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  • La reine aux deux faces

    La reine aux deux faces

    Madame la reine nous entraîne dans un bal de sévérité
    Et se joue de la tyrannie pour galvaniser ses sujets.
    Gare à celui qui est à la traîne et gare à sa témérité !
    Celui qui résiste est banni a priori, sans préjugé.

    Madame, la reine de la nuit, entièrement nue à sa fenêtre,
    Se détend langoureusement pour un rapport d’intimité.
    Dès le premier coup de minuit, elle se donne à qui la pénètre
    Et lui offre amoureusement du sexe en magnanimité.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • L’homme est-il bon ?

    L’homme est-il bon ?

    « Taïaut ! Taïaut ! » Les amazones poursuivent les hommes aux abois
    Qui s’enfuient effarés et nus, convoités par ces vengeresses.
    Ce soir, attachés aux pylônes, totemisés au feu de bois,
    Ils apprécieront l’ingénue volupté des enchanteresses.

    Tableau de Yoshitaka Amano.

  • La femme qui lit dans mon lit

    La femme qui lit dans mon lit

    J’ai trouvé chaussure à mon pied avec cette femme qui lit
    Qui est devenue ma maîtresse en m’accordant voix au chapitre.
    Non seulement elle me sied lorsqu’elle se couche dans mon lit
    Mais elle me procure l’ivresse de la romance à juste titre.

    Illustration de Lisandro Rota.

  • Fleurs de sourire – 2

    Fleurs de sourire - 2

    Le jeu dû plaire à l’ingénue qui désormais ne porte rien
    Que de jolies fleurs délicates dont je dois humer les pétales.
    Alors j’attaque l’inconnue d’un appétit épicurien
    Et, sitôt que son rire éclate, les amaryllis s’épétalent.

    « Le jeu dû plaire à l’ingénue » est le début de la chanson « Dans l’eau de la claire fontaine » de Georges Brassens.

    Tableau de Chogiseok.

  • Fleurs de sourire – 1

    Fleurs de sourire - 1

    L’amaryllis, fleur de victoire, désir puissant et parfumé,
    Transmet le langage de charme d’une femme au sourire d’amour.
    J’aime tant cette belle histoire que j’essaierai de les humer
    Jusqu’à ce qu’elle en rit aux larmes, preuve qu’elle a le sens de l’humour.

    Photo d’Anisia Kuzmina.

  • Hélène glorifiée

    Hélène glorifiée

    La plus belle femme du monde selon la légende homérique
    Déclencha guerres et passions parmi les hommes invincibles.
    Ainsi les amours furibondes conduisent les cœurs chimériques
    À franchir par l’innovation les limites de l’impossible.

    Tableau de Gustave Moreau.

  • Le point du jour à domicile

    Le point du jour à domicile

    Lorsqu’au réveil, elle ouvre un œil, l’astre vert glisse sous la paupière ;
    Puis quand elle ouvre le second, deux soleils sortent entre les cils.
    L’aube me souhaite un bon accueil et je salue mon équipière
    Qui m’offre, suprême parangon, le point du jour à domicile.

    Illustration de Moon.

  • Dégustation en délire – 1

    Dégustation en délire - 1

    Un sommelier fort de café, pris en train de se décoiffer,
    L’esprit ailleurs dans le décor et dont le cœur flotte sans corps ;
    Une cliente peu commode, vêtue à la dernière mode,
    Robe à bretelles qui pendulent sous la coiffe bleue qui ondule.

    Une dégustation ouverte à l’envie de la découverte.
    Le champagne l’a un peu surprise quant au Bordeaux, quelle méprise,
    S’il a du corps et de la robe, tous ses arômes se dérobent !
    Cette histoire cousue de fil blanc semble un délire des plus troublants.

    Tableau de Michael Cheval.

  • L’enchanteresse

    L’enchanteresse

    Quand ses petits seins enchanteurs me regardent droit dans les yeux,
    Je sens monter tous les fantasmes avec l’envie et l’allégresse
    D’être choisi comme détenteur de ces moments les plus précieux
    Où je travaille mes orgasmes sous le charme de l’enchanteresse.

