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  • Duo zébré

    Comme le clavier d’un piano rayé de noir, rayé de blanc,
    Les musiciens jouent en duo paré de leurs belles rayures.
    Car Luis et Mariano, même s’ils ne sont pas ressemblants
    Avec leurs chemises fluos se reconnaissent à leur allure.

    Pourquoi donc l’emblème du zèbre ? C’est lors d’un séjour en Afrique,
    Alors qu’ils étaient débutants, qu’ils l’ont croisé dans sa savane.
    Depuis ils sont devenus célèbres car ils ont mis dans leur musique
    Ce noir et blanc se culbutant dans un mouvement de pavane.

    Tableau de Pascal Merlet.

  • La licorne joyeuse

    La licorne joyeuse

    La licorne serait télépathe, du moins c’est ce que j’en ai lu.
    Alors j’aimerais rencontrer cette créature fabuleuse
    Pour, tout d’abord, qu’elle m’épate par sa faculté d’absolu
    De savoir venir à l’encontre de ma mémoire nébuleuse.

    Tableau de Sergio Vergara sur https:www.artmajeur.comensergiopintoartworks7006147el-toro-massimo .

  • Le taureau fantaisiste

    Le taureau fantaisiste

    On dit souvent que le taureau n’est pas trop imaginatif,
    Qu’il rumine sa marguerite sans dévier de son chemin.
    Mais il s’en moque d’être un héros ! Son espoir déterminatif,
    C’est vivre une vie émérite, du pain, du vin à portée d’ main.

    Tableau de Sergio Vergara sur https:www.artmajeur.comensergiopintoartworks7006147el-toro-massimo .

  • Les deux reines de la nuit

    Dans le royaume de la nuit, deux reines partagent le règne ;
    Lucifer, prince des ténèbres, n’a jamais su se décider.
    Bien sûr, l’une des deux s’ennuie que son monarque la contraigne
    Tandis que la seconde célèbre sa nuit de noces rétrocédée.

    Elle fulmine, elle est jalouse, elle fomente dans la tourmente
    Tandis que l’autre jouit du sceptre dans la couche de Lucifer
    Mais qui demain aura le blues car elle ne sera plus l’amante
    Mais celle’ qui sentira le spectre de l’ennui comme un crucifère.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • La sirène et le cheval de bois

    Si les sirènes n’existaient pas et les chevaux ne parlaient pas,
    Je n’aurais pu vous raconter ce que mon chat m’a rapporté
    Qu’il appris par ses amis – des rats de Mésopotamie –
    À propos d’une cavalière et sa monture singulière.

    Alors… il était une fois, un intrépide cheval de bois
    Qui coula à pic lors d’un naufrage et connut d’autres pâturages.
    Une sirène l’apprivoisa et le cheval en pavoisa
    Tant qu’ils connurent l’aventure et l’amour en villégiature.

    Tableau de Peter Mitchev.

  • Les châteaux de cartes

    Les châteaux de cartes

    Les yeux bandés, elle s’entraine à bâtir des châteaux de cartes
    Car ell’ sent des doigts la substance sur laquelle s’appuie tout l’espace.
    Comme les secondes s’égrènent du temps qui peu à peu s’écarte,
    Elle requiert une assistance auprès du premier ange qui passe.

    Tableau de Sergio Cerchi sur https:ociointeligenteparavivirmejor.blogspot.com201605pintores-de-hoy-84-sergio-cerchi.html?m=1 .

  • Le coup de peigne

    Le coup de peigne

    Un coup de peigne sur les cheveux bien droit sur la poitrine offerte
    Mais cachée par l’oiseau en cage qui s’est déposé sur le buste.
    On ne le voit pas, c’est ce qu’elle veut ; évidemment elle déconcerte
    Elle joue avec les trucages dont le bon sens nous tarabuste.

    Tableau de Sergio Cerchi sur https:ociointeligenteparavivirmejor.blogspot.com201605pintores-de-hoy-84-sergio-cerchi.html?m=1 .

  • Nue ou vêtue ? 3

    Nue ou vêtue ? 3

    Je l’ai revue une dernière fois toujours comme à l’accoutumée ;
    Je portais encore son chapeau, ell’ m’a dit qu’ell’ devait partir
    Auprès de ses amis d’autrefois car sa flamme était consumée
    Et comme je l’avais dans la peau, je n’ai rien su lui répartir.

