Lorsque dansera l’océan et se rencontreront les vagues, La lumière, d’une impression d’or, sera d’harmonie et de force. Comme une valse de géants sous la tempête qui zigzague Tandis que le soleil s’endort des grandes marées qui s’amorcent.
Photo de Mathieu Rivrin sur www.mathieurivrin.com .
Toutes les femmes laides adoraient Picasso Car il les arrangeait en peignant leur portrait. Elles appréciaient l’aide qu’apportaient ses pinceaux Et qui avantageaient leurs ridicules attraits.
Tableau « Jeune fille sur une chaise » 1952 de Pablo Picasso.
Madame est d’avant-garde et fait ses essayages. Comment trouver l’idée pour la fête ce soir ? Elle veut qu’on la regarde avecsans maquillage. Alors c’est décidé, il faut un accessoire !
Son vieux jean tout usé, jeté sur les épaules Ou même sur la tête comme un joli foulard… Non, ça c’est refusé ! Ce sera une étole Qu’elle mettra pour la fête au club des cagoulards.
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Elle était belle, elle était chaude mais elle n’était pas légionnaire. En revanche à voir ses obus, elle aurait pu faire artilleur ; À voir ses mamelles rougeaudes, elle aurait pu être missionnaire ; Et à voir ses fesses imbues, j’ n’aurais pas été pinailleur.
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Hélas, je ne peux rien écrire, elle se voile le visage. Dommage car j’aurais bien voyagé dans l’océan bleu de ses yeux ; Je ne pourrai dire son sourire ni ce que mon cœur envisage. Mais je peux vous faire partager qu’elle se réserve aux audacieux.
Le cul possède son cerveau et les fesses, leurs propres cervelles Et il convient de méditer le postérieur bien dégagé. Enlevez tous ces écheveaux de tissus pour que se renouvellent Les fantasmes prémédités de votre sexe à partager.
Une femme, tout simplement, le chef-d’œuvre est déjà signé Et je ne vois pas bien comment faire mieux que le créateur. Sa propre mère est amplement et spontanément désignée Et son père a dû, un moment, mettre du sien procréateur.
Mais l’érotisme qui se dégage offre une nouvelle dimension, D’autres couleurs, d’autres horizons, que l’amour seul peut apporter. Point n’est besoin d’autre bagage que le charme met sous tension Pour sortir le cœur de prison, l’entrouvrir et le transporter.
C’est incroyable mais c’est vrai ! Vous êtes nu dans le journal ! Bien sûr, c’est un tirage unique ; elle ne sait pas, évidemment. La seule chose qui l’effraie, c’est la tentation infernale D’ôter très vite sa tunique et vérifier concomitamment.
Quand elle me regarde en arrière comme pour jeter son regard, Je sais déjà qu’elle prépare une de ses cachoteries. Je le sais bien ; je suis derrière et je lui tend, d’un air hagard, Dans l’espace qui nous sépare, un genre de cajolerie.
« Plus belle que moi, tu mourras ! » Pensait-elle en apercevant Cette rivale qui lui vole les baisers du prince charmant. « Tu peux faire ce que tu pourras ! » Pensait l’autre en s’esquivant D’un air satisfait mais frivole après un temps d’égarement.
Surprenez-la dès le matin, juste au moment de son départ ; Placez-vous nu sur une chaise et bandez de toutes vos forces. Si elle se comporte en catin et vous traite de salopard, Dites-lui simplement à l’aise : « Cette fois, chérie, je divorce ! »
Des perles en guise de robe, voilà une idée merveilleuse ! Mais dans ce cas, quelle culotte porter pour assortir le tout ? Pas de problème ! Elle se dérobe sous un tas de plumes soyeuses De couleur rose et rigolotes, éparpillées un peu partout.
Ne portez plus de soutien-gorge mais un foulard autour du cou De la couleur de la culotte ; l’orange marquera le coup. Lorsque le fantasme se forge dans le regard de votre époux, Savourez lorsqu’il vous pelote et trouve vos seins à son goût.
Si par hasard une bretelle s’envole du décolleté, Si d’aventure la deuxième retombe de l’autre côté, Ce n’est que simple bagatelle, il vous suffira d’agiter Un éventail mais le problème risque d’être déculottée.
