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  • Un parfum d’encens

    Un parfum d’encens

    Pour agrémenter la vitrine du rendez-vous avec les dieux,
    La gardienne du feu sacré parfume le temple d’encens.
    Elle dévoile sa poitrine pour que l’accueil soit plus radieux
    Fors une impudeur consacrée et fors à l’amour renonçant.

    Tableau d’Alfonso Savini.

  • La raison du miroir

    La raison du miroir

    Entre quatre yeux, entre quatre seins,
    Le miroir répond toujours aux questions.
    Quant à la plus belle, belle des réponses,
    Il doit réfléchir sans perdre la face.

    « Tout est merveilleux, ces deux corps sont sains !
    Mais anticipons à la suggestion ;
    Choisir la plus belle, alors je renonce ;
    Ne saurai fléchir entre vos deux grâces. »

    Tableau de William Orpen.

  • Bouquet d’anniversaire

    Bouquet d’anniversaire

    Quelques petites fleurs des champs en souvenir d’une balade ;
    Petits témoins bleus, roses et blancs, émotions d’une promenade ;
    Petites notes, bonheur du chant dont la forêt m’a fait l’aubade
    Accompagnée des cris tremblants des oiseaux à la roucoulade.

    J’en ai dessiné la portée avec des noires et des blanches,
    Avec des fleurettes nacrées rondes ou accrochées à souhait.
    Après le vent l’a emportée à travers les arbres et leurs branches
    Où résonnait l’écho sacré parmi les feuilles enjouées.

    Mais le bouquet reste éternel car la magicienne peintresse
    Au mur, l’a immortalisé pour vivre les quatre saisons
    Sur une toile maternelle riche en couleurs et de tendresse
    Dont l’éclat s’est cristallisé à l’intérieur de la maison.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La disparition silencieuse

    La disparition silencieuse

    Les animaux aussi manifestent contre la modernisation
    D’une manière prosaïque, justement sans revendiquer.
    Devant les machines qui empestent, avec peine et consternation,
    Ils disparaissent en mosaïque devant ce monde compliqué.

    Tableau de Nicole Gustafsson.

  • Aperitivo Barbieri

    Aperitivo Barbieri

    Je demande la parole et réclame l’Apérol
    Qu’on verse dans un grand verre rempli jusqu’aux quatre tiers.
    L’apéritif Barbieri dont Fabienne Barbier rit
    Est le remède démoniaque contre mes nuits insomniaques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les rêves en famille

    Les rêves en famille

    Tandis que tout le monde dort, il y en a toujours un qui veille
    Comme le berger des beaux rêves qui compte et compte ses moutons.
    Tandis que sous la couette d’or la mère doucement sommeille
    D’une respiration si brève qu’elle en fait sauter ses tétons.

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Rêve solitaire

    Rêve solitaire

    Un rêve solitaire, tout le corps replié
    Pour écouter le cœur dans le sein de ma mère.
    La joue contre la terre, un moment oublier
    Mes peines et mes peurs un moment éphémère.

    Le corps nu pour trembler aux caresses du vent,
    Les pieds nus pour sentir la brise sur les plantes,
    Afin de ressembler comme j’étais avant
    Avant de ressentir une ivresse troublante.

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Couleurs d’amour

    Couleurs d’amour

    Nos veines ont soudain bleui mais ce n’était pas de froid,
    Nos corps ont aussi rougi comme la première fois,
    Nos yeux se sont éblouis mais ce n’était pas d’effroi,
    Et nos sexes ont rugi mais comme une seule voix.

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Le ponton

    Le ponton

    Dans le canton,
    Sur le ponton,
    Nous barbotons
    Jusqu’au menton

    Comme ingénus,
    Nous baignons nus,
    Nus dans la mare
    Aux nénuphars.

    Puis tu viendras
    Entre mes bras,
    Et je viendrai
    Pour engendrer.

    Puisque commence
    Une romance,
    Au petit jour
    Faisons l’amour.

    Puis à la fin,
    Quand on a faim,
    Quelques boissons,
    Quelques poissons.

