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  • La mort douce

    La mort douce

    J’ai quelquefois vu que ma route s’arrêtait inopinément ;
    Un panneau venait m’avertir la fin de mon chemin de vie.
    La mort douce m’a mis en déroute, six ou sept fois obstinément ;
    Elle m’a pourtant laisser partir jusqu’à ce qu’elle en ait envie.

    Tableau de Dave McKean.

  • Le viol

    Le viol

    Lui, en posture dominatrice, le dos calé contre la porte
    Lui en interdisant l’accès ; il a pris possession des lieux.
    Sur le lit même pas défait, il a jeté son grand manteau
    Et le chapeau sur le bahut montre qu’il est maître partout.

    Elle, prostrée lui tournant le dos, son corset arraché par terre,
    La bretelle de chemise baissée, la robe rabaissée aux genoux.
    Son coffret au couvercle ouvert, son intimité au grand jour
    Et la honte de voir son cœur exposé, humilié, violé.

    Tableau d’Edgar Degas.

  • À la plume des flamants bicolores

    À la plume des flamants bicolores

    J’ai ajouté une couleur aux reflets de ma plume rose
    Avec un flamant blanc-nacré pour pigmenter les mots de l’âme.
    J’exprime bien mieux les douleurs qu’a supportées mon cœur morose
    Et l’esprit rejoint le sacré de la déité de sa flamme.

    Tableau de Alexander Sigov.

  • Matou malin

    Cherche-Midi, matou malin, s’intéresse de peu aux oiseaux ;
    Je l’ai vu prendre ce matin le chemin qui mène aux roseaux.
    En échange de trois câlins, il m’a emprunté mes ciseaux
    Et m’a tenu un baratin pour me présenter son réseau :

    Des petites maisons tressées comme abris pour les volatiles
    Qu’il va planter sur notre toit car la technique est difficile.
    Ensuite, le voilà dressé avec un filet contractile
    Pour attraper, d’un air matois, ceux qui feront un’ proie facile.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • Le plus grand livre des contes

    Le plus grand livre des contes

    Puisque les paroles s’envolent mais qu’elles demeurent écrites,
    La civilisation s’exprime sur ce que l’histoire raconte.
    Et lorsque les langues convolent depuis ses racines sanskrites,
    Sa descendance alors s’imprime dans le plus grand livre des contes.

    Tableau de Vladimir Gvozdariki.

  • Australie

    Australie

    Terre endémique et marsupiale du koala au kangourou,
    Terre soumise aborigène à la couronne britannique,
    Vaste superficie australe qui vit naître le lapin-garou,
    L’Australie figure l’allogène de la plus grande île océanique.

    Illustration de Theresa Grieben.

  • La terre du Kiwi

    La terre du Kiwi

    Dernière terre découverte par les peuples navigateurs,
    D’abord Maoris puis, Anglais qui ont rejoint l’oiseau insigne :
    Le kiwi chante à gueule ouverte, il danse en pacificateur
    Dans ces deux langues dont il jonglait avec le langage des signes.

    Illustration de Theresa Grieben.

  • Les reines de la météo

    Les reines de la météo

    Celle qui veut se faire plus grosse que le nuage et la tempête,
    Celle qui coasse et qui rigole quand il tombe des hallebardes,
    Celle qui rentre dans sa fosse lorsque le soleil se répète,
    Voyez comment elles dégringolent quand la météo s’fait bâtarde.

    Illustration de Jody Bergsma.

  • Migrations

    Migrations

    Depuis l’Afrique maternelle, les animaux ont émigré
    Au septentrion, vers l’occident et les grandes plaines d’orient.
    Au refrain d’une ritournelle, des nouveaux mondes dénigrés,
    On se replie par accident dans un chaos invariant.

    Photo de Clark Oden.

  • Sous la burqa la plage

    Mystère sous l’austère habit qui cache son jardin secret.
    Qui saura donc déverrouiller ce virginal coffre à bijoux ?
    Mais s’il est du même acabit que le saint calice sacré,
    Alors la clef n’a pas rouillé car son propriétaire en joue.

    Tableau de Léon Samoilovitch Bakst.

  • La couturière

    La couturière

    Elle s’est tissée un’ deuxième peau, elle porte des talons aiguilles
    Et sur sa drôle de bobine, un chapeau à mètre-ruban.
    Elle a tressé, bien à propos, autour des joues en bas résille,
    Une fermeture coquine où elle range ses turbans.