    Tableau de Rodolfo Ledel.

  • Nue ou vêtue ? 2

    Nue ou vêtue ? 2

    Je l’ai revue juste vêtue de son chapeau
    Qu’elle portait entre les cuisses pour me saluer.
    Elle le leva trois fois de suite comme un appeau ;
    Je vous promets que j’ai eu le temps de l’évaluer.

    Hypnotisé, je m’approchai du fruit tendu.
    Elle me coiffa de son chapeau et m’embrassa.
    Puis, elle m’a déshabillé, bien entendu,
    Me fit l’amour et, son couvre-chef, ramassa.

    Elle me l’offrit en souvenir de l’aventure,
    Me baisa une dernière fois puis, disparut.
    Depuis je porte ce chapeau plein de peinture
    Par les chemins de la forêt qu’ j’’ai parcourus.

    Tableau de Rodolfo Ledel.

  • Nue ou vêtue ? 1

    Nue ou vêtue ? 1

    Jamais. Je ne saurais jamais si elle était nue ou vêtue.
    Je l’ai rencontrée en forêt tandis qu’elle m’observait venir.
    Moi, je pensais qu’elle se pâmait juste de peinture revêtue
    Mais elle a fui sans ignorer que je garderai son souvenir.

    Tableau de Rodolfo Ledel.

  • L’invite au voyage

    L’invite au voyage

    J’aurai plus rêvé que vécu dans mon existence de fou
    Tant il existe de belles femmes qui invitent aux plus beaux voyages.
    J’en reste même sur le cul tellement tous ces rendez-vous
    Se déclenchent tandis que ma dame croit que j’écris mes scribouillages.

    Tableau de Joan Marti.

  • Morphée en robe crinoline

    Morphée en robe crinoline

    Je ne me souviens plus très bien… était-ce un chat ou un bichon
    Grognant assis à ses côtés chaque fois qu’elle me parlait ?
    Tandis qu’un couple microbien installé à califourchon
    Sur son chapeau tout fagoté de fleurs des champs et d’orge perlé.

    Lorsque je pose une question, la réponse n’ se fait pas attendre
    Mais elle arrive dans mes rêves d’une manière sibylline.
    Après trois jours de digestion parfois je commence à comprendre
    En revoyant l’image brève de Morphée en robe crinoline.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • La reine des limbes

    La reine des limbes

    Parmi les êtres fantastiques qui peuplent le monde des rêves,
    La reine ambulante des limbes vaut bien son poids en angevines !
    Avec sa couronne orgasmique qui résonne d’une onde brève
    Comme une sainte dont la nimbe émet la lumière divine.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Le choix d’Arlequine

    Le choix d’Arlequine

    Quand elle arbore son bicorne, Arlequine veut communiquer
    Qu’elle hésite entre deux amants et ne sait vers lequel pencher.
    D’un cancer ou d’un capricorne, lequel des deux va forniquer ?
    Lequel va la rendre maman ? Duquel son cœur va s’épancher ?

    Le chapeau lui sert de balance, comme Cupidon son pendule,
    Qui pèse l’âme et l’énergie élue du prétendant vainqueur.
    Bientôt elle rompra le silence aussitôt qu’une corne ondule
    Afin d’entrer en synergie avec le maître de son cœur.

    Tableau de Nikolai Fedyaev.

  • Les couleurs de la musique

    Les couleurs de la musique

    La musique aurait des couleurs qui ne se voient qu’avec le cœur
    Et que la musicienne transmet des vieilles chansons ottomanes.
    Elle exprime aussi les douleurs, les afflictions et les rancœurs
    Mais qui reviennent enthousiasmées aux oreilles du mélomane.

    Tableau de Nikolai Fedyaev.

  • La libellule – 2

    La libellule - 2

    La libellule m’a pardonné lorsque je lui ai proposé
    De lui dédier ce poème qui la présente à mon public.
    Elle s’est donc abandonnée dans une humeur plus reposée
    Et son petit air de bohème m’apparut comme une supplique.

