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  • Amours d’automne – 1

    Amours d’automne - 1

    L’automne, la plus belle saison pour une leçon singulière
    Montrant la nature qui s’endort dans un linceul de feuilles mortes.
    Et un miracle sans raison mais d’une promesse régulière
    Fera renaître ses graines d’or qu’un vent de confiance emporte.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Danse du petit soleil en pleine lune

    Danse du petit soleil en pleine lune

    Deux petits astres auréolés de graines de poudre d’étoiles
    Dansotent un drôle de ballet sur la piste de sa poitrine.
    Deux sphéroïdes aréolés qui l’un après l’autre dévoilent
    Jour et nuit un cycle emballé par le charme de la ballerine.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • En robe de fleurs

    En robe de fleurs

    Offrant son corps à la nature et son ingénue nudité,
    Elle a cueilli quelques pétales, posés sur son intimité.
    Le printemps, maître de couture, porte un soutien commandité
    D’un tissu à fleurs qui s’étale en toute magnanimité.

    Tableau d’Alexey Slusar.

  • Virus printanier

    Virus printanier

    Le virus de l’ondulation s’est répandu dans mes cheveux
    Comme des eaux d’éboulements tombées de pluies en tourbillon.
    Et mon cœur en modulation ne pulse plus comme je veux ;
    Alors, je suis le mouvement et devient femme en tortillons.

    Tableau de Kennedy James.

  • La fée verte

    Lentement il verse l’eau claire sur le petit morceau de sucre
    Posé au creux de la cuillère jusqu’à ce que l’absinthe se trouble.
    L’ivresse claque comme un éclair qui distille à son cœur le lucre
    Qui met le feu aux poudrières de sa folie qui se dédouble.

    Alors apparaît la fée verte, celle à qui son âme est acquise
    Et son pacte avec la diablesse est signée à l’encre d’absinthe.
    De découverte en découverte, l’âme est piégée, l’âme est conquise.
    Quand la raison a ses faiblesses, le cœur connaît sa mort succincte

    Tableau « le buveur d’absinthe » de Viktor Oliva.

  • Fille fleurs

    Fille fleurs

    Vague de fleurs, vague de flamme à l’aube d’un nouveau printemps
    Qui réussissent à supplanter l’éternel soleil suranné.
    Bonjour ma nouvelle oriflamme qui s’harmonise à mes vingt ans
    Tout en cherchant à s’implanter pour un bonheur instantané.

    Or la beauté se renouvelle car l’art n’est jamais éreintant.
    Il anobli, il perfectionne la pierre sortie de la Terre.
    Précieux trésor des jouvencelles qui fêtent encore leurs trente ans,
    Toujours jolies, toujours mignonnes, toujours empreintes de mystères.

    La flamme ne peut dépérir, elle se consume à plein temps
    Car le cœur se nourrit d’amour lié au cycle de la mère.
    Je verrai toujours refleurir de quarante ans jusqu’à cent ans
    Celle qui égaye mes jours depuis qu’elle est née de la mer.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Bas les masques !

    Bas les masques !

    Lorsqu’elle ment, elle porte un masque pour abriter sa vérité
    Ne laissant qu’un fantomatique regard figé et indolent.
    Mais si ce soir, je la démasque, même en toute sincérité,
    J’aurai le masque fatidique de l’inquisiteur insolent.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • L’offrande

    L’offrande

    J’offre mon corps à la science, le cerveau a très peu servi.
    J’offre mon cœur à la romance, il a battu, il a conquis.
    J’offre l’esprit à la patience d’attendre avant d’avoir compris.
    J’offre mon âme à la semence qui montera quand je serai parti.

    Tableau de Marti Fenton.

  • Mes vies en bateau

    Le monde nous mène en bateau et me fait vivre mille vies
    Avec les rôles du méchant et du gentil par alternance.
    Hier, ce n’était pas du gâteau de vivre nu sur le parvis,
    Demain, ce sera alléchant d’être le roi de la finance.

    Lorsque je suis né noir de peau au cœur de l’Afrique secrète,
    Aurais-je pu m’imaginer devenir un marchand d’esclave ?
    Mais je tire à Dieu mon chapeau pour les scénarios qu’il sécrète
    Dont je n’ai qu’à rembobiner mes épisodes les plus braves.

    Tableaux de Peter Doig.