    Tableau de Louis Ricardo Falero.

  • Réflexions sur le Rio Grande

    Réflexions sur le Rio Grande

    Quand la nature silencieuse me fait part de ses réflexions,
    L’art immobilise le temps par sa beauté et sa noblesse.
    Alors mon âme révérencieuse lance à l’esprit ses projections
    Afin qu’il réalise autant sa robustesse et sa faiblesse.

    Tableau de Liz Haywood-Sullivan.

  • Face à l’océan de la mémoire – 3

    Face à l’océan de la mémoire - 3

    Au cœur du songe, l’inconscient, l’anima de mes profondeurs,
    Conduit le chemin du rêveur là où il devrait s’assouplir.
    Alors la voix du subconscient enregistre sur mon répondeur
    Le message qui tient la ferveur de ce que j’ai à accomplir.

    Tableau de Rainer Maria Rilke.

  • Face à l’océan de la mémoire – 2

    Face à l’océan de la mémoire - 2

    Lorsque je creuse plus profond dans l’océan de ma mémoire,
    Toute la vase remuée trouble l’ordre des souvenirs.
    Et plus j’agite les tréfonds, plus je crée des effets de moire
    Dont les blessures viennent refluer sur le présent et l’avenir.

    Tableau de Dario Campanile.

  • Face à l’océan de la mémoire – 1

    Face à l’océan de la mémoire - 1

    Plongeant sous les couches du rêve, bien profond derrière les paupières,
    Souvent la mémoire ressurgit, imperturbable et obsédante.
    Bien que l’apparition soit brève, elle reste gravée dans la pierre
    Comme relique ou liturgie d’une existence précédente.

    Tableau de Szilárd Jankó.

  • La plus belle des saisons

    La plus belle des saisons

    Notre-Dame des pâlichons, méprenez-vous sur la maigreur
    Des arbres noirs, des arbres en deuil que les corbeaux mettent à l’honneur !
    Tout paraît un peu folichon, tout paraît noyé dans l’aigreur ;
    On croirait au premier coup d’œil que c’en est fini du bonheur.

    Ce n’est que de la comédie, la terre n’est pas morte, elle dort
    En rêvant à la renaissance qui s’épanouira au soleil.
    L’hiver n’est qu’une parodie tirée de la boîte de Pandore ;
    Seul le sage a la connaissance que le trésor est en sommeil.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • La danse à sept tams-tams

    La danse à sept tams-tams

    Toi qui conduit la cadence, toi qui dirige l’orchestre,
    Toi qui rythme la mesure, toi qui impose le temps,
    Toi qui nous immerge en transe les soirs de la Saint-Sylvestre,
    Mes pas résistent à l’usure et mon cœur en bat autant.

    Tableau de James Christensen.

  • Loups et sorcières

    Loups et sorcières

    « Au loup ! Au loup ! » Crient les sorcières, toutes les trois sorties du bois.
    « Taïaut ! Taïaut ! » Hurlent les loups à l’unisson du contrepoint
    Qui a monté la souricière en claironnant cor et hautbois ?
    Un musicien un peu jaloux ou un berger, je ne sais point.

    Tableau d’Eugène Grasset.

  • L’audacieux conquérant

    L’audacieux conquérant

    Vêtu de sa robe de nuit, il l’enveloppa de ses bras
    Et elle tomba évanouie dans le satin bleu de ses draps.
    Puis les ténèbres se firent violettes lorsque se rouvrirent les grands yeux
    De la belle sous la houlette de son conquérant audacieux.

    Tableau de Yoshitaka Amano.

  • La magicienne des hauts plateaux

    La magicienne des hauts plateaux

    Là-haut, sur les hautes altitudes où moutonnent monts et vallées,
    Le climat austère balaye rivières et torrents telluriques.
    Là-haut, vit de béatitudes, sur les pics rocheux ravalés,
    La magicienne qui ensoleille son territoire chimérique.

    Quand tombent les premières neiges, l’audace fait sa disparition
    Et elle attendra le printemps pour vaincre sa timidité.
    Pourtant, quel étrange manège que sa nouvelle apparition ;
    L’éternité de ses vingt ans qui couronnent sa nudité !