Pour être en forme le matin, un petit peu de gymnastique Le soir avant de se coucher juste au moment du crépuscule. Après, dans les draps de satin, passer alors à la pratique À l’aide d’un mâle embouché et jouir quand il éjacule
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Mes chers voisins, pour cet été, je dois promener mon minet Un peu partout, sous vos fenêtres et tout au long de l’avenue. Il faut chaud, vous vous en doutez, aussi vous l’avez deviné ; Lui sera comme on l’a vu naître et moi, je serai torse nu.
Juillet, voici venu le temps des corps hissés comme drapeaux Qui librement flottent au vent sans enveloppe et démasqués. Sous le soleil, juste haletant mais en savourant sur la peau La pâleur qui, en se sauvant, s’abandonne au bronze musqué.
Nec plus ultra dans les restos cet été aux camps de nudistes. Portez juste un rien qui habille, de l’or, des diamants et du fard. Vous rendrez illico presto jaloux les exhibitionnistes Dont seuls les bijoux de famille leur accaparent le regard.
Les bons cocktails donnent au sexe l’alcool tiré des bonnes caves Comme le sexe apporte au cœur sa plus délicieuse faveur. Imaginez son suc convexe plongé dans un verre concave Qui en distille la liqueur de la plus exquise saveur.
Les veinards de l’autre hémisphère célèbrent Noël en été Je ne vois pas quelle est la raison qui nous empêche d’en faire autant. Il suffit pour me satisfaire tout simplement de décréter Que Noël occupe deux saisons et doubler les cadeaux d’autant.
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Ses rêves ouvrent une fenêtre dans les murs d’ennui de ses jours L’aventure inonde l’espace et tout résonne dans un chœur. Et que croyez-vous qu’il va naître dans la lumière à contrejour ? Vous saurez tout ce qui s’y passe en lisant son cœur chroniqueur.
Qu’une femme fleurisse d’amour et aussitôt des papillons, Comme des anges de beauté, viennent papillonner ses yeux. Et que dire des belles-de-jour qui s’ouvrent comme un portillon Pour laisser le cœur barboter dans ses effluves capricieux.
J’aime tremper la femme nue comme plume dans l’encrier Et lui écrire des mots d’amour par la caresse de son corps Sur le papier vélin grenu en grandes lettres pour crier Tout ce que j’aime au jour le jour : elle-même, et son âme et son corps.
Il y a la femme qu’on oublie, il y a la femme qu’on oublie ; Il y a la femme publique et la pute de la république. Aucun besoin de se défendre, la femme vend, la femme fait vendre Et on dira qu’il faut tuer le métier de prostituée !
Dans notre bonne république, nous votons afin de vouloir Choisir entre femme publique et l’homme qui se vend au pouvoir. Si la première est nécessaire à ceux qui vivent chichement, Le second en est l’adversaire …
… dans tous les arrondissements. … sauf en cas d’investissement. … sauf pour les divertissements.
Des tahitiennes de Gauguin à celles des îles Marquises, Des paysages d’hawaïennes aux couronnes et jupes de fleurs, Je vous l’avoue, j’ai le béguin pour ces jolies perles exquises Mais j’ai trouvé une Fabienne qui peint ses bateaux à Honfleur.
Les chansons douces des sirènes ont toujours été de mon goût Surtout celles des mois de juillet, d’août et la vierge de septembre. Car l’été couronne ces reines autant que le public s’engoue Et j’ai déjà pris mon billet aux concerts de musique en chambre.
Le phénix renaît de ses cendres et ne serait né qu’une fois D’un œuf de feu et mordoré sorti du volcan de maman. Enfants, quand vous voyez descendre la pluie que le ciel vous envoie, Observez les gouttes dorées, ce sont ses plumes d’ornement.
Je revois toujours Dolorès ; ses enfants ne sont plus jaloux. Il paraît que Soleil-qui-rit me considère comme un ami. Soleil-qui-pleure n’a pas compris et me voit comme son ennemi. Que voulez-vous ? Elle m’intéresse mais je l’approche à pas de loup.
Depuis, nous sommes mariés et nous vivons dans l’allégresse. Les deux enfants m’ont accepté et figurent sur mon testament. Je ne veux pas les contrarier mais les enfants de Dolorès Ont consenti de m’excepter de la liste des mauvais amants.
Tandis que je tâtais leur mère, ses deux fils ont fait irruption. Soleil-qui-rit m’a éclairé sur tout ce qui s’était passé. Puis, d’une manière assez sommaire, il m’offrit une interruption Avec un peu de vin clairet d’un air grivois et compassé.