    À toutes les petites fées que je rencontre dans ma vie,
    Je vous aime et je vous adore pour vos belles inspirations.
    Les libellules ont un effet particulier qui me ravit :
    Ell’s ressemblent à un rayon d’or qui fait tout’ mon admiration.

    Tableau de Pat Brennan.

  • La libellule – 1

    La libellule - 1

    Une libellule s’est posée sur le bord de mon encrier
    Et dans son petit gazouillis, elle me fixe et m’apostrophe :
    « Monsieur, vos poèmes sont osés et les femmes y sont décriées !
    Vos vers sont d’un beau cafouillis à chaque ligne, à chaque strophe ! »

    J’ai bien écouté sa critique car elle est souvent pertinente
    Et je demande à mes lectrices si elles pensent la même chose.
    Bien sûr, c’est de l’autocritique car c’est ma plume proéminente
    Qui trace la ligne directrice de mes érotiques psychoses.

    Tableau de Pat Brennan.

  • Danse du vent sur la Côte d’Opale

    Drapée de rouge, au vent flottant comme une femme en cerf-volant
    Qui cherche auprès du soleil pâle l’inspiration d’un mouvement,
    Pareil aux oiseaux sifflotant et qui s’en vont batifolant
    Au large de la Côte d’Opale qu’ils se réservent jalousement.

    Elle en a saisi le principe, elle l’a appris à son corps
    Qui saura se mémoriser le tournoiement et l’amplitude.
    Déjà son âme s’émancipe et son esprit est en accord
    Avec l’espace valorisé par le vent et sa promptitude.

    Le rideau tombe sur la mer, l’entraînement est terminé ;
    Le cœur battant, le corps battu, l’artiste rentre en son logis.
    Et sur la plage douce-amère d’un soleil indéterminé,
    Les nuages noirs rabattus referment leur morphologie.

    Tableaux de Jimmy Lawlor.

  • Toute nue dans la lecture

    Elle déshabille les livres page après page, lentement
    Pour en savourer le plaisir de mettre à nu chaque chapitre.
    Joie solitaire qui la délivre, au creux de son appartement,
    De la folie et du délire que lui évoque son libre arbitre.

    Ell’ commenc’ toujours par la fin le moindre roman policier
    Car l’intrigue, ainsi dévoilée, met plus de sel aux personnages.
    Elle a voyagé aux confins des mers par les beaux officiers
    Qui lui ont, le cœur, étoilé au moment du déboutonnage.

    Si la fin n’est pas à son goût, elle en invente une à dessein
    En jouant la femme fatale, beauté virginale ineffable.
    À New-York, Paris ou Moscou, le héros caressant ses seins
    Prodigue des amours fœtales… qui, hélas, ne sont qu’une fable.

    Tableaux de Pablo Picasso.

  • Le devoir d’un capitaine

    Le devoir d’un capitaine

    Malgré ses ennemis sournois, le capitaine, maître à bord,
    Coulera avec son navire plutôt qu’ manquer à son devoir.
    Il y aura un sacré tournoi, une fois ouvert le sabord
    Mais il a déjà vu le pire et c’est ce que nous allons voir !

    Illustration de John Falter.

  • Il pleut sur la ville

    Il pleut sur la ville

    Sous la pluie, la ville lumière explose d’un million de feux
    Qu’éclabousse un million de gouttes qui se diluent sur la chaussée.
    Bien sûr, la pluie est coutumière et pourtant je forme le vœu
    Que le ciel toujours nous égoutte pour, nos prières, exaucer.

    Tableau de Michèle Carer.

  • Strip-tease échecs

    Strip-tease échecs

    Chaqu’ fois que j’lui prenais une pièce elle enlevait un vêtement ;
    Elle fut vite déshabillée mais joua sans être empressée.
    Je lui laissais par gentillesse m’en prendre avec halètements
    Et sous ses yeux écarquillés je lui montrai mon roi dressé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La pose

    La pose

    Je ne peins que des femmes nues car je me perds dans les faux plis
    Des vêtements trop compliqués et leurs textures difficiles.
    Je les aime aussi bien menues, le corps parfait et accompli ;
    Tout ce que j’ai à expliquer, c’est que le nu est plus facile.

    Tableau de Minas Avetisyan.

