J’ai quelquefois vu que ma route s’arrêtait inopinément ; Un panneau venait m’avertir la fin de mon chemin de vie. La mort douce m’a mis en déroute, six ou sept fois obstinément ; Elle m’a pourtant laisser partir jusqu’à ce qu’elle en ait envie.
Lui, en posture dominatrice, le dos calé contre la porte Lui en interdisant l’accès ; il a pris possession des lieux. Sur le lit même pas défait, il a jeté son grand manteau Et le chapeau sur le bahut montre qu’il est maître partout.
Elle, prostrée lui tournant le dos, son corset arraché par terre, La bretelle de chemise baissée, la robe rabaissée aux genoux. Son coffret au couvercle ouvert, son intimité au grand jour Et la honte de voir son cœur exposé, humilié, violé.
J’ai ajouté une couleur aux reflets de ma plume rose Avec un flamant blanc-nacré pour pigmenter les mots de l’âme. J’exprime bien mieux les douleurs qu’a supportées mon cœur morose Et l’esprit rejoint le sacré de la déité de sa flamme.
Cherche-Midi, matou malin, s’intéresse de peu aux oiseaux ; Je l’ai vu prendre ce matin le chemin qui mène aux roseaux. En échange de trois câlins, il m’a emprunté mes ciseaux Et m’a tenu un baratin pour me présenter son réseau :
Des petites maisons tressées comme abris pour les volatiles Qu’il va planter sur notre toit car la technique est difficile. Ensuite, le voilà dressé avec un filet contractile Pour attraper, d’un air matois, ceux qui feront un’ proie facile.
Puisque les paroles s’envolent mais qu’elles demeurent écrites, La civilisation s’exprime sur ce que l’histoire raconte. Et lorsque les langues convolent depuis ses racines sanskrites, Sa descendance alors s’imprime dans le plus grand livre des contes.
Terre endémique et marsupiale du koala au kangourou, Terre soumise aborigène à la couronne britannique, Vaste superficie australe qui vit naître le lapin-garou, L’Australie figure l’allogène de la plus grande île océanique.
Dernière terre découverte par les peuples navigateurs, D’abord Maoris puis, Anglais qui ont rejoint l’oiseau insigne : Le kiwi chante à gueule ouverte, il danse en pacificateur Dans ces deux langues dont il jonglait avec le langage des signes.
Celle qui veut se faire plus grosse que le nuage et la tempête, Celle qui coasse et qui rigole quand il tombe des hallebardes, Celle qui rentre dans sa fosse lorsque le soleil se répète, Voyez comment elles dégringolent quand la météo s’fait bâtarde.
Depuis l’Afrique maternelle, les animaux ont émigré Au septentrion, vers l’occident et les grandes plaines d’orient. Au refrain d’une ritournelle, des nouveaux mondes dénigrés, On se replie par accident dans un chaos invariant.
Mystère sous l’austère habit qui cache son jardin secret. Qui saura donc déverrouiller ce virginal coffre à bijoux ? Mais s’il est du même acabit que le saint calice sacré, Alors la clef n’a pas rouillé car son propriétaire en joue.
Elle s’est tissée un’ deuxième peau, elle porte des talons aiguilles Et sur sa drôle de bobine, un chapeau à mètre-ruban. Elle a tressé, bien à propos, autour des joues en bas résille, Une fermeture coquine où elle range ses turbans.
Photo de Gary Dorsey et collage d’Austin Fashion sur https:www.behance.netgallery450865Austin-Fashion-Week-2010 .
L’espace occupé par l’amour, plus grand qu’une belle nuit d’été, Plus chaud qu’un milliard de soleil, plus dense que tout l’univers, Explose le compte-à-rebours, juste une seconde hébétée, Juste la fraction du réveil lorsqu’enfin le cœur s’est ouvert.
Herbe bleue… j’ai dû l’être un peu, passionnément et après tout Le bleu ne m’a pas empêché de rosir ma vie en rêveur. Tout le monde fait comme il peut, des trous, des piercings, des tattoos ; Moi, ça m’permet d’aller bêcher le cœur des jeunes filles en fleurs.