    Photo de Gary Dorsey et collage d’Austin Fashion sur https:www.behance.netgallery450865Austin-Fashion-Week-2010 .

  • Le temps de l’amour

    Le temps de l’amour

    L’espace occupé par l’amour, plus grand qu’une belle nuit d’été,
    Plus chaud qu’un milliard de soleil, plus dense que tout l’univers,
    Explose le compte-à-rebours, juste une seconde hébétée,
    Juste la fraction du réveil lorsqu’enfin le cœur s’est ouvert.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Herbe bleue

    Herbe bleue

    Herbe bleue… j’ai dû l’être un peu, passionnément et après tout
    Le bleu ne m’a pas empêché de rosir ma vie en rêveur.
    Tout le monde fait comme il peut, des trous, des piercings, des tattoos ;
    Moi, ça m’permet d’aller bêcher le cœur des jeunes filles en fleurs.

    Photo de Mara Saiz.

  • En plumes d’oie

    En plumes d’oie

    Qui oserait tordre le cou au volatile du Capitole
    pour fabriquer un édredon bien rembourré en plumes d’oie ?
    Mais il y a pire car beaucoup le font passer à la casserole
    Pour s’en empiffrer le bedon sans que l’on les montre du doigt.

    Photo de Mirella Bee.

  • la femme de l’épouvantail

    la femme de l’épouvantail

    Laissez-moi donc vous présenter la femme de l’épouvantail
    Qui n’effraie que les damoiseaux en mal d’amour de pastoureaux
    Dont les rêves se retrouvent hantés à s’prendre les pieds en éventail
    Parmi les ronces et les roseaux dont est tissée sa robe fourreau.

    Photo d’un « joli cauchemar » par Diana Dihaze.

  • Out of blues

    Out of blues

    Le blues ne se limite point à la couleur des sentiments,
    Pas plus qu’au poids de l’oppression ou à la mort d’un de ses proches.
    Il est à l’équilibre ce point où bascule le ressentiment
    Qui imprégnera l’agression où le cœur et l’esprit s’accrochent.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Les enfants de la politique

    Les enfants de la politique

    Puisque le temps de la jeunesse nous apparaît interminable,
    Puisqu’en moyenne les promesses ne sont jamais réalisables,
    Les enfants et la politique possèdent ensemble la poudre aux yeux ;
    Pour les uns, un monde magique et pour les autres devenir gâteux.

    Photo de Natalia Zakonova.

  • Larguez les amarres !

    Puisque l’école des sirènes paraît si dure et sélective,
    Il faut donner un avenir – je dirais même un coup de queue –
    À celles qui ont quitté l’arène mais dont les grâces effectives
    Graveront dans les souvenirs les plus beaux engouements aqueux.

    Ouvrons la voie de la Marine aux pauvres sirènes ratées
    Qui atteindront, sans un malus, l’audace d’un marin réussi !
    Laissons gonfler dans les narines cet air du large hydraté
    Qui donne aux filles mieux qu’un phallus ; l’intuition et la minutie

    Photo de Natalia Zakonova.

  • Roulez jeunesse !

    Or, la plupart les conducteurs ayant eu l’enfance frustrée
    De ne pas posséder le plus beau, le plus grand de tous les jouets,
    Montrent des troubles psychomoteurs s’ils n’parviennent pas à s’illustrer
    Et remettent à fond les turbos pour, les limites, déjouer.

    La solution est évidente et un enfant l’aurait trouvée :
    Laissons conduire nos gamins pour résoudre leurs frustrations.
    Très tôt, les mettre sur la pente afin qu’ leurs pulsions éprouvées,
    Ils découvrent ainsi le chemin, dotés d’une bonne traction.

    Photo de Natalia Zakonova.

  • L’homo sine dolor

    La portée du confinement, sur des vacances un peu forcées,
    Fait évoluer l’homo sapiens au consommateur de loisirs.
    La loi de l’emmagasinement par internet est renforcée
    Et il passe une vie de prince selon ses moindres désirs.

    Tableau de Georges Seurat.

  • Cherche-Minuit

    Cherche-Minuit

    La nuit, lorsque mon chat a faim, il vient miauler jusqu’à mon lit.
    Or, à deux heures du matin, il est venu me réveiller.
    Je l’ai suivi dans la cuisine, mais non, le bougre a obliqué
    Vers le balcon pour me montrer et partager l’événement.

