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  • La cerise d’Andromède

    La cerise d’Andromède

    Lorsqu’elle émerge de l’élément, de ce liquide nourricier,
    Andromède ajoute une touche d’un bain de soleil à dessein
    Pour sentir sur ses téguments le baume chaud et pâtissier
    Comme un goût sucré dans la bouche qui se déverse sur ses seins.

    Tableau de Marco Ortolan.

  • La plongée d’Andromède

    Le corps reconnaît sa substance plongée dans l’élément liquide ;
    La peau exprime sa nudité pareille au contact amoureux
    Et l’eau rafraîchit l’existence, celle qui paraissait insipide
    Mais retrouve sa limpidité dans ce courant doux langoureux.

    Le corps recouvre ses réflexes dans chaque partie de lui-même ;
    Les bras retrouvent leurs fonctions et les jambes, leur propulsion.
    Le sexe n’a plus de complexe, il redevient l’organe qui sème ;
    Même le cœur fait la jonction avec le sang en impulsion.

    Tableaux de Marco Ortolan.

  • La gardienne du jardin secret

    La gardienne du jardin secret

    Vous approchez la porte étroite de son jardin d’intimité
    Mais y apparaît la gardienne qui vous en refuse l’entrée.
    Vous devez la montrer bien droite, votre clef de légitimité,
    Car autrement quoi qu’il advienne vos espoirs seront éventrés.

    Tableau de Michael Hutter.

  • La nuit des étoiles tombantes

    La nuit des étoiles tombantes

    Une étoile est tombée au pied de ma maison ;
    Une femme est sortie simplement sans mot dire.
    Alors je me demande quelle en est la raison,
    Pourquoi l’apocalypse viendrait-elle me maudire ?

    D’autres étoiles encore suivent la trajectoire,
    Plein de femmes en sortent complètement à poil.
    Mais ce sont des sorcières, j’en suis sûr, c’est notoire,
    Qui nettoyaient le ciel des poussières d’étoiles.

    Tableau de Nikolai Litvinenko.

  • Un amour de petite chèvre

    Je me souviens de cette histoire, celle de la petite chèvre,
    Que l’envie, dans son pâturage, de la montagne démangeait.
    Et Monsieur Seguin, c’est notoire, lui raconta du bout des lèvres
    Que même avec tout son courage, le loup l’aurait vite mangée.

    Mais elle mit un point d’honneur à imiter la vieille Renaude
    Qui combattit, la mijaurée, jusqu’à son éternel sommeil.
    Or, devant le loup flagorneur, la petite chèvre penaude
    Tint à ne se laisser dévorer qu’au premier rayon du soleil.

    Tableau de Marc Chagall.

  • Confondue dans la lecture

    Confondue dans la lecture

    La souris de bibliothèque est devenue caméléon
    Depuis que les chats pitres cherchent à attraper son cul-de-lampe.
    De même dans les vidéothèques, sous la lumière des néons,
    Des chats cinéphiles se perchent pour être sous les feux de sa rampe.

    Pour rappel, un « Cul-de-lampe » en typographie est un ornement placé en bas d’une page.

    Bodypaint d’Adam DuShole ; Photo de Bill Wadman.

  • Dandelions cosmiques

    Parfois les pissenlits ressemblent aux lettres tendres écharpillées
    Que les amoureux désœuvrés ont déchiré aux quatre vents.
    Et les mots perdus se rassemblent dans les étoiles éparpillées
    Pour laisser la vie manœuvrer et semer l’amour survivant.

    Je vois le vol des dandelions comme des milliers de promesses
    Que des cœurs esseulés confient à la clémence du hasard.
    Si j’en crois un vieux tabellion qui m’a conté, je le confesse,
    L’heur d’un Cupidon déconfit et déçu par tout ce bazar.

    Tableaux d’Oleg Mayorov.

  • Anormalement vôtre

    Au début tout semble normal, sauf que l’escalier tourne en rond
    Uniquement en marche avant sans moyen de se retourner.
    Un Suisse-allemand me crie « Nochmal ! » en me piquant d’un éperon
    Et surgissant d’un paravent en bois de rose chantourné.

    En me retrouvant au départ je réalise que je dors
    Et que mon rêve s’est répété dans un cauchemar d’hardiesse.
    Malheureusement nulle part je ne retrouve le livre d’or
    Sur lequel j’avais sécrété ce poème à l’emporte-pièce.

    « Nochmal » en allemand signifie « encore une foi » et se prononce comme « normal ».

    Tableau de Tishk Barzanji.

