À l’heure des premiers brouillards à la rencontre du soleil Les bateaux louvoient les eaux d’encre entre les ombres et la lumière. Alors j’admire ces gaillards debout sur le soir en sommeil Qui rentrent au port pour jeter l’ancre dans un spectacle de première.
Elle est venue la fleur aux dents pour me proposer l’aventure, Animée d’une faim d’amour sans doute éprise de boisson. Mais on n’est jamais trop prudent. Quand j’ai dégrafé sa ceinture J’ai bien vu sous un nouveau jour que tout finit en queue de poisson.
On voit souvent dans les maisons des signes qui ne trompent pas ; Un chat qui lit comme un potache et des rats de bibliothèques. Et comme il n’y eut pas de raison que moi-même je n’y coupas, J’en ai des spirales aux moustaches et la queue en crosse d’archevêque.
Un peu étonné, je l’avoue, par la fille au bouquet de fleurs, Roses plantées dans les cheveux, l’air guilleret, l’air ingénu. Quand elle me donna rendez-vous chez elle – elle habitait Honfleur – Je répondis « ce que je veux va vous paraître saugrenu ! »
« Je voudrais écrire un poème en vous habillant de mes vers Sur la peau nue de votre corps avec l’amour qui en émerge. » Elle me répondit « je vous aime, vous et vos goûts un peu pervers, Mais permettez-moi tout d’abord de vous offrir ma page vierge. »
La femme descendrait de l’arbre porteur du fruit de connaissance Tandis que l’homme viendrait du singe selon à quel dogme on s’attache. Tout ça me laisse un peu de marbre car, depuis toutes ces naissances, On se creuse toujours les méninges pour la répartition des tâches.
Durant notre confinement, quand vocifèrent les enfants, J’en suis toujours à m’ demander d’où leur vient cette voix criarde. Je l’ai appris dernièrement par la souris dont l’éléphant Connaît le cours recommandé d’un chat hurlant comme un vieux barde.
Tableau de Maria Pavlova sur https:www.thegreatcat.orgthe-cat-in-art-and-photos-2cats-art-contemporarymaria-pavlova-1979-present-russian .
Dommage qu’il ait déménagé de son joli chappartement Qu’il occupait dans mon armoire d’une manière sans pareille. Depuis, je ne puis présager les orages à retardement Qu’il faisait, si j’ai bonne mémoire, tonner, la patte sur l’oreille.
Sur son corps nu, juxtaposé, le trou du cœur de son ombrelle Filtrait le baiser de soleil pour un tatouage d’amour. Mais quelle audace fallait oser d’utiliser la fenestrelle Pour graver l’empreinte vermeil qui la parait d’un bel atour !
Une drôle d’idée assurément de peindre un clin d’œil au soleil Sous un plafond tout arboré d’une pinède en trompe-l’œil. Il semble le simple agrément qui accompagne le réveil Du dormeur aux rêves dorés à qui le jour fait bon accueil.
Elle paresse au pissenlit le temps d’une grasse matinée Puis, elle baptisera son lit d’un souffle vif et mutiné. Durant la saison des moissons, elle vivra se pourléchant D’un peu de rosée comme boisson et des blés d’or glanés aux champs.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
La lance, acérée comme un croc dont l’homme-loup a hérité, Rapide comme l’aigle blanc vole en suivant le sens du vent. La proie, sacrifiée sans accroc, cuira le repas mérité Dans le creuset d’un feu tremblant pour nourrir l’enfant survivant.
Tableau de Barrett Biggers sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .
Gros daim des bois, grand cerf des monts et tous les autres cervidés, Arborez vos cornes ramifiées de vos plus étranges symptômes ! Faites place aux petits démons, les sylvidés, les corvidés, Pour le concert planifié des chants sacrés d’oiseaux fantômes.
Tableau de Barrett Biggers sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .
J’arrive dans ma chambre nue, juste éclairée d’un luminaire, Que je me hâte d’embellir d’un roman de littérature ; Tout un univers saugrenu sort de ma source imaginaire Dont des fantasmes et des délires que la moralité rature.
Tableau de Lena sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .
N’ayez pas peur, ce n’est que moi, quand je demande à l’Univers De faire évoluer mon âme quel qu’en soit le prix à payer. Ce loup qui vous met en émoi, sorti des brumes de l’hiver, Ne représente que la flamme de l’épreuve du feu monnayée.
