Pour agrémenter la vitrine du rendez-vous avec les dieux, La gardienne du feu sacré parfume le temple d’encens. Elle dévoile sa poitrine pour que l’accueil soit plus radieux Fors une impudeur consacrée et fors à l’amour renonçant.
Entre quatre yeux, entre quatre seins, Le miroir répond toujours aux questions. Quant à la plus belle, belle des réponses, Il doit réfléchir sans perdre la face.
« Tout est merveilleux, ces deux corps sont sains ! Mais anticipons à la suggestion ; Choisir la plus belle, alors je renonce ; Ne saurai fléchir entre vos deux grâces. »
Quelques petites fleurs des champs en souvenir d’une balade ; Petits témoins bleus, roses et blancs, émotions d’une promenade ; Petites notes, bonheur du chant dont la forêt m’a fait l’aubade Accompagnée des cris tremblants des oiseaux à la roucoulade.
J’en ai dessiné la portée avec des noires et des blanches, Avec des fleurettes nacrées rondes ou accrochées à souhait. Après le vent l’a emportée à travers les arbres et leurs branches Où résonnait l’écho sacré parmi les feuilles enjouées.
Mais le bouquet reste éternel car la magicienne peintresse Au mur, l’a immortalisé pour vivre les quatre saisons Sur une toile maternelle riche en couleurs et de tendresse Dont l’éclat s’est cristallisé à l’intérieur de la maison.
Les animaux aussi manifestent contre la modernisation D’une manière prosaïque, justement sans revendiquer. Devant les machines qui empestent, avec peine et consternation, Ils disparaissent en mosaïque devant ce monde compliqué.
Je demande la parole et réclame l’Apérol Qu’on verse dans un grand verre rempli jusqu’aux quatre tiers. L’apéritif Barbieri dont Fabienne Barbier rit Est le remède démoniaque contre mes nuits insomniaques.
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Tandis que tout le monde dort, il y en a toujours un qui veille Comme le berger des beaux rêves qui compte et compte ses moutons. Tandis que sous la couette d’or la mère doucement sommeille D’une respiration si brève qu’elle en fait sauter ses tétons.
Un rêve solitaire, tout le corps replié Pour écouter le cœur dans le sein de ma mère. La joue contre la terre, un moment oublier Mes peines et mes peurs un moment éphémère.
Le corps nu pour trembler aux caresses du vent, Les pieds nus pour sentir la brise sur les plantes, Afin de ressembler comme j’étais avant Avant de ressentir une ivresse troublante.
Nos veines ont soudain bleui mais ce n’était pas de froid, Nos corps ont aussi rougi comme la première fois, Nos yeux se sont éblouis mais ce n’était pas d’effroi, Et nos sexes ont rugi mais comme une seule voix.
Lorsque j’ai sonné à sa porte je n’étais pas un inconnu J’étais son tout nouveau voisin et je venais d’emménager. Et là, que le diable m’emporte, elle m’a ouvert à demi nue Les mains cachant son magasin de mamelles avantagées.
Comme je lui laissait le temps d’ passer une robe de chambre Elle m’offrit comme boisson une bouteille de Chablis. Mais une fois fermé le battant de la porte de l’antichambre, J’ai vu des milliers de poissons avant de sombrer dans l’oubli.
Comme je suis un peu sorcier, je capte vos cerveaux crédules ! Tout ça n’est qu’une comédie dictée par des filous fêlés ! À propos de points négociés sur vos retraites ridicules ; Notamment tout ce qu’on vous dit dans les médias et la télé.
Suivez la femme qui dessine directement sur son corps nu Et qui exprime ses désirs par une histoire sans parole. Une fois partagé son plaisir de passer à la casserole, Elle efface tout dans sa bassine pour calmer son mari cornu.
Tous les jours elle recommence une nouvelle histoire à suivre Vous pouvez vous y abonner mais vous y perdrez la santé Une fois commencé la romance, vous aurez hâte de poursuivre Et dès l’habitude adonnée, vous deviendrez impatienté.
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Il n’apparaît à contrejour que les traits de sa silhouette Qui dévoile un peu de ses charmes mais difficiles à percevoir. Vêtue de ses plus beaux atours, la peau que sa mère lui a faite, Elle vient sans déclencher d’alarme sans qu’on puisse l’apercevoir.
Vous l’avez vue ? Il est trop tard désormais pour vous échapper ! Sa toile est déjà crochetée et vous vous êtes pris dedans. Mais si vous êtes un peu fêtard vous n’serez pas handicapé Car elle va vous acheter pour danser en tenue d’Adam.