  • Les bas rouges

    Les bas rouges

    Quand elle rentre à la maison, elle ôte tout sauf ses chaussures
    Et ses bas rouges pour s’asseoir confortablement adossée.
    Je lui demande la raison de vouloir tenter la censure
    Mais elle répond sans surseoir qu’elle aime être à poil mais chaussée.

    Tableau de Georges Briata.

  • Le piège

    Le piège

    Les dessinateurs humoristes aiment placer les jolies filles
    Dans une situation burlesque pour se retrouver chocolat.
    Et moi je me fais secouriste et sauve celle qui vacille
    En créant un rocambolesque moyen de la tirer de là.

    Tableau de xxx.

  • Le portrait

    Le portrait

    Le dessinateur amoureux des personnages qu’il dessine,
    Aime bien se représenter dans l’histoire pour s’en rapprocher.
    Certains bellâtres langoureux sous un trait de plume assassine
    Sont leur manière d’éventer une frustration reprochée.

    Illustration de Jean-Pierre Gibrat.

  • Les femmes floues

    Les femmes floues

    Ma myopie a l’avantage de me permettre d’observer
    Tout en jurant que, sans lunettes, ma vision floue me diminue.
    Je dirais même davantage que ce défaut m’a réservé
    De belles surprises à l’aveuglette en me floutant les femmes nues.

    Photo de Peppina Winter par Henri Senders sur https:www.josephandjames.com .

  • Les bains debout

    Elle prenait tous ses bains debout dans une baignoire spéciale
    Et transparente pour montrer les effets de la position.
    Sans impudence ni tabou, peut-être un peu psychosociale,
    Elle ne cessait de démontrer les vertus de son invention.

    Évidemment j’ai essayé de me baigner à ses côtés
    Mais l’eau me semblait bien glaciale et chat échaudé craint l’eau froide.
    J’ai commencé à bégayer alors elle m’a bécoté
    Et quelques caresses cruciales qui m’ont fait le membre tout roide.

    Photos de Karolina Winter par Henri Senders sur https:www.josephandjames.com .

  • L’œil kaléidoscopique

    L’œil kaléidoscopique

    J’ai l’œil kaléidoscopique qui m’apporte mille détail
    Lorsque je regarde une image m’apparaît sa trame en relief.
    Et par la grille stroboscopique, j’observe tout un éventail
    De pensées qui rendent hommage à l’art qui n’ m’en fait pas grief.

    Photo de Brigitte Bardot par Alzon sur https:www.josephandjames.com .

  • Les perles de la sirène

    Les perles de la sirène

    Dans le palais de la sirène, les murs sont revêtus de nacre ;
    Les meilleures huîtres fournissent les meilleures perles de qualité.
    Et ses sujets dont elle est reine et dont le respect s’y consacre,
    À chaque année, se redéfinissent témoins de sa féodalité.

    Tableau de Pat Brennan.

  • Fleurs de Jalousie

    Fleurs de Jalousie

    Un peu artiste, beaucoup fantasque, avec des fleurs à la folie,
    Ma belle-fille est bien l’épouse qui convenait à mon cher fils.
    Mais ses belles parures démasquent des sentiments, pas très jolis ;
    Une petite femme jalouse derrière tous ces artifices.

    Tableau de Pat Brennan.

  • Le tunnel

    Le tunnel

    Vous vous sentez dans un tunnel car ainsi la vie se comporte ?
    Le temps se déroule en avant, gardant sa course monotone.
    Même les jours semblent ritournelles et les années, de porte en porte
    Portent un sentiment aggravant quand, vers la sortie, on s’adonne.

    Photo de Kathrin Federer.

  • Tout sein assassin mérite ma main

    La main, organe préhensile s’adapte au corps parfaitement
    Surtout les parties délicieuses qui font le charme féminin.
    Point n’est besoin d’autre ustensile à l’organe d’allaitement
    Que mes phalanges précieuses pour en sentir tout le tanin.

    Quand ma main fait supination, la paume ouverte pour demander,
    Elle soupèse l’instrument comme une pâte parfumée.
    Lorsqu’elle se met en pronation, paume tournée pour commander,
    Elle en tâte les téguments pour les pincer et assumer.

    Évidemment les femmes cachent leurs mamelles hors de ma portée ;
    Alors je n’ai plus que mes yeux pour les caresser du regard.
    Que voulez-vous ? Je m’y attache. Ces fantasmes m’ont transporté
    Dans des poèmes délicieux ; vos jolis seins me rendent hagard.

