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  • Les mirettes et la miaulette

    Les mirettes et la miaulette

    Ce pouvoir transcendant qu’ont les chats de gouttière,
    Dans leur regard si tendre est une arme fatale.
    Le martyr prétendant qui croyait avant-hier
    Ne pas s’laisser surprendre n’est qu’un sentimental.

    Or tous leurs descendants ont franchi la chatière
    Pour nous en faire entendre le profond récital.
    Aussi, en l’entendant miauler dans l’écoutière
    Nous le laissons prétendre qu’il est son capital.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Lecture crue

    Lecture crue

    J’aime ces lectures hygiéniques et l’impression de voyager
    Dans l’irréalité possible qui frappe mon cœur ingénu.
    Quand ça devient schizophrénique avec des drames présagés
    Leur réalité impossible m’expose face à l’inconnu.

    Tableau de Michael Carson.

  • L’ascension infinie

    Qu’aurais-je fais si j’avais su que j’allais être miraculé
    En arrivant sur l’objectif que je devais outrepasser ?
    Seulement voilà, j’étais issu d’une érection éjaculée
    Vers un ovule subjectif dont l’hymen m’a laissé passer.

    Je devins l’enfant en bas-âge, pas encore l’âge de raison,
    Mais je me suis fait à l’usage au fil des mois et des saisons.
    Là-haut, sur l’escalier du temps, j’entendais les personnes âgées
    Me dire qu’après être débutant, on finissait tous usagés.

    Gravure de Maurits Cornelis Escher.

  • Entrer dans l’histoire

    Entrer dans l’histoire

    J’entre moi-même dans mes histoires car elles me sont racontées
    Par l’intuition, l’âme ou le cœur, ou peut-être un ange gardien.
    Souvent j’y connais la victoire de m’être moi-même affronté
    Avec les pires de mes peurs et même la mort, je le crois bien…

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Les sentiments rouge sang – 2

    Les sentiments rouge sang - 2

    L’âge ingrat tend son fond uni sur des souvenirs rouge-sang
    Et, du passé, les bleus de l’âme semblent naufragés évanouis.
    Tout reste à jamais impuni car ces visions d’adolescent
    Changent de couleur à la flamme du premier amour épanoui.

    Tableau de Petra Kaindel.

  • Déraciné

    Déraciné

    Une jour, j’ai bâti sur le sable des châteaux-forts pour ma retraite
    Ou pour des amis de passage au point d’en être halluciné.
    Il me paraissait impensable que mon envie me soit soustraite
    Mais je n’étais que le mirage d’un univers déraciné.

    Tableau de Petra Kaindel.

  • Les sentiments rouge sang – 1

    Les sentiments rouge sang - 1

    Dans les images en noir et blanc tapies au fond de la mémoire,
    Je peins souvent des sentiments rouges de sang pour la douleur
    Pour que ce soit plus ressemblant par rapport à mes idées noires
    Qui n’acquièrent pas l’assentiment de mon cœur pour d’autre couleur.

    Tableau de Michael Carson.

  • Le mystère de la dame en noir

    Le mystère de la dame en noir

    Que s’est-il passé dans son boudoir fermé à clef de l’intérieur ?
    Nous avons entendu un cri, suivi de lents gémissements ;
    Un parfum de tulipe noire suintait sur les murs extérieurs ;
    Mais voici ce qui fut écrit sur cet étrange événement :

    « Elle apparut sur l’accoudoir levant ses membres supérieurs,
    Tremblante comme un souriceau qui aurait aperçu le chat.
    Une échancrure de son peignoir nous dévoilait un postérieur
    Qui ouvrit, dans un soubresaut, la robe qui se détacha. »

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • Les voyages de la Grande Ourse

    Les voyages de la Grande Ourse

    Elle a tellement voyagé aux quatre coins de l’univers
    Qu’elle en a planté des repères sur les étoiles diffractées
    Comme l’itinéraire treillagé d’un colporteur en faits divers
    Qui reviendrait voir ses compères établis sur la Voie Lactée.

    Tableau de Hannah Willow.

  • La femme adultère

    La femme adultère

    Elle se glissa hors des tentures dans une maison présumée
    Accueillir les retardataires du train de l’amour pour Cythère.
    Elle venait tenter l’aventure et, pour vous faire un résumé,
    Attendait un cœur solitaire pour lui proposer l’adultère.

