De l’avis de mon égérie qui met toujours la bonne ambiance, J’admets que la vie me déplace sur des chemins qui sonnent faux. Entouré d’une ménagerie d’oiseaux de toutes obédiences J’ai du mal à trouver ma place et choisir l’habit qu’il me faut.
Pourquoi rêver de solitude quand je cherche la paix de l’âme ? Les autres sont-ils cet enfer lancinant comme une maladie ? Bien souvent la béatitude paraît une arme à double lame Dont celle des autres interfère mon petit coin de paradis.
Chaque arbre relie à mon cœur, d’une racine indivisible, L’animal totem qui s’y niche pour réveiller mon anima. Cette présence en âme sœur m’apporte la force invisible, Pudique et intime fétiche dans le plus strict anonymat.
Pour trois sous de philosophie, je me confie à mon toutou Plutôt que mon chat cartésien qui se montre trop indépendant. Seul mon chien sait mettre à profit soit mes atouts, soit rien du tout, Selon sa queue qui va-et-vient et parle à mon corps défendant.
Dans les couloirs de sa maison, Madame se fait une raison. Son existence se dépeint parmi ses murs de papiers-peints Qui l’hypnotisent jusqu’à loucher le soir dans sa chambre à coucher Où tout doucement elle s’endort dans un décor en feuilles d’or.
Dans le salon de sa maison, Madame s’habille de saison. Pas de robes horribles à pois – elle n’est pas fille de joie – Mais des robes à motifs à fleurs – contre les soucis et les pleurs – Tant que ça tombe en pâmoison avec la couleur des cloisons.
Si tout va bien, demain encore, elle se fondra dans le décor Pour une vie en transparence et paisible en toute apparence. À moins qu’un beau prince charmant réveille la belle-au-bois-dormant, L’emporte dans son château de sable se fondre dans l’indéfinissable.
Allons faire un tour à vélo avant que tout vire à vau-l’eau ! Abandonnons à la rivière nos habitudes routinières ! Petit poisson deviendra grand dans l’océan en émigrant ; Madame changera de décor avec son chat, s’il est d’accord.
Le poisson délocalisé, la peur s’est volatilisée. Quelques fleurs rouges dans le bocal ont dynamisé le local. Le chat n’est plus sollicité par une pêche d’authenticité. Une fois tout le monde d’accord, Madame se fond dans le décor.
Chacun dans son petit local, Petit poisson dans son bocal, Petit chaton dans sa maison, Madame, à tort ou à raison, Ne trouvent pas grand-chose à dire, mangent, digèrent, boivent et respirent, Vivent dans leur petit monde clos, tournent en rond dans leur enclos.
La vie s’écoule tous les jours, tic-tac, dans la salle de séjour, La petite famille s’ennuie jusqu’à ce que tombe la nuit. Madame surveille avec ardeur le poisson à chaque quart d’heure, Le chaton de se pourlécher en attendant de le pêcher
Le bocal sur la cheminée semble hors de portée au minet Mais le chat est déjà là-haut en train de semer le chaos. Madame le met dans son giron, aussitôt le chat fanfaron Vient, soi-disant pour un câlin l’œil guilleret mais l’air malin.
Pudiquement elle se voile pour recouvrir sa nudité. Quand on est femme, on n’ose pas paraître un objet de désir. Alors elle revêt de toile le fruit de son humilité Et dissimule ses appas dans la honte et le déplaisir.
Impudique, elle se dévoile afin d’offrir sa nudité. Comme une femme sollicitée d’offrir son corps pour le désir. Alors elle devient une étoile au-delà de l’absurdité Qui traite d’impudicité de se montrer nue à loisir.
Pour effeuiller la marguerite, je mets les rites sur la touche ; J’arrête le compte à rebours qui met leurs pétales en otage. J’ai ma méthode favorite à vous mettre l’œil à la bouche Pour goûter la fleur du labour plaçant l’amour en ballotage.
Enfin que demande le peuple, nonobstant de la poudre aux yeux, Pour que ses illusions soient bercées de promesses édulcorées ? Je désavoue l’amour aveugle grâce à mes verres soleilleux Qui parviennent ainsi à percer le secret des cœurs déflorés.
Photos de Martha Bevacqua sur https:www.martabevacquaphotography.comwork .
