On aime bien glisser le loup parmi les brebis égarées Pour semer le doute et la peur chez les filles qui vont danser. Car ceux qui ont les pieds jaloux cherchent toujours à séparer Les gens à voile et à vapeur avec quelques arrières pensées.
Au paradis, on est gavé d’amour et de belles attentions Pourtant l’enfer serait pavé de ses meilleures intentions. Comme si les beaux sentiments suscitent la montée des enchères Tandis qu’on met le châtiment sur le sexe et le goût de chair.
Lequel décide des deux frères de la tragédie du bateau ? Sera-ce une erreur humaine ou la technologie en faute ? L’un choisit la mort téméraire et l’autre se prendra un râteau. Quoi qu’il en soit cette semaine, éclatez-vous entre les côtes !
L’autre chemin n’est pas sur Terre, seulement son portail fermé Qui ne s’ouvrira sous vos pieds que si vous êtes déshabillés. Plongez dans l’eau élémentaire de la rivière transformée En cascade faisant marchepied entre deux arbres entortillés.
Le retour paraît impossible car la route empruntée s’efface, Gommée au fur et à mesure que vous montez au paradis. De grâce, restez impassibles, surtout ne perdez pas la face ; Tôt ou tard s’ouvre une embrasure ; n’en faites pas une maladie.
Bienvenue dans l’hypothétique – où les morts sont encore en vie – Île de l’univers invisible dans une bulle imaginaire. J’y ai vécu de pathétiques jours avec les âmes ravies Jusqu’au retour imprévisible mais qui demeure secondaire.
Il existe encore des chemins qui s’évanouissent à la frontière De ces mondes au-delà des rêves que personne ne peut découvrir. Absents de tous les parchemins, inconnus des cartes routières, Parfois dans une minute brève, une porte pourrait s’ouvrir.
J’en connais deux ou trois peut-être dans ces sentiers vers nulle-part Que j’ai ouvert par accident ou qui se sont entrouverts pour moi. Entre deux chênes ou deux hêtres, les ronces forment un rempart Qui s’écarte sans incident pourvu qu’un de mes yeux larmoient.
La lumière à travers les larmes me fournit la clef pour entrer Ou plutôt m’annonce à l’oracle que je désire consulter. Au-delà la vallée de charme, sur la montagne excentrée, J’y ai découvert par miracle la reine sans difficulté.
En jouant à colin-maillard, elle serait tombée enceinte. C’est du moins ce qu’elle prétend, la robe ouverte aux quatre vents. Ce doit être un sacré gaillard celui qui réussi cette feinte Et sûrement l’enfant qu’elle attend sera appelé Percevan.
J’aimais ces poupées mécaniques qui jouaient dans les boîtes à musique En surgissant tel un ressort et pivotant sur sa chaussure. Ici, en Suisse alémanique, nous avons même une clinique Qui solde après les réassorts des modèles grandeurs nature.
Hier, mes pensées m’ont brulé la cervelle à trop réfléchir Et la morsure irréversible s’attise lorsque je respire. Aujourd’hui, des yeux cérulés ont fait d’amour mon cœur fléchir Pour un garçon irrésistible tout feu, tout flamme et même pire.
« S’étend la vague déferlante pas en largeur mais en longueur ! » Ordonnent les nymphes des rivières pour se baigner dans les rouleaux. Milliers de gouttes déperlantes dans la quiétude et la langueur Tandis qu’un pêcheur à l’arrière observe parmi les bouleaux.
Liberté de darder un œil sur un crépuscule fragrant, Égalité du bleu d’azur et de l’océan abyssal, Fraternité mêlée d’orgueil des petits poissons et des grands, Telle est la loi de l’embrasure et son regard paradoxal.
La queue lovée autour d’une patte et l’autre posée sur son trône, Sa Majesté Chat Bleu Persan s’amuse à nous intimider. Mais ne soyez pas psychopathe, il n’a pas peur qu’on le détrône Mais inféode un œil perçant, ainsi règnent les félidés.
J’ai le syndrome de Magritte ; je n’ sais plus si ce que j’écris Est plus vrai qu’ la réalité ou plus faux que tous les mensonges. Pareil au serpent hypocrite qui se mord la queue sans un cri De peur que sa virtualité devienne une histoire à rallonge.
Quand je relis, un an après, deux ou trois ans ou davantage, Mes petites circonlocutions, je pourrais presque m’y tromper. Mais si je regarde de près, je n’y vois point d’escamotage ; L’eau trouble reste sans solution et je n’ai plus qu’à la pomper.
