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  • L’esprit de contradiction

    L’esprit de contradiction

    Je ne devrais pas écrire ce texte par esprit de contradiction
    Mais cet oiseau m’a devancé par esprit de provocation.
    Or s’il illustre le contexte avec ou sans conviction
    Il a plus ou moins renoncé à sa propre participation.

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  • Yoko bel œil

    Yoko bel œil

    Pour apprendre le japonais, l’œil bridé n’est pas suffisant.
    Hiragana, katakana, tout ça paraît bien compliqué !
    Approchez votre pouce au nez et l’index s’immobilisant
    Comme une tranche d’ananas et tout vous sera expliqué !

    Si vous avez les yeux vairons, faites de la calligraphie
    Pour dessiner de jolis signes noisette et bleu sur un fond noir.
    Avoir l’œil directeur marron, c’est bon pour la sérigraphie ;
    Quant à l’œil bleu, il sera digne de les graver au tamponnoir.

    Tableau de Shiori Matsumoto.

  • À l’écoute des poissons

    À l’écoute des poissons

    Elle écoute chanter les poissons dans le silence de la mer
    Comme une aveugle observerait la danse des nageoires d’or.
    Elle m’a dit qu’elle faisait moisson de tous ces bonheurs éphémères
    Qui passent et se réserveraient à son cœur tandis qu’elle dort.

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  • Coup de théâtre

    Coup de théâtre

    Comme il pleuvait, je suis entré pour m’abriter dans un café ;
    Je me suis assis tout au fond près d’une fille aux bas nylon.
    Talons aiguilles, veste cintrée, petite jupe, haut dégrafé,
    Elle leva les yeux au plafond, me demanda : « Nous y allons ? »

    Je ne l’avais pas reconnue ! C’était ma fille costumée
    Pendant sa pause d’après-midi après son service en terrasse.
    « Mais en voilà une tenue ! » répliquais-je dans la fumée
    Qui régnait dans cet inédit coup de théâtre pourtant vérace.

    Tableau d’Igor Medvedev.

  • Bonjour mon bouquet

    Bonjour mon bouquet

    Cheveux défaits, cheveux au vent, assise au coin d’un banc public,
    Elle attendait je ne sais qui, deux ou trois roses dans la main.
    Moi, je passais juste devant, par la rue de la république,
    Elle m’adressa d’un air conquis un petit : « Salut, à demain ! »

    Le lendemain, au même endroit, au même banc, à la même heure,
    Elle attendait pareil qu’hier, dans la main son petit bouquet.
    Moi j’arrivais, toujours très droit, toujours distrait, de bonne humeur.
    Comme son métier le requiert, elle m’a dit : « Bonjour mon biquet ! »

    Tableau d’Igor Medvedev.

  • L’amour c’est l’amour

    L’amour, c’est quand l’un n’ose pas ou quand l’autre ne le sait pas.
    L’amour, c’est quand l’un est timide ou quand c’est l’autre qui intimide.
    L’amour, c’est quand l’un est puceau et l’autre, la main sur le trousseau.
    L’amour, c’est la première fois et puis, toutes les autres fois.

    L’amour, c’est le corps qui se dévoile sous la lune à la belle étoile.
    L’amour, c’est le rustre qui viole pour s’offrir une gaudriole.
    L’amour, c’est la femme qui s’offre et bientôt grossira du coffre.
    L’amour, c’est un combat perdu ; pas de vainqueur ni de vaincu.

    Tableau de Yanin Alexander sur https:subscribe.rugrouppole-chudes10782875 .

  • Garde du corps

    Garde du corps

    Elle n’aimait pas les vêtements mouillés sur sa peau, désaccord.
    Elle se baignait avec la robe que sa maman lui avait faite.
    Lui, n’ pouvait pas faire autrement que jouer les gardes du corps
    De peur qu’on ne la lui dérobe et pire, qu’elle en soit satisfaite.

    Tableau de Yanin Alexander sur https:subscribe.rugrouppole-chudes10782875 .