Ah, que ne suis-pas une Parque qui déroulerait son propre fil Avec une araignée du soir et quelques papillons de nuit J’y apposerais toutes les remarques pertinentes sur le temps qui file Auxquelles j’ai dû surseoir de mon lever jusqu’à minuit.
Quand je me couche tous les soirs sur l’échiquier de mes problèmes, La partie féminine en moi prend le relais dans l’autre monde. Les cas auxquels j’ai dû surseoir, tous mes ennuis, tous mes dilemmes Sont résolus avec émoi sans moindre gêne pudibonde.
Tableau « Stoop Low Print » de M. Fatchurofi vu sur https:www.fatchurofi.comhome .
Quand elle se réveille au matin, les huit bras sont ankylosés D’avoir lutté toute la nuit à combattre ses cauchemars ; Défendre veuves et catins, les orphelines ecchymosées, Qui l’appellent autour de minuit lorsque Kali va au plumard.
Par mes lunettes qui persévèrent à voir la vie selon Monet, Je suis parti à l’aventure rechercher les couleurs du temps. Mais ma monture sans ses verres, d’un œil sévère, m’a sermonné Que j’avais sur la devanture les coquelicots du printemps.
Puisque le coronavirus évolue comme une poupée russe Après Pâques et la trinité, et bien plus si affinités, Les Pères Noël mécanisés songent à se réorganiser Pour une meilleure distribution mais moyennant rétribution.
L’école des Pères Noël à Santa Claus University dans le Colorado.
Au grand championnat des échecs, j’y verrais le gouvernement Jouer au fou, faire des tours pour nous attirer dans l’arène. C’est la vérité intrinsèque du roi poussé au confinement ; Une révolution sans détour pour finalement bourrer la reine.
Photo du Championnat du monde d’échecs avec Anatoly Karpov qui se livre à une démonstration.
Quand j’entends la petite voix du répondeur automatique Qui me reconnecte à mon âme s’il me prend l’envie de prier, Celle-ci me remet sur la voie par le timbre fantomatique De l’enfant en moi qui réclame l’écoute la plus appropriée.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Le troisième œil, cette intuition qui me glisse au creux de l’oreille Ce qui se cache derrière l’ombre de la lumière à la fenêtre, Remplace la disparition de la voix de Dieu, sans pareille, Quand je faisais partie du nombre des angelots avant de naître.
Tandis que le printemps fleurit, aux antipodes, c’est l’automne. Ainsi la Terre a deux saisons tout comme la nuit et le jour. Si vous souffrez d’une muflerie, confiez votre cœur monotone Aux feuilles en exhalaison qui vous rétabliront l’amour.
Par la coiffe de la nature et le sceptre d’or du printemps, Je bénis les filles en fleurs qui épanouissent mon cœur. Jolis minois, belles figures, mignonnettes de tous les temps, Que de grincements et de pleurs sèmerez-vous d’un air moqueur ?
La fée Viviane d’Avalon, avec Morgane et Mélusine, Se sont installées en Provence pour perpétuer leurs sortilèges. Dans les environs de Salons, elles ont érigé leur usine Dont l’élixir d’eau de jouvence a rétabli leurs privilèges.
Un beau matin, la reine blanche porta des fleurs à sa rivale, Juste une jupe sous ses seins nus avec déculotté pubien. La reine noire, elle, en revanche, portait une robe estivale Et ce qu’il en est advenu, seuls les deux rois le savent bien.
Elle gambadait sur les chemins pour éveiller tous ses instincts, S’habillait selon la saison mais volontiers en robe longue. Elle se peignait avec la main ses longs cheveux blonds et châtains Pour la plus simple des raisons : deux mains aux phalanges oblongues.
Tableau de Maria Pace-Wynters. Texte inspiré du Gargantua de Rabelais.
Si jamais ma plume se voile et de surcroît je n’ai plus d’encre, J’embarquerai en pleine lune quand l’outre-mer devient doré. Dicté aux poussières d’étoiles, je mouillerai alors mon ancre Dans le royaume de Neptune et ses sirènes m’adorer.
Lorsque ma cuisine exigüe se transforme en salle de bains, Mes deux toutous montent la garde, là, comme deux chiens de faïence. Sous la vigilance ambigüe mais sûre de mes deux chérubins, J’aime que personne ne regarde les appas de ma corpulence.
