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  • Rouge et bleu

    Rouge et bleu

    Pour mon dernier amour
    Je veux une donzelle
    Bien dorée et pulpeuse
    Et l’embrasser longtemps.
    Et pour ce dernier jour
    Je veux que la gazelle
    Soit douce et sirupeuse
    Pour passer du bon temps.

    Et je veux qu’on y goûte
    À connaître l’ivresse
    Des baisers rouges et vifs
    Sur la bouche qui mord.
    Et je veux, on s’en doute,
    Mourir dans l’allégresse
    À l’instant explosif
    De la petite mort.

    Tableau d’Edwin Georgi.

  • Sur la frontière

    Sur la frontière

    À la frontière de Pentecôte, avant la crise après la crise,
    Plus rien ne sera comme avant car nous serons tous vaccinés.
    Fini de s’aimer côte-à-côte, nous allons vivre sous l’emprise
    Du monde qui va de l’avant dans une société confinée.

    Photo de Mariola Glajcar.

  • Sinon je casse la baraque !

    Sinon je casse la baraque !

    Pour Pentecôte, une entrecôte ; pour l’Ascension, une collation ;
    À Pâques, une bonne barbaque et pour Noël, du sensuel !
    Du rire à se tenir les côtes, de l’alcool sans modération !
    Sinon je casse la baraque, je suis un lion juste et cruel.

    Tableau de Jacek Yerka.

  • Les couleurs des villes – 2

    J’ai dû parcourir mille fois ce parcours sans m’y arrêter
    Entraîné par obligation de suivre mon emploi du temps.
    Jaloux des nantis installés à la terrasse des cafés
    Riches de temps, riches d’argent mais surtout riches du présent.

    Bien sûr, les boulevards s’égayent aux périodes de fin d’année
    Qui met le cœur des hommes en fête car nous suivons les traditions.
    Mais la mécanique se rouille au fil des années répétées
    Je n’en retiens que des fantômes dans les commerces d’aujourd’hui.

    Je me souviens des soirs de fête où je redécouvrais les rues.
    Celles-là mêmes que naguère j’avais empruntées en plein jour.
    Restaient les secrets des ruelles qui montaient dans les vieux quartiers
    Aux labyrinthes impossibles et l’inconnu inaccessible.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Les couleurs des villes – 1

    Aux matinées d’aurores pourpres, je m’en allais le cœur d’enfant
    Vers l’école municipale en suivant le même chemin
    Qui passait par de ruelles sales où se reflétait le soleil
    Et par les allées commerciales avec les Halles et le marché.

    Mais ce n’était pas qu’un décor, c’était aussi une frontière
    Du pays des grandes personnes où je n’avais pas lieu d’aller.
    Je voyais ces endroits magiques dans les ténèbres et les secrets
    Où je craignais trop d’entreprendre le moindre pas vers l’aventure.

    Mon village prenait ses couleurs selon les jours de la semaine.
    Les jeudis l’inondaient de jaune et les dimanches, tout en blanc.
    Les autres jours semblaient pareils à une couleur uniforme
    Sauf arrivé au samedi aux soirées violettes et bleues.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Carton-ville

    Carton-ville

    À quand les villages en carton et les maisons prêtes à jeter
    Et des villes à la poubelle lorsqu’elles seront polluées ?
    Au temps pour moi ! Mille pardons ! Déjà existe la pauvreté
    Et bientôt la vie sera belle dans nos cités évoluées.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pudiblonde

    Elle se montrait tantôt blonde sous la lumière de midi
    Et apparaissait tantôt brune autour des ombres de minuit.
    Fille pudique et pudibonde, elle jouait la perfidie
    À s’exhiber nue sous la lune mais seulement en pleine nuit.

    Tableau de Warwick Goble.

  • Les quatre saisons

    Tant qu’un seul arbre à l’horizon me servait de point de repère,
    Je savais toujours reconnaître ce que contient mon petit monde.
    Je m’y suis senti en prison alors j’ai changé de repaire
    Changé de porte et de fenêtre dans l’espoir d’une vie féconde.

