Je ne peins que des femmes nues car je me perds dans les faux plis Des vêtements trop compliqués et leurs textures difficiles. Je les aime aussi bien menues, le corps parfait et accompli ; Tout ce que j’ai à expliquer, c’est que le nu est plus facile.
Quand elle rentre à la maison, elle ôte tout sauf ses chaussures Et ses bas rouges pour s’asseoir confortablement adossée. Je lui demande la raison de vouloir tenter la censure Mais elle répond sans surseoir qu’elle aime être à poil mais chaussée.
Les dessinateurs humoristes aiment placer les jolies filles Dans une situation burlesque pour se retrouver chocolat. Et moi je me fais secouriste et sauve celle qui vacille En créant un rocambolesque moyen de la tirer de là.
Le dessinateur amoureux des personnages qu’il dessine, Aime bien se représenter dans l’histoire pour s’en rapprocher. Certains bellâtres langoureux sous un trait de plume assassine Sont leur manière d’éventer une frustration reprochée.
Ma myopie a l’avantage de me permettre d’observer Tout en jurant que, sans lunettes, ma vision floue me diminue. Je dirais même davantage que ce défaut m’a réservé De belles surprises à l’aveuglette en me floutant les femmes nues.
Photo de Peppina Winter par Henri Senders sur https:www.josephandjames.com .
Elle prenait tous ses bains debout dans une baignoire spéciale Et transparente pour montrer les effets de la position. Sans impudence ni tabou, peut-être un peu psychosociale, Elle ne cessait de démontrer les vertus de son invention.
Évidemment j’ai essayé de me baigner à ses côtés Mais l’eau me semblait bien glaciale et chat échaudé craint l’eau froide. J’ai commencé à bégayer alors elle m’a bécoté Et quelques caresses cruciales qui m’ont fait le membre tout roide.
Photos de Karolina Winter par Henri Senders sur https:www.josephandjames.com .
J’ai l’œil kaléidoscopique qui m’apporte mille détail Lorsque je regarde une image m’apparaît sa trame en relief. Et par la grille stroboscopique, j’observe tout un éventail De pensées qui rendent hommage à l’art qui n’ m’en fait pas grief.
Photo de Brigitte Bardot par Alzon sur https:www.josephandjames.com .
Dans le palais de la sirène, les murs sont revêtus de nacre ; Les meilleures huîtres fournissent les meilleures perles de qualité. Et ses sujets dont elle est reine et dont le respect s’y consacre, À chaque année, se redéfinissent témoins de sa féodalité.
Un peu artiste, beaucoup fantasque, avec des fleurs à la folie, Ma belle-fille est bien l’épouse qui convenait à mon cher fils. Mais ses belles parures démasquent des sentiments, pas très jolis ; Une petite femme jalouse derrière tous ces artifices.
Vous vous sentez dans un tunnel car ainsi la vie se comporte ? Le temps se déroule en avant, gardant sa course monotone. Même les jours semblent ritournelles et les années, de porte en porte Portent un sentiment aggravant quand, vers la sortie, on s’adonne.
La main, organe préhensile s’adapte au corps parfaitement Surtout les parties délicieuses qui font le charme féminin. Point n’est besoin d’autre ustensile à l’organe d’allaitement Que mes phalanges précieuses pour en sentir tout le tanin.
Quand ma main fait supination, la paume ouverte pour demander, Elle soupèse l’instrument comme une pâte parfumée. Lorsqu’elle se met en pronation, paume tournée pour commander, Elle en tâte les téguments pour les pincer et assumer.
Évidemment les femmes cachent leurs mamelles hors de ma portée ; Alors je n’ai plus que mes yeux pour les caresser du regard. Que voulez-vous ? Je m’y attache. Ces fantasmes m’ont transporté Dans des poèmes délicieux ; vos jolis seins me rendent hagard.
À quatre pattes sur le siège de sa voiture, portière ouverte, Elle essayait péniblement de fouiller dans la boîte à gant. Sans redouter le moindre piège, elle se sentit découverte D’une grande claque horriblement donnée par un mec arrogant.