Tableau de Ross Tran sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .
Enfant, j’ai bien connu la peur qui me paralysait l’esprit ; J’avais l’impression de mourir et disparaître dans le néant. Jusqu’à ce qu’un jour la stupeur d’un accroc – sans doute prescrit – Me permette de découvrir de ne plus craindre les géants.
Alors, j’ai affronté la peur qui m’a outrepassé le corps Et j’ai senti dans tous mes os la souffrance d’être vivant. Après, sorti de ma torpeur, j’ai réalisé mon record ; Moi, le plus faible des roseaux, avait plié devant le vent.
« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. » Litanie contre la peur « Dune » de Franck Herbert.
Tableau de Vincent Belbari sur www.boredpanda.comstudio-ghibli-inspired-fan-art-paintings-oil-watercolor .
À la fois infinitésimal par rapport au grand Univers Et sur la frontière attestée avec l’infiniment petit. Ne suis-je donc qu’un animal qui meurt et nourrira les vers Ou l’enfant d’un dieu contesté par une démonopathie ?
Tandis que Shakes, ce bon docteur déshabillait les jolies femmes Pour le meilleur et pour le pire dans le secret du cabinet, L’abominable Mister Peare, arpentait les estaminets Pour se cacher de l’inspecteur qui surveillait ces lieux infâmes.
En tout cas, le toucan, myope comme une taupe Parla toute la nuit à des bananes mûres. Et malgré le boucan des oiseaux nyctalopes, Il n’eut aucun ennui à dire dans un murmure :
« Ah mes jolies toucanes, que vous me semblez belles, L’odeur de votre arôme et vos petites mouches ! Venez dans ma cabane, ne soyez pas rebelles, Mon grand bec papillonne à vous tendre sa bouche ! »
Il est des gens, je vous le jure, qui portent tout sur la figure. Toutes leurs histoires embarquées, sur leur front ridé, sont marquées. Un chagrin d’amour les rudoie et laisse aux yeux des pattes-d’oie. Seul, un poète pince-sans-rire leur tord la bouche d’un sourire.
« Ha ha, il paraît qu’on sera tondus ! » Tout ça, c’est des sous-entendus ! « Hé hé, il paraît qu’on rationne l’herbe ! » j’ai déjà ouï ce proverbe ! « Hi hi, on nous traite comme des moutons ! » méfions-nous du qu’en-dira-t-on ! « Hu hu, il paraît même que ça urge ! » comme les moutons de Panurge ! « Ho ho, il paraît qu’on sera pucés ! » avec science et caducée ! « Hou hou, il paraît qu’on sera mangés ! » ça ne doit pas nous déranger !
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On n’a rien entendu de pis que les grippes du temps jadis ! On n’a rien vu au niveau masques, l’erreur paraît plutôt fantasque ! On n’a rien dit aux confinés pour qu’ils ne montrent plus leur nez !
Black-out complet dans les cités, ignorons les atrocités ! L’information est muselée afin de vous dissimuler Que l’ coronavirus, c’est l’arbre qui cache la forêt macabre.
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Tout comme les petits ruisseaux qui se rassemblent en rivières, Les puissants ont besoin de sots pour leurs carrières financières. Soulevez le bord des pyramides, vous y verrez tous ceux qui croient Que vivre une vie insipide représente leur chemin de croix.
Comme je vivais à l’écart du centre urbain que je déplore, J’ai convié tous les fêtards pour une collation légère. À l’instant muguet moins le quart, passé l’heure de la passiflore, Personne n’était en retard exceptée ma belle horlogère.
Sur la toile bleue de mes rêves, elle vient tisser tous les soirs Quelques étoiles de bonheur tressées avec mes espérances. Parfois ma toile craque et crève et crée un trou de désespoir Dont elle me raccommode l’humeur par un bouton de délivrance.
Flagrant délit de lits de fleurs, la main dans le sac du semeur, J’aime le paysan naïf qui fait de l’art sans le savoir. Lui, il sait transformer les pleurs de toute une vie de labeur En champs de blé, champs de maïs, sans la nature décevoir.
Nimbée d’une aura de lumière des premiers rayons de l’aurore Sur un rêve de virginité qui se réveille au nouveau jour. Couleurs à travers sa crinière comme une gerbe de blé d’or, Honorent sa féminité comme une couronne d’amour.