  • Réflexions

    J’ai enfin trouvé un miroir qui inverse le haut et le bas
    Plutôt que la droite et la gauche comme une habitude imbécile.
    Mon reflet souvent me fait croire qu’entre nous deux, il n’y a qu’un pas
    Or ce n’était là que l’ébauche d’une aberration indocile.

    Il faut que je sorte du cadre dans lequel je suis enfermé
    Car ma vision et ma pensée y rebondissent comme au billard.
    Aussi de peur que l’on m’encadre comme un utopiste renfermé,
    Plaise à Dieu de me dispenser d’être un éternel scribouillard.

    Tableau « Réflexion » de Peter Doig.

  • L’ogre des cœurs

    L’ogre des cœurs

    L’ogre des cœurs, à sa façon, vous dévore en ouvrant son âme.
    L’amour le met en appétit surtout si la proie est jolie.
    Nonobstant les contrefaçons qui n’épousent que des hauts de gamme,
    Lui, n’offre pas de garantie mais il vous aime à la folie.

    À Cancun au Mexique vu sur https:demibonita.com .

  • La première impression

    La première impression

    Matin, la première impression que j’aperçois à la fenêtre
    M’apporte une compréhension – sans pour autant la vérité.
    Mais j’en façonne une expression qui incessamment fera naître
    La direction à emprunter avec force et témérité.

    Tableau d’Edward Hopper.

  • En quête d’amour

    En quête d’amour

    L’amour m’attend à la fenêtre et j’ai enfilé ma tenue
    De l’héroïne, selon Vénus, qui aime plus fort que la mort.
    Cela dit, avant de renaître, j’aimerais être soutenue
    Par l’introduction d’un phallus et qui m’embrasse et qui me mord.

    Tableau d’Edward Hopper mis en photo par Richard Tuschman.

  • L’amour en fumée

    Avant l’amour, je m’encourage et me donne une contenance ;
    Après l’amour, je me délecte à goûter la petite mort.
    Avant de naître, mon entourage m’accueille avec les convenances ;
    Après ma mort, je me collecte dans la fumée qui s’évapore.

    Tableau d’Edward Hopper mis en photo par Richard Tuschman.

  • La détente

    La détente

    En même temps, je me rassure et je me raccroche à mon fil,
    En même temps, je m’épouvante quand je suis coupé de la Terre.
    Mais la sécurité qui m’assure comment l’avenir se profile
    Est de plus en plus éprouvante et à tel point qu’elle m’atterre.

    Photo de Ryan Shude.

  • L’étranger

    L’étranger

    Cet étranger qui vit en moi et qui connaît ma destinée
    Guide chacun des épisodes car il connaît le scénario.
    Tandis que moi, au fil des mois, je joue l’acteur prédestiné
    Qui participe à notre exode sous l’égide de l’imprésario.

    Tableau « House of Flowers – See You There – » de Peter Doig.

  • La pyramide

    La pyramide

    Dans notre merveilleux système qui fait notre organisation,
    Notre système digestif assure l’alimentation
    Avec circulation des eaux et élimination des déchets
    Et l’appareil respiratoire qui fournit l’oxygénation.

    Notre système musculaire nous porte vers la nourriture
    Grâce au système de surveillance et de défense par nos sens
    Qui, par le système nerveux de transmission et réception,
    Connectent les informations face aux besoins et aux dangers.

    Le système de reproduction boosté par la sexualité
    Permet de transmettre la vie et de s’adapter au terrain.
    Enfin l’esprit qui nous préside et gouverne nos sentiments
    Nous pousse à gagner le pouvoir au sommet de la pyramide.

    Mais on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs de la Terre.
    Les victimes et les sacrifices qui ont permis l’évolution
    Gisent et meurent à nos pieds avec peine et désolation.
    Tel est le prix de la beauté et du Dieu cruel de la vie.

    Tableau de Julie Hefferman.

  • Collectrice de larmes

    Collectrice de larmes

    Il pleure sur la Terre triste comme il pleut dans les cœurs transis
    Entre les hommes qui se battent et les collectrices de larmes.
    Comme une pluie égocentriste qui renvoie les âmes en transit
    De peur que le ciel ne rabatte ses nuages en tirant l’alarme.

