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  • L’amour confiné

    L’amour confiné

    Sa chambre était toute petite dans sa minuscule maison
    Mais l’amour y était plus fort et la marquait de son empreinte.
    Elle m’invitait, moi, où m’habite la passion plus que de raison
    Et je mettais tous mes efforts pour offrir la plus belle étreinte.

    Durant tout le confinement, nous vécûmes d’amour et d’eau fraîche ;
    Les voisins sympas pourvoyaient à gérer l’alimentation.
    Depuis le déconfinement, nous avons dû les battre en brèche
    Car tout le monde se fourvoyait en règle de distanciation.

    Tableau de Alexander Sulimov.

  • Les jeux confinés

    Pauvres enfants dans quatre murs soumis aux vacances forcées
    Et dont les cris ont fait vibrer toutes les fenêtres du port.
    Car les parents de ces fruits mûrs les stimulaient pour amorcer
    Des bravos déséquilibrés à qui braillerait le plus fort.

    Heureusement ces chérubins ont le soutien d’un animal
    Un chat, un chien ou un cheval, du moment qu’il crie assez fort.
    Et pour exciter leurs bambins, les parents, femelles et mâles,
    Organisent des festivals afin d’ leur venir en renfort.

    Tableaux de Alexander Sulimov.

  • La fée des saisons

    La fée des saisons

    Au printemps l’effet vert démarre et fait éclater les bourgeons ;
    En été, l’effet d’or flamboie sur les fleurs de première classe ;
    En automne l’effet rouille s’amarre aux feuilles qui s’apprêtent au plongeon ;
    En hiver l’effet blanc chatoie les sapins de givre et de glace.

    À chaque saison son effet, selon la couleur du moment,
    Selon la chaleur du soleil, selon la tiédeur de la nuit.
    Je vous en présente la fée, la fée aux cheveux de froment
    Qui nettoie, embellie, balaye tout ce qui brille et qui reluit.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • Masque bleu

    Masque bleu

    Elle se peignait le visage avec ses peintures de guerre ;
    Elle traversait toutes les nuits des champs de roses et de lys.
    Malgré tout, dans le paysage, elle ne se détachait guère
    Car tous les bleuets, quel ennui, la regardaient avec délices.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • Les roses de reconnaissance

    Les roses de reconnaissance

    Il avait dit : « Sous les étoiles, attendez sous le firmament
    Avec un petit bouquet de roses en signe de reconnaissance ! »
    Elle ne porte pas de voile lorsqu’elle sort avec son amant,
    Juste un soupçon de couperose qui trahit son adolescence.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • L’épaule adorable

    L’épaule adorable

    Elle cousait elle-même ses robes à partir de décorations
    Issues d’anciennes tapisseries tissées par les sœurs du couvent.
    Elle aimait lorsque se dérobe une épaule en adoration
    Avec la beauté d’égéries du temps passé bien émouvant.

    Collage de Kanchan Mahon sur https:www.deviantart.comkanchancollagegallery?catpath=%2F&offset=240 .

  • La maîtresse d’armes

    La maîtresse d’armes

    J’ai longtemps pratiqué l’école de la célèbre maîtresse d’armes,
    Celle-là même qui enseignait la pire des bottes secrètes.
    Elle utilisait une étole croisée sur sa poitrine de charme
    Et brusquement elle vous saignait votre œillade trop indiscrète.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La papesse de papier

    La papesse de papier

    Titrée de l’Église de Rome et du Sacré-Cœur de Jésus,
    La papesse établit son règne sinon sur Terre, sur le papier.
    Tous les chemins menant aux hommes, elle repère de visu
    Ceux dont sa volonté s’imprègne pour conjurer que le pape y est.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La folle d’amour

    La folle d’amour

    Une tueuse sans scrupule, une exécutrice de charme.
    On l’appelle « Amante religieuse » car elle assassine d’amour.
    Vous la croisez au crépuscule, elle vous aborde chargée de larmes,
    Votre déférence est prodigieuse mais vous mourrez au petit jour.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • Ici, l’impératrice

    Ici, l’impératrice

    Sa vie lui fut un sacrifice car sa famille était ruinée.
    Vieille branche aristocratique pour qui les guerres furent fatales.
    Elle devint impératrice alors qu’elle était la puînée ;
    Sa vie fut très acrobatique, sa mort évidemment létale.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • La cavalière

    La cavalière

    Cheveux au vent lorsqu’elle chasse, le corps collé à sa monture,
    La cavalière s’enhardit à la poursuite de la meute.
    Quelle que soit la proie qu’elle pourchasse, respectueuse à la nature,
    Elle ne s’en ragaillardit qu’avec une main thérapeute.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • L’aveugle et son chion

    L’aveugle et son chion

    Mon voisin ne peut pas me voir ni en peinture ni en nature ;
    Aussi aveugle que distrait, son animal me fait pitié.
    Le lion ne peut pas savoir qu’il le prend pour chien d’imposture
    Mais la bestiole s’y soustrait en toute honneur, toute amitié.

