Que revienne le temps des copines, que reviennent le temps des copains Et les longues nuits où les chattes se languissaient de leurs minets ! Quand il y avait trop de cuisine, on conviait aussi les voisins Chacun sa cruche, chacun sa jatte, chacune sa pipe, son robinet.
Les deux balançoires, ajustées à l’impudence des regards, Permettaient à ces demoiselles, en se caressant le minou, D’harceler et tarabuster tous les garçons un peu hagards Qui lorgnaient le dieu des pucelles tout en se mettant à genoux.
Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours, M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême ! Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.
Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles. Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail : Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »
Godelureau à bicyclette rêverait d’amour à vélo, Elle derrière et lui devant, pour pédaler jusqu’à vau-l’eau. Si tu veux être ma Juliette, j’incarnerai ton Roméo Et nous irons contre le vent en tandem ou en pédalo.
Conforme au café de Vincent, situé place du forum, J’y convierai une amie peindre avec ses toiles et ses pinceaux. Sans trop de monde effervescent mais avec tout le décorum Pour que nous puissions nous étreindre sous les arcanes provençaux.
Durant une profonde nuit pareille à la guerre qui fit rage, Entends-tu les femmes intrépides qui luttent contre l’infamie ? Malgré le froid qui s’introduit et leur lacère le visage Et leur carcasse qui trépide sous l’assaut des balles ennemies.
Depuis, leurs fantômes bleu-nuit reviennent rôder dans les parages Sur le sol gelé rougissant que leurs avions ont percuté. À l’heure fortuite – minuit – dans ce sinistre paysage, On entend l’écho rugissant de leurs cris se répercuter.
Quelques sites internet à propos des sorcières de la nuit : https:www.curieuseshistoires.netles-sorcieres-de-la-nuit
Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande. L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement. Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.
Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire. Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.
Afin de trouver le sommeil troublé par l’esprit qui galope, Mon anima lâche la bride à ses soucis en écheveaux. Alors les chagrins sans soleil des bleus de l’âme nyctalopes Quittent ce cauchemar hybride un peu tiré par les chevaux.
Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde. Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.
À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ; Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires. Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.
Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour, Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament. Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.
Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon, Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent. Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.
Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes. Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.
Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés, Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil
Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines Si vive et communicative, elle sera mille fois maman Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen
Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents, Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons. Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.
Quand la terrienne des vestales abandonna le feu sacré Pour délaisser le feu des hommes et préférer le feu des dieux, Assise sur le piédestal d’une montagne consacrée, Elle offrit, nue, ses chromosomes à cet amant si radieux.
Quand l’aérienne des vestales abandonna sa chasteté Pour se présenter, impudique, braver la colère des dieux, Sur les montagnes de cristal, elle ne put que constater Qu’avec ou même sans tunique, le feu du ciel est fastidieux.
Quand la sirène des vestales remonta le cours des rivières, Elle parcourut monts et vallées jusqu’à atteindre les sommets. Sur un fond de carte postale baigné par un lac de Bavière, Sous l’amant de feu, affalée, elle put, son l’amour, consommer.
Sein noir, sein blanc, bien ressemblant ; sein blanc, sein noir, bonne mémoire. Bras blanc devant, contre le vent ; bras noir derrière, pour la guerrière. Selon le code, aux antipodes, la femme est tendre à qui sait l’entendre Selon le signe, la femme est digne, c’est le tatoo qui vous dit tout.
Un tatouage sur le visage, bien plus joli qu’un maquillage ; Un serpent sur une cheville, le diable se recroqueville ; Un papillon sur le bassin, le charme opère à dessein ; Un cœur aux parties génitales, un coup de la femme fatale.
Malgré sa coiffure d’automne que le printemps ne fleurit pas, Ses deux mamelons qui bourgeonnent lui donnent un air de renaissance. Fasse que l’été déboutonne la belle montrant ses appas Et que l’hiver me pelotonne contre ses seins en turgescence !
Nouvelle mode de saison ; la Terre change sa garde-robe. Adieu manteaux d’hermine blancs et châles en brumes évanouies ! Le dieu-printemps crée sans raison les plus extravagantes robes Dont il va fleurir l’arrière-plan de nos collines épanouies.
Le grand plaisir en garçonnière consiste à offrir un café À une jeune femme dévêtue pour en mêler les deux arômes. L’élixir de la cafetière produit robustesse et effet Lorsque sa bouche a revêtu de sa langue le sexe de l’homme.
Tableau « Valerie and the omani coffee pot » de Ken Howard.
Toujours légère et court vêtue, reposée sur son coussinet, Notre laitière ainsi troussée, n’ose pas tout recommencer. Assez triste et fort abattue, pense à son mari « Poussinet » Qui, pas du tout l’air courroucé, a préféré l’ensemencer.
Ainsi, tant va la cruche à l’eau, le pot-au-lait et la Perrette, Toutes les belles intentions finissent un jour par se briser. Si le mari n’est pas salaud et la femme pas trop simplette Un petit câlin plein d’attentions et tout sera cicatrisé !