    La Terre pleure sans raison ses enfants les plus turbulents
    Qui ont comme le fils prodigue leur héritage gaspillé.
    Alors sur les quatre horizons, voyez la Terre accumulant,
    De dépressions et de fatigue, tout son amour éparpillé.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La rousse aux quatre vents

    La rousse aux quatre vents

    Son cœur, comme une girouette ou plutôt la rose des vents,
    Donne à l’amour sa provenance, son énergie et son allure.
    Mais il suffit d’une pirouette d’un fervent chevalier servant
    Pour provoquer une dissonance qui irradie sa chevelure.

    Photo de Kerry Moore.

  • L’amour à la prochaine station

    L’amour à la prochaine station

    Prochaine station : L’aventure ! Le train bleu va entrer en gare !
    Tous les voyageurs sont priés de continuer leur destinée
    Qui, selon la température de l’amour, change le regard
    Et offre un cœur approprié et sûrement prédestiné.

    Photo anonyme d’un train en Inde.

  • Et volent les cerveaux lents

    Et vogue la galère quand tout va à vau-l’eau ;
    Et volent dans le vent bien haut, les cerveaux lents ;
    Et roulent sur la Terre, les fêlés du vélo ;
    Et brûlent les vivants après soixante-cinq ans.

    Je plane entre deux âges et ne tient qu’à un fil
    Mais c’est sans conséquences, j’ai la mort en surplus.
    Et tout le paysage en cette fin avril
    Ressemble à des vacances qui n’en finissent plus.

    Tableau de Fred Calleri sur http:www.howardmandville.comfred-calleri.html

  • Réflexions en confinement

    Prendre une chaise comme une échelle pour voir le monde à sa fenêtre
    Pourrait changer la position de ce qu’on croyait parachevé.
    Peut-être que mademoiselle y verra un espoir renaître ?
    Mais à quoi bon ces dispositions qui laissent un doute inachevé !

    Prendre une chaise comme un prie-Dieu pour interroger son oracle
    Et peser dans chaque prière le poids de son acceptation
    Ne paraît pas plus fastidieux qu’attendre un soi-disant miracle
    D’un peuple dans la poudrière brûler en manifestations.

    Photos de Catherine Cornett.

  • Couleurs affriolantes

    Couleurs affriolantes

    Je lui dépose un peu d’azur pour apaiser les bleus de l’âme,
    J’ajoute une touche de rouge qui calmera ses coups de cœur.
    Je délaie un peu de peinture autour des yeux en oriflamme
    Enfin un baiser sur la bouche pour lui effacer sa rancœur.

    Je lui peins les paupières en mauve pour éliminer la grisaille,
    Un peu d’essence de violette pour essuyer cet air morose.
    Une touche finale de fauve et je chasse sans représailles
    L’ultime trace affriolette pour lui montrer la vie en rose.

    Photo de Michal Lukasiewicz.

  • La carte du tendre simplifiée

    La carte du tendre simplifiée

    Ma main caresse ses pommettes pour tracer la carte du tendre ;
    Je fais des plans sur la comète car l’amour ne saurait attendre.
    Mon corps s’embrase sous l’effort puis retombe en mélancolie
    Avant que la petite mort me déconcerte dans son lit.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • Projections

    Projections

    Après ma première rencontre avec la femme de ma vie,
    La ville s’était colorée de son aura surnaturelle.
    La nuit venue à mon encontre s’est délayée dans le lavis
    Des reflets de lune dorée de cette éternelle aquarelle.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • Plume au vent

    Plume au vent

    Elle m’a laissé juste un indice : une plume de son chapeau
    Avec cette odeur de mystère que les femmes sèment au vent.
    Petit lien, comme un appendice, qui jouera le rôle d’appeau
    Chaque fois que, loup solitaire, j’écrirai des vers émouvants.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • Le chat m’a trouvé

    Le chat m’a trouvé

    Elle s’étend sur le dossier de mon fauteuil pour un ronron ;
    Je sens les poils doux du minou se frotter contre mon épaule.
    Je lui caresse le fessier, elle descend sur mon giron
    Pour se blottir sur mes genoux et la queue devient une gaule.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Je cherche un chat

    Je cherche un chat

    Je cherche un chat désopilant ou une chatte facétieuse
    Car j’ai un trou qui me sourit dans ma mémoire capricieuse.
    Or rien n’est plus horripilant que d’oublier ma fallacieuse
    Mauvaise foi qui me nourrit comme une lubie délicieuse.