    Illustration de Jean Deville.

  • Le secret des bottes

    Le secret des bottes

    Autant étrange qu’insolite, la sorcière perd ses pouvoirs
    Sans ses bottes qui facilitent sa faculté de se mouvoir.
    Même lorsqu’elle fait l’amour, elle conserve ses cuissardes
    Ce qui ajoute un peu d’humour quand on la prend à la hussarde.

    Car si son amoureux barbote et ne se montre pas merveilleux,
    Elle lui décoche un coup de botte qui lui fait parcourir sept lieux.
    Quand la pleine lune s’enchâsse sur les montagnes et les collines,
    Fuient les amants qu’elle pourchasse, nue mais chaussée de ses bottines.

    Tableau de Viktor Sheleg.

  • L’homme qui lit

    L’homme qui lit

    Je lis souvent plusieurs histoires simultanément sans problème
    Et qui se perdent dans les ruelles de ma mémoire narrative.
    Après l’affinage notoire qui sépare amours et dilemmes
    J’écris quelques rimes cruelles cependant jamais négatives.

    Tableau de David Carmack Lewis.

  • L’hommage

    L’hommage

    Prince de la Sainte-Victoire et de tous les champs de la Terre,
    Toi, qui a su remédier à la couleur de mes espoirs,
    Toi, qui a raconté l’histoire à ma peinture élémentaire,
    Laisse-moi donc te dédier l’ensemble de mon répertoire.

    Tableau de Pablo Picasso en l’hommage à Paul Cézanne.

  • L’appel de la nature

    L’appel de la nature

    Quand les maux s’écrivent en douleurs tissées en forme de cuirasse,
    Seul un retour à la nature peut réveiller un cœur blessé.
    Flore et faune offrent leurs couleurs qui viennent à bout des carapaces
    Et autorisent l’ouverture vers les délices délaissées.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • L’âme et le corps déconfinés

    « Nous ne vieillirons pas ensemble. » Je parle de moi et de mon corps,
    Celui qui retourne à la terre avec les plaintes et les remords.
    Quant à l’âme, si elle se rassemble avec mes autres plus vieilles encore,
    Je rejoindrai le grand mystère d’une autre vie après la mort.

    Quand Dieu devra penser à moi, plutôt que moi penser à lui,
    Soit je n’aurai plus rien à faire, soit je devrai recommencer.
    La mort aveugle, toute en émoi, me vendra le même produit :
    « Je vous propose une bonne affaire, cela dit sans vous offenser ! »

    Sauf que si l’âme se réveille hors de mon cœur, hors de l’esprit
    Qui à cette heure se véhicule dans un corps qui se reproduit ;
    Ce nouvel être qui s’émerveille dans un ailleurs qu’il s’approprie
    Connaîtra-t-il le ridicule de ce que je pense aujourd’hui ?

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Musique en Do confiné

    Je vis dans mon propre tableau encadré par les quatre murs
    Que mes petites cellules grises ont transformé en miniature.
    Heureusement, j’ai mon hublot d’où j’entends des voix qui murmurent
    Et me révèlent des surprises portant ma propre signature.

    Alors je les mets en musique accordée sur les courants d’air
    Qui me donnent un Do confiné plutôt qu’un La de référence.
    Mais pour tous les vents amnésiques, l’exactitude reste secondaire
    Et ma zizique, mal peaufinée, n’a pas atteint ma préférence.

    Alors j’ai fermé le hublot durant quelques heures par jour
    Pour écouter dans le silence mon propre diapason de l’âme.
    Et j’ai repris dans mon tableau ma place dans l’étroit séjour
    Où, dans mes heures de vigilance, je joue ce que mon cœur réclame.

    Tableaux de Alexander Sulimov.

  • L’oral de rattrapage

    L’oral de rattrapage

    Pour l’oral de son examen, même si le test paraît bénin,
    La sorcière place tout son charme dans sa tenue ensorceleuse
    Car, si se tromper est humain, se rattraper est féminin
    Et la séduction est une arme sexuellement frauduleuse.