    Mais dès que les arbres ont grandi, des horizons ont débouchés
    Ceux qui souhaitaient la même chose pour leurs enfants et leurs compagnes.
    Les souches se sont approfondies, tous les ruisseaux se sont bouchés
    Et passé la métamorphose, les villes s’étendent sur les campagnes.

    Tableaux de Jacek Yerka.

  • Un monde irresponsable

    Un monde irresponsable

    Un jour, au cours d’une expérience, le monde a échappé à Dieu ;
    Comme il était irresponsable, personne ne lui a rien dit.
    Et désormais, sans surveillance, dans l’éther miséricordieux,
    Vogue une galère impensable sur une mer de comédie.

    Tableau d’Alexander Jannsson.

  • Mégalomany

    Mégalomany

    Jouez-vous aux célébrités devant le miroir du salon ?
    Vous-prenez-vous pour une star en quête de mythomanie ?
    Vous allez vous précipiter, courir à grands coups de talons
    Pour faire l’achat sans retard du jeu de Mégalomany.

    Si ça vous dit d’y jouer c’est ici : https:www.thisiscolossal.com201812whos-she .

  • La salle de bains d’imagination

    La salle de bains d’imagination

    Je décontracte les méninges en m’imaginant dans la jungle ;
    Une carlingue en pince à linge et l’envergure en lime à ongles.
    J’interprète à la fois l’hôtesse et son pilote en plein turbin
    Dans l’astronomique petitesse du coin de ma salle de bains.

    Tableau de Didier Lourenço.

  • L’aventure sur pilotis

    L’aventure sur pilotis

    Dans un hôtel sur pilotis cloués sur une coque en bois
    Et en avant pour l’aventure, le tour du monde vous est offert !
    Ceux qui se sentent mal lotis, là-haut à faire contrepoids,
    Pourront descendre de la mâture se reposer les pieds aux fers.

    Tableau de Matylda Konecka.

  • Festin royal

    Festin royal

    Moitié fleur-bleue, moitié poète, comme un fonctionnaire débonnaire,
    Le lion se montre généreux ou avec dangerosité.
    Mais ses amis le trouve chouette lorsque de sa voix de tonnerre
    Il les invite, l’air coléreux, mais avec générosité :

    « Venez gazelles et antilopes partager une bonne escalope !
    Approchez-vous , hippopotames, déguster un croque-madame !
    Accourez coquelets et cocottes assaisonner mon entrecôte !
    ¡Vamos! ¡Vamos! Los amigos , dévorer un jambon à l’os ! »

    Tableau de Marcel van Luit.

  • Matin lumineux

    L’hiver drapé de robe blanche abaisse son rideau de nuit
    L’obscurité presque éternelle plonge le monde en léthargie.
    Mais lorsque le printemps déclenche l’espoir et la fin de l’ennui,
    La nature joue la ritournelle d’un renouveau de nostalgie.

    Avant le changement imminent, l’intersaison fait sa lessive
    Savonnage, rinçage et séchage rythment la valse du printemps.
    Tous les sommets proéminents font une toilette intensive
    Les arbres, rameaux et branchages prennent l’éclat de leurs vingt ans.

    Tableaux d’Alla Tsank.

  • Messagerie sans-fil

    Messagerie sans-fil

    La toile des communications, la fragilité du sans-fil,
    Peut se briser sans préavis par décret gouvernemental.
    Mais contre ces limitations, on verra les colombophiles
    Et les pigeons reprendre vie pour fournir un service postal.

    Tableau de Christian Schloe.

  • La fille sur les toits

    La fille sur les toits

    Cinq chats vivaient à la maison dont l’un se métamorphosait
    Le jour dans ma petite fille, la nuit en chatte de gouttière.
    Elle courrait, non sans raison, sur les toitures ardoisées
    Mais elle offrait à sa famille des euphories primesautières.

    Tableau de Alexander Jansson.