  • L’enjambement – 3

    L’enjambement – 3

    Finalement, c’est à l’envers que tout le monde paraît droit.
    La règle de l’absurdité parfois prévaut sur tout le reste.
    Voici pourquoi j’écris mes vers avec une rime à l’endroit,
    Les autres avec lucidité mais bien souvent d’une main preste.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • L’arôme de la commémoration

    L’arôme de la commémoration

    À l’heure où les fleurs reconnaissent leur plus grand épanouissement,
    Je vais en humer les fragrances pour invoquer dans l’abbaye
    La vocation des diaconesses qui, jusqu’à l’évanouissement,
    Portaient les arômes en errance aux plus belles vierges du pays.

    Tableau d’Andrea Kowch.

  • Voici mon étoile !

    Voici mon étoile !

    Lorsque le miroir me dévoile l’envers du ciel qui y converge
    Tout mon corps tremble et redevient la première femme de la Terre.
    Je suis née au cœur de l’étoile qui gravite autour de la Vierge
    Dont la constellation revient s’aligner avec Jupiter.

    Tableau de Jan Saudek.

  • Les nymphes océanes

    Les nymphes océanes

    À l’horizon de l’équateur, le soleil jamais ne se couche
    Mais se recueille au crépuscule par les nymphes de l’océan.
    Grâce à son feu générateur, les sirènes enceintes accouchent
    D’un enfant-poisson minuscule puis, on renvoie l’astre au néant.

    Tableau d’Arthur Prince Spear.

  • Tailleur pour femmes nues

    Tailleur pour femmes nues

    Tailleur – patience et minutie – ce métier se montre capable
    D’endimancher les femmes nues, de surcroît les plus exigeantes.
    D’ailleurs, tellement réussi que le tissu, presque impalpable,
    Montrera les parties charnues mais de manière intelligente.

    Tableau de Will Wilson.

  • Une porte sur l’espace-temps

    Une porte sur l’espace-temps

    Bien que son fond nous environne, l’espace-temps reste impalpable ;
    Pourtant certaines déchirures fort relativement se créent.
    Et dans la porte fanfaronne aux rayons d’ombres dégradables
    Tous mes préjugés disparurent lorsque j’en franchis le secret.

    Tableau de Stefan Bleyl.

  • L’évolution vers la disparition

    L’évolution vers la disparition

    Nonobstant le chaînon manquant qui laisse un trou dans sa structure
    L’homme poursuit l’évolution toujours plus haut, toujours plus fort.
    L’homo sapiens communiquant fait de grands pas vers la rupture
    Et trouvera la solution pour disparaître sans effort.

    Sculpture de John Morris.

  • Madame à tempérance

    Madame à tempérance

    Le chaos de sa chevelure qui porte gloire à sa beauté
    Fixe le degré de tempérance de ses humeurs en balançoire.
    Des vents d’amour, à toute allure, verront les larmes clapoter
    Mais des passions d’exubérances dont attendus pour demain soir.

    Tableau de Thomas Alen Kopéra.

  • Les villes jumelles

    Les villes jumelles

    Ville-du-Nord, la catholique et Ville-du-Sud, la protestante
    Vivaient séparées par un schisme dont on connaît bien la chanson.
    Sauf un seul pont parabolique qui, à la foule manifestante,
    Permit d’ pratiquer l’échangisme entre les filles et les garçons.

    Tant et si bien on abusa de cette communication
    Que les anciennes religions se mélangèrent les pinceaux.
    Dès le début on s’amusa du fruit de la fornication
    Mais bientôt ce fut par légions qu’on vit pucelles et puceaux.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Centaure & Sirène = Chimère

    Centaure & Sirène = Chimère

    Au printemps Monsieur du Centaure célèbre ses nouvelles cornes
    Tandis que Madame Sirène étrenne ses nouvelles écailles.
    À l’occasion, entre eux, s’instaure une aventure dont la licorne
    A deviné , l’âme sereine, qu’un enfant naîtrait au bercail.

    Comment Cupidon accomplit ce tour de force prodigieux
    Entre la princesse des mers et le prince des hautes terres ?
    Sa flèche n’a pas fait un pli entre ces êtres prestigieux
    Car d’un seul baiser éphémère, leurs amours furent complémentaires.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’invité privilégié

    L’invité privilégié

    Tandis qu’en haut sous la houlette de la hulotte sentinelle,
    En bas s’avance la silhouette d’un étrange polichinelle,
    Les yeux grand ouverts sur les ombres qui s’enfuient à son arrivée
    Car Monsieur fait partie du nombre des hôtes à titre privé.

    Illustration de Joshua Courlas.

