sens du goût et celui du toucher.
    Ainsi dans mon immeuble, je passe un bon séjour
    Car je n’ai pas beaucoup l’occasion de coucher.

    Par quel fichu prétexte faire le premier pas
    Pour que l’amour m’attrape et que le cœur m’emporte ?
    J’ai commencé ce texte car je n’y croyais pas
    Or voici que l’on frappe doucement à ma porte.

    Tableaux de Julia Klimova.

  • Cher paon !

    Dissimulé dans ses ocelles pour ses femelles, « l’œil du diable »
    Montre l’oiseau qui fait la roue plus séducteur que le serpent.
    Sa danse nuptiale ensorcelle, fascination irrémédiable,
    Et suscite bien des rendez-vous pour l’amour des plumes de paon.

    Tableau de Michelle Starla.

  • Fondu dans le décor

    Fondu dans le décor

    Que sera mon fantôme devenu, une fois fondu dans le décor ?
    Que restera-t-il de mon passage et l’empreinte de mon apparence ?
    Longtemps je me suis abstenu de penser où irait mon corps
    Mais j’ai appris auprès des sages qu’il faut jouer la transparence.

    Tableau « seeing both ways » de Michael Carson.

  • Touchons du bois !

    Touchons du bois !

    Tant que Jésus est parmi nous, il convient de toucher du bois
    Pour conjurer le mauvais sort du sacrifice de la croix.
    Ainsi, se toucher le minou, jouerait un peu le contrepoids
    Pour Marie qui permit l’essor de la chrétienté qui s’accroît.

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Qui aime qui ?

    Qui aime qui ?

    Est-ce que le corps aime le corps car il est seulement attiré
    Par l’instinct de procréation de ses gènes d’évolution ?

    Est-ce que le cœur aime le cœur par la folie des sentiments
    Qui forgent les histoires d’amour jusqu’à la passion et la haine ?

    Est-ce que l’esprit aime l’esprit pour partager ses illusions,
    Pour voir ses idées triompher et sa mémoire perdurer ?

    Est-ce que l’âme n’aime que l’âme qui ne cherche que la vérité
    L’amour de Dieu, le créateur, l’amour des lois de l’univers ?

    Est-ce que l’homme aime la femme par la nature de son sexe
    Ou sa nature divinisée par un amour à l’infini ?

    Tableau de Alex Alemany.

  • Bienvenue aux migrants

    Bienvenue aux migrants

    Chères abeilles et libellules, chers kangourous et plantigrades,
    Chères espèces disparues, chers martyrs d’extermination !
    On vous prépare vos cellules loin de vos terres rétrogrades
    Dès que vous aurez comparu devant nos déterminations.

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • L’amour me met en appétit

    L’amour me met en appétit

    Tour le plaisir de la gastronomie lorsque j’ai l’estomac dans les talons
    Aspire à m’apporter la satiété après une heure ou deux de digestion.
    Tout de désir d’une belle anatomie d’une femme nue chevauchant l’étalon
    M’inspire à étendre la société après neuf mois de saine gestation.

    Tableau de Jose Luis Fuentetaja.

  • Le mystère féminin

    Le mystère féminin

    Que de mystère autour du fait que le plaisir au féminin
    Se conjugue avec des caresses accordées aux préliminaires !
    Car l’amour au plus-que-parfait est une sorte de venin
    Qui ne souffre d’aucune paresse pour faire jouir sa partenaire.

    Tableau d’Ines Honfi sur https:ineshonfi.compagesfeminine-mystery .

  • Dans les roses

    Dans les roses

    Puisqu’une fille naît dans les roses, il vaudrait mieux soigner les fleurs
    Et pour qu’elles soient toujours belles, les arroser trois fois par jour.
    Si vous avez le cœur morose durant une averse de pleurs,
    Prenez vos râteaux et vos pelles pour semer vos graines d’amour.

    Tableau d’Irene Sheri.

  • Soleil spiral

    Soleil spiral

    Si cette année, les tournesols ont du mal à trouver le nord,
    Malgré leur célèbre boussole dont la nature les honore,
    Cela implique une éruption – non pas solaire – plutôt virale –
    Qui leur fait prendre la rotation du soleil pour une spirale.

    Tableau de Lynne Valeri.

  • Si brièvement

    Si brièvement

    Elle m’apparaît brièvement dans le tissu de mes nuitées
    Entre les plis de mon sommeil et la boutonnière des rêves.
    J’en suis puni grièvement car, malgré sa continuité,
    Ce qu’elle me chuchote à l’oreille, disparaît de façon trop brève.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • Sortie du cadre

    Sortie du cadre

    Une fois l’amour rencontré, laissons-le sortir de son cadre,
    Nous surprendre et nous entraîner vers de nouvelles expériences.
    Changer de lieux et de contrées puis, le promouvoir chef d’escadre
    Pour voir sa maison engrenée d’un avenir de luxuriance.

    Tableau de Michael Carson.

  • La femme de près

    L’éternel féminin, de près, apparaît plus intimidant.
    Comme si son visage d’ange contenait l’essence divine.
    Précisément, c’est fait exprès, Dieu l’a placée devant Adam
    Pour lui permettre des échanges ; du moins, il faut qu’il le devine.

    De près, elle a toujours raison, elle est maîtresse en sa maison
    Elle sait tout, elle voit tout, elle entend tout, elle est partout
    « Pas d’autre déesse que moi, tu nourriras au fil des mois ! »
    Quelle aubaine, je le conçois, d’avoir son petit Dieu chez soi.

    Tableau de Michael Carson.

  • La femme de loin

    L’éternel féminin, de loin, c’est comme Dieu dans une église.
    On ne sait comment lui parler et, encore moins, l’écouter.
    À proximité son conjoint, ou ses enfants, lui fidélisent
    L’obligation de pourparlers sous peine d’être débouté.

    Peut-être que parler « des femmes » au pluriel fixe des distances
    Sous peine d’être considérées « épouses », « mères » ou « concubines ».
    Mais le côté le plus infâme, dans notre moderne existence,
    C’est de les avoir libérées pour les envoyer à l’usine.

    Tableau de Michael Carson.

  • Le Chapeau Semaine

    Le Chapeau Semaine

    Un ruban de sable et d’azur pour se remémorer la mer ;
    Des rubans de toutes natures pour calmer ses chagrins d’amour ;
    Enfin, pour faire bonne mesure, mais cousus de façon sommaire,
    Quelques boutons qui, d’aventure, avaient connu de meilleurs jours.

    Elle l’appelait son « Chapeau Semaine » car elle l’avait raccommodé
    En cousant lundi et mardi puis, faufilé jusqu’au dimanche.
    Si jamais un énergumène essayait de l’incommoder,
    En trois coups de ciseaux, pardi, elle s’en accaparait les manches.

    Dessin de Aliona Nalivkina.