Derrière le rideau de nuit, le paysage paradoxal D’un ciel d’azur au bleu de rose pour des rêves contradictoires Afin de pomper de l’ennui les oreillettes abyssales De mon cœur qui devient morose s’il n’a pas son quota d’histoires.
Alors laissons notre théâtre s’ouvrir sur un monde meilleur La tête dans les nuages épars sur un océan de quiétude. L’esprit, grandiose et bellâtre, regardera sans doute ailleurs ; Le cœur, déjà sur le départ, saura goûter sa complétude.
Je n’irai pas par quatre chemins mais toutes les éventualités Qui se présentent dans ma vie jamais ne se recouperont. Pourtant il y a des lendemains où je revois ces dualités D’une manière qui me ravit mais jamais ne se renoueront.
Par les rimes de mes poèmes, je me bâtis un escalier Qui me permet de m’évader et d’y construire le bonheur. Peu m’importe s’il est bohème ou s’il n’est pas très cavalier ; Nul besoin de jérémiader, j’ai juste un esprit ronchonneur.
J’la prends ! Pouvez-vous l’emballer dans un joli papier de soie ? Vous comprenez, c’est pour offrir comm’ cadeau à mon cœur d’enfant. Ce soir j’ vais la lui déballer et il en restera sans voix, De, finalement, découvrir ce beau visage ébouriffant.
Je ne vous ai jamais présenté Madame Reflets Vert et Prose ? La voici en déshabillé tout comme elle aime le porter. Elle paraît un peu absentée car elle cherche la rime morose Qui pourrait lui remaquiller la touche de bleu rapportée.
Si la lumière me regardait, son œil serait couleur forêt, L’iris teinté de mille fleurs et le blanc comme un ciel laiteux. Si la lumière se fardait, d’émeraude et de mordoré, J’aurais le coup de foudre au cœur puissant, en même traps velouteux.
Si la Terre-Mère me regardait, son œil serait couleur rubis, Turquoise, diamant et topaze de toutes ses pierres précieuses. Et si le ciel se rencardait comme il en a tant la lubie Leur couleurs mêleraient d’extase …
… toute une harmonie audacieuse. … toute une symphonie gracieuse. … toute une flore délicieuse.
Toutes les poussières d’étoiles qui s’accumulent dans mon cœur Forment un trésor à dépenser, pas un magot à conserver. Rien ne sert de mettre sous le voile tous les petits grains de bonheur Qui peuvent à leur tour compenser les amitiés à préserver.
Une fois le lièvre parti pour de rapides aventures, La tortue s’est mise à son compte et fait le taxi au marais. On lui paie en contrepartie, salade ou un peu de verdure, Et, en échange, elle vous raconte comment elle a pu se marrer.
Tandis que j’écrivais ces lignes, Cherche-Midi est repassé Plusieurs fois avec ses échasses, un filet, une cage dorée. Je crois que la bête maligne a décidé d’outrepasser La fin de la saison de chasse et va braconner en forêt.
Le Roi reste roi, vive le roi ! Mais qu’advient-il des autres pièces ? La reine est vite répudiée et remplacée par sa rivale ; Les pions demeurent pions, je crois, s’ils ne sont pas morts de vieillesse ; Le fou qui a étudié devient historien médiéval.
L’autre fou de Dieu, ce gros évêque, prend la place du roi déchu Et fait repartir en croisade les tours qui sont restées fidèles. Après quelques prises de bec, on s’aperçoit que c’est fichu ; En effet, c’est Shéhérazade, la maîtresse de la citadelle.
Cette rose parabolique, j’en désirais mon cœur nanti ; Ensorcelée par la fleuriste mais achetée à un prix d’ami. « Enchantée mais pas diabolique » justifiait la garantie Si j’en crois l’air ésotériste pour capter le cœur de ma mie.
En amour, mon cœur bucolique aime la vie à l’eau de rose. Que voulez-vous ? C’est l’héritage que mes ancêtres m’ont légué. Un flacon d’amour alcoolique dont les ivresses sont la cause De cet attrait aux décryptages pour les amours trop intriguées.
Évidemment je dois apprendre à mon cœur un nouveau langage Car seul le cœur peut percevoir ce qui échappe à la pensée. Le plus difficile à comprendre, c’est qu’il faut aimer davantage Que ce qu’on voudrait recevoir mais sans compter ni dépenser.
Elle m’a permis de capter l’amour au-delà des frontières Depuis la Suisse alémanique jusqu’à ma cité phocéenne. J’ai réussi à m’adapter à cette nation tout entière À part la langue germanique malgré mon âme européenne.