    Et puis demain
    À quatre mains
    Nous construisons
    Notre maison.

    Alors plantons,
    Sur le ponton,
    Le premier clou
    De notre igloo.

    Igloo de bois
    On peut, ma foi,
    En faire ici,
    Pas de souci !

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Ma voisine est une sorcière

    Lorsque j’ai sonné à sa porte je n’étais pas un inconnu
    J’étais son tout nouveau voisin et je venais d’emménager.
    Et là, que le diable m’emporte, elle m’a ouvert à demi nue
    Les mains cachant son magasin de mamelles avantagées.

    Comme je lui laissait le temps d’ passer une robe de chambre
    Elle m’offrit comme boisson une bouteille de Chablis.
    Mais une fois fermé le battant de la porte de l’antichambre,
    J’ai vu des milliers de poissons avant de sombrer dans l’oubli.

    Illustration de Bill Sienkiewicz.

  • Ce n’est pas sorcier !

    Ce n’est pas sorcier !

    Comme je suis un peu sorcier, je capte vos cerveaux crédules !
    Tout ça n’est qu’une comédie dictée par des filous fêlés !
    À propos de points négociés sur vos retraites ridicules ;
    Notamment tout ce qu’on vous dit dans les médias et la télé.

    Illustration de Bill Sienkiewicz.

  • Suivez le fil

    Suivez la femme qui dessine directement sur son corps nu
    Et qui exprime ses désirs par une histoire sans parole.
    Une fois partagé son plaisir de passer à la casserole,
    Elle efface tout dans sa bassine pour calmer son mari cornu.

    Tous les jours elle recommence une nouvelle histoire à suivre
    Vous pouvez vous y abonner mais vous y perdrez la santé
    Une fois commencé la romance, vous aurez hâte de poursuivre
    Et dès l’habitude adonnée, vous deviendrez impatienté.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La sorcière

    Il n’apparaît à contrejour que les traits de sa silhouette
    Qui dévoile un peu de ses charmes mais difficiles à percevoir.
    Vêtue de ses plus beaux atours, la peau que sa mère lui a faite,
    Elle vient sans déclencher d’alarme sans qu’on puisse l’apercevoir.

    Vous l’avez vue ? Il est trop tard désormais pour vous échapper !
    Sa toile est déjà crochetée et vous vous êtes pris dedans.
    Mais si vous êtes un peu fêtard vous n’serez pas handicapé
    Car elle va vous acheter pour danser en tenue d’Adam.

    Illustrations de Marjorie Cameron et de Paul Colin.

  • Paris, Prague et c’est fini !

    Toutes ces images des villes s’enfoncent inexorablement
    Fondues au brouillard de l’histoire et les registres du passé.
    Que le temps me paraît servile, qui passe impitoyablement
    Au moulin de la préhistoire mon patrimoine compassé.

    Les vieux magasins, les boutiques, les vieux troquets, les restaurants,
    L’un après l’autre cèdent la place à la mode contemporaine.
    Et les boulevards nostalgiques sont devenus expectorants
    Par la pollution qui remplace la fumée des fêtes foraines.

    Tableaux d’Alvaro Castagnet.

  • L’étang romantique

    L’étang romantique

    Le flou artistique authentique côtoie les brumes naturelles
    Où la nature féminine déploie tout son charme mutin.
    Mon petit étang romantique se confond dans une aquarelle
    Où dans la lumière minime, s’ébattent nymphes et lutins.

    Tableau de Chris Forsey.

  • Le loup de velours

    Le loup de velours

    L’art, au carnaval de Venise, de se montrer énigmatique
    Relève d’un peu de magie et surtout de beaucoup de charme.
    La témérité galvanise la séduction charismatique,
    Le zeste d’humour qui agit pour provoquer le rire aux larmes.

    Loup de velours, frêle accessoire, permet aux yeux de transpercer
    Celui qui croit la reconnaître mais qui ne fera qu’y surseoir.
    Une cage à roses en balançoire et deux colombes à disperser
    Pour envoyer par les fenêtres le courrier des amours du soir.