Pour bien cuire vos œufs à la coque, faites l’amour en monocoque. Si vous voulez les mangez durs, continuez la procédure. Mais si vous restez trop longtemps, les œufs ne seront pas contents Et j’ai bien peur, qu’à la maison, les œufs maudissent la bandaison.
Quand la bergère pose la question, c’est la réponse du berger : « Les questions sur leur destinée que les moutons se poseront : – Mettre la laine en cogestion ou la façon d’être hébergés – Juste avant d’être exterminés, crois-tu qu’ils se rebelleront ? »
Nous n’avions besoin de personne pour vivre ensemble et solidaires Mais ce n’était pas sécurisant pour ceux qui veulent nous dominer. La carte sim du téléphone, la puce de la carte bancaire, N’ seront bientôt plus suffisants pour qu’ils puissent nous embobiner.
Qu’est-ce qui se dit dans notre dos chez les personnes haut placées ? Complotent-ils pour leur survie aux dépends de nos intérêts ? Ont-ils conduit des commandos pour nous forcer à effacer Notre volonté asservie à plier et obtempérer ?
Photo de David Bowie, Chris Taylor, Brian May, Roger Taylor, Princess Diana, Prince Charles et Bob Geldof au Live Aid Concert Wembley Stadium.
Sous l’apanage de Richelieu qui avait le goût du théâtre, Les spectacles s’y développent depuis la Comédie Française. Palais-Royal, Ô riche lieu ! Que chaque ballet idolâtre Tous les Ulysse et Pénélope des odyssées qui nous complaisent !
Hier, je l’ai rencontrée, c’était la pleine lune Et ses reflets d’argents illuminaient le port. Alors elle s’est montrée de manière opportune Dans l’instant partageant la vie avec la mort.
Juste quelques secondes mais j’ai vu son visage Et son corps et ses seins nus, d’opale perlée. Sa pâleur moribonde signifiait un présage Et j’ai su, à dessein, qu’elle allait me parler.
« Toi qui as su me voir, surtout ne me suis pas ! Je ne viens que pour ceux qui se meurent d’amour. Et, sans te décevoir, retourne sur tes pas, Mais reviens quand tu veux lorsque ce sera le jour ! »
Alors je l’ai laissée s’enfoncer dans les ombres Et fermer les rebelles portes de son royaume. Mais mon cœur est blessé, j’ai cru être du nombre Des amants de la belle et ses amours fantômes.
Là-bas, de l’autre côté du temps, mon père est encore un jeune homme, Ma mère, encore jeune fille et puis, ils s’aiment avidement. Ils vont se fréquenter longtemps jusqu’à ce qu’ils soient autonomes Afin de fonder la famille où je naîtrai, évidemment.
Tous les soirs elle entend la voix qui vient du large Puis, quand tombe la nuit, elle rentre au logis. Ça doit faire vingt ans qu’elle vit sous la charge De ce cruel ennui qu’est sa pathologie.
Attend-elle des marins qui ne seraient pas rentrés, Son mari et son frère et d’autres compagnons ? Moi, sous les tamarins, je la vois concentrée À guetter la lumière du moindre lumignon.
Fasse Dieu qu’elle revienne ! Ce mystère m’énerve. Personne ne la connaît ni même où elle habite. Je vais, quoi qu’il advienne, sortir de ma réserve, Croiser au balconnet l’apparition subite.
Ce n’était qu’un mirage, il n’y avait personne ; On m’a dit qu’un fantôme rôde sur la jetée. Lors d’une nuit d’orage, une vierge amazone S’est noyée sous le dôme dans la mer argentée.
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Quel beau décor paysager lorsque résonne la quiétude ! Rien ne pourrait envisager qu’il soit troublé de solitudes. Pourtant des personnes âgées laissent poindre quelques inquiétudes Sur les agréments passagers du fleuve de l’incomplétude.
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J’ai, en reconnaissance des lieux, commis l’erreur du débutant En ne retenant que l’image du petit village de charme. Une fois plongé dans le milieu, le fort vacarme rebutant Des navires en arrimage me fit bien vite sonner l’alarme.
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Ma vue sur la clepsydre humaine qui s’immerge tout au long des heures Transforme ma vallée de larmes en une croisière éternelle. Chaque jour de chaque semaine, leurs petits bains catalyseurs Filtrent le temps avec le charme de leurs petites fesses charnelles.