    Portraits de femmes inspirés de l’art japonais de Lauren Brevne.

  • Les reflets moirés

    Les reflets moirés

    La première fois qu’elle apparut, je ne vis que sa chevelure
    Qui lançait des reflets moirés aux yeux des mâles conspirateurs.
    Mais, un fois l’effet disparu, elle sortit à vive allure
    En abandonnant la soirée à nos regards admirateurs.

    Portraits de femmes inspirés de l’art japonais de Lauren Brevner.

  • L’étalon X

    L’étalon X

    Le grand pouvoir des animaux qui ne comprennent le langage,
    Fait transparaître l’intérieur de notre cœur et nos pensées.
    Le cheval goûte, à demi-mots, le corps nu et ses avantages ;
    Le chien ignore la frayeur de notre pudeur offensée.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Crinière d’or

    Crinière d’or

    Vénus a déclaré sa flamme à Mars d’un trait de météore
    Les comètes ont tissé le voile que les planètes affriolent.
    La Voie Lactée s’est faite femme, déesse à la crinière d’or,
    Dans la nuit enivrée d’étoiles et du ballet des lucioles.

    Tableau de Tran Guyen.

  • Les vierges confinées

    Je ne savais rien sur ces femmes originaires du Dauphiné
    Sinon qu’elles habitaient l’immeuble sis rue de la Chaussée-d’Antin.
    Dans un appartement infâme où elles vivaient confinées
    Quasiment nues entre les meubles en attendant leur Valentin.

    Tableau « Les vierges » de Gustav Klimt.

  • Qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Hélas, personne n’a eu droit au poisson d’avril rituel,
    Et à Pâques, je vous en réponds, ni hôtes, ni repas, ni boisson !
    Quand on aura remis à l’endroit nos usages habituels,
    L’eau aura coulé sous les ponts mais qu’adviendra-t-il des poissons ?

    Tableau de Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .

  • Silhouettes bleutées

    Silhouettes bleutées

    Les arbres étirent leurs silhouettes comme une fontaine bleutée
    Qui fuit le soleil du couchant pour se jeter dans la mer d’ombre.
    À l’heure où j’entends l’alouette turlutter son chant souffleté
    Dans le silence effarouchant du crépuscule et sa pénombre.

    Tableau d’Erin Hanson.

  • Flamboyante

    Flamboyante

    Après son jeûne initiatique dans le mirage culminant
    De la fontaine de l’aurore au flux de lumière ondoyante,
    La magicienne énigmatique s’offrit au soleil dominant
    Afin que ses rayons dévorent sa chevelure flamboyante.

    Shine via Malleus Rock Art.

  • La voix des Walkyries

    La voix des Walkyries

    J’ai retrouvé ce vieux phono, sa manivelle, son pavillon
    Par son aiguille traversé pour un ultime Hara-Kiri.
    Soixante-dix-huit tours en mono mais gravés en microsillons,
    De vieux fantômes ont dispersé dans l’air la voix des walkyries.

    Demoni via Malleus Rock Art.

  • La Reine de nuit

    La Reine de nuit

    Enfin, la lumière s’éteint d’une ombre d’insécurité
    Mais bientôt les yeux s’habituent au premier lumignon qui luit.
    Des lueurs de cuivre et d’étain annoncent dans l’obscurité
    L’or et son feu qui restituent le charme de la reine de nuit.

    Tableau d’Olivier Ledroit.

  • Derniers rayons, derniers frissons

    Derniers rayons, derniers frissons

    Tandis que le soleil se couche sur une mer tout feu tout flamme,
    Le calme de la nuit retombe sur une scène de théâtre.
    L’amour donne l’eau à la bouche par le baiser doux d’une femme
    Et voici que mon cœur succombe dans cette atmosphère rougeâtre.

    Child of the Sun via Malleus Rock Art.

  • À l’ombre des jeunes filles en fleurs

    À l’ombre des jeunes filles en fleurs

    Tandis que le soleil réveille les premières fleurs de printemps,
    Les jolies filles s’épanouissent dans des appas primesautiers.
    Pour les garçons, tout est merveille lorsqu’ils dégustent les vingt ans
    Des baisers qui s’évanouissent sous l’ombre de leurs canotiers.