    Tableau de James Christensen.

  • Idées de contrebande F1

    Idées de contrebande F1

    J’ai mes denrées de contrebande que je vais glaner sur les ports
    Où le monde entier y trafique mille tableaux, mille pensées.
    Hommes et femmes arrivent en bande pour crier de plus en plus fort ;
    Je ferme les yeux et je pique ce que je ne peux dépenser.

    Tableau de James Christensen.

  • Lucky Lucette

    Lucky Lucette

    Lucky Lucette a remplacé son cheval par une bécane,
    La cigarette par une guitare mais pense toujours vers l’Ouest.
    Or, à force de se déplacer suivant la route des caravanes,
    Un soir en rentrant en retard, elle a fini dans un oued.

    Tableau de Solène Debiès.

  • Chappartement – 2

    Chappartement - 2

    À l’inverse d’un appartement qui vous offre un vaste salon,
    Une salle-de-bains suréquipée, trois chambres et surtout la cuisine.
    Le chat se couche peinardement partout où il peut s’ mettre en long,
    Partout où il peut s’agripper et parfois même chez la voisine.

    Tableau de Sulimov Dmitriy Aleksandrovich.

  • Plongée dans l’image

    Plongée dans l’image

    Une fois que l’image est ouverte, je n’ai plus qu’à plonger dedans
    Pour y vivre mon aventure personnelle à partager.
    Chaque fois, j’y fais des découvertes qui apportent du répondant
    À mes questions sur la nature où je me sens avantagé.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • Sortie de l’image

    Sortie de l’image

    Trouver d’abord, ce qui réveille en moi l’écho d’un souvenir
    Dans le reflet de cette image qui m’a choisi comme écritoire.
    Ensuite laisser les merveilles se dégager et devenir
    Le plus fantastique voyage et la plus belle des histoires.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • La sonate au clair de lune

    La sonate au clair de lune

    Dans la « sonate au clair de lune », les notes n’ont pas d’importance.
    Du moins le son qu’elles produisent mais plutôt chaleur et couleur.
    Lors d’une soirée opportune, écoutez-en donc la portance
    Lorsque les lumières en traduisent leurs exceptionnelles valeurs.

    Tableau de Cyril Rolando.

  • Les sœurs Ribouldingue – 3

    Les sœurs Ribouldingue - 3

    La sœur au cul nu parlait peu ; elle écoutait tout sans mot dire.
    Elle s’exprimait plutôt par gestes, massages, baisers et caresses.
    Sans doute, il eût été pompeux – et j’ n’ai pas eu à l’en maudire –
    D’en traduire tout le contexte en l’imitant avec paresse.

    Un jour elles ont déménagé ou bien c’est moi, je ne sais plus.
    J’ai conservé juste un jupon que seule Joséphine a porté.
    Depuis le temps s’est dégagé, il a venté puis il a plu ;
    De l’eau a coulé sous les ponts et le vent a tout emporté.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • Les sœurs Ribouldingue – 2

    Les sœurs Ribouldingue - 2

    Les sœurs m’ont expliqué comment elles ont fait pour m’appâter
    Depuis qu’elles ont emménagé, elles ont cherché à m’ conquérir.
    Elles ont sondé l’appartement, elles ont cherché à m’épater
    En parlant d’un air dégagé, agrémenté de petits rires.

    Celle aux seins nus a l’ouïe fine, elle épie ma façon de vivre.
    Elle a trouvé ça naturel puisque les murs ont des oreilles.
    Elle s’appelait Joséphine et parlait un peu comme un livre
    D’une manière structurelle à faire l’amour sans pareille.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • Les sœurs Ribouldingue – 1

    Les sœurs Ribouldingue - 1

    Entre les murs de ma maison, je suis tombé en pâmoison ;
    J’entends des rebondissements suivis de maints chuchotements.
    Pour en deviner la raison, je colle l’oreille à la cloison ;
    Après approfondissements, j’écoute des suçotements.