Entre l’instant où je m’éveille et le moment où je m’endors L’instant précis où la conscience et l’inconscience changent de rôles, Vit le plaisir qui s’émerveille de vivre sous un soleil d’or, Meurt la peur de la subconscience qui, à l’insu, prend le contrôle.
Tout ce qui naît, qui vit qui meurt, touche mes rêves éphémères. La peur qui grandit, que j’affronte, dont le combat va me nourrir. L’amour qui éclos dans mon cœur dont je deviendrais père ou mère Joie et colère qui se confrontent mais finissent aussi par mourir.
Le songe d’une nuit d’été dans un palanquin de nature Bercé par la brise du vent, bordé par la voûte céleste, Offre un écrin à satiété à tous les désirs d’aventure Tant que le rêve est captivant et que se prolonge la sieste.
D’initiatrice à initiée, se transmet l’illumination D’un salut au soleil levant ou au départ d’un crépuscule. Ainsi les rayons nourriciers remplissent le cœur d’humiliation Par ces points du jour émouvants aussi géants que minuscules.
Tableau « Contentement » – 1927 de Maxfield Parrish.
Le plus grand signe d’intelligence se révèle lorsque j’ai peur. Peur du danger, peur de mourir, peur de ma dernière seconde. La vie possède l’intransigeance de protéger ce que le cœur Tient à aimer et à chérir ce qu’il a de plus précieux au monde.
La première âme, liée au corps, bat comme un cheval au galop ; La deuxième âme, libre d’attache, s’envole comme l’oiseau au soleil. Ainsi l’empreinte de la mort libère l’une dans un halo Tandis que l’autre se détache pour regagner le grand sommeil.
Sa beauté vierge réhaussée d’un masque autour de son visage Et ses cheveux de jais coiffés d’une floraison exotique, Mademoiselle a exaucé mon goût pour les beaux paysages ; Moi, qui était tant assoiffé d’azur et de fleurs érotiques.
Seulement voilà ! Elle est pirate, fille du corbeau noir iroquois. Son masque bleu n’est que peinture pour porter un regard amer En évoquant l’or disparate scellés aux coffres zurichois Qu’elle dissimule dans sa ceinture et qu’elle jette à tout va dans la mer.
Ami, entends-tu les rumeurs tandis que tu es confiné ? Ami, que se passe-t-il dehors quand tu regardes à l’intérieur ? Ami, es-tu de bonne humeur si tu sais que tout est combiné ? Ami, la boîte de Pandore s’est répandue à l’extérieur.
En six mois, le coronavirus n’aurait pas fait autant de morts Que la moyenne de décès observés dans une journée. Pas plus de victime non plus – ce n’est pas un nouveaux record – Que les grippes qui ont progressé depuis les dernières années.
Tandis que le confinement tombe comme un drôle de printemps, L’humanité découvre alors la vie en paradis fermé. On pousse le raffinement de dormir enfin pour cent ans Et on rêve en Technicolor jusqu’à plus soif, c’est confirmé.
En marge du confinement, il est en retard, ce printemps ! J’aurai attendu plus d’un mois pour voir ses premières couleurs. L’hiver s’est dit : « Finalement, je vais durer un peu plus longtemps ! » C’est ce qui s’est passé chez moi dans la grisaille et la douleur.
Les dieux quelquefois misogynes se font de véritables écheveaux Avec les femmes et les juments qui mettent au monde les héros. D’une rencontre sauvagine, Épona, déesse des chevaux, Naquit ainsi se présumant d’un phénomène in utero
Tableau « Épona, déesse des chevaux » de Helena Nelson-Reed.
Heureusement, les jolis masques ne masquent pas les jolis yeux Ni ne camouflent la beauté malgré le nez, malgré la bouche. Finalement, ce que démasque ce joli loup bien capricieux Fait la moue encharibotée qui nous avertit d’un « pas touche ! »
Car l’œil du diable dissimulé au milieu de plumes de paon Surveille les moments intimes d’un fol regard qui épouvante. Mais il peut aussi stimuler l’envie par ces yeux de serpent Qui hypnotisent leur victime avant de la croquer vivante
Dans le temps, à Casablanca, elle peignait des gens de couleur Puis, à Paris, désabusée, elle ne peignit qu’en noir et blanc. Tous les tableaux qu’elle flanqua de cadres assez racoleurs Sont désormais dans un musée, colorisés, c’est affublant !
Je n’ai pas tout compris mais ma jolie voisine M’a, en suisse-allemand, demandé quelque chose Et le diable m’a pris ; au seuil de la cuisine, Je l’ai finalement baisée sur ses joues roses.
Je ne saurai jamais ce qu’elle demandait Car la belle a rougi puis, mes fesses bottées. Elle m’a déclamé que ce qu’elle quémandait N’était qu’une bougie car ses plombs ont sauté.