  • Au revoir les hirondelles !

    Au revoir les hirondelles !

    Revenez donc, les hirondelles ! Revenez nous voir au printemps !
    Gorgez-vous donc aux antipodes de soleil jusqu’à son solstice !
    Vous reviendrez, mesdemoiselles avec des messieurs s’apprêtant
    À recommencer l’épisode des folles amours qui se bâtissent.

    Tableau de Yanin Alexander sur https:subscribe.rugrouppole-chudes10782875 .

  • De la mer à la terre

    De la mer à la terre

    Petit marin, tu es à l’écoute de la voix du sel de la mer
    Et les poissons autour de toi rigolent de ton infortune.
    Peu timoré, serre ton écoute à l’appel du ciel de la terre ;
    Cette nuit tu dors sous ton toit en rêvant aux poissons de lune.

    Tableau de Yanin Alexander sur https:subscribe.rugrouppole-chudes10782875 .

  • Abondance de chats

    Abondance de chats

    Abondance de chats ne nuit qu’aux souris et oiseaux de nuit.
    Les chiens deviennent un peu plus fous mais de toute façon, on s’en fout.
    Ça miaulasse à tous les étages, les félins sont à l’étalage.
    Demain nous aurons des chatons, tant pis pour le qu’en-dira-t-on.

    Tableau de Laurel Burch.

  • L’esprit des animaux

    L’esprit des animaux

    Le singe joue à chat perché, le serpent tente les girafes,
    Le lion rugit au soleil et ses compagnons de fortune.
    L’esprit chasseur s’en va chercher midi au prochain paragraphe,
    L’esprit d’équipe s’émerveille tous les soirs aux rayons de lune.

    Tableau de Laurel Burch.

  • Il est parti

    Il est parti

    Il est parti après avoir semé les graines de sa famille,
    Il est parti heureux de voir ses filles et ses garçons grandir,
    Il est parti serein d’avoir nourri ses garçons et ses filles,
    Il est parti content de voir sa descendance s’agrandir.

    Alors, où est-il maintenant ? Ces cendres dispersées au vent !
    Alors, que fait-il maintenant ? Le cœur dans ces flammes éternelles !
    Alors, que voit-il maintenant ? Des pleurs dans les pluies torrentielles !
    Alors, que sent-il maintenant ? La terre et lui, toujours devant !

    Tableau de Yana Fefelova.

  • Colin-maillard

    Colin-maillard

    Colin-maillard sur la falaise transporte mon cœur en émoi ;
    Colin-maillard en funambule expose mon cœur au danger.
    Quand mon public sent le malaise, il se blottit tout près de moi
    Mais juste après mon préambule, leur joie saura me louanger.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • Et vogue l’amour

    Et vogue l’amour

    Roses échangées pour un baiser s’en viennent et vogue la galère ;
    Papiers pliés de mots d’amour s’en vont et vogue le navire ;
    Le désespoir d’être abusée mais que mon petit cœur tolère ;
    L’espoir qui file au fil des jours et mon petit cœur qui chavire.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • Quand tombe le rideau

    Quand tombe le rideau

    Voilà le rideau qui retombe et la comédie est finie.
    Tous les personnages ont joué une prestation très pathétique
    Car la comédienne qui tombe, d’une inspiration infinie,
    Leur à offert une vie vouée à une ambition dramatique.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • La femme au chat

    La femme au chat

    Parachevée d’œil de félin et d’une antenne télépathique,
    La femme au chat s’abandonnait à son intuition féminine
    Qui maternait cet orphelin au ronronnement pathétique
    Qui sûrement se cramponnait rudement à sa mezzanine.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Mon extraterrestre

    Mon extraterrestre

    Il m’a aimée tout le solstice, mon amant extraordinaire ;
    Il m’a emmenée boire un verre au troquet de la galaxie ;
    Il m’a glissé par l’interstice d’un trou noir l’imaginaire
    Et les secrets de l’univers à en avoir la cataplexie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le sphynx

    Le sphynx

    Au temps des anciens égyptiens, le Sphynx, une grande femme nue,
    Attirait tous les vacanciers à la piscine des pyramides.
    Or, par vengeance, un magicien fit l’incantation saugrenue
    Qui, d’un coup de maître faïencier, en fit un chat qui intimide.

    Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .

  • Couper les cheveux en quatre

    Couper les cheveux en quatre

    Après la coupe énergétique quand le rasoir dresse le poil
    Pour laisser celui-ci se rabattre sur le crâne excité en feu,
    Voici la coupe dichotomique quand le peigne découpe en étoile
    Le visage en deux puis, en quatre comme le rasoir aux cheveux.

    Tableau d’Eugenia Loli sur https:www.boumbang.comeugenia-loli .

  • La voix de son homme – 2

    La voix de son homme - 2

    Ce n’fut pas l’homme qui prit la mer, ce fut la guerre qui prit l’homme
    Mais il était de la fanfare et lui envoyait ses chansons.
    Il parlait toujours de sa mère, elle avait juste un post-scriptum
    Mais ce PS était le phare qu’illuminait son corazon.

    Tandis qu’il attendait la guerre, elle lui attendait un enfant ;
    Tandis que lui s’aguerrissait, elle et son ventre s’arrondirent.
    Comme il avait l’instinct grégaire, revint malgré tout triomphant,
    Comme elle s’épanouissait, l’histoire d’amour put rebondir.

    Tableau de David Martiashvili.

  • La voix de son homme – 1

    La voix de son homme - 1

    Chaque soir elle réécoutait la chanson d’amour de son homme
    Qui s’était embarqué naguère avec Malbrough et son unité.
    Juste à la fin, elle redoutait, quand arrivait le post-scriptum,
    Qu’il reviendrait après la guerre à Pâques ou à la trinité.

    Mais le vieux soixante-dix-huit tours était quand même un peu rayé
    À force d’être répété et sautait avant le passage.
    De redouter un mauvais tour, son petit cœur a débrayé
    Et quand la paix fut décrétée, elle en éclata son corsage.

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • La création éprouvante de la femme

    La création éprouvante de la femme

    La licorne a dû l’éprouver – mais quand femme veut, Dieu veut –
    Surtout qu’elle la souhaitait à fleurs – mais quand femme exige, Dieu obéit –
    Elle voulait aussi y trouver, en plus d’avoir de beaux cheveux,
    Un verre pour y noyer ses pleurs avec un poisson ébahi.

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • Échange de bons procédés

    Comme elle peignait la girafe en jouant le soir au palace
    La reine du jazz rêvait d’ailleurs où la musique serait ouverte
    Pour ne plus se mettre en carafe pour un public de populace
    Ivrognes, bagarreurs et railleurs prêts à cogner à la moindre alerte.

    Elle s’entendait comme chien et chat avec tous ses voisins d’en face,
    Ceux-là même qui prétendaient que leurs prairies étaient plus vertes.
    Et tout ce tracas l’empêcha de se trouver un Boniface
    Et tout l’amour qu’elle attendait avec toutes ses découvertes.

    Elles se croisèrent sur le palier – l’une sans, l’autre avec animaux –
    Et s’échangèrent cigarettes, confidences et toutes autres choses.
    Mais en remontant l’escalier, elles se sourirent à demi-mot
    Et s’échangèrent leurs chambrettes en vue d’une métamorphose.

    Ce fut le chat qui attira un nouveau public enthousiaste.
    Ce fut le chien qui refoula les parasites protestataires.
    La chanteuse se fit petit rat – la reine du jazz était gymnaste –
    Et toute la ville déboula pour la jolie célibataire.

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • Courrier du cœur

    Courrier du cœur

    Courrier du matin, l’amour s’éveille ; les Roméo frappent à la porte.
    Courrier de midi, l’amour à faim ; les Roméo lisent les menus.
    Courrier du soir, l’amour s’endort ; les Roméo font tous la sieste.
    Courrier de nuit, l’amour s’enfuit ; les Roméo sont repartis.