Quand cette fessée magistrale retentit sur son postérieur, Une vague d’humiliation se diffusa jusqu’à ses joues. Comme un violent coup de Mistral, de forte chaleur supérieure Avec une assimilation de violence qui s’en déjoue.
Alors qu’elle tentait de comprendre elle entendit une voix hilare Grave, tranquille et moraliste pour être clairement entendue : « Jeune fille, il vous faut apprendre que nous sommes tous des vicelards Mais surtout traditionalistes : Tout cul tendu mérite son dû ! »
Si l’aube avait l’air une femme, elle éclairerait l’horizon De ses premiers rayons d’amour comme caresse de satin. Cette lumière qui m’affame tire mon cœur de sa prison Où la nuit enferme mes jours jusqu’à l’aurore du matin.
En plein midi, c’est plutôt l’homme qui règne en maître dans le système Qui fixe l’empire solaire par la puissance de son feu Qui établit dans son royaume éternellement le même thème Selon l’humeur de ses colères et selon l’ampleur de ses vœux.
Le crépuscule redevient femme qui invite à se reposer Auprès d’elle dans la nuit tiède et qui nous invite à s’aimer. Alors s’épanouit notre âme qui monte au moment supposé Nous venir au secours à l’aide pour vivre un amour essaimé.
Après le coucher du soleil, j’ai voulu prendre un raccourci Puis, je suis tombé dans la mare et j’ai bien failli m’y noyer. C’est bien plus tard, à mon réveil, après mes rêves obscurcis Par un moment de cauchemar, que je l’ai revue tournoyer.
Gravée au fond des souvenirs d’une nuit prétendue affreuse, J’ai vu les bras de la sirène m’emmener en sécurité. Elle avait lu mon avenir dans un courant d’eau liquoreuse Et était accourue, sereine mais pleine de témérité.
Après, mes souvenirs sont flous mais je me souviens des caresses Comme si mon corps possédait sa propre mémoire attitrée. Heureusement le cœur renfloue l’esprit de quelques maladresses En lui rappelant les idées qu’il a, malgré lui, arbitrées.
Elle ressemblait à une artiste, chanteuse de charme ou comédienne ; Je l’appelait « Françoise Hardy » mais elle se moquait de moi. Elle me traitait d’ « Saint-Jean-Baptiste » comme la ville canadienne À cause de mon bec hardi et mon accent de québécois.
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Lorsque je passais la chercher pour l’emmener au restaurant, Elle demandait comment se fringuer : vêtue en garçon ou en fille ? J’aimais ses petits seins perchés et répondait corroborant Que j’aime ses robes distinguées d’un tout petit rien qui l’habille.
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À sa manière de se mouvoir en se balançant en arrière, Je subodore qu’elle a le blues d’être enfermée entre ses murs. Puisque je n’ai pas le pouvoir de lui entrouvrir ses barrières, Pour ne pas la rendre jalouse, je vais lui dire dans un murmure…
Qu’aujourd’hui je reste avec elle et demain et après-demain ; Et même définitivement si elle veut de moi dans sa vie. Je lui chuchote la nouvelle, elle sourit, me prend la main Et puis, irrévocablement, elle m’embrasse, elle est ravie.
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D’abord elle voit avec les yeux puis, elle observe avec le corps Ensuite les jambes regardent avec le ventre et puis, les bras. Cette pose, fort délicieuse, me rappelle aujourd’hui encore Que sa grâce se sauvegarde quand son buste est comme un cobra.
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Lorsqu’elle était petite fille et s’habillait en calicot, Je l’appelais « Rayon de Lune » et plus souvent « Fleur de Soleil ». Elle éclairait notre famille par la couleur coquelicot De ses joues rouges et opportunes comme la fleur de joie qui s’éveille.
Le premier phénix de l’histoire sortit de l’œuf d’une déesse Qui l’avait conçu dans un rêve qui renaissait toutes les nuits. De sa vision prémonitoire, elle accomplit cette prouesse Créer l’oiseau à la vie brève d’une éternité qui reluit.
Du néant surgit la lumière, le temps, l’espace et la matière Comme si Dieu frappait du poing son imperceptible substance. La véridicité première forge mon âme tout entière Chaque fois qu’en un ou plusieurs points s’en produit la coexistence.