Si l’amour rend aveugle, la masturbation sourd, J’y perds le sens du goût et celui du toucher. Ainsi dans mon immeuble, je passe un bon séjour Car je n’ai pas beaucoup l’occasion de coucher.
Par quel fichu prétexte faire le premier pas Pour que l’amour m’attrape et que le cœur m’emporte ? J’ai commencé ce texte car je n’y croyais pas Or voici que l’on frappe doucement à ma porte.
Dissimulé dans ses ocelles pour ses femelles, « l’œil du diable » Montre l’oiseau qui fait la roue plus séducteur que le serpent. Sa danse nuptiale ensorcelle, fascination irrémédiable, Et suscite bien des rendez-vous pour l’amour des plumes de paon.
Que sera mon fantôme devenu, une fois fondu dans le décor ? Que restera-t-il de mon passage et l’empreinte de mon apparence ? Longtemps je me suis abstenu de penser où irait mon corps Mais j’ai appris auprès des sages qu’il faut jouer la transparence.
Tant que Jésus est parmi nous, il convient de toucher du bois Pour conjurer le mauvais sort du sacrifice de la croix. Ainsi, se toucher le minou, jouerait un peu le contrepoids Pour Marie qui permit l’essor de la chrétienté qui s’accroît.
Chères abeilles et libellules, chers kangourous et plantigrades, Chères espèces disparues, chers martyrs d’extermination ! On vous prépare vos cellules loin de vos terres rétrogrades Dès que vous aurez comparu devant nos déterminations.
Tour le plaisir de la gastronomie lorsque j’ai l’estomac dans les talons Aspire à m’apporter la satiété après une heure ou deux de digestion. Tout de désir d’une belle anatomie d’une femme nue chevauchant l’étalon M’inspire à étendre la société après neuf mois de saine gestation.
Que de mystère autour du fait que le plaisir au féminin Se conjugue avec des caresses accordées aux préliminaires ! Car l’amour au plus-que-parfait est une sorte de venin Qui ne souffre d’aucune paresse pour faire jouir sa partenaire.
Tableau d’Ines Honfi sur https:ineshonfi.compagesfeminine-mystery .
Puisqu’une fille naît dans les roses, il vaudrait mieux soigner les fleurs Et pour qu’elles soient toujours belles, les arroser trois fois par jour. Si vous avez le cœur morose durant une averse de pleurs, Prenez vos râteaux et vos pelles pour semer vos graines d’amour.
Si cette année, les tournesols ont du mal à trouver le nord, Malgré leur célèbre boussole dont la nature les honore, Cela implique une éruption – non pas solaire – plutôt virale – Qui leur fait prendre la rotation du soleil pour une spirale.
Elle m’apparaît brièvement dans le tissu de mes nuitées Entre les plis de mon sommeil et la boutonnière des rêves. J’en suis puni grièvement car, malgré sa continuité, Ce qu’elle me chuchote à l’oreille, disparaît de façon trop brève.
Une fois l’amour rencontré, laissons-le sortir de son cadre, Nous surprendre et nous entraîner vers de nouvelles expériences. Changer de lieux et de contrées puis, le promouvoir chef d’escadre Pour voir sa maison engrenée d’un avenir de luxuriance.
L’éternel féminin, de près, apparaît plus intimidant. Comme si son visage d’ange contenait l’essence divine. Précisément, c’est fait exprès, Dieu l’a placée devant Adam Pour lui permettre des échanges ; du moins, il faut qu’il le devine.
De près, elle a toujours raison, elle est maîtresse en sa maison Elle sait tout, elle voit tout, elle entend tout, elle est partout « Pas d’autre déesse que moi, tu nourriras au fil des mois ! » Quelle aubaine, je le conçois, d’avoir son petit Dieu chez soi.
L’éternel féminin, de loin, c’est comme Dieu dans une église. On ne sait comment lui parler et, encore moins, l’écouter. À proximité son conjoint, ou ses enfants, lui fidélisent L’obligation de pourparlers sous peine d’être débouté.
Peut-être que parler « des femmes » au pluriel fixe des distances Sous peine d’être considérées « épouses », « mères » ou « concubines ». Mais le côté le plus infâme, dans notre moderne existence, C’est de les avoir libérées pour les envoyer à l’usine.
Un ruban de sable et d’azur pour se remémorer la mer ; Des rubans de toutes natures pour calmer ses chagrins d’amour ; Enfin, pour faire bonne mesure, mais cousus de façon sommaire, Quelques boutons qui, d’aventure, avaient connu de meilleurs jours.
Elle l’appelait son « Chapeau Semaine » car elle l’avait raccommodé En cousant lundi et mardi puis, faufilé jusqu’au dimanche. Si jamais un énergumène essayait de l’incommoder, En trois coups de ciseaux, pardi, elle s’en accaparait les manches.