  • Le bain de lumière

    Le bain de lumière

    Sous les extrêmes latitudes marquées d’aurores boréales,
    La nuit les rayons tributaires tombent des étoiles en poussière.
    Une sirène en gratitude de l’événement idéal,
    Dans la lagune salutaire, savoure son bain de lumière.

    Tableau de Kirk Reinert.

  • Les feux de la Montréalaise

    Les feux de la Montréalaise

    J’avais laissé derrière moi tous mes soucis, mes infortunes
    Pour suivre une fille à Montréal qui demandait des sacrifices ;
    J’ai commencé au fil des mois d’abord à décrocher la Lune,
    Puis, faire des aurores boréales et plein d’autres feux d’artifices.

    Tableau de Ji-Hyuk Kim.

  • Courir sur les toits

    Courir sur les toits

    La nuit quand la lune sourit et que les étoiles scintillent,
    Courir sur les toits de Paris – ou n’importe quelle ville en province –
    Demande des pas de souris chaussées de bottes qui sautillent
    Et de répondre au gabarit d’une petite fée très mince.

    Illustration de Zdenko Basic.

  • Mon île perdue

    Mon île perdue

    L’île perdue de ma conscience, dans l’océan des connaissances,
    Ne permet pas que je m’éloigne de plus d’un pas vers l’inconnu
    Car le brouillard de l’inconscience sur le rivage prend naissance
    Avant même que je rejoigne mes rêves les plus biscornus.

    Tableau d’Alexander Jansson.

  • Les voyages en armoire

    Les voyages en armoire

    Le goût des voyages en armoire a commencé dès mon enfance
    Lorsque je cherchais la lumière de l’autre côté du miroir.
    J’ai collectionné de mémoire les paysages de Provence
    Dont j’ai visité les chaumières et les commodes, plein les tiroirs.

    Tableau de Matylda Konecka.

  • Le vieux quincailler

    Le vieux quincailler

    « Ah ! Je ne sais pas s’il m’en reste ! » répondait le vieux quincailler
    Quand je demandais l’impossible comme « la lime à épaissir »,
    « L’huile de coude » de Bucarest ou « l’eau en poudre » à écailler.
    Mais il m’écoutait impassible et accédait à mes désirs.

    Il vendait des clous de girofle pour attacher les apostrophes,
    Il soldait les poids de cent heures pour éviter la pesanteur,
    Forets et mèches séparées pour pratiquer des trous carrés
    Et des scies à coller le bois car il en faut toujours chez soi.

    Tableau d’Alexander Jansson.

  • Le langage magique

    Le langage magique

    Accoudé sur le bastingage de mes souvenirs nostalgiques,
    Un jour j’ai compris le langage de tous les passages magiques.
    Tout est porte extraordinaire cachée derrière les coulisses
    De tous les objets ordinaires aussitôt que la main s’y glisse.

    Les forêts cachent des châteaux, les sapins imitent des tours,
    Les réverbères cachent l’ombre et les vieux bancs des manuscrits.
    Pour les trouver, c’est du gâteau ! Je prends la porte sans retour
    Qui ouvre le secret des nombres qui ne sont pas encore écrits.

    Tableau d’Alexander Jansson.

  • Roméo Allumette

    Roméo Allumette

    Quand l’amour brûle les pensées et que le cœur paraît brasier,
    L’esprit voit ses sens supprimés par l’émotion des sentiments.
    Alors il faut bien compenser par des lanternes de papier
    Dont la flamme saura exprimer l’espérance d’un assentiment.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Les robes couleurs du temps

    Une robe couleur du temps qui passe entre chaque saison ;
    Couleur du jour, couleur de nuit, tissée des heures et des secondes.
    Une robe à chaque printemps pour toutes sortes de raisons
    Qui ne vieillirait que d’ennui mais qui ferait tourner le monde.