    Mais l’architecte a tout prévu ; il y a un trou dans la cuisine
    Et à travers cet objectif, je vois deux filles à moitié nues.
    Cela demande une entrevue. Je cours sonner chez mes voisines
    Qui m’ouvrent d’un air suggestif et je n’en suis pas revenu.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • La gamme bleue

    La gamme bleue

    Un merle bleu donne le La en accord à la musicienne
    Et les bleuets, à l’unisson, vibrent au son de la gamme bleue.
    Entendez-vous ici et là souffleter la brise aoûtienne ?
    Ce sont les arbres et les buissons qui forment un chœur un peu frileux.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • La collation

    La collation

    Ce soir, nous nous contenterons d’un plateau de fruits de saison
    Poires, grenades et cerises et un cocktail à l’ananas.
    D’alcool, nous nous enchanterons avec la maîtresse de maison
    Pour donner un goût de surprise à la plus belle des nanas.

    Tableau d’Alexander Sulimov.

  • L’aube du lion

    L’aube du lion

    L’aube du signe du lion embrase la cime de la montagne
    Qui tend son flanc humide et rose pour en embrasser les rayons.
    Le soleil, ce grand pygmalion, s’incline alors sur sa compagne
    Et nous, sur les terres moroses, peu à peu nous nous réveillons.

    Photo de Monica Carvalho.

  • Valentine

    Valentine

    Je l’aimais bien, ma Valentine qui me racontait ses malheurs ;
    Elle faisait commerce de charmes sur le trottoir devant chez moi.
    Ses études de laborantine n’avaient pas su mettre en valeur
    Tout ce qui peut tirer des larmes aux cœurs solitaires en émoi.

    Elle venait me raconter, les seins nus tout décontractés,
    Tous ceux qu’elle avait rencontrés au fil de ses folles journées.
    Moi, j’étais l’ami patenté, celui qu’elle aimait contacter
    Car nous étions tous deux montrés comme ceux qui avaient mal tourné.

    Je l’aimais bien, ma Valentine mais je ne l’ai jamais baisée.
    Nous passions simplement du temps à parler de tout et de rien.
    Quand elle enlevait ses bottines, laissant ses pieds nus apaisés,
    Je me souviens de ces instants comme un trésor épicurien.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Jeux de dames

    Jeux de dames

    Les dames jouent avec les yeux, les dames jouent avec les cœurs,
    Avec les piques, avec les pions, avec les hommes, avec les femmes.
    Leurs jeux nous paraît fallacieux, leurs stratagèmes alambiqueurs,
    Mais les stratégies des champions jouent de tous les moyens infâmes.

    Infâmes ou simplement infimes, cette différence minime
    Figure la carte maîtresse qui désignera le vainqueur.
    Mais voyons ! Soyons magnanimes et reconnaissons là l’ultime
    Capacité de leurs caresses lorsqu’elles gagnent notre cœur.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • La baigneuse

    La baigneuse

    Quand elle sort de l’eau agitant ses grelots,
    Je suis tout langoureux, je suis tout amoureux.
    Elle est toute mouillée, moi tout émoustillé
    De folie trépigneuse pour la jolie baigneuse.

    Illustration de Richard Zielenkiewiczr.

  • En voiture, Fabienne !

    En voiture, Fabienne !

    Qui veut voyager loin, ménage sans monture.
    Oui mais nous, dans le coin, n’avons pas de voiture.
    Je cherche un side-car, une bonne occasion
    Pour partir au hasard notre grande évasion.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Fin d’après-midi

    Fin d’après-midi

    Toi, tu es toujours nulle part ou ailleurs, je ne sais jamais.
    Moi, je suis devant ma fenêtre, dehors déjà la nuit tombe.
    Toi, tu es toujours sur le départ comme si ta vie t’affamait.
    Moi, j’attendrai le jour renaître, tant pis si l’amour succombe.

    Là-bas dans l’immeuble en face, quelqu’un ouvre les rideaux.
    Il m’observe, je suis nue et j’ai très envie de lui.
    Il me fait signe dans la glace, je me lève rapidos.
    Que serai-je devenue s’il ne sonne pas à mon huis ?

    Photo d’Oleg Gabisov plus connu sous le pseudonyme Karman Verdi.