J’ai pris en photo le départ de mon âme quand je m’endors Et qui rejoint l’archangélique source de tout être vivant. Lorsqu’elle force le rempart que l’esprit garde comme l’or Elle redevient angélique dans une flamme me ravivant.
Chaque soir est le même soir, le même instant qui se répète Comme si le temps se pliait comme un roman interminable. Je les sentais comme un pressoir dont une force centripète M’obligeait et me suppliait d’en percer l’ère imaginable.
Dès que la porte du conscient lâche la bride à l’inconscient, Le cœur, aussitôt libéré, remonte vers ses origines. La lutte avec le subconscient cesse et l’âme en se différenciant Se reconnecte à l’éthéré monde des anges androgynes.
La porte s’ouvre tous les soirs sur un moment d’intimité Lorsque les corps sont libérés de l’ascendance de l’esprit. Car son emprise est un pressoir qui emprisonne l’illimité De l’aptitude délibérée à fuir tout ce qu’on a appris.
Comme cela faisait quelques jours que j’étais, inopinément, Venu d’abord la rencontrer puis, tenté de l’apprivoiser, Elle m’attendait dans son séjour au crépuscule, précisément, Et moi, j’étais déconcentré, il n’y a pas de quoi pavoiser.
Matin de rencontre amoureuse au bord de l’étang des étoiles. J’étais, comme à l’accoutumée, venu chercher l’inspiration. Elle était ainsi, vaporeuse, baignée de brumes et de voiles, Juste vêtue et costumée de sa propre respiration.
Le port du masque obligatoire va bientôt se généraliser ; Vous devrez enfiler la gaine protectrice et entièrement. Or pour les femmes, il est notoire qu’on va leur idéaliser Une tenue dont la dégaine lui servira de vêtement.
Lorsque dansera l’océan et se rencontreront les vagues, La lumière, d’une impression d’or, sera d’harmonie et de force. Comme une valse de géants sous la tempête qui zigzague Tandis que le soleil s’endort des grandes marées qui s’amorcent.
Photo de Mathieu Rivrin sur www.mathieurivrin.com .
Toutes les femmes laides adoraient Picasso Car il les arrangeait en peignant leur portrait. Elles appréciaient l’aide qu’apportaient ses pinceaux Et qui avantageaient leurs ridicules attraits.
Tableau « Jeune fille sur une chaise » 1952 de Pablo Picasso.
Madame est d’avant-garde et fait ses essayages. Comment trouver l’idée pour la fête ce soir ? Elle veut qu’on la regarde avecsans maquillage. Alors c’est décidé, il faut un accessoire !
Son vieux jean tout usé, jeté sur les épaules Ou même sur la tête comme un joli foulard… Non, ça c’est refusé ! Ce sera une étole Qu’elle mettra pour la fête au club des cagoulards.
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Elle était belle, elle était chaude mais elle n’était pas légionnaire. En revanche à voir ses obus, elle aurait pu faire artilleur ; À voir ses mamelles rougeaudes, elle aurait pu être missionnaire ; Et à voir ses fesses imbues, j’ n’aurais pas été pinailleur.
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Hélas, je ne peux rien écrire, elle se voile le visage. Dommage car j’aurais bien voyagé dans l’océan bleu de ses yeux ; Je ne pourrai dire son sourire ni ce que mon cœur envisage. Mais je peux vous faire partager qu’elle se réserve aux audacieux.
Le cul possède son cerveau et les fesses, leurs propres cervelles Et il convient de méditer le postérieur bien dégagé. Enlevez tous ces écheveaux de tissus pour que se renouvellent Les fantasmes prémédités de votre sexe à partager.
Une femme, tout simplement, le chef-d’œuvre est déjà signé Et je ne vois pas bien comment faire mieux que le créateur. Sa propre mère est amplement et spontanément désignée Et son père a dû, un moment, mettre du sien procréateur.