Lis ta bible ! Lis le Coran, Veda, Tantras et les Sûtras ! Crains pour ta vie, crains pour ta mort, soumets-toi à nos traditions ! Moi, j’ai été déshonorant envers Dieu et Zarathustra ; J’ai pris, à raison ou à tort, la voie de la contradiction.
La faune s’adapte à la flore et l’ensemble aux quatre éléments Qui peignent les plus beaux rivages et sculptent les crêtes de schiste. Quant aux roches multicolores, les gazelles et leurs parements, Elles nous invitent au vernissage d’une Terre paysagiste.
Rien n’est trop beau pour la princesse qui n’en aura jamais assez Et si elle prend trop de place, on augmentera les impôts. Après tout pourquoi la richesse devrait-elle un beau jour cesser Puisqu’il paraît que la populace a choisi de porter le chapeau.
Il faut au peuple ses héros et ses vedettes à admirer Afin de, par procuration, rêver à la vie de château. Tant pis si on reste à zéro, tant pis si on est aspiré Par notre procrastination car agir, c’ n’est pas du gâteau !
Tableau de Tomasz Sętowski sur https:www.designstack.co201801oil-paintings-magical-realism-meets.html
Dans les immeubles confinés, les cages d’escaliers résonnent Comme des chœurs de cathédrales où chacun prie pour son église. Dans les familles recombinées, plusieurs générations raisonnent Sur les mesures magistrales que nos dirigeants diabolisent.
Il paraît qu’on va nous tracer par des dispositifs légaux Pour donner des informations sur ce qu’on fait et où l’on est. Ce n’est pas que j’ sois agacé que l’on surveille mon ego Mais plutôt la déformation d’un totalitarisme inné.
Tableau de Tomasz Sętowski sur https:ego-alterego.comtomasz-setowski-paintings#.XrLVXf8kyf1
Pendant le tonnerre qui gronde, Madame, fertile sous sa robe, Arrose de petites larmes son petit jardinet privé Jolie, mignonne, plutôt gironde, malgré Monsieur qui se dérobe, Entretient son jardin de charme lorsqu’elle se sent démotivée.
Les voilà pris dans ses filets de son lancinant somnifère Car la flûtiste vient d’entamer l’entrée de la « Flûte enchantée » Qui met l’auditoire enfilé dans les notes qui prolifèrent. Et le public de réclamer sa rémission désenchantée.
Méditer en Terre Sacrée, demande un arbre décoré D’un peu de guirlandes aux cœurs d’or et quelques étoiles au firmament. Le buste nu, la peau nacrée d’un peu de rosée des forêts, On fait silence puis, on s’endort et on contemple le moment.
Tantôt Madame la Renarde consolera le honteux corbeau Qui s’est fait flouer par son comparse, Maître Renard, l’amant volage. Tandis que le coquin traînarde avec une gazelle-au-corps-beau, Nos pauvres dindons de la farce s’apaisent d’un batifolage.
Tableau de Christian Schloe sur http:pussycatdreams.centerblog.netrub-10-art-surrealiste-de-christian-schloe–6.html .
Cet oiseau-là, je le connais, il est tombé à sein nommé Directement dans la pâture de Mademoiselle Nature. Tendrement, sans cérémonie, elle lui a apprêté son nid Dans une touffe aux environs, tassée au creux de son giron.
Le père de la reine Margot, nommé le roi des escargots, S’apprête à sortir sa mascotte et enfiler ses grandes bottes Car le temps se met à la pluie et le roi met sa panoplie À la vitesse d’un soupir tranquillement sans s’assoupir.
À l’heure des réseaux sociaux où tout va de plus en plus vite La gloire sombre dans l’oubli si vous n’êtes vus en permanence Et vous deviendrez asociaux si vous refusez une invite Ainsi, permettez que je publie ma toute dernière impertinence.
Aussitôt que j’ouvre une image, les mots s’échappent par milliers Et je les capte dans l’éther grâce à un moyen qui m’échappe… Mais je crois qu’il serait dommage de comprendre cet art singulier Sous peine que le don s’altère ou, qu’au contraire, il m’handicape.
À tant suivre un confinement durant les longs jours du printemps, Je me mets à désespérer aux vacances toutes l’année. Je propose le raffinement de les faire durer à plein temps, Laisser le mois d’août prospérer d’une éternité à flâner.