  • Sophie et les cigognes

    Cigogne, cigogne mon amie, ne vois-tu vraiment rien venir ?
    Quand m’apporteras-tu l’enfant que je commande au fil des mois ?
    Cigogne, es-tu mon ennemie ? Pourquoi ternir mon avenir
    Si tu n’as pas l’air triomphant et ta livraison atermoies ?

    Cigogne, cigogne, ce matin me procureras-tu enfin
    L’enfant qui fera le bonheur et le soleil dans la maison ?
    L’oiseau tient un sac de satin, arrive comme un jour sans fin
    Et pose le fruit d’une teneur d’au moins neuf mois de couvaison.

    Tableaux de Rezzan Ganiz.

  • Les amours contrariées

    Les amours contrariées

    Parce que l’amour coule de source, on croit qu’il suffit de s’aimer.
    Eh non ! L’amour ne se construit que si les cœurs sont accordés.
    Il faut savoir ouvrir sa bourse, ensemencer, laisser germer
    Et puis, laisser mûrir le fruit et aux saveurs se raccorder.

    Tableau de Roza Goneva.

  • Le réseau rural

    Le réseau rural

    Dans les campagnes, pas de réseau ? Je vais vous confier un secret :
    Chez nous les vaches et les oiseaux échangent des avis discrets
    Sur les nouvelles des forêts qui se disent sur la planète
    Dont les humains sont ignorés, jugés cruels et malhonnêtes.

    Illustration de Jan Pashley.

  • La fuite dans la nature

    Entre les cris d’enfants braillards et les chiens qui hurlent à la mort,
    Je suis parti dans la nature pour d’autre atmosphère essentielle.
    J’ai vu des vaches, l’air gaillard, paître sans le moindre remords
    Et leurs compagnes miniatures parées de fleurs providentielles.

    Une âne, coiffé d’un beau chapeau, volé à quelque épouvantail,
    Parlait de pluie et de beau temps, informé par des papillons,
    Avec son ami l’escargot, les antennes en éventail.
    Quant à moi, j’en ai fait autant et j’ai piqué un roupillon.

    Illustration de Jan Pashley.

  • L’affaire du collier

    L’affaire du collier

    En ce temps là, aller au bal nourrissait son réseau social.
    On y rencontrait des amis ou des amants épistoliers.
    La politesse était verbale, monotone ou bien glaciale
    Selon si ses pires ennemies lorgnait un peu trop son collier.

    Tableau d’Olga Kondakova sur http:kids-pix.blogspot.com201111blog-post_7208.html#more .

  • Les histoires du chas percé

    Les histoires du chas percé

    Dans les vagues de ma mémoire, j’ai retrouvé le chat Moka.
    Et ce chat siamois de ma tante par ses yeux bleus me transperçait.
    Ils sont restés dans l’écumoire des jours où la vie m’évoqua
    Quelques périodes de détente dans mes histoires du chas percé.

    Illustration de Kelly Beeman.

  • Au temps des hommes libres

    Au temps des hommes libres

    C’était au temps des chevaux libres, quand les plaines n’étaient à personne ;
    C’était au temps des hommes braves, avant la mondialisation.
    C’était au temps de l’équilibre entre la nature et la faune ;
    C’était au temps où nulle entrave gênait la civilisation.

    Tableau de Penelope Bushman.

  • La gardienne des clefs

    La gardienne des clefs

    Clef du bonheur ou clef des champs ? Elle en possède plusieurs copies.
    Clef de voûte ou bien clef de sol ? Elle en détient l’usage unique.
    Son trousseau paraît aguichant tellement il ouvre d’utopies
    Mais notez telle une boussole : La clef des cœurs sur sa tunique.

    Tableau de Mamuka Didebashvili.

  • Le mathématicien

    Le mathématicien

    Sa tête, un ensemble d’ellipses qui lui quadraturent le cercle.
    Regard carré, observateur qui met ses yeux en équation.
    Si parfois l’attention s’éclipse, il soulève juste le couvercle
    De l’inconnu dérivateur de sa parfaite adéquation.

    Tableau de Mamuka Didebashvili.

  • Le leader

    Le leader

    Le crâne aux pensées étriquées ressemble au bâton de parole
    Dont il abuse sur nos têtes dont il accuse nos esprits.
    Fureur de mener imbriquée à sa passion des jeux de rôles,
    Il a choisi d’être en vedette et leader quel qu’en soit le prix.