Qui oserait tordre le cou au volatile du Capitole pour fabriquer un édredon bien rembourré en plumes d’oie ? Mais il y a pire car beaucoup le font passer à la casserole Pour s’en empiffrer le bedon sans que l’on les montre du doigt.
Laissez-moi donc vous présenter la femme de l’épouvantail Qui n’effraie que les damoiseaux en mal d’amour de pastoureaux Dont les rêves se retrouvent hantés à s’prendre les pieds en éventail Parmi les ronces et les roseaux dont est tissée sa robe fourreau.
Le blues ne se limite point à la couleur des sentiments, Pas plus qu’au poids de l’oppression ou à la mort d’un de ses proches. Il est à l’équilibre ce point où bascule le ressentiment Qui imprégnera l’agression où le cœur et l’esprit s’accrochent.
Puisque le temps de la jeunesse nous apparaît interminable, Puisqu’en moyenne les promesses ne sont jamais réalisables, Les enfants et la politique possèdent ensemble la poudre aux yeux ; Pour les uns, un monde magique et pour les autres devenir gâteux.
Puisque l’école des sirènes paraît si dure et sélective, Il faut donner un avenir – je dirais même un coup de queue – À celles qui ont quitté l’arène mais dont les grâces effectives Graveront dans les souvenirs les plus beaux engouements aqueux.
Ouvrons la voie de la Marine aux pauvres sirènes ratées Qui atteindront, sans un malus, l’audace d’un marin réussi ! Laissons gonfler dans les narines cet air du large hydraté Qui donne aux filles mieux qu’un phallus ; l’intuition et la minutie
Or, la plupart les conducteurs ayant eu l’enfance frustrée De ne pas posséder le plus beau, le plus grand de tous les jouets, Montrent des troubles psychomoteurs s’ils n’parviennent pas à s’illustrer Et remettent à fond les turbos pour, les limites, déjouer.
La solution est évidente et un enfant l’aurait trouvée : Laissons conduire nos gamins pour résoudre leurs frustrations. Très tôt, les mettre sur la pente afin qu’ leurs pulsions éprouvées, Ils découvrent ainsi le chemin, dotés d’une bonne traction.
La portée du confinement, sur des vacances un peu forcées, Fait évoluer l’homo sapiens au consommateur de loisirs. La loi de l’emmagasinement par internet est renforcée Et il passe une vie de prince selon ses moindres désirs.
La nuit, lorsque mon chat a faim, il vient miauler jusqu’à mon lit. Or, à deux heures du matin, il est venu me réveiller. Je l’ai suivi dans la cuisine, mais non, le bougre a obliqué Vers le balcon pour me montrer et partager l’événement.
C’était la lune en plein quartier qu’il m’expliqua d’un miaulement Qui signifiait que désormais, j’étais devenu son ami. Après l’avoir remercié, il est rentré mais sans manger ; Nous avons regagné nos chambres, lui dans son lit, moi dans le mien.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Plus qu’un p’tit oiseau dans la tête, mieux qu’une cervelle d’alouette, Madame couve dans son nid, toutes ses pensées d’harmonie. De concert avec les mésanges et l’accréditation des anges, Elle a établi son réseau qu’elle qualifie de « Damoiseau ».
Entre le Grand Chien et le Cygne, en remontant la Voie Lactée, Lorsque la Lune te sourit, tu verras le Chat à ta droite. Amuse-le, fais-lui un signe, applique-toi à le contacter Car s’il te prend pour un’ souris, votre relation s’ra très étroite.
Dès qu’un oiseau fait son approche, petit minet devient grand tigre. Des tics agitent ses moustaches et soudain son corps se tapit. Alors plus la proie se rapproche plus le chat sous les ombres migre, Le vainqueur de ce cache-cache, c’est la réflexothérapie.
Pourquoi une fois couronné, le roi ne voit-il pas son peuple Comme s’il était devenu boiteux des organes de la perception ? Une fois qu’il a coiffé le bonnet du pouvoir, il paraît aveugle Et les borgnes les plus convoiteux n’y font même pas exception.
Ce matin, j’ai trouvé ces lignes qui se perdaient à l’horizon Aussi bien difficiles à lire que facile à suivre des yeux. Je n’en ai pas percé le signe d’une voie vers la guérison Mais au contraire le délire d’un poème en vers camaïeux.