    Demain matin, Juliette écrit : « Mais que le diable vous emporte ! »
    Demain midi, Juliette répond : « Merci quand même d’être venus ! »
    Demain soir, Juliette rédige entre les lignes un palimpseste
    Et la nuit Juliette correspond : « Adieu et sans contrepartie ! »

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • Hôtels pour coucous

    Hôtels pour coucous

    Vous trouverez à vous loger pour passer le meilleur séjour.
    Directement chez l’horloger, à chaque heure de chaque jour,
    De la Suisse à la Forêt Noire, les meilleurs hôtels pour coucous,
    Équipés de douche ou baignoire et les moins chers, au moindre coût.

    On paie à l’heure d’un « coucou » parfois deux, trois et jusqu’à douze ;
    On vous facilitera le coup si vous faites venir votre épouse
    Qui vous donne douze œufs à la chaîne et le soir remonte les poids.
    Tout est construit en bois de chêne, toutes les cloisons sont en bois.

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • Améliorations et déceptions

    Elle s’ennuyait à la maison malgré la beauté de ses murs ;
    Elle vint sur les réseaux sociaux pour s’y trouver une famille.
    Tout le monde lui donna raison car ses lamentations émurent ;
    Elle trouva des avis spéciaux par tous ses amis qui fourmillent.

    Elle peignit ses murs langoureux de vermillon et rouge sang
    Mais l’ensemble manquant d’humour, le toit se couvrit de vert de gris.
    Elle rencontra un amoureux qui la charma en rougissant
    Mais le couple manquant d’amour, finalement elle s’est aigrie.

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • La transmission du phénix

    Quand la gardienne des phénix couvait l’œuf sorti de ses cendres,
    Elle savait, bien entendu, combien de temps il faut attendre.
    Pour un plumage couleur d’onyx, le sablier doit redescendre
    Mais souvent la teinte attendue est une essence de scolopendre.

    Quand la gardienne de l’œuf rouge a réussi sa mutation,
    Elle est heureuse car elle sait que le phénix sera royal.
    Elle ressent, tandis qu’il bouge au gré de ses supputations,
    Si l’oiseau aura du succès ou un avenir déloyal.

    Tableaux de Leonor Fini.

  • Les passages entre deux mondes

    Le temps me referme ses portes mais sans moyen de les rouvrir
    Sinon, regardant en arrière, j’y verrais ce qu’il faut refaire.
    Mais le chronomètre m’emporte vers le présent pour y souffrir,
    Pour y poursuivre une carrière, pour réaliser des affaires.

    L’amour est le passe-partout qui ouvre toutes les serrures
    Vers le passé, vers l’avenir, vers le présent et vers la mort.
    Quand j’ai aimé, j’ai vu surtout la vie sous de belles parures,
    Et la femme de mes souvenirs et qui m’embrasse et qui me mord.

    Tableaux de Leonor Fini.

  • Sa provende quotidienne

    Sa provende quotidienne

    Tandis qu’elle écoutait pousser les fleurs, coquelicots, bleuets, lavandes,
    Elle emplissait sa collection des petits bonheurs de l’été.
    Tout ce qui efface les pleurs, comme quotidienne provende,
    Lui apportait toute l’affection dont la Terre l’avait allaitée.

    Tableau d’Alice Mason.

  • Tous les visages de la nature

    Tous les visages de la nature

    L’art de la 😘, l’art de voir partout des visages
    Aurait aidé à la survie paraît-il de l’espèce humaine.
    Triste et douce mélancolie des mémoires de tous les âges
    En reconnaissance à la vie de ce cognitif phénomène.

    Tableau d’Alice Mason.

  • Anahita, déesse de l’eau

    Anahita, déesse de l’eau

    Partout où coule une rivière, partout où les pluies se répandent,
    Où l’eau s’écoule dans le sol, le souvenir d’Anahita.
    Du cœur des forêts aux lisières, l’eau, dont toutes les vies dépendent,
    Conserve comme une boussole celle qui à jamais l’habita.