  • Rencontre

    Rencontre

    Le fond de l’océan regorge d’extraordinaires intermèdes
    Et la sirène se déguise pour aguicher incognito.
    Évidemment son soutien-gorge obéissant à Archimède
    Subit la poussée qui l’épuise illico presto subito.

    Photo de Wei-Chih Wang.

  • Les chemins de vie

    La vie paraît illimitée par tous les chemins du possible ;
    J’aimerais plusieurs existences pour goûter chaque solution potentiel
    Dommage que nous soyons limités à renoncer à l’impossible
    À moins de connaître en substance toutes les circonvolutions.

    Le temps ne fait pas marche arrière et choisir est définitif
    Parfois les chemins s’ouvriront sur une vie prédestinée.
    Bizarrement une barrière, un raccourci expéditif,
    Ou une chute, aboutiront à nos meilleures destinées.

    Tableau de Tim Zeltnerc.

  • Artistes en herbe

    Artistes en herbe

    J’aurais bien aimé être un cancre et rencontrer ma femme en herbe
    Et lui écrire des poèmes truffés de fautes de syntaxe,
    Les doigts souillés de taches d’encre mais qui, par la plume et le verbe,
    Auraient transformé en bohème deux écoliers un peu fantasques.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • Confiture d’étoiles

    Confiture d’étoiles

    Une seule planète dans l’univers est réputée pour ses étoiles
    Dont les comètes caramélisent sur les volcans opportunistes.
    On y prépare pour les hivers – à déguster autour du poêle –
    De succulentes friandises d’une portée impressionniste.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’autre côté

    L’autre côté

    D’après les lois du Petit Prince, le soleil se couche vraiment,
    Sous la garde de Pierrot-le-Chat qui chasse les étoiles filantes.
    De peur que ses griffes ne grincent et provoquent un désagrément,
    La lune un jour lui attacha des mitaines annihilantes.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Les mécanismes

    Les mécanismes

    Toute l’appétence charnelle axée aux plaisirs de la chair
    Résulte d’une mécanique d’organes en pleine évolution.
    Ainsi les envies maternelles et le goût de la bonne chère
    Proviennent d’anges sataniques mais qui auraient l’absolution.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La renarde

    La renarde

    Pour satisfaire à la consigne des pratiques agrobiologiques,
    Madame, d’un air goguenard, doit adapter son gagne-pain.
    Elle s’est inventé un signe – pas tout à fait astrologique –
    Mais qui lui va comme un renard qui s’accommode d’un lapin.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La sorcière

    La sorcière n’a pas de culotte et se repère évidemment
    Dès qu’un coup de vent polisson lui fait s’envoler sa jupette.
    Elle regagne sa roulotte sous l’œil des gens impudemment ;
    Les femmes en ressentent un frisson et les hommes une galipette.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La liberté masquée

    La liberté masquée

    À quoi servirait la lumière si on la mettait en sommeil ?
    À quoi servirait la beauté dissimulée sous la laideur ?
    Mais les saisons sont coutumières d’inverser averses et soleil
    Et nous de voir la liberté désapprouvée par ses plaideurs.

    Perséphone était trop jolie pour Hadès, le dieu des enfers,
    Qui l’enleva d’un subterfuge et mit la Terre en abstinence.
    Alors pour contrer la folie, Zeus la limita à l’hiver
    Et elle put trouver refuge tous les printemps en alternance.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Celle-ci exactement

    Celle-ci exactement

    Soudain une tête dépasse sur les rails de la destinée.
    Celle-ci, à nulle autre pareille, deviendra votre matriarche.
    Alors profitez de l’espace-temps qui vous est déterminé,
    Ne vous faites pas tirer l’oreille et s’il le faut, sautez en marche.

    Photo de Wiktor Franko sur https:wiktorfranko.comalbums

  • Le phare lunaire

    Le phare lunaire

    Tout en haut du phare lunaire qui guide les tapis volant,
    Une gardienne à sa fenêtre me fait des tours d’un grand prestige.
    Mais son échelle lacunaire a des barreaux batifolant
    Et pour monter les quinze mètres j’ai tout de même le vertige.

    Tableau de Paula Belle Flores.

  • L’émancipation

    L’émancipation

    Lorsque les hommes abandonnent les rêves pour la réalité
    Et que le silence revient loin de leurs vaines agitations,
    Tout un petit peuple s’adonne en toute originalité
    À fêter comme il lui convient un’ salubre émancipation.

    Tableau d’Oxana Zaika sur https:www.artmajeur.comfraquachatartworks .

  • Pauvre soleil !

    Pauvre soleil !