Le truc qui coince, dans Cendrillon, ce sont les « pantoufles de verre ». « La citrouille changée en carrosse » ne me paraît pas très compliqué Pas plus qu’un « chien en portillon », ce n’est vraiment pas un calvaire ! Mais le coup qui me paraît rosse, ce sont ces pompes inexpliquées.
Chacun voit midi à sa porte à l’horloge de ses envies. La mienne, pourtant, n’a ni aiguille ni mécanisme compliqué. Seul le fil de l’histoire apporte son eau dans le cours de ma vie Et l’avenir fait la béquille avec un foi inexpliquée.
Trop facile, le coup des cartes qui se transforment en colombes, On apprend ça dès le berceau avec des rats mélancoliques ! Plus difficile, lorsque s’écartent les jolies jambes qui surplombent Pour faire sauter dans son cerceau l’éléphant et toute sa clique.
Beaucoup d’enfants font apparaître des arcs-en-ciels dans les jets d’eau. Moi je rêvais des caravelles qui surgissaient du fond des mers. Même si cela peut vous paraître idiot, c’était l’Eldorado Qui m’apportait dans la cervelle des aventures d’outremer.
La conque provenait sans doute de la soute du Nautilus Et faisait partie du trésor de Barberousse, roi des sept mers. Quoi qu’il en soit, elle y écoute dans un silence d’angélus Une voix plus précieuse que l’or, le doux gazouillis de sa mère.
Parmi les corps d’armées alpestres, chaque année le lapin sylvestre Nous fait l’honneur d’un défilé à fond la caisse dans les vallées. Tous ses plus grands exploits pédestres, inscrits sur les parois rupestres, Forment la fierté profilée que le chasseur a dévalée.
Chose promise, chose due, Voici un’ photo de moi nu. Les mains croisées derrière la tête Vous en admir’rez le squelette.
Si vous n’ voyez pas le zizi Ce n’est pas qu’il est trop petit C’est pour n’ pas donner de complexe À tous les obsédés du sexe.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Au son des notes en trémolos, elle dirige son bateau ; On l’appelle la nue-capitaine car c’est sa nue-propriété. Elle compose au fil de l’eau en jouant piano, staccato, Des mélodies napolitaines dont sa péniche a hérité.
Elle aimait bien se baigner nue sous l’approbation des moulins Qui montraient beaucoup de respect sans brasser pourtant trop de vent. Mais l’un eut l’idée saugrenue de souffler comme un margoulin. C’était le meunier circonspect qui se rinçait l’œil, émouvant.
En Forêt Noire, les coucous sont difficiles à capturer Et l’on confie aux petits anges le soin de les apprivoiser, Ce qui fonctionne à tous les coups et qui n’est pas trop facturé Mais en revanche, en échange, tous les poids sont ratiboisés.
Tout le monde voulu être Roi ; les pions, les fous et les évêques Même les tours, les cavaliers et les reines, quelle absurdité ! Les rois qui n’ sont pas maladroits réussirent à leur clouer le bec En montrant à ces fous à lier que c’était prématurité.
Pour être zen, il faut trois mains pour donner, prendre et espérer. Comme trois yeux pour percevoir les dimensions qui sont cachées. Que faire alors s’il vient demain une solution désespérée ? Faut-il croire qu’on va recevoir la zénitude … et tout gâcher ? … et nous fâcher ?
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
Enfin, la vérité éclate car nous ne sommes plus des pommes ! Si on nous a manipulés c’est que nous sommes manipulables. Et alors ? Ça vous épate que parmi les femmes et les hommes Ces dieux aient tant gesticulé qu’ils nous voient comme contribuables ?
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Le coup de montrer patte blanche, ce n’est que de la comédie ! Les loups n’ont plus besoin de peau d’ailleurs ils n’ont plus de boutons. Ils arrivent beaux comme un dimanche puis ensuite, ils vous congédient ; Votre retraite passe aux impôts, vous à la broche, comme un mouton.
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
On nous a trompé sur les contes, notamment le chaperon rouge Qui s’était vite amourachée du loup et de sa longue queue. Ne croyez pas ce qu’on raconte, ce sont des légendes qui bougent Les vrais faits qui sont recrachés par trop de mensonges visqueux.
Tableau de Jean-Manuel Duvivier sur http:www.margarethe-illustration.comjean-manuel-duvivier.html .
Quand je revois dans mon passé le reflet de mes illusions, Elles sont restées exactement comme j’aurais aimé les voir. Mon corps actuel compassé d’y avoir trop fait allusion Se voit lui, éternellement, enfermé dans sa tour d’ivoire.