    Tableau d’Alice Mason.

  • Songe d’une nuit d’été

    Quand elle eut cueilli ses cerises, rouges et gorgées de soleil,
    Elle en mangea évidemment et savoura leur jus sucré.
    D’ivresse elle se sentit éprise, tant et tant qu’un profond sommeil
    La plongea bien rapidement dans les songes d’une nuit sacrée.

    Depuis l’ivresse des fruits mûrs, elle prit goût à l’allégresse
    Et s’en vint dormir bien souvent toute nue à la belle étoile.
    Bercée par le vent qui murmure et par la lune qui la caresse
    D’un rayon pâle soulevant l’air qui la recouvrait d’un voile.

    Tableaux d’Alice Mason.

  • L’arbre de méditation – 3

    L’arbre de méditation - 3

    L’arbre des rêves archangéliques et des songes psychédéliques
    Produit les visions les plus folles parsemées de fleurs en corolles.
    Il fait bon de s’y délasser comme il fait bon d’y rêvasser
    D’abandonner au lâcher prise afin d’être atteint de surprises.

    Tableau d’Alice Mason.

  • L’arbre de méditation – 2

    L’arbre de méditation - 2

    Les plus belles décorations étant celles de méditation,
    La femme, les yeux en amande, finit sa prière gourmande
    Auprès des dieux des vents timides et leurs enfants de brise humide
    Auprès des déesses des eaux qui murmurent dans les roseaux.

    Tableau d’Alice Mason.

  • Les intraterrestres

    Les intraterrestres

    Au calme profond des forêts habite un peuple arboricole
    Aux hommes fiers, agriculteurs et aux femmes extraordinaires.
    Elles se laissent déflorer au soir des noces viticoles
    En tenues d’arboriculteurs qui honorent leurs glandes mammaires.

    Bodypainting de Carolyn Cowan.

  • Les villes à la campagne

    Les villes à la campagne

    Habiter au cœur de forêts en pleine ville est-ce possible ?
    Bâtir des maisons qui ressemblent à des campagnes et des contrées
    Où chantent des chardonnerets sous la surveillance impassible
    Des citadins qui se rassemblent auprès des filles à rencontrer.

    Illustration de Agent Pekka sur https:agentpekka.comartistcruschiform .

  • Paris rendue aux canards

    Paris rendue aux canards

    Depuis que les hommes ont quitté les métropoles abandonnées,
    Les canards ont pris possessions des parcs et jardins botaniques.
    Les vieux immeubles inhabités dorment dans l’ombre bétonnée
    Et peu à peu font sécession avec l’ère architectonique.

    Illustration de Agent Pekka sur https:agentpekka.comartistcruschiform .

  • Les voyages littéraires

    Les voyages littéraires

    Tandis que je m’étais plongé dans cette jungle littéraire
    Qui m’étirait vers les hauteurs des sommets de bonne aventure,
    Je sentis le temps prolongé dans un nouvel itinéraire
    Au-delà duquel son auteur m’emporta en villégiature.

    Illustration d’Agent Pekka sur https:agentpekka.comartistcruschiform .

  • Non mais ça va ne pas la tête ?

    Non mais ça va ne pas la tête ?

    Elle passait quasiment nue, juste vêtue de son collier.
    Toute jolie, toute menue, chaussée de très jolis souliers.
    J’ai demandé quelle pointure elle chaussait dans son vagin,
    Elle m’a rétorqué « Non, l’enflure ! Mais où est-ce que tu te crois, Machin ? »

    Photo de xxx.

  • L’amérindienne

    L’amérindienne

    Au son des tambours étouffés avec des clameurs de bravoure,
    Au rythme des bras cadencés par les appels de la nature,
    Je les ai vu rire et pouffer d’une allégresse qui se savoure
    Autour de l’amour condensé des amérindiennes matures.

    Indy Kate photographiée par Asya Vaylykh.