Mais l’érotisme qui se dégage offre une nouvelle dimension, D’autres couleurs, d’autres horizons, que l’amour seul peut apporter. Point n’est besoin d’autre bagage que le charme met sous tension Pour sortir le cœur de prison, l’entrouvrir et le transporter.
C’est incroyable mais c’est vrai ! Vous êtes nu dans le journal ! Bien sûr, c’est un tirage unique ; elle ne sait pas, évidemment. La seule chose qui l’effraie, c’est la tentation infernale D’ôter très vite sa tunique et vérifier concomitamment.
Quand elle me regarde en arrière comme pour jeter son regard, Je sais déjà qu’elle prépare une de ses cachoteries. Je le sais bien ; je suis derrière et je lui tend, d’un air hagard, Dans l’espace qui nous sépare, un genre de cajolerie.
« Plus belle que moi, tu mourras ! » Pensait-elle en apercevant Cette rivale qui lui vole les baisers du prince charmant. « Tu peux faire ce que tu pourras ! » Pensait l’autre en s’esquivant D’un air satisfait mais frivole après un temps d’égarement.
Surprenez-la dès le matin, juste au moment de son départ ; Placez-vous nu sur une chaise et bandez de toutes vos forces. Si elle se comporte en catin et vous traite de salopard, Dites-lui simplement à l’aise : « Cette fois, chérie, je divorce ! »
Des perles en guise de robe, voilà une idée merveilleuse ! Mais dans ce cas, quelle culotte porter pour assortir le tout ? Pas de problème ! Elle se dérobe sous un tas de plumes soyeuses De couleur rose et rigolotes, éparpillées un peu partout.
Ne portez plus de soutien-gorge mais un foulard autour du cou De la couleur de la culotte ; l’orange marquera le coup. Lorsque le fantasme se forge dans le regard de votre époux, Savourez lorsqu’il vous pelote et trouve vos seins à son goût.
Si par hasard une bretelle s’envole du décolleté, Si d’aventure la deuxième retombe de l’autre côté, Ce n’est que simple bagatelle, il vous suffira d’agiter Un éventail mais le problème risque d’être déculottée.
Pour être en forme le matin, un petit peu de gymnastique Le soir avant de se coucher juste au moment du crépuscule. Après, dans les draps de satin, passer alors à la pratique À l’aide d’un mâle embouché et jouir quand il éjacule
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Mes chers voisins, pour cet été, je dois promener mon minet Un peu partout, sous vos fenêtres et tout au long de l’avenue. Il faut chaud, vous vous en doutez, aussi vous l’avez deviné ; Lui sera comme on l’a vu naître et moi, je serai torse nu.
Juillet, voici venu le temps des corps hissés comme drapeaux Qui librement flottent au vent sans enveloppe et démasqués. Sous le soleil, juste haletant mais en savourant sur la peau La pâleur qui, en se sauvant, s’abandonne au bronze musqué.
Nec plus ultra dans les restos cet été aux camps de nudistes. Portez juste un rien qui habille, de l’or, des diamants et du fard. Vous rendrez illico presto jaloux les exhibitionnistes Dont seuls les bijoux de famille leur accaparent le regard.
Les bons cocktails donnent au sexe l’alcool tiré des bonnes caves Comme le sexe apporte au cœur sa plus délicieuse faveur. Imaginez son suc convexe plongé dans un verre concave Qui en distille la liqueur de la plus exquise saveur.
Les veinards de l’autre hémisphère célèbrent Noël en été Je ne vois pas quelle est la raison qui nous empêche d’en faire autant. Il suffit pour me satisfaire tout simplement de décréter Que Noël occupe deux saisons et doubler les cadeaux d’autant.
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Ses rêves ouvrent une fenêtre dans les murs d’ennui de ses jours L’aventure inonde l’espace et tout résonne dans un chœur. Et que croyez-vous qu’il va naître dans la lumière à contrejour ? Vous saurez tout ce qui s’y passe en lisant son cœur chroniqueur.
Qu’une femme fleurisse d’amour et aussitôt des papillons, Comme des anges de beauté, viennent papillonner ses yeux. Et que dire des belles-de-jour qui s’ouvrent comme un portillon Pour laisser le cœur barboter dans ses effluves capricieux.