Soleil-qui-pleure n’étant pas tendre – et c’est là son moindre défaut – De ma visite prit ombrage – il défendait sa forteresse – Comme je n’avais rien à attendre de rester là en porte-à-faux, J’ai préféré passer l’orage et dit adieu à Dolorès.
Lorsque je frappai à sa porte, la centauresse vint m’ouvrir Et m’indiqua par l’escalier qu’elle m’attendait dans sa chambre. Arrivé là-haut, elle s’emporte : « Comment as-tu me faire souffrir ? Ton texte était fou à lier, j’en ai tremblé de tous mes membres ! »
Je n’ai rien dit, juste écouté ensuite, mes mains ont parlé Je lui expliquai de mes doigts sur son corps nu aux bons endroits Les phrases qu’il fallait goûter avec caresses en pourparlers De manière à, comme il se doit, lui remettre les idées à l’endroit.
Les saules rieurs savent tout, notamment sur la Dolorès Qui vient souvent se mirer nue dans les eaux du fleuve aux couleurs. Je leur dois mon meilleur atout : le récit d’une centauresse Qui aurait suivi l’inconnue jusqu’à ses premières douleurs.
« Douleurs de quoi, douleurs de qui ? » Demandai-je à la fabuleuse Créature mi jument- mi femme qui ressemble un peu à ma sœur. « Elle a lu un cadavre exquis qui l’a rendue tant enjôleuse Qu’elle en a eu des crampes infâmes ; elle attend tes mains de masseur. »
Au bord du fleuve indélébile qui charrie les couleurs du temps, Deux saules rieurs se racontent comment le soleil est tombé. Comment après sa course débile il commit l’erreur du débutant En voulant se prendre à son compte toutes les étoiles surplombées.
J’ n’oublierai jamais son visage, pourtant l’image m’est impossible ; Je me souviens de tous ses traits mais son minois reste caché. J’y vois quand même le doux présage que c’est elle un jour, impassible, Qui reconnaîtra mon portrait et que je ne dois rien gâcher.
Le chat parti, les souris dansent et les intempéries aussi. Toutes les grenouilles ont quitté et leur échelle et leur bocal ; Les vents ont prit l’indépendance et les orages s’associent Avec les averses acquittées pour inonder notre local.
Au deuxième amour de voyage les premiers pas vous mettes à l’aise Les langues reviennent très vite dans les endroits appréciés. On pense même au mariage en veillant bien, à Dieu ne plaise, Que les traditions nous invitent à l’espoir que vous caressiez.
Le premier amour de voyage dans une contrée inconnue Apporte sa première langue étrangère à embrasser. Posséder le don du langage ouvre les lits les plus connus Mais, par un effet boomerang, vous êtes vites remplacés.
Désormais tous les « Blanc » s’appelleront « Legris » Pareil pour tous les « Noir » qui deviendront « Legris ». Désormais le « Mont Blanc » se nommera le « Mont Gris »; Les tableaux de « Renoir » seront œuvres de « Regris ».
Le maître au tableau gris, l’a écrit gris sur gris : « Montrez donc patte grise et vous serez admis Car en cas de méprise, ce sera le cachot gris ! » Le jour tout le monde a compris, la nuit les chats sont gris.
Emmanuel l’avait promis, Brigitte n’a pas démenti, Dans les rues, ça va castaner contre les désembouteillages ! Les gilets jaunes sont compromis, l’opposition anéantie Et tous les français basanés ne seront pas déçus du voyage.
De l’intérieur, tout paraît rouge et contraste avec l’extérieur Comme si les couleurs du ciel et de la terre étaient intruses. Dans la maison, tout le monde bouge ; au-dehors, le soleil rieur Semblerait bien préjudiciel à la dominante percluse.
La nuit, les chats n’y sont pas gris mais lie-de-vin ou cramoisi. Le chien dort au coin comme un loir, un loir cousin des rouges-gorges. La femme sans doute un peu aigrie à cause des odeurs de moisi Frotte d’acajou nonchaloir sa commode Louis XIV.
Tout allait bien jusqu’à ce que l’chat passa sa patte sur l’oreille. Le vent fraîchit et se leva puis, on entendit le tonnerre. L’orage gronda, la pluie cracha. Jamais vu de tempête pareille ! Du baromètre, on releva le chat sur le toit, débonnaire.