    Une robe couleur du temps selon la météorologie ;
    Couleur de pluie, couleur de vent, que jamais ne pourrait découdre.
    Une robe aux cœurs débutants qui fleurissent dans les logis
    Et que l’on ôterait souvent durant les nuits de coups de foudre.

    Tableaux de Duy Huynh.

  • La boîte du temps doré

    La boîte du temps doré

    Bien sûr, je transporte mon coffre qui contient tous mes souvenirs
    Bien sûr, ils datent d’une époque d’avant ce siècle à rebrousse-poil.
    Ces petits vers que je vous offre et qui s’envolent vers l’avenir
    Trouveront peut-être leurs réciproques ou rejoindront les cœurs d’étoiles.

    Tableau de Duy Huynh.

  • L’évasion des pensées intimes

    L’évasion des pensées intimes

    Toutes mes pensées qui galopent et qui tournent à ressasser
    Par une force centrifuge voudraient goûter leur puberté.
    Mais dans l’inconnu interlope qu’elles devront outrepasser
    Trouveront-elles le refuge pour s’exprimer en liberté ?

    Tableau de Duy Huynh.

  • La forêt secrète

    La forêt secrète

    Forêt auguste et silencieuse, je sais ta végétalité.
    Muette, discrète et secrète, tu m’observes à travers le temps.
    De mes racines prétentieuses qui font mon animalité,
    Tu t’en moques car tu sécrètes ce qui me nourrira longtemps.

    Tableau de Dmitry Lazarev.

  • L’assemblée des dieux

    L’assemblée des dieux

    Finalement mille-et-un dieux trônent au royaume des cieux ;
    Celui qu’on appelle « Éternel » ou parfois même « Emmanuel »
    N’est qu’un « porte-parole » choisi par un gouvernement moisi
    Qui ne nous envoie que des crises pour nous garder sous son emprise.

    Tableau de Giulio Romano.

  • Les voyages confinés

    Les voyages confinés

    Puisque nous passons nos vacances dans nos pavillons confinés,
    Dotons leurs fondations de roues d’imagination raffinée !
    Puis, sur des rails d’extravagance, nous irons par le Dauphiné
    Vers les mers bleues où les mérous rôtirons dans nos cheminées.

    Photo de Meherab Arsalan.

  • Dans l’abîme de mes rêves

    Dans l’abîme de mes rêves

    Lorsqu’un rêve me tend la main matérialisée dans l’espace,
    J’ai l’impression de m’enfoncer vers des abîmes sans retour.
    En effet, passé le chemin, mon itinéraire s’efface
    Et je me retrouve engoncé dans ses méandres et ses contours.

    Bravée la peur de l’inconnu, je commence un nouveau chapitre.
    Je lâche prise à mes remords, je revis et je m’émerveille.
    Bien que tout y soit biscornu et que je m’y comporte en pitre,
    Je danse un peu avec la Mort qui me rend la clef du réveil.

    Tableau de Juuri.

  • Rêve de nage et d’envol

    Rêve de nage et d’envol

    Rêve d’Icare et d’envolées pour joindre les pigeons voyageurs
    Ou rêve d’eaux et de sirènes pour rallier les poissons volants,
    Qu’il est bon de batifoler dans des fantasmes échangeurs
    Direction « Les-nages-sereines » ou vers un vol affriolant !

    Tableau de Christophe Gol.

  • L’homme dématérialisé

    L’homme dématérialisé

    L’évolution des connexions de nos organes et nos cellules
    Passera au mode sans-fil d’un futur asocialisé.
    Et l’on verra des collections de papillons et libellules
    Chargés de l’âme colombophile de l’homme dématérialisé.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111duy-huynh-1975-vietnam.html .

  • Des ailes et des racines

    Des ailes et des racines

    De drôles d’ailes ont pris racine là où je pensais m’envoler
    Pour me rappeler d’où je viens comme un cordon ombilical.
    Et je ressens mes origines, mâle et femelle, inconsolées
    De n’avoir su créer le lien vers l’évolution verticale.

    Tableau de Duy Huynh sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201111duy-huynh-1975-vietnam.html .