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Toutes les victimes signalées auraient-elles été appelées À mourir et à comparaitre pour échapper à la retraite ? Toi qui balance entre deux âges, réfléchis bien à ce message : « Est-ce qu’aujourd’hui on s’en fout de vivre dans ce monde de fous ? »
Vivent les masques et les tubas pour lutter efficacement Contre les vents et les marées qui affluent sur la Terre entière. Ceux qui sont coincés à Cuba pourront vivre leur confinement Avec les sirènes amarrées à leurs navires de croisière.
Malgré toutes ses protections, j’arrive à croiser mon voisin ; Celui qui habite juste en face et que j’ai souvent invité. Sans doute mes imperfections ont rebuté cet argousin Et provoqué cette interface d’infranchissable concavité.
Je salue au passage Gérard, mon voisin, si d’aventure il lit ces lignes dans sa tour d’ivoire.
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Sur nos balcons, en passerelles élevées jusqu’à l’horizon, Nous ne craignons point le vertige dans nos modernes appartements. Pigeons, corbeaux et tourterelles viennent nous voir dans nos prisons En étagères de prestige au summum de l’escarpement.
J’y vis d’éternelles vacances sur l’helvétique Riviera Avec une vue imprenable sur les sédentaires abscons. J’ai accompli l’extravagance d’établir un protectorat En me sacrant inaliénable mais mémorable Roi des Cons.
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Bien sûr, quand l’homme prend la mer, l’amour est plus vaste et profond Et ses frontières à l’infini disparaissent à l’horizon. Bien sûr, sa femme devient mère mais reste au port et se morfond Ainsi la vie nous définit entre liberté et prison.
Pour les mecs, le nec plus ultra concernant le Kâmasûtra : Le fumeur de pipe, sa meuf, doit lui faire un soixante-neuf ; La nana du libre-penseur préfère l’amour dans l’ascenseur ; Et celle du révolutionnaire, la position du missionnaire.
« Three men in swimming trunks, one with shades, one with pipe, all with bulges. » – Saskatchewan 1943.
La danseuse pointe son chausson d’une manière inoubliable. Une sorcière, sans façon, s’en ira pointer chez le diable. Pour différencier les prétendantes, présentez-leur un beau tutu ; La vraie dansera trépidante, l’autre criera : « Turlututu ! »
Photo « Margaret Morris Dancers » 1920 de Fred Daniels.
Si les p’tits rats de l’opéra apprennent entrechats et ballets, Chez les sorcières en sabbat, on apprend à coups de balais. Que faut-il faire, me direz-vous, pour n’pas s’faire mener en bateau Sous peine, au premier rendez-vous, d’risquer de se prendre un râteau ?
Photo de Hannes Kilian avec le Stuttgarter Ballet.
La clef du bonheur, quand on est un homme, C’est trouver la femme qui ne change pas. Fidèle à l’honneur, hissée au podium, Toute en haut de gamme … ou changer d’appât.
La clef du bonheur, quand on est une femme, C’est trouver un homme que l’on peut changer. Fortifier son cœur, affiner son âme, Et surtout, en somme, ne pas l’échanger.
Les plus beaux rêves éveillés seraient guidés par l’intuition Vers nos amours ensoleillées par le cœur et l’âme en fusion. Mais quand tombe la nuit profonde, les songes se connecteraient À l’originelle longueur d’onde que l’univers collecterait.
Métro, boulot, c’est fatigant pour le personnel navigant ! Faire dodo, c’est harassant, faire l’amour, embarrassant ! Faire le travail de l’amour requiert bien trop d’heures par jour Et trop de jours dans la semaine pour une activité humaine !
Femme idéale n’existe pas … sauf dans un peu toutes les femmes Mais l’homme ne saura jamais trier les bonnes des infâmes ! L’Homme idéal n’existe pas … mais c’n’est pas un problème en somme Puisque les femme savent désormais que tous les chemins mènent à l’homme.
Tenter d’éveiller le minou reste une gageure sans pareille ; Monsieur cherche l’inspiration en ouvrant en grand la fenêtre. Un petit air frais choupinou, chuchoté à même l’oreille, Pour troubler la respiration et donner l’envie de renaître.
Mais il n’est pas poltron minet ! D’ailleurs il réclame sa sieste Et garde la pose au giron en échange de quelques caresses. Gageons que dès potron-minet, Monsieur devra d’une main leste Chasser l’animal au ronron qui garde trop bien sa maîtresse.