    Tableau d’Ira Tsantekidou vu sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201ira-tsantekidou-1967-art-deco-painting.html .

  • La disparition

    La disparition

    J’ai invité votre fantôme tout de volutes parfumées
    En train de rêver d’aventure dans un film en Technicolor.
    Soudain sur la Place Vendôme, vous disparûtes en fumée
    Ne laissant que la parementure de votre coiffe tricolore.

    Lithographie de René Gruau.

  • Tout ce que j’ai connu de vous

    Tout ce que j’ai connu de vous

    Je m’souviens du chapeau à plumes qui lascivement vous habillait,
    Du boa qui donnait du volume à votre corps déshabillé.
    Tout ce que j’ai connu de vous, folles caresses, moments très doux,
    Votre douce voix, je vous l’avoue, qui chantait « Pou Pidou Pidou ! »

    Je me souviens de la musique que vous mettiez pendant l’amour
    Et de la culture physique dans nos positions coquines et glamour.
    Tout ce que je retiens de vous, folles étreintes, douce tendresse,
    À chacun de nos rendez-vous pour passer une nuit d’ivresse.

    Lithographie de René Gruau.

  • Infâme !

    Infâme !

    Monsieur, qui passez sans me voir
    Tous les soirs sans dire bonsoir,
    Je viens sonner à votre porte
    Et que le diable vous emporte
    Si je ne suis pas assez belle
    Pour capter votre cœur rebelle,
    Si je ne suis pas assez femme
    Pour votre étourderie infâme.

    Lithographie de René Gruau.

  • Femmes fleurs

    Qu’offrir à une femme fleur, sinon une aura de soleil
    Et l’arroser de compliments sur les beautés de sa nature ?
    Essuyer tendrement ses pleurs quand elle vous glisse à l’oreille
    L’origine d’un sentiment de son cœur en déconfiture.

    N’emballez pas la femme fleur, d’un beau papier, d’un bel écrin,
    Libre comme une fleur des champs, elle ne demande que liberté.
    Et si, d’un coup de vent, l’effleure une rafale de chagrins
    Montrez-vous plutôt attachant que distant et déconcerté.

    Lithographies de René Gruau.

  • Éternelles sirènes

    Pour vivre d’amour et d’eau fraîche comme un poisson dans l’océan,
    Les sirènes attirent les hommes ivres d’amour et de boisson.
    La nature montrait une brèche et Neptune fut bienséant
    De la combler d’un chromosome qui se termine en queue de poisson.

    Ainsi le charme des sirènes a la vie dure et la queue longue
    Par l’ascendance de Neptune, l’arête et le genre utérin.
    Elles se glissent sous les carènes grâce à la silhouette oblongue
    Dont les écailles sous la lune sollicitent l’œil du marin.

    Dessin de Guillaume Sorel.

  • La Mission des Malades Désarmés

    La Mission des Malades Désarmés

    Puisqu’on ne va plus à confesse avouer ses penchants pour la chair,
    Au Ministère de la Santé, on veut sans cesse nous alarmer.
    Je propose pour sauver nos fesses – sans que ça ne nous coûte cher –
    Le renommer, si vous le sentez : « Mission des Malades Désarmés ».

    Tableau de Alessandro Sicioldr.

  • La quarantaine est terminée !

    La quarantaine est terminée !

    Je cheminais dans la forêt – notre paradis helvétique –
    Le cœur lassé des jours moroses dans lesquels j’étais confiné.
    Une voix sortie des fourrés venue du ciel et prophétique
    M’annonça dans un nuage rose : « Ta quarantaine est terminée ! »

    Tableau de David Grove.

  • Le coup du berger

    Le coup du berger

    Le temps d’une éclipse de lune, paraît l’étoile du Berger
    Qui brille de rayons d’argent, l’espace d’une communion.
    De l’obscurité opportune, on voit Séléné émerger
    Et se donner en partageant sa nuit avec Endymion.

    Tableau « Séléné et Endymion » de Sir Edward Poynter.

  • Silence, on dort !

    Silence, on dort !

    Les rires forts des voisins en musique
    Troublent mon lit d’une ouïe psychotique.
    Faire l’amour sous leurs cris énervants
    Semble une course éperdue contre le vent.

    Quand le bruit se fait de plus en plus fort,
    Le chien se cabre et il hurle à la mort.
    Le chat se cherche un petit trou de souris
    Pour s’y loger contre les tirs nourris.