    In Bloom by Malleus Rock Art Lab.

  • Dernières nouvelles du monde

    Dernières nouvelles du monde

    Tandis que le monde s’agite à l’heure du petit-déjeuner,
    Je consulte le tigre en moi pour lui annoncer les nouvelles.
    L’économie a pris du gîte, les actionnaires sont déchaînés
    Et les finances en émoi prêtes à se faire sauter la cervelle.

    Tableau d’Angela Mckay.

  • Premiers rayons, premiers frissons

    Premiers rayons, premiers frissons

    Tandis que la forêt s’éveille par quelques rayons indiscrets
    Qui viennent enflammer les buissons sous l’action de leurs griffes ardentes,
    Mon petit arbre sort de sa veille pour me délivrer les secrets
    À propos des premiers frissons d’une journée pétaradante.

    Tableau « burning arbustus » de Brent Lynch.

  • Joyeuses Pâques !

    Joyeuses Pâques !

    Prêts pour la visioconférence en direct et en stéréo ?
    Posez vos écrans, vos tablettes juste devant votre couvert ;
    Saluez avec déférence votre invité en vidéo ;
    Enfin, la famille est complète et tout le monde reste couvert.

    Création d’Angela Deane.

  • Lapin de Pâques

    Lapin de Pâques

    Bonne nouvelle aux confinées : le lapin de Pâques visite
    Tout le temps de la lunaison les jeunes vierges émancipées.
    Dans neufs mois seront confirmés tous les nouveau-nés ovocytes
    Issus des œufs en couvaison lors d’une ponte anticipée.

    Photo de Saara Salmi sur www.saarasalmi.com

  • Toutes les cultures du monde – 2

    Fi des villages qui se ressemblent et des cités conventionnelles !
    Vivent les ruelles étroites et les quartiers bariolés !
    J’aime les lieux où se rassemblent les gens pluridimensionnelles
    J’aime les maisons maladroites aux escaliers dégringolés.

    J’aime les histoires sans fin des querelles entre voisins
    Un jour, ça va puis, on se fâche ; on s’aime, on se réconcilie.
    Parfois, on arrive aux confins d’une bagarre entre cousins,
    Et ça continue sans relâche au nom de la xénophilie.

    Demain, on voudrait tout changer, uniformiser les maisons
    Construire un monde sans douleur et refouler les indigènes.
    Moi, je préfère mélanger – peut-être à tort ou à raison –
    Les goûts de toutes les couleurs dans des villes hétérogènes.

    Tableaux de Vladimir Kolbasov.

  • Toutes les cultures du monde – 1

    Toutes ces ruelles intimes se perdent dans l’immensité
    De la ville aux mille visages, mille origines et milles vies.
    Aux fenêtres, barrières ultimes, apparaît la diversité
    D’autres coutumes, d’autres usages, d’autres désirs, d’autres envies.

    Le voyageur autour du monde cherche de nouveaux paysages
    Tandis que j’arpente les rues à la recherche du temps perdu.
    Comme Proust, mes pensées s’inondent au cours de mes apprentissages
    De souvenances disparues et de migrations éperdues.

    Ici, on parle mille langues et là, on prie pour d’autres dieux ;
    Un puzzle de communautés, une mosaïque de traditions.
    Ainsi le monde nous harangue à être miséricordieux
    Et accepter sa primauté par ses valeurs en coalition.

    Tableaux de Vladimir Kolbasov.

  • Belle qui peint ma vie

    Belle qui peint ma vie

    Belle qui peins ma vie aux couleurs de tes yeux,
    Qui délaie au lavis mes baisers précieux,
    Donne-moi ton sourire coloré de désir
    Laisse-toi donc rougir par l’appel du plaisir.

    La beauté et la grâce de tes jambes en faisceaux
    Ont laissé de la place à mon propre pinceau.
    Une amoureuse ardeur fait de moi ton marqueur
    Et je remplis ton cœur de ma chaude liqueur.

    Et je remercie Thoinot Arbeau pour sa chanson « Belle qui tiens ma vie »

    Tableau d’Erika Steiskal sur http:www.erikasteiskal.com .