J’ai tant rêvé que j’ai noté : « des rose-orange s’enflammant… » sur un papier pour mon réveil et ce matin, je fais chou-blanc. Pas la moindre idée connotée juste une impression de flammants Au Kenya gorgés de soleil et l’infini en arrière-plan.
Quand j’entreprends un exercice, je me fixe un cap à atteindre Mais plus je monte les étapes et plus l’objectif se prolonge. Il faudrait que je raccourcisse mes prétentions ou les restreindre Sinon mon ambition m’échappe et tout finit dans des mensonges.
Demain la technique saura comment rhabiller tous les nus Demain la censure pourra aux ronds-points et aux avenues, Gommer les seins, barrer les culs, flouter les sexes de tous poils, Prêcher la honte aux convaincus qui tiennent les cordons du poêle.
On enlèvera les cigarettes, la pipe au bec des comédiens, On changera tous les gros mots par du politiquement correct. Dans les romans, chaque amourette sera chaperonnée par un gardien Des mœurs et enfin les homos seront neutralisés direct.
Les chats siamois, de Thaïlande ou sylves sauvages de Norvège, Avec les roux, les noirs, les blancs et les chats tigrés de gouttière, Toutes les nuits nous enguirlandent pour bouffer, sortir ou que sais-je Tant et si bien qu’il est troublant qu’ils n’aient, eux, aucune frontière.
Le gros Maine Coon vient d’Amérique, le pays de la démesure Et le chat nu viendrait de Chine – à moins qu’ ce n’ soit du Canada – Toujours est-il qu’apriorique que soit le chat contre nature, Il pèse et nous courbe l’échine et jusqu’au bout nous rend fadas.
Ell’ s’était fait coudre une robe de la couleur d’un chien de race Et quand ell’ vous passait devant vous voyiez son garde du corps. Or pour espérer que se dérobe cette pudique carapace, Il vous fallait, sur le divan, faire le beau et pire encor’.
Bien sûr, une femme légère ne doit pas être prise à la légère ; Il faut savoir faire son choix par les plus belles filles de joie. Pas question de juste essayer, vous devrez toutefois payer Mais une prime vous assagit ; un’ remise de blennorragie.
Je préfère « entre de beaux draps » plutôt qu’ « entouré de beau linge » ; Je préfère être entre vos bras que dans vos parties de méninges ; Je préfère la femme publique à l’a pute de la république ; Et enfin la fille de joie qu’aux réjouissances des villageois.
La Croix rouge change son emblème, une croix rouge sur fond blanc, Pour une femme sur fond noir, visage et roses rouge sang. La femme n’est pas un problème, le rouge sang n’est pas troublant ; Pourquoi ce fond de désespoir ? Pour que l’espoir soit cent pour cent !
Quand ell’ marmonne et soliloque si l’objectif n’est pas au centre, Ell’ guette le sujet découvert et le renvoie au postérieur. La photographe ventriloque prend des photos qui parlent au ventre Dont le nombril, demeure ouvert, seul témoin avec l’extérieur.
Terminé de se chamailler pour des marins si chauds lapins Qu’ils ont une femme dans chaque port et une sirène dans le hamac. Elles se sont mises à démailler des nœuds aux ragots des tapins Et quand elles viennent faire leur rapport, les femmes crient : « Oh Tabarnak ! »
Pendant certaines parties d’échecs, les cavaliers courtisent les dames Et les chevaux paissent au hasard parmi les pièces et les pions. Jusqu’à c’ que Messieurs les évêques brandissent le péché infâme Contr’ ces chevaliers partouzards qui ont attrapé des morpions.
Il suffirait d’un sombrero assez large et assez léger Pour protéger pudiquement le corps par l’ombre générée. Remplacez donc vos boléros, sortez en tenue allégée Et sans le moindre vêtement puisqu’ celui-ci est suggéré !
Je les imagine tressés pour ombrer l’ corps d’un écossais Ou bien avec de fines rayures pour faire un bronzage à zébrure. Je vous conseille, sans vous presser, avant qu’ les stocks soient défaussés, D’aller quérir votre galure et faire la nique à la censure.