    Quand je les vois passer sous mon balcon
    Avec leur gueules et leurs sourires abscons,
    Je pense à Sartre, philosophe bon apôtre
    Qui écrivait que l’enfer c’est les autres.

    Tableau de Marius van Dokkum.

  • Pas de rose sans épine

    Pas de rose sans épine

    Avec un vin d’Andalousie, les baisers doux s’aromatisent
    Et la promesse d’une nuit d’amour dans des draps de satin.
    Petite épine de jalousie titillera la convoitise
    Et l’habitude de l’ennui fanera la rose au matin.

    Mais entre le premier chapitre et le dénouement de l’histoire,
    Jour après jour, tournent les pages avec des rebondissements.
    Monsieur joue à faire le pitre avec la voisine, c’est notoire,
    Et Madame en marivaudages a collectionné ses amants.

    Tableau de Marius van Dokkum.

  • Le coup de foudre, sûrement !

    Le coup de foudre, sûrement !

    Assise à la table d’en face, seule avec son intimité,
    Elle me rendit mon sourire puis, mon bonjour puis, ce fut tout.
    Que dire en guise de préface ? J’étais assez intimidé !
    Elle se leva pour partir en m’invitant d’un : « Venez-vous ? »

    Elle m’invita dans sa chambre nous prépara un bon café
    Qu’elle repartit dans deux tasses aussi grandes qu’un dé à coudre.
    Plus tard, je suis sorti, les membres tout raides et la tête décoiffée…
    Que voulez-vous que l’on y fasse ? Ce doit être ça, le coup de foudre !

    Tableau de Fred Calleri sur http:www.howardmandville.comfred-calleri.html

  • Puisque tu rentres de voyage

    Puisque tu rentres de voyage

    Puisque tu rentres de voyage,
    Puisque nous nous voyons ce soir,
    Raconte-moi tous les passages,
    Les traversées et les mirages.
    Viens, dépose ici tes bagages,
    Sur la crédence du couloir,
    À côté du dernier message
    Que j’ai reçu vendredi soir.

    J’entends ton taxi qui démarre
    Fais-moi l’honneur de ce banquet
    Que j’ai préparé sur le tard
    Mais décoré d’un grand bouquet.
    Je t’ai promis d’être bien sage,
    J’ai pensé à toi tous les jours ;
    Puisque tu rentres de voyage
    Cette nuit nous faisons l’amour.

    Tableau de Fred Calleri sur http:www.howardmandville.comfred-calleri.html

  • Rose jaune

    Rose jaune

    Lundi, j’ai perdu la mémoire, je n’ai plus un sou à la banque.
    Vite, un bouquet de roses noires pour combler le vide et le manque !

    Mardi, voici des roses rouges pour aimer plus passionnément
    J’aime d’amour tout ce qui bouge, un peu, beaucoup, énormément !

    Mercredi, des roses orange pour la passion et l’attirance
    Pour les amours les plus étranges et le goût de la différence !

    Jeudi, voilà des roses jaunes pour l’amitié, l’amour, la joie
    Et pour ma petite amazone dont l’affection, ce jour, m’échoit.

    Le vendredi me bouleverse de fantasmes inaccessibles
    Les roses bleues un peu perverses sentent un amour hypersensible !

    Le samedi, pour en découdre, je vais lui demander sa main
    Les roses lilas, coup de foudre, me disent d’attendre demain…

    Je t’offrirai la rose blanche, celle que tu préfères, il me semble,
    Pour l’innocence d’un dimanche et tous les autres jours ensemble.

    Tableau de Fred Calleri sur http:www.howardmandville.comfred-calleri.html

  • Le langage des roses

    Le langage des roses

    Le premier jour, au coup de foudre, il m’offrit une rose unique.
    Le lendemain, c’est réciproque, deux roses d’amour mutuel.
    Avec trois roses, sans en découdre, il met sa main sous ma tunique.
    Avec cinq roses, il me défroque, l’amour devient un rituel.