  • La tête dans les nuages

    La tête dans les nuages

    Pour changer d’atmosphère, je fermerai les yeux,
    La tête dans les nuages, les cheveux dans les nues.
    Juste me satisfaire du souffle silencieux
    De la brise suave sur mon corps ingénu.

    Sans autre fond sonore que le vent dans les feuilles
    Qui brasse les ramures comme le bruit des vagues.
    Que le calme m’honore et mes oreilles veuillent
    Accepter le murmure de l’âme qui divague !

    Sources : Black Girl Art, Black Women Art.

  • Comme des robes papillon

    L’une est vêtue et l’autre nue ; puis, lentement les feuilles volent
    Et déshabillent la première pour en rhabiller la seconde.
    Ainsi, ce ballet continu de l’amour et du temps frivoles
    Ressemble à l’ombre et la lumière qui régissent la vie du monde.

    Tableau de Brad Kunkle.

  • À en perdre la tête

    À en perdre la tête

    Aussitôt perdu nos repères, l’amour nous fait tourner la tête ;
    Le cœur ne va qu’à l’essentiel, surtout si la fille est jolie.
    On se repose, on récupère, on remet ça, on se répète
    Et on reste au septième ciel pendant le temps d’une folie.

    Tableau de Blake Neubert.

  • Paradis déconfiné

    Paradis déconfiné

    Quand le serpent inocula le virus de la connaissance,
    Leur mise en invalidité ferma la porte au Paradis.
    Après ce triste postulat, Adam s’occupa de semences
    Pour recouvrir leur nudité sans que ça leur coûte un radis.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • Ni vu ni connu

    Ni vu ni connu

    Le photographe un peu fantasque fera sortir le p’tit oiseau
    Sur la campagne environnée avec un tissu de mensonges.
    Incognito derrière son masque, le Petit Prince fait beau museau
    Avec le Renard couronné qui mime un monarque qui songe.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • Avec des fleurs

    Avec des fleurs

    Ce jour-là, elle était assise sur la marquise de velours
    À côté d’un bouquet de fleurs livré très tôt le matin même.
    Elle resta, un moment, pensive à songer à ce gros balourd
    Qui lui avait avoué en pleurs : « Madame, il faut une je vous aime ! »

    Tableau « La femme allongée avec des fleurs » 1942 de Henri Matisse.

  • Cordon bleu et rouge

    Cordon bleu et rouge

    « Un cordon bleu pour la cuisine, un cordon rouge pour l’amour,
    Un prix pour la dégustation, une autre pour la jouissance ! »
    Ce n’est pas moi, c’est ma voisine qui me l’annonce chaque jour
    Lorsque j’entends la prestation qu’elle offre aux gourmets en puissance.

    Tableau de Juliette Belmonte.

  • L’amour assouvi

    L’amour assouvi

    Une fois le galant parti, elle s’accorde un demi-verre.
    Il a laissé sa cigarette une fois l’amour assouvi.
    Mais selon le temps imparti, il est possible qu’elle s’avère
    N’être juste qu’une amourette ou bien la femme de sa vie.

    Tableau de Robert McGinnis.

  • Problème de poids

    Problème de poids

    Entre la femme et la balance, la vie ressemble à une horloge ;
    Un jour elle remonte son poids et lentement son poids s’abaisse.
    Il y a donc une équivalence entre la graisse qui se loge
    Et le temps qui fait contrepoids avec la masse de ses fesses.

    Tableau de Kanton Nelson.

  • Trop compliqué !

    Trop compliqué !

    Le monde devient si complexe que nul ne peut vous expliquer
    Comment fonctionne l’appareil exécutif traficoté.
    Et nous restons un peu perplexes devant les calculs compliqués
    De gens qui n’ont pas leur pareille pour vous emberlificoter.

    Illustration d’Eric Wong.

  • Salomé

    Salomé

    En récompense d’une danse, elle reçut sur un plateau
    La tête de Saint-Jean Baptiste, sans autre forme de procès.
    Salomé, de toute évidence, a voulu mener en bateau
    Le roi Hérode immoraliste qui allait plus tard l’engrosser.

    Tableau de Vardges Surenyants.