    Tableau de Mamuka Didebashvili.

  • Derrière le masque

    Derrière le masque

    Tout nu ou presque, derrière leurs masques, ils en ont fait leur profession.
    On les croit semblables à nous-mêmes, pas du tout, ce sont des larrons.
    On leur donne, à leurs airs fantasques, le bon dieu presque sans confession.
    Mais qui sont-ils donc ? Quel dilemme ! Comment ils nous rendent marron !

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Joli masque

    Joli masque

    Son joli masque, mascarade, qui lui sert à dissimuler
    Un regard un peu trop timide ou l’œil qui se met à pleurer.
    Un face-à-main qui fait parade peut-être bien pour simuler
    Des sentiments qui intimident par un loup qui aide à leurrer.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Le visionnaire

    Le visionnaire

    L’œil qui ne voit que l’illusion ne perçoit qu’une image plate ;
    L’œil qui perçoit sa profondeur voit au-delà de la vision.
    Derrière le monde en collusion, lorsque le rideau se dilate,
    Est un rayon échosondeur qui révèle les collisions.

    Tableau de Marti Fenton.

  • L’illumination

    L’illumination

    Trouver, finir ou aboutir, ne représente qu’une fin.
    En revanche, l’illumination signifie parcours et chemin.
    L’important est de ressentir, connaître la soif et la faim
    Joindre l’esprit et l’intuition et recommencer dès demain.

    Tableau de Marti Fenton.

  • Trop tiède !

    Trop tiède !

    Le matin, trop grise et trop froide ; l’après-midi, bleue et trop chaude ;
    Le soir assombrie et trop tiède ; la mer paraît cyclothymique.
    Les vacanciers grisés et roides ; les estivantes qui minaudent
    Avec leurs toutous quadrupèdes ; l’été devient paroxysmique.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Les mauvaises humeurs du lion Némo

    Les mauvaises humeurs du lion Némo

    Quand il rigole, tout le monde rit. Quand il sanglote, tout le monde pleure.
    Il faut se faire une raison, le lion a toujours raison.
    S’il joue au chat et à la souris, s’il sème partout pièges et leurres,
    C’est pour montrer qu’en toute saison, il reste maître en sa maison.

    Photo de Marcel Siebert.

  • Chacun son lion, sa lionne

    Chacun son lion, sa lionne

    J’ n’ai pas eu à choisir mon père, il était du signe du lion ;
    Ma mère était, heureusement, capricorne mais surtout sa bonne.
    Si vous êtes comme moi, j’espère ; évitez ce genre de trublion
    Trouvez-vous, amoureusement, une femme qui ne soit pas lionne.

    Tableau de Jahar Dasgupta.

  • Miss Dalton

    Miss Dalton

    Toujours ses quatre Pitbull-Terrier tenus d’une main draconienne,
    Elle allait calmer les douleurs de son cœur auprès des grands arbres.
    À sa manière contrariée, je sus qu’elle était daltonienne
    Car lorsqu’on hissait les couleurs, mademoiselle restait de marbre.

    Illustration de Fred Calleri.

  • La carte du vin tendre

    La carte du vin tendre

    Comme elle a pris goût aux tanins que le vin rouge donne au sexe,
    Elle a décidé d’établir sa propre carte du vin tendre.
    D’un geste noble et féminin, elle trempe le bout de l’index
    Puis elle caresse, pour l’anoblir, l’amour qui ne saurait attendre.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Sur la route des vins

    Sur la route des vins

    Sur la route des vins clairets, elle guettait le compagnon
    Qui lui ferait goûter l’ivresse autre que des spiritueux.
    Un demi sourire éclairait son regard câlin et mignon
    Qui allait crocher d’allégresse son bel amant talentueux.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Où vont les âmes ?

    L’arbre des âmes disparues, pareil à l’automne à l’envers,
    Recueille celles qui sont en hiver et les rattache entre ses branches.
    Lorsqu’elles auront comparu devant le Dieu de l’Univers,
    Peut-être, s’Il a l’endroit ouvert, leur laisser a-t-il une autre chance.

    Alors le printemps qui bourgeonne les transmettra dans les cellules
    Qui renaîtront dans des ovules fécondés d’un nouvel espoir.
    Ainsi cette âme sauvageonne, légère comme libellule
    Quittera l’abri de sa bulle pour suivre une autre trajectoire.

    Tableau d’Alessandro Sicioldr.