    Puis, un joli décolleté qui fera baisser les regards
    Des idiots qui se trahiraient en ne s’adressant qu’à son corps.
    Car ceux qui seront bécotés, devront quitter l’esprit hagard
    Et laisser leur cœur attiré cesser de battre les records.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Le temps suspendu

    Le temps suspendu

    Je me sens suspendu comme sur la sellette
    Depuis mon intérieur à rompre l’équilibre.
    Me voici confondu et mon âme seulette
    Se penche à l’extérieur pour laisser le cœur libre.

    Si j’étais cette femme, je serais tout son corps
    Qui s’entrouvre au matin pour le plaisir des yeux.
    Je verrais par ses seins et par son ventre encore
    L’amour qu’elle présente à ce chat merveilleux.

    Si j’étais ce matou, je ronronnerais fort
    Pour apprécier le charme de ma belle maîtresse.
    Je sentirais ma queue d’un soyeux réconfort
    Pour attirer sa main, savourer la caresse.

    Puisque je suis un homme, je laisse parler le cœur
    Qui trouvera les mots pour connecter le sien.
    Et s’ils s’accordent ensemble, chantent le même chœur,
    Elle sera ma colombe et moi, son magicien.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Liberté, Égalité, Fraternité

    La liberté délimitée au respect qu’on doit à autrui
    Devient vite une étroite cage quand autrui prend beaucoup de place.
    Mais l’habitude d’imiter un monde qui s’auto-détruit
    Accélérera davantage le retour à l’âge de glace.

    L’égalité dans les idées devrait permettre de discuter
    Avec ceux qui ont des couleurs d’idéologies différentes.
    Hélas, chacun a décidé de convaincre ou se disputer
    À faire adopter ses valeurs qui sont les plus prépondérantes.

    La fraternité des oiseaux consiste à construire son nid
    Et pondre un œuf sur le chemin d’une vie libre et sans effort.
    Pour mieux gouverner les zozos qui croyaient vivre en harmonie,
    La fraternité des humains consiste à être le plus fort.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Les bons petits coins

    Pour une bonne heure de lecture, je plonge dans la littérature ;
    « Les fleurs du mal » de Baudelaire à lire sous le belvédère,
    « À la recherche du temps perdu » malgré son style un peu ardu
    Et « Les voyages fantastiques » de Jules Verne sont orgasmiques.

    Naturellement je voyage parmi les plus belles images ;
    Bandes dessinées, s’il vous plait, dont le graphisme me complaît,
    Monet, Van Gogh et Picasso comme aquarelles en thalasso
    Et pour clore l’encyclopédie quelque original inédit.

    Pour m’évader dans la nature je suis la voie de l’écriture ;
    Je vais chercher l’inspiration sur les sites d’admiration.
    Je me connecte à la fréquence des arbres aux plus belles essences
    Et, de retour à la maison, vous me direz si j’ai raison.

    Illustrations d’Andrea de Santis.

  • Le compositeur inconnu

    Le compositeur inconnu

    Les mouettes jouent pizzicato tandis que gronde l’océan ;
    Le vent siffle à travers les nues et les coups de tonnerre éclatent.
    Mais quel est donc ce zigoto perché sur ses rochers géants ?
    Le compositeur inconnu dont la partition se dilate.

    Tableau de Jimmy Lawlor.

  • L’instrument avant

    L’instrument avant

    Plutôt que ramer en arrière, je préfère l’instrument avant
    Avec lequel je cours les plages dans l’air du temps contre le vent.
    Quand la pluie dresse sa barrière, je joue l’ouverture devant
    Le brouillard et les gros nuages par un prélude bien émouvant.

    Tableau de Jimmy Lawlor.

  • Belle à sa vitrine

    Belle à sa vitrine

    Sans rideau et sans vêtement, laissant les volets grand ouverts,
    Elle s’amuse à poser nue en dodelinant sa poitrine.
    Heureux celui, honnêtement, qui, à visage découvert,
    Demandera à l’inconnue quel est son prix dans la vitrine.