    J’étais tout seul, j’étais peinard à accrocher mon parasol
    Mais voici que tous mes voisins ont imité ma protection.
    Et ce pauvre soleil cognard, il en a perdu la boussole
    De voir tous ces humains zinzins vivre sous leur introspection.

    Alors il vint me titiller par un petit rayon en biais
    Car le voici déboussolé, je lui ai manqué de respect.
    Demain, lorsqu’il viendra briller, je vous en fiche mon billet
    Que je devrai le consoler s’il est demeuré circonspect.

    Illustration de Marie Cardouat.

  • Le grand voyage

    Le grand voyage

    Elle avait pris ce pli qu’on appelle une ride
    Comme un tissu froissé d’avoir longtemps servi.
    Elle était un peu sèche comme un désert aride
    Mais était l’enveloppe à mon corps asservie.

    Ils prenaient la couleur qu’on appelle d’argent
    Comme l’arbre meurtri sous les coups de l’hiver.
    Ils étaient clairsemés, pas très avantageant,
    Mais pareils aux étoiles qui peuplent l’univers.

    Mais il arrive un jour que le manteau de l’âme
    Sera démantelé et puis reconverti.
    Je changerai de forme, je changerai de flamme
    Pour un autre voyage, je suis déjà parti.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • Un bain de ciel

    Un bain de ciel

    Un bain de ciel, un bain de jour, un bain de nuit, un bain de lune,
    Tout est prétexte pour prier et recevoir l’éternité.
    Gouttes de pluie, nuages lourds, coup de soleil, bonne fortune,
    Je vois les étoiles briller d’un écho de maternité.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • L’enjambement – 2

    L’enjambement – 2

    L’amour faut voir la vie en rose et l’existence basculer
    De plusieurs tours de balançoire, le sexe fait tourner la tête.
    Quand la vie nous semble morose, courrons la faire bousculer,
    D’une rencontre pour un soir sans faire de plans sur la comète.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • La fille de sable

    La fille de sable

    Quand la fille de sable écoute un coquillage,
    Elle entend l’origine de sa composition.
    « Ô mère indispensable, j’entends dans ton sillage
    Ce qui donne racine à ma disposition ! »

    Quand la fille de sable subit l’assaut du vent,
    Elle entend la raison des sillons sur les dunes.
    « Ô père irresponsable, que ton chant émouvant,
    Grave au fil des saisons toutes tes infortunes ! »

    Quand la fille de sable est noyée sous la mer
    Des assauts des tempêtes et de la corrosion.
    « Ô parents inlassables, vos amours douces amères
    Me font tourner la tête et creusent l’érosion ! »

    Illustration de Franck Dion.

  • La bonne entente

    La bonne entente

    Non seulement je vois la paille plantée dans l’œil de mon voisin
    Mais j’y vois le miroir de l’âme y réfléchir ma propre poutre.
    Alors plutôt que je défaille, je le traiterai d’argousin
    Mais avant, de peur qu’il s’enflamme, je lui aurai fait parler la poudre.

    Illustration de Franck Dion.

  • Au cœur de la forêt

    Au cœur de la forêt

    L’amour au cœur de la lumière, la lumière au cœur de l’amour
    Partout où le soleil pénètre, s’y développe aussi la vie.
    Je dois m’éloigner des chaumières, m’extraire et sortir au grand jour
    Sinon, derrière mes fenêtres, je reste l’éternel ravi.

    Au cœur de la forêt de Maui, Hawaï – photo de Micahphoto.

  • Fondue dans la lecture

    L’habitude rend transparente mon existence d’égaré(e)
    Sur la trame en celluloïde du temps qui boucle tous les jours.
    Je sens que ma vie s’apparente à un scénario préparé
    Comme un robot humanoïde qui s’éveillerait à l’amour.

    Je me morfonds dans la culture et je me fonds dans la lecture ;
    Entre les deux, mon cœur balance comme un pendule omniprésent.
    Plongée dans la littérature ma plume prend une écriture
    D’une couleur d’ambivalence parmi les drames du présent.

    Alors je prends un peu d’avance en écrivant mes reflets vers
    Et vérifie longtemps après s’ils deviennent une prophétie.
    Si c’est le cas, j’ai de la chance, j’ai trouvé le moyen pépère
    De lire mon avenir de près en publiant en Helvétie.

    Illustrations de Clarence Coles Phillips.

  • Les couleurs des villes – 3

    Qui ne connaît pas le bonheur de passer les rues pittoresques
    Aux façades traditionnelles et leurs commerces hors du temps ?
    Peut-être suis-je nostalgique à force de vouloir projeter
    Ce que je n’ai pu retenir de mon passé sur le présent ?