    Tableaux de Thomas Donaldson.

  • Tout cul tendu mérite son dû

    À quatre pattes sur le siège de sa voiture, portière ouverte,
    Elle essayait péniblement de fouiller dans la boîte à gant.
    Sans redouter le moindre piège, elle se sentit découverte
    D’une grande claque horriblement donnée par un mec arrogant.

    Quand cette fessée magistrale retentit sur son postérieur,
    Une vague d’humiliation se diffusa jusqu’à ses joues.
    Comme un violent coup de Mistral, de forte chaleur supérieure
    Avec une assimilation de violence qui s’en déjoue.

    Alors qu’elle tentait de comprendre elle entendit une voix hilare
    Grave, tranquille et moraliste pour être clairement entendue :
    « Jeune fille, il vous faut apprendre que nous sommes tous des vicelards
    Mais surtout traditionalistes : Tout cul tendu mérite son dû ! »

    Tableaux de Thomas Donaldson.

  • Le soleil androgyne

    Le soleil androgyne

    Si l’aube avait l’air une femme, elle éclairerait l’horizon
    De ses premiers rayons d’amour comme caresse de satin.
    Cette lumière qui m’affame tire mon cœur de sa prison
    Où la nuit enferme mes jours jusqu’à l’aurore du matin.

    En plein midi, c’est plutôt l’homme qui règne en maître dans le système
    Qui fixe l’empire solaire par la puissance de son feu
    Qui établit dans son royaume éternellement le même thème
    Selon l’humeur de ses colères et selon l’ampleur de ses vœux.

    Le crépuscule redevient femme qui invite à se reposer
    Auprès d’elle dans la nuit tiède et qui nous invite à s’aimer.
    Alors s’épanouit notre âme qui monte au moment supposé
    Nous venir au secours à l’aide pour vivre un amour essaimé.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Liquoreuse

    Liquoreuse

    Après le coucher du soleil, j’ai voulu prendre un raccourci
    Puis, je suis tombé dans la mare et j’ai bien failli m’y noyer.
    C’est bien plus tard, à mon réveil, après mes rêves obscurcis
    Par un moment de cauchemar, que je l’ai revue tournoyer.

    Gravée au fond des souvenirs d’une nuit prétendue affreuse,
    J’ai vu les bras de la sirène m’emmener en sécurité.
    Elle avait lu mon avenir dans un courant d’eau liquoreuse
    Et était accourue, sereine mais pleine de témérité.

    Après, mes souvenirs sont flous mais je me souviens des caresses
    Comme si mon corps possédait sa propre mémoire attitrée.
    Heureusement le cœur renfloue l’esprit de quelques maladresses
    En lui rappelant les idées qu’il a, malgré lui, arbitrées.

    Tableau de Miho Hirano.

  • Françoise Hardy et Saint-Jean-Baptiste

    Elle ressemblait à une artiste, chanteuse de charme ou comédienne ;
    Je l’appelait « Françoise Hardy » mais elle se moquait de moi.
    Elle me traitait d’ « Saint-Jean-Baptiste » comme la ville canadienne
    À cause de mon bec hardi et mon accent de québécois.

    Tableau d’Izumi Kogahara sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201806Izumi-Kogahara-Abstract-Painter.html .

  • Un tout petit rien qui l’habille

    Un tout petit rien qui l’habille

    Lorsque je passais la chercher pour l’emmener au restaurant,
    Elle demandait comment se fringuer : vêtue en garçon ou en fille ?
    J’aimais ses petits seins perchés et répondait corroborant
    Que j’aime ses robes distinguées d’un tout petit rien qui l’habille.

    Tableau d’Izumi Kogahara sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201806Izumi-Kogahara-Abstract-Painter.html .

  • La fin du blues

    La fin du blues

    À sa manière de se mouvoir en se balançant en arrière,
    Je subodore qu’elle a le blues d’être enfermée entre ses murs.
    Puisque je n’ai pas le pouvoir de lui entrouvrir ses barrières,
    Pour ne pas la rendre jalouse, je vais lui dire dans un murmure…

    Qu’aujourd’hui je reste avec elle et demain et après-demain ;
    Et même définitivement si elle veut de moi dans sa vie.
    Je lui chuchote la nouvelle, elle sourit, me prend la main
    Et puis, irrévocablement, elle m’embrasse, elle est ravie.