    Tableau de Tito Merello Vilar sur https:imginn.comtagsTitoMerelloVilar?lang=fr .

  • Transformation du soir – 2

    Transformation du soir - 2

    Lorsque je pars, je perds la tête aussitôt que le sommeil tombe,
    Je veux dépasser la lumière et mon ombre heurte les rameaux.
    Heureusement, en pense-bête, la lune m’envoie sa colombe
    Qui me prêtera sa dernière plume pour vous écrire un mot.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Transformation du soir – 1

    Transformation du soir - 1

    Après l’alcool d’Apollinaire ou l’absinthe d’une aventure
    Le corps se prépare au voyage dont l’âme sera passagère.
    Le cœur bat un coup de tonnerre, l’esprit vocifère : « En voiture ! »
    Et le temps d’un déshabillage, me voici en terre étrangère.

    Tableau d’Autumn Rozario-Hall.

  • Ô Mâtin !

    Ô Mâtin !

    Tous les matins sont emmêlés mes rêves extraordinaires
    Qui tournent autour de ma tête comme une brume féerique.
    Je n’essaie pas d’en démêler car ils sont les préliminaires
    À tous les prétextes de fête pour mes fantasmes chimériques.

    Tableau de James Jean.

  • Ô Soleil ! 2

    Ô Soleil ! 2

    Quand je lui avoue mon amour, le soleil éclate sa voix
    Et son cœur répand la lumière qu’elle doit cacher à ses yeux.
    Plus resplendissant que le jour, les doigts fermés à claire voie,
    Son âme répond la première et me dit : « C’est toi que je veux ! »

    Tableau de Piru.

  • Ô Soleil ! 1

    Ô Soleil ! 1

    Par le miroir du talisman qui en reflète les rayons,
    Une fille nue éblouit par la protection du soleil.
    Je n’évite l’évanouissement qu’en détournant son médaillon
    Par une pensée épanouie que je murmure à son oreille.

    Tableau de James Jean.

  • L’éclairage

    L’éclairage

    L’une déroule le fil, l’autre tricote sa vie
    Du passé dans l’obscurité à la lumière du présent.
    Tous les souvenirs défilent, se déroulent et sont suivis
    Parfois d’un nœud hérité qui s’en va en reprisant.

    Tous les moments douloureux qu’on s’amuse à dévider,
    Tous les moments ridicules qu’on évite de montrer,
    Tous les moments langoureux où l’on ne s’est décidé
    À ce que sa vie bascule vers une insolite contrée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Corolle de moi

    Corolle de moi

    Tous ces petits « moi » intérieurs qui défilent en transparence
    Au fil du temps et des journées comme une fleur à sa corolle ;
    Quand on me voit de l’extérieur et qu’on juge mon apparence,
    On a tendance à s’ajourner selon celui qui a la parole.

    Tableau de Dain Yoon.

  • La vague lapine – 2

    Lapine comète, comète lapine,
    Qui parcourt l’espace aux mondes inconnus.
    Planète en planète, elle galopine
    Tandis qu’elle passe d’un air ingénu.

    Au-delà des mers, par-dessus les îles,
    Lapines et lapins, tous s’envoient en l’air.
    La fête des mères, les pères en exil
    Mettent le grappin sur d’autres insulaires.

    Illustrations de Schinako Moriyama.

  • Après la lecture

    Après la lecture

    Quand elle a déshabillé le livre, de ses habits, elle se délivre
    Pour rêver elle-même à son tour une belle histoire d’amour
    Que ses deux mains calligraphient sur l’intime géographie
    Et vont explorer les secrets des étroits passages indiscrets.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • L’ancre de mes vers

    L’ancre de mes vers

    Lorsque, à dada, j’écris à l’ancre en grattant la couche de rouille,
    je crains un peu, beaucoup la pluie, pas du tout l’eau de l’océan
    Ces traîtresses dilueraient mon encre et créeraient mille-et-une embrouilles
    Entre ma reine de la nuit et ma maîtresse de céans.