    C’était la lune en plein quartier qu’il m’expliqua d’un miaulement
    Qui signifiait que désormais, j’étais devenu son ami.
    Après l’avoir remercié, il est rentré mais sans manger ;
    Nous avons regagné nos chambres, lui dans son lit, moi dans le mien.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le réseau Damoiseau

    Le réseau Damoiseau

    Plus qu’un p’tit oiseau dans la tête, mieux qu’une cervelle d’alouette,
    Madame couve dans son nid, toutes ses pensées d’harmonie.
    De concert avec les mésanges et l’accréditation des anges,
    Elle a établi son réseau qu’elle qualifie de « Damoiseau ».

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La constellation du Chat

    La constellation du Chat

    Entre le Grand Chien et le Cygne, en remontant la Voie Lactée,
    Lorsque la Lune te sourit, tu verras le Chat à ta droite.
    Amuse-le, fais-lui un signe, applique-toi à le contacter
    Car s’il te prend pour un’ souris, votre relation s’ra très étroite.

    Tableau de Raphaël Vavasseur.

  • Réflexothérapie

    Réflexothérapie

    Dès qu’un oiseau fait son approche, petit minet devient grand tigre.
    Des tics agitent ses moustaches et soudain son corps se tapit.
    Alors plus la proie se rapproche plus le chat sous les ombres migre,
    Le vainqueur de ce cache-cache, c’est la réflexothérapie.

    Tableau de Gretzky.

  • Le roi aveugle

    Le roi aveugle

    Pourquoi une fois couronné, le roi ne voit-il pas son peuple
    Comme s’il était devenu boiteux des organes de la perception ?
    Une fois qu’il a coiffé le bonnet du pouvoir, il paraît aveugle
    Et les borgnes les plus convoiteux n’y font même pas exception.

    Tableau de Tomasz Alen Kopera.

  • Rêves en mauve

    Rêves en mauve

    Ce matin, j’ai trouvé ces lignes qui se perdaient à l’horizon
    Aussi bien difficiles à lire que facile à suivre des yeux.
    Je n’en ai pas percé le signe d’une voie vers la guérison
    Mais au contraire le délire d’un poème en vers camaïeux.

    Photo de Kristina Makeeva.

  • Rêves en rose

    Rêves en rose

    J’ai tant rêvé que j’ai noté : « des rose-orange s’enflammant… »
    sur un papier pour mon réveil et ce matin, je fais chou-blanc.
    Pas la moindre idée connotée juste une impression de flammants
    Au Kenya gorgés de soleil et l’infini en arrière-plan.

    Photo de Kristina Makeeva.

  • Jusqu’ici mais pas plus loin !

    Jusqu’ici mais pas plus loin !

    Quand j’entreprends un exercice, je me fixe un cap à atteindre
    Mais plus je monte les étapes et plus l’objectif se prolonge.
    Il faudrait que je raccourcisse mes prétentions ou les restreindre
    Sinon mon ambition m’échappe et tout finit dans des mensonges.

    Même image que « Tu habites ici » du 08.07.2018

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Gare au Goya !

    Demain la technique saura comment rhabiller tous les nus
    Demain la censure pourra aux ronds-points et aux avenues,
    Gommer les seins, barrer les culs, flouter les sexes de tous poils,
    Prêcher la honte aux convaincus qui tiennent les cordons du poêle.

    On enlèvera les cigarettes, la pipe au bec des comédiens,
    On changera tous les gros mots par du politiquement correct.
    Dans les romans, chaque amourette sera chaperonnée par un gardien
    Des mœurs et enfin les homos seront neutralisés direct.

    Tableaux de Francisco Goya.

  • Les chats autour du monde

    Les chats siamois, de Thaïlande ou sylves sauvages de Norvège,
    Avec les roux, les noirs, les blancs et les chats tigrés de gouttière,
    Toutes les nuits nous enguirlandent pour bouffer, sortir ou que sais-je
    Tant et si bien qu’il est troublant qu’ils n’aient, eux, aucune frontière.