J’aim’ voir la liberté en marche ou plutôt rouler sous le vent Qui s’engouffre dans ses vêtements et les transforme en oriflamme. J’aime l’audace matriarche qui ouvre la voie au levant Pour délivrer complètement de l’oppression toutes les femmes.
Comme quoi, les prières du soir ne sont pas tombées dans l’oubli Car un ange a pris la commande de la descendante de Marie. Comme il ne pouvait plus surseoir à ce qu’elle soit rétablie, Son père accepta sa demande et lui accorda son mari.
Au tabac et à la picole, elle s’était défaite, impavide, Pour l’atmosphère parfumée par une vie d’anachorète. Tandis que les vapeurs d’alcool saturaient ses envies de vide, Ses rêves partirent en fumée en volutes de cigarette.
Puisque les rêves en noir et blanc veulent imposer leur pouvoir, Rien que pour les contrarier, cette nuit, je rêverai de roses. Point n’ai besoin de faux-semblants et je vais tellement en vouloir Que je vais même me marier avec un’ fille à l’air morose.
Lorsque les rêves en noir et blanc restent noyés dans la fumée, L’explication reste cachée derrière un rideau de douleur. Cependant qu’en arrière-plan marche une fille costumée, Pardi, ce ne peut être que Morphée qui met du noir dans ses couleurs.
Beaucoup de rêves en noir et blanc révèlent une seule couleur. Cette nuit, le rouge était mis comme une poignée de framboise Que je dégustait en tremblant pour ne pas causer de douleur Dans les cheveux de mon amie qui m’ faisait un’ mine pantoise.
Ce couple de souffleurs de verres se détendait en compagnie De quelques bulles de savon qui s’envolaient de leur terrasse Et que lorgnaient d’un œil sévère une paire de bengalis Qui – maintenant nous le savons – n’aimaient pas trop qu’on les harasse.
Car ils craignaient la concurrence de ces poids plus légers que l’air Et qui volaient béatement comme des oiseaux sans cervelle. Il était vrai, qu’en l’occurrence, deux pigeons au vocabulaire Restreint et sans débattement les qualifiaient de bartavelles.
Tableau d’Armen Gasparyan sur http:art-vzglyad.rugasparyan_armen .
Comme elle sortait de sa douche, juste vêtue d’une serviette, Les mains passées dans les cheveux, seins nus et mamelons turgescents, Elle ouït sortis d’une bouche qui lui parlait à l’oreillette, Ces mots-là : « C’est toi que je veux ! » émis d’un ton bouleversant.
Elle se retourna d’un bond pour corriger le polisson Qui avait proféré l’audace d’une pareille effronterie. C’était ce drôle de vagabond, ce nain vêtu d’un Pellisson, Qui venait, de façon fadasse, faire une drôle de plaisanterie.
Tableau d’Armen Gasparyan sur http:art-vzglyad.rugasparyan_armen .
Comme un château de porcelaine et céramique de Moustier, Elle avait peint son petit monde avec la terre des potiers. Elle adorait les capitaines dans les romans de flibustiers Dont les épopées vagabondes chaviraient son cœur tout entier.
Les oiseaux régnaient dans son cœur rempli de nids et d’alvéoles Où elle bichonnait chaque œuf comme trésor le plus précieux. Elle guettait le petit chœur des oisillons – tous fils d’Éole – Qui lui offraient un bonheur neuf à chaque avènement facétieux.
Elle ne voit pas avec ses yeux mais par un vol de tourterelles Qui lui apportent les présages dont elle m’offre la primauté. Je ne suis pas superstitieux mais sa sagesse intemporelle, Bien qu’elle cache son visage, m’apparaît de toute beauté.
Tableau d’Ofra Amit sur https:cuadernoderetazos.wordpress.com20120831desde-israel-ofra-amitamp .
Son père lui a bien accroché sa balançoire au plus grand chêne Que la petit’ fille a adoré car ell’ lui confie ses secrets. Tout ce qui lui est reproché passe par les branches qui déchaînent La clairvoyance des forêts à travers son ami sacré.
Tableau d’Ofra Amit sur https:cuadernoderetazos.wordpress.com20120831desde-israel-ofra-amitamp .