    Photo de la Navy.

  • L’oiseau-prison

    L’oiseau-prison

    Prisonnière de son corps, où se cache son âme ?
    Dans son cœur où résonne l’éternel tintamarre ?
    Derrière cet œil bleu où rayonne une flamme ?
    Ou peut-être en dehors à vivre un cauchemar ?

    Je n’entends que son cri aujourd’hui et demain ;
    Je ne vois que son corps quand je me fais masseur ;
    Je ne sens que sa vie qui réchauffe ma main ;
    Je ne goûte que son sang quand je me fais chasseur.

    Tableau de Nicole Altenhoff.

  • L’éternel absent

    L’éternel absent

    Parfois je suis et ne suis pas, parfois je vis et ne vis pas,
    Comme si j’étais dans un film en train de réciter mon rôle.
    Parfois j’entends et n’entends pas, parfois je vois et ne vois pas,
    Le lien de la vie, si infime, s’envole comme les paroles.

    Ça paraît drôle mais la douleur est ce qui m’attache au présent.
    Le souvenir de la souffrance reste gravé, reste muet.
    Seul le présent vit en couleurs sinon moi, l’éternel absent,
    Ne connaîtrai sa délivrance que si son âme est remuée.

    Tableau de Miles Johnston.

  • La vague lapine – 1

    Lapine est la vague, la vague est lapine,
    Lorsqu’elle déferle comme un chaud lapin
    Qui vient et divague et puis de débine
    Revient sur la perle, remet son grappin.

    Enfin elle explose, l’onde étincelante
    Chante en voix de crête l’amour cunicole.
    Jusqu’à ce qu’éclose la vague déferlante
    La mer qui s’apprête et qui caracole.

    Illustrations de Giada Bianchi.

  • Sur des musiques peintes

    Sur des musiques peintes

    Sur des musiques peintes sur tes seins en cymbales,
    Sur des partitions dessinées sur les contours de ton visage,
    Sur des paroles en demi-teinte de peur que ton cœur ne s’emballe,
    Sur le papier parcheminé de mes désirs que j’envisage…

    peinture corporelle de David Gueringer et Michael Rosner.

  • Chute de charme

    Chute de charme

    À la première femme nue, je suis surpris et puis, j’attends.
    À la deuxième fille à poil, je ne méfie, évidemment.
    La troisième, peut-être ingénue ou bien envoyée par Satan ;
    Après je pars sous les étoiles, cœur et âme concomitamment.

    Tableau de Harry Holland.

  • Par le judas

    Par le judas

    L’intime communication que me permet cette interface
    Avec le monde qui m’entoure et me réclame un médiateur,
    Perce, comme authentification, une fenêtre à la surface
    Dont le coup d’œil vaut le détour et un verdict appréciateur.

    Tableau d’Antonio Mora.

  • Un vol pour Paris

    Un vol pour Paris

    Quand tout concorde vers les étoiles dans un fauteuil modélisé
    Pour survoler la capitale voire plus loin si affinités,
    Le vent s’engouffre dans les voiles des drapeaux des Champs Élysées
    Et c’est parti dans l’orbitale cosmique vers l’infinité.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Les mains vertes

    Tous les jardiniers aux mains vertes et leurs amies les jardinières
    Sont reliés à leurs racines qui plongent au cœur de la Terre.
    Entre nature et découvertes, ils signent dans les pépinières,
    Poètes en herbe aux officines, leurs plus belles pensées salutaires.

    Tableau de Valerie Hammond.

  • Cœurs de pierre

    Cœurs de pierre

    Mon petit cœur de pierre
    Se réchauffe à la flamme
    De sa petite femme
    Sans faire de prière.

    Et mon esprit pervers
    Sait faire le silence
    Lorsqu’il est d’importance
    De le décrire en vers.

    Car le corps se recueille
    Auprès de l’origine
    Que l’âme s’imagine
    Quand un rêve l’accueille.