    Tableau d’Izumi Kogahara sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201806Izumi-Kogahara-Abstract-Painter.html .

  • Comme un cobra

    Comme un cobra

    D’abord elle voit avec les yeux puis, elle observe avec le corps
    Ensuite les jambes regardent avec le ventre et puis, les bras.
    Cette pose, fort délicieuse, me rappelle aujourd’hui encore
    Que sa grâce se sauvegarde quand son buste est comme un cobra.

    Tableau d’Izumi Kogahara sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201806Izumi-Kogahara-Abstract-Painter.html .

  • Fleur de Soleil

    Fleur de Soleil

    Lorsqu’elle était petite fille et s’habillait en calicot,
    Je l’appelais « Rayon de Lune » et plus souvent « Fleur de Soleil ».
    Elle éclairait notre famille par la couleur coquelicot
    De ses joues rouges et opportunes comme la fleur de joie qui s’éveille.

    Aquarelle de Janet Rogers.

  • La naissance du phénix

    La naissance du phénix

    Le premier phénix de l’histoire sortit de l’œuf d’une déesse
    Qui l’avait conçu dans un rêve qui renaissait toutes les nuits.
    De sa vision prémonitoire, elle accomplit cette prouesse
    Créer l’oiseau à la vie brève d’une éternité qui reluit.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Les atomes ensemble

    Les atomes ensemble

    Du néant surgit la lumière, le temps, l’espace et la matière
    Comme si Dieu frappait du poing son imperceptible substance.
    La véridicité première forge mon âme tout entière
    Chaque fois qu’en un ou plusieurs points s’en produit la coexistence.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Retour angélique

    Retour angélique

    J’ai pris en photo le départ de mon âme quand je m’endors
    Et qui rejoint l’archangélique source de tout être vivant.
    Lorsqu’elle force le rempart que l’esprit garde comme l’or
    Elle redevient angélique dans une flamme me ravivant.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Le soir de toutes les nuits

    Le soir de toutes les nuits

    Chaque soir est le même soir, le même instant qui se répète
    Comme si le temps se pliait comme un roman interminable.
    Je les sentais comme un pressoir dont une force centripète
    M’obligeait et me suppliait d’en percer l’ère imaginable.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • La nuit mystique

    La nuit mystique

    Dès que la porte du conscient lâche la bride à l’inconscient,
    Le cœur, aussitôt libéré, remonte vers ses origines.
    La lutte avec le subconscient cesse et l’âme en se différenciant
    Se reconnecte à l’éthéré monde des anges androgynes.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Tendre spirale

    Tendre spirale

    La porte s’ouvre tous les soirs sur un moment d’intimité
    Lorsque les corps sont libérés de l’ascendance de l’esprit.
    Car son emprise est un pressoir qui emprisonne l’illimité
    De l’aptitude délibérée à fuir tout ce qu’on a appris.

    Tableau de Freydoon Rassouli.

  • Phosphoreuse

    Phosphoreuse

    Comme cela faisait quelques jours que j’étais, inopinément,
    Venu d’abord la rencontrer puis, tenté de l’apprivoiser,
    Elle m’attendait dans son séjour au crépuscule, précisément,
    Et moi, j’étais déconcentré, il n’y a pas de quoi pavoiser.

    Tableau de Miho Hirano.

  • Vaporeuse

    Vaporeuse

    Matin de rencontre amoureuse au bord de l’étang des étoiles.
    J’étais, comme à l’accoutumée, venu chercher l’inspiration.
    Elle était ainsi, vaporeuse, baignée de brumes et de voiles,
    Juste vêtue et costumée de sa propre respiration.

    Tableau de Miho Hirano.

  • La femme enfilée

    La femme enfilée

    Le port du masque obligatoire va bientôt se généraliser ;
    Vous devrez enfiler la gaine protectrice et entièrement.
    Or pour les femmes, il est notoire qu’on va leur idéaliser
    Une tenue dont la dégaine lui servira de vêtement.

    Photo de Bruno Birkhofer.