D’une culotte marinière plutôt qu’une queue de poisson, Les sirènes s’habillent moderne, je vous en fais ce désaveu. Depuis le siècle des lumières, elles se sont mises aux caleçons Avec écailles en baderne, seins nus et fleurs dans les cheveux.
Tableau d’Elena Khmeleva sur http:touchofcolorr.blogspot.com201506elena-khmeleva.html?m=1#more
Souvent les filles perdent la tête de façon claire ou ambiguë Et les sœurs du Petit Poucet le font souvent à la maison. Quand elles poussent la quintette en chantant d’une voix suraiguë, Elles en sont tellement trémoussées qu’elles en perdent aussi la raison.
Alors le moindre courant d’air les emporte dans les forêts Et ce pauvre Petit Poucet de courir pour les rattraper. Mais si les filles sont solidaires, le p’tit dernier est timoré Et c’est la mine courroucée qu’il leur ferme enfin le clapet.
Le chat, animal capricieux et amateur d’échauffourée Aime nicher au fond de l’armoire ou disparaître comme un gredin En cherchant dans quel malicieux trou d’souris il s’était fourré, J’ai fait appel à la mémoire des habitants de mon jardin.
Je me souviens de son collier qu’elle portait pendant l’amour ; Les vertus lapis-lazuli lui permettant moultes délices. D’ailleurs, elle m’avait défolié avec ces pierres au premier jour ; J’en ressentis les stimuli en lui pénétrant le calice.
Dans le jardin des Hespérides sur la frontière occidentale, Il n’est jamais désespérant de cueillir les pommes dorées. Selon les tables éphémérides et les trois muses sentimentales, Leur valeur va s’accélérant lorsque la lune est mordorée.
Dans le jardin des Hespérides sur la frontière occidentale, On n’est jamais désespéré de cueillir les pommes dorées. Selon les tables éphémérides et les trois muses sentimentales, Leur valeur est inespérée en pleine lune mordorée.
Tableau de Karl Bang sur https:sergeyurich.livejournal.com157034.html?thread=277098 .
Commencent les préliminaires par un poème de caresses Dont les rimes s’accorderont avec les mains dur la poitrine. Quelques baisers imaginaires alanguis juste par paresse Mais dont les sens aborderont une ouverture de la vitrine.
Les mains forment un beau costume à la femme déshabillée Qui apprécie le geste ultime du maître tailleur roucouleur. L’homme se plie à la coutume de faire l’amour maquillé Sur les parties les plus intimes avec son bâton de couleur.
Tableaux d’Éric Pause sur https:www.cowabungart.comartpeinturepeintures-par-eric-pause
Les artistes ont le cœur dans l’œil – à moins qu’ils aient l’œil dans le cœur – À leur manière de saisir l’instant le plus significatif. Ils voient l’imperceptible seuil qui fixera avec vigueur L’intense moment de plaisir que sait capter leur objectif.
Fille de lune et du soleil, reine de nuit épanouie, Elle se confie aux étoiles pour évoquer ses souvenirs. Son art, sans nul autre pareil, vous paraîtra certes inouï Mais son tarot lève le voile sur votre meilleur avenir.
Un photographe aux idées larges dont les pensées sont en surcharge Devait soulever son calot sous les nuages au galop ; Une princesse prétendue, tenant de la glace fondue, Coiffée d’un genre de couronne, posait sur un drôle de trône.
Mais la photographie rata, on dut faire un duplicata ; Les blocs étaient désassortis quand le p’tit oiseau est sorti. Ils ont fondu sur la culotte, on a attendu qu’elle l’ôte, Puis, on a refait des glaçons et remplacé le caleçon.
Fixer la grisaille du monde formate l’esprit et le cœur Et pour changer de dimension, j’ai changé ma façon de voir. Alors ce qui semblait immonde ne provoque plus ma rancœur$ Et j’ai muté mes dissensions sur la manière d’être et d’avoir.
Le temps n’est pas une dimension, le temps n’est qu’une condition. La science ne peut le prétendre et n’arrive pas à comprendre. Ne sait que mesurer la trace du passage du temps qui passe Et donne du fil à retordre alors qu’il représente l’ordre.
L’amour n’est pas une dimension, l’amour est la prolongation De la vie qui ne peut ni mentir ni cesser de s’anéantir. L’amour un message à transmettre à l’évolution qui va naître À chaque rencontre amoureuse dans une explosion langoureuse.
(Tableau de Vladimir Kush. « Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel. » Jean Cocteau.)
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