Partout sont les sirènes, partout sont les chimères, Dans les vagues en rouleaux, dans l’écume de mer. Partout elles sont reines, partout elles sont mères D’enfants naissant sous l’eau pour une vie éphémère.
Elles sont au marin, le virus de l’amour ; Elles sont à l’amour, le virus des fantasmes ; Elles sont aux fantasmes, le virus doux-amer ; Elles sont à la mer, le virus du marin.
La Voie Lactée, à l’origine, était bleutée, le saviez-vous ? Vénus et Mars faisaient la fête et avaient tracé une route Pour tous les êtres androgynes invités à ce rendez-vous Afin qu’elle guide leur comète directement chez eux, sans doute.
Comme elle n’avait pas trop d’idées pour s’habiller pour le dîner, Elle a tamisé la lumière de clair-obscur et de pénombre. Un peu de rouge dilapidé par un contrejour badiné Nous contenta, dans la chaumière, pour un tête-à-tête dans l’ombre.
Le temps s’enlace autour des os et chaque jour resserre un peu L’étreinte pour ceux qui ont peur d’arriver au jour de leur mort. Les pleurs font des dégâts des eaux, la vie s’amuse comme elle peut À envoyer toute la vapeur ce temps qui embrasse et qui mord.
Je serais Dieu, je m’enterrerais bien profondément dans la terre En espérant le plus possible le premier fou qui m’atteindrait. Puis, avec lui, s’engagerait la révélation des mystères Avec des miracles impossibles qui, jusqu’à la fin, attendraient.
Alors je laisserais ce fou contaminer d’autres idiots. « Plus on est de fou plus on rit ! » Ce serait mon commandement. Je laisserais en garde-fous des textes sacrés primordiaux Et le mot magique « INRI » pour couronner le fondement.
Toute légère et court vêtue, elle a jeté sa veste à l’eau Avec sa charge de vestale qui la faisait partir à vau-l’eau. Puis elle jeté sa vertu, elle s’est toquée d’un salaud Qui la mise sur un piédestal mais c’est elle qui va chercher l’eau.
Comme tout le monde -ou non, peut-être- enfin, comme ceux qui me ressemblent, J’ai une vestale dans le cœur qui veille sur mon feu sacré. Même si cela peut vous paraître des trucs qui ne vont pas ensemble, J’ai dans le cœur une liqueur, un eau-de-feu forte et sucrée.
Elle est d’abord née dans ma tête, j’aimais bien ça ; son intuition Qui me soufflait des solutions pour louvoyer entre les blâmes. Un jour, une forte tempête m’emporta en déperdition ; Elle prit donc la résolution de s’occuper du feu de l’âme.
Depuis, ma chaudière est en feu, j’ai toujours chaud mais jamais froid. Elle cumule les rôles de vestale et celui de mon ange-gardien. Je ne m’arrache plus les cheveux et je tremble plus d’effroi, Depuis que, sur mon piédestal, elle a tranché le nœud gordien.
Ma grand-mère, célèbre sorcière, m’a toujours tu la vérité ; « Tu comprendras tout ça plus tard ! » voilà tout ce qu’elle avait à dire. Toute petite, vieille mais fière, forte de sa témérité ; « Si t’es pas sage, le père Fouettard ! » voilà ses mots pour me maudire.
Toujours malade, hypocondriaque mais elle ne mourrait jamais ; Elle avait traversé deux guerres, peut-être trois, on ne sait jamais ; Elle logeait dans un paradisiaque gourbi, rue Émile Jamet ; Mon grand-père y était mort naguère pourtant, on n’en parlait jamais.
Jamais ne faisait de sourire, sa bouche en était déformée ; Jamais d’argent en tirelire, le porte-monnaie restait fermé ; Dans la vie, elle avait vu le pire, le meilleur s’était refermé ; Jamais n’était prête à en rire et tout sentait le renfermé.
Avec l’air des montagnes qui mènent aux toits du monde, Avec l’air de la mer qui mène aux continents, Avec l’air des campagnes où le vent vagabonde, Avec l’air doux-amer du vent prédominant,
Avec les cumulus pour unique frontière, Qui portent des tourmentes de transports en commun, Avec les gros nimbus qui couvrent la terre entière Et qui vous mouvementent vers des cieux opportuns,
Avec la liberté pour unique horizon, Avec la vérité pour unique passions, Avec légèreté pour unique raison, Avec sévérité pour seule compassion,