    Tableau de Viktor Sheleg.

  • Le trou de sorcière

    Le trou de sorcière

    Maudit soit le trou de mémoire pour une sorcière apprentie
    Qui a oublié son grimoire et ses formules pressenties.
    Les anti-sèches dans le balai se font des nœuds à son chapeau
    Las, l’examen est remballé, l’apprentie-sorcière est capot.

    Tableau de Viktor Sheleg.

  • La loi de Murphy

    La loi de Murphy

    Selon l’objet de son désir, chacun observe à sa façon ;
    Le chien examine à loisir minet surveiller le poisson.
    Leur maîtresse trouve enquiquinant tous ces instincts à assouvir.
    Quoi qu’il en soit, c’est imminent, la loi de Murphy va sévir.

    Tableau de Didier Lourenço.

  • La déviation

    La déviation

    Soudain le monde entier bascule entre deux choix irréversibles ;
    Dans une fraction de seconde, il va bien me falloir choisir.
    Entre la mort au crépuscule ou la survie inaccessible,
    J’opte pour l’envie furibonde de la moindre chance à saisir.

    Tableau de Sayaka Maruyama.

  • Heureux qui comme Casanova…

    Heureux qui comme Casanova…

    Heureux celui qui a voyagé et a marqué sur son visage
    Toutes les plus belles impressions des pays qu’il a traversés.
    Dans son regard apanagé de tous ces charmants paysages
    Et sur sa bouche l’expression des femmes qu’il a embrassées.

    Tableau de Will Kurtz.

  • Qu’est-ce qu’on s’ennuie !

    Qu’est-ce qu’on s’ennuie !

    Ne cherchez pas ! J’ai essayé d’ savoir c’ qui ennuie nos enfants.
    Peut-être n’ont-ils pas confiance, vu comment merdent leurs parents…
    Ils sont d’abord émerveillés des super-héros triomphants
    Et puis, font face à la méfiance des trompe-l’œil désemparant.

    Le Père-Noël fabrique en Chine les jouets stéréotypés
    Pour apprendre à être soldat, businessman ou fonctionnaire.
    La fascination des machines et des joujoux suréquipés,
    Tout ça, à la fin, se solda par un état dépressionnaire.

    Photo de Jelly Mallows.

  • La souris amère

    La souris amère

    Une souris rouge par son père, à tête verte par sa mère,
    A traversé tranquillement l’espace de mon appartement.
    Mon chat délicat m’exaspère ! Il trouve la proie bien amère
    Et l’abandonne fébrilement comme bombe à retardement.

    Tableau de Nick Knight.

  • Les châteaux de cartes

    Les châteaux de cartes

    Entre les pauvres et les riches, on empile selon les couleurs ;
    Tout au sommet les gens qui trichent, en bas ceux qui vivent de douleurs.
    les basses cartes en soumission, les belles figures au palmarès.
    Patatras, une révolution met en péril la forteresse.

    Tableau de Catherine Alexandre.

  • Le changement

    Le changement

    Celle qui veut être comme tout le monde,
    Cherchera un modèle à suivre,
    Et vit sa vie gomme dans un livre.
    Celle qui veut changer le monde,
    Cherchera de nouveaux horizons,
    Finira peut-être en prison.

    Celle qui ne fait pas comme tout le monde,
    Fuira toute forme de formatage
    Mais ne fera aucun partage.
    Celle qui ne sait pas faire comme tout le monde,
    Elle n’aime pas les stéréotypes,
    Ne comprend pas les archétypes.

    Et celle qui n’est pas de ce monde ?
    Si vous ne l’avez- jamais vue,
    Je vous ai pris au dépourvu.

    Tableau d’Ofra Amit.

  • Sophie et ses chattes

    Pour échapper aux tentacules de la pieuvre libidineuse
    Qui s’insinuent, la chatte humant les repousse à grands coups de griffes.
    Sous ses assauts, les testicules de cette verge enquiquineuse
    Se replient sous le châtiment dans les replis de l’escogriffe.