    Le gros Maine Coon vient d’Amérique, le pays de la démesure
    Et le chat nu viendrait de Chine – à moins qu’ ce n’ soit du Canada –
    Toujours est-il qu’apriorique que soit le chat contre nature,
    Il pèse et nous courbe l’échine et jusqu’au bout nous rend fadas.

    Tableaux de Ryan Conners.

  • Où est le chien ?

    Où est le chien ?

    Ell’ s’était fait coudre une robe de la couleur d’un chien de race
    Et quand ell’ vous passait devant vous voyiez son garde du corps.
    Or pour espérer que se dérobe cette pudique carapace,
    Il vous fallait, sur le divan, faire le beau et pire encor’.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le client est roi

    Le client est roi

    Bien sûr, une femme légère ne doit pas être prise à la légère ;
    Il faut savoir faire son choix par les plus belles filles de joie.
    Pas question de juste essayer, vous devrez toutefois payer
    Mais une prime vous assagit ; un’ remise de blennorragie.

    Tableau d’Edgar Degas.

  • Question de goût

    Question de goût

    Je préfère « entre de beaux draps » plutôt qu’ « entouré de beau linge » ;
    Je préfère être entre vos bras que dans vos parties de méninges ;
    Je préfère la femme publique à l’a pute de la république ;
    Et enfin la fille de joie qu’aux réjouissances des villageois.

    Tableau d’Edgar Degas.

  • La croix rouge

    La croix rouge

    La Croix rouge change son emblème, une croix rouge sur fond blanc,
    Pour une femme sur fond noir, visage et roses rouge sang.
    La femme n’est pas un problème, le rouge sang n’est pas troublant ;
    Pourquoi ce fond de désespoir ? Pour que l’espoir soit cent pour cent !

    Photo de Stefan Gesell.

  • La photographe

    La photographe

    Quand ell’ marmonne et soliloque si l’objectif n’est pas au centre,
    Ell’ guette le sujet découvert et le renvoie au postérieur.
    La photographe ventriloque prend des photos qui parlent au ventre
    Dont le nombril, demeure ouvert, seul témoin avec l’extérieur.

    Tableau de Suamo.

  • La coopérative des sirènes

    La coopérative des sirènes

    Terminé de se chamailler pour des marins si chauds lapins
    Qu’ils ont une femme dans chaque port et une sirène dans le hamac.
    Elles se sont mises à démailler des nœuds aux ragots des tapins
    Et quand elles viennent faire leur rapport, les femmes crient : «  Oh Tabarnak ! »

    Tableau de Ralph Eugene Cahoon.

  • Cheval, cavaliers et morpions

    Cheval, cavaliers et morpions

    Pendant certaines parties d’échecs, les cavaliers courtisent les dames
    Et les chevaux paissent au hasard parmi les pièces et les pions.
    Jusqu’à c’ que Messieurs les évêques brandissent le péché infâme
    Contr’ ces chevaliers partouzards qui ont attrapé des morpions.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • Pudiques sombreros

    Il suffirait d’un sombrero assez large et assez léger
    Pour protéger pudiquement le corps par l’ombre générée.
    Remplacez donc vos boléros, sortez en tenue allégée
    Et sans le moindre vêtement puisqu’ celui-ci est suggéré !

    Je les imagine tressés pour ombrer l’ corps d’un écossais
    Ou bien avec de fines rayures pour faire un bronzage à zébrure.
    Je vous conseille, sans vous presser, avant qu’ les stocks soient défaussés,
    D’aller quérir votre galure et faire la nique à la censure.

    Tableau d’Ute Hadam.

  • La liberté en marche

    La liberté en marche

    J’aim’ voir la liberté en marche ou plutôt rouler sous le vent
    Qui s’engouffre dans ses vêtements et les transforme en oriflamme.
    J’aime l’audace matriarche qui ouvre la voie au levant
    Pour délivrer complètement de l’oppression toutes les femmes.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • Un ange est né

    Un ange est né

    Comme quoi, les prières du soir ne sont pas tombées dans l’oubli
    Car un ange a pris la commande de la descendante de Marie.
    Comme il ne pouvait plus surseoir à ce qu’elle soit rétablie,
    Son père accepta sa demande et lui accorda son mari.

    Illustration de Neda Azimi..

  • La tentation

    La tentation

    Au tabac et à la picole, elle s’était défaite, impavide,
    Pour l’atmosphère parfumée par une vie d’anachorète.
    Tandis que les vapeurs d’alcool saturaient ses envies de vide,
    Ses rêves partirent en fumée en volutes de cigarette.