Illustrations de Marjorie Cameron et de Paul Colin.
Toutes ces images des villes s’enfoncent inexorablement Fondues au brouillard de l’histoire et les registres du passé. Que le temps me paraît servile, qui passe impitoyablement Au moulin de la préhistoire mon patrimoine compassé.
Les vieux magasins, les boutiques, les vieux troquets, les restaurants, L’un après l’autre cèdent la place à la mode contemporaine. Et les boulevards nostalgiques sont devenus expectorants Par la pollution qui remplace la fumée des fêtes foraines.
Le flou artistique authentique côtoie les brumes naturelles Où la nature féminine déploie tout son charme mutin. Mon petit étang romantique se confond dans une aquarelle Où dans la lumière minime, s’ébattent nymphes et lutins.
L’art, au carnaval de Venise, de se montrer énigmatique Relève d’un peu de magie et surtout de beaucoup de charme. La témérité galvanise la séduction charismatique, Le zeste d’humour qui agit pour provoquer le rire aux larmes.
Loup de velours, frêle accessoire, permet aux yeux de transpercer Celui qui croit la reconnaître mais qui ne fera qu’y surseoir. Une cage à roses en balançoire et deux colombes à disperser Pour envoyer par les fenêtres le courrier des amours du soir.
Puis, un joli décolleté qui fera baisser les regards Des idiots qui se trahiraient en ne s’adressant qu’à son corps. Car ceux qui seront bécotés, devront quitter l’esprit hagard Et laisser leur cœur attiré cesser de battre les records.
Je me sens suspendu comme sur la sellette Depuis mon intérieur à rompre l’équilibre. Me voici confondu et mon âme seulette Se penche à l’extérieur pour laisser le cœur libre.
Si j’étais cette femme, je serais tout son corps Qui s’entrouvre au matin pour le plaisir des yeux. Je verrais par ses seins et par son ventre encore L’amour qu’elle présente à ce chat merveilleux.
Si j’étais ce matou, je ronronnerais fort Pour apprécier le charme de ma belle maîtresse. Je sentirais ma queue d’un soyeux réconfort Pour attirer sa main, savourer la caresse.
Puisque je suis un homme, je laisse parler le cœur Qui trouvera les mots pour connecter le sien. Et s’ils s’accordent ensemble, chantent le même chœur, Elle sera ma colombe et moi, son magicien.
La liberté délimitée au respect qu’on doit à autrui Devient vite une étroite cage quand autrui prend beaucoup de place. Mais l’habitude d’imiter un monde qui s’auto-détruit Accélérera davantage le retour à l’âge de glace.
L’égalité dans les idées devrait permettre de discuter Avec ceux qui ont des couleurs d’idéologies différentes. Hélas, chacun a décidé de convaincre ou se disputer À faire adopter ses valeurs qui sont les plus prépondérantes.
La fraternité des oiseaux consiste à construire son nid Et pondre un œuf sur le chemin d’une vie libre et sans effort. Pour mieux gouverner les zozos qui croyaient vivre en harmonie, La fraternité des humains consiste à être le plus fort.
Pour une bonne heure de lecture, je plonge dans la littérature ; « Les fleurs du mal » de Baudelaire à lire sous le belvédère, « À la recherche du temps perdu » malgré son style un peu ardu Et « Les voyages fantastiques » de Jules Verne sont orgasmiques.
Naturellement je voyage parmi les plus belles images ; Bandes dessinées, s’il vous plait, dont le graphisme me complaît, Monet, Van Gogh et Picasso comme aquarelles en thalasso Et pour clore l’encyclopédie quelque original inédit.
Pour m’évader dans la nature je suis la voie de l’écriture ; Je vais chercher l’inspiration sur les sites d’admiration. Je me connecte à la fréquence des arbres aux plus belles essences Et, de retour à la maison, vous me direz si j’ai raison.
Les mouettes jouent pizzicato tandis que gronde l’océan ; Le vent siffle à travers les nues et les coups de tonnerre éclatent. Mais quel est donc ce zigoto perché sur ses rochers géants ? Le compositeur inconnu dont la partition se dilate.
Plutôt que ramer en arrière, je préfère l’instrument avant Avec lequel je cours les plages dans l’air du temps contre le vent. Quand la pluie dresse sa barrière, je joue l’ouverture devant Le brouillard et les gros nuages par un prélude bien émouvant.