  • De l’autre côté

    De l’autre côté

    Mais t’es-tu déjà demandé ce qu’il y a de l’autre côté ?
    L’autre côté de ta raison, l’autre côté de la cloison ?
    Si tu veux, sans me commander, je vais tous tes principe ôter
    Et te sortir de ta maison vers des merveilles à foison !

    Photo de Rosie Hardy.

  • La chamane

    La chamane

    La première fois que je la vis, elle m’avoua être chamane
    Qui possédait des grands pouvoirs, notamment un grand cœur de braise.
    J’ me souviendrai toute ma vie de cette femme nymphomane
    Qui a su comment m’émouvoir en paraboles et catachrèses.

    Photo de Stefan Gesell.

  • La pastourelle

    La pastourelle

    Toutes leurs couleurs sont des leurres pour capturer un géniteur
    Mais lorsqu’elles deviennent mère, elles redeviennent naturelles.
    Après l’amour, quand ce fut l’heure, je n’étais plus qu’un visiteur,
    Rien qu’un amoureux éphémère à féconder sa pastourelle.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Carreaux braséros

    Carreaux braséros

    La mode du zèbre passée, les femmes se tiennent à carreau
    Mais continuent de faire croire que l’amour seul guide leurs cœurs.
    J’ai laissé le temps s’espacer puis, j’ai consulté le tarot
    Et je sais que c’est pour accroire une séduction de vainqueur.

    Photo de Stefan Gesell.

  • L’avocat naturel

    L’avocat naturel

    Derrière de hautes futaies, elle pratiquait le naturisme
    Juste vêtue de jeunes fleurs posées sur sa peau délicate.
    De la façon qu’elle réfutait la société par le nudisme,
    J’ai su qu’elle cachait ses peurs sous une robe d’avocate.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Âme d’ébène et cœur de feu

    Zébrée d’ébène par du cuivre, comme au sortir de la forêt,
    J’ai pensé voir une amazone en quête de chasse aux amants.
    Alors je n’ai pu que la suivre, obligé de la déflorer
    À la frontière d’une zone entre pénombre et firmament.

    Je ne sais si son âme noire avait prévu de me tuer
    Mais son cœur de feu a brûlé tout l’espoir qui devait s’ensuivre.
    Elle m’a mis nu dans sa baignoire et ma peau s’est mise à muer
    D’abord de teinte cérulée puis rayée de noir et de cuivre.

    Photo de Stefan Gesell.

  • La fille aux échasses

    La fille aux échasses

    Quand j’eus affaire à la géante, j’ai vu venir ma dernière heure
    Car je pensais que cette ogresse chaussait des bottes de sept lieux.
    Mais quand elle a ouvert, béantes, ses cuisses appareillées d’un leurre,
    Des échasses montaient la bougresse bien au-dessus de son milieu.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Ocapella

    Je l’ai crue sortie de mes rêves comme une belle extraterrestre.
    Peut-être son extravagance dans sa façon de se vêtir ?
    Notre rencontre fut assez brève, une nuit de la Saint-Sylvestre,
    Mais je me souviens des fragrances dont je devais m’assujettir.

    Dans l’hiver doux des capricornes, je l’ai rencontrée à nouveau ;
    Toujours parfumée à la mode pour vaincre mes sens primitifs.
    Mais dans ce mois de janvier morne, elle a semé le renouveau
    Par cette odeur qui m’accommode à son charme définitif.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Bleu regard

    Bleu regard

    Les deux moments de la journée où son regard bleu me domine ;
    Juste avant l’aube au point du jour et les heures entre chien et loup.
    Je croyais qu’il était tourné vers les proies qu’elle prédomine
    Mais non, juste un regard d’amour dont le bleu se montre jaloux.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Les amours d’été

    Les amours d’été

    Les amours d’été hypnotiques troublent de façon romantique
    Par le regard incandescent des plus beaux yeux luminescents
    Et les seins nus qui se dandinent comme canaille gourgandine.
    Ah, laissez-moi, comme il se doit, les toucher du bout de mes doigts !

    Tableau de Kees van Dongen.