    Avec six roses, c’est l’engouement, on proclame nos fiançailles.
    Avec sept roses, très amoureux, on fait comme est à l’accoutumée.
    Enfin neuf roses, le dénouement, demain c’est notre mariage.
    Dix roses, là, c’est douloureux, Monsieur est parti en fumée…

    1 rose le coup de foudre
    2 roses l’amour mutuel réciproque
    3 rose i love you
    5 roses je ferai n’importe quoi pour toi
    6 roses engouement
    7 roses très amoureux
    9 roses ensemble pour toujours
    10 roses pour la perfection
    12 roses demande en mariage
    13 roses déclaration d’amitié
    15 roses demande de pardon
    20 roses des sentiments on ne put plus sincères
    21 roses dévouement le plus total
    24 roses pour l’amour total qui occupe les 24 h de la journée
    25 roses félicitations
    36 roses déclaration d’amour passionné
    40 roses pour l’authenticité des sentiments
    50 roses déclaration d’amour ardente
    100 roses et plus, Un lien d’amour unique, passionnel et indéfectible !

    Tableau de Jean-Pierre Cassigneul.

  • Sécheresse

    Sécheresse

    Bien que le cerveau soit de trop, de temps en temps, les dunes pensent
    À ce que serait leur désert si l’homme ne l’avait asséché.
    Tous ces regrets un peu rétros forment un nuage qui se condense
    Et s’en ira pleurer misère sur nos pauvres fleurs alléchées.

    Photo de Morten Lasskogen.

  • Quand le chat est parti au Pérou

    Quand le chat est parti au Pérou

    Quand le chat partit au Pérou, les souris dansèrent en Colombie,
    Les chiens portèrent un chapeau plat et les bretons un chapeau rond.
    Chauve-souris et loups-garous mirent les voiles en Palombie
    Et c’est ainsi qu’on dépeupla la Terre à tous les environs.

    Pas de panique cependant, les riches sont partis sur Mars,
    Les politiciens sur la Lune, les religieux au Paradis.
    Restent les pauvres se demandant la raison de toute cette farce
    Qui fit fuir ces gens de fortune devant l’infime maladie.

    Photo qui a fait le tour du monde mais dont personne ne connaît l’auteur.

  • Le Coronavirus Masqué

    Le Coronavirus Masqué

    Le Coronavirus Masqué, une sorte d’ange déchu
    Sorti de la boîte de Pandore, vient nous transmettre la lumière…
    Le pot-aux-roses est démasqué ! Quoi qu’il nous fasse, il est fichu
    Malgré l’intox qui nous endort, il retournera à la poussière.

    Tableau de Karol Bak.

  • La Maison-Dieu

    La Maison-Dieu

    Hélas ! Nous n’avions pas compris l’opération pas saine d’esprit
    Prévue par des dieux imposteurs et leurs propos de radoteurs !
    Tous nos petits dérangements ne sont que leurs arrangements ;
    Notre prétendu libre arbitre n’est pas donné à juste titre.

    Ces dieux qui se croient immortels, au-dessus des pauvres mortels
    Sont en train de nous combiner une funeste destinée.
    Nous serons pucés et parqués comme des systèmes embarqués
    Pour produire toujours plus d’argent mais hélas sans le partageant.

    Tableau de Michael Hutter.

  • Le pouvoir de l’invention

    Le pouvoir de l’invention

    Si le pouvoir de l’intention réalise tous mes désirs
    En me reliant à l’univers, aux énergies en tourbillon,
    Alors la force de l’invention me procurera du plaisir
    Comme la chrysalide en hiver se métamorphose en papillon.

    Tableau de Rick Berry.

  • La balançoire

    La balançoire

    Toute une vie en balançoire entre l’aube et le crépuscule,
    Entre l’enfance et la vieillesse, entre la naissance et la mort.
    Ah, que je puisse juste un soir, ôter un poids de ma bascule ;
    Celui qui pousse en gentillesse mais ne retire que des remords.

    Tableau de Mistislav Pavlov.

  • La consultation

    La consultation

    Sur la frontière du réel, l’esprit oscille, le cœur fléchit ;
    L’imploration creuse une ornière pour demander sa délivrance.
    Si la réponse est trop cruelle, la consultante réfléchit
    Ou bien retombe prisonnière dans l’obsédant corps de souffrance.

    Tableau de Claude Verlinde.

  • Quand ça sonne juste

    Quand ça sonne juste

    Puisque les hommes et les femmes s’habillent à tort ou à raison,
    Je me demande s’il faut me fondre ou m’habiller sophistiqué.
    Habit respectable ou infâme ? Je dirais sans comparaison
    Que si ça doit me correspondre ça va vous faire tous tiquer !

    Tableau de Claude Verlinde.