    Tableau d’auteur inconnu.

  • Rêve en rose

    Rêve en rose

    Puisque les rêves en noir et blanc veulent imposer leur pouvoir,
    Rien que pour les contrarier, cette nuit, je rêverai de roses.
    Point n’ai besoin de faux-semblants et je vais tellement en vouloir
    Que je vais même me marier avec un’ fille à l’air morose.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Rêve en noir

    Rêve en noir

    Lorsque les rêves en noir et blanc restent noyés dans la fumée,
    L’explication reste cachée derrière un rideau de douleur.
    Cependant qu’en arrière-plan marche une fille costumée,
    Pardi, ce ne peut être que Morphée qui met du noir dans ses couleurs.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Rêve en rouge

    Rêve en rouge

    Beaucoup de rêves en noir et blanc révèlent une seule couleur.
    Cette nuit, le rouge était mis comme une poignée de framboise
    Que je dégustait en tremblant pour ne pas causer de douleur
    Dans les cheveux de mon amie qui m’ faisait un’ mine pantoise.

    Photo de Sarah Jarrett.

  • Les bulles béates

    Ce couple de souffleurs de verres se détendait en compagnie
    De quelques bulles de savon qui s’envolaient de leur terrasse
    Et que lorgnaient d’un œil sévère une paire de bengalis
    Qui – maintenant nous le savons – n’aimaient pas trop qu’on les harasse.

    Car ils craignaient la concurrence de ces poids plus légers que l’air
    Et qui volaient béatement comme des oiseaux sans cervelle.
    Il était vrai, qu’en l’occurrence, deux pigeons au vocabulaire
    Restreint et sans débattement les qualifiaient de bartavelles.

    Tableau d’Armen Gasparyan sur http:art-vzglyad.rugasparyan_armen .

  • La polissonnerie

    Comme elle sortait de sa douche, juste vêtue d’une serviette,
    Les mains passées dans les cheveux, seins nus et mamelons turgescents,
    Elle ouït sortis d’une bouche qui lui parlait à l’oreillette,
    Ces mots-là : « C’est toi que je veux ! » émis d’un ton bouleversant.

    Elle se retourna d’un bond pour corriger le polisson
    Qui avait proféré l’audace d’une pareille effronterie.
    C’était ce drôle de vagabond, ce nain vêtu d’un Pellisson,
    Qui venait, de façon fadasse, faire une drôle de plaisanterie.

    Tableau d’Armen Gasparyan sur http:art-vzglyad.rugasparyan_armen .

  • Le château de porcelaine

    Le château de porcelaine

    Comme un château de porcelaine et céramique de Moustier,
    Elle avait peint son petit monde avec la terre des potiers.
    Elle adorait les capitaines dans les romans de flibustiers
    Dont les épopées vagabondes chaviraient son cœur tout entier.

    Tableau d’Anna Surgan.

  • Les fils d’Éole

    Les fils d’Éole

    Les oiseaux régnaient dans son cœur rempli de nids et d’alvéoles
    Où elle bichonnait chaque œuf comme trésor le plus précieux.
    Elle guettait le petit chœur des oisillons – tous fils d’Éole –
    Qui lui offraient un bonheur neuf à chaque avènement facétieux.

    Tableau d’Anna Surgan.

  • L’oracle aux tourterelles

    L’oracle aux tourterelles

    Elle ne voit pas avec ses yeux mais par un vol de tourterelles
    Qui lui apportent les présages dont elle m’offre la primauté.
    Je ne suis pas superstitieux mais sa sagesse intemporelle,
    Bien qu’elle cache son visage, m’apparaît de toute beauté.

    Tableau d’Ofra Amit sur https:cuadernoderetazos.wordpress.com20120831desde-israel-ofra-amitamp .

  • La balançoire imaginaire

    La balançoire imaginaire

    Son père lui a bien accroché sa balançoire au plus grand chêne
    Que la petit’ fille a adoré car ell’ lui confie ses secrets.
    Tout ce qui lui est reproché passe par les branches qui déchaînent
    La clairvoyance des forêts à travers son ami sacré.

    Tableau d’Ofra Amit sur https:cuadernoderetazos.wordpress.com20120831desde-israel-ofra-amitamp .