  • La pêche aux pigeons

    La pêche aux pigeons

    Elle rapproche son visage parce qu’elle a cru reconnaître
    Un joli pigeon appâté à l’hameçon de son corsage.
    Faute d’Oracle et de présage, elle se poste à la fenêtre
    Tous les matins pour y tâter la pêche aux oiseaux de passage.

    Tableau de Jack Vettriano – de son vrai nom Jack Hoggan.

  • Apocalyptique

    Apocalyptique

    Lui, sa planète est trop petite pour contenir un éléphant ;
    Nous, l’apocalypse est prédite à force de faire des enfants.
    Lui, juste un mouton et une rose suffisent à combler son bonheur ;
    Nous, guerres et batailles moroses pour y mourir au champ d’honneur.

    Tableau d’Artem Artyakov – Sylar113.

  • Vendredi sein-cœur trois quart

    Vendredi sein-cœur trois quart

    Il était bien sein-cœur trois quart, quand nous nous sommes embrassés
    Précisément à l’heure cuisse, les jambes assez enchevêtrées.
    Ses fesses ont fait le grand écart et mon aiguille s’est empressée
    Entre montagnes et vallées suisses, tous les sens interpénétrés.

    Photo d’Erwin Olaf – floutée pour éviter la censure Facebook.

  • Les coronariens

    La planète Coronavirus nous a envoyés ses aliens
    Non seulement assimilés, mais parfaitement intégrés.
    Pour que les premiers apparussent à l’ère néandertalienne,
    Ils ont dû se dissimuler parmi les tribus émigrées.

    Tableau de Jeff Drew.

  • Matriochats

    Matriochats

    Tant que la chatte miaulera afin que le matou l’approche,
    Elle deviendra poupée gigogne après qu’il l’a réconfortée.
    Tant que la chatte l’engueulera et l’accablera de reproches,
    Elle demeurera, sans vergogne, émancipée mais sans portée.

    Tableau d’Hanna Silivonchyk.

  • L’effarouchée

    L’effarouchée

    D’abord surprise et puis furieuse de m’avoir montré ses nichons,
    Elle se tourna effarouchée pour me cacher sa nudité.
    Pourtant, hier, elle était curieuse et m’a monté le bourrichon
    Pour que je lui fasse toucher un peu de ma virilité.

    Tableau de Jamel Akib.

  • Les années confinées

    Les années confinées

    On appelait « les années folles », l’insouciance avant la guerre,
    La simplicité combinée avec le siècle des lumières.
    Tandis qu’aujourd’hui batifolent les humains dont l’instinct grégaire
    Les pousse à vivre confinés entre quatre murs de poussière.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Carnet de voyage – 2

    Carnet de voyage - 2

    Mon héritage paternel comme une loupe grossissante ;
    La marguerite à effeuiller qui lui a fait aimer ma mère,
    Quelques mots tendres et éternels sur quatre pages jaunissantes
    De son vieux carnet à feuillets pour ses voyages éphémères.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Des vers de mirliton

    Des vers de mirliton

    Sans queue ni tête, ni épithète
    Du mirliton, joue à tâtons
    Les yeux fermés, l’air renfermé,
    Un musicien cappadocien.

    De son fluteau, il joue plutôt,
    La mine ascète, un air de fête.
    De son chapeau, quelques grelots
    Rythment en cadence un pas de danse.

    Tableau de Sergey Ivchenko.

  • La mémoire amnésique

    La mémoire amnésique

    Je raconte l’histoire d’une image comme je remonte le temps
    À la recherche d’un passé depuis trop longtemps oublié.
    Parfois, j’y découvre un passage et je deviens le confident
    D’une vision outrepassée que je n’ai plus qu’à publier.

    Tableau de Rob Gonsalves.

  • Les années bonheur ?

    Les années bonheur ?

    Où passent les années bonheur que je voudrais mettre à l’honneur ?
    Neuf mois furent bien éphémère dans la matrice de ma mère ;
    L’enfance qui semblait éternelle s’oublie comme une ritournelle ;
    Si ma vie d’adulte fourmille d’autant de scènes de famille,
    Ma carrière professionnelle s’est révélée obsessionnelle.
    Enfin après mon accident, ma mémoire va en s’oxydant.

    Illustration de Mia Charro.