  • Si j’avais des ailes – 2

    Je n’ai pas trouvé les démons pour transgresser les traditions,
    Je n’ai pas croisé le soleil qui aurait pu mes ailes fondre,
    Mais j’ai humé à plein poumons jusqu’à en avoir l’addiction
    Un air à nul autre pareil, plaise à mon cœur d’y correspondre.

    Tant pis si je rampe sur Terre enchaînée à la gravité ;
    J’ai le pouvoir de m’envoler lorsque j’ai besoin d’évasion.
    Tant pis si on me met en terre, je ne pourrai pas l’éviter
    Mais au moins j’aurai convolé avec mes rêves à profusion.

    Tableaux de Duy Huynh.

  • Si j’avais des ailes – 1

    Si je pouvais tracer des ailes sur l’écran noir de mes nuits blanches,
    J’y peindrais les plumes des rêves de mes plus grandes envergures.
    Être un oiseau ou une oiselle, un moineau ou une pervenche
    Dépendrait d’une impulsion brève choisie selon les bons augures.

    Bien sûr, je porterais un masque afin de voir sans être vu
    Avec une robe couleur de temps pour voler en toutes saisons.
    Bien sûr, j’aurais des amis très fantasques, des démons un peu m’as-tu-vu
    Pour m’escorter jusqu’au printemps …

    … et rigoler dans ma maison.
    … et faire les fous sans raison.
    … et se joindre à la floraison.

    Tableaux de Duy Huynh.

  • Annie Massion

    Annie Massion

    Les bandes dessinées magiques l’avaient rendue tant nostalgique
    Que la petite Annie entra entre les pages d’un mantra.
    En récitant l’incantation, elle subit la transformation
    Et devint ainsi la vedette des héroïnes en jupettes.

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • La Vénus du poète

    La Vénus du poète

    Je ne vous ai jamais présenté ma Vénus de l’inspiration.
    Elle pose souvent dans l’image dont j’entrouvre tous les tiroirs.
    D’un compartiment enchanté, elle fait son apparition
    Puis, écrit son plus bel hommage dans la buée sur le miroir.

    Tableau de Julio Romero de Torres.

  • Mélusine

    Mélusine

    Pour séduire les princes charmants, il suffisait d’un peu de charme ;
    Ce que Mélusine, insolite, enchantait par enjambements.
    Mais aujourd’hui, c’est désarmant ! L’amour ne tire plus des larmes ;
    Ce qui met l’usine en faillite, c’est l’addiction au rendement.

    Tableau de Heinrich Vogeler.

  • La petite mort

    La petite mort

    Surgissant à travers les bois pour se mirer à la fontaine,
    La nymphe ne prête attention à qui percevrait sa pudeur.
    Celui-là resterait sans voix devant cette Vénus hautaine
    Qui, exaltant ses intentions, lui causerait l’arrêt du cœur.

    Tableau de Giovanni Costa alias Nino Costa.

  • Israfel

    Israfel

    Personne ne chante aussi bien que l’ange porteur de musique
    Dont l’accord des cordes vocales vibre dans les fibres du cœur.
    Plus beau que le chant amphibien des sirènes euthanasiques,
    Plus fort que les étoiles astrales du firmament des dieux vainqueurs !

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • Adam et Ève sous les végétaux

    Adam et Ève sous les végétaux

    Adam et Ève végétaux dans le jardin d’éternité
    Pour unir leurs mâles étamines autour du pistil féminin ;
    Tous leurs organes génitaux exposés en fraternité
    Pour la beauté des vitamines pour qui en récolte le pollen.

    Les fils des arbres et des forêts, les filles-fleurs aux blancs pétales,
    Les enfants-spores évanescents, la descendance ensoleillée,
    Toutes les plantes à déflorer dans ce jardin – mais sans scandale !
    Dieu ne m’est pas reconnaissant d’avoir voulu le conseiller.