    Tous les hommes naissent égaux pourtant ils sont tous différents
    Comme ces villes et ces villages bâtis de rues et de maisons.
    L’histoire modèle les usages, les langues tintent les échanges,
    Les religions font l’uniforme et la patrie fournit les armes.

    Tous les chemins mènent à Rome et toutes les rues aux églises
    Qui trônent devant les arcades de la porte des maréchaux.
    Les ponts enjambent les rivières sauf les villes au bord de la mer
    Et la foule perpétuelle dans un cycle ininterrompu.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Jungle femme

    Jungle femme

    Profonde et mystérieuse femme que cette jungle indivisible
    Qui montre son aspect sauvage aux bois à jamais indomptés.
    On dit qu’au tréfonds de son âme vit une sorcière invisible
    Dont la nature anthropophage recherche l’homme à volonté.

    Photo de Joan Powell.

  • L’enjambement – 1

    L’enjambement – 1

    La belle sur la balançoire, prétendue poétesse en herbe,
    Calligraphiait sur ses collants des poèmes en post-scriptum.
    C’est un jeune homme en suspensoir qui, trouvant les rimes superbes,
    Montra les siennes en dévoilant ce qu’il cachait sur son scrotum.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La femme de Vitruve – 3

    La femme de Vitruve - 3

    Finalement la perfection, ce n’est pas l’homme mais la femme.
    D’ailleurs son corps mathématique est la quadrature du cercle
    Dont le centre, à l’intersection, n’est plus ce point qu’on juge infâme
    Mais le « G » de la Génétique dont l’homme n’est que le couvercle.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • La boîte de Pandore

    La boîte de Pandore

    Pandore fut créée par Dieu pour souffler aux hommes le feu
    De la passion et l’ambition par un effet aphrodisiaque.
    Le résultat fut insidieux et l’on passa à un cheveu
    D’une totale inhibition d’une existence paradisiaque.

    Évidemment ce n’est qu’un mythe ; on trouve toujours un coupable
    Pour expliquer l’absurdité des phallocrates dispendieux.
    Pourtant la femme peut sans limite – elle en est parfaitement capable –
    De, par sa seule nudité, exposer la beauté de Dieu.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Les découvertes aveugles

    Les découvertes aveugles

    Pour avancer vers l’avenir, les religions ont occulté
    Ce qui dérangeait leurs visions et nos propres discernements.
    À quoi nous sert ce souvenir puisque les mêmes difficultés
    Sont induites par la télévision régie par les gouvernements ?

    Tableau de Jake Baddeley.

  • La gardienne du silence

    La gardienne du silence

    Elle ne répond pas aux questions car elles ont été posées
    Par toutes les civilisations qui n’ont pas trouvé les réponses.
    Silence et autosuggestion, deux principes bien opposés,
    Conduisent à l’illumination jusqu’à ce que l’on y renonce.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • La clef de tous les mystères

    La clef de tous les mystères

    Je pensais l’esprit supérieur capable de résolutions
    Venir à bout des découvertes et des mystères astronomiques.
    Je me suis trouvé inférieur, incapable de solutions,
    Lorsque devant la porte ouverte, j’ai perçu l’âme dichotomique.

    Et la clef de tous les mystères inclue dans l’X chromosomique
    M’est apparue comme l’unique clef qui résout les nœuds gordiens.
    Dans le tableau élémentaire du secret des mondes quantiques
    Un seul atome me communique que nous en sommes les gardiens.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Les voix d’or

    Les voix d’or

    Entendez-vous sonner les cloches qui chantent les siècles passés
    De plusieurs voix à l’unisson qui résonnent comme un tonnerre.
    Puis, dans l’écho qui s’effiloche dans l’air chargé et compassé,
    Ressentez-en-vous les frissons dans l’atmosphère vibrionnaire ?

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • Quadrillées

    Quadrillées

    La géographie féminine et sa topologie intime
    Offrent une occasion unique de mettre vos acquis à niveau.
    Avec un quadrillage minime, suivez les courbes légitimes
    Qui sur le plan vous communiquent leurs charmes par monts et par vaux.

    Photo Vogue 1946.

  • Le signe d’or

    Le signe d’or

    Personne ne devait la voir car elle appartenait au monde,
    À l’autre monde parallèle, de l’autre voté de l’espace.
    Pourtant j’ai cru l’apercevoir, je l’ai perçue une seconde ;
    Trace d’or sur une aquarelle comme un ange du temps qui passe.

    Tableau d’Edmond Dulac.