    Comme il poursuivait sa compagne avec sa langue de belle-mère,
    Elle s’enfuit de ses montagnes et trouva refuge à la mer.
    Grâce à Dieu, la chatte siamoise qui la veillait en son logis,
    Croqua l’appendice grivoise défiant sa gynécologie.

    Tableaux de Rezzan Ganiz.

  • L’ennui

    L’ennui

    Béni soit le temps de l’ennui car il m’entrouvre une fenêtre
    Dont je me sers pour aérer l’intérieur avec l’extérieur.
    Souvent, comme le jour et la nuit, dans ces instants je sens renaître
    Cette appétence désespérée avec mon Prāna supérieur.

    Tableau de Roza Goneva d’après Klimt.

  • Le cul de Cléopâtre

    Le cul de Cléopâtre

    Le cul de Cléopâtre, s’il eût été plus court,
    La fesse de la Terre aurait été changée.
    La question à débattre sur les histoires d’amour
    Resteront un mystère à jamais prolongé.

    Il paraît que César le trouvait bien quelconque,
    Qu’Octave et Marc-Antoine aimaient le partager.
    Mais il n’y a pas de lézard ! Car on n’entendit onques
    Parler du patrimoine d’un cul avantagé.

    Illustration Al Rio.

  • Barberousse

    On finit par s’harmoniser à son animal de compagnie.
    Ainsi, ma voisine, la rousse, possède un chat roux, assorti.
    Petit filou démonisé par ses moustaches – quelle avanie –
    Et qu’on appelle « Barberousse ! » aussitôt qu’il est de sortie.

    Barberousse, aux belles moustaches, est un compagnon prévenant
    Qui rapporte souvent de sa chasse un petit rat d’arrière-cour.
    Il s’acquitte toujours de sa tâche en posant le contrevenant
    Sur le tapis de la bonnasse qui crie « Ah, mon Dieu, au secours ! »

    Tableaux d’Armandine Jacquemet Soares.

  • Chanson d’amour

    Faites l’amour plutôt que la guerre mais pas la guerre de l’amour
    Car la jalousie offre une arme qui possède plusieurs tranchants !
    Quand votre femme est en colère fermez les portes à double tour
    Sonnez le tocsin et l’alarme et puis, prenez la clef des champs !

    Lorsque l’amour nourrit la haine, les femmes visent encore mieux
    Et le mari devra courir en faisant beaucoup de crochets.
    Il peut courir à perdre haleine, l’exécuteur acrimonieux
    Lui laissera le temps de mourir, tout doux, avant de l’embrocher.

    Tableaux de Danny Galieote.

  • Le mentor de l’amour

    Le mentor de l’amour

    Pour augmenter l’ivresse de notre libido
    Ma femme rend visite fréquemment au centaure.
    L’amour à la vitesse d’un cheval au galop
    Court encore plus vite avec un bon mentor.

    Tableau d’Odilon Redon.

  • Les plaques souvenirs de mes rêves

    Les plaques souvenirs de mes rêves

    Tantôt, dans le monde des rêves, je jouis de festivités
    Sans pour autant en retenir d’éclat quand je suis réveillé.
    Et pourtant chaque nuit sans trêve je reprends ces activités
    D’autant de plaques souvenirs dont ma mémoire est émaillée.

    Tableau d’Odilon Redon.

  • Les Trois Grâces

    Les Trois Grâces

    Sachant que les Trois Grâces s’amusent à nous charmer de leur beauté
    Et font l’amour par charité aux pauvres héros fatigués,
    J’en demande auprès de ma muse qui me répond sans chipoter
    Qu’ cet esprit d’ solidarité ne lui était pas prodigué.

    Tableau de Gustave Moreau.

  • La fille de l’air

    La fille de l’air

    Icare a rêvé de voler et sa femme devenir sirène.
    De leur union naquit Ariane qui joua la fille de l’air.
    Elle aurait ensuite convolé avec Thésée et fut sa reine
    Dans une monarchie océanne qui n’était pas pour lui déplaire.

    Photo sous-marine sur https:www.lookslikefilm.com20190502underwater-photography .