Sans rideau et sans vêtement, laissant les volets grand ouverts, Elle s’amuse à poser nue en dodelinant sa poitrine. Heureux celui, honnêtement, qui, à visage découvert, Demandera à l’inconnue quel est son prix dans la vitrine.
Tableau de Tito Merello Vilar sur https:imginn.comtagsTitoMerelloVilar?lang=fr .
Lorsque je pars, je perds la tête aussitôt que le sommeil tombe, Je veux dépasser la lumière et mon ombre heurte les rameaux. Heureusement, en pense-bête, la lune m’envoie sa colombe Qui me prêtera sa dernière plume pour vous écrire un mot.
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Après l’alcool d’Apollinaire ou l’absinthe d’une aventure Le corps se prépare au voyage dont l’âme sera passagère. Le cœur bat un coup de tonnerre, l’esprit vocifère : « En voiture ! » Et le temps d’un déshabillage, me voici en terre étrangère.
Tous les matins sont emmêlés mes rêves extraordinaires Qui tournent autour de ma tête comme une brume féerique. Je n’essaie pas d’en démêler car ils sont les préliminaires À tous les prétextes de fête pour mes fantasmes chimériques.
Quand je lui avoue mon amour, le soleil éclate sa voix Et son cœur répand la lumière qu’elle doit cacher à ses yeux. Plus resplendissant que le jour, les doigts fermés à claire voie, Son âme répond la première et me dit : « C’est toi que je veux ! »
Par le miroir du talisman qui en reflète les rayons, Une fille nue éblouit par la protection du soleil. Je n’évite l’évanouissement qu’en détournant son médaillon Par une pensée épanouie que je murmure à son oreille.
L’une déroule le fil, l’autre tricote sa vie Du passé dans l’obscurité à la lumière du présent. Tous les souvenirs défilent, se déroulent et sont suivis Parfois d’un nœud hérité qui s’en va en reprisant.
Tous les moments douloureux qu’on s’amuse à dévider, Tous les moments ridicules qu’on évite de montrer, Tous les moments langoureux où l’on ne s’est décidé À ce que sa vie bascule vers une insolite contrée.
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Tous ces petits « moi » intérieurs qui défilent en transparence Au fil du temps et des journées comme une fleur à sa corolle ; Quand on me voit de l’extérieur et qu’on juge mon apparence, On a tendance à s’ajourner selon celui qui a la parole.
Lapine comète, comète lapine, Qui parcourt l’espace aux mondes inconnus. Planète en planète, elle galopine Tandis qu’elle passe d’un air ingénu.
Au-delà des mers, par-dessus les îles, Lapines et lapins, tous s’envoient en l’air. La fête des mères, les pères en exil Mettent le grappin sur d’autres insulaires.
Quand elle a déshabillé le livre, de ses habits, elle se délivre Pour rêver elle-même à son tour une belle histoire d’amour Que ses deux mains calligraphient sur l’intime géographie Et vont explorer les secrets des étroits passages indiscrets.
Lorsque, à dada, j’écris à l’ancre en grattant la couche de rouille, je crains un peu, beaucoup la pluie, pas du tout l’eau de l’océan Ces traîtresses dilueraient mon encre et créeraient mille-et-une embrouilles Entre ma reine de la nuit et ma maîtresse de céans.
Prisonnière de son corps, où se cache son âme ? Dans son cœur où résonne l’éternel tintamarre ? Derrière cet œil bleu où rayonne une flamme ? Ou peut-être en dehors à vivre un cauchemar ?
Je n’entends que son cri aujourd’hui et demain ; Je ne vois que son corps quand je me fais masseur ; Je ne sens que sa vie qui réchauffe ma main ; Je ne goûte que son sang quand je me fais chasseur.
Parfois je suis et ne suis pas, parfois je vis et ne vis pas, Comme si j’étais dans un film en train de réciter mon rôle. Parfois j’entends et n’entends pas, parfois je vois et ne vois pas, Le lien de la vie, si infime, s’envole comme les paroles.
Ça paraît drôle mais la douleur est ce qui m’attache au présent. Le souvenir de la souffrance reste gravé, reste muet. Seul le présent vit en couleurs sinon moi, l’éternel absent, Ne connaîtrai sa délivrance que si son âme est remuée.
Lapine est la vague, la vague est lapine, Lorsqu’elle déferle comme un chaud lapin Qui vient et divague et puis de débine Revient sur la perle, remet son grappin.