    Il m’a doté d’une étamine qui devrait flotter à l’air libre
    Mais que je dois garder cachée contre attentat à la pudeur.
    Quant à la gente féminine, j’ai souvent perdu l’équilibre
    À essayer de m’attacher à son ineffable splendeur.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Tuer le temps

    Tuer le temps

    À force de tuer le temps, j’ai perdu le fil du présent ;
    À tant lutter contre l’ennui, l’esprit en devient méprisant.
    Je réduis le temps à ses jours puis, à ses heures et ses minutes,
    En espérant trouver enfin l’éternité à l’azimut.

    Jouant contre le temps, je l’ai fait trébucher ;
    Jouant contre le vent, j’ai voulu m’envoler ;
    Il ne restait qu’un brin, une ultime seconde
    Pour que je reste avec les témoins de ce monde.

    Pourtant le temps passe toujours comme des trains de figurants ;
    Pourtant le temps rythme toujours leurs rêves les plus fulgurants.
    Mais pour moi chaque nouveau jour m’apporte sa nouvelle page
    Où j’écris les reflets d’amours de mes souvenirs de voyage.

    Tableaux de Vladimir Kush.

  • Le lever du jour

    Le lever du jour

    Quand mes yeux retrouvent la clarté du jour,
    Revient le miracle, là, dans ma chaumière.
    Le soleil me prouve d’un rayon d’amour,
    D’un simple spectacle, que tout est lumière.

    Dans l’obscurité naissent les fantasmes
    Dans la nuit empreinte de ma cécité.
    L’insécurité agite mes spasmes,
    Mes peurs et mes craintes de nécessité.

    C’est pourquoi je l’aime cet amant fidèle,
    Ce prince de charme qui revient m’étreindre.
    Finis les dilemmes, j’éteins la chandelle
    Qui verse une larme de se faire éteindre.

    Tableau d’Eugène Monks.

  • La voix de sa maîtresse

    La voix de sa maîtresse

    J’ai enregistré ma maîtresse sur un disque en microsillon
    Pendant que nous faisions l’amour au moment de l’aboutissement.
    Désormais quand j’ai la tristesse je colle l’oreille au pavillon
    De mon tourne-disque glamour pour entendre ses rugissements.

    Tableau de X.

  • Si les dinosaures n’avaient pas disparu

    Si les dinosaures n’avaient pas disparu

    Si tous les dinosaures n’avaient pas échoué dans l’évolution,
    Nous serions des sauriens-sapiens modernes et intelligents.
    Nous aurions une gueule de navet et résoudrions la pollution
    Avec un cerveau reptilien doté d’un laxisme affligeant.

    Tableau de Mark Roger.

  • L’autre tarot

    L’autre tarot

    J’ai rencontré un bateleur égaré dans mes souvenirs.
    En me montrant ses instruments j’ai su à qui j’avais affaire ;
    Comme un tarot ensorceleur qui m’aurait prédit l’avenir,
    Celui-ci m’annonçait crûment que j’avais des progrès à faire.

    Tableau de Mark Roger.

  • Les auberges de rêverie

    Les auberges de rêverie

    Avoir compté mille moutons fatigue plus que de raison.
    Heureusement tout est prévu pour le rêveur accoutumé.
    Pour les sommeils les plus gloutons, les arbres offrent une maison
    Pour faire face aux imprévus selon les nuits noires de fumée.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • Les convois de nuages

    Les convois de nuages

    Premier quartier, premier sommeil, premier départ pour un voyage.
    En gare des songes d’été, les chouettes assurent la surveillance.
    Par les trains privés de soleil, elle observent les nuages
    Des rêveurs encore hébétés qui partent sous leur bienveillance.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • L’artiste imaginatif

    L’artiste imaginatif

    La bosse des mathématiques avec les cornes musicales
    Confèrent un sixième sens à l’artiste imaginatif.
    Combien d’animaux poétiques à son cordon ombilical
    Fait-il surgir avec aisance de son concert récitatif ?

    Tableau de Lucy Campbell.