  • Chacun dans sa bulle

    Chacun dans sa bulle

    Chacun sa bulle individuelle pour subsister contre l’immonde ;
    Chacun son petit univers à arranger selon son choix.
    Pour l’activité sexuelle, on fera comme tout le monde ;
    Ça se passera dans un p’tit verre, par exemple un verre d’anchois.

    Photo Ernest sur www.instagram.comphotographizemag .

  • Horus et Thoth

    Horus et Thoth

    Sous l’œil d’Horus, comme de coutume, à l’aube le soleil s’éveillera
    Pour saluer, à titre posthume, le sauveur qui protège Râ.
    Sous l’œil de Thoth, le dieu nocturne, la pleine lune resplendira
    Tandis que Seth, dieu taciturne, encore une fois regimbera.

    Thoth et Horus.

  • Le messager des couleurs

    Le messager des couleurs

    Je livre le vert de l’espoir lorsque votre cœur est morose ;
    Je remets la touche violette qui efface les bleus de l’âme.
    J’apporte le courrier du soir et vous voyez la vie en rose ;
    Et je repars à la volette pour renouveler votre flamme.

    Lorsque souffle un vent de colère, je sème vos lettres écarlates ;
    Lorsque gronde un orage sombre, j’y disperse vos idées noires.
    Je me montre protocolaire par des blancs que l’on relate ;
    Les couleurs qui restent dans l’ombre glissent dans mes trous de mémoire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le temps du Muguet

    Lorsque vint le temps du gui, on s’est souhaité bonne année
    Et puis quand vient le muguet, déjà, on n’y pense plus.
    À la fin on s’alanguit, on devient moins spontané,
    Peut-être aussi fatigué si l’année nous a déplu.

    Lorsque vint le temps du houx, on s’est offert des cadeaux
    Et puis quand vient le muguet, on s’en est déjà lassés.
    On s’en ira au mois d’août, on prendra les sacs-à-dos,
    La rentrée sera moins gaie, les vacances sont passées.

    Lorsque vint le mois de mai, on était tous confinés
    Et puis quand vient le muguet, on regarde la nature.
    On le sait tous, désormais, tout a été combiné
    Pour nous envoyer dinguer sous la loi des dictatures.

    Tableaux de Jan Pashley.

  • La plus belle pour aller danser

    La plus belle pour aller danser

    La plus belle pour aller danser m’a rappelé son souvenir
    Lorsqu’elle est passée à Genève pour un concert digne de Chopin.
    Le récital très condensé aurait réussi à tenir
    Le public qui a pris la relève du nostalgique temps des copains.

    Je n’ai jamais été fan de Sylvie Vartan mais j’ai trouvé la photo jolie et puis, le temps des copains, c’est ma jeunesse.

    Photo de Sylvie Vartan et son dernier passage en suisse : https:www.lematin.chpeoplesylvie-vartanstory21456099

  • Yin-yang

    « Échec et mat et dix de der ! » S’écrie la reine de la mort.
    « Ça ne va pas, tu as triché ! » Répond la reine de la vie.
    Entre les deux, leur légendaire lutte rebondit sans remords
    Et, dès le terrain défriché, elles recommencent à l’envi.

    « Taratata ! » leur dit le Temps. « Vous n’avez pas l’éternité
    Et tôt ou tard devrez trouver à réconcilier vos yin-yang. »
    Mais les reines ont du répondant qui dit que la paternité
    De leurs batailles éprouvées remonte bien avant le Big-bang.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • En attendant Pénélope

    En attendant Pénélope

    Ce soir, je rencontre Pénélope, selon les dires de Cassandre
    Qui sait lire dans l’avenir dans un flacon d’eau de mélisse.
    Or cette voyante interlope a vu des auspices descendre
    Qui rapportaient un souvenir du temps où l’on m’appelait Ulysse.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Amours d’automne – 2

    Amours d’automne - 2

    Elle s’épanouit comme une fleur ; comme une fleur, porte ses fruits ;
    Comme un fruit enfante ses graines qui, dans la terre, se replient.
    Meurt-elle au milieu de nos pleurs ? Non, elle a repoussé sans un bruit
    Sous un soleil neuf qui égrène ses rayons dans un peu de pluie.

    Tableau de Khalil Gibran.