Tableau de Guy Billout sur http:www.margarethe-illustration.comguy-billout.html .
Tous ces objets de tous les jours, tout cet ensemble d’habitudes, Formatent l’esprit aux couleurs d’une vie qui a tout prévu. L’enfance à travers le séjour d’une école de certitudes Par un enseignement sans douleur me gardera de l’imprévu.
Dans dix ans, je ferai l’amour dans ma vie de béatitudes Avec le bonus des valeurs j’amasserai à perte de vue Toutes ces richesses que je savoure qui récompensent mes aptitudes À me préserver du malheur dont je me suis bien dépourvu.
Tous ces objets de tous les jours, toujours les mêmes habitudes, M’oppressent de mille douleurs et je n’ai plus de goût à rien. Je m’ennuie, là, dans mon séjour au milieu de ma solitude Je ne vois plus que la couleur d’un épicurien stoïcien.
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Le trou dans ma bibliothèque finalement restera ouvert Car j’apprends plus entre l’espace entre les livres qu’en leurs volumes. J’ai un voté un peu métèque, un peu sauvage, un peu pervers Et je vois tout ce qui se passe là où s’ sont envolées les plumes.
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Au bout de soixante-deux années, tout bascula dans l’organisme Qui se sentit empoisonné par sa manière de regarder. Son voisinage basané, la perte de son humanisme, Les uns, les autres cloisonnés et chacun de s’en brocarder.
« Comment vas-tu ? » Dis-je au voisin « As-tu le temps de prendre un verre ? » « Je vais venir ! » Répond-il donc mais en fait, il ne vient jamais. On se verra au magasin ? Mais il est fermé, quel calvaire ! Tant pis, j’en demande pardon, qu’ont-ils donc tous à me blâmer ?
Tableau des Balbusso Twins sur http:www.margarethe-illustration.combalbusso-twins.html .
Il regardait par la fenêtre qui avançait tant qu’il ramait Et regardait pendant ses pauses pour s’arrêter lorsqu’il dormait. Mais c’est lorsqu’il se vit renaître dans l’infinité à jamais Qu’il comprit que sa vie repose sur cette vision déformée.
Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .
Leurs regards avaient pris ce pli avec des yeux exorbités Pour avoir l’air de regarder partout ailleurs s’ils n’y sont pas. Et devant ce fait accompli, tous les voisins de la cité Firent de même sans tarder et chacun fit son premier pas.
Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .
Lorsque le coronavirus aura jeté l’ masque aux orties, L’état nous couvera de quoi nous prémunir, on sera peinards. Les animaux antivirus seront désormais assortis À faire un couvre-chef de choix et que diriez-vous d’un canard ?
Tableau de Michael Sowa sur http:www.margarethe-illustration.commichael-sowa.html .
Alice est tombée par hasard, sa jolie jupe déchirée. Madame Noé lui a proposé de lui recoudre en arrière plan. Monsieur Noé, d’un air hagard, l’aurait comptée dans sa virée Et comme mâle, il a osé lui adjoindre un chaud lapin blanc.
Pour ce qu’il a servi, je lègue mon cerveau à la mort comme ordi ; Pour ce qu’ils ont servi, je lègue mes deux bras aux fantômes du coin ; Pour ce qu’elles ont servi, je lègue mes deux jambes aux spectres de la nuit ; Pour ce qu’il a servi, je lègue mon pénis aux putes du cimetière.
On mettra la musique, une marche des morts afin de lancer l’ambiance ; On chantera à tue-tête le chant des revenants quand ils n’étaient une six ; On dansera à la fête, une danse macabre de Camille Saint-Saëns ; Et on mourra d’amour puis, les putes à l’aube, crieront : « Debout les morts ! »
Une fois les singes couchés, passons aux affaires sérieuses ! On abandonne ses habits et ses espoirs de délivrance. Une fois qu’les femmes ont accouché de bébés d’étoiles rieuses, On les nourrira au débit du lait de la Banque de France.
Plus les étoiles dansent nues et plus les singes applaudissent. Ça leur dépasse la raison mais ils s’en fichent, ils sont plus forts. Que sont les singes devenus d’ les avoir suivies en coulisses ? On ne sait pas mais la maison a reçu de nouveaux renforts.
Sorti de l’école des fous qui s’envolent lorsqu’ils sont nus, Diplômé pour déshabiller les plus jolies danseuses étoiles, Avec mention « plus archifou que vous vous voilà prévenus ! » Et sous vos yeux écarquillés, toutes les comètes sont à poil.