    Photo vue sur https:www.futuristarchitecture.com .

  • Finalement, l’homme est bon !

    Finalement, l’homme est bon !

    Entre les canons de beauté et l’art de la chair à canon,
    L’homme et la femme en écorché offrent un régal bien octroyé :
    De la belle cuisse au bas-côté ou de la poitrine aux rognons,
    L’humain, une fois embroché, est bien meilleur qu’on le croyait.

    Création de Plasticboy.

  • L’envolée belle

    L’envolée belle

    Les plus belles plantes du pays qui cheminent à pas feutrés
    Sont les plus belles à s’envoler surtout quand l’amour les transporte.
    Hier, j’étais encore ébahi de voir une fille calfeutrée
    Se mettre nue et convoler avec le vent devant sa porte.

    Tableau de Linda Clark Johnson.

  • Dynastie florale

    Si le faune est à la sirène ce que la flore est à la mer,
    Imaginez ce que serait une dynastie forestière.
    Les fleurs couronneraient la reine, le roi décoré de fougères
    Et le petit prince passerait pour le florilège du bestiaire.

    Quant aux princesses multiflores, maquillées de gouttes de rosée,
    Laquelle serait la plus belle ? Je vous le laisse deviner…
    Peut-être Lila Passiflore ou Anémone Couperosée,
    Ou encore Iris Mirabelle ou bien Violette du Dauphiné.

    Tableau d)Angela Chalmers.

  • Clair-obscur

    Clair-obscur

    Entre les cônes de lumière et les trous noirs inexplorés,
    Se cache toujours une femme derrière un rideau de mystère.
    Les plus futées sont les premières – et pas si connes- à déplorer
    Que l’obscurité les diffame tandis que l’éclat est salutaire.

    Illustration de Schmitz.

  • Rien à voir !

    Rien à voir !

    L’épaisseur du mur de lumière connaîtra sa métamorphose
    Lorsque les voitures électriques ne consommeront presque rien.
    Car – ce n’est pas une première – mais trois fois rien, c’est quelque chose ;
    Il y aura toujours des excentriques qui se prétendront ivoiriens.

    Illustration de Schmitz.

  • Explication par l’absurde

    Explication par l’absurde

    Ouverte d’un pan de lumière, comme une voiture en latex,
    L’absurdité de la vision revendique une explication :
    Ici, la matière première provient d’une substance connexe
    Aux montres molles en prévision d’une absurde vulcanisation.

    Illustration de Sébastien Plassard vue sur https:weandthecolor.comsebastien-plassard-dreamlike-illustrations79257 .

  • Drôle d’oiseau

    Au bal masqué un drôle d’oiseau plutôt à poil qu’à beau plumage
    Se présenta recroquevillé comme pour pondre un œuf surprise.
    Il intrigua les damoiseaux et causa l’auto-allumage
    De tous leurs sens émoustillés lorsqu’ils tombèrent sous son emprise.

    Lorsqu’elle se redressa d’un bond tous virent la beauté de l’oiselle
    Toujours masquée, incognito, mais tous ses charmes exposés.
    Elle réveilla les moribonds, fit enrager les demoiselles
    Quant aux organes génitaux, plusieurs faillirent exploser.

    Tableaux de Costa Dvorezky.

  • Sainte Andromède

    Sainte Andromède

    Plutôt que « Dieu créa la femme pour que l’homme ait sa descendance »
    Disons que Dieu façonna Ève pour représenter son image.
    Ainsi le sacrilège infâme d’avoir goûté la connaissance
    Ne l’abaisse pas mais la relève au rang du plus brillant hommage.

    Tableau de Costa Dvorezky.

  • La chute d’Andromède

    La chute d’Andromède

    Après le plaisir de la mer, après le désir du soleil,
    Elle se sent mourir de bonheur comme une chute dans l’épectase.
    Dans le sein même de sa mère, aurait-elle connu cet éveil,
    Celui-là qui met à l’honneur la joie de vivre dans l’extase ?

    Tableau de Costa Dvorezky.