Enfin elle explose, l’onde étincelante Chante en voix de crête l’amour cunicole. Jusqu’à ce qu’éclose la vague déferlante La mer qui s’apprête et qui caracole.
Sur des musiques peintes sur tes seins en cymbales, Sur des partitions dessinées sur les contours de ton visage, Sur des paroles en demi-teinte de peur que ton cœur ne s’emballe, Sur le papier parcheminé de mes désirs que j’envisage…
peinture corporelle de David Gueringer et Michael Rosner.
À la première femme nue, je suis surpris et puis, j’attends. À la deuxième fille à poil, je ne méfie, évidemment. La troisième, peut-être ingénue ou bien envoyée par Satan ; Après je pars sous les étoiles, cœur et âme concomitamment.
L’intime communication que me permet cette interface Avec le monde qui m’entoure et me réclame un médiateur, Perce, comme authentification, une fenêtre à la surface Dont le coup d’œil vaut le détour et un verdict appréciateur.
Quand tout concorde vers les étoiles dans un fauteuil modélisé Pour survoler la capitale voire plus loin si affinités, Le vent s’engouffre dans les voiles des drapeaux des Champs Élysées Et c’est parti dans l’orbitale cosmique vers l’infinité.
Tous les jardiniers aux mains vertes et leurs amies les jardinières Sont reliés à leurs racines qui plongent au cœur de la Terre. Entre nature et découvertes, ils signent dans les pépinières, Poètes en herbe aux officines, leurs plus belles pensées salutaires.
Entre les canons de beauté et l’art de la chair à canon, L’homme et la femme en écorché offrent un régal bien octroyé : De la belle cuisse au bas-côté ou de la poitrine aux rognons, L’humain, une fois embroché, est bien meilleur qu’on le croyait.
Les plus belles plantes du pays qui cheminent à pas feutrés Sont les plus belles à s’envoler surtout quand l’amour les transporte. Hier, j’étais encore ébahi de voir une fille calfeutrée Se mettre nue et convoler avec le vent devant sa porte.
Si le faune est à la sirène ce que la flore est à la mer, Imaginez ce que serait une dynastie forestière. Les fleurs couronneraient la reine, le roi décoré de fougères Et le petit prince passerait pour le florilège du bestiaire.
Quant aux princesses multiflores, maquillées de gouttes de rosée, Laquelle serait la plus belle ? Je vous le laisse deviner… Peut-être Lila Passiflore ou Anémone Couperosée, Ou encore Iris Mirabelle ou bien Violette du Dauphiné.
Entre les cônes de lumière et les trous noirs inexplorés, Se cache toujours une femme derrière un rideau de mystère. Les plus futées sont les premières – et pas si connes- à déplorer Que l’obscurité les diffame tandis que l’éclat est salutaire.
L’épaisseur du mur de lumière connaîtra sa métamorphose Lorsque les voitures électriques ne consommeront presque rien. Car – ce n’est pas une première – mais trois fois rien, c’est quelque chose ; Il y aura toujours des excentriques qui se prétendront ivoiriens.
Ouverte d’un pan de lumière, comme une voiture en latex, L’absurdité de la vision revendique une explication : Ici, la matière première provient d’une substance connexe Aux montres molles en prévision d’une absurde vulcanisation.
Illustration de Sébastien Plassard vue sur https:weandthecolor.comsebastien-plassard-dreamlike-illustrations79257 .
Au bal masqué un drôle d’oiseau plutôt à poil qu’à beau plumage Se présenta recroquevillé comme pour pondre un œuf surprise. Il intrigua les damoiseaux et causa l’auto-allumage De tous leurs sens émoustillés lorsqu’ils tombèrent sous son emprise.
Lorsqu’elle se redressa d’un bond tous virent la beauté de l’oiselle Toujours masquée, incognito, mais tous ses charmes exposés. Elle réveilla les moribonds, fit enrager les demoiselles Quant aux organes génitaux, plusieurs faillirent exploser.
Plutôt que « Dieu créa la femme pour que l’homme ait sa descendance » Disons que Dieu façonna Ève pour représenter son image. Ainsi le sacrilège infâme d’avoir goûté la connaissance Ne l’abaisse pas mais la relève au rang du plus brillant hommage.
Après le plaisir de la mer, après le désir du soleil, Elle se sent mourir de bonheur comme une chute dans l’épectase. Dans le sein même de sa mère, aurait-elle connu cet éveil, Celui-là qui met à l’honneur la joie de vivre dans l’extase ?