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  • En robe de paon

    La femme passe un quart de sa vie à s’amuser comme une gamine
    Puis, tout dépend de la façon dont elle dirige sa vie féconde ;
    Soit sa famille la ravit de l’aînée à la benjamine,
    Soit elle trouve le chausson qui lui fera gravir le monde.

    Pour rivaliser de beauté, une robe en plume de paon
    Dirigera tous les regards et lui octroiera la médaille.
    Mais toute la charibotée de pacotille sur tous ses pans
    Complique la vie qui s’égare dans l’apparence et les détails.

    Surelee Joseph photographiée par Anushka Menon.

  • Tous les mêmes !

    Tous les mêmes !

    L’homme passe un quart de sa vie à s’amuser comme un gamin,
    Après, un quart d’adolescence à critiquer ceux qui les aiment.
    Tandis que ces quarts sont ravis, les autres, parmi les humains,
    Travaillent et rament dans l’abstinence mais finalement, ce sont les mêmes.

    Tableau de Giuseppe Boschetti.

  • D’une autre couleur

    D’une autre couleur

    Notre planète, drôle de manège, nous change souvent les usages
    Selon les changements d’époque, des bourreaux aux souffre-douleurs.
    Mais après la pluie et la neige qui nous changent les paysages,
    Toujours le même système ad hoc revient mais d’une autre couleur.

    Photo de Tejal Patni.

  • Vers une mode nouvelle

    Vers une mode nouvelle

    Bonne nouvelle cependant pour les survivants et leurs chiennes ;
    Demain la mode unifiera le monde entier aux mêmes tons.
    Finis les noirs, les jaunes et blancs. Vivent les teintes daltoniennes !
    Le futur se justifiera de nous avoir traités de moutons.

    Photo de Tejal Patni.

  • La fin du monde au troisième top

    La fin du monde au troisième top

    Assis sur le rebord du monde, je me posais cette question
    À propos de sa destinée dans cet univers infini.
    Mais je n’ai plus qu’une seconde avant de faire une suggestion
    Car tandis que j’ baratinais, je crois bien que tout est fini…

    Illustration de Moebius.

  • La plus belle conquête ailée de l’homme zélé

    La plus belle conquête ailée de l’homme zélé

    Si Dieu avait fait les chevaux doté d’ailes à grande envergure,
    Alors notre plus belle conquête serait Pégase ou sinon rien.
    Et depuis les temps médiévaux, les bons et les mauvais augures
    Seraient livrés à la requête de courriers postaux aériens.

    Illustration de Moebius.

  • L’enfance du Cornard

    L’enfance du Cornard

    À son museau couleur d’ébène qui rappelle le bec du corbeau
    Et à ses oreilles rouquines qui évoquent l’appel eu renard,
    Assurément, De la Fontaine aurait changé ses contes verbaux
    Par une fable plus coquine nommée « l’enfance du Cornard ».

    Tableau de Michael Garmash.

  • Comme une araignée au plafond – 4

    Comme une araignée au plafond - 4

    L’inconscient sent son cauchemar s’insinuer dans tous les rêves
    Qui viennent le hanter la nuit comme si c’était prédestiné.
    Car le jour nous en avons marre de voir que l’on vit ou l’on crève
    Selon un pouvoir qui nous nuit à défaut de nous estimer.

    Tableau de Michael Sowa.

  • Comme une araignée au plafond – 3

    Comme une araignée au plafond - 3

    Tant elle usa, elle abusa de son pouvoir bouleversant
    Qu’elle ne put quitter son plafond sur lequel elle se confinait.
    Son mari point ne s’amusa et trouva plutôt renversant
    De la voir en toile de fond, nue, tandis qu’il se lancinait.

    Tableau de Brooke Shaden.

  • L’assemblée des utopistes

    L’assemblée des utopistes

    À l’assemblée des utopistes, il n’existe qu’une seule règle :
    Celle de n’en établir aucune car elles les mettent en addiction.
    La moindre loi met le lampiste à l’abri – il se croit espiègle –
    De ses erreurs et ses lacunes par esprit de contradiction.

    Moi, qui suis un vrai utopiste, j’ai rêvé de tant de pays
    Où hommes et femmes vivent ensemble d’eau fraîche et d’amours merveilleuses,
    Que j’ai effacé toutes les pistes de peur qu’ils ne soient envahis
    Par des râleurs qui se rassemblent pour créer des lois ennuyeuses.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • La plus kitsch

    La plus kitsch

    L’élection de la Reine des sorcières reste un spectacle inoubliable
    Car elles s’apprêtent au concours pour élire des leurs, la plus « bitch ».
    Il échoit au bénéficiaire – le maître des céans, le Diable –
    De choisir dans sa basse-cour la poule à la robe la plus kitsch.

    Photo de Tejal Patni.

  • Le jour des sorcières

    Le jour des sorcières

    Après avoir bien forniqué pour la fête de Lucifer,
    Les sorcières saluent le soleil en offrant leurs formes girondes.
    Puis, elles vont pique-niquer toujours à poil, faut pas s’en faire,
    Et rentrent sans donner l’éveil jusqu’à la prochaine lune ronde.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La nuit des sorcières

    La nuit des sorcières

    Dans la nuit d’une pleine lune quand les villageois sont couchés
    Les femmes sortent à l’improviste pour satisfaire leurs désirs.
    Impudentes et sans honte aucune, elles dansent nues sans se toucher
    Jusqu’à ce qu’un diable opportuniste les fasse hurler de plaisir.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Message aux étoiles

    Message aux étoiles

    Avec ma tête en l’air,
    Je ne pense qu’à toi,
    À ton anniversaire
    D’un petit vers courtois.

    À l’encre des étoiles
    Ma plume s’est délectée
    À tracer sur la toile
    Ses points de Voie Lactée.

    Si tu lis mon message
    À chaque anniversaire
    Quel que sera ton âge
    Il restera sincère.

    Tableau de Christian Schloé.

  • Ce n’est pas la mer à boire !

    Ce n’est pas la mer à boire !

    Juste un peu décontenancée devant son monde qui vacille
    Et par la vague d’émotion qu’accompagnait son faible espoir,
    Elle hésita à compenser la peur qui, dans son cœur, oscille
    Par cette absurde disproportion, mêm’ si c’ n’est pas la mer à boire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Chapeau pointu

    Chapeau pointu

    Pour tenter les jolis garçons, il suffit d’un chapeau pointu
    Qui leur suggère une érection proportionnelle et sans détour.
    Puis on mesure au caleçon l’angle arqué du sillon pentu
    Qui se redresse en direction de l’aventure sans retour.

    Sur https:www.paololazzarotti.photoprimordial-beauty .

  • En parts égales

    En parts égales

    Ma petite femme en parts égales pour chaque jour de la semaine.
    Lundi, je commence par baiser sa bouche et ses deux yeux vairons ;
    Le mercredi, je me régale à téter sa poitrine amène
    Et le dimanche, tout embrasé d’un feu d’amour dans son giron.

    Tableau de Michael Carson.

  • Chacun dans son nid

    Dans sa petite maison grise où l’intérieur n’est que couleur,
    Mademoiselle se dégrise du blues d’une vie sans douleur.
    Sa petite vie monotone malgré l’étage supérieur
    Sera tôt ou tard en automne sauf événement extérieur.

    Dans sa petite maison sombre où l’intérieur vit en lumière
    L’humeur du petit monsieur sombre dans la tristesse coutumière
    Mais dès que ce jeune coq cuisine, aussitôt penche à la fenêtre
    Le nez curieux de sa voisine et tous les goûts s’interpénètrent…

    Illustrations de Suzanne Geary.

  • Femmes des villes, femmes des champs

    Femmes des villes, femmes des champs

    Femmes des villes, femmes des champs, tout est devenu différent
    Depuis que poussent les nouveaux riches qui ont, la terre, abandonnée.
    Filles de l’air, filles du vent, le monde devient afférent
    À toute une planète en friche qui ne saurait nous pardonner.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La Vénus à tour de bras

    La Vénus à tour de bras

    La Vénus de Minuit, comme on l’appelle ici
    N’est ni une déesse ni une fille de joie.
    Au milieu de la nuit, son public l’apprécie ;
    Elle fait des prouesses par l’écho de sa voix.

    La Vénus de Midi – car elle a plusieurs noms –
    Fait tourner la marmite à l’hôtel de La Poste.
    Pour autant, cela dit, on connaît son renom
    Depuis les Dolomites jusqu’à la vallée d’Aoste.

    La Vénus de Milo – car c’est son patronyme –
    N’a jamais eu d’amants ni d’amours à la pelle.
    Tant de méli-mélo gigotés en cuisine
    Ne laissent aucun moment pour une bagatelle.

    Tableau de Michael Garmash.

  • Entre les monts mammaires

    Entre les monts mammaires

    Dans la vallée des mille femmes du royaume des terres-mères,
    Tu peux chevaucher des journées au pays des gorges profondes.
    Et lorsque le grand air t’affame, descend entre les monts mammaires ;
    Ta quête y sera ajournée auprès d’une femme féconde.

    Tableau de Ming Liu.

  • Die Vestalin der Kräuter

    Dank der Liebe zur Zitronenmelisse, aus der sie das Elixier schuf,
    Dank des Duftes von Rosmarin, aus dem sie seine Essenz gewann,
    Dank der Heiligkeit der Zypresse, die Santoline bringt,
    Dank der Orangenrinde, die sie schält,

    Unsere baumbewohnende Vestalin im Geheimnis ihres Waldes
    Destilliert den Trank der Götter mit dem Elixier der Jugend,
    Das sie mit Lavendel-, Oregano- und Rosenwasser parfümiert.
    Richtig gemacht in der Vollmondnacht.

    An ihrem Geburtstag nimmt sie die ganze Quintessenz davon
    In der Badewanne, in der die Jahre vergehen, die sie im Wasser der Zeit verdünnt.
    Dann wird ihm von den Göttern ewige Jugend geschenkt.
    Ein wenig eifersüchtig auf seine Schönheit, aber stolz auf seine Fruchtbarkeit.

    Bild von Fabienne Barbier

  • Comme une araignée au plafond – 2

    Comme une araignée au plafond - 2

    Heureusement j’ai des infos que je dois comprendre à l’envers.
    Heureusement j’ai la radio dont j’entends les conseils pervers.
    Heureusement j’ai la télé qui montre ce que je dois voir
    Et j’en serai inoculée de ce qu’ON pense être mon devoir.

    Photo de Rosie Hardy.

  • Comme une araignée au plafond – 1

    Comme une araignée au plafond - 1

    Comment en suis-je arrivée là, moi, l’innocente et son minet ?
    Comment le monde a basculé vers une telle absurdité ?
    Comment le monde s’emmêla à désirer me confiner
    Comme s’il avait calculé mon degré de crédulité ?

    Photo de Brooke Shaden.

  • Démonstration rouge-sang

    Démonstration rouge-sang

    Dans un champs de blé rouge-sang, j’ai levé un doute qui m’effleure :
    « Pourquoi la Nature associe le coquelicot à la joie ? »
    Mon raisonnement rougissant d’une femme au milieu des fleurs
    Saura le montrer sans souci et devrait vous laisser sans voix.

    Photo de Mélanie Dietze.

  • Ma vallée de larmes

    Ma vallée de larmes

    Si j’accumulais les papiers de mes poèmes mis bout-à-bout,
    Peut-être écriraient-ils l’histoire d’un gars dans sa vallée de larmes.
    À condition de les copier dans le bon ordre et avec goût
    Ou je cours le risque notoire d’en gâcher l’attrait et le charme.

    Vu sur http:www.bettypepper.co.ukpage3.htm .

  • Et décrocher la Lune

    Et décrocher la Lune

    Toute nue, sous un léger voile, la femme montre son ambition
    Et saurait décrocher la Lune, rien ne lui paraît impossible.
    Déjà, elle s’accroche aux étoiles mais le but de l’exhibition
    Semble une astuce opportune pour braver le mâle impassible.

    Tableau d’Edward Eggleston.

  • Tea party

    Tea party

    Un petit sourire mutin accroché au coin de ses lèvres
    Laisse présager une intrigue au cours de cette tea-party.
    Bien sûr, n’importe quelle putain essaierait de lever son lièvre
    Mais celle-ci, elle investigue pour trouver le meilleur parti.

    Tableau de Maria Pace-Wynter.

  • Quand l’heure sonnera

    Quand l’heure sonnera

    Entre la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace,
    Les femmes perdent souvent la tête, les bras les ailes et tout le reste,
    Mais elles perdent des kilos sans qu’on n’en retrouve une trace.
    Quant aux hommes, ce qui les embête, c’est de n’ plus avoir la main preste.

    Tableau de René Magritte.

  • Monsieur du Renard

    Monsieur du Renard

    Hier, le Renard est dans les choux, aujourd’hui il est dans les roses.
    Son combat d’avec le corbeau risque de tourner au désastre.
    Depuis trop longtemps qu’il échoue à découvrir le pot-aux-roses,
    Il s’est pris des procès-verbaux qui lui ont coupé l’épigastre.

    Or tout ce trafic de fromages qui dès lors lui passent sous le nez
    Lui est tant monté à la tête qu’aujourd’hui encore, il déprime.
    Aussi je propose en hommage, tellement il s’est surmené,
    De lui retirer son enquête en échange d’une forte prime.

    Photo de Karen Cantuq.

  • Monsieur du Corbeau

    Monsieur du Corbeau

    Maintenant qu’il s’est fait un nom inséré dans la société
    Et qu’il chante sans le savoir comme le bourgeois gentilhomme,
    Sa manufacture en renom nous confectionne à satiété
    De bons fromages du terroir, renommés dans tous le royaume.

    Hélas, un policier jaloux – un certain inspecteur Renard –
    Cherche à révéler au grand jour son passé de maître-chanteur.
    Avec une bande de loups, il lui fomente un traquenard
    Mais patience ! Il peut toujours se faire traiter de menteur.

    Tableau d’Adrian Higgins.

  • Beautés cachées et dévoilées – 2

    Le jeu doit plaire à l’ingénue car elle en joue et en rejoue
    À se promener sous le voile cachant l’intime nudité
    Avec l’ombre qui atténue et la lumière qui déjoue
    La transparence de la toile à travers sa solidité.

    Mais elle s’offre à la demande au soleil et au clair de lune
    Selon l’envie de la caresse ou le degré de pénétration
    Car elle compose et elle commande – c’est ce qui lui fait sa fortune –
    Par son corps nu d’enchanteresse à l’homme son inspiration.

    Tableaux de Sergio Lopez.

  • Des racines et des ailes

    Maintenant que j’ai pris racine dans mon plancher en bois verni,
    Voilà que le confinement met un terme à ma gestation.
    Je sors les pieds de ma bassine, mes ailes blanches un peu ternies
    Mais avec le raffinement de sortir sans attestation.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Et volent les moutons

    Et volent les moutons

    Fêtons le déconfinement en savourant la liberté
    Qui nous donne des ailerons qui prolongent nos espadrilles.
    En poussant le raffinement nous en serons déconcertés ;
    Lorsque les moutons voleront, nous serons tous chefs d’escadrille.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Maître Corbac

    Maître Corbac

    Maître Corbac, un peu déçu et mal à l’aise dans ses bottes,
    Cherchait en vain une réplique pour défier Maître Goupil.
    Ses ailes noires en pardessus avec la queue en redingote
    Faisait ressembler sa supplique à celle d’un clerc volubile.

    Mais il ne trouva rien à dire malgré son soi-disant ramage ;
    Preuve que croasser dans les champs n’a qu’une portée scolastique.
    Alors le corbeau de prédire qu’il veillerait que son fromage
    N’aurait pas d’arôme alléchant mais confiné dans du plastique.

    Illustration de Rudi Hurzlmeier.

  • L’école des modèles

    L’école des modèles

    Tu te sens étranger sur Terre, inadapté à notre monde ?
    Tu n’as simplement pas croisé celui qui fera ton portrait.
    Porte-toi plutôt volontaire en t’inspirant de la Joconde
    Et là, tu pourras pavoiser dans une ébauche d’art abstrait.

    Tableau de Harry Bliss.

  • La piqûre de rappel

    La piqûre de rappel

    Lorsque tu vois tes convictions basculer sur ton horizon,
    Quand tu vois le diable à l’église plutôt que Dieu dans sa chapelle,
    Lorsque tu sens tes addictions t’enfermer comme une prison,
    Plutôt qu’une psychanalyse, fais-toi la piqûre de rappel.

    Tableau de René Magritte.

  • En attendant de jour de bon thé

    En attendant de jour de bon thé

    J’attendais l’aube au carrefour sous les feux rouges de la nuit,
    Guettant les premières lueurs sur les limites du comté.
    L’orange m’annonce le jour qui va me tirer de l’ennui
    Et quand le vert sonnera l’heure, éclora mon jour de bon thé.

    Voici le feu qui fait bouillir la brume humide des forêts
    Que l’ardent soleil ébouillante en haut des cimes dentelées.
    C’est le moment de recueillir quelques-uns des rayons dorés
    À plonger dans l’eau frétillante avec un nuage de lait.

    Illustration de Ner-Tamin.

  • Miracle arc-en-ciel

    Miracle arc-en-ciel

    Abritées sous un parapluie d’arc-en-ciel, d’eau et de lumière,
    Trois sirènes métamorphosées par une envie qui les affame.
    Comment le miracle est produit ? Une vieille légende des chaumières
    Dit que lorsqu’elles sont arrosées, le poisson se transforme en femme.

    Tableau d’Arthur Rackham.

  • Comme un oiseau sur la branche

    Quand ses halètements se voilent et se transforment en cris puissants,
    Son amant, le vent, la caresse à lui en faire perdre la boule.
    L’oiselle sans plume et à poil se balance en se réjouissant
    De ces courants d’air qui l’agressent et lui donnent la chair de poule.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Mon petit phare-nid-antre

    Dans mon petit phare-nid-antre, je crie mes « Hip hip hip hourra ! »
    Tant il semble une tour d’ivoire bien défendue et isolée.
    Et j’y prolonge le farniente autant que faire se pourra.
    Que voulez-vous ? C’est mon histoire, mon tombeau et mon mausolée.

    Jusqu’à ce que je me réveille de cette hypnotique torpeur
    Qui me fait entendre des voix qui me parlent de l’intérieur.
    Voici qu’un poisson m’émerveille, qu’un coup de vent chasse mes peurs,
    Le brouillard dégage la voie et je retourne à l’extérieur.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Le lait qu’on dansait

    Le lait qu’on dansait

    Sur la patinoire glacée à la fraise et à la pistache,
    Tous les spectateurs condensés étaient ébahis dans l’étable
    De voir la grâce que déplaçaient les patins de la grosse vache
    Et les pis à lait qu’ont dansé les figures les plus délectables.

    Tableau de Michael Sowa.

  • L’adaptation

    L’adaptation

    Ce n’est pas l’homme qui tend l’oreille, plutôt l’oreille qui tend l’homme
    Et ce sens, le plus archaïque, nous prévient de toute incidence.
    Ainsi lorsque nos appareils émettent une sonnerie fantôme,
    C’est l’adaptation prosaïque de la moderne dépendance.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le maquillage mathématique

    Le maquillage mathématique

    Un maquillage en trompe-l’œil fera-t-il fuir, fera-t-il peur ?
    Attirera-t-il les regards, fera-t-il tomber sous le charme ?
    Mathématiquement le seuil entre la grâce et la stupeur
    Est proportionnel à l’écart entre les rires et les larmes.

    Photo de Josh Herrington.

  • Les bandes des minets

    Les bandes des minets

    Par-dessus l’épaule velue, pelotonné dans sa fourrure,
    J’ai lu toutes les aventures des vieilles bandes dessinées.
    Quand plus tard je les ai relues c’était avec la déchirure
    D’avoir délaissé la monture que m’accordait mon vieux minet.

    Illustration de Rudi Hurzlmeier.

  • Aux sources du stradivarius

    Aux sources du stradivarius

    Après la leçon de piano, il s’en va faire un gros dodo
    Car les enfants l’ont épuisé par leurs cris stridents et laïus.
    Les concours internationaux ont tant pompé sa gamme de do,
    Qu’en dormant il ira puiser auprès d’un vieux stradivarius.

    Pour ce dernier jour confiné dans son petit conservatoire,
    Il s’en ira conter fleurette aux souris et aux petits rats.
    Le violon d’Ingres du minet s’étant révélé, c’est notoire,
    D’accompagner les amourettes sur des miaulements d’opéra.

    Tableau de Maria Pavlova.

  • En avance sur son temps

    En avance sur son temps

    Monsieur Héron, motorisé car en avance sur son temps
    Sur une tortue populaire, croisa une jolie luronne.
    Alors il s’est autorisé à lui demander le montant
    D’une partie de pattes-en-l’air pour calmer sa testostérone.

    La belle, à patte et à plume, répliqua à cette envergure
    En déployant ses grandes ailes et s’envola dans le silence.
    De cette histoire, nous conclûmes qu’il n’était pas de bon augure
    De se pavaner avec zèle et frimer avec insolence.

    Tableau de Kevin Sloan sur http:paradisexpress.blogspot.com201010kevin-sloan.html .

  • Les femmes-anima

    Au sein de son imaginaire, l’homme s’approche d’une image,
    Représentation féminine de son anima masculine.
    Il cherche l’âme originaire qui se dérobe dans un mirage
    Dès que sa raison léonine fait monter son adrénaline.

    Alors pour dépasser le mur du masculin au féminin,
    Remontons la fibre animale dont nous sommes les héritiers.
    Et ce fil ténu nous murmure d’un écho sans doute bénin
    Que la vie a créé le mâle et la femelle usufruitiers.

    Car la vie nous prête le corps et nous n’en sommes que locataires,
    L’homme comme les animaux, comme la femme sans frontière.
    Ainsi pour retrouver l’accord de l’anima héréditaire,
    Ces fils infinitésimaux sont tendus sur la faune entière.

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Les femmes-oiseaux

    Cri de chouette dans la nuit, femme qui rêve dans son lit.
    Vol d’alouette au point du jour, femme qui s’éveille au matin.
    Survol de l’aigle de minuit, femme dans sa mélancolie.
    Hululement, voix de velours, femme dans ses draps de satin.

    Le saviez-vous ? Ce sont les femmes qui se transforment en oiseaux
    Lorsqu’elles rêvent où se réveillent ou s’abandonnent à leurs pensées.
    Ce n’est ni bestial ni infâme, c’est leur partie de damoiseau
    Qui prend le relais et qui veille comme pour les récompenser.

    Quand je vois l’envol d’un corbeau, d’un canard ou d’un épervier,
    Je pense à la femme qui dort et laisse s’envoler son âme.
    De leurs gazouillements verbaux, quelquefois je suis convié
    À partager ce rêve d’or dont je vous livre le sésame.

    http:artilo-artilo.blogspot.com201207seddon-boulet.html

    Tableaux de Susan Seddon-Boulet.

  • Napoléon et Joséphine

    Napoléon et Joséphine

    J’aime m’inventer des histoires sapides d’absurde impossible
    Comme Napoléon et Joséphine planant en canot sur la mer.
    Entre défaites et victoires, il se prélasse, l’air impassible,
    Elle, nue, tandis qu’il peaufine son prochain combat aux chimères